Newt avait la tête à l'envers. Il ne savait pas quoi faire. Devaient-ils attendre ici que le Berg revienne et leur rende Thomas, ou devaient-ils continuer leur route ? La première option lui semblait franchement stupide, mais il n'arrivait pas à se résoudre à abandonner Thomas. Il fallait qu'ils fassent quelque chose. Il jeta un regard derrière son épaule, vers le ciel. Le Berg avait disparu depuis un bon moment. Et Newt était assez malin pour savoir que l'engin ne reviendrait pas gentiment leur ramener le corps de leur ami. Toute la situation était complétement dingue. Pourquoi ces gens étaient-ils venus récupérer Thomas ? Ce n'est pas comme s'ils avaient fait la même chose pour les autres Gladers morts auparavant. Mort. Newt tiquait sur le mot. Il n'arrivait pas à croire que Thomas, le Newbie, son pote, puisse mourir. Sérieusement ? Y penser lui donner des maux de tête. De toute façon, ils ne pouvaient pas attendre là. Le compte à rebours égrenait les dernières heures et ils étaient encore loin du but. Newt se résigna, et rattrapa les autres.

« Eh ! » l'interpella Minho alors qu'il s'approchait. Il avait l'air triste. « Ça va toi ? » lui demanda-t-il néanmoins.

Newt hocha la tête, mais Minho ne s'y laissa pas prendre. « Et toi ? »

Minho lui lança un sourire crispé. « A peu près dans le même état que toi, on dirait » éluda-t-il.

Ils soupirèrent à l'unisson. « On n'a pas le choix » déclara Newt, disant à haute voix ce qu'ils pensaient tous les deux.

Le Runner secoua la tête. « Je n'arrive pas y croire » souffla-t-il. « Tu penses qu'il est mort ? ».

Newt regardait dans le vide, marchant sans y penser. « Oui » répondit-il finalement. « C'est bizarre en fait. Quand j'y réfléchis, je suis sûr qu'il est mort, mais je ne réalise pas, je ne suis pas triste, tu vois. Ça paraît tellement irréel ».

« Tu m'étonnes » murmura Minho, lâchant Newt des yeux et perdant son regard au loin, « Des fois je me demande si je ne suis pas tout simplement encore là-bas, dans le Glade, endormi quelque part à rêver toute cette histoire ». Il ricana avec amertume, et reprit : « après je réalise que je n'ai pas assez d'imagination pour inventer tout ça », en appuyant ses mots d'un geste du bras, englobant la scène, le désert et les quelques survivants devant eux.

Newt leva les yeux vers lui. Minho avait le visage fermé, la mâchoire contractée. Ses brûlures s'atténuaient légèrement, mais il faudrait du temps pour qu'elles disparaissent totalement. Minho ne s'en plaignait jamais. Il était courageux, plus qu'il ne le croyait. Le Runner faisait toujours le malin, et Newt savait que ce n'était qu'une façade. Il ne donnait pas sa confiance et son affection facilement, mais une fois fait, il était d'une fidélité à toute épreuve. Il irait jusqu'au bout pour lui. Il n'avait cessé de risquer sa vie, le protégeant des Grievers, lui prêtant une attention qui aurait pu le faire tuer, sortant le premier du dortoir, une fois échappés du Labyrinthe, alors que le couloir était plongé dans un noir total et que l'odeur était insoutenable, quand il avait pris la tête du groupe et couru, complétement aveugle, dans le tunnel, puis qu'il s'était engouffré dans la chaleur suffocante, jouant l'éclaireur, encore. Newt ne comptait plus. Le pire dans l'histoire c'est que Minho se considérait comme responsable de la mort des Gladers, de la disparition de Thomas. Son incompétence était fautive. Newt n'avait aucune idée de comment lui faire comprendre son erreur. Lui dire ne servirait à rien, pire encore ce serait avouer que Newt avait eu la même idée, accréditant l'hypothèse. Non, hors de question. Il garda le silence, se maintenant au rythme de Minho. Sa jambe était douloureuse, et le voyage n'était pas terminé. Il tentait de l'ignorer, mais chaque pas lui rappelait son erreur, sa faiblesse. Il serra les dents et continua.

