Minho avait passé le voyage assis devant l'ouverture du Berg. Il était à la fois pressé et terrorisé d'arriver. Enfin il reverrait Newt, mais d'un autre côté il aurait à respecter sa parole.

Il sentit qu'ils atterrissaient aux secousses de l'engin. La distraction était la bienvenue. Il bondit sur ses pieds, attendant que Jorge arrive pour ouvrir. Une minute plus tard, Minho descendait en courant, sans se soucier que des gardes soient là pour les intercepter.

Il balaya ce qui l'entourait d'un rapide regard. Personne. Des grillages barbelés prolongeaient de hauts murs de béton. Des tourelles à intervalle régulier permettait une bonne garde, mais l'ensemble paraissait vide. Vide et sordide. Minho déglutit péniblement. Dire que Newt était enfermé dans cet endroit crasseux !

Le Runner se dirigea d'un pas vif vers l'entrée, une porte métallique, sûrement blindée, creusée dans le béton. Il tambourina lourdement, sa patience à des kilomètres de là. Pas de réponse. Il répéta le geste, jusqu'à ce qu'une voix s'élève et que son poing soit douloureux. Minho orienta son regard vers l'origine du son. Un petit écran sur le côté montrait le visage d'un homme, l'air parfaitement agacé.

« Qu'est-ce que vous voulez ? » demanda-t-il rudement

« Récupérer un de vos pensionnaires » annonça Minho d'un ton assuré

« Ça ne marche pas comme ça ici, repartez » Le type se retournait déjà.

« Qu'est-ce que vous dites de ça ? » intervint Jorge en montrant sa carte bancaire à la caméra.

Le garde haussa les sourcils, et un deuxième visage apparut dans l'écran. Le type étrécit les yeux, clairement intéressé. Il regarda son collègue et hocha vigoureusement la tête.

La porte émit un long bip et Minho poussa, s'engouffrant dans l'Hôtel des Fondus, les trois autres sur les talons.

« Il doit être arrivé hier. Blond, les yeux clairs. Grand et mince » les informa Minho, le coeur lourd.

Les deux gardiens échangèrent un regard, lorgnant avec envie sur la carte mise en évidence par Jorge.

« Moute, c'est ça ? » demanda le premier, Hanz, avec un haussement de sourcil.

« Newt » le corrigea Minho, les poings crispés. Il était toutefois soulagé qu'il soit bien ici.

S'ensuivit une longue séance de marchandage entre Jorge et les deux grippes sous qui mit Minho à bout de nerfs. Ils convinrent d'un paiement en deux échéances, une part immédiatement, et une seconde, une fois Newt à leurs côtés.

« Je veux pas la jouer défaitiste » commença Hanz, « mais vous avez peu de chance de le trouver. Et puis quel intérêt ? »

Minho grinça des dents : « Prenez l'argent et montrez le chemin, c'est tout ce qu'on vous demande » gronda-t-il, excédé.

L'autre lui lança un regard irrité, puis il sourit de toutes ses dents en voyant sur son appareil un message confirmant la transaction.

Ce type lui donnait envie de vomir. Minho détourna les yeux et s'approcha de Thomas. Il savait que ce qu'il allait lui dire ne lui plairait pas du tout, mais il n'avait pas tellement le choix.

« Je vais y aller seul » lui déclara-t-il tout de go.

La bouche de Thomas s'ouvrit en « o ». Il lui fallut une seconde pour assimiler l'information. « Pourquoi tu ferais un truc pareil ? On devait y aller ensemble ! » opposa enfin le Glader, les sourcils froncés, un éclat paniqué étincelant dans son regard.

Minho jeta un oeil au gardien qui avait empoché la carte en les attendant. Il était prêt à y aller. Minho le parcourut rapidement des yeux. Il avait une arme à la ceinture, il faudrait que Minho réussisse à la lui dérober. Il reporta son attention sur Thomas.

« Newt n'est plus dans son état normal, je ne crois pas que ce soit une bonne idée qu'on y aille tous ensemble. J'aurai plus de chance de le ramener si j'y vais seul » mentit-il sans oser croiser les yeux de son pote.

