Bonjours tout le monde ! Bienvenue dans ce nouveau chapitre !
Je sais, je suis horriblement lente. Mais bon, le Lycée me bouffe une bonne partie de mon temps. Et comme ici je publie des chapitre plutôt long... alors le temps me manque.
Mais bref. L'important, c'est que j'ai fini, n'est-ce pas ?
Sinon, merci de vos fav', de vos review et de votre lecture !
Playiste : Partie 1 et Partie 2 : "Enchanted Dominion" Kingdom Hearts Destiny (By Bak.R)/ Partie 3 : "Dodo Dance" OST 2 de Bleach/ Partie 4 : Rien/ Partie 5 : "Uso Sora" OST d'Elfen Lied/ Partie 6 : "Apologize" de OneRepublic.
Bonne lecture !
Chapitre 3 : Une curieuse arrivée.
Je suis dans une pièce immaculée.
Il y a juste un canapé blanc.
Et un immense miroir qui ne reflète rien.
Si ce n'est une ombre silencieuse.
Par dépit, j'ouvre en grand ma bouche.
…
Entendez-vous ma voix ?
Non ?
Pourquoi ?
N'entendez-vous donc pas ce hurlement de désespoir ?
Ce cri qui brise le silence ?
Ce cri qui résonne dans l'obscurité ?
Ce cri qui se répercute contre les murs blancs ?
Pourquoi ?
Pourquoi n'accourez-vous donc pas à mon secours ?
Serait-ce à cause de mes mensonges ?
…
Entendez-vous ma voix ?
Celle qui hurle dans les ténèbres.
Celle qui hurle dans la nuit.
Celle qui hurle dans le crépuscule.
Celle qui hurle dans la lumière.
Mais à quoi bon crier lorsque l'on ne vous entend pas ?
À quoi bon gaspiller ses forces ?
Alors que j'en aurais besoin pour survivre ?
…
Je m'écroule par terre.
Je ramène mes genoux contre ma poitrine.
J'ai l'impression d'être protégée ainsi.
Et je n'ose plus jeter un coup d'œil au miroir.
Je ferme les yeux.
…
Que c'est triste.
Puisque vous ne savez rien,
Puisque vous n'entendez pas,
Puisque vous ne croyez pas en l'invisible,
Puisque vous ne voyez pas ce qui se passe de l'autre côté du miroir…
Vous allez tous mourir.
…
Le temps passe.
Alors que mon âme est prise au piège…
Alors que mes sens sont engourdis…
Alors que je ne peux plus bouger…
Alors que je ne vois plus rien…
Vous ne tendez pas l'oreille.
…
Mon monde est à l'agonie, et vous n'entendez pas son cri.
Puisqu'il en est ainsi…
Je m'occuperai moi-même de son âme.
…
Tout ça à cause du démon.
C'est cette ombre.
Il grignote mon âme.
Nous ne sommes que les vecteurs d'une tragédie.
Une tragédie semblable à un vieux carrousel rouillé.
Là où pullulent les clowns diaboliques.
…
Lumière et Ténèbres.
Je suis les Ténèbres.
Toi la Lumière.
Mais est-ce vrai ?
Pas du tout.
Toi aussi, tu es les Ténèbres.
Puisqu'un démon habite nos âmes.
Je l'ai senti, cher cousin.
…
Je crie silencieusement dans la pièce blanche, pour que personne ne m'entende.
Je revêts un masque de petite fille capricieuse, pour que personne ne voie mon visage.
Je manipule les gens, les utilise comme des marionnettes.
Et j'aime ça.
…
J'aime crier dans l'obscurité.
Me déchirer les cordes vocales, me briser la voix…
J'aime ça.
Et du torturé, je serai le bourreau.
Un jour.
Mon premier acte de folie sera de planter un pieu dans ses yeux gris.
Juste pour en faire gicler le sang…
Juste pour entendre le cri de quelqu'un d'autre.
Et j'aimerai ça.
…
Combien de temps encore ?
Combien de temps encore serai-je la victime ?
Combien de temps avant que je ne devienne la tortionnaire ?
Plus beaucoup.
Puisque je suis déjà en train de danser avec le démon.
Une valse endiablée.
Et j'aime ça.
…
Dîtes-moi adieu.
J'apprécie chaque minute de ma déchéance.
Dîtes-moi adieu.
Puisque je ne serai plus comme avant.
Dîtes-moi adieu.
…
La pièce blanche est devenue noire.
Le canapé est encore blanc. Mais il vire doucement sur le gris.
Et le miroir derrière le meuble reflète un monde détruit.
J'en conviens que c'est la faute de l'ombre cachée dans ce miroir.
