Désolée pour le temps d'attente ! Voilà la suite, merci de suivre :D La deuxième fin arrive bientôt, promis ;)

Et la fête arriva. Ils avaient fait un effort sur la nourriture. Thomas insistait pour que ce soit festif, joyeux. Tout du long, il gardait un oeil sur Minho. Il était inquiet, il voyait bien que le Glader allait de plus en plus mal en ce moment. Il voulait l'aider, mais Minho n'était pas quelqu'un de facile… Il ne laissait personne l'atteindre, même le petit, Tyler, Minho le rejetait.

Quand la nuit tomba, une grande partie des Munies rentrèrent chez eux se coucher. Il ne restait plus que les jeunes.

Thomas, un verre dans chaque main, s'approcha de Matthew assis près du feu, seul, et lui en tendit un. L'autre lui adressa un sourire.

« Qu'est-ce que tu as fait de Tyler ? » lui demanda-t-il en s'asseyant à côté de lui devant le feu.

Des filles du groupe B lui firent un signe de main en le voyant, auxquels il répondit par un sourire. Ils se parlaient tous entre eux, mais l'expérience du Labyrinthe, peu importe le groupe, avait créé des liens particuliers. C'était leur histoire. Les garçons du groupe A seraient toujours plus proches les uns des autres, et les filles du groupe B entre elles. Aris était assis parmi elles, la tête baissée comme pour éviter le regard de Thomas. Celui-ci n'oublierait jamais ce qu'il avait fait avec Theresa. Lui faire croire qu'ils allaient le tuer, et ce pour obéir aux ordres de WICKED… Thomas ne le leur pardonnerait jamais. Même s'ils avaient justifié leur acte par la nécessité de le protéger. C'était trop facile, et Thomas n'avait jamais aimé respecter les ordres, cela n'attirait que des problèmes. Jouer le bon petit soldat n'exonérait personne de ses responsabilités.

« Je l'ai confié à des amis partis se coucher » répondit Matthew, le ramenant sur terre. Son visage illuminé par les flammes paraissait d'autant plus fatigué.

Thomas pensa à Minho. Il comprenait pourquoi il ne supportait pas d'être autour de Matthew. Il ressemblait trop à Newt. Thomas lança un regard circulaire, à la recherche dudit Minho. Il le repéra, assis à une table, un verre vide dans la main, une bouteille dans l'autre pour le remplir. Son coeur se serra pour son ami. Il remarqua que Matthew regardait dans la même direction. Il connaissait ce regard, et il fut surpris de le voir sur le visage de Matthew.

« Tu le connais ? » tenta Thomas.

Matthew prit un air coupable en détournant rapidement les yeux, comme s'il avait été surpris en train de faire quelque chose de mal.

« Oui » murmura-t-il finalement, « on a grandi ensemble, mais il a tout oublié… ». Un ricanement faible lui échappa, et il se tourna vers Thomas : « Mais tu sais tout ça, non ? ».

Thomas hocha lentement la tête. Il ne les avait pas vu parler souvent. En fait, seulement le premier jour. De toute évidence, Matthew aimerait renouer le contact. Thomas se demandait si Minho lui avait tout dit de sa relation avec Newt. A voir le regard de Matthew, il en doutait.

« Tu devrais peut-être essayer de lui parler ? » l'encouragea Thomas en indiquant Minho du menton.

Matthew secoua vivement la tête. Un peu et Thomas aurait dit qu'il avait peur.

« Il ne veut pas, il a été plutôt clair à ce sujet » rejeta-t-il l'idée en buvant le contenu de son verre d'un coup.

Thomas lui lança un regard surpris. L'alcool qu'il lui avait donné était du genre costaud…

« Minho fait le gros dur, mais il vaut le coup de faire un effort » insista le Glader.

Matthew se tourna vers lui, l'air agacé : « Tu crois que je ne le sais pas déjà ? » dit-il fermement, la colère couvant sous ses mots. Il se mordit la lèvre. Ce n'était pas la faute de Thomas après tout.

Thomas fit une tête bizarre, et Matthew fronça les sourcils, la question « quoi ? » suffisamment claire sur son visage pour qu'il n'ait pas à la poser de vive voix.

