Je ne possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën et Gohenlass sont des créations qui m'appartiennent.

Faisant suite à ma série « L'histoire d'un roi », voici une série de plusieurs moments prenant place dans la jeunesse de Legolas.

Dans ce 9éme chapitre, la menace se fait de plus en plus oppressante. Les elfes sylvains ne peuvent lui résister ce qui rend Thranduil plus froid et exigeant avec tout le monde mais, parfois, il faut savoir ne pas demander plus que l'on peut faire…

En espérant que cela vous plaise.

Bonne lecture

PS : Si vous cherchez à mettre de l'ordre dans mes fics, faites un tour sur mon profil, la liste est à jour et vous avez un ordre pour les lires biens que la plupart soit des OS.

NOTE (D'après Tolkien) : ça aura de l'importance dans les premiers chapitres. La croissance des enfants elfes est beaucoup plus lente que celle des enfants humains. Ils sortent de l'adolescence et atteignent l'âge adulte entre 50 et 100 ans en moyenne. Ainsi un enfant qui donne l'air d'avoir 7 ans peut avoir en fait entre 20 et 25 ans. Toutefois même si son corps grandit plus lentement, son esprit se développe plus vite, permettant à des enfants d'un an de parler couramment...


L'HISTOIRE D'UN PRINCE

Chapitre 9 : Être à la hauteur

Les années se déroulaient les unes après les autres avec leurs lots d'embuscades, de batailles dans les bois et de pertes qui semblaient petit à petit affecter de plus en plus Thranduil. Le roi des elfes sylvains avait l'impression de lutter seul contre une menace que ses amis et alliés refusaient de voir… Il avait l'impression qu'il allait devoir sacrifier encore de nombreuses vies pour se défendre et cela le rongeait. Après Dagorlad, il avait fait le serment de ne plus jamais perdre de vie inutilement, mais il était dans l'incapacité de tenir cette promesse et cela le détruisait chaque jour un peu plus…

Idelwën voyait bien son air mélancolique. Elle le voyait aussi finir de se renfermer sur lui-même et cela lui faisait du mal. La fin de la réunion à laquelle la reine était en train d'assister finit de lui faire comprendre que tout allait de plus en plus mal et cela la rendit triste.

Thranduil paraissait froid et furieux contre ses capitaines qui venaient de rentrer d'une opération dans laquelle une vingtaine de guerriers avaient péri en tentant de sauver un village d'humains qui avait quand même était rasé par les orcs. Le roi frémissait de rage et Idelwën savait que cette colère était plus tournée contre lui que contre ses capitaines, pourtant c'était bien eux qui encaissaient sa colère. Quand il était furieux, Thranduil paraissait encore plus impressionnant et ce n'était pas peu dire. Du plat de la main, le roi frappa la table devant lui en frémissant de rage, faisant sursauter tous les capitaines qui se tenaient devant lui.

- Je ne veux aucune excuse de votre part. Je ne tolérerai pas que nous en arrivions à ce genre de situation. Lorsque nous nous trouvons à combattre à cent guerriers contre une compagnie d'orcs, je ne veux pas d'un échec aussi cuisant ! Nous devons les vaincre ! Il en va de notre survie et de l'avenir du Royaume !

- Mais, il était bien plus nombreux que nous. Nous n'étions pas préparés, tenta d'expliquer Gohenlass qui était sans doute le seul des capitaines à oser l'interrompre quand il était aussi en colère.

Le regard que lui lança Thranduil n'avait rien à voir avec le regard rempli de tendresse et d'affection qu'il posait sur lui habituellement. Il ne le vit pas comme son petit frère ou son fils adoptif, mais comme un capitaine qui avait échoué, entraînant la mort de plusieurs guerriers et d'une partie des humains qu'ils tentaient de protéger.

- Je ne veux entendre aucune excuse. Si nous commençons à perdre ce type de batailles, bientôt ce sera le palais qui sera assiégé et c'est la vie de milliers d'elfes qui vivent ici qui sera en danger ! C'est donc ce que vous voulez ? Que nos défenses cèdent et que tout soit offert à la vilenie et à la cruauté des orcs ?

- Non, bien sûr que non, tenta de protester Gohenlass.

- Alors, je ne tolérerai plus aucune défaite ! Surtout pas de la garde d'élite de ce Royaume ! Faites donc ce que l'on attend de vous et si jamais vous n'êtes pas à la hauteur, ce n'est pas un problème, je trouverai des remplaçants qui seront capables de protéger ces terres !