J'en conviens que c'est la faute du temps.
J'en conviens que c'est de votre faute.
OoOoO
Elle ouvrit les yeux. Elle s'était arrêtée de tournoyer depuis cinq bonnes minutes déjà. La vision d'elle dansant avec une ombre mystérieuse s'imposa dans son esprit embrumé.
Elle sourit.
Elle aimait faire des rêves bizarres. Elle aimait faire des cauchemars. Cela lui permettait d'entretenir son imagination. Un imaginaire morbide, certes, mais tout à fait charmant. De son point de vue, évidement. Les autres ne la comprenaient pas. Ils ne saisissaient pas la beauté d'une pluie de sang tombant sur des cadavres blancs. Ils ne pouvaient concevoir ce besoin de peindre d'aussi tragiques tableaux.
Non. Tout le monde la regarderait avec dégoût ou effroi, si jamais elle avouait ses plus sombres fantasmes. C'était pourquoi elle se taisait. Elle ne pouvait révéler sa vraie nature. Elle devait la cacher. Alors au lieu de s'acharner sur des vies humaines, elle se contentait de poupées. Ou d'insectes.
Elle cherchait aussi du soutient dans les livres. Elle nourrissait ses rêves glauques avec des histoires inventées par d'autres personnes. Ou avec de réelles fictions. Puis lorsque le besoin se faisait sentir, elle se défoulait dans des écrits personnels, là où elle pouvait pleinement laisser place à son imagination, et non la brider.
Mais cela ne lui suffisait plus. Il lui en fallait plus. Toujours plus. Beaucoup plus… Une dépendance malsaine la retenait prisonnière dans un monde grotesque.
Et ce fut alors qu'elle rencontra ces personnes. Des personnes qui la comprenaient enfin. Et là, elle en fut soulagée.
Le vibreur de son téléphone portable, posé sur son bureau, retentit dans la pièce. Intrigué, elle regarda qui tentait de la contacter. C'était un SMS de Wisely :
« Coucou ma petite Road !
La date est confirmée. La réunion est pour demain soir… ) »
Son sourire s'élargit.
Quand on parle du loup… il montre sa queue.
Elle lui répondit :
« Ok ! Je serai là par webcam comme d'hab ! =P »
OoOoO
Plantés comme des Gogols en manque de jus de carotte devant la porte des toilettes, deux adolescents observaient dubitativement la crasse qui ornait l'accès au petit coin.
« Rappelle-moi pourquoi doit-t-on chercher Pousse de Soja ?! », grogna celui qui portait une queue de cheval brune lui arrivant jusqu'à la taille.
L'autre croisa ses bras derrières la tête, et sourit d'un air benêt :
« On va pas tarder à repartir, et Allen n'est toujours pas revenu à la voiture. Faut donc le prévenir !
- SMS ?
- 'Répond pas.
- Les appels ?
- Non plus.
- Tch.»
Un temps de silence s'installa entre Kanda et Lavi. Puis le japonais marmonna :
« Et pourquoi dois-je t'accompagner aux chiottes ?
-Pause pipi répondit du tac-au-tac le rouquin. Et que c'est le seul endroit que nous n'avons pas encore exploré, ajouta-t-il en voyant la tête de Kanda s'assombrir.
- Fais chier », répondit simplement le brun.
Lavi ricana intérieurement. Ah, ce qu'il aimait emmerder Yuu… L'avoir obligé de chercher avec lui son meilleur ennemi était purement jouissif. C'était plus fort que lui. Dès qu'il apercevait la tête constipée du japonais, il éprouvait l'irrépressible envie de l'enfoncer encore plus dans l'embarras. Comme si c'était inscrit dans ses gènes. Il n'y pouvait rien.
Kanda, comme s'il avait peur de se faire contaminer par des substances douteuses, ouvrit d'un coup de pied la porte. Elle claqua dans un fracassement sonore, qui aurait suffit à faire retourner Elvis Presley dans sa tombe. Il eut évidement droit à un commentaire de Lavi, qui n'en ratait jamais une :
« Oh làlà ! La porte t'a trompé avec une autre pour que tu lui réserve un tel traitement ?
- Ta gueule ! »
Ignorant la réponse très expressive de son comparse, Lavi passa devant Kanda, non sans lui envoyer un sourire idiot, et pénétra dans les cabinets peu éclairés. Immédiatement, une odeur pestilentielle lui égorgea son appareil respiratoire, tant d'immondice était insupportable. Cela ressemblait à un mélange d'urine, d'excréments et de vomi. Il fronça les sourcils, se pinça l'arrête du nez et s'écria :
« Powa ! Ca m'étonnerait qu'Allen soit resté tellement ça pue ici ! »
Du coin de l'œil, il vit Kanda inspirer à fond l'air à peu près sain du dehors, avant de le suivre dans cette hécatombe d'arôme. Pourtant le japonais ne se boucha pas le nez, signe que cette merveilleuse fragrance digne des plus grandes parfumeries d'un Troll végétarien de Barbie et le Cheval Magique, ne lui inspirait aucune peur.