Après avoir traversé la ville, ils s'étaient retrouvés dans le désert, encore. Il s'étendait à perte de vue. Minho compta les autres, devant lui. En tout, ils n'étaient plus que 6, Brenda et Jorge compris. Il serra les poings. Tout ça à cause de ces connards de WICKED. Une ampoule sembla s'allumer au-dessus de sa tête. Il se fustigea pour sa stupidité. Le Berg appartenait à WICKED, bien sûr. Pris dans l'action, il n'avait pas fait le rapprochement. Peut-être allaient-ils soigner Thomas ? Pour l'expérience, pour qu'elle continue. Puis il se souvint des autres Gladers. Personne n'était venu les sauver. Il grinça des dents, si fort que Newt se retourna.

Il allait ouvrir la bouche pour lui demander ce qui lui passait par la tête, quand le même bourdonnement lui vrilla les oreilles et les mêmes rafales de vents lui projetèrent du sable dans les yeux. Il échangea un regard avec Minho, abasourdis.

Le Berg s'approchait ! Il s'ouvrit comme la dernière fois, et ils virent le même bras mécanique leur rendre Thomas. Newt n'en croyait pas ses yeux. Thomas revenait ? Ils le ramenaient ? Il se précipita vers le garçon, désormais au sol. Il portait des vêtements neufs et propres. Newt souleva son T-shirt. Un grand bandage entourait son ventre, couvrant ses flancs. Ils l'avaient soigné. Il posa la main contre son front, il n'avait plus de fièvre. L'infection, la blessure, ils avaient tout réglé. Il lança un regard vers le Berg, qui s'effaçait déjà. Minho était à genoux, de l'autre côté du Glader. Il croisa les yeux de Newt, ils échangèrent un sourire. Thomas était vivant !

Jorge fit alors remarquer qu'il faudrait le porter, à nouveau, mais les Gladers étaient tous soulagés. « Ils font ça à chaque fois ? » lâcha-t-il.

Minho fronça les sourcils : « Non. Mais je m'en fiche, c'est toujours ça de pris » décréta-t-il, agacé par la remarque.

Jorge laissa tomber l'affaire.

WICKED avait descendu Thomas sur une civière, ce qui facilita la tâche des Gladers. Ils le soulevèrent à 4, réduisant considérablement le poids porté par chacun.

A la fin de la journée, ils arrivèrent au pied d'une montagne qu'ils avaient vu se dessiner quelques heures auparavant, perchés sur une dune. Le soleil était couché, et ils s'arrêtèrent enfin. Thomas avait repris connaissance entre deux, mais il était incapable de marcher. Il avait râlé, insisté, pour qu'ils cessent de le porter. Minho avait été clair sur le sujet, et Thomas avait fini par la fermer.

Ils s'installèrent, mangeant ce qu'ils trouvaient autour d'eux, à court de provisions. La montagne serait plus vivable que le désert, ça c'était sûr. Le hic, cependant, c'est qu'il allait falloir la gravir.

Minho écarta le problème. S'inquiéter à propos de ça ne servirait à rien. A la place, il s'allongea à côté de Newt et lui fit face. Cinq minutes tard, il dormait profondément, la main du blond coincée entre les siennes.

PS : merci pour les reviews, c'est super gentil ! Et merci de lire, de fallow et fav, c'est génial :D

Au fait, on va bientôt revenir dans le 'présent', enfin !

Juste comme ça, je pensais faire une fin alternative : genre la fin du livre prévue par J. Dashner, et une autre, dans laquelle notre cher Newt survivrait. Ça vous dirait ? Sans réponse, je me contenterai de le faire mourir, c'est à vous de voir ;) (ok, c'est une forme de chantage :p ). Soyez indulgent ;)