Gohenlass frémit devant la colère froide qui émanait des mots de Thranduil… Des mots qu'il lui adressait en le regardant droit dans les yeux, blessant plus profondément le jeune capitaine qu'une flèche des orcs ou que le dard empoisonné d'une araignée. Un frisson le parcourut et il se cramponna à la table pour ne pas s'effondrer tellement il se sentit bouleversé. Idelwën nota la pâleur subite de son visage et se leva pour s'interposer entre son mari et ses capitaines.

- Allons, cessez donc de crier pour rien. Nous sommes tous fatigués et choqués par ce qui vient de se passer mais, ne laissons pas nos émotions nous troubler.

Puis, elle se tourna vers les capitaines et clôtura elle-même la réunion.

- Laissez-nous !

Thanduil voulut protester, mais le regard de son épouse le fit taire et un frisson parcourut son échine.

...

Encore bouleversé par cette entrevue, Gohenlass entra dans son appartement et se dirigea vers le meuble pour se servir un verre de vin. Il ne fit pas attention à Tauriel, assise sur une banquette, qui lisait un livre. Trois ans avait passé depuis le sauvetage de la fillette par le roi et ses guerriers. La jeune elfe avait vingt-sept ans et elle apprenait à la fois les lettres, les sciences et le maniement des armes avec Gohenlass. Le jeune capitaine étant devenu en même temps son précepteur et son grand frère. En l'observant, elle remarqua ses doigts qui tremblaient et se sentit automatiquement inquiète. La jeune elfe avait déjà perdu ses parents, elle ne supportait pas l'idée d'un jour le perdre lui aussi.

- Tu vas bien ?

Gohenlass sursauta et tourna son regard vers Tauriel. La petite fille le regardait avec inquiétude et le jeune capitaine ne voulait pas lui faire de la peine alors, il soupira et posa le verre plein sans le toucher sur le meuble avant de se diriger vers elle. Il se laissa tomber assis sur la banquette à ses côtés en frémissant doucement malgré lui. La petite fille ne le quitta pas des yeux, inquiète de le voir aussi triste et fatigué.

- Tu sais que tu peux me dire quand ça ne va pas, l'encouragea Tauriel pour le faire parler.

Gohenlass lui sourit et passa un bras autour de ses épaules pour l'attirer contre lui en murmurant.

- Eem myre (je vais bien) Tauriel… C'est juste que la journée a été longue et difficile.

- Une nouvelle bataille ? Demanda cette dernière en posant sa tête sur son épaule.

- Oui… Contre des orcs… Et ça ne s'est pas passé comme nous l'aurions voulu…

- Mais tu vas bien ? Lui demanda-t-elle de plus en plus inquiète.

- Oui, je te l'ai dit, moi je vais bien… C'est juste que ça n'aurait jamais dû se passer comme ça…

Tauriel ressentit toute la tristesse de son ami dans ces quelques mots et posa sa main sur sa poitrine.

- Je suis là tu sais…

- Oui… mon petit feu follet… Ne t'en fais pas, je suis juste un peu fatigué.

- Alors repose-toi, je reste là tu sais.

Gohenlass sourit en caressant doucement les cheveux de la jeune elfe. Si elle savait comme sa présence lui faisait du bien, lui qui avait eu l'impression de venir de se faire rejeter brutalement par son père… Tauriel ne dit rien, laissant son ami se détendre doucement et ne bougeant pas lorsqu'il se mit à pleurer silencieusement… Il avait mal mais, la petite elfe ne savait pas réellement pourquoi alors, elle se contenta de rester plaquer dans ses bras, tentant de l'apaiser par sa présence.

...

Dans la salle de garde, Thranduil fit mine de sortir à son tour, mais Idelwën le rattrapa par un bras.

- Attends, ne pars pas comme ça meleth nìn (mon amour).

Thranduil frémit et posa son regard glacé sur la reine avant de se rendre compte réellement de qui était la personne qui se tenait là et il changea légèrement d'expression en soupirant.

- Je suis si fatigué…

- Je le sais… Je le vois, dit Idelwën en le forçant à s'asseoir, mais ta peur ne doit pas te rendre méchant et injuste.