Lavi scruta tant bien que mal les toilettes. Il chercha l'interrupteur, histoire d'y voir enfin quelque chose. Mais il n'en trouva pas. Il soupira. Non seulement lui et le japonais devaient supporter cette horrible senteur, mais en plus ils étaient dans le noir presque complet. Pas pratique pour uriner dans ces conditions. Vive les chiottes de luxe.
Les murs semblaient être recouverts de carrelage autrefois blanc, prouvant que le ménage ici était loin d'être la préoccupation principale du dirigeant de cette aire d'autoroute. À sa droite se situait des lavabos banals, à l'expression près qu'ils viraient sur le gris, à cause de la saleté qui lézardait sur la céramique. À sa gauche, soit en face des lavabos, se trouvaient les différents cabinets, délimités par des remparts en plastiques verdâtres, écaillés et usés par le temps.
Mais visiblement, aucunes traces d'Allen.
« Bon, apparemment il n'est pas ici, constata Lavi déçu.
- Tsch. J'en serais pas si sûr à ta place », répliqua le brun, en désignant un truc qui trainait sous les robinets, et qui ressemblait de loin à une énorme serpillère.
Lavi, intrigué, s'approcha de la masse rendue grisâtre par l'obscurité. Il s'agenouilla à son niveau et…hurla de surprise :
« WHAT'S THE FUCK ?! »
Le rouquin se dépêcha de tirer la chose en dehors de sa cachette, et… put constater que Kanda n'avait pas eut tort. Cette masse poussiéreuse ressemblant à une espèce de limace transgénique sous le lavabo n'était nul autre qu'Allen Walker en position fœtale, les genoux contre le torse, la tête planquée dans les rotules. Il le secoua légèrement par l'épaule :
« Heu…Allen ? T'es vivant ? »
Le cadet se crispa et sortit sa tête des rotules. Ses yeux gris reflétaient l'embarras d'être pris sur le fait, et il se déplia brusquement. Il s'assit à la façon des Indiens d'Amérique, les jambes croisées l'une sur l'autre. Il regarda avec attention chaque recoin de la pièce, comme s'il s'attendait à voir surgir un kangourou enragé assoiffé de sang vouloir lui trancher sa précieuse carotide.
Visiblement, Allen était bel et bien vivant.
« Elle est où ? », murmura avec suspicion le blondin.
Kanda leva un sourcil et s'apprêta à lancer une remarque sarcastique. Mais Lavi le devança :
« Hein ? Qui ça elle ? »
Pas de réponse de la part d'Allen.
« Eh, Pousse de Soja ! C'est pas le moment d'avoir des hallucinations !, grogna le brun.
- C'est Allen crétin !, répliqua illico-presto son rival en lui envoyant un regard mauvais.
- Sinon, qu'est-ce que tu faisais sous les lavabos ? », demanda Lavi afin de faire diversion.
Allen ferma les yeux et fronça les sourcils, comme s'il essayait de se rappeler d'un détail important. Action qui sembla prendre cinq bonnes minutes. Puis répondit d'un air désespéré et blasé :
« J'en sais rien… »
Un grognement de la part de Kanda se fit entendre. Lavi regarda avec inquiétude le cadet puis soupira de découragement. Mais qu'est-ce qu'il s'était passé ici ?
Au moins, ils avaient retrouvé Allen. C'était ça le plus important. N'empêche que le teint cireux d'Allen lui faisait un peu peur. Son ami tenait plus d'un ectoplasme ayant abusé de cannabis, que d'un adolescent de quinze ans en pleine forme.
« Ca va Allen ? », s'enquit-il en posant une main sur l'épaule la plus proche.
Allen eut un sourire sans joie et marmonna :
« Bof. Je crois que je vais encore gerber. »
Suite à cette réplique, la réaction de Kanda fut surprenante. Il se glissa incognito derrière son meilleur ennemi, et…avec professionnalisme l'assomma. Allen tomba immédiatement dans le merveilleux pays des lapins en chocolats bleus alcoolisés.
