Je me possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën et Gohenlass sont des créations qui m'appartiennent.
Faisant suite à ma série « L'histoire d'un roi », voici une série de plusieurs moments prenant place dans la jeunesse de Legolas.
Dans ce 22éme chapitre, pris à parti par les orcs avec son frère, Legolas se retrouve mal en point et aux porte de la morts. Thranduil parviendra-t-il à sauver son fils et à apaiser son esprit ?
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Si vous cherchez à mettre de l'ordre dans mes fics, faites un tour sur mon profil, la liste est à jour et vous avez un ordre pour les lires biens que la plupart soit des OS.
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L'HISTOIRE D'UN PRINCE
Chapitre 22 : Soutenir son frère
Legolas chancela et s'écroula assis contre le mur de la noire forteresse. Sa main, dont les doigts tremblaient doucement, se porta à sa poitrine d'où le manche sombre d'une dague d'orc dépassait. Le jeune prince grimaça et observa l'immonde créature se pencher au-dessus de lui en ricanant.
- Pas de chance ! J'ai manqué ton cœur ! Et si je retentais !
L'orc fit mine de se baisser pour arracher l'arme de la plaie de l'elfe et le poignarder à nouveau, mais il n'en eut pas l'occasion, car une lame aiguisée le décapita par-derrière d'un geste rageur en disant.
- Meurs immonde créature !
Le corps de l'orc s'écroula sur le sol pendant qu'un elfe à la haute stature et à la chevelure aux reflets dorés s'agenouilla devant Legolas. Son front se plissa, marquant son inquiétude devant le sang qui imbibait la chemise de ce dernier autour du manche du poignard de son agresseur.
- Legolas…
- Arenor… Murmura faiblement le jeune elfe en découvrant le visage de son frère.
- Oh mon Dieu ! Honeg (petit frère)…
- Hanar ? (Grand-frère ?)…
- Oui, je suis là, tout va bien se passer Legolas.
- Ney… Drego (Non... Fuis !) !
- Non ! Je ne fuirais pas ! Je vais te sortir de là. Déjà, je vais commencer par te retirer cette lame.
Arenor posa une main sur le manche du poignard, mais Legolas trouva la force de lever le bras et de bloquer son geste.
- Ney… Avo (Non... Ne le fais pas !) !
Arenor suspendit son geste et observa son frère.
- Amman (pourquoi ?) ?
- Thela i (la pointe)… La pointe de sa lame est recourbée… Si tu l'arraches… Elle va déchirer mon cœur…Murmura Legolas en grimaçant de douleur.
Ses yeux se refermèrent doucement et le jeune homme ajouta d'une voix encore plus faible.
- J'ai tellement mal…
Arenor posa une main sur la joue de son frère et frémit en sentant le froid de sa peau. Le jeune elfe lui paraissait si mal en point alors, il murmura d'une voix triste et légèrement tremblante.
- Honeg gorn (courage petit frère)… Je suis là.
Legolas se força à ouvrir les yeux, un peu plus grand, et sa main se posa sur celle que son frère tenait toujours sur sa joue.
- Ne reste pas là… Va-t-en… Ils vont revenir… Noro (cours)…
- Man (Quoi ?) ? S'exclama l'elfe en comprenant que son frère l'inviter à s'en aller sans lui.
- Ego (Va-t-en !) !…
- Comment peux-tu me demander ça ? Comment peux-tu me demander de partir en te laissant mourant derrière moi ?
- Parce que c'est la seule chose qui est à faire… Rejoins notre père… Il ne peut pas te perdre…
La main de son frère se trouvait toujours sur sa joue, mais Legolas n'avait plus la force de laisser sa main dessus, elle glissa donc au sol pendant que le jeune elfe se mit à lutter pour respirer. Ses yeux s'écarquillèrent quelques secondes à cause de la souffrance avant de se refermer doucement pendant qu'il haletait bruyamment. La douleur dans sa poitrine était terrible, mais il rassembla ses dernières forces pour murmurer avec son faible souffle.
- Il ne doit pas te perdre… Ne reste pas là… Ego…
- Parce que tu crois que nous pouvons te perdre toi ?
- Je… n'aie jamais été indispensable, murmura le jeune elfe à demi-conscient et tremblant légèrement. Je vous ai tellement déçu… Ma perte est acceptable… La tienne non…
Ses yeux se fermèrent lentement et Arenor sentit son cœur se briser. Il passa un bras autour des épaules de son jeune frère et le fit doucement basculer contre lui. Sa main lui caressa la joue avec affection, cherchant à lui faire ouvrir de nouveau les yeux.