« Minho, qu'est-ce qu'il se passe ? » insista Thomas en s'avançant, le visage marqué par l'inquiétude. Il avait remarqué comme ses mains tremblaient et la transpiration qui perlait sur son front alors même qu'il était pâle comme un linge. Minho n'allait pas bien, il lui cachait quelque chose, et le Glader craignait le pire.

Le Runner releva la tête et fixa son regard sur celui de Thomas. Ses yeux noirs étaient plein de terreur, plus foncés que jamais : « Ecoute, je suis désolé, mais c'est important. Je fais ce qu'i faire » avoua-t-il d'une voix forte malgré sa gorge serrée en faisant un pas en arrière.

Thomas cherchait ses mots. Il voulait le retenir mais il ne savait pas quoi dire. Il tendit la main pour l'arrêter, et Brenda s'interposa, secouant la tête lentement. Le Glader ne pouvait pas laisser faire ça ! Minho allait l'abattre, c'est ça ? Comme un chien enragé ? Thomas ne pouvait s'y résoudre, il fallait qu'il trouve, qu'il l'arrête, qu'il… Il serra fort les poings, les yeux fixés sur le dos de Minho qui s'éloignait de plus en plus.

Thomas ne parvenait pas à y croire. Minho ne pouvait pas faire ça, non ? Il allait trouver une solution, revenir avec Newt. Ils pouvaient même tous ensemble retourner à WICKED s'il voulait, Thomas avait compris maintenant qu'il n'y avait pas de meilleure solution.

Newt bordel, non… Il devait y avoir un moyen de le sauver, il le fallait ! Newt était ce qui les maintenait tous unis, il ne pouvait pas disparaître.

Thomas sentit des bras l'entourer. Il tremblait de tous ses muscles, la respiration hachée et bloquée au fond de sa gorge. La panique avait comme éteint son cerveau.

« Non non non non, Brenda, s'il te plait, il faut faire quelque chose, arrête le, s'il te plait » débita-t-il en s'écartant violemment de la jeune fille, le regard fou. Il trébucha et manqua tomber. Elle le retint à la dernière minute, lui murmurant des mots rassurants. Thomas était en pleine crise de panique. Brenda plongea ses yeux dans les siens, le forçant à se concentrer. Il fallait qu'il respire, ou il suffoquerait vraiment.

« Thomas ! » essaya-t-elle d'attirer son attention, « Thomas ! » répéta-t-elle plus fort.

Son regard ne semblait pas pouvoir se fixer, il papillonnait de tous les côtés, complétement ahuri, le souffle bloqué dans sa poitrine.

Brenda avait appris qu'on pouvait se sortir d'une telle crise en retenant sa respiration. Elle ne savait pas si cela fonctionnerait, mais il fallait tenter le coup. Elle réfléchit à comment l'empêcher de respirer, quand une idée émergea.

Brenda saisit Thomas par les épaules. C'était une affaire de secondes, il avait déjà les lèvres bleues ! Elle l'immobilisa comme elle put, et écrasa sa bouche contre la sienne, les yeux grands ouverts, dans l'expectative. Il fallait que cela fonctionne ! Thomas ne s'écarta pas. Ses yeux se fermèrent d'eux-mêmes. Etre si près de quelqu'un les yeux ouverts étaient vraiment trop gênant. Brenda finit par les fermer elle aussi. Quand elle considéra que cela avait duré suffisamment longtemps, elle se recula.

Thomas ouvrit grand les yeux. Sa respiration, certes rapide, avait retrouvé un semblant de normalité. Il inspira profondément, puis expira.

« Et si on retournait au Berg ? » proposa Jorge, brisant le silence gênant qui flottait, palpable, dans l'air.

Les deux autres acquièrent d'un signe de tête.

« Merci » murmura Thomas, un peu embarrassé, une fois que Jorge eut le dos tourné.

« C'est normal » répondit Brenda simplement. Elle avait fait ce qu'elle avait à faire, maintenant c'était au tour de Minho.

PS : Petit clin d'oeil aux amoureux de Teen Wolf, par hasard, qui reconnaitront peut être la scène de Lydia et Stiles ;)

Vous pouvez voir que moi-même je retarde beaucoup l'échéance... Aïe aïe... :(

Merci pour les reviews ! Ça fait tellement plaisir ! Quelle fidélité lyraserah et Didou614, ça me fait chaud au coeur :D Gros bisous les readers, je vous aime :*