Bonjours tout le monde !
Bon..., j'espère que pour une fois, je n'ai pas été trop longue. En fait, écrire 5 000 mots en 2 mois, j'ai jamais fait mieux auparavant. Mais bon, il faut dire aussi que les profs se sont un peu calmés.
Sinon que dire...
Une amie a découvert que j'écrivais du shonen-aï. Elle se demande si mon cas ne serait pas encore plus grave que ce qu'elle croyait. En même temps, je la comprends.
Sinon...
Ah oui ! Vous risquez d'être assez surpris en lisant ce chapitre. J'ai réussi à choquer ma bêta (et j'en suis fière xD), alors bon... j'imagine bien vos réaction à la fin de la première partie de ce texte. Héhéhé.
Sinon, merci encore à toi Jun-Fuu pour m'avoir corrigé. Merci à vous pour tous vos com' et vos Fav', ainsi que de votre lecture ! ^^
Shakespeare : Oui ! Je vais vous jouer un mauvais tour ! En mode Ninja ! Niak ! Sinon...la seconde playsite est assez...comment dire... m'enfin, elle ne colle pas vraiment avec l'ambiance ! xD C'est vraiment à se taper le cul par terre. Merci pour ta review et tes compliments.
Allez, une petite playsite :
1ère partie : "Illuminated" de Hurts/ 2ème partie : "Abyss" OST d'Angel Beats !/ 3ème partie : "Happy no theme" OST de Fairy Tail, puis "Never Surrender" de Skillet/ 4ème partie : " Yureai" OST de Elfen Lied.
Bonne lecture !
Chapitre 2 : Voyages silencieux.
Une chambre close du 19ème siècle.
Une lumière tamisée de rouge.
Un lit en baldaquin.
Une table basse et deux fauteuils finement ouvragés.
Une odeur de cigare et d'alcool.
…
Je prends la tasse en porcelaine contenant le thé entre mes mains.
Et je pose mon regard sur mon interlocuteur.
Il porte un chapeau haut de forme noir, qui lui faisait de l'ombre sur son visage.
Je ne peux voir que son nez, sa bouche et sa barbe de trois jours.
Lui aussi porte sa tasse à ses lèvres.
…
Je le toise.
Il ne dit rien.
Moi non plus.
Nous sirotons notre thé brulant.
Le liquide pique sur ma langue. Mais je ne m'en soucie pas.
Les effluves du thé se répandent dans ma gorge.
L'air saturée en tabac m'étouffe presque.
…
Peu importe.
Je le toise.
Il ne dit rien.
Moi non plus.
…
Ayant terminé mon breuvage, je repose la tasse sur le buffet au milieu de nous.
J'ai chaud, dans mon costard noir.
Il pose sa tasse.
Encore une fois, je le toise.
Son bras s'allonge, et sa main prit ma tasse vide.
Il la ramène à sa hauteur et jette un coup d'œil à l'intérieur.
Un sourire sadique se dessine sur sa bouche.
Pourquoi, je ne sais pas.
J'ai chaud.
J'étouffe.
Je tousse. Le tabac consommé tantôt, était décidément trop fort.
J'ai le haut de cœur. Le thé n'était pas très bon.
L'individu repose la tasse sur la table.
Il la fait glisser vers moi.
Je la pris, et regarde dedans.
Je veux savoir ce qui le fait sourire.
Au fond de l'ustensile en porcelaine, il n'y a que des feuilles de thé trempées.
…
C'est ça qui le fait sourire ?
Je le toise, en haussant un sourcil.
Il sourit.
« C'est monstrueux. », dit-il.
Ma voix claqua dans l'atmosphère calfeutrée :
« Qui es-tu ? »
Son sourire insolant semble s'élargir encore plus.
Il se lève de son fauteuil.
Il se dirige vers moi.
Je ne le quitte pas des yeux.
« Il vaut mieux que tu ne le saches pas. »
Sa main a atteint mon visage.
Il caresse ma joue doucement.
Hein ?
Comment…
Son pouce sur mes lèvres…
Son autre main sur ma hanche…
Son souffle sur mon visage…
Je ferme les yeux.
Je me laisse gagner par la volupté.
Une main se balade sensuellement sur ma cuisse.
Des frissons me parcourent.
Sur mes lèvres, une chose amère et sucrée s'est déposée.
Je lèche avidement cette substance âpre et volatile.
Une poudre blanche…
J'ouvre les yeux.
Je le toise.
Il ne dit rien.
Moi non plus.
Se sont ses lèvres sur les miennes désormais.
