Je me possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën et Gohenlass sont des créations qui m'appartiennent.

Faisant suite à ma série « L'histoire d'un roi », voici une série de plusieurs moments prenant place dans la jeunesse de Legolas.

Dans ce 8éme chapitre, alors que l'Ombre ne cesse d'étendre son emprise sur Vertbois, c'est un jour particulier pour Legolas.

En espérant que cela vous plaise.

Bonne lecture

PS : Si vous cherchez à mettre de l'ordre dans mes fics, faites un tour sur mon profil, la liste est à jour et vous avez un ordre pour les lires biens que la plupart soit des OS.

NOTE (D'après Tolkien) : ça aura de l'importance dans les premiers chapitres. La croissance des enfants elfes est beaucoup plus lente que celle des enfants humains. Ils sortent de l'adolescence et atteignent l'âge adulte entre 50 et 100 ans en moyenne. Ainsi un enfant qui donne l'air d'avoir 7 ans peut avoir en fait entre 20 et 25 ans. Toutefois même si son corps grandit plus lentement, son esprit se développe plus vite, permettant à des enfants d'un an de parler couramment...


L'HISTOIRE D'UN PRINCE

Chapitre 8 : Un jour particulier

Il y avait des jours dans la vie d'un jeune elfe qui étaient toujours particuliers, des jours qui soudain les rapprochaient un peu plus des Hommes, des Nains ou des Hobbits… C'était le jour de son anniversaire. Oh, bien sûr, les elfes ne le fêtaient pas tous les ans, mais tous les dix ans jusqu'à leur première centaine puis tous les cinquante ans jusqu'à leur premier millénaire et après tous les cents ans… Leur rapport au temps étant lié à la perception qu'ils en avaient…

Ce matin-là, Legolas aurait dû être heureux. Arenor avait été le premier à lui souhaiter ses quarante ans en se jetant à plat ventre sur son lit pour le réveiller, lui arrachant quelques grognements agacés qui avaient finis par se transformer en rires joyeux comme souvent entre les deux frères.

Puis Gohenlass aussi le lui avait souhaité en venant le chercher pour son entrainement matinal. Les deux jeunes elfes avaient parlé et rit tout le long du chemin.

Après cela, ils s'étaient mis à s'entraîner et Legolas s'était vite rapidement senti agacé. Si ces deux premiers duels ne lui avaient pas posé de problèmes, les quatre suivants s'étaient avérés nettement plus compliqués et lorsqu'un jeune elfe du nom de Rafnor, avait émis l'idée que les deux premiers combats étaient ses cadeaux d'anniversaire, Legolas avait frémi avant de se jeter sur lui pour lui faire ravaler ses propos. Gohenlass eut juste le temps de bondir pour intercepter le jeune prince avant qu'il ne déclenche une bagarre généralisée parmi les jeunes apprentis elfes.

- Allons, qu'est-ce tu fais ? Lui demanda-t-il en le tirant dans un coin du terrain d'entraînement.

- Je ne peux le laisser m'insulter !

- Il t'insulte pour te mettre en colère et apparemment ça marche, dit Gohenlass en croisant les bras.

Legolas lui répondit par un regard furieux et Gohenlass sourit. Par Eru, comme le jeune prince avait un tempérament emporté, cela le rapprochait de son père qui devait déployer un certain talent dans le contrôle de soi pour éviter parfois de se mettre en colère. Tout comme son père, Legolas aurait à travailler sur ce contrôle mais, apparemment pas aujourd'hui.

- Tu aurais dû me laisser faire. Je t'aurais montré que je peux le battre sans problème.

- Tu n'as pas besoin de me le montrer Legolas, je le sais.

Le jeune elfe lança un regard intrigué à son instructeur.

- Je ne comprends pas.

- Il te provoque parce qu'il se sait plus faible que toi et qu'il ne voulait pas t'affronter.

- Tu dis n'importe quoi, bougonna Legolas. Il fait deux fois ma carrure.

