Les vitres étaient trop sombres pour qu'il y voit quoique ce soit, et il perdit rapidement notion du temps. Un sentiment d'urgence lui étreignait le coeur. Il ne cessait de penser à Newt. Il avait l'impression qu'il ne le reverrait jamais.

La voiture finit par s'arrêter. La portière s'ouvrit automatiquement et après une courte hésitation, Minho sortit.

Bien évidemment, Rat Man l'accueillit. Minho balaya ce qui l'entourait du regard, croyant vaguement reconnaître le bâtiment qu'il avait aperçu depuis le bus lorsqu'ils avaient fuit le Labyrinthe, quelques millénaires plus tôt…

Il reporta son attention sur Rat Man :

« Vous voilà de retour » énonça-t-il

« Toujours aussi perspicace, à ce que je vois » le railla Minho en levant les yeux au ciel.

L'autre se contenta de contracter les mâchoires, une veine pulsant à sa tempe comme seule preuve de son agacement.

« Nous sommes très heureux de vous revoir. Veuillez me suivre » dit-il en se tournant avec un geste de la main.

Minho suivit sagement, sa désinvolture totalement feinte alors que tout son corps lui hurlait de fuir, un instinct qu'il avait l'habitude de prendre en compte.

Fidèles à eux-mêmes, les agents de WICKED le placèrent dans une petite pièce. Rat Man entra à son tour et s'assit derrière un bureau.

« L'antidote est bientôt au point. Il nous reste quelques petites expériences à effectuer, et votre ami sera sauf » déclara-t-il

Minho fronça les sourcils, sceptique. Il avait du mal à y croire, mais c'était sa seule option. Il hocha la tête avec raideur.

« Nous allons procéder aux premiers tests dès ce soir ».

Le Glader leva la tête, une horloge sur le mur indiquait 5 heures. Il inspira profondément pour chasser l'angoisse, et écouta la suite.

« Il va falloir que vous changiez de vêtements » précisa Rat Man en lui présentant une pile de vêtements propres et blancs posés sur le coin du bureau.

Minho hocha une nouvelle fois la tête. Tout devenait bien trop réel à son goût. Et s'il avait fait une erreur ? Il s'en mordrait les doigts… Cependant, la même évidence revint en force : Newt était malade, et Minho ferait n'importe quoi pour le soigner. Il leva les yeux vers Rat Man qui reprenait la parole :

« Des médecins viendront dans une quarantaine de minutes. Une douche est à votre disposition de ce côté ». Il s'interrompit. « Nous comptons sur vous ».

Il sortit et referma la porte derrière lui. Minho l'entendit actionner un verrou. Bienvenue à la maison, mon pote !

Il commença à se déshabiller, et par habitude il fouilla ses poches. Dans le Glade il ne valait mieux pas oublier un mouchoir, des petites bouloches blanches couvraient alors les vêtements, mettant le Keeper des Slopper en rogne. Il passa son pull au-dessus de sa tête, puis son t-shirt. Il farfouilla dans son pantalon, et sentit un papier. Il fronça les sourcils. Il n'était pas censé y avoir quoique ce soit.

Il sortit le morceau de papier et le regarda une seconde, interloqué. C'était une feuille pliée, inoffensive, et pourtant il sentit ses jambes flageoler. Il la déplia soigneusement, angoissé à l'idée de ce qu'il allait y lire.

Lorsque les mots s'imprimèrent sur ses rétines et prirent sens, il ferma fort les yeux, son ventre se tordant. Les larmes se mirent à couler silencieusement le long de son visage.

« Minho, si tu m'as jamais aimé, tue moi ». Il n'y avait pas de signature, mais il reconnut sans aucune difficulté les pattes de mouche de Newt.

Lire ce message lui déchirait le coeur, et il était bêtement bloqué ici, sans aucun moyen de retrouver le Glader. La panique faisait insidieusement son chemin, le laissant pantelant.