…
Un flash m'aveugle.
Une sensation de bien être s'empare de mon corps.
Je suis illuminé par des scintillements.
Des millions de petites étoiles scintillent dans mes iris.
L'indolence prend possession de moi.
Elle gagne petit à petit du terrain.
La main de l'inconnu se glisse sous ma chemise.
Je ne fais rien pour l'en empêcher.
Bien que j'ai l'intime conviction d'aller trop loin.
Mais sa main est chaude.
…
Mes yeux engourdis…voient enfin le pentacle sur le revers.
Intrigué, j'essaye de croiser son regard.
Mais il est caché par son chapeau.
Alors je lève mes bras. Je pris les rebords du couvre-chef entre mes doigts.
Et je le soulève.
Un cri d'horreur sortit de ma bouche.
Le chapeau glisse de mes mains.
Mon regard s'accroche aux yeux dorés de l'homme.
Ils brillent d'une lueur malsaine.
Je tremble.
« Papa ? »
Encore un nouveau flash.
OoOoO
Ses yeux gris s'ouvrirent brusquement. Le balancement du véhicule était désormais inexistant, preuve que Tyki avait fait un arrêt sur une aire d'autoroute.
Sa tête était posée contre la vitre inconfortable de la voiture. Il était bien parti pour un mal de crâne. Il se frotta les yeux. La lumière l'aveuglait de trop. Et il se sentait tout patraque. La bile de son estomac n'était pas loin de remonter sournoisement son œsophage. De plus, il avait encore sur ses lèvres, le goût âcre du tabac et celui sucré-amère d'une certaine poudre blanche…
Il avait soif. Sa gorge était asséchée. Vite, il lui fallait de l'eau. Mais présentement, il n'y avait plus à ses pieds la bouteille qu'il avait ramené de l'appartement. Quelqu'un avait dû lui la prendre et la finir jusqu'à la dernière goutte. Il grimaça. Il n'avait pas envie de se lever pour aller boire à la boutique du coin. Mais qu'est-ce qu'il en avait besoin.
D'un geste apathique, il posa sa main sur la poignée de la Laguna, et la tira vers lui. Un petit clac se fit entendre. Et ce ne fut qu'à ce moment-là qu'il constata le bruit sourd du silence dans la bagnole. Pas de « Yuu ! » strident, pas de « Ta gueule Lapin Crétin ! », ni de «Rhoooo, les garçons », ni encore de ricanements amusés.
Il était tout seul.
Enfin, pas tout à fait. Un homme était assis nonchalant à l'extérieur, sur le capot, en train de fumer une cigarette. Allen ne voyait que son dos. Le Soleil dans les yeux, il reconnut, non sans mal, la queue de cheval qui retenait des cheveux bouclés et bruns, à la façon des cardigans d'autrefois. De la fumée s'envolait au grès du vent, et l'adolescent en déduisit que c'était son oncle qui fumait.
Il sortit de la voiture, toujours en mode léthargique, se frotta encore les yeux, et se dirigea sans un mot vers la station qu'il apercevait à cinq-cents mètres de lui. Mais il fut stoppé dans son avancée vers la Terre Promise, par la voix raillarde de Tyki :
« Elle s'est enfin réveillée la Belle au Bois Dormant Décolorée ? »
Allen, d'une violence molle, se retourna, et envoya à son oncle son plus beau sourire hypocrite pour cacher son irritation latente :
« En effet. Et sans Prince Charmant… »
À cette réplique, Tyki inspira une nouvelle bouffée d'air, ses iris dorés hébergeaient une lueur amusée. Allen avait toujours soupçonné que son oncle mettait des lentilles. Ses yeux étaient trop éclatants pour être vrai. Et ils ressemblaient un peu trop aux yeux des Cullen de Twillight. Du faux donc. Et quand Allen interrogeait Tyki à ce sujet, ce dernier trouvait toujours le moyen d'esquiver la question. L'art de la triche.
Enfin, il pouvait causer avec ses cheveux blancs.
« J'vais aux toilettes… », grommela finalement Allen.
Tyki hocha de la tête en retour.
L'adolescent reprit son chemin vers sa destination. Un petit vent frai lui arriva en pleine face, et le fit frissonner. Ce qui était plutôt étrange en cette période. Puisqu'on était en pleine période de la saison chaude. S'il avait fait plus attention au ciel au-dessus de lui, il aurait remarqué les sombres nuages qui viendraient prochainement hanter les comtés de France.
Mais bon. On n'était que le 26 Juillet 2012, après tout.
