Je me possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën et Gohenlass sont des créations qui m'appartiennent.

Faisant suite à ma série « L'histoire d'un roi », voici une série de plusieurs moments prenant place dans la jeunesse de Legolas.

Dans ce 12éme chapitre, la reine est morte en le sauvant mais Legolas est encore aux portes de la mort. Comment Thranduil pourra-t-il surmonter cette épreuve et pourra-t-il sauver son jeune fils ?

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Je voudrais adresser une grand merci à Evy et Louange qui suivent cette histoire en guest et auxquelles je ne peux pas répondre en direct. Merci d'aimer cette histoire et de la suivre !

PS 2 : Si vous cherchez à mettre de l'ordre dans mes fics, faites un tour sur mon profil, la liste est à jour et vous avez un ordre pour les lires biens que la plupart soit des OS.

NOTE (D'après Tolkien) : ça aura de l'importance dans les premiers chapitres. La croissance des enfants elfes est beaucoup plus lente que celle des enfants humains. Ils sortent de l'adolescence et atteignent l'âge adulte entre 50 et 100 ans en moyenne. Ainsi un enfant qui donne l'air d'avoir 7 ans peut avoir en fait entre 20 et 25 ans. Toutefois même si son corps grandit plus lentement, son esprit se développe plus vite, permettant à des enfants d'un an de parler couramment...


Et un grand merci à tous ceux qui ont permis à cette histoire de passer les 1000 vues...


L'HISTOIRE D'UN PRINCE

Chapitre 12 : Le sillage de la mort

La nouvelle annonçant la tragédie avait fait le tour du royaume des elfes sylvains avant même que Thranduil et Arenor regagnent le palais. Les éclaireurs les avaient accompagnés pendant qu'un groupe de guerriers avaient été chargé de brûler le corps des orcs et de ramener la dépouille de la reine.

Gohenlass s'était porté volontaire et personne n'avait songé à s'opposer à sa volonté. Tous savaient que le jeune capitaine était comme un fils pour le roi et c'était dans un silence de plomb qu'il avait mené ses hommes jusqu'au lieu du combat.

L'odeur du sang et de la mort flottait dans l'air et un frisson le parcourut pendant qu'il traversa la clairière en direction d'une forme blanche étendue sur le sol… Ses jambes tremblaient et il eut l'impression de mettre des heures pour parcourir les derniers pas.

Gohenlass s'immobilisa devant le corps de la reine étendue à ses pieds. Elle portait une longue robe de mousseline blanc et vert imbibée de sang au niveau de sa poitrine et ses longs cheveux d'or s'étalaient autour de sa tête comme une auréole. Sa peau était pâle et ses yeux bleus, grands ouverts, ternes et vitreux… Ce fut sans doute cela qui choqua le plus le jeune capitaine. Sans vraiment s'en rendre compte, Gohenlass se trouva à genoux sur le sol et se pencha au-dessus d'elle sans se rappeler s'il avait vraiment voulu s'agenouiller ou si ses jambes s'étaient dérobé toutes seules sous lui…

Autour de lui, les autres elfes étaient en train d'entasser les corps des orcs pour les brûler, mais le jeune capitaine s'en moquait. Il revoyait le roi et son fils aîné revenir au palais en portant Legolas plus mort que vivant. Il revoyait sa détresse et entendait les mots du roi parlant de la mort de la reine… Des mots qu'il avait eu du mal à croire, mais qui était pourtant si réels… Pour tenter de sauver le jeune Legolas, le roi avait été obligé d'abandonner sur place le corps de sa tendre épouse et c'était à lui maintenant de ramener la dépouille de cette femme qui avait été comme une mère.

En luttant contre les tremblements de ses doigts et contre les larmes qui embuaient sa vision, Gohenlass tendit une main et ferma les paupières de la reine, ne supportant plus la vision de ce regard vide et sans vie. Puis, au ralenti, il glissa les mains sous le corps de cette dernière et la souleva doucement dans ses bras. Comme elle était légère… Gohenlass chancela, mais il ne s'effondrerait pas. Il allait s'acquitter de cette mission pour l'amour de la femme inerte dans ses bras. A pas lent, il fit donc demi-tour, laissant les autres elfes mettre le feu au bûcher érigé pour les orcs pendant que ses larmes se mirent à couler sans qu'il ne puisse les arrêter… Ce jour terrible marquerait sa vie pour toujours…

...

L'odeur du sang prit Gohenlass à la gorge lorsqu'il s'approcha des salles de guérison. Il chancela, mais pénétra quand même dans la salle. Thranduil et plusieurs guérisseurs étaient penchés au-dessus du corps de Legolas étendu sur l'une des couches et il y avait du sang… Tellement de sang que le jeune capitaine dut lutter contre la nausée. Le jeune prince lui semblait presque mort et son cœur se serra. Il aimait les deux fils de Thranduil comme ses frères. D'ailleurs, il remarqua Arenor, débout quelques pas en arrière.