Lavi regarda avec horreur le japonais, qui avait l'air fier de son méfait au vu du sourire qu'il arborait, et lui hurla dessus :
« Mais… QU'EST-CE QUE T'AS FOUTU ?! »
Kanda dévisagea d'un air blasé le rouquin, de la même façon que l'on observe un crétin qui se déguise en Mario dans son kart. Puis, au bout de quelques secondes d'intenses échanges d'œillades dignes de deux cowboys imbibés de whisky, le brun finit par lâcher :
« Pour abréger ses souffrances. »
Lavi haussa les sourcils. C'était bien une première. Yuu Kanda faisait enfin quelque chose pour autrui sans rechercher du profit ! Bien que la méthode était brutale, ce misanthrope sanguinaire éprouvait quelque chose ressemblant à de la pitié.
« Puis surtout, j'ai pas envie qu'il me gerbe dessus. », rajouta le japonais, comme s'il avait deviné les pensées du rouquin.
Ah merde. Il s'était peut-être trompé. En tout cas, la dernière réplique était beaucoup plus…« kandesque ». Celle d'un égocentrique qui ne pensait qu'à lui, dixit Allen évidemment. De plus, il semblerait que le brun n'était guère au courant que même une personne endormie, peut vomir dans son sommeil.
Et Lavi ne sut s'il devait en rire ou en pleurer.
…..
Lorsque les deux compères ramenèrent le corps complètement flasque d'Allen vers la voiture de Tyki, ce fut un cri horrifié qui les accueillit. Et une bonne paire de baffe à la clé quand Lavi raconta la raison de l'évanouissement du plus jeune. L'auteur de ces remontrances n'était nul autre que Lenalee, une jeune chinoise, qui était plutôt charmante… en dehors de ses crises de colère bien entendu. D'apparence frêle et chétive avec ses quarante-huit kilos à tout casser, un magnifique visage d'ange, elle pouvait être un véritable démon.
Après les avoir sermonné pendant plus d'un quart d'heure, avec des réprimandes du style : « Arrête de frapper tout ce qui bouge Kanda ! » ou encore « Empêche cet imbécile de faire des bêtises plus grosses que lui, Lavi ! », ils purent s'installer dans la Laguna et repartir.
Les deux heures du trajet qui séparaient l'aire d'autoroute mal léchée à la demeure du correspondant de Lavi, se fit sans trop d'encombre. Devant, Tyki conduisait en fumant sa dixième clope de la journée, et Lenalee se chargeait de gérer la bande sonore de la voiture avec Timcampy en boule sur ses genoux. À l'arrière, Kanda regardait distraitement le paysage par la fenêtre, et Lavi en sandwich entre le brun et Allen servait d'oreiller à ce dernier.
Au bout d'une heure-et-demie de route, Allen se réveilla groggy. Le temps que les souvenirs remontèrent dans son cerveau complètement stone, Kanda prit l'initiative d'énerver d'ores et déjà le cadet de la bande :
« La Belle au Bois Dormant s'est réveillée ? »
Evidement, l'instinct d'Allen réagit aussitôt, et un magnifique crochet du droit alla atterrir…et bien pas sur la bonne cible malheureusement. Ce fut donc un étrange craquement, puis un hurlement outré d'un lapin crétin, qui retentirent dans la cabine :
« Allen ! Ca fait mal ! Mon pauvre nez ! Et…ça saigne ! »
Devant le regard moqueur de Kanda, Allen trouva in-extremis une excuse du pourquoi s'était-il trompé de tronche à décapiter. Question de fierté après tout :
« Ca, c'est pour ce matin. »
Lavi, se tenant entre les mains sont nez ensanglanté, le regarda étonné :
« Encore cette histoire ?
- Et je continuerai de te faire chier, tant que tu ne me présenteras pas des excuses. », répliqua le cadet en haussant les épaules.
Quelques secondes passèrent avant que Lavi se contorsionne le dos, afin d'atteindre un sachet vert posé derrière lui sur la lunette arrière de la voiture. Il farfouilla dedans, puis sortit un paquet de gaufres. Il se retourna vers Allen, tout en tendant le paquet renfermant la délicieuse nourriture :
« 'Scuse, mais mamzelle t'es charmante ! Ca te dirait une glace à la mente ? »
Deuxième coup de poing en pleine figure. Pauvre Lavi, pensèrent Lenalee et Tyki en simultané. Bien fait pour lui, du côté de Kanda.
« Hé ! Ne me prends plus pour une de ses dévergondées à frange ! », s'insurgea Allen.
Malheureusement, le plan du rouquin consistant à appâter son meilleur ami avec de la nourriture avait échoué. Et a rendu encore plus furax le blondinet. En même temps, essayer de s'excuser en s'inspirant d'une réplique d'un type chelou dans son survêtement Lacoste de la chanson « Parle à ma main » de Fatal Bazooka et de Yaelle…il ne fallait pas trop s'étonner du résultat.