Il continua sa traversée du désert. La soif le tenaillait de plus en plus. La lumière l'aveuglait toujours autant qu'auparavant. Ses yeux tiraient, ou le grattaient à mort. Peut-être même qu'ils allaient sortir de leurs orbites. De plus à chaque pas, à chaque petite secousse provoquée par la marche, Allen sentait son petit déjeuner remuer un peu trop perfidement dans son estomac. Il était sûr, dans quelques temps, la bile remonterait dans son œsophage, et il ne pourrait rien faire pour s'empêcher de dégueuler.
Bizarre. C'était bien la première fois qu'il avait le mal des transports.
En entrant finalement dans les toilettes, la pénombre le surprit. Comment était-il arrivé ici ? Il ne savait plus trop. Son esprit était étrangement brumeux. Mais peu importait. Il était enfin parvenu à sa destination.
Les toilettes étaient sales. Le carrelage blanc tapissant les murs, prenait une teinte grisâtre. Quelques fissures lézardaient entre les différents carreaux. Les différents lavabos crasseux étaient situés devant chaque cabine. Ces sortes de caissons, fait de ciments avec par-dessus du carrelage, étaient tous fermés à clef. Pourtant, aucun bruit trahissant la présence de quelqu'un en train de se décharger, ne se fit entendre.
Allen se précipita vers le lavabo le plus proche. Il regarda le fond de la cuve. Ses mains s'agrippèrent convulsivement sur les rebords de céramique. Son ventre se tordait douloureusement. Ses jambes tremblaient affreusement. Il n'était pas certain de pouvoir tenir encore longtemps debout. Un marteau d'acier lui martelait le crâne. Il avait le vertige. Le monde tanguait dangereusement autour de lui. Combien de temps allait-il encore tenir ?
Finalement la bile remonta à la surface, et le son caractéristique du vomissement raisonna dans l'insalubre pièce. Un goût immonde se répandit dans la bouche de l'adolescent, et celui-ci s'empressa d'ouvrir maladroitement le robinet, de recueillir le précieux liquide entre le creux de ses mains, et d'avaler goulument le liquide. L'eau fraîche purifia son gosier de l'exécrable saveur des vomissures, et réhydrata sa gorge en feu.
Une odeur pestilentielle, en plus celle des excréments, remonta jusqu'à son nez. Allen baissa les yeux, et voyant le résultat de son petit problème… il comprit qu'il avait intérêt à nettoyer, afin de ne pas dégouter les futures personnes qui viendraient faire leurs petites commissions.
« Pour ce qui est le massacre de la propreté, j'ai le ticket gagnant… », marmonna l'adolescent.
Le fait d'entendre sa voix, certes fatiguée et complètement stone, le rassura quelque peu. Le bruit du silence était vraiment effrayant. Implacable, sourd, lourd, et presque hostile, Allen sentait ce poids lui serrer les épaules dans une poigne impitoyable. Le mutisme de cette pièce s'abattait sur lui, et s'il ne possédait pas le peu de force qui le maintenait debout, le jeune homme était convaincu que la gravité reprendrait ses droits et qu'il s'écraserait misérablement comme une crêpe par terre.
Il ouvrit de nouveau le robinet en inox, laissant jaillir une coulée transparente et purificatrice, et regarda d'un œil morne le vomi se mélanger avec l'eau. La mixture jaunâtre forma un tourbillon au centre de la cuve, et disparu petit à petit dans la bouche de l'évier. Au moins, toute cette opération avait produit quelques sons, se répercutant sur chacun des carreaux blancs et sales. Durant l'espace d'un instant, l'adolescent s'était sentit en sécurité avec ces bruits familiers.
Il leva les yeux sur le miroir au dessus de l'évier. Oh. Depuis quand cet immonde objet lui faisait-t-il face? Comment s'était-il débrouillé pour ne pas remarquer ce miroir auparavant ? Il ne le savait pas vraiment. Depuis qu'il s'était réveillé, il avait l'impression que l'univers se résumait à du cotons, de son et de lumière. Ou d'obscurité. En effet à cet instant, la pénombre dominait.
La sale besogne du marteau d'acier reprit avec force et fracas ses ébats. Allen avait l'impression que sa tête était devenue une cloche. Le sang martelait son crâne, en accord avec les flashs de douleurs. Peut-être que sa tête allait réellement exploser. Peut-être qu'il verrait les bouts de chair et de cerveau s'éparpiller sur les murs et les sols crades. Peut-être que le sang coagulé ne s'effacerait jamais, au combien même tous les efforts des femmes de ménage pour entretenir cette pièce. Peut-être que cela resterait un merveilleux souvenir.