« C'est juste que… Newt faisait la même chose. Il avait la même mimique » souffla Thomas, abasourdi, et légèrement choqué.

Matthew détourna les yeux. Cette ressemblance commençait sérieusement à l'embarrasser. Il avait juste envie d'être lui. Thomas dût le comprendre, puisqu'il reprit « Je suis désolé, c'est juste que c'est… étonnant, et pour Minho, c'est vraiment dur, il l'aimait… » Matthew le regarda avec un sourcil levé, curieux et peut-être un peu angoissé, « vraiment beaucoup » finit Thomas, prudent.

Matthew hocha la tête. Il comprenait ce que cela pouvait faire. Pour être honnête, il avait eu le temps de faire le deuil de son frère. Les années avaient lissé la douleur. Il n'avait plus eu d'espoir de les revoir vivants. Quand il avait vu Tyler dans les bras de Lakers… Minho ?, il n'y avait d'abord pas cru. Il avait vite compris qu'Aaron ne s'en était pas sorti, mais cela n'avait pas atténué le bonheur de revoir Minho. Se faire rejeter avait été dur… Il imaginait bien que c'était une véritable torture pour lui de le voir, il n'empêche que Matthew aurait bien aimé retrouver son ami.

Il soupira et son regard se posa à nouveau sur Minho, qui vidait un énième verre, tout seul, les yeux éteints, l'air misérable.

Thomas ouvrait la bouche pour dire quelque chose quand Brenda se pointa devant lui, un sourire aux lèvres. Jorge, à ses côtés, lui lança un regard amusé, goguenard, tout en se dirigeant vers sa cabane. La fille salua Matthew et reporta son attention sur Thomas, lui tendant la main pour l'aider à se relever.

Thomas adressa un petit sourire contrit à Matthew et saisit la main tendue. Matthew se doutait bien de ce qu'ils allaient faire, et il préféra ne pas y penser. Quoi de meilleur quand on est seul comme un con que de savoir que d'autres s'amusent, à deux ?

Dépité, il se perdit dans la contemplation du feu, un autre verre ayant fait une mystérieuse apparition à ses côtés, accompagné d'une bouteille. Il remercia intérieurement Brenda de son attention, et se versa un verre.

Quand Matthew releva la tête, il était seul. Les autres étaient tous rentrés. Lorsqu'il regarda dans la direction de Minho, il s'aperçut qu'il n'était plus assis à la table. Il le chercha du regard, sans succès. Il s'apprêtait à se lever et rentrer quand une voix trainante derrière lui le fit sursauter :

« C'est moi que tu cherches ? » demanda un Minho bien alcoolisé, penché en équilibre instable au-dessus de l'épaule de Matthew.

Matthew ne répondit rien, trop surpris pour penser à quoique ce soit.

Minho n'attendit pas de réponse et marcha - d'un pas des plus chancelants - vers la maison de Matthew.

Le garçon n'y comprenait rien. Qu'est-ce qu'il faisait exactement ? Il se leva en vitesse, et lorsque sa tête tourna sérieusement il réalisa que lui-même n'y était pas allé mollo sur l'alcool.

Il le poursuivit du mieux qu'il put, et l'interpella. Minho ne se retourna pas.

Matthew arriva à sa hauteur et tira d'un coup sec sur son bras.

« Mais qu'est-ce qu'il te prend ? » lui hurla-t-il à la figure.

Minho lui fit face, en colère. Puis son visage s'apaisa presque instantanément. Matthew eut un mouvement de recul. Son regard était… étrange. Comme s'il venait d'avoir une révélation.

La seconde d'après, Minho le tirait par sa veste et écrasait ses lèvres contre les siennes.

Matthew, d'abord perplexe, ne fut pas long à répondre. Il avait refoulé son attirance pour lui depuis tellement longtemps, il n'imaginait plus que cela puisse arriver un jour. Lakers — non, Minho, se morigéna-t-il, — dans ses bras, l'embrassant.

« Tu m'as tellement manqué » l'entendit-il murmurer, le visage enfoui dans son cou.

