Je ne possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën et Gohenlass sont des créations qui m'appartiennent.

Faisant suite à ma série « L'histoire d'un roi », voici une série de plusieurs moments prenant place dans la jeunesse de Legolas.

Dans ce 4éme chapitre, quelques semaines seulement après avoir découvert les cicatrices de son père, Legolas est confronté brutalement à la guerre et aux douleurs qu'elle peut apporter

En espérant que cela vous plaise.

Bonne lecture

PS : Si vous cherchez à mettre de l'ordre dans mes fics, faites un tour sur mon profil, la liste est à jour et vous avez un ordre pour les lires biens que la plupart soit des OS.

NOTE (D'après Tolkien) : ça aura de l'importance dans les premiers chapitres. La croissance des enfants elfes est beaucoup plus lente que celle des enfants humains. Ils sortent de l'adolescence et atteignent l'âge adulte entre 50 et 100 ans en moyenne. Ainsi un enfant qui donne l'air d'avoir 7 ans peut avoir en fait entre 20 et 25 ans. Toutefois même si son corps grandit plus lentement, son esprit se développe plus vite, permettant à des enfants d'un an de parler couramment...


L'HISTOIRE D'UN PRINCE

CHAPITRE 4 : Comprendre la douleur

Legolas n'avait découvert les anciennes cicatrices de son père que depuis quelques semaines quand un autre événement allait marquer à jamais le petit garçon qu'il était.

Toujours curieux, le petit garçon avait réussi à se faufiler dans la salle de réunion du roi. Bien caché, il avait observé Thranduil et ses capitaines dont Gohenlass, qui avait grillé sa cachette d'un seul regard, mais qui n'avait rien dit, devenant le complice du jeune prince en lui faisant un léger sourire. Mieux, il s'était déplacé sur la droite pour que les autres elfes ne le remarquent pas.

La discussion avait été sérieuse et Legolas s'était concentré pour comprendre de quoi ils parlaient. Il comprit qu'il était question d'orcs, des hideuses créatures qu'il avait déjà rencontrées dans des livres mais, dont il ignorait l'existence réelle… Il repensa aux cicatrices de son père, cachées par sa magie, et comprit que les orcs devaient sans doute faire partie de ces monstres qu'il avait affrontés par le passé. Legolas frémit… Oui, il aimait toujours autant la forêt mais, il y avait réellement des monstres tapis dans les ombres… C'est ce que le petit garçon comprit de la discussion des grands. Ils étaient inquiets de l'arrivée massive des orcs qui envahissaient peu à peu Vertbois… Son père paraissait soucieux et cela l'inquiéta car il sut ce jour-là qu'un danger planait sur les elfes. Ils parlèrent attaque, stratégie et plan militaire… Ils parlèrent de patrouilles renforcées dans les bois et de batailles à préparer. C'était si sérieux que le petit garçon se sentit effrayé. Ce qui se préparait n'était pas bon signe et il eut envie de se réfugier dans les bras de sa mère mais, il devait attendre la fin de la réunion pour ça…

Les adultes discutèrent longuement et Legolas finit par somnoler un peu avant de piquer réellement du nez. Dans son sommeil, des monstres envahirent ses cauchemars, attaquant le palais, détruisant tout et le petit garçon finit par se réveiller en poussant un cri. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il croisa le regard à la fois en colère et inquiet de son père qui était penché au-dessus de lui.

- Legolas Greenleaf, il ne me semble pas vous avoir convié à un conseil de guerre.

- Je… Je suis désolé ada (papa)… Je voulais juste comprendre pourquoi vous étiez inquiet…

- Toujours cette curiosité, soupira Thranduil avant de se pencher pour le prendre dans ses bras.

Il se redressa en portant son fils toujours un peu ensommeillé et se retourna vers ses capitaines.

- Allez ! Faites ce qu'il faut !

Les elfes sortirent mais, le roi rappela l'un d'entre eux.

- Gohenlass !

Le jeune elfe s'immobilisa et se retourna vers le roi.

- Ar nìn (mon roi) ?

- Comment la présence d'un petit elfing a-t-elle pu t'échapper ?

- Cela ne pouvait que lui apporter une expérience de plus, répondit le jeune elfe avant de sortir de la pièce à son tour.

Thranduil hocha la tête et baissa les yeux sur son fils, de nouveau endormi dans ses bras.