« En plus tu sais bien que je préfère la pistache. Idiot. », marmonna Allen dans sa barbe inexistante.
Et là, le rouquin sût que son ami lui tendait une perche. Il sourit et lui répondit avec un clin d'œil :
« Je saurai quoi faire devant un stand de glace.
- Héhéhé. T'as tout compris », répliqua le cadet avec un sourire entendu.
Allen savait mener les gens par le bout du nez pour obtenir ce qu'il désirait. Il suffisait qu'il montre sa bouille d'ange, et c'était ok. On se pliait en dix pour faire en sorte de ses désirs. Tout le monde dans son entourage proche en avait plus ou moins conscience, et plus particulièrement Kanda d'ailleurs, mais tous se laissait gentiment faire. À part un certain japonais bien entendu.
Lenalee se retourna vers les deux garçons en souriant, les yeux pétillant de malice :
« On devrait se promener à l'Orangerie à Stras'. Il paraît qu'il y a un excellant marchand de glace ! », proposa-t-elle avec enthousiasme.
Allen regarda son amie comme s'il voyait le Christ en personne, c'est-à-dire avec béatitude.
« Ah oui l'Orangerie ! Link m'avait proposé ce parc pour une sortie ! », s'exclama Lavi.
Allen et Lenalee dévisagèrent le jeune homme comme s'il avait une tonne de pustules sur le front.
« …Mais…, commença Allen. Tu ne nous en as jamais parlé !
- T'as oublié, c'est ça ? », continua la brune.
Le rouquin se gratta l'arrière du crâne et avoua à demi-mot :
« Héhéhé…oui. J'avais d'autres choses en tête à ce moment là…Huhuhu »
La tête de Lavi prit un air bienheureux au niveau de la dernière phrase, se rappelant de souvenirs bien…intéressants. Aaaaah cette belle blonde aux yeux verts. Qu'est-ce qu'il aurait aimé passer un peu plus de temps avec elle !
« Je parie que c'était une blonde à forte poitrine qui accaparait ton esprit », devina sans problème le cadet.
Lavi lui répondit par un clin d'œil.
Enfin… leur entente habituelle était de nouveau au rendez-vous. Finalement, il n'aura pas à s'expliquer avec Allen. Tant mieux. Même s'il en ressentait un léger malaise.
Doucement, à chaque seconde qui défile sous ses yeux, les non-dits grandissent…
OoOoO
À dire vrai, ce malaise n'avait pas lâché Lavi de la journée. Ce ressentit lui collait aux baskets, à la manière d'un chewing-gum pas frais s'étant scotché dans ses cheveux, et qui malgré toutes les tentatives, ne partait pas. Il se doutait bien qu'il n'y avait pas que les silences entre lui et Allen qui le gênait. Non, il y avait autre chose. Quelque chose dans l'air.
Depuis qu'ils étaient arrivés chez Link, il avait l'impression que tout le monde réagissait étrangement.
Link les avait accueillis avec un visage drôlement fermé. Enfin, plus qu'à l'ordinaire. Ce jeune homme de dix-neuf ans, les cheveux blonds attachés en une tresse, était le neveu de Malcolm C. Luverrier, le dirigeant d'Elsa-Bioval, une entreprise spécialisée dans la recherche médicale, à vocation internationale. Il faisait parti donc partit de la pépinière alsacienne.
Lavi avait bien essayé d'arracher les verts du nez de son correspondant, du comment de ce comportement si froid, mais c'était peine perdue. Ce dernier s'était contenté de le regarder d'un air blasé, puis s'était retourné vers les trois autres. Il leur avait indiqué les chambres qui leur furent attribuées, puis s'était retiré dans une pièce interdite aux visiteurs.
Le rouquin avait vaguement entendu Lenalee s'indigner sur la politesse de Link. Tyki et Allen n'avaient fait aucun commentaires, et Kanda s'était contenté d'un de ses « tsch » habituels et supérieurs.
Mais au final, ils avaient laissé cet incident de côté, et s'étaient attelés à leur installation.
La demeure appartenant justement à ce Malcolm Luverrier connu pour sa sévérité, son austérité et par sa soif de pouvoir faisait office de mini manoir. Elle se situait dans la Krutenau, dans le Quai Saint-Etienne, juste en face d'un cours d'eau. Il y avait donc une belle vue sur les environs. L'intérieur était spacieux, chacun ayant assez de place pour s'installer correctement. Lenalee dormait dans l'ancienne chambre de la grande sœur adoptive de Link. Tyki et Kanda étant des solitaires, avaient leurs chambres respectives. Quand à Lavi et Allen, ils furent installés dans le grenier récemment aménagé.