Ses bras le serraient fort, le corps de Minho pressé contre le sien. Il sentit une larme couler dans son cou. Minho pleurait ? Matthew essaya de le repousser pour voir son visage, mais le Glader s'accrocha à lui. Ses mains descendirent ensuite, se logeant dans le creux de son dos, l'attirant plus près de lui. Il déposa des baisers sur sa peau, suivant la courbe de la nuque, puis la ligne dure de sa mâchoire, retrouvant enfin ses lèvres. Matthew ne pouvait réprimer ses frissons. Le contact envoyait des petits éclairs dans tout son corps. Lui-même s'agrippait au sweat de Minho. Il n'osait pas bouger, il avait peur qu'il s'évapore, comme s'il l'avait imaginé et que Minho n'était pas vraiment là avec lui.

Les mains du Glader glissèrent sur ses fesses avant de remonter, sous son t-shirt cette fois. Ses doigts étaient froids mais ils ne tardèrent pas à se réchauffer au contact de sa peau brûlante. Minho était plein de douceur, le touchant avec une délicatesse incroyable. Ses gestes étaient attentionnés. Matthew se sentait aimé, et c'était pour le moins inattendu. Lorsqu'il frôla la peau du Glader avec hésitation, il obtint un grognement de satisfaction en retour. Encouragé, il emmêla ses doigts dans les cheveux noirs de Minho, et lui maintint le visage à hauteur. Il mordilla doucement sa lèvre inférieure, écopant d'un petit gémissement. Minho était autant dedans que lui, et c'était génial.

Enhardi, il entraina Minho et poussa la porte de chez lui. C'était la première fois que Minho entrerait dans sa maison, et l'idée réjouissait Matthew. Celui qu'il aimait depuis toujours le serrait dans ses bras avec tendresse et désir. C'était un rêve éveillé.

Minho était dans un état second. Il devait rêver. Il avait retrouvé Newt ! Il était serré contre lui, son corps chaud enveloppé autour de lui comme une seconde peau. Il mordilla le creux du cou et de l'épaule, respirant son odeur à pleins poumons. Minho fronça les sourcils. Quelque chose clochait. Newt ne sentait pas cette odeur-là. Il avait partagé sa chambre pendant un bon moment, il l'aurait reconnue entre toutes. Le Glader se secoua une seconde, c'était seulement qu'il ne se lavait plus avec le même savon. Newt s'écarta un peu et le tira derrière lui. Minho suivit sans hésitation, mais l'impression d'étrangeté le repris. Newt ne boitait plus. Pourtant il boitait toujours, non ? Son front se plissa avec l'inquiétude. C'était comme s'il avait oublié quelque chose, et de la plus grande importance. L'alcool eut raison de son inquiétude, il suivit Newt et le poussa contre le mur. Newt l'attira plus près et l'embrassa fort. C'était presque douloureux, et cela convenait parfaitement à Minho. Pour une raison qui lui échappait, il savait que c'était de circonstance. Quelque part, au fond de lui, il savait que ce qu'il faisait était mal. Quelque chose n'allait pas. Mais Minho s'en fichait. Il voulait aimer Newt comme il le méritait.

« Minho » souffla l'autre alors qu'il lui retirait son t-shirt.

La voix le fit stopper net. Elle lui fit l'effet d'une douche froide. Ce n'était pas Newt bon sang. L'alcool s'évapora comme par magie. Minho était désormais tout à fait sobre. Il contemplait ce garçon devant lui, le portrait craché de Newt, mais ce n'était pas lui. Comment avait-il pu se méprendre ?

Il ne savait pas quoi lui dire. Il ne voulait pas être blessant. Il l'avait trop été avec Newt, il comptait bien éviter de refaire les mêmes erreurs.

Il se contenta d'un « Je suis désolé » murmuré tout bas, fit demi tour et s'en alla. A peine eut-il passé le pas de la porte qu'il se mit à courir. Il entendit Matthew l'appeler derrière lui. Entendre sa voix était physiquement douloureux. Elle lui rappelait son échec, la trahison, et la douleur était insoutenable. Il courut jusqu'à ce que la falaise l'interrompe. Il longea la côte un long moment. Le bruit des vagues l'éloignait de la réalité.

