Je me possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën et Gohenlass sont des créations qui m'appartiennent.
Faisant suite à ma série « L'histoire d'un roi », voici une série de plusieurs moments prenant place dans la jeunesse de Legolas.
Ce deuxième chapitre est un moment paisible dans lequel Thranduil et sa famille, de passage à Imladris pour la naissance des jumeaux d'Elrond discutent avec Elrond et Celebrian.
En espérant que cela vous plaise.
Bonne lecture
PS : Si vous cherchez à mettre de l'ordre dans mes fics, faites un tour sur mon profil, la liste est à jour et vous avez un ordre pour les lires biens que la plupart soit des OS.
NOTE (D'après Tolkien) : ça aura de l'importance pour la suite. La croissance des enfants elfes est beaucoup plus lente que celle des enfants humains. Ils sortent de l'adolescence et atteignent l'âge adulte entre 50 et 100 ans en moyenne. Ainsi un enfant qui donne l'air d'avoir 7 ans peut avoir en fait entre 20 et 25 ans. Toutefois même si son corps grandit plus lentement, son esprit se développe plus vite, permettant à des enfants d'un an de parler couramment...
L'HISTOIRE D'UN PRINCE
Chapitre 2 : Un instant de calme
Le printemps était verdoyant et fleuri dans la vallée cachée d'Imladris. Les elfes vaquaient à leur occupation tout en discutant. Sur l'une des terrasses, Elrond tira une chaise pour s'asseoir en face de son hôte, un grand elfe à la chevelure blonde très pâle et aux larges épaules. Elrond sourit à Thranduil.
- Je suis heureux de vous avoir parmi nous.
- Quand nous avons appris votre bonheur, il nous a semblé important de venir vous féliciter, vous serez un père magnifique mellon nìn (mon ami).
- Pour l'instant, les jumeaux m'empêchent surtout de dormir la nuit, sourit Elrond.
Thranduil sourit.
- Ils n'ont que quelques mois… Les enfants sont un bonheur permanent…
Elrond sourit à son tour devant la tendresse dans les mots de son ami dont le regard se perdit un peu plus loin en contrebas. Celebrian était assise dans l'herbe avec Idelwën. Les deux petits jumeaux, âgés de quelques mois et déjà vifs étaient dans un couffin de dentelle.
Arenor était allongé sur l'herbe, observant les nuages. Si son apparence, en la comparant aux Hommes, pouvait faire penser à un enfant d'une dizaine d'année, le jeune elfe en avait déjà trente. En effet, le corps des elfes évoluait bien plus lentement que ceux des humains tandis que leurs capacités intellectuelles étaient elles largement en avance, permettant à des enfants d'un an de savoir parler normalement. A tout juste trente ans, Arenor paraissait donc jeune mais, il était déjà un adolescent instruit qui attendait avec impatience ses cinquante ans. En effet, les elfes devenaient adultes entre cinquante et cent ans et le jeune prince savait que le passage à l'âge adulte lui donnerait le droit de combattre aux côtés de son père et il attendait cet honneur… Avec un peu trop d'impatience rajoutait souvent sa mère, peu pressée de le voir se mettre lui aussi en danger.
Surgissant de derrière un bosquet, derrière lequel il s'était caché, son petit frère, avec sa longue chevelure blonde sauta sur le dos de sa mère qui se mit à rire avant de le faire basculer dans ses bras.
- Mais qu'avons-nous là ? Une petite feuille !
Legolas se mit à rire et Idelwën l'assit sur ses genoux.
- Ne fais pas de gestes brusques, regarde, les bébés dorment.
Legolas avait neuf ans désormais et son apparence reflétaient bien celle d'un enfant de trois ans. Il était vif, curieux et espiègle. Des traits de caractère que Thranduil recensaient comme venant de son épouse, ce qui amusait beaucoup les deux époux… Oui, si Arenor voulait déjà combattre, Legolas, en verte feuille espiègle qu'il était, aimait la nature, les animaux et la forêt, tentant déjà de sortir du palais tout seul au grand dam de Gallion et de Gohenlass qui avaient réussià l'arrêter juste à temps… Alors Idelwën emmenait souvent son fils découvrir les beautés de la forêt pour satisfaire sa curiosité pendant qu'Arenor, en futur roi, développait son sens politique et son art militaire sous la houlette de son père. Legolas était encore petit mais, la reine espérait que cela ne créerait pas un fossé trop grand entre le père et son deuxième fils… Elle les aimait tellement, les trois hommes de sa vie…
Legolas se redressa des bras de sa mère et se laissa basculer dans les bras de Celebrian qui le réceptionna et lui passa une main dans les cheveux avant de lui déposer un baiser sur le front.