Il n'en savait que trop rien. De plus, ces théories glauques et foireuses l'agaçaient quelque peu. Il avait le sentiment que son encéphale ne tournait plus rond. Parce que les pensées et les remarques morbide, c'était Road qui les débitait. Pas lui. Enfin normalement. Sauf que maintenant, il n'était pas convaincu de la réalité des événements. Un peu comme s'il avait consommé une sorte de mélange d'héroïne et d'ecstasy. Ou toutes autres espèces chimiques ayant un effet psychotrope sur le cerveau.
Et puis après tout…pourquoi pas ? Maintenant qu'il y repensait…il…
Un soudain éclat lumineux, une sorte de flash, attira son attention. Il ressentit simultanément la sensation d'une main agrippant avidement son épaule gauche. Son cœur fit un bon dans sa poitrine. Ses omoplates se raidirent. Il reposa vivement ses yeux sur le miroir en face de lui. Et y vit quelque chose qu'il aurait souhaité ne jamais plus rencontrer : le reflet d'une certaine créature encapuchonnée dans une cape rouge. La responsable du rythme effréné de son cœur.
Bordel, c'était quoi ce cirque ? Personne à part lui ne se trouvait dans cette pièce crasseuse, et là, en même pas une seconde, une chose venant d'on ne sait où avait fait son apparition ! Avec des intentions malhonnêtes peut-être. Voir sûrement. Parce que lui, Allen, ne se souvenait que trop bien de ses cauchemars avec cette démone glacée. Ce n'était pas la première fois qu'ils se rencontraient. En rêve bien entendu. Dans des mondes dépourvus de sens, de plus. Mais hier, c'était bien la première fois qu'elle l'attaquait directement, en laissant des traces indélébiles sur sa peau. Et la voilà maintenant derrière lui, dans le monde réel.
Il était grave dans la merde, et jusqu'au cou.
Il serra ses poings. Il devait se défendre. Ne pas se laisser faire. Il était un mec. Et il savait se battre un minimum. Alors il se retourna…pour faire face à du vide.
N'était-ce donc qu'une hallucination ? Pourtant, Allen pouvait encore sentir les ongles de la main cireuse et spectrale s'enfoncer dans sa chair, et l'image du monstre se reflétait toujours dans le miroir. Son sourire démentiel battait tous les records, à un tel point que même Lavi n'aurait pas fait mieux. Et son chuchotement glaçant fit écho dans les toilettes sombres :
« Où crois-tu donc te cacher ? J'ai besoin de toi... »
L'adolescent se surprit à déglutir de nouveau.
OoOoO
Lavi, en sortant du magasin miteux avec sa main gauche occupée par un sac plein à craquer de victuailles, leva ses yeux vers le ciel. Un magnifique plafond bleu lui souriait. Une petite brise légère soulevait ses cheveux roux et rafraichissait son visage. Aaaaah l'été. Une magnifique saison. Bien sur, en faisant fit des nuages d'orages qui menaçaient d'apparaître au Nord…Mais bon, si une bonne bourrasque du Sud se développerait, cela devrait passer. Comme ça, un bellissime Soleil tout revigorant de rayons UV, accueillera lui et les autres à leur destination.
Le rouquin chercha à l'aide de ses mirettes, l'endroit où se dissimulerait ce misanthrope de Yuu. Le connaissant, il était sûr que le japonais se poserait en tailleur dans un coin sombre, le plus à l'écart du monde civilisé que possible, à l'abri des regards des autres et de toutes emmerdes. Le comportement typique d'un asocial. Un asocial qui possède toutefois un compte Facebook. Et pourtant, lui le sublimissime Lavi Bookman, premier du nom, n'était en rien responsable de la création de ce mystérieux compte. Mais il bénissait la personne à l'origine de cette action pour le moins étrange. En effet, le rouquin pouvait désormais s'en donner à cœur joie pour emmerd… heum, pour faire remarquer gentiment sa présence à Yuu.
Mais soit. Ce compte Facebook ne lui serait d'aucune utilité pendant cette semaine, puisqu'il pourrait embêter son souffre douleur préféré 24 heures sur 24. Et s'il ne serait en mesure de se défouler sur Yuu, et bien par défaut, il libérerait son besoin maladif de taquiner sur Allen. Ou sur Link. Au choix.