- Mais cela ne veut pas dire qu'il est plus fort. Bien au contraire… Plus ils sont gros, plus ils sont faciles à vaincre parce qu'ils sont comme tout le monde, ils ont un point faible… Quel que soit ton ennemi, même s'il fait la taille d'une montagne, il a un point faible ! Il y a toujours un point faible, rentre-toi ça dans ce crâne de jeune elfe borné ! Conclut Gohenlass en lui tapant doucement sur la tête.

Legolas lui fit une grimace qui ressembla à un sourire et Gohenlass le lui rendit en tapant sur son épaule.

- Nous retournons poursuivre ce cours ?

- Je peux le dérouiller ?

- Heu… Oui… Mais dans les règles et avec le respect que tu dois à sa bêtise…

Legolas pouffa de rire devant la mimique que fit son ami en disant cette phrase. Comme il avait l'art de l'aider à se sentir mieux. Gohenlass sourit et posa une main sur l'épaule de Legolas pour le ramener vers le terrain d'entrainement.

...

Comme à son habitude, Legolas était assis sur la balustrade de la terrasse de sa chambre, les pieds pendant dans le vide, se moquant bien de l'à-pic de centaines de mètres sous ses pieds. Dans son dos, sa mère pénétra sur la terrasse en souriant.

- Ne serait-ce pas une position un peu dangereuse, dit-elle en s'asseyant à côté de lui mais en restant du côté de la terrasse.

Legolas tourna la tête vers elle et soupira avant de lui faire un léger sourire.

- Je ne pense pas être assez maladroit pour tomber.

Il y avait de la tristesse et cela toucha la reine qui lui passa une main sur le visage, repoussant quelques unes de ses grandes mèches blondes derrière son oreille en lui demandant.

- Tu as l'air bien triste. L'entrainement s'est mal passé ?

- Il se passe toujours mal, répondit ironiquement Legolas. Un des autres a dit que les combats que j'avais gagnés avaient volontairement été perdus par les autres.

- Je suis sûre que ce n'est pas le cas. Ils te respectent bien trop pour cela.

- Mais pourtant je ne suis pas aussi fort que je le voudrais. Je ne suis ni adar (père), ni Arenor.

- C'est une bonne chose, tu sais…

Legolas fronça les sourcils et sa mère lui sourit.

- Pas que ton entrainement se passe mal, mais que tu ne sois pas eux, tu es toi mon fils et c'est le plus important.

Legolas soupira et la reine se pencha pour lui déposer un baiser sur la joue qui le fit légèrement frémir.

- Viens, j'ai quelque chose pour toi.

Idelwën se leva et Legolas quitta son perchoir pour suivre sa mère dans sa chambre. Quand il entra, cette dernière se tenait debout. Elle tenait à la main un long objet en bois teinté d'ébène qu'elle lui tendit. Legolas frémit et lui prit l'arc des mains en tremblant légèrement d'émotion.

- Nana (maman)… Il est magnifique…

- Mon fils sera un bon guerrier, je ne peux en douter, mais ce que je sais de manière sûre c'est qu'il sera l'un des plus habiles archers de toute sa lignée et je voulais que tu aies une arme comme celle-là. Ton père t'a offert ton épée pour tes trente ans, quand tu as commencé ton entrainement. Cet arc m'a paru être le bon cadeau pour tes quarante ans. Qu'en penses-tu ?

- Il est si beau, répondit Legolas d'une voix tremblante en le bandant pour éprouver sa dureté. Merci nana !

Le jeune elfe se jeta au cou de sa mère, oubliant en un instant ses pensées tristes. Il enfouit sa tête dans ses cheveux, s'imprégnant de son odeur et de sa douceur… Comme il l'aimait… Elle qui était toujours là quand il se sentait triste… Elle qui savait comment lui redonner le sourire… Elle qui n'avait pas oublié ce jour si particulier…

...

Quand Idelwën entra dans sa chambre, elle trouva son époux, assis à la table de son bureau sur laquelle il avait étalé tout un amas de croquis et de cartes. Il semblait si absorbé par leurs études qu'il ne remarqua pas tout de suite la présence de son épouse. Cette dernière croisa les bras en se raclant la gorge. Thranduil sursauta et releva la tête, fronçant les sourcils devant l'air sévère de sa compagne.