Pendant les préparatifs, le temps s'était dégradé, et un violent orage avait éclaté. Il n'était donc pas question de sortir dehors, à moins de vouloir finir saucé et trempé de la tête jusqu'au pied. Le bruit de la pluie martelant le toit, combiné au grondement du tonnerre était assourdissant dans le grenier. Ne supportant plus le boucan, Lavi préféra descendre dans le salon, là où se trouverait surement déjà Lenalee ou Tyki. Allen émit le souhait de rester dans la pièce, afin de se reposer encore un peu.
Le rouquin avait donc laissé son ami se prélasser dans sa couche, et avait attrapé dans sa valise « Le chien des Baskerville » de Sir Arthur Conan Doyle ayant comme intention de lire le livre au calme. Quand il se retourna vers Allen pour lui souhaiter une bonne sieste, celui-ci s'était déjà endormi, avec des écouteurs dans les oreilles pour empêcher le son de la pluie de perturber son sommeil.
Lavi éteignit sans scrupule la lumière du plafond, puis sortit du grenier en passant par la trappe qui était au milieu de la pièce. Il arriva dans un couloir non-éclairé par les lampes ouvragées. Les fenêtres sur sa droite lui laissaient apercevoir les lourds nuages noirs, ainsi que la pluie battante contre les carreaux. Il pouvait s'estimer heureux d'être arrivé ici avant l'orage : il n'aurait pu imaginer le bon déroulement du déchargement de leurs nombreuses affaires sous une telle tempête.
Il se dirigea à pas feutrés vers l'escalier au fond du couloir en face de lui. Mis à part le martèlement de l'eau contre les vitres, la demeure était silencieuse. Si silencieuse que cela en devenait angoissant. M'enfin, ce n'était pas au deuxième étage qu'il risquait d'entendre quelque chose. Ici, il n'y avait qu'une salle de bain, ainsi que les chambres de Kanda et de Tyki. Ces derniers étant peu expressifs, ils ne risquaient pas de faire un boucan à réveiller les morts.
L'idée d'aller taquiner –le mot est faible- Kanda lui effleura l'esprit lorsqu'il passa devant sa porte, mais il renonça à cette idée. Là, il avait juste envie de se poser non loin de la reposante Lenalee, et de lire tranquillement la suite des aventures de Sherlock Holmes.
Il continua son chemin, et atteignit les escaliers sans encombre. Il arriva au premier étage, où se situaient les chambres de Lenalee, de Link et de Luverrier, ainsi que les bureaux de ce dernier. En passant devant les pièces, il ne se doutait pas qu'il entendrait une conversation étrange.
La voix de Tyki, étrangement sèche, lui parvint aux oreilles :
« Ce n'était pas ce qui était convenu, Mr Luverrier. »
Intrigué par le ton inhabituel de l'oncle d'Allen, et par la curieuse conversation que semblait entretenir celui-ci avec Luverrier, Lavi décida rester un moment ici. Il colla en toute discrétion son oreille contre la porte en bois, et écouta attentivement la conversation.
« Vous m'envoyez désolé, répondit calmement l'interlocuteur de Tyki. Mais je n'ai pas eut le choix. Ces expériences sont de la plus grande importance pour l'évolution de la race humaine.
- Il serait important que vous soyez plus discret la prochaine fois.
- Cela va de soit. »
Un bruit de verrerie se fit entendre. Le jeune espion en herbe devina que les adultes devaient consommer un alcool divers. S'il n'avait pas eu en sa possession le goût du risque, il serait déjà parti. Mais il était curieux de comprendre le lien entre les deux hommes. Parce qu'il n'avait jamais eu connaissance d'une quelconque relation entre Tyki et Luverrier. En effet, l'oncle d'Allen était un éminent photographe de mannequins. Ce qui a rien avoir avec la branche professionnelle de Luverrier…
Avide de plus d'informations, le rouquin choisit de rester encore un peu. Il attendit quelques minutes avant que Luverrier ne brisa le silence :
« Enfin…, j'aurai besoin d'un nouveau lot de deux, trois, voir quatre sujets. Des jeunots si possibles, acheva-t-il après une gorgée de liquide alcoolisée.
- Je verrai ce que je peux faire, marmonna de mauvaise grâce l'autre. Vous n'aurez donc jamais assez ? »
Un rire sardonique s'éleva dans la pièce. Luverrier déclara :
« Je crois que je peux vous retourner la question, Mr Mikk. »
Un ricanement lui répondit :
« En effet. »
Un raclement de chaise fit comprendre à Lavi que l'entretien entre les deux hommes était sur le point de s'achever, et qu'il avait intérêt à déguerpir sur le champ avant de se faire surprendre en pleine tentative d'espionnage. Aussi silencieux qu'une petite souris, il se décolla de la porte, et partit aussi vite qu'il le put. Il dévala quatre à quatre les escaliers en fer forgé sans un bruit, et atteignit le salon où se trouvait déjà Lenalee en train de lire un magazine féminin.
