Merci à Sissi1789 pour sa review.
En réponse à la tienne LumièreDeLune : Oui j'ai vu qu'il y avait peu de fics sur ce film qui n'a pas bien fonctionné. Je te remercie pour ton comm qui m'a fait plaisir. Voilà la suite.
Bonne lecture.
Partie 6
Eric
-Partons.
J'attrapai mes affaires et ressortis de la pièce sans même attendre la réponse de Sara. Je perçus ses pas derrière moi. Elle se pressa, se mit à ma hauteur et nous quittâmes cet endroit sans nous retourner. Le soulagement et la douleur se mêlèrent en moi, créant une sensation très désagréable. Je fis mon possible pour ne pas me laisser détourner de mon nouvel objectif : refaire ma vie avec ma femme et être heureux.
Il se passa plusieurs jours avant que nous puissions nous installer quelque part. Nous étions restés sur les terres de notre Reine, non loin des nains qui m'avaient aidé à trouver l'endroit idéal. Nous avions mis chacun la main à la pâte pour que cette maison puisse être rapidement habitable. Après quelques mois, j'avais trouvé du travail en tant que palefrenier et Sara qui ne supportait pas de rester inactive m'avait imposé de travailler aussi. Elle travaillait dans une taverne, et savait s'y faire respecter.
Un soir, près d'un an après notre départ, je terminai de m'occuper de mes chevaux quand Sara déboula comme une furie.
-Nous avons reçu ça.
Elle me tendit un courrier scellé du sceau du roi. J'hésitai à le prendre.
-Ouvre-le, moi-je ne peux pas.
Il nous était adressé à tous les deux. En parcourant la missive, mon cœur s'emballa.
-Alors ?
-Nous sommes invités au château pour le baptême du prince William Magnus Éric.
J'avais cru mal lire, j'avais buté sur les mots. Mais non, c'était écrit noir sur blanc de la main même du roi.
-Éric ? S'étonna Sara. Ils lui ont donné ton prénom ?
-Il n'est qu'en troisième position, minimisai-je.
-Éric, s'agaça-t-elle. N'est-ce pas étrange ?
-Ce n'est pas cela qui me dérange le plus.
Elle me dévisagea un instant.
-C'est quand ?
-Dans un mois.
-On ne peut pas y aller.
-Nous devons y aller.
-Je n'ai rien à me mettre.
-Moi non plus mais nous trouverons.
-Je ne veux pas y aller, Éric
Je perçus sa douleur. Je savais pourquoi elle refusait d'y aller, ce n'était pas tant de revenir au château mais d'y voir le bonheur de ses majestés d'avoir leur progéniture.
-Nous n'avons pas le choix.
-Je ne veux pas y aller ! Cria-t-elle au bord des larmes.
Je laissai la lettre tomber au sol, l'attrapai dans mes bras et la serrai fort.
-Je le sais, je le sais.
-Pourquoi on n'y arrive pas ? Pleura-t-elle dans le creux de mon cou.
Elle s'agrippa à moi, désespérée. Depuis des mois, elle espérait m'annoncer l'arrivée d'un enfant à chérir mais rien ne venait. Je la sentais perdre pied, se désoler, se limoger.
-Avec tous ces combats, je me suis peut-être esquintée, m'avait-elle confié un soir dans le creux de mes bras.
-Non, tu verras, quand les dieux seront décidés, nous aurons ce que nous voulons. Sois patiente.
-Peut-être ne méritons-nous pas ce bonheur, notre passé nous rattrape Éric.
-Ne dis pas ça. Sois patiente.
-Et si je n'y arrive pas ?
-Je peux vivre sans enfant, je ne peux vivre sans toi.
Elle m'avait aimé comme jamais cette nuit-là.
-Ne pleure pas mon amour.
J'étais submergé de chagrin, impuissant face à sa détresse. Elle sécha ses larmes et se reprit rapidement.
-Je retourne travailler, on se retrouve à la maison.
Elle caressa ma joue, émue de me voir si malheureux et m'embrassa avec passion avant de quitter les lieux.
OoooO
Les jours passaient et je ruminais. Je cherchais comment éviter cette douloureuse confrontation à ma Sara. J'avais beau tourner celadans tous les sens, je ne trouvais pas de solution. La veille de la cérémonie, Sara fut agitée dans son sommeil et se réveilla de mauvaise humeur.