- Quelque chose ne va pas ?

- Ne serait-ce pas à toi de me le dire ?

- Je ne…

- Que fais-tu ?

- Je fais une carte qui marque les endroits où nos avons dû affronter les orcs pour voir leur implantation par rapport aux nids des araignées, c'est comme s'ils travaillaient de concert et…

- Sais-tu quel jour nous sommes ? Le coupa Idelwën.

- Le jour ?

- Meleth nìn (mon amour), cette Ombre qui avance devient une telle obsession que tu en oublies les choses essentielles.

- Les choses ?

- Ton fils a quarante ans aujourd'hui… Depuis ce matin il attend un mot de la part de son père…

- Legolas… Oh par Eru, comment j'ai pu oublier…

- Tu es surmené… Il faudrait que tu te reposes…

Thranduil hocha la tête et se leva.

- Oui, je te le promets…

...

Thranduil poussa la porte de la chambre de son fils et le découvrit, allongé sur le dos dans son lit, l'arc offert par sa mère à côté de lui. Le roi soupira et se rapprocha.

- Ion nìn (mon fils)

Legolas se redressa comme un ressort pour s'asseoir au bord de son lit. Thranduil lui sourit et se laissa tomber assis à ses côtés en se saisissant de l'arc pour le détailler. Il fit glisser ses doigts sur le bois et sourit.

- C'est une arme magnifique, ta mère sait les choisir.

Le jeune elfe ne dit rien et son père lui fit un autre léger sourire.

- Je sais que tu en feras le meilleur des usages, tu es bien meilleur que moi avec un arc.

Legolas s'autorisa un sourire et Thranduil déposa l'arc contre le mur à côté du lit avant de glisser une main sur la nuque de son fils.

- Pardonne-moi… Je suis si préoccupé par les menaces qui nous entourent que j'en oublie l'essentiel…

Cette phrase-là était d'une vérité terrible… Toute sa jeunesse, il avait souffert du manque d'attention d'Oropher... Des combats et des guerres qu'il mettait avant tout, avant son fils… Le jeune prince avait pleuré qu'il en oublie les choses qui étaient importantes pour lui. Il s'était juré de ne jamais faire la même chose si le destin lui accordait de devenir père à son tour… Thranduil avait une femme magnifique et deux fils, presque trois, ajouta-t-il mentalement en pensant à Gohenlass, qui faisaient sa fierté… Il avait des personnes qu'il aimait profondément et auxquels il refusait de faire du mal pourtant... Pourtant cette Ombre, cette menace qui planait sur les elfes sylvains l'avait poussé à lui en faire à lui, son tout jeune fils… Avec ses sentiments à fleur de peau qui le rendait si proche de sa mère…

- Je suis impardonnable mon petit… Comment ai-je pu oublier ton anniversaire ?

- Vous êtes préoccupé par ce qui nous entoure, ada.

- Ce n'est pas une excuse… Tu es l'une des raisons pour lesquelles je me bats… Je ne dois pas oublier ce genre de chose…

- Vous êtes là, dit Legolas en baissant la tête.

- Oui, je suis là…

Il était tard, Thranduil était fatigué par plusieurs nuits sans sommeil et il voyait bien que son jeune fils l'était aussi. Il savait quel acharnement il mettait dans son entrainement… allant jusqu'à l'épuisement. Thranduil se pencha en avant et glissa ses mains autour des épaules de son fils, l'attirant dans le lit pour l'allonger à ses côtés.

- Je n'ai rien à t'offrir mon fils, par contre nous nous voyons peu en ce moment… Alors peut-être qu'un moment en…

Thranduil n'eut pas le temps de finir sa phrase… Un moment avec son père, dans ses bras, c'était sans doute le plus beau cadeau que ce dernier pouvait lui faire. Alors, avant même que le roi n'ait eu le temps de finir sa phrase, Legolas s'était blotti aux creux de ses bras et Thranduil sourit. Il se tourna sur le côté pour finir de l'envelopper et les deux elfes s'endormirent paisiblement, s'accordant un moment de tendresse qui valait bien tous les cadeaux que l'on pouvait offrir en ce jour si particulier...