- Fais attention à ce que tu fais, petit elfing.
- Je voulais voir les bébés.
Celebrian assis le petit elfe sur ses genoux et le laissa se pencher au-dessus du berceau dans lequel les deux bébés s'agitaient doucement.
- Ils sont bruns…
- Ah, ça c'est le côté de leur papa, répondit Celebrian en souriant.
- Est-ce qu'ils viendront jouer avec moi quand ils seront plus grands ?
Celebrian sourit de nouveau.
- Vos pères sont comme deux frères, je suis sûre que vous serez amenés à vous voir régulièrement et à jouer ensemble.
- Je pourrais leur montrer le nid en haut du grand chêne, près de la cascade ?
Cette fois ce fut Idelwën qui prit un air sévère.
- Legolas Greenleaf, comment avez-vous bien pu aller voir ce nid ?
- Ben, avec Gohenlass ! Répondit le jeune elfe comme une évidence.
Celebrian pouffa de rire devant la mine déconfite de son amie.
- Je crois que vous avez trois enfants…
- Non, j'en ai quatre, répondit Idelwën en incluant Thranduil dans le lot.
Celebrian se mit à rire tout en caressant doucement la joue de Legolas.
- Mais ils sont si adorables…
...
Elrond servit un verre de vin à son invité. Le seigneur d'Imladris ne buvait pas beaucoup mais, il savait qu'un bon verre de vin était un des péchés de son ami et il avait toujours quelques bonnes bouteilles en provenance de la Comté dans ses caves pour le recevoir. Thranduil le remercia d'un hochement de tête avant de porter la coupe à ses lèvres. Elrond se rassit.
- Est-ce moi ou Legolas est un tant soit peu plus turbulent que son frère ?
- Plus turbulent ? Cet enfant est une vraie tornade !
- Ce n'est pas un trait qui vient de vous, pouffa doucement Elrond devant la mine déconfite de son ami qui en avait reposé son verre.
- Je penche pour un trait hérité de sa mère, lui répondit Thranduil en souriant.
Il but une gorgée de vin et ajouta.
- Ce n'est pas une critique… J'aime ces enfants plus que ma vie et c'est pour ça que je suis de plus en plus inquiet…
- Toujours cette ombre ?
- Oui… Et elle progresse de plus en plus… Je sais que vous ne voulez pas voir dans ces phénomènes le retour de notre ennemi mais, il y a quelque chose qui n'est pas normal dans tout cela… Et nous sommes en première ligne… Ces enfants que j'aime passionnément… quel genre d'avenir je leur réserve, Elrond ?
- Je vous l'ai dit à maintes reprises… Il ne faut pas être aussi pessimiste, mon ami.
- Cela est facile Elrond, lorsque l'on vit dans une vallée cachée, loin de la mort et de la souffrance… J'ai renforcé les défenses du palais et les frontières pour que plus rien ne passe…
- Il ne faut pas vous couper de tout.
- Tant que cette ombre nous menacera, je préfère qu'on me dise isolationniste que laxiste…
- Je comprends… Je me sens déjà beaucoup plus inquiet depuis la naissance d'Elladan et d'Elrohir…
- C'est votre instinct de père…
- Oui…
Thranduil sentit une autre forme de tristesse dans son ami et se pencha un peu plus vers lui.
- Que se passe-t-il ?
- Je ne cesse de faire le parallèle entre moi et Elros…
- De quoi avez-vous peur, que l'un décide de mourir et pas l'autre ?
Elrond sursauta en redressant la tête. Thranduil avait l'art de présenter les choses avec un pragmatisme et une froideur étonnante quand il s'en donné la peine et les iris de cristal gris-bleu qui vous fixaient dans ces moments-là n'amélioraient pas votre malaise.
- Quoi ? Dites-moi que ce n'est pas cela ? Demanda Thranduil en se renversant dans son siège.
Elrond émit un petit rire nerveux.
- C'est merveilleux d'avoir un frère jumeau. On se comprend sans parler… à distance…
- Jusqu'au jour où il choisit la mortalité par amour, conclut Thranduil. Vous avez déjà peur du choix qu'ils feront.
Elrond ne dit rien et Thranduil sourit.
- Le temps n'est pas venu de vous miner pour cela. Profitez de vos fils, de votre femme… Les instants présents ne pourront plus vous être volés, quoi qu'il se passe à l'avenir…
Thranduil finit sa phrase en remplissant un verre qu'il tendit à Elrond.
- Alors trinquons à votre bonheur mon ami ! Le moment n'est pas à la tristesse... L'ombre viendra bien assez vite...