Bref. Lavi avait une petite idée où devait se terrer ce satané Yuu. Et pour cause. Le rouquin supposait que le japonais eut la génialissime idée de se poser vers la benne à ordure, à l'abri du Soleil, derrière le magasin. Satisfais de sa théorie, il pressa le pas pour la confirmer, en faisant le tour du bâtiment en béton, à la limite du crasseux.
Et… gagné ! Il avait vu juste. Ce qu'il pouvait être ingénu. Yuu était en effet assis en tailleur, sur une grosse pierre devant lui. Ses yeux en amande étaient clos, les paumes de ses deux mains étaient quant à eux, tournées vers le ciel. La brise légère balayait vers la gauche les cheveux bleus nuits retenus en une queue de cheval de leur propriétaire. Ah. Yuu méditait. Et Yuu détestait, non, haïssait les personnes qui avaient le culot ou la stupidité, ou encore les deux, de le déranger lors de cette activité primordiale. Dans ce genre de circonstance, le visage d'un Yuu Kanda en rogne pouvait, en général, être la dernière chose que l'on voyait avant de finir en pâté pour Timcampy.
Et c'est pour cela que Lavi, avec son sourire ignoble de cette saleté de minou du Chester, alla à la rencontre de l'adolescent. Suicidaire ? Mais non, pas du tout voyons. Il voulait juste tester les limites élémentaires des lois de la physique. Idiot ? Mais que nenni. Il oubliait toujours les précédents accrochages entre lui et le japonais, mais sinon, rien de bien grave. Il savait gérer ce métier à risque. Tout était question de finesse.
Justement. Lorsque cet imbécile de rouquin passait en mode « lapin crétin »…la finesse et lui, ça faisait deux. Comme à ce moment là.
Lavi se précipita sur son camarade, l'enlaça et lui hurla dans les oreilles :
« HEY YUU ! ÇA BOUM ?! »
La réponse ou contre attaque selon le point de vue ne se fit guère attendre de la part du japonais. Un bon coup de coude bien sentie dans les côtes de son assaillant, et hop ! Voici un lapin crétin par terre, en train de gémir et de se plier en deux, afin d'atténuer la douleur qui se répandait dans son organisme. Et durant ce laps de temps, Yuu Kanda n'avait pas une seule fois ouvert les yeux, preuve incontestable de l'habitude qu'il avait de ce genre d'attaque de la part du rouquin.
Le brun, ouvrant enfin ses mirettes révélant des iris aussi noires que la nuit, rabroua Lavi sèchement et froidement :
« P'tain ! Fiche moi la paix ! »
L'autre espèce de cadavre gisant au pied du rocher, gémit de bon cœur et se lamenta aussi bruyamment qu'un enfant de quatre ans n'ayant pas reçu son jouet. Il avait encore du boulot avant de pouvoir prétendre à esquiver à cent pour cent les attaques (ou plutôt contre-attaques) de son ami. Il faudrait vraiment qu'il songe à s'inscrire dans des cours de combats. Face à Yuu, il ne faisait pas le poids. En même temps, le japonais était 1er dan de Kendo…
Remarquant que le brun ne réagissait pas à ses jérémiades, Lavi en rajouta encore une couche :
« Yuu ! T'es méchant ! »
La réaction de Kanda ne se fit pas attendre. Il bondit de son siège rocheux, empoigna d'un geste vif le cou de son emmerdeur de première, et lui rendit monnaie de sa pièce en s'égosillant dans le conduit auditif de sa victime :
« Ne prononce JAMAIS PLUS mon NOM devant moi ! Sale lapin ATTARDÉ ! »
Ledit lapin attardé décida, pour le bien de ses oreilles, de calmer le jeu. Et puis si par mégarde, Yuu le frappait au visage à cause de son manque de retenue, il perdrait tout son sex-appeal. Un œil au beur-noir, ou encore des joues de hamsters, ce n'était décidément pas élégant. Comme ferait-il en effet pour draguer de jolies alsaciennes blondes aux yeux bleus dans ses conditions ?
« Sinon j'ai acheté de la Volvic thé vert ! Ça te dit ?, tenta-t-il de concilier.
- Tch. J'ai déjà mon thermos », répliqua Kanda avec dédain.
Lavi soupira. Son ami n'était absolument pas un personnage commode et facile à vivre. Mais bon, comme le dit le proverbe, on fait avec ce qu'on a. Sauf que parfois, ce que l'on possède comme corvées/charges/crétins/amis/etc. est… juste au dessus de nos habilités à gérer tout ça (1). Ce qui était souvent le cas avec Yuu, songea amèrement le rouquin.