- Honeg nín… Daro (Arrête !) ! C'est faux… Mon Dieu, comme c'est faux… Mon petit frère… Ne meurs pas… Ouvre les yeux !
Legolas frémit légèrement et ses yeux s'entrouvrirent à peine, mais il était conscient. Arenor lui sourit tout en glissant une main sous ses jambes pour le lever du sol et le tenir dans ses bras.
- Hebo estel honeg (garde espoir petit frère). Nous allons sortir de là tous les deux… J'ai pu être dur avec toi ces derniers temps, mais ça ne veut pas dire que je ne te t'aime pas… Bien au contraire… J'ai tellement peur de te perdre… De ne pas arriver à temps pour te protéger comme aujourd'hui… Ne meurs pas… Pitié… Honeg… Gerich veleth honeg (tu as mon amour petit frère) … Ne m'abandonne pas… Tu m'entends… Par pitié, ne m'abandonne pas Legolas…
Le grand guerrier elfe serra son jeune frère contre lui, terrorisé à l'idée qu'il puisse mourir dans ses bras avec de telles idées en tête, alors qu'il l'aimait de tout son être. Arenor jeta un dernier coup d'œil au jeune elfe à demi-conscient dans ses bras dont la joue était plaquée sur son torse et parvint à sortir de l'embuscade des orcs pour rejoindre le palais souterrain de leur père. Dans ses bras, il sentait les forces de son jeune frère qui déclinaient au fil du chemin et il refusait de le voir mourir de cette manière.
...
En faisant preuve d'une grande précaution, Arenor déposa doucement Legolas sur un lit. Sa main s'attarda sur son front et, cette fois, il fut bouleversé par la moiteur de sa peau et la chaleur qui irradiait sa main. Le jeune homme avait une forte fièvre et ce n'était pas bon signe. Cette lame d'orc qu'il avait dû laisser planter dans sa poitrine était sale et rouillée. Non seulement sa blessure était grave, mais en plus l'infection qu'elle risquait de lui provoquer pouvait le tuer. Arenor frémit et serra la main de son frère pour tenter de capter son attention.
- Legolas… Ceno (Vois !) ! … Nous sommes à la maison. Nous allons prendre soin de toi. Accroche-toi.
En gémissant faiblement, le jeune homme trouva la force d'entrouvrir les yeux. Son regard croisa celui de son frère. Il était fiévreux et vitreux ce qui n'annonçait rien de bon. Arenor se laissa tomber assis sur le bord du lit et lui sourit en caressant ses cheveux.
- C'est ça… Reste avec moi… Tu as fait le plus dur.
Legolas tenta de lui répondre, mais seul un gémissement plaintif parvint à s'échapper de ses lèvres pendant que son corps, affaibli, fut parcouru par un long tremblement. Arenor savait qu'il était faible et qu'il ne tiendrait plus longtemps. Il fallait trouver un moyen de l'aider rapidement. Ce fut à cet instant qu'un bruit de pas se fit entendre dans son dos. Arenor se retourna et vit leur père entrer dans la pièce. Thranduil paraissait inquiet et il vint se pencher au-dessus du lit de son fils blessé.
- Oh par Eru (dieu principal des elfes), Legolas ! Ion nín (mon fils !) !
Le regard fatigué du jeune blessé croisa celui de son père.
- Ada (papa)…
Thranduil lutta contre la boule qui se noua dans son estomac en voyant le plus jeune de ses fils aussi faible.
- Oui… Je suis là mon petit.
- Ada…
La voix de Legolas était plus faible et Thranduil dut lutter contre ses larmes. Ses doigts tremblants commencèrent à délacer sa chemise pendant que le jeune elfe continuait de gémir doucement de douleur. Arenor attrapa la main de son frère et expliqua d'une voix brisée.
- Il est si faible… Je n'ai pas été assez rapide pour lui venir en aide… Nos ennemis étaient si nombreux… Nous avons été séparés… Je n'ai même pas pu lui arracher ce poignard de la poitrine parce que sa lame est recourbée et que si je l'avais fait, cela aurait déchiré sa poitrine et touché son cœur… Mais… il continue à faiblir parce que… cette maudite lame doit être rouillée ou mal nettoyée et l'infection qu'elle propage dans son corps est tout aussi dangereuse… Je n'avais pas de solution ada, termina Arenor en se mettant à pleurer.