- Je…

- Non… Je ne veux pas d'excuses. Tes mots ont blessé Gohenlass plus profondément que le dard empoisonné de l'araignée qui a failli nous l'enlever. Il est encore si jeune… As-tu la moindre idée de ce que tes mots ont pu lui faire ?… Il tremblait… Il a à peine deux cent cinquante ans… Ce n'est encore qu'un enfant… Et cet enfant t'aime comme son père.

- Il était devant moi comme mon capitaine à ce moment-là.

- Pourquoi veux-tu faire une différence entre la fonction et la personne qu'il est ?

- Mon père le faisait…

- Mais tu n'es pas Oropher. Tu es toi meleth nìn… Je sais mieux que quiconque comme tu as souffert par moment de son indifférence. Ne fais pas comme lui... La famille est une chose précieuse, elle est le lien qui nous permet d'avoir la volonté de vivre et de combattre. Nous sommes sa famille, Thranduil… Depuis le jour où tu lui as promis de prendre soin de lui, il est devenu un membre de cette famille… Vous avez lutté ensemble…

Idelwën passa ses doigts sur la joue gauche de son époux pour lui rappeler la présence des cicatrices qu'il cachait quotidiennement sous un masque de magie. Le roi frémit.

- Ne dramatise pas, je sais qu'il a compris que ce n'était pas contre lui en particulier.

- Non… Quand tu t'adresses aux gens sur ce ton, ils ne peuvent que le prendre pour eux… Tu sais à quel point ton regard glacé peut faire de l'effet sur ton interlocuteur… N'as-tu donc vraiment pas vu qu'il tremblait ?

Thranduil se tut. Oui… Bien évidement qu'il savait que sa haute stature, ses épaules larges et son regard gris avaient une influence sur les gens en face de lui, qu'il dépassait toujours d'une bonne tête voire deux… Il savait en jouer... Mais… Non… Tout à sa colère, il n'avait pas remarqué que Gohenlass tremblait… Cela le toucha mais, il y avait une chose qu'il ne pouvait pas faire semblant d'ignorer alors, il soupira et répondit en se levant.

- J'irai lui parler… Mais pour l'instant je suis attendu à l'entrainement de nos jeunes. C'est là que se trouve notre avenir car malheureusement, avec ce qui nous entoure, seuls les guerriers survivront et permettront aux nôtres d'être sauvés de l'Ombre…

...

L'entrainement des jeunes elfes se déroulait dans l'un des jardins bas du palais, transformé en terrains d'entrainement depuis que la menace ne cessait de s'amplifier. Le groupe était composé d'une vingtaine d'elfes garçons et filles ayant entre quarante et cinquante ans… Des jeunes elfes en fin d'adolescence et qui n'allaient pas tarder à entrer dans l'âge adulte.

Legolas était de ceux-là. Âgé maintenant de quarante-deux ans, le jeune prince s'entraînait de plus en plus dur pour être à la hauteur de son père ou de son frère. Un frère qui était là, accoudé à la barrière et qui lui fit un léger signe de main pour lui montrer qu'il l'encourageait. Arenor connaissait les peurs de son cadet comme il connaissait son caractère nerveux et à fleur de peau. Il savait qu'il se trouvait moins fort que lui, moins fort que les autres elfes avec lesquels il s'entraînait et qu'il avait l'impression de décevoir son père en ne progressant pas assez vite… Une impression fausse, mais qui ne le quittait pas. Il était pourtant si jeune pour penser une telle chose. Un œil humain lui aurait donné quatorze ans… Qu'est-ce qu'un enfant de cet âge aurait bien fait sur un champ de bataille ? … Arenor avait envie qu'il cesse de grandir pour qu'il ne connaisse jamais ce que lui connaissait. Le fils aîné de Thranduil était pourtant encore très jeune. Après tout, il n'avait que soixante-trois ans. Il pouvait encore être considéré comme un enfant lui-aussi pourtant il connaissait bien la guerre et voir son jeune frère si pressé de le suivre ne lui plaisait pas vraiment…

Legolas ne percevait pas ça. Il voyait juste son frère, debout au bord du terrain d'entrainement, le fixant de ses yeux gris si semblables à ceux de leur père et il ne voulait pas le décevoir, tout comme son père dont il repéra du coin de l'œil la silhouette massive. Le roi ne venait que rarement assister à l'entrainement des jeunes elfes et cela mit une pression supplémentaire sur les épaules de Legolas… Ce n'était pourtant pas le jour…

Galion, qui avait prit le relais de Gohenlass qui se focalisait sur les patrouilles et les opérations contre les araignées et les orcs en ce moment, avait décidé de transformer l'entrainement en sorte de tournoi amical et la présence du Thranduil avait attiré plusieurs autres guerriers parmi les meilleurs de tous les elfes sylvains. Legolas expira pour tenter de maîtriser ses émotions. Il devait montrer à tous qu'il était digne d'être leur prince… Digne d'être un jour celui qui les mènerait à la bataille.