- Je préférerais que tu attendes un peu avant de mieux connaître ce dont nous parlions, ma petite feuille…

OooooO

Si les monstres peuplèrent ses cauchemars cette nuit-là, ils firent une entrée brutale dans la vie du jeune elfe quelques jours plus tard.

Alors que Legolas était en train de tenter de suivre le fil des idées de Galion qui essayait tant bien que mal de lui enseigner la poésie, une agitation peu commune se fit ressentir dans tout le palais. L'air inquiet de son précepteur n'échappa pas à Legolas qui eut tôt fait de lui fausser compagnie pour comprendre de quoi il retournait.

Quand il pénétra dans le grand hall, il fut saisi par les cris et les clameurs qui retentirent autours de lui, comme par une odeur qui le fit frémir… l'odeur du sang… Legolas se souvenait de sa lourde chute et son genou profondément entaillé sur une pierre coupante. Il se souvenait de l'odeur mais là, c'était différent… L'odeur du sang… Le cliquetis des armures… Le petit garçon ne le comprit pas vraiment, mais il sut que quelque chose de terrible s'était passé. Autour de lui se tenait les elfes de la compagnie de Gohenlass… Gohenlass qui était parti avec son père quelques jours plus tôt… Le petit garçon avait vu le regard triste de sa mère lorsqu'ils étaient partis et tous les cris qui résonnaient sous la voûte de pierre n'annonçaient rien de bon.

Legolas se fraya un chemin à travers la foule sans que les gens ne le remarquent et il parvint à se glisser au premier rang. Il repéra la fine silhouette de Gohenlass et nota la trace de sang sur sa joue droite. Il paraissait épuisé, mais il tenait debout et le jeune elfing ressentit un certain soulagement. Son ami ne le remarqua pas et son regard continua de balayer la scène... Un regard qui s'arrêta soudainement sur un elfe qu'on allongeait sur le sol avec précaution… Un elfe à la longue chevelure blonde tirant sur le blanc dont les yeux clos et la poitrine recouverte de sang arracha un cri au petit garçon.

- Ada !

Legolas courut vers son père. Thranduil était pâle et respirait difficilement. Une flèche dépassait de son épaule gauche et une longe entaille parcourait sa poitrine du même côté. Legolas se jeta à genoux et secoua l'épaule de son père.

- Ada ! Echuio (Réveillez-vous) !

Mais le roi ne réagit pas et des larmes montèrent aux yeux du petit garçon.

- Ada !

Legolas se sentait perdu et impuissant. Il était à deux doigts de s'écrouler sur son père lorsque des mains le soutinrent et le relevèrent. Il se débattit avant de reconnaître les bras de son frère dans lesquels il se jeta en tremblant.

- Arenor !

Tout aussi inquiet que son jeune frère, l'adolescent se mit à genoux pour le serrer dans ses bras.

- Ne pleure pas, je suis là honeg (petit frère)

- Ada ? Il est mort ?

- Non… Tu sais bien qu'il ne peut pas mourir…

Arenor ne savait pas vraiment s'il disait cela pour rassurer son jeune frère ou pour se convaincre lui-même. Legolas enfouit sa tête dans l'épaule de son frère en se mettant à trembler. Il voulait bien le croire, mais les gens semblaient si tristes et paniqués autour d'eux. Un cri déchirant retentit à son tour et glaça les deux enfants… Le cri de leur mère qui se jeta à genoux devant son époux, prenant son visage entre ses mains.

- Thranduil ! Meleth nìn (mon amour) ! Ce n'est pas possible… Thranduil…

La vue de la reine était brouillée par ses larmes lorsqu'elle releva la tête en direction de Gohenlass qui venait de s'agenouiller devant elle.

- Rîn nìn (ma reine)

- Mais que s'est-il passé ?

- La compagnie des orcs était bien plus nombreuse que nous le pensions, ils nous ont pris en tenaille… C'est un miracle que nous ayons réussi à rentrer…

Idelwën nota la fatigue et la sincérité ainsi que le léger frisson qui parcourut le corps de son ami.

- Je savais que vous ne deviez pas partir…

- Mais ils étaient si proches… Nous nous devions de tout faire pour les repousser hors de notre royaume...

Gohenlass frémit et ajouta.