Thranduil frémit. Il venait d'écarter la chemise de son fils et la vue de sa poitrine nue et en sang d'où dépassait le manche sombre du poignard orc le plongea dans l'horreur…
- Mon pauvre enfant… Accroche-toi… Lui murmura doucement Thranduil en caressant sa joue.
Les yeux de Legolas n'étaient plus que deux petites fentes bleues. Il était à peine conscient, mais il rassembla ses forces pour murmurer dans un léger souffle qui parut pourtant lui faire tellement mal.
- Ada…
- Je suis là… Répondit avec amour Thranduil.
- Moi aussi, renchéris Arenor en serrant sa main tout en se plaçant dans son champ de vision.
Son jeune frère lui paraissait si faible… A peine en vie… Thranduil observa le poignard planté dans le corps de son fils et frémit. Il ne voyait qu'une seule solution pour tenter de le sauver et cela le terrifiait. Alors, il se pencha au-dessus de son enfant blessé pour capter son regard épuisé et lui dit en posant une main sur son front brûlant.
- Mon fils… Je ne peux pas te retirer cette lame sans te tuer alors je vais devoir démonter le manche de cette arme et…
Thranduil fit une pause pour essayer de faire cesser les tremblements qui venaient de s'emparer de sa voix, mais n'y parvint pas totalement.
- Et je vais devoir la pousser pour qu'elle… ressorte de ta poitrine et te transperce… Je suis tellement désolé mon fils… Je n'imagine même pas la douleur que tu vas ressentir… Mais je ne peux pas faire autrement… Pardonne-moi… Ne meurs pas… C'est tout ce que je te demande… Résiste à la douleur. Ne meurs pas.
Thranduil finit sa phrase en larme, s'imaginant déjà être obligé de poignarder cruellement son enfant pour lui extraire cette monstruosité du corps. Il imagina la douleur pour son corps épuisé. Comment son cœur pourrait-il tenir ? Pourtant, il n'avait pas d'autres solutions. Retirer le poignard le tuerait alors que là, il avait une chance… infime… mais il avait une chance de le sauver… Sa main resta sur son front, caressant doucement ses cheveux. Il était terrifié par ce qu'il allait devoir faire. Son regard croisa celui de son fils ainé et il lut toute la terreur que sa solution venait de faire naître aussi en lui.
- Adar (Père)… Nous ne pouvons pas faire ça !
- C'est la seule solution que nous avons si nous voulons avoir une infime chance de le sauver.
- Mais cela va aggraver sa blessure et le faire cruellement souffrir. Dans son état, il…
Arenor ne termina pas sa phrase, incapable d'envisager la mort de son jeune frère et la souffrance qu'il allait ressentir.
- Je sais… Il faudra tenir ion nín…
Legolas gémit faiblement et murmura à demi-conscient.
- Faites-le ada… Je n'en peux plus…
Thranduil hocha la tête en frémissant de nouveau à la perspective de ce qu'il allait devoir faire, mais il ne voyait pas d'autres moyens pour tenter de sauver la vie de son fils. Toutefois, il ne pouvait s'empêcher d'être totalement terrifié et ses pensées s'envolèrent en direction des souvenirs de son épouse disparue. Il pria Idelwën de lui donner la force de faire ça ou d'être là pour accueillir Legolas dans les cavernes de Mandos… Oui, il était totalement terrifié, mais en observant le corps de son enfant de raidir de douleur, il sut qu'il ne pouvait pas faire autrement.
Dans un silence que ne brisèrent que les gémissements et les petites plaintes de douleur de son plus jeune fils, le souverain des elfes sylvains démonta le manche du poignard enfoncé dans la poitrine de Legolas. Quand il eu fini, seule la hampe de la lame dépassée encore de sa poitrine suppliciée. Le regard de Thranduil se porta sur Arenor.
- Soulève-le et tiens-le fermement par les épaules. Il ne doit pas bouger, tu comprends ?
Arenor hocha la tête ne pouvant desserrer la mâchoire tellement il était bouleversé par ce qu'ils allaient faire subir à son jeune frère. Ses mains se glissèrent sous le torse de ce dernier et il enroula l'un des bras autour de ses épaules en parvenant à lui murmurer.
- Je suis là… Garde les yeux sur moi… Pas sur notre père. Uniquement sur moi Legolas.
