Je me possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën et Gohenlass sont des créations qui m'appartiennent.

Faisant suite à ma série « L'histoire d'un roi », voici une série de plusieurs moments prenant place dans la jeunesse de Legolas.

Dans ce 21éme chapitre, alors que la bataille pour le village perdu viens juste de se dérouler, Legolas a du mal à trouver le sommeil, encore hanté par les mots durs prononcés par son père à leur retour de la bataille envers ses deux fils.

Bon voilà... J'avais décidé de couper ce chapitre en deux, d'un côté la bataille et de l'autre les conséquences. Voilà la suite !

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)...


L'HISTOIRE D'UN PRINCE

Chapitre 21 : Pour les yeux d'un père

Legolas poussa la porte de la salle et pénétra dans la grande bibliothèque du palais. Le jeune elfe savait qu'il aurait dû prendre du repos, mais il en était incapable. Trop de choses ne cessaient de tourner dans sa tête depuis la bataille de la veille et la perte de ce village humain qu'il n'avait pu éviter, malgré tous les efforts qu'il avait déployé pour tenter de le sauver.

Dés qu'il fermait les yeux, il avait l'impression d'entendre les cris affolés des hommes, des femmes et des enfants tentant de se sortir de ce piège mortel… Il avait l'impression de sentir encore la fumée lui piquer les yeux et affectant son souffle… Il avait l'impression de ressentir encore la chaleur des flammes léchant sa peau pour le détruire et surtout… Il ne parvenait pas à se débarrasser des mots durs prononçaient par son père et de ce sentiment terrible de l'avoir déçu… une fois de plus… Comme lorsqu'il était plus jeune et que son entraînement était difficile, comme lors de cette attaque du palais où il avait été plus un poids qu'une aide, comme lors de la mort de sa mère qu'il se reprochait encore chaque jour… La violence de la mort d'Idelwën les avait tant affectés… Son père avait changé…

Thranduil n'avait jamais été très bon pour exprimer ses sentiments, mais la mort de sa tendre épouse avait fini de le bloquer. Legolas le savait, mais cela ne suffisait pas à le rassurer. Le regard de son père était sans appel… Il avait été déçu… Comme le jeune prince détestait décevoir son père… Comme il s'en voulait de ne pas avoir la puissance brutale de son frère… De ne pas avoir la stature de son père ou de son aîné dont l'entrée dans une pièce suffisait à interrompre une discussion par leur seule présence.

Legolas traversa la salle et vint s'asseoir dans un grand fauteuil matelassé. La bibliothèque était un endroit paisible, surtout la nuit et cela lui rappela les livres qu'il venait lire enfant avec sa mère, finissant parfois par s'endormir sur ses genoux.

Un soupir lui échappa pendant qu'il pencha la tête à l'arrière en fermant les yeux, ne parvenant plus à retenir les larmes qui se mit à couler sans qu'il ne puisse les arrêter… Il ne voulait pas de cet échec… Il ne voulait pas être un échec, mais c'était comme ça… Ces gens étaient morts parce qu'il n'avait pas pu les protéger… parce que malgré tous ses efforts, il ne serait jamais Thranduil ou Arenor…

Legolas se pencha en avant, posant sa tête dans ses mains tout en continuant de pleurer. Oui… Dans les yeux de son père, il ne serait jamais perçu que comme une déception constante et cela lui pesait… Pourquoi n'était-il pas mort à la place de sa mère ? Sa famille s'en serait sans doute mieux porté… Elle n'aurait pas dû le sauver… pas dû lui offrir sa vie pour lui donner une chance de survivre… Il ne méritait pas ce sacrifice… Il était faible et inutile…

Tout à ses larmes, Legolas sursauta lorsqu'une main se posa sur son dos dans un geste d'apaisement. Le jeune prince se redressa, essuyant maladroitement ses larmes tout en découvrant la personne qui se tenait à ses côtés.

- Gohenlass ?

Le fils adoptif de Thranduil posa un regard triste sur celui qu'il considérait réellement comme son petit frère.

- Qu'est-ce que tu as ?

- Rien… Bredouilla Legolas, touché de le voir triste pour lui.

- Personne ne pleure sans raison, parle-moi Legolas…

Un frémissement remonta le long de la colonne vertébrale du jeune elfe qui baissa la tête pour murmurer.

- Est-ce que tu crois que je ne suis né que pour le décevoir ?

Comprenant facilement de qui il lui parlait, Gohenlass sentit son cœur se serrer. Pour l'avoir expérimenté, il savait combien les réflexions froides et violentes de Thranduil pouvaient faire mal sans que ce dernier ne s'en rende compte lui-même. Sa main pressa l'épaule de Legolas qu'il sentait trembler d'émotion.

- Non… Ta venue au monde a été l'un des plus jours de sa vie… Il était blessé, épuisé, mais il était si heureux de te tenir dans ses bras. Tu es son fils… Ne doute jamais qu'il te porte même s'il est préoccupé et froid par moment… Il t'offrirait sa vie.

- Non… Je sais bien que non… A Arenor sans aucun doute…

Gohenlass frémit et posa ses mains sur les joues de Legolas pour le forcer à le regarder. Le jeune prince frémit et son ami le secoua de manière un peu plus dure pour marquer son mécontentement.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? Ton père t'aime tellement… Ne dis pas des choses pareilles…

- Tu n'as donc pas vu cette déception constante dans les regards qu'il pose sur moi.