- Goheno nìn (pardonnez-moi)… Nous avons été séparés pendant la bataille et j'ai mis trop de temps à rejoindre son groupe…

- Tu me l'as ramené en vie, répondit Idelwën pour tenter de tranquilliser le jeune elfe dont elle sentait l'émotion.

Ce fut à cet instant que les guérisseurs arrivèrent et se penchèrent sur le roi. Idelwën redressa la tête et découvrit ses deux fils à quelques mètres de là. Touchée qu'ils assistent à cela, elle se leva et les rejoignit, s'agenouillant devant eux pour les étreindre.

- Mes tous petits…

La reine nota les pleurs désespérés de Legolas et lui déposa un baiser sur le front pour tenter de le rassurer pendant que les elfes emmenaient le roi dans les salles de soins.

...

Quand Idelwën vint border son jeune fils le soir, il pleurait toujours et cela déchira son cœur de mère.

- Mon petit… Ne pleure pas…

- Ada va mourir…

- Non, ton ada est fort. Il a survécu à bien pire, cesse de pleurer ma petite feuille.

- Comme lorsque grand-père est mort ?

Idelwën sursauta, étonnée que le petit garçon mentionne Oropher alors que le sujet n'avait jamais été abordé.

- Oui… Comme lors de la mort de ton grand-père… Mais comment le sais-tu ?

- Je voulais me glisser dans les salles de soin et les guérisseurs en parlaient avant que Gohenlass ne me trouve et m'emmène.

- Gohenlass avait raison. Ce n'est pas un endroit pour les elfing.

- Pourtant quand on se fait mal, on doit rester ensemble, non ? Dire à quelqu'un qu'on l'aime ça peut le sauver, non ?

Idelwën sourit devant la candeur et la naïveté de son petit garçon. Elle lui caressa la joue et murmura en réponse.

- Oui… Aimer quelqu'un peut l'aider à se battre…

- Alors pourquoi je ne peux pas rester avec ada ?

- Il est avec les guérisseurs. Tout ira bien.

- Mais je ne lui ai pas dit que je l'aimais, répondit le petit garçon en pleurant plus fort.

Idelwën frémit et se pencha pour l'embrasser tout en essayant de le rassurer.

- Ne t'en fais pas, il le sait…

- Il va vivre ?

- Oui… Il vous aime trop pour vous abandonner…

...

Thranduil était allongé dans un lit, pâle et inconscient. Un large bandage enserrait son épaule et son torse. Sa respiration semblait plus facile mais, il ne paraissait pas encore au mieux.

Idelwën se pencha sur lui et déposa un baiser sur sa joue avant de se redresser et de lui éponger doucement le visage… Les larmes lui vinrent aux yeux de le voir aussi faible et elle se redressa pour sortir de la pièce et prendre un peu l'air. Tout cela était si injuste. Pourquoi personne ne semblait se soucier du devenir des elfes sylvains ?

A peine eu-t-elle quitté la pièce qu'une silhouette se faufila dans la chambre. Avec une certaine appréhension, Legolas parvint à se hisser sur le lit de son père. Il frémit en le voyant pâle et inconscient… Son père lui avait toujours parut fort et indestructible jusque-là… Le petit garçon tendit timidement son bras.

- Ada ?

Mais Thranduil ne réagit pas et son cœur de petit elfing se brisa. Les larmes lui montèrent aux yeux et il tenta de les arrêter. Il voulait être fort, mais il était si jeune… Legolas essuya ses larmes d'un revers de la main et se pencha sur son père pour lui murmurer à l'oreille.

- Melin le ada (Je vous aime papa)… Echuio… Melin le…

Le roi ne bougea pas et le petit garçon s'effondra sur le lit en larme.

- Amin hirathea ada (je suis désolé papa)… J'aurais dû venir vous le dire avant…

...

La reine se trouvait sur l'un des balcons, observant le soleil se coucher tout en ne pouvant plus retenir ses larmes.

- Nana (Maman) ?

La reine sursauta et se retourna vers Arenor qui l'observait avec un air triste. Le jeune adolescent vit ses larmes et se rapprocha pour la prendre dans ses bras. Il n'était pas encore aussi grand qu'elle mais sa stature rappelait déjà celle de son père et Idelwën apprécia de le sentir la bercer dans ses bras. Les larmes se firent plus violentes et elle laissa sa peine s'évacuer, tout en se disant que ce n'était pas à son fils de remplir ce rôle.