Il ne voulait pas repenser à la mort de Newt. Il lui avait promis qu'il ne l'oublierait jamais, qu'il penserait à lui à chaque instant de sa vie. Et c'était vrai, il avait tenu parole, malgré lui d'une certaine façon. Mais maintenant il aimerait tellement pouvoir l'oublier. Il avait tellement mal, ce n'était pas juste ! Pourquoi avait-il fallu qu'il meure, bordel ?!

Le ciel s'éclaircit progressivement, rejetant le noir au profit d'un bleu sombre, puis plus clair. Les éclats oranges et roses du soleil illuminèrent bientôt le ciel, chassant les ombres de la nuit. Le spectacle était à couper le souffle. Minho admira le lever du soleil, émergeant lentement des vagues, désespéré que Newt ne soit pas là pour partager ce moment avec lui. Ses mains serrées en poings depuis qu'il avait quitté Matthew se relâchèrent.

Newt l'aimait. Il voulait son bonheur. Il n'aurait pas supporté qu'il abandonne. Il devait faire un effort. Cela faisait plus d'un mois maintenant. L'absence, le manque, c'était terrifiant. Mais il faudrait toutefois qu'il fasse avec. Newt était mort, mais la vie continuait. Minho était une plaie pour ses amis. Ils s'inquiétaient pour lui, il voyait leurs regards tristes, pleins de pitié. Il ne leur en voulait pas, il ne les laissait rien faire de plus.

Une fois le soleil haut dans le ciel, Minho se décida à faire demi tour. Il était épuisé, et il avait parcouru une sacrée distance. Lorsqu'il arriva, les Munies mangeaient le repas du midi.

Thomas le repéra tout de suite, à croire qu'il l'avait guetté. Il se précipita vers lui, l'air soucieux.

« Tu étais où, nom de dieu ? » s'exclama Thomas d'une voix dure et soulagée à la fois.

« J'avais besoin de courir » répondit-il à contrecoeur. Il n'avait jamais aimé devoir se justifier, il était un grand garçon, non ? Il essaya de se rappeler ses nouvelles résolutions. Comme être plus agréable avec ses amis. Aïe…

« Matt n'est vraiment pas bien tu sais…. » dit Thomas en s'approchant plus près de Minho, hésitant. Il savait que le Glader n'allait pas apprécier qu'il s'immisce dans leur… relation ? Mais Matthew était devenu son pote, et il n'aimait pas voir ses amis malheureux. Minho rendait Matthew malheureux.

« Parce que tu l'appelles Matt maintenant ? » rétorqua sèchement Minho, les yeux plissés. Des profonds cernes noirs encadraient ses yeux. Il n'avait pas dormi de la nuit, comprit Thomas.

« Eh ça va Minho hein, c'est pas parce que tu ne supportes pas de te l'être tapé qu'on doit tous le détester » s'insurgea-t-il, le ton assez bas. Les Munies n'étaient pas très loin. Il s'était dit de rester calme, d'essayer la délicatesse. A croire qu'il n'était pas très doué pour ça.

Minho lui lança un regard noir, les poings serrés.

« Je ne me le suis pas tapé » grogna le Glader, raide comme un piquet et l'air surpris, presque paniqué.

« Tu joues sur les mots » balaya-t-il sa rebuffade.

Les yeux de Minho lançaient des éclairs : « C'est lui qui t'a raconté ça ? ».

« Ne lui mets pas tout sur le dos, vous étiez deux hier, je me trompe ? » contra Thomas en faisant un pas en avant. Déjà que Minho foute sa vie en l'air, ça ne le réjouissait pas, mais qu'il entraîne un autre avec lui, c'était hors de question.

« J'étais bourré ! » cracha Minho, hors de lui, « c'était une erreur ! Il n'y a que Newt bordel, tu comprends ça ? » il bouscula fort Thomas hors de son passage et s'enferma dans sa maison.

Minho avait parlé fort, il avait limite hurlé. Les Munies faisaient tous semblant de ne pas avoir entendu, même Matthew, assis à la table la plus proche, le visage si près de son assiette qu'on aurait pu croire qu'il était tombé dedans.

Thomas baissa la tête, penaud. Il n'aurait pas cru que la conversation tournerait si mal. Il n'aurait pas aimé entendre ce que Matthew venait de se prendre dans les dents. Il lui lança un regard contrit et se rassit lentement. Il n'avait plus très faim.