Il avait les poings serrés et tout dans sa posture montrait qu'il faisait ce qu'il pouvait pour ne pas se laisser aller à la souffrance. Pourtant, il souffrait. Il était à deux doigts de s'écrouler en larme. Gohenlass fit quelques pas et lui posa une main sur l'épaule.

- Arenor…

Le jeune elfe redressa la tête vers le capitaine et frémit avant de se laisser basculer dans ses bras. Gohenlass sursauta, surprit par sa réaction, mais il enroula ses bras autour de lui, le laissant pleurer sur son épaule.

- Comment on a pu en arriver là ? Murmura le jeune prince. Je ne veux pas le perdre.

- Nos ennemis sont de plus en plus nombreux et présents… Nos défenses ne suffisent pas…

- Ma mère est morte…

- Je sais.

- Mon petit frère va la rejoindre dans les cavernes de Mandos.

- Non, ça, je ne peux le croire. Tu sais qu'il est fort…

- Il va mourir, lui répondit le jeune prince… Et je n'aurais rien pu faire pour le protéger…

- Non. Vous l'avez sauvé, répondit Gohenlass en se mettant à pleurer à son tour.

Arenor ne répondit rien, laissant sa peine s'échapper pendant qu'il pleurait dans les bras de son ami, un ami qui était tout aussi bouleversé et qui se tut, se contentant de le tenir dans ses bras.

...

Les heures suivantes avaient été pires que celles qui venaient de s'écouler. Obligé de laisser son fils aux mains des guérisseurs, Thranduil s'était recueilli seul devant le lit sur lequel le corps de sa femme avait été déposé.

Gohenlass avait ordonné que la reine soit dépouillée de ses habits souillés et vêtue d'une de ses plus belles robes.

Si ce n'avait été la pâleur extrême de sa peau, le roi aurait presque pu croire qu'elle ne faisait que dormir. Pourtant, lorsque ses doigts effleurèrent sa joue, il fut ramené cruellement à la réalité : la femme qu'il aimait plus que sa vie, celle qui l'avait aidé à se reconstruire et à survivre à Dagorlad était morte… Morte pour avoir tenté de sauver leur enfant qui luttait pour sa vie dans une autre des chambres du palais… Le cœur de Thranduil était totalement brisé par cette perte. Devant les autres, il avait tenté de masquer ses émotions, se rappelant des dernières paroles de son père : « Ne pleure pas tout de suite, tes larmes ne seront nécessaire que lors de mes funérailles lorsque notre peuple partagera ta peine… »

Thranduil en était incapable… Il ne pouvait plus s'arrêter de pleurer et de toute manière, ces funérailles-là, il ne voulait pas les partager… C'était une partie de lui-même qu'il venait de perdre aujourd'hui.

Le roi frémit et glissa les mains sous le corps de sa femme pour la porter une dernière fois. En silence, il traversa les couloirs du palais, sans vraiment prêter attention aux elfes qui se recueillaient à son passage. Il sortit du palais et gagna le jardin. Au fond de celui-ci, en lisière de forêt, il y avait un chêne millénaire au pied duquel la reine aimait lire. Deux silhouettes se trouvaient là à l'attendre : Arenor et Gohenlass.

Les deux jeunes gens avaient creusé une légère fosse et ramené de grandes pierres plates avant d'attendre le roi. Sans un mot, Thranduil se rapprocha et déposa le corps de son épouse dans la fosse. Ses larmes inondaient ses joues et il tremblait doucement. Tout à sa peine, il se pencha en avant pour déposer un dernier baiser sur ses lèvres gelées et se redressa, prenant la première pierre que lui tendait Gohenlass pour recouvrir sa dépouille. En silence, les trois hommes déposèrent les pierres au-dessus du corps de la reine, puis observèrent la tombe toujours en silence, chacun se rappelant des moments passés en compagnie de celle qu'ils venaient de perdre.

Ils restèrent ainsi de longues minutes à se recueillir avant de reprendre le chemin du palais, un palais remplis de chants… des chants qui célébraient la défunte et pleuraient sa mort…

OoooO

Thranduil était assis sur le bord du lit de Legolas. Il tenait la main de son jeune fils, sentant son pouls battre faiblement sous ses doigts. Un large bandage lui enserrait la poitrine. Le roi leva la main et caressa la joue trop blanche de son enfant en frémissant légèrement.