Le japonais finit par se relever, et retourna à sa place. Lavi lâcha un discret soupir de soulagement, avant de constater, que l'air de rien, Yuu s'était assis sur son rocher en lui faisant une petite place. Traduction du langage corporel kandanesque : « Je veux bien que tu restes avec moi, tant que tu ne fais pas de bruits/gestes inutiles. Et tant que t'y es, passe-moi ce putain de thé vert que tu as acheté.»
Il en serait presque mignon ce sacré Yuu.
Mais comme mignon et Yuu dans la même phrase, ça sonnait faux, le rouquin se donna une boutade mentale, avant de s'asseoir à côté de son ami. Il sortit de son sachet blanc la fabuleuse bouteille d'eau « théinifié », ainsi qu'une cannette de Sprite. Yuu prit sans cérémonie la bouteille que Lavi lui tendait, et but dedans comme le dernier assoiffé de la terre. La délicatesse et lui, ça faisait deux.
Cet étrange personnage ne révélait rien de sa vie personnelle, ne cherchait pas à rencontrer les autres, et ne souhaitait que personne empiète sur son espace privé, à part quelques rares élus. Et encore. Lenalee Lee, une « amie » d'enfance, était bien l'une des seules personnes que Yuu tolérait, et pourtant... il se montrait froid et distant avec elle. Mais cette dernière ne s'en offusquait pas, apparemment habituée à ce genre d'attitude de la part du japonais. Ou bien, au courant de certains secrets qui sait.
Cependant, ce comportement hautain et méprisant, avait fait mouche sur Allen. Lors de leur première rencontre, ce dernier venait à peine de se remettre des évènements tragiques qui s'étaient déroulées d'il y avait exactement deux ans. Et on pouvait dire que l'argenté était facilement sur les nerfs, et qu'il se laissait trop vite envahir par ses émotions violentes. Ce n'était pas toujours très beau à voir.
Ce matin là, le jour de la rentrée dans ce nouveau lycée à Lilles, leur conflit était aussi discret que le boucan d'un troupeau de buffle dans un magasin de porcelaine. Joutes verbales, vacheries, coups de poings ou de pieds, Allen et Yuu ne voulaient en aucun cas perdre la face. Fierté mal placée ? Une envie de se défouler ? Les causes de cette bataille stupide étaient multiples. Et à vrai dire, Lavi ne se souvenait plus exactement de l'élément déclencheur qui avait mis le feu aux poudres. Surement une connerie qui n'aurait jamais dû avoir eu une conséquence aussi fâcheuse.
Il était tout de même à noter qu'il avait fallu l'intervention de cinq surveillants pour arrêter la bagarre. Et l'aimable invitation du directeur dans son bureau avait convaincu aux deux adolescents en manque de sang qu'ils avaient intérêt de se tenir à carreau, s'ils voulaient rester dans le Lycée. Résultats, les altercations qui suivirent cette virée chez le proviseur, se firent plus douces, et dépassaient rarement le cap de l'insulte.
De son point de vue, Lavi pensait que la rencontre entre son meilleur ami et cet énergumène était providentielle. Il le savait, il le sentait même, que cette rencontre avait permis à Allen d'aller de l'avant. L'adolescent pouvait se permettre avec Yuu de piquer des crises qu'il s'interdisait devant ses proches. Il pouvait se défouler, et se vider de ses fâcheux ressentis qui le poursuivaient depuis le 26 juillet 2010.
Et surtout. À bas ce foutu masque de bien-être et de gaieté qu'il affichait en permanence la journée. Yuu avait le privilège, lors de courts instants, d'entrapercevoir autre chose que cette bonté factice qu'exposait « la Pousse de Soja ».
Mais lui, Lavi, avait le privilège de connaître et de voir les faiblesses de son ami, se dit-il avec satisfaction. Et celles-ci ne se déclaraient que la nuit. Honnêtement, il se surprenait même à attendre avec impatience que la nuit soit bien avancée, afin d'avoir l'occasion d'enlacer Allen durant l'une de ses crises. Il devait avouer qu'il aimait bien ses moments là, en particulier la sensation d'un corps chaud contre lui.
Ce qu'il était odieux. Parce que quelque part, il profitait qu'Allen soit au plus bas pour lui donner quelques étreintes, afin de contenter son simple plaisir personnel. S'il voulait vraiment enlacer quelqu'un, il n'avait qu'à se chercher une petite amie. Mais bon. Tout était venu si naturellement que Lavi doutait de sa capacité à faire machine arrière. Et il doutait vraiment de sa capacité de rester en couple avec une fille pendant au moins un mois. Il faut le dire, le cerveau d'une fille c'est comme la jungle amazonienne pour un mec. Un terrain inextricable et dangereux. Alors qu'un mec, c'était plutôt facile de le comprendre.