Sans lui accorder un regard, il s'assit sur le fauteuil en face d'elle en soupirant. Le son attira l'attention de Lenalee envers lui, et avec un sourire soucieux, elle lui demanda :
« Tout va bien Lavi ? »
Il lui jeta un coup d'œil rapide, avant de s'enfoncer confortablement dans le siège. Il esquissa un sourire forcé.
« Pourquoi ça n'irait pas ? »
Son amie n'insista pas.
Et tant mieux. Il avait besoin de réfléchir sur ce qu'il venait d'entendre. Il regarda le bouquin qu'il tenait en main. Peut-être qu'en lisant les palpitantes aventures d'un certain détective, il serait plus inspiré pour utiliser correctement ce que l'on appelle : « La science de la déduction ».
Et il pressentait qu'il en aurait sacrément besoin.
OoOoO
Alors que la Lune dérobe la place du Soleil…
Dans une ruelle abandonnée par la lumière…
« Alors…tu t'amuses bien ? »
Le démon se retourna, et fit face à l'Ex-Ange de la Mort de Classe A. Son ancienne coéquipière. Il lâcha à regret sa victime, un délicieux jeune garçon. Le torturer était un vrai délice. Si seulement cette bêcheuse n'était pas intervenue, il aurait pu terminer son travail tout en s'amusant.
« Qu'est-ce que tu veux ? Yamikô ? », grogna-t-il.
Son interlocutrice sourit en laissant apparaître ses dents blanches et aiguisées, puis prononça d'une voix claire :
« Un renseignement, Méphisto. »
Le démon haussa ses sourcils. Une légère brise souffla, et fit soulever ses cheveux bleutés, qui lui arrivaient à la hauteur de ses épaules. Ses yeux de couleur rouge illuminaient la pénombre. Pourtant de loin, il aurait tout d'un humain ordinaire. À l'exception près, qu'il les tuait pour se repaître de leurs pêchés.
« Allons autre-part, veux-tu ? », proposa-t-il.
L' « Ange » accepta en hochant de la tête. Et le démon regretta qu'elle porte une capuche noire, lui cachant des yeux qu'il savait verts.
Les choses avaient bien changé depuis deux ans. Depuis que l'Ex-Ange de la Mort avait accepté cette foutue mission. Ce n'était plus la même Yamikô qu'il avait en face lui. Elle avait monté en grade. Elle était devenue une Ange de la Mort de Classe Z. Le bras droit de la Mort elle-même. Et à cause de cette promotion, leur équipe d'antan n'avait plus de raison d'exister.
Mais lui aussi avait changé. Lui aussi avait monté en grade. Lui aussi il était devenu le bras droit de Satan.
Ils auraient pu reconstituer leur équipe. Revenir en arrière, et rejouer les rôles qu'ils devraient interpréter. Reformer leur complicité d'autrefois. Or, il n'en était pas question. Pas temps que leur petite dernière coéquipière n'ait elle aussi monté en grade. Pas avant qu'elle soit devenue une Archange. Car l'une des règles que tout Etre Supérieur devait impérativement respecter, c'était bien la formation des équipes. Et chaque équipe devait se composer d'un Ange, d'un Démon et d'un Ange de la Mort de même catégorie.
Leur petit groupe s'était dissout, un 21 juin. Sous un nostalgique coucher de Soleil dans le fin fond du Sahara. Yamikô avait prononcé avec difficulté un discours stupide, plagiant sûrement un écrit trouvé quelque part dans le Realwelt. Gabrielle, la petite Ange de leur association, avait lâché une poignée de larmes rendues dorées par la lumière de l'astre couchant. Et lui, au lieu de sortir quelques remarques sarcastiques, il s'était tu. Puis, marquant enfin son départ, Yamikô s'était retournée.
Sans un regard, ni un mot de plus.
Méphisto jeta un œil derrière lui. Sa victime était toujours là, gisante par terre et encore vivante. Il lâcha un soupir, ce n'était pas pour aujourd'hui qu'il allait se remplir la panse. Tant pis. Il en retrouverait un autre.