- Comment ai-je pu être aussi bête ? … Comment ai-je pu te tenir pour responsable ? Ne meurs pas mon enfant… Je t'en prie… Tu es bien trop jeune pour ça… Melin le ion nìn (Je t'aime mon fils)

Le roi se tut pour se mettre à pleurer. Depuis quatre jours, tout le royaume était en deuil. Il avait enterré son épouse et il assistait quasiment impuissant à la longue agonie de son plus jeune fils. Thranduil avait utilisé toute sa magie pour tenter de le sauver, mais son état ne semblait pas s'améliorer et le jeune adolescent gravement blessé n'avait pas repris connaissance depuis ce sinistre jour. Le roi arrivait à peine à le faire boire et il était toujours aussi faible… Maintenant qu'il le voyait être à deux doigts de mourir, Thranduil comprenait à quel point il avait été injuste avec lui. Il voulait qu'il soit déjà un guerrier à l'égal de son frère, mais il avait juste oublié que ce n'était encore qu'un enfant… un tout jeune elfe dont il ne s'était pas vraiment occupé…

- Je te demande pardon… Si je n'avais pas été aussi dur, nous n'en serions pas là…

Le roi marqua une pause et se mit à pleurer plus fort.

- Eru… Je vous en prie… Il faut me le laisser… Il est trop jeune pour mourir… C'est qu'un enfant… Ma petite feuille… Ne me l'enlevez pas par pitié… Je l'aime… Il doit savoir à quel point je l'aime… Mon petit garçon… Mon fils…

Thranduil se tut, vaincu par ses larmes et s'effondra à moitié, posant sa tête dans sa main pour continuer à pleurer. Il ne perçut pas tout de suite les pas d'une personne qui entra dans la pièce. Cette dernière posa ses mains sur ses épaules et Thranduil sursauta. Le grand elfe blond redressa la tête et vit un elfe brun se pencher sur lui avec un air grave et triste.

- Elrond !

Ce dernier se laissa tomber assis sur le bord du lit en face de lui.

- J'ai fait aussi vite que j'ai pu lorsque je l'ai appris…

- Ce palais est maudit…

- Il ne faut pas dire ça mon ami…

- Tant des nôtres sont morts violemment…

- Lui, il lutte…

- Vous l'avez regardé ? Il est si faible ! Je fais ce que je peux, mais je vais le perdre aussi et tout sera de ma faute…

Thranduil se pencha en avant et s'effondra dans les bras du seigneur de Rivendell. Les deux elfes étaient de très bons amis. Thranduil cachait ses sentiments devant la plupart des gens, mais avec Elrond tout était différent. Ils étaient presque frères et il se laissa aller, pleurant doucement en appuyant sa tête sur son épaule, heureux qu'il soit là, avec lui. Elrond le laissa faire et le berça doucement.

- Non… Il se bat mon ami… Il vous ressemble bien plus que vous ne l'imaginiez.

- Et si jamais il perd ? J'ai été si détestable avec lui ces derniers temps… Notre situation est si compliquée que je l'ai traité comme un guerrier en oubliant que ce n'était encore qu'un enfant… Ma petite feuille… Il était inconscient… Je n'ai même pas pu lui dire à quel point je l'aime…

- Vous aurez d'autres occasions de lui dire mon ami.

- Non, il va mourir… Je vais le perdre… Comment son corps d'enfant pourrait survivre à ça ?

- Il est faible, mais nous allons le sauver, mon ami.

- Vous le croyez réellement ?

- Je ne suis pas venu pour le regarder s'éteindre. Avec nous deux, nous allons le sauver.

OoooO

Un léger cri de douleur se noua dans la gorge de Legolas lorsque ses yeux s'entrouvrirent doucement. Un léger cri et un frémissement qui furent contrés par des mains douces et apaisantes qui se posèrent sur lui.

- Ion nìn

Legolas frémit et son regard encore flou se posa sur la personne qui était là, à ses côtés. Le jeune elfe savait très exactement de qui il s'agissait et il rassembla ses forces pour murmurer.

- Amin hirathea ada (je suis désolé papa).

Thranduil passa doucement sa main sur sa joue en lui souriant avec affection.

- C'est à moi de l'être mon fils. Mais je suis si heureux que tu ailles mieux. J'ai tellement eu peur de te perdre pendant ces sept jours.

- Nana ? Demanda le jeune homme dont les idées étaient en train de se mettre en place.

- Je suis désolé. Je suis arrivé trop tard pour la sauver, murmura le roi en essayant de ne pas se mettre à pleurer.

- Non… Nana… Murmura le jeune elfe en se mettant à pleurer.

Thranduil fut touché de voir son fils, encore faible, céder à ses larmes. Alors, il s'allongea près de lui et le serra dans ses bras. Il voulait le consoler, mais c'était aussi une manière de se dire qu'il était bien vivant et que tout irait bien pour lui. Legolas frémit, appréciant ce petit geste d'affection et se blottissant au creux des bras de son père.

- Ne pleure pas… Je suis là mon petit…