Il devrait peut-être devenir gay, tient. Ce serait peut-être plus simple dans ses futures relations amoureuses. Et vu comme c'était parti avec Allen, il avait peut-être toutes ses chances.
Ce constat lui arracha une grimace, non pas de dégoût, mais plutôt de…dérision. Il lui était déjà arrivé de sortir avec des mecs, juste par pur délire et pour voir ce que ça faisait d'être homosexuel. Mais rien de plus. Il n'y avait pas de véritables sentiments derrières. Et ces expériences là, il s'était bien gardé d'en parler à qui que se soit.
Mais avec Allen, qu'en serait-il ? Pourrait-il faire face à autre chose qu'une simple amitié soit disant désintéressée ?
Pour le rouquin, la réponse était clairement non. Lui, cela ne le dérangerait pas outre mesure… Mais pour Allen… celui-ci avait encore trop de démons à chasser, avant d'entamer une relation allant dans ce sens.
« Et puis de toute façon, se déclara amèrement Lavi, je devrais arrêter d'être égoïste. »
Il n'avait pas tout de suite remarqué le regard intrigué et agacé que lui avait lancé Kanda.
« Tu te parles tout seul maintenant ? », persiffla ce dernier.
Lavi haussa les épaules. Il s'en foutait de l'opinion de son ami. Et ce devait être réciproque. En tout cas, le japonais eut l'amabilité de ne pas enfoncer le clou comme il aime le faire parfois. Il devait être en pleine crise de flemmardise. Ou en manque de méditation, puisqu'il avait finit par refermer les yeux, en abandonnant le rouquin dans des ses pensées.
Lavi songea qu'il aurait bien aimé se souler la gueule afin de ne plus cogiter toutes ses étranges réflexions. Il avait l'alcool joyeux, alors ce programme aurait été parfait. Philosophie de pas de soucis avec la phrase magique « Hakuna matata ». Tout aurait été artificiel, mais qu'importait. Un humain avait besoin de se cramponner à des illusions pour survivre dans ce monde de fou.
Décidément, cette situation était devenue malsaine. Et Lavi était content de ne pas être partit tout seul avec le cadet de la bande. Pour la simple et bonne raison, en dehors des faits développés en amont, les évènements étranges qui entouraient Allen devenaient eux aussi pesant. La preuve hier, avec ces fameuses ecchymoses. Il avait l'impression de se retrouver dans un épisode de Médium, où le personnage principal Alison rêvait toutes les nuits d'un assaut de zombie qui prenait pour cible elle et sa famille. Et à chaque lendemain, des marques sur sa peau étaient apparues.
C'était flippant.
Quelque part, il comprenait qu'il avait un peu exagéré ce matin, en essayant de convaincre Allen par un de ses subterfuges, qu'il devrait aller voir un médecin. Si c'était seulement pour entendre comme explication logique : « Mon cher jeune homme, tout ceci n'est que le fruit d'une réaction psychologique sous l'influence d'une forte émotion, pouvant entraîner des séquelles physiologiques. », et se faire passer pour un demeuré, cela ne valait pas le coup.
Pour créer ce genre de théorie, pas la peine d'être un érudit.
« Faudrait que je songe à me faire pardonner », dit pensivement Lavi.
Yuu ne fit aucun commentaire, sûrement trop absorbé une nouvelle fois dans sa méditation. Ou alors, il l'avait complètement snobé. Mais Lavi ne s'en insurgea pas. Après tout, il l'avait suffisamment enquiquiné durant ses trois dernières heures de trajets. Et il le taquinerait certainement durant les deux prochaines dernières heures, qui séparaient cette aire d'autoroute mal léchée à la demeure de son correspondant.
Mais après toutes ses réflexions pénibles, il avait envie de faire son emmerdeur tout de suite. Et pour cela, il lui fallait un sujet de conversation que Yuu tenait soit en horreur, soit en indifférence. Et cela ne fut guère difficile au rouquin de trouver une thématique que le japonais n'appréciait pas, puisque celui-ci détestait bon nombre de chose en ce bas-monde qu'il serait difficile d'en faire une liste complète.