Il leva sa main gauche et la posa sur le mur de brique rouges rendues bleuâtres par l'obscurité. Il ferma les yeux, et marmonna dans sa barbe d'étranges paroles pour quelqu'un n'étant pas familier avec le monde des Démons. Des traits rougeoyants apparurent sous la main, qui se déplacèrent sur les briques de façon à dessiner les contours d'une porte ouvragée, en se croisant, se tortillant sur eux-mêmes, et en formant de complexes arabesques. L'opération ne prit que quelques secondes avant que la porte ne s'ouvrit, laissant apparaître dans le vestibule une lumière rougeâtre.
Le Démon s'engagea dans le passage, suivit de Yamikô. À peine qu'ils eurent franchi la porte, une lumière dorée les accueilli à leur arrivée. Méphisto fronça les sourcils face à la lueur trop éclatante du Soleil qui lui éblouissait les yeux. La douce chaleur de l'air lui caressait son visage presque tendrement.
« Tu es chiant. De tous les endroits de la Terre, tu as choisi celui-ci, murmura l'Ange de la Mort.
- J'aime la chaleur, répondit le Démon en haussant les épaules. Et puis, la vue est belle.
- Tu aimes les belles choses, n'est-ce pas ?, ricana Yamikô. Il est vrai que le toit d'un vieil immeuble d'Istanbul possède tous les charmes d'une des sept merveilles du monde…, enchaîna-t-elle.
- C'est ça, marre-toi, répliqua Méphisto. Etait-ce bien un renseignement que tu voulais ? Ou alors c'était juste pour m'emmerder que tu es venue me voir ? »
Yamikô élargit son sourire, puis alla se placer juste au bord du vide en regardant l'horizon. C'était comme si elle défiait la Mort de venir la chercher, mais qu'elle savait par son statut, que son défit serait caduc.
« Tu n'a pas perdu le sens des affaires. Je suis rassurée, déclara-t-elle.
- Oh… tu t'inquiétais pour moi ?, s'enquit ironiquement le bras droit de Satan.
- Pas vraiment. »
Méphisto leva un sourcil, en attente de précisions.
« Ce qui m'inquiète vraiment, c'est plutôt l'idée qu'on me vole ma cible…, expliqua Yamikô.
- Ah ? Qu'est-ce qui te fait penser une chose pareille ?, demanda le démon. »
La silhouette noire se détourna doucement du Soleil, pour faire face à son ex-coéquipier. Elle ne souriait plus. Et malgré lui, Méphisto eut soudainement peur. Il voyait maintenant où Yamikô voulait en venir. S'il avait vu juste, ça allait barder pour lui. Pour conserver une image sereine, il sortit une cigarette de la poche de son jean, l'alluma en un claquement de doigts, et la mit dans sa bouche.
Le geste à ne pas faire.
« Je vois…, murmura Yamikô. Je ne m'étais pas trompée. »
Le Démon, en inspirant la fumée de la cigarette, comprit son erreur.
« La seule personne qui possède le pouvoir de l'Imitation à un stade aussi avancé, n'est nul autre que toi, Méphisto… Grâce à ce pouvoir, tu peux imiter l'apparence des gens, penser comme eux, et prendre leurs habitudes... »
Il sentit quelques gouttes de transpiration couler dans son cou. Yamikô, quant-à-elle, avait déjà mit la main sur la poignée de son épée qui pendait à sa ceinture. Et elle était en train de la dégainer.
« Mais tu es bien incapable de corriger ton défaut…, continua Yamikô. Celui de fumer. Et ce, même si tu imites une personne. »
Elle sortit complètement son épée du fourreau, et la pointa sur son ex-coéquipier. Avec une voix sourde, pleine de menaces, elle déclara :
« Ma demande est-celle-ci : pourquoi as-tu pris l'apparence de Mana Walker, dans un rêve d'Allen Walker ? »
À suivre…
Bon juste deux, trois précisions :
- "Realwelt" signifie le monde réel en Allemand.
- La première partie est bien du point de vue de Road.
- Les lieux mentionnés de Strasbourg existent réellement.
- L'entreprise "Elsa-Bioval" dirigé par Luverrier est de mon invention, bien qu'inspiré directement de "L'Alsace Biovalley".
- Yamikô est bien une OC de mon invention et m'appartient. Méphisto aussi. Gabrielle aussi. (Bien que pour ces deux derniers, on pourrait dire qu'ils sont emprunté à la Bible...)
- Yamikô et la Belle Blonde au yeux verts de Lavi, ne sont pas du tout la même personne...
- Il y aura un peu plus d'action au prochain chapitre...
- Et... je ne sais pas quoi rajouter, à part dire que je suis fan de Sherlock Holmes. (Précision à la con).
Bref, j'espère que cela vous avez passé un agréable moment, peut-être à bientôt dans une ch'tit review ! xD