Le jeune elfe blessé hocha doucement la tête et son regard bleu rempli de fièvre et de douleur se braqua dans celui de son frère.
- Courage petit frère… Je sais que tu peux le faire, ajouta son ainé sur un ton rempli d'amour.
Legolas aurait voulu lui sourire, mais ce fut à ce moment que Thranduil agrippa fermement la hampe de la lame avant de la pousser. Un cri terrible jaillit de la gorge de Legolas pendant que son corps se cabra sous l'effet de la souffrance. Un cri qui empli toute la cité souterraine et brisa le cœur du roi qui vit son fils pâlir brutalement à cause de la douleur. Mais, il ne pouvait pas reculer alors, il appuya plus fort, faisant pénétrer la lame plus profondément dans la poitrine de son enfant. Legolas se cabra et hurla de nouveau de douleur, ne parvenant plus à se retenir malgré les encouragements que lui murmurait son frère à l'oreille. Son corps se mit à trembler prouvant à quel point, il était en souffrance. Arenor s'agrippa à lui, tentant de l'empêcher de bouger pendant que Thranduil poussa plus fort la lame dans sa poitrine. Le troisième cri du jeune homme fut bien moins fort. La douleur était toujours terrible, mais ses forces déclinaient et Arenor eut la terrible sensation de le sentir mourir dans ses bras.
- Daro Adar ! Daro ! Ngell nín (Arrêtez Père ! Arrêtez ! S'il vous plaît !)… Pleura doucement le prince elfe.
- Je suis désolé. Je ne peux pas, répondit le souverain lui aussi au bord des larmes.
Thranduil prit une dernière inspiration et poussa une quatrième fois. Legolas se cabra en gémissant puis émit un long cri de souffrance lorsque la lame jaillit dans son dos, brisant deux de ses vertèbres et lui entraînant une douleur inimaginable. Le bruit du craquement des os de son jeune frère fini de briser le cœur d'Arenor qui capta toute la souffrance et la terreur qui passa dans son regard. Puis, il sentit son corps se détendre et vit ses yeux se fermer. Un coup de poignard lui frappa l'estomac en comprenant qu'il était en train de partir.
- Non ! Legolas, non ! Je t'en supplie ! Regarde-moi ! Regarde-moi ! Honeg nín !
Les yeux bleus épuisés du jeune prince elfe croisèrent une dernière fois ceux de son frère avant de se fermer.
- Non ! Hurla Arenor totalement terrorisé.
Thranduil fit de son mieux pour ne pas perdre de vue son objectif et passa la main dans le dos de Legolas. Il empoigna l'immonde lame crochue qui ressortait maintenant de son corps et la tira rapidement, libérant le corps à peine en vie de son jeune fils de cette monstruosité. Le sang se mit à couler et les draps s'en imbibèrent en quelques secondes. Arenor frémit en tenant toujours son jeune frère maintenant inconscient.
- Man agorel (Qu'avons-nous fait ?) ?
Le prince pleurait, des larmes inondant ses joues.
- Il se vide de son sang… Il ne tiendra plus très longtemps… honeg nín… Goheno nín ! Melin le… melin le (mon petit frère... Pardonne-moi ! Je t'aime... Je t'aime...)…
Arenor posa son front sur celui de son frère et se mit à pleurer pendant que son père se mit à travailler sur sa blessure.
Le roi lutta contre l'hémorragie, commençant à se demander s'il n'avait pas lui-même achevé son jeune fils déjà à l'agonie tellement son sang imbibait les draps de la couche sur laquelle il reposait. Après de longues minutes d'angoisse, il parvint à arrêter le saignement.
Alors, il nettoya les plaies et appliqua des cataplasmes d'onguent qu'il recouvrit d'un linge blanc avant d'enserrer fermement sa poitrine avec une bande. Pendant qu'il le soignait, le roi des Elfes sylvains faisait également appel à toute sa magie pour tenter de le faire tenir, se moquant bien de la réapparition de ses cicatrices sur son propre visage… Mais, il le trouvait si faible, à peine en vie et puis, il devait aussi s'occuper de son début d'infection…
Pendant tout ce temps, Arenor continua de pleurer. Le front posé sur la tête de son frère dont il percevait le faible souffle de vie qui s'échappait encore de ses lèvres et la fièvre qui rendait moite et brûlante sa peau trop blanche. Il frémit et murmura doucement.