Arenor savait que sa mère n'était pas du genre à craquer de cette manière et que ses larmes prouvaient à quel point elle était inquiète. A son âge, le jeune elfe n'avait pas envie de devenir l'homme de la maison… il n'avait pas envie de perdre son père mais, il se devait d'être fort, comme lui et d'être là pour soutenir les gens qu'il aimait… Alors, il ravala ses propres larmes et se tint droit, apaisant sa mère du mieux qu'il pouvait.

...

Legolas était toujours pelotonné en larmes sur le lit de son père lorsqu'une personne entra dans la pièce. Gohenlass le repéra et se rapprocha en soupirant. Il s'assit sur le bord du lit et posa une main sur le dos du jeune elfing.

- Hey ? Je te cherche depuis une heure…

- C'est trop tard, sanglota le petit garçon.

- Comment cela trop tard ?

- J'ai dit à ada que je l'aimais, mais ça ne l'a pas guéri, il va mourir ! J'aurais dû venir avant !

Gohenlass frémit en posant les yeux sur le roi. Il lui paraissait faible et l'espace d'un instant il pensa que le jeune prince avait raison et cela lui brisa le cœur mais, il se reprit et murmura en prenant le petit garçon dans ses bras.

- Il faut du temps tu sais… Mais je sais qu'il t'a entendu… Si nous allions te coucher en attendant.

- Il ira mieux demain…

- Je l'espère Legolas…

...

La solidité de Thranduil venait de sa stature impressionnante, même pour un Sindar, tout autant que de sa magie qui l'habitait et le roi, bien que gravement blessé, reprit connaissance deux jours plus tard.

Idelwën en pleura de joie lorsqu'elle croisa les iris bleu acier de son compagnon. Elle lui caressa la joue avec tendresse, essayant de lui sourire et restant à ses côtés jusqu'à ce qu'il se sente légèrement mieux…

...

Quelques heures plus tard, Thranduil s'était redressé pour se caler assis dans son lit. Le roi avait encore mal, mais il détestait se montrer faible. Encore quelque chose qu'il avait gardé d'Oropher…

Le roi était seul. Il avait réussi à faire entendre raison à Idelwën et Arenor qui étaient partis se restaurer et prendre un peu de repos maintenant qu'il allait bien. La nuit n'allait pas tarder à tomber et il était perdu dans ses pensées, tentant de limiter sa douleur.

Les bruits de pas furent légers mais lui firent relever la tête. En chemise de nuit de lin grise, Legolas traversa rapidement la chambre et grimpa sur le lit. Le roi fronça les sourcils. Les chambres de guérison n'étaient pas un lieu pour les jeunes elfing mais son fils le regarda avec des yeux pleins d'amour.

- Vous allez mieux ada ?

- Oui, ma petite feuille mais tu ne devrais pas être au lit ?

- Ne me grondez pas… Je voulais juste vous voir… J'ai eu si peur ada

Thranduil aurait voulu répondre quelque chose mais Legolas ne lui en laissa pas le temps, s'écroulant en pleurs sur les jambes de son père.

- Je pensais que vous alliez mourir et que j'étais venu vous dire trop tard que je vous aimais…

- Lass pin nìn (ma petite feuille), répondit doucement Thranduil en posant une main sur son dos.

- Melin le ada… Melin le…

Le petit garçon continuait de pleurer et Thranduil sentit un pincement au cœur devant la détresse de son petit. Il aurait voulu se pencher pour le prendre dans ses bras mais chaque mouvement était douloureux, pourtant, il ne devait pas le laisser comme ça. Alors, il serra les dents et glissa son bras droit sous son fils pour l'attirer contre lui. Une grimace traversa son visage mais, il parvint à faire reposer la tête du petit garçon toujours en pleurs contre sa poitrine.

- Melin le mon tout petit… Tout va bien…

- Vous ne le referez plus, hein ada ? Demanda Legolas en levant son visage en larmes vers son père…

- De quoi ?

- Vous faire blesser par ces orcs. Il ne faut plus… Je ne veux pas vous perdre…

Thranduil lui sourit et l'observa enfouir son visage contre lui. Il nota ses légers tremblements et le berça doucement en répondant.

- Non, mon enfant… Tu ne me perdras pas…

A cet instant précis, Thranduil adressa mentalement une prière à Eru pour qu'il ne soit pas en train de lui mentir…