-Me voilà bien !
Elle sauta hors du lit avant que je n'ai pu la questionner sur ce qui la chiffonnait et je ne la revis plus avant un moment. Je restai longuement allongé à fixer les combles et finis par me décider à me lever.
-Advienne que pourra.
Sara était presque prête, affublée d'une robe en velours d'un bleu dur qui ne lui seyait pas.
-C'est tout ce que j'ai pu trouver, Jeanne a bien voulu me la prêter.
Jeanne travaillait avec elle.
-Tu es magnifique mon amour.
Elle ne daigna même pas me regarder, se détourna pour regagner la chambre et terminer de se coiffer. Je pris mon temps, peu pressé de me rendre au château. Finalement, ce fut Sara qui me rappela à l'ordre. Sa coiffure, un chignon austère, durcissait son visage creusé, accentuant sa pâleur, les cernes sous ses yeux. Cela m'attrista.
-J'arrive.
Elle me détailla de haut en bas, jaugeant ma tenue de chasseur avec un froncement de sourcils.
-Je sais ce n'est pas de circonstance mais je n'ai pas voulu dépenser de l'argent pour ça. J'ai préféré investir dans autre chose. Je sortis de ma poche un petit sac en tulle.
-C'est pour toi.
Elle accepta de l'ouvrir avec réticence et se dérida d'un seul coup en y découvrant un collier de perle. Cet ombre de sourire me réchauffa le cœur et me redonna du courage. Je la contournai pour l'attacher autour de son cou. Elle caressa chaque perle, se retourna vers moi et m'enlaça tendrement.
-Je l'adore même si c'est inutile.
Je souris car je savais qu'elle dirait ça.
-Je sais que tu n'aimes pas les froufrous, les chichis. Mais tu mérites ce qu'il y a de plus beau, utile ou pas.
OoooO
En franchissant le seuil du palais, Sara me donna la main. Il y avait beaucoup de monde. La populace exprimait de la joie, ravie d'assister à cet évènement. Malgré la cohue, des gardes nous écartèrent de la foule pour nous emmener je ne sais où.
-Où allons-nous ? M'enquis-je.
-Sa Majesté le roi vous a placés en première loge.
Je sentis ma femme se raidir. Nous qui voulions nous fondre dans la masse, c'était raté. Après une longue marche, nous débouchâmes sur une immense salle que je ne connaissais pas. Elle était d'un blanc immaculé, avec des dalles couleur crème. Ce lieu semblai avoir été crée uniquement pour cette occasion, avec un autel.
-Quelle belle chapelle, s'extasia Sara avec émerveillement. Tout est si pur, si clair.
Je la contemplai, cherchant à m'imprégner de ce qu'elle ressentait. Une fois installés sur des sièges en bois ciselé, les gardes s'en allèrent et nous patientâmes. Nous étions au premier rang, nous étions les premiers. Je voyais les mains de Sara se crisper et se décrisper sur ses genoux. Je posai ma main sur l'une d'entre elles.
-Ça va aller mon ange.
Elle hocha simplement la tête. La salle commença à se remplir, le Duc nous salua froidement et prit place non loin. Décidément, cet homme m'horripilait. Quand les nains débarquèrent, ce fut laborieux, mais une fois installés tout rentra dans l'ordre. Un homme d'église apparut et enfin, après une heure, William entra avec son fils dans les bras suivit de notre Reine. Ils étaient tous en blanc, tous très beaux.
-Tu me fais mal, se plaignit Sara.
Je desserrai ma main, conscient d'avoir broyé la sienne. Je portai sa main vers ma bouche, l'embrassai longuement en signe d'excuse.
-Ils sont magnifiques, murmura-t-elle d'une voix émue.
J'approuvai d'un signe de tête avant de me concentrer sur la cérémonie. Sa main encore dans la mienne, je la caressai encore et encore avec douceur. Cela m'apaisait, me rassurait, me réconfortait. Elle posa sa tête sur mon épaule quand le bébé reçu le sacrement du baptême. Mon regard dévia vers Blanche-Neige. Elle n'avait d'yeux que pour son enfant. Elle était radieuse, illuminant l'assemblée. Une sensation de paix m'envahit qui s'estompa quand le curé demanda aux parents de désigner le parrain et la marraine et que ses Majestés se tournèrent vers nous.