- Honeg goheno nín (petit frère, pardonne moi)…
Thranduil observa ses enfants en tentant de retenir ses propres larmes puis, glissa une main dans le cou de Legolas pour se rassurer. Sous ses doigts, il perçut son pouls faible et filant, mais toujours là. Il resta comme ça quelques secondes, sentant les battements de cœur de son plus jeune fils toujours en vie avant de murmurer d'une voix brisée.
- Allez mon petit… La douleur est finie… Tout va bien se passer…
Le roi savait qu'il disait cela autant pour Legolas que pour Arenor qui pleurait toujours. Il tendit la main et caressa la tête et les cheveux de son fils ainé en lui murmurant.
- Av'osto Arenor (N'aie pas peur Arenor)… Ne pleurs plus… Il va vivre… Il ne peut en être autrement.
L'ainé des fils du roi redressa la tête sans lâcher son cadet et frémit avant de murmurer d'une voix tremblante.
- Vous ne comprenez pas père… Il… Il a voulu que je le laisse là-bas… parce qu'il pense que sa mort ne nous affectera pas… Il croit qu'il est une quantité négligeable… Que nous le pensons inutile et faible… Il croit qu'il est une déception… Il croit… Mon petit frère… Il est si sensible comme l'était notre mère… Il a besoin de marques d'affection… Pardonne-moi de ne pas t'en avoir donné plus… Tu es un guerrier magnifique et redoutable… Il s'est battu à un contre trente et il les a presque tous repoussés… Si tu savais… Je t'aime tellement honeg nín… Comment j'ai pu te donner l'impression de te rejeter sans m'en rendre compte ? Reste avec moi… Je t'en supplie… Reste… Honeg…
Arenor termina sa supplique par des sanglots et les larmes coulèrent aussi sur les joues de Thranduil, profondément bouleversé par l'état d'esprit du plus jeune de ses fils qu'il prit doucement de bras de son frère pour le serrer à son tour contre lui en tremblant.
- Ma petite feuille… Est-ce vrai ? Est-ce que tu crois que ta vie à si peu d'importance à mes yeux ? Penneth nín Melin le (mon petit, je t'aime)…
Arenor regarda son père et son frère et réprima un nouveau tremblement lorsque ses yeux tombèrent sur la tache de sang qui maculait la couche. Il se redressa et secoua la tête pour se reprendre après avoir essuyé ses larmes.
- Je vais aller lui chercher de l'eau, nous devons le faire boire pour compenser tout le sang qu'il a perdu et lutter contre sa fièvre.
Thranduil hocha la tête sans quitter des yeux le visage blême de son fils blessé. Ses lèvres avaient tourné au bleu et le roi savait qu'il faudrait bien plus qu'un peu d'eau pour qu'il se remettre de cette blessure. Son corps était si faible qu'il percevait à peine les battements de son cœur. En fait, il y avait si peu de chance qu'il passe la journée… Le cœur du roi se brisa pendant que d'autres larmes coulèrent sur ses joues.
- Ma petite feuille… Il faut vivre… Je t'en supplie… Pas toi… Pas comme ça…
...
Lorsque Arenor revint, Thranduil avait changé les draps tâchés de sang qui était en boule dans un coin de la pièce. Legolas était allongé et le roi elfe assis à côté de son fils, lui tenait la main et lui récitait des poèmes en elfique pour l'apaiser et le guider vers lui. Le prince traversa la salle et s'agenouilla devant le lit de son jeune frère. Il passa doucement une main sous sa tête pour la redresser et fit glisser un filet d'eau entre ses lèvres. Bien qu'inconscient, le blessé avala le liquide et son frère répéta plusieurs fois l'opération, parvenant à lui faire avaler la coupe qu'il avait ramené. Puis, il reposa doucement la tête de Legolas sur l'oreiller et ses doigts repoussèrent une mèche de cheveux rebelle.
- Repose-toi… Mais ne laisse pas les Ténèbres t'enlever à nous… Reviens-nous…
Des larmes roulèrent à nouveau sur ses joues pendant que ses doigts serraient la main de son frère.
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Trois semaines… Cela faisait trois longues semaines que le jeune elfe était toujours plongé dans le coma. Le père et le fils se relayaient à son chevet, mais malgré l'amélioration lente de son état, tous les deux étaient abattus, car il n'était pas normal pour un elfe de rester inconscient aussi longtemps et cela ne présageait rien de bon.
