NDA : A partir de maintenant, c'est la fin 1. Elle prendra quelques chapitres, et je basculerai ensuite sur la 2e. Je ne vous dis pas dans quelle fin Newt meurt, je préfère vous laissez découvrir par vous-mêmes :) N'hésiter à me dire ce que vous en pensez ! Enjoy guys ;)
Minho posa les mains à plat sur ses cuisses, les paumes moites et les doigts tremblants. Il fallait qu'il reste calme. Son regard était fixé sur le Chancelier Paige dans l'attente de ce qu'elle avait à lui apprendre.
« M. Janson t'a menti » dit-elle enfin à contre coeur. « L'antidote n'est pas prêt, et sûrement ne le sera-t-il jamais. Le virus se développe et mute trop vite, nous ne parvenons pas à l'endiguer. Ta mort n'aurait rien apporté à nos recherches. Nous sommes dos au mur ». Elle vit le visage de Minho se décomposer au fil des phrases. Elle voyait la souffrance exsuder de tous ses pores. « Je suis désolée Minho, nous avons lâcher une bête que nous n'arrivons plus à contrôler. Il ne s'agit plus de soigner les contaminés mais de sauver les Immunisés » avoua la scientifique en secouant lentement la tête. Elle releva ses yeux gris métallique et les plongea dans les siens : « La seule façon de sauver Newt est d'abréger ses souffrances, je suis vraiment désolée ».
Minho était pâle, les yeux rougis par les larmes, les joues brillantes. Il ne pouvait contrôler le tremblement de ses épaules, ou de ses mains, ou de ses genoux. Sa respiration était bloquée, comme si quelque chose comprimait sa cage thoracique.
Newt était condamné ? Le petit espoir qui avait pu naître au début de leur conversation vola en éclat.
Il serra fort les mâchoires, tentant vainement de retenir ses larmes. Il en avait marre d'être aussi faible, il passait son temps à pleurnicher ! Tout ça, c'en était trop pour lui. Si seulement ils pouvaient tous retourner dans le Labyrinthe, il pourrait s'occuper de Newt, l'aimer sans que cette foutue Braise vienne tout gâcher. Il ferma les yeux et serra les poings à s'en blanchir les jointures. Le Glade n'était pas la solution, il aurait fallu que le virus ne soit jamais répandu, voilà tout.
Le chancelier attendait sûrement qu'il dise quelque chose, mais il se sentait vide. Il n'avait même pas le coeur de protester, d'insister.
Minho se souvint de sa décision, au sujet du message de Newt. La veille, quand il avait encore un peu espoir, le choix d'exécuter la demande avait presque était facile. Aujourd'hui, tout était différent. Il avait toutefois passé trop de temps à ignorer les désirs de Newt pour mépriser le plus important de tous, celui de mourir avec la dignité qu'il lui restait.
Face au silence du Glader, le chancelier reprit la parole : « Je peux t'aider à sortir d'ici et retrouver tes amis. Un Berg t'attend, le garde t'y emmènera ».
Minho rouvrit les yeux et hocha mécaniquement la tête.
« Nous avons récupéré tes vêtements. Ils sont propres » sourit-elle faiblement.
Minho jeta un oeil au tas de vêtements, et vit un papier plié sur le sommet de la pile. Son coeur se serra. Ils l'avaient retrouvé. La vision du message ne fit que raviver la douleur. Minho savait ce qu'il devait faire, ce n'est pas pour autant qu'il en avait envie.
Il se leva comme un automate et se changea sans se soucier de la présence de la scientifique. Une fois habillé, il glissa le papier dans sa poche, s'abstenant de le relire. Il ne voulait pas remuer le couteau dans la plaie.
Le Chancelier Paige lui offrit un sourire qui se voulait encourageant : « Bon courage, et fais ce qui te semble juste ».
Minho ne réagit pas, il voulait juste retourner au plus vite auprès de Newt. Sa poitrine lui fit mal à l'évocation du garçon.
« Je voulais te dire… » hésita la scientifique en le voyant s'approcher de la porte, « je t'observe depuis longtemps, et je te connais d'une certaine façon, et— »
« Vous ne me connaissez pas » la coupa Minho d'une voix acide en se retournant.
Paige eut l'air surpris, et baissa les yeux. Elle comprenait qu'il réagisse de la sorte. Comment pourrait-il se comporter autrement ? Ils l'avaient détruit avec toutes ces expériences. Elle regrettait, vraiment.
« Tu as raison » dit-elle, les yeux dans les siens, « mais je sais que tu te dénigres constamment, et tu ne devrais pas, Minho. Tu es quelqu'un d'extraordinaire ».
Le Glader haussa les sourcils, pris de court. Il ne s'attendait pas à cela. « Il aurait peut-être fallu y penser avant de nous jeter dans la gueule du loup » rétorqua-t-il avec amertume.
Le chancelier hocha lentement la tête. Elle le suivit des yeux alors qu'il sortait, les épaules voutées, précédé par le garde.
Minho ne vit pas passer le trajet dans le Berg. Il était assis par terre, le dos contre le mur, le visage appuyé contre ses bras, les genoux serrés contre sa poitrine. Les larmes s'étaient taries, il était trop exténué pour qu'elles coulent encore.