Sous le choc, je tardai à me lever. Il y eut comme un flottement, le regard de ma Reine me transperça, me défiant de refuser. Son regard glissa sur Sara avec le même air déterminé mais reflétant quelque chose de plus subtil. Sa requête silencieuse ne fonctionna pas. Des murmures perçaient dans l'assemblée. Rien de tout cela n'était protocolaire. Nous voyant statiques, William tenta une approche mais son épouse le retint et se dirigea elle-même vers nous. J'étais au plus mal quand elle tendit sa main vers Sara.
-S'il vous plait.
-Nous ne sommes pas habillés pour l'occasion, contesta Sara.
-Vous êtes parfaits, répondit la Reine avec bienveillance et sans aucune malice.
Elles eurent un intense échange de regard avant que Sara ne cède. Sa main se posa dans la sienne et je fus attiré dans leur sillon. Autour du nourrisson, le curé nous demanda de promettre de prendre soin de cet enfant et de la guider dans sa quête de spiritualité. Le prince se retrouva dans les bras de sa marraine qui se métamorphosa littéralement, exprimant un bien-être proche du bonheur. Je me détendis enfin et en profitai pour admirer ce petit être si proche de la perfection. La cérémonie se termina dans un tonnerre d'applaudissements alors que nous entourions le prince. Nous formions un quatuor disparate et étrange et pourtant rien ne me parut plus naturel.
Quand l'assemblée se dispersa, invitée à rejoindre le buffet dans la grande salle de réception, William nous poussa vers le fond de la chapelle. Il y avait une petite pièce claire, meublée uniquement d'une table en pin massif et de quatre chaises.
-Prenez place, nous pria-t-il.
Sara s'assit avec précaution, protégeant le nourrisson dans le creux de ses bras maternels. Je restai debout derrière elle, une main posée sur son épaule. Inquiet qu'ils ne reprennent l'enfant mais cela ne semblait pas être le cas car Blanche-Neige se posa à sa droite et William à sa gauche sans réclamer leur enfant. Ils le couvaient des yeux avec fierté et amour.
-Pourquoi nous ? Leur demandai-je sans préambule et sans les remercier de cet honneur.
Sara quitta le nourrisson des yeux et les observa, attentive à leur réponse qui tarda à venir. Blanche-Neige s'était tournée vers son époux, cherchant de l'aide apparemment.
-Qui d'autre, énonça-t-il comme un fait.
C'était malin comme réponse. Je ne leur connaissais aucune famille, aucun ami hormis Greta.
-Et Greta ?
-Elle est partie, m'annonça la Reine.
Et cela l'affectait, c'était évident.
-Elle a rencontré quelqu'un au sein des chasseurs et ils sont partis fonder leur famille hors du château.
-Alors vous vous êtes rabattue sur moi, constata Sara.
-Détrompez-vous, contesta Blanche-Neige. Vous étiez tous les deux mon premier choix car je voulais des personnes de confiance capable de protéger cet enfant au péril de leur vie mais je craignais la réaction de William. J'avais peur qu'il trouve cela déplacé.
-J'ai hésité, j'avoue, nous confia-t-il, pas sur le choix mais sur les commérages.
Il soupira, un peu las.
-Nous avons eu des dissensions mais tout cela est derrière nous, n'est-ce pas ?
Il dévisageait Sara, soucieux de sa réponse. Elle leva la tête vers moi, me sondant de ses yeux bleus, puis sonda la Reine qui soutint son regard et enfin elle contempla le petit William avant de lui répondre.
-Oui votre Majesté.
-William, la reprit-il.
-Pourrai-je venir le voir ?
-Autant que vous le souhaitez, confirma-t-il avec un soulagement évident.
Je pressai l'épaule de ma femme, conscient du bonheur que cela lui procurait. Je perçus l'attention que la Reine me portait mais je me refusai à y prêter attention.
-Nous sommes très heureux de votre bonheur, dis-je simplement, merci de nous l'avoir fait partager.
-Il est temps que nous rejoignons nos invités, déclara William.
Il amorça un geste pour reprendre son fils et Sara eut un mouvement de recul, jetant un froid immédiat dans la pièce.
La suite quand je pourrai.