- Parce que tu crois qu'il aurait fait de toi l'un de ses capitaines ?

- Pouvait-il se permettre de ne pas nommer ses deux fils ?

- C'est Thranduil… Tu devrais savoir mieux que quiconque à quel point il se moque des protocoles, de la bienséance et de l'étiquette… Il n'est pas un roi figé dans les traditions… Il est un roi passionné… Un volcan en ébullition constante qu'il maîtrise derrière un air froid et détaché… Il ne nommerait pas quelqu'un juste parce que se doit être fait…

- Tu le penses vraiment ?

- Oui… Ton père met en avant le mérite et tu avais mérité d'être son capitaine, c'est pour cela que tu l'es.

- Oui, mais le village a été détruit et si peu d'humains ont survécu à cette tragédie…

- Le village était perdu avant même que vous tentiez de le sauver…

- Non, j'ai failli, murmura le jeune elfe en baissant la tête. J'ai mal géré mes hommes, j'ai manqué de peu de tous les faire brûler vifs ou massacrés…

- Legolas… J'ai parlé avec ton frère… Ils étaient bien plus nombreux que nous le pensions. Vous avez réussi à revenir en vie et c'est déjà une victoire sur nos ennemis…

- Non…

- Legolas, regarde-moi… C'était un piège… Et nous sommes tombés dedans sans le remarquer.

Le jeune prince frémit.

- Tu en es sûr ?

- Oui, avec le recul, j'en suis sûr. Je sentais bien que quelque chose ne me plaisait pas, mais je n'arrivais pas à comprendre quoi. C'est en parlant avec Arenor que j'ai su… Tous ces renforts cachés que nous n'avions pas vu. Ils voulaient nous attirer dans ce village encaissé pour massacrer tout le monde. C'est un miracle que vous en soyez revenu tous les deux.

Legolas frémit.

- Mon père n'a…

- Chut, le coupla Gohenlass. Arrête de penser ça… Je te promets que tu n'es pas une déception pour lui, tu ne le seras jamais. Tu es son fils, sa petite feuille.

A l'évocation de son surnom d'enfant, Legolas ne put retenir de nouvelles larmes qui le terrassèrent. Son enfance avait été marquée par des épreuves, comme ce jour où la garde avait ramené son père à demi-mort, mais il y avait eu aussi des moments d'amour et d'affection qui lui semblaient si lointains désormais… Les gestes de Thranduil pour lui étaient si rares… Pourquoi ne voyait-il pas que son fils avait pourtant encore besoin de ses bras pour le soutenir ? Qu'il ne savait pas comment agir pour lui plaire et qu'il se sentait mal dés que son regard d'opale le fixait de manière un peu trop appuyée ?

Gohenlass regarda son petit-frère de cœur s'effondrer et noua ses bras autour de son dos pour l'attirer doucement dans ses bras. Legolas frémit et se laissa faire, déposant sa tête dans le creux de son cou pour continuer à pleurer. Son corps tremblait doucement à cause de l'émotion et il le berça tendrement pour essayer de l'apaiser. Comme il détestait le voir comme ça ! Il aurait aimé secouer Thranduil pour lui faire prendre conscience de sa cruelle injustice envers son plus jeune fils, mais est-ce son rôle ? Il ne le savait pas vraiment, mais, tout de suite, son rôle était de l'apaiser et d'enrayer ses larmes qui finissaient de l'épuiser, lui qui ne s'était pas encore totalement remis de la violence de l'affrontement.

Sa main glissa sur sa nuque pendant qu'il continuait de le bercer.

- Je t'en prie, ne pleure pas. Tout va bien Legolas… Tout va bien… Je suis là… Tout va bien…

Gohenlass répéta longtemps les mêmes mots, autant pour lui que pour le jeune elfe effondré dans ses bras. Tout allait bien… Il fallait qu'ils continuent de s'en persuader s'ils voulaient avoir la force de continuer à lutter.

Legolas aurait aimé lui répondre, mais il était trop bouleversé. Alors, il s'accrocha plus fort à son ami et laissa sa peine s'exprimer… Il avait tant de mal à le croire. Pour lui, il serait toujours une déception pour son père… Il le sentait bien depuis la mort d'Idelwën, mais cela lui faisait du bien de se laisser aller dans ses bras… Peut-être qu'il trouverait un peu le sommeil après cela…

Gohenlass ne bougea pas, se laissant même prudemment tombé assis sur le sol en tenant le jeune prince lorsque les larmes cessèrent et que l'épuisement le plongea dans un sommeil lourd aux creux de ses bras… Un sommeil dont il avait besoin pour aller mieux et qu'il décida de ne pas troubler, redressant un peu la tête lorsque la porte s'ouvrit et que Arenor entra à son tour dans la pièce.

Son regard se posa sur son jeune frère, étendu dans les bras de son ami et il soupira en comprenant ce qui venait de se passer. Il se rapprocha, s'asseyant à côté d'eux et caressa doucement du dos de la main, la joue encore humide de son cadet.

- Repose-toi petit frère…

- Il a toujours l'impression d'être une déception constante, murmura Gohenlass.

- Je sais…C'est faux, mais je sais… Il faut le laisser se reposer… J'ai tellement eu peur de ne pas le sortir de ce brasier… Il a besoin de repos.

- Je ne comptais pas bouger…

Arenor hocha la tête et le deux amis se turent, veillant silencieusement sur le sommeil du plus jeune encore épuisé par les épreuves qu'ils avaient dû traverser.

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