La fatigue dût avoir raison de lui car l'atterrissage le réveilla.
A peine fut-il descendu que le Berg redécolla.
Minho réalisa qu'il était juste à côté du Berg qu'il avait partagé avec ses potes. Se trouver là, à nouveau, sans remède en poche, était un échec dur à avaler. Il ne sauverait pas Newt, il n'y avait plus d'espoir.
Il s'approchait à grands pas quand au même moment il vit Thomas, Brenda et Jorge passer les portes de la ville, qui claquèrent derrière eux.
Thomas eut l'air choqué de le revoir, comme s'il croyait avoir une illusion. Minho contourna le Berg pour se retrouver devant l'entrée, attendant avec impatience que Jorge actionne l'ouverture de la rampe. Il ignora leurs regards et leurs questions. Il voulait seulement revoir Newt.
La rampe entreprit enfin sa descente, et Minho s'engouffra dans le Berg dès qu'il put. Il fonça vers le dortoir, qui était vide, puis la cuisine, vide. Il hurla son prénom, la panique faisant craquer sa voix. Il allait l'appeler encore quand il vit un papier sur la table. Oh non … Il le prit, s'assit sur la chaise la plus proche, et déplia la feuille, le coeur lourd.
« Ils ont réussi à rentrer. Ils m'emmènent vivre avec les autres Fondus.
C'est le mieux qui puisse arriver. Merci d'avoir été mes amis.
Au revoir. »
Minho était complétement figé. Il ne voulait pas croire ce qu'il venait de lire. Il entendit des pas, et Thomas lui demander ce qu'il se passait. Il leva les yeux vers lui :
« Regarde par toi-même » dit Minho d'une voix éteinte en tendant le mot.
Thomas le lui prit, et Minho s'appuya contre le dossier de la chaise, les mâchoires contractées, les larmes au bord des yeux : « Il est parti ».
Thomas le quitta des yeux et lut le mot à son tour. Le Runner l'entendit murmurer « Newt » tout bas, comme un adieu.
Rapidement, les deux autres entrèrent et lurent le mot par-dessus l'épaule de Thomas. Ils prirent chacun place autour de la table, la mine sombre.
Minho avait fait tout ce qu'il pouvait pour sauver Newt. Le remède était hors d'atteinte, et la Braise n'était pas une maladie dont on guérissait. Il ne s'agissait pas de savoir si Newt allait mourir, mais quand. Quoiqu'il en soit, mourir pour mourir, Minho ne le laisserait pas seul avec les Cranks.
Le Runner se redressa et brisa le silence : « Tous les trois, je veux que vous m'écoutiez ». Il lança un regard à chacun d'entre eux avant de reprendre : « Depuis qu'on est sortis WICKED, j'ai simplement suivi vos plans ».
Il reçut trois regards agacés. « Et si je vous ai laissé tombé » précisa-t-il en levant les yeux au ciel, « c'est que j'avais un truc en tête, qui a totalement foiré » avoua-t-il d'une voix étranglée. « Peu importe, ici et maintenant, je prends la décision et vous allez faire ce que je dis. Je sais que nous avons de plus gros projets en tête, du genre sauver le monde et tout ça. Mais d'abord, nous allons trouver Newt. Pas de discussion. Nous quatre, tous les quatre, nous allons récupérer Newt, où qu'il soit »
« Ils l'appellent l'Hôtel des Fondus » dit Brenda en hochant la tête quand Minho eut terminé, « c'est certainement là-bas qu'ils l'ont emmené. Des gardes ont dû entrer et comprendre qu'il n'était pas immunisé. Je suis sûre que c'est ce qu'il s'est passé ».
« Ça a l'air coquet » ironisa Minho, « t'y es déjà allée ? »
« Non. Chaque grande ville a son Hôtel. Ils y envoient leurs contaminés et essaient de rendre leur vie supportable. Je ne sais pas ce qu'ils leur font une fois qu'ils sont 'partis', mais ça ne doit pas être beau à voir. En tout cas, si on veut y aller, il faut d'abord qu'on y réfléchisse. On est à court de munition, et on sera désarmés » rappela-t-elle.
Minho ignora la mise en garde : « Réflexion terminée. Où est le plus proche d'ici ? » s'enquit-il
« Pas loin, on l'a survolé à l'aller, c'est de l'autre côté de la montagne, à l'ouest » répondit Jorge
Minho serra les poings, « alors c'est là que nous allons. Jorge, envoie ce foutu Berg dans les airs »
A la surprise de Thomas, il n'y eut aucune résistance, au contraire :
« Je serai ravi d'aller à l'aventure, muchacho » dit Jorge en se levant, « On y sera dans vingt minutes ».
Malgré la fatalité, Minho avait quand même un minimum de motivation. Il voulait revoir Newt plus que tout au monde. Pourtant, il ne pouvait ignorer la petite voix dans son crâne qui lui murmurait que, peut-être, il serait mieux de ne plus le revoir. Il écarta l'idée avec toute sa volonté, pressé d'arriver à l'Hotel des Fondus.