La première partie de ce tournoi amical fut assez simple pour le jeune elfe. Une épreuve de tir à l'arc n'était pas un problème… Sa mère était celle qui lui avait offert son premier vrai arc de guerre pour ses quarante ans et le jeune elfe avait appris à le manier avec une dextérité sans précédent. Cette épreuve-là était pour lui et, sans vraiment de suspens, il s'imposa assez facilement.

La suite fut en revanche, nettement plus compliquée. Certains des elfes avec lesquels s'entraînaient Legolas le dépassaient en stature et en puissance. Grand et longiligne, le jeune elfe se trouvait maladroit et peu efficace. Ce n'était peut-être pas la vérité mais, le problème c'est que cette angoisse finissait par le paralyser. Du bord du terrain, Arenor le comprit et tenta de l'encourager, mais cela finit de le perturber et Legolas perdit dès son premier duel…

Lorsqu'il roula sur le sol désarmé et à la merci de la lame de son partenaire d'entrainement, il redressa la tête vers son père et le vit prendre un air déçu avant de se détourner de lui. Legolas frémit. Il aurait tant voulu gagner ce petit tournoi, tant voulu le rendre heureux et fier… Mais ce n'était pas le cas… Il avait encore perdu et il commençait à douter qu'il devienne un jour un guerrier digne de ce nom. Son partenaire lui tendit la main pour l'aider à se redresser, mais Legolas l'ignora et sortit à grandes enjambées du terrain.

Arenor s'élança derrière son frère et le rattrapa par un bras. Legolas s'immobilisa avant de se tourner vers lui.

- Qu'est ce que tu veux ?

- Ne le prends pas comme ça, dit Arenor qui voyait bien que son frère était mal. Ce n'est pas un vrai tournoi, ce n'est qu'un entrainement.

- Les mots te sont faciles n'est-ce pas ? S'exclama Legolas en le forçant à lâcher son bras. Toi tu n'as jamais connu cela ! Tu as toujours été à la hauteur de ses attentes ! Tu n'as jamais perdu !

Arenor fit un pas de plus en direction de son frère.

- Arrête… Tu sais bien que…

- Non ! Le coupa Legolas. Je ne sais pas… Je ne sais rien au final ! Laisse-moi !

Clôturant la conversation avant que son frère n'ajoute un mot, Legolas s'enfuit en courant. Il ne pouvait pas rester là… Il venait déjà de perdre, il ne pouvait pas montrer à tous ces gens qu'en plus il ne savait pas retenir ses larmes… Arenor le regarda partir avec un air triste… Comme il aurait aimé que son frère ait une meilleure opinion de lui-même… Il n'était qu'un enfant… Personne ne le jugerait aussi durement que lui même se jugeait…

...

Après avoir frappé à une porte sans vraiment obtenir de réponse, Thranduil soupira et décida de rentrer à l'intérieur. Le roi était préoccupé par plusieurs choses et il avait décidé d'essayer d'en améliorer certaines. En rentrant dans le petit appartement, il découvrit Gohenlass assit sur une banquette avec Tauriel auquel il lisait un livre. En le voyant, le jeune capitaine se raidit et tendit son livre à la petite elfing.

- Laisse-nous s'il te plaît…

La petite elfe hocha la tête et après un salut respectueux au roi, elle quitta la pièce pour s'enfermer dans sa chambre mais, sans vraiment claquer la porte pour essayer de comprendre ce qui se passait. Gohenlass frémit et se redressa murmurant sans vraiment regarder Thranduil.

- Vous venez pour me relever de mes fonctions ? Je m'excuse de ne pas pouvoir être à la hauteur… Pourrais-je au moins rester au palais pour achever l'éducation de Tauriel ou devrais-je partir en exil pour vous satisfaire ar nìn (mon roi) ?

Sa voix était triste et tremblait légèrement pendant que ses yeux observaient avec obstination le sol. Thranduil sentit son cœur se briser… Comme Idelwën avait raison… De simples mots pouvaient être plus violents que la lame affûtée d'un orc…

- Oh… Gohenlass… Comment peux-tu penser de telles choses ?