Arenor était assis au bord du lit de son jeune frère blessé. Sa main caressait doucement sa joue, remettant l'une de ses longues mèches blondes en place. Son visage était blanc et aminci. Il allait mieux, mais il était si faible que le prince avait peur qu'il ne se réveille plus et cela le terrifiait. Il ne pouvait s'ôter de la tête les yeux pleins de souffrance et de terreur de son jeune frère juste avant qu'il ne perde connaissance. Il devait lui revenir… Il avait tant de choses à lui dire. Arenor baissa la tête pour sangloter en lui tenant la main lorsqu'il sentit ses doigts frémir. Aussitôt, l'elfe redressa la tête.
- Honeg ?
Legolas frémit de nouveau et ses longs doigts se crispèrent doucement dans la main de son frère qui se mit à sourire.
- Allez Legolas… Encore un effort !
Le jeune elfe frémit et ses paupières s'entrouvrirent. Ses yeux devinrent deux fentes bleues un peu perdues qui regardèrent autour d'elle en cherchant à se rappeler où il était et ce qui c'était passé. Des larmes roulèrent sur les joues d'Arenor, mais celles-ci étaient des larmes de joie et elles furent accompagner par un grand sourire qui illumina son visage. Le grand frère pressa doucement les doigts de son cadet et lui murmura.
- Legolas… Je suis là…
Il posa une main sur son front et les yeux du jeune elfe se posèrent sur le visage de son frère. Il paru soudainement un peu moins perdu et murmura d'une voix rauque et difficile.
- Arenor…
- Oui petit frère, c'est moi…
Legolas frémit doucement et ses doigts serrèrent la main de son frère.
- Manën nalye (comment vas-tu ?) ?
- J'ai mal, mais ça va…
- Je suis tellement heureux de te voir conscient. Nous avons tellement eu peur de te perdre.
Legolas sourit faiblement et ses doigts serrèrent plus fort la main de son frère. Arenor lui rendit son sourire et le regarda déglutir.
- Aniral sogad (Veux-tu boire ?) ?
- Mae (oui)…
Arenor se redressa et lâcha la main de son frère pour l'aider à se redresser et à se caler dans une position semi-assise. Legolas grimaça de douleur, mais fut content de pouvoir un peu se redresser. Une fois qu'il fut bien installé, Arenor prit la coupe qui se trouvait sur la table à côté du lit et la porta aux lèvres de son frère. Les mains de ce dernier se portèrent sur la coupe pour la tenir, mais elles tremblaient légèrement et Arenor l'aida en la tenant lui aussi. Le jeune elfe but lentement des gorgées raisonnables et Arenor ne put cacher sa joie de le revoir faire ce simple geste. Il était vivant. Tout irait bien…
Legolas venait juste de terminer de boire lorsque son père entra dans la pièce. Il vit son jeune fils assis et réveillé et un grand sourire illumina son visage pendant qu'il s'exclama.
- Ion nín !
Le roi des elfes sylvains se rapprocha du lit et Arenor se leva pour lui laisser la place. Thranduil se laissa tomber assis et prit les mains de son fils, enfin réveillé, dans les siennes.
- Ion nín ! J'ai tellement été inquiet.
- Goheno nín Adar (pardonnez-moi père).
- Non, ne sois pas désolé. C'est moi qu'il le suit mon enfant.
Thranduil se tut et sa main caressa doucement les cheveux de son fils avant de s'arrêter sur sa joue qu'il trouva encore trop pâle. Un doux sourire se forma sur son visage et il lui demanda.
- Man mathach (comment te sens-tu ?) ?
- Eem myre ada (je vais bien papa), répondit Legolas en souriant à son tour, touché par la douceur dans la voix de son père.
Thranduil hocha la tête.
- Très bien… Mais tu as encore besoin de repos mon enfant… Essaie de dormir un peu pendant que je vais te chercher quelque chose à manger.
Legolas hocha la tête à son tour. Il se laissa couler dans le lit et son père remonta la couverture sur ses épaules avant de se baisser pour lui déposer un baiser sur le front en murmurant.
- Repose-toi ma petite feuille. Je reviens.
Le souverain elfe se redressa et sortit de la pièce. Arenor s'assit de nouveau au bord du lit et serra doucement la main de son frère qui venait de s'endormir. Tout irait bien finalement.
Vous êtes arrivé au bout de ce chapitre, il vous a plu ou pas d'ailleurs, alors n'hésitez pas à laisser une review surtout si vous l'ajoutez en favori, merci d'avance et à bientôt !