« Eh Y… Kanda ? T'en penses quoi du mariage gay ? »
Le brun haussa un sourcil, tourna sa tête vers son voisin et le toisa froidement. Lavi traduisit ce geste comme :
« Mais qu'est-ce tu viens me faire chier avec tes histoires ?! »
Finalement, Yuu n'en tint rigueur, et se replongea dans ses pensées en fronçant les sourcils. Lavi, surprit, ne sut comment réagir face à cette réaction inhabituelle. Ordinairement, il était facile de faire sortir de ses gongs le japonais. Peut-être qu'il était fatigué ?
Ou peut-être qu'il prenait des cours de relaxations et de bonne conduite. Le rouquin grimaça. S'il ne pouvait plus déclencher les amusantes ripostes de Yuu, qu'est-ce qu'il allait s'ennuyer…
Un silence plus pesant s'installa rapidement entre eux. Auparavant, Lavi ne se rendait pas vraiment compte de l'impact que pouvait avoir le mutisme dans une conversation. Il s'arrangeait toujours pour se plonger à corps perdu dans des cogitations, parfois idiotes certes, lors des ces blanc. Mais désormais, il pouvait entendre les non-dits, les mensonges, les gênes et les palpitations des gens. Il prêtait davantage attention aux autres sons qui emplissaient l'air, du bourdonnement des frelons aux frissonnements des arbres, comme s'il cherchait à tout prix une preuve qu'il ne se trouvait pas dans un territoire vierge de vie. Une preuve concrète, un indice qu'il n'était pas seul au monde.
Ça aussi, c'était effrayant. Le silence qui découlait de la solitude. Et il ne comprenait pas réellement pourquoi Yuu aimait tant que ça l'isolement.
Quoique.
Mais bref. Pour le moment, s'il n'était pas entouré par ses amis, il se sentirait très mal. Et d'ailleurs, il était temps que la comédie cesse de fonctionner avec Allen. Il était temps de mettre les points sur les i.
Soudainement, Yuu bondit sur ses pieds, les muscles tendus, sa main crispée au niveau la poche de son jeans bleu foncé. Il regardait avec circonspection droit devant lui.
« Yuu ? Qu'est-ce…, commença Lavi
- Chut, ordonna le brun. »
Lavi, décida d'obéir à Yuu. Celui-ci était anormalement aux aguets. Ce qui, généralement, signifiait de gros ennuis à l'horizon.
La sonnerie de son portable, Gangnam Style, sonna étrangement comme le gong de l'apocalypse. Sous le regard meurtrier de Yuu, Lavi accepta l'appel et répondit d'une voix faussement enjouée :
« Hey Lenalee ! Ça boum ?! »
OoOoO
Malgré ses tentatives de rester concentrer sur son film préféré intitulé Saw, elle n'y arrivait pas. Et ça, c'était bien la première fois que cela lui arrivait. Pourtant, rien d'autre ne l'exaltait plus que la vue du sang qui giclait d'un corps humain, ou encore les tortures mentale qu'infligeait Jigsaw à ses victimes.
Mais rien à faire. Tout ce qui lui apportait des frissons d'excitations autrefois, s'étaient envolés. Ce film lui paraissait désormais insipide. Elle le connaissait par cœur, savait à quel moment quelle réplique sera jouée, quelle action sera faîte et quelle victime sera tuée. Le personnage torturé et psychopathe de Jigsaw lui semblait de plus en plus fade. Sa psychologie ne l'intéressait plus. Elle en était lassée.
Elle anticipait tout, et trop. Ce n'était pas bon. Il manquait cette part de mystère et de suspense, qui la laissait pantois à la fin de l'intrigue.
Ce n'était plus bon.
Il était temps qu'elle se trouve une autre occupation. Sinon, elle allait bien s'ennuyer pendant cette semaine, sans Allen, Lavi, Tyki et Timcampy. Elle aurait bien aimée s'incruster avec eux, mais son père l'en avait formellement défendu. Dommage. Elle ne pourrait plus mettre la litière de Timcampy dans le lit du rouquin en guise de blague.
Elle éteignit machinalement la télévision, n'en pouvant tout simplement plus de regarder ne serait-ce qu'une seconde de ce navet. Elle se leva prestement, et comme si elle dansait, elle marcha en tournoyant vers sa chambre. Elle aimait imaginer qu'elle était une marquise, dansant avec un jeune homme très beau. Comme Allen ou Tyki par exemple.
Arrivée à destination, elle continua à tournoyer avec le sourire aux lèvres.
Ah, que c'était si bon de rêver.
Voili Voilou !
J'espère que vous avez apprécié ce chapitre, et n'hésitez pas à dire vos impressions dans une review ! ^^
Le chapitre 3 serait peut-être long à venir... genre dans 2 ou 3 mois...
Allez, bye !