- Si je ne suis plus à la hauteur, je…

- Chut… Le coupa Thranduil en faisant deux pas vers lui pour le serrer dans ses bras.

Il le sentit frémir de peur et cela finit de le bouleverser.

- Ion nìn (mon fils)

Gohenlass frémit. Il était vrai que depuis la mort du sien, il aimait le roi comme un père… Il l'avait recueilli, protégé, sauvé… notamment des grands cracheurs de feu, ce qui lui avait valu de presque mourir mais, l'entendre utiliser ses mots pour lui était une première et il faillit s'écrouler à cause de l'émotion. Thranduil le sentit et le serra un peu plus fort dans ses bras. Ces mots n'étaient pas une simple expression en l'air. Il aimait réellement cet enfant comme son fils et le voir aussi bouleversé lui fit mal… Comme il détestait son propre père quand il lui faisait ça… Comment avait-il bien pu agir de la même manière avec lui ?

- Goheno nìn (pardonne-moi)… Je suis trop bouleversé ces derniers temps pour avoir les idées claires… Toutes ces choses horribles que j'ai dites… Elles n'ont jamais été pour toi…

- Je… Je peux rester ?

- Bien sûr… Tu fais partie de ma famille… Tu es mon grand fils… Je suis désolé… Mes mots ont dépassé ma pensée… Je sais que je suis épuisé en ce moment, mais cela ne doit pas me rendre injuste avec ceux que j'aime… Et tu fais partie de ces gens-là… C'est sur toi que ma colère est retombée parce que tu étais le seul à me parler… Pardonne-moi…

- J'ai cru vous avoir perdu…

- Non… Jamais… Ne pleurs plus… Pardonne-moi…

Gohenlass frémit et murmura tout en blottissant sa tête contre l'épaule de Thranduil.

- Bien sûr que je vous pardonne, nous sommes tous fatigués…

Thranduil hocha la tête et ne dit rien, continuant à tenir le jeune elfe dans ses bras en le berçant doucement, touché de l'avoir rendu si mal en quelques mots.

...

Legolas, essoufflé, se laissa tomber au pied d'un grand chêne centenaire et se mit à pleurer librement. Malgré tous ses efforts, il avait l'impression qu'il ne parviendrait jamais à rien. Tout à sa peine, il ne perçut pas le pas léger qui se rapprocha, ne sentant une présence que lorsque quelqu'un se planta devant lui.

- Hêr nìn (mon enfant)… Que fais-tu là ?

Legolas redressa la tête en sursautant.

- Nana (maman) ?

Idelwën sourit et s'assit à côté de lui.

- Pourquoi t'être enfui du terrain d'entrainement ?

- J'ai perdu au premier combat… Je suis la honte de cette famille.

- Je ne peux pas te laisser dire ça…

- C'est pourtant la vérité… Un prince ne peut se permettre de perdre au premier combat.

- Auquel alors ?

Legolas redressa la tête vers sa mère.

- Vous savez ce que je veux dire.

- Non… Je ne comprends pas… Cet elfe que tu as affronté était plus âgé que toi, plus grand.

- Cela ne peut être une raison et puis… J'ai vu comment ada était déçu de me voir perdre aussi facilement.

- Déçu ? Ton père est surtout préoccupé par des milliers de choses en ce moment, mais je suis sûre qu'il n'est pas déçu de son fils.

Idelwën passa une main dans ses cheveux, se sentant touchée de percevoir un frémissement lui échapper de manière incontrôlable. Elle aimait profondément cet enfant et elle détestait le sentir souffrir surtout pour de fausses raisons. Legolas ne dit rien, luttant difficilement contre ses larmes, tellement il se sentait mal. Sa mère le perçut et se pencha pour le prendre par les épaules et l'attirer doucement dans ses bras.

- Ma petite feuille… Aucun de nos enfants ne sera source de déception. Laisse-toi le temps de grandir, je sais que tu seras un guerrier magnifique non seulement parce que tu sauras de battre, mais en plus parce que tu sauras lire dans les gens, percevoir leurs sentiments… Tout comme ton père… N'aie pas honte de tes larmes, il pleure aussi… En grandissant, je suis sûre que tu comprendras à quel point tu lui ressembles, mais laisse-toi juste le temps de grandir… Ne doute jamais que l'on t'aime… Je t'aime bien plus que ma propre vie… Ma petite feuille…