Calme toi, souffle, du calme, se fustigea Minho en essayant de se convaincre d'avoir fait le bon choix. De toute façon, il n'y avait pas de retour en arrière possible. Il avait pris une décision, et il était trop tard pour regretter. La seule option pour lui se résumait à continuer, persévérer, et obtenir ce fichu antidote. Sa respiration, d'abord hachée, se calma progressivement. Il inspira un grand coup, expira, et rouvrit les yeux.

Il replia la feuille délicatement sans relire les mots, et se fit la promesse que si l'antidote ne fonctionnait pas, ou, plus probablement, n'existait pas, alors il agirait selon la volonté de Newt. Il serra fort les dents et se dirigea vers la douche, le papier encore niché dans la main. Il le déposa juste à côté du bac de douche, à l'abris de l'eau.

Il fut rapide, se mouilla à peine, se savonna et se rinça. Minho était déterminé à en finir le plus vite possible. Il ne fallait surtout pas que l'angoisse revienne. Il ramassa le message, et enfila leurs vêtements d'hôpital. Il était transi de froid, luttant du mieux qu'il pouvait contre ses émotions qui menaçaient de le renverser. Il réfléchit à un endroit où cacher le papier, et ne trouva pas mieux qu'une poche intérieure cousue dans la chemise.

Comme Rat Man l'avait dit, les médecins arrivèrent bientôt et l'entraînèrent dans une salle d'examen. Ils le firent s'allonger sur une table médicale et l'attachèrent avec des sangles. Ça promet… pensa Minho avec inquiétude.

Ils lui firent d'abord une prise de sang, un contrôle de tension et tout un tas d'autres choses peu douloureuses. Il eut ensuite à faire des tests physiques, dans une autre salle. Tapis de course, altères, et autres exercices. Il fut vite à bout de force, les médecins prenant note de chacun de ses résultats et comportements.

Ils le renvoyèrent dans sa chambre. Malgré le stress et l'angoisse, Minho ne tarda pas à trouver le sommeil, la fatigue l'emportant sur le reste.

Le lendemain, un médecin entra dans la pièce, un dossier à la main portant la mention « Suject 7 ». Il s'assit sur la chaise de bureau et attendit que Minho fasse de même en face de lui pour parler.

« Aujourd'hui, nous avons les informations nécessaires pour la chirurgie » déclara l'homme en blouse blanche d'une voix détachée.

« La chirurgie ? » répéta Minho, surpris

« Votre corps et vos réactions nous ont donné toutes leurs informations, il n'y a plus rien à en tirer » expliqua-t-il cliniquement. « Le seul élément nécessaire est votre cerveau ».

Minho déglutit. Il imaginait mal quelqu'un vivre sans son cerveau. Sa gorge se serra : « C'est le seul moyen pour trouver l'antidote, c'est ça ? » articula-t-il difficilement.

« En effet » affirma l'autre. « Nous allons procéder à un prélèvement d'organe ».

« Et je vais mourir » murmura Minho pour lui-même.

« En effet » répéta le scientifique sans la moindre délicatesse ni compassion.

Minho acquiesça lentement. S'il fallait en arriver là… eh bien qu'il en soit ainsi. Sa vie pour la sienne, c'était juste, non ?

« Quand commencez-vous ? » demanda-t-il d'une voix faible.

« Le temps que vous vous douchiez. Le bloc opératoire est déjà prêt. » l'informa l'autre en se levant. « Une infirmière viendra vous chercher » conclut-il en sortant.

Minho souffla un grand coup. Le moment était venu. Il se leva à son tour et prit sa dernière douche.

PS : désolée, ce chapitre est très court mais en ce moment je suis un peu en manque de temps... ! Ce chapitre est commun au deux fins, encore une fois je préciserai clairement quand ce sera telle ou telle fin ;) Bref, j'espère que ça vous plaît, n'hésitez pas à me le faire savoir (ou à me dire le contraire :) ).

Merci de lire :D