Chapitre 1 :

Le Black Pearl à Westeros

Les deux capitaines s'étaient réunis dans la cabine aux tentures rouges. Will et Tia s'étaient joints à eux. Et, contrairement à ce à quoi on pouvait s'attendre, les deux capitaines ne se criaient pas dessus.

« Bon, on les garde alors. »

« Les deux petits ont l'air d'en connaître un rayon sur tous les... trucs... magiques... » dit Jack en agitant ses mains vers Tia.

« Mais nous n'avons déjà plus de provisions pour nous, » se permit d'objecter Will.

« Justement, on aura pas peur qu'ils nous volent les nôtres ! » ironisa Jack.

Barbossa roula des yeux avant de se lever de sa chaise.

« De toute façon, il nous faut trouver une terre au plus vite. S'ils peuvent nous y aider, ça n'en sera que mieux. »

« Je doute qu'ils en sachent plus que nous sur ce nouveau monde, ils ont l'air tout aussi perdus que nous. »

« Alors rejetons-les à la mer, est-ce cela que vous proposez Monsieur Turner ? »

« Je dis juste qu'il faut se méfier, » siffla Will avant de sortir de la cabine.

Barbossa soupira fortement.

« T'inquiète Hector, il est assez sympa là ! » rajouta Jack.

L'autre lui envoya un regard fatigué. De l'autre côté de la petite salle, Tia se tenait face aux vitres claires. Elle ne disait rien, mais elle écoutait. Puis elle sourit.

« Terre ! »


Barbossa arriva sur le pont. Alors que le bateau accostait, il voulu s'avancer pour paraître le premier devant la grande garde dorée qui les attendait. Mais Jack le devança, et le pirate l'avait rarement vu si sérieux. Il haussa un sourcil.

« On est pas en état de se battre, il nous faut du rhum. Donc il faut faire bonne impression. Et, le prends pas mal Hector, mais... » Alors il fit une grimace pour désigner son visage. « Vaut mieux que j'y aille. »

Barbossa roula des yeux en soupirant. Puis il laissa faire l'autre capitaine, trop fatigué pour lutter. En revanche, Will se méfia, ainsi qu'Elizabeth.


Depuis le port, le nain regarda l'étrange bateau arriver. Il observa d'abord le drapeau blanc qu'un homme, à la barbe, blanche aussi, agitait depuis le pont. Puis il regarda les marins à mesure qu'il pouvait les distinguer. La plupart étaient des hommes. Certains étaient vêtus de cuir noir et avaient la peau tannée et les mêmes yeux étirés que les gens du Sud d'Essos. Les autres avaient des chemises blanches assez amples, des pantalons noirs ou marrons enserrant leurs jambes et certains portaient des chapeaux aux bouts triangulaires, assez ahurissants dans leur genre.

Il dénombra tout de même deux filles dans cet équipage qui portaient la même tenue, même si la plus vieille des deux cachait clairement ses cheveux longs. Il y avait une autre femme, une sorcière, avait-elle l'air. Et il lui trouva quelque chose de charmant. Et puis, dans le fond, une petite fille. Bien étrange celle-ci, portant une robe jaune bien mal coupée, aux motifs immondes, d'un tissu peu soyeux et sans aucune pierreries. Elle, elle avait l'air effrayée, perdue. Elle se cachait – en vain – derrière le groupe composé de l'autre fille habillée en garçon, celle qui ne cachait pas ses cheveux, et de deux autres garçons, jeunes tous trois. Mais il ne put que remarquer l'aura royale se dégageant des deux plus grands d'une part, mais leur regard appuyé sur lui d'autre part.

Et finalement, le bateau arriva. Le nain fit signe à la garde de ne pas bouger, mais de rester vigilant.

Un homme au sourire écaillé et à la coiffure extravagante s'avança pour lui parler.

« Oyé, petit homme ! »

Tyrion haussa un sourcil.

« Ça commence mal... »

« Chut ! »

« Nous venons en paix ! » cria Jack. Mais comme il vit que le nain le jugeait seulement des yeux, il commença a mimer ses paroles. « Nous ! … nous, là, tous... Nous venons... en paiiiix ! … Nous pas vouloir tuer v... »

« Il n'y a rien pour vous ici, étrangers. »

« Ah, il comprend notre langue ! » sourit Jack.

« Repartez d'où vous venez. »

La phrase fit un choc à l'équipage. Will voulu protester, mais Barbossa l'en empêcha et intervint lui-même.

« Nous venons en mission pacifique pour notre souverain, le bon roi George de l'Empire britannique. »

« Où est-ce ? » demanda Tyrion, intéressé.

« Au-delà de cette mer, vers l'Ouest. »

Et le nain sentit une grande histoire derrière ce mensonge évident. Alors il sourit.

« Bienvenue à Port-Réal, messieurs les ambassadeurs. »

Tandis que l'équipage s'occupa d'amarrer le bateau pour descendre, Barbossa se retourna vers Jack avec un sourire triomphant.

« Hector... t'as pas demandé s'ils avaient du rhum !... »


Tyrion Lannister mena l'équipage du Black Pearl jusqu'au palais. Il se présenta à eux, et leur expliqua où ils avaient débarqué : Barbossa avait beau prétendre être en mission diplomatique, Tyrion voyait bien qu'ils étaient là juste par hasard et sans aucune idée du lieu dans lequel ils se trouvaient. Mais le Lannister les aimait bien, allez savoir pourquoi. Et il avait décidé en lui-même de les aider – peut-être serait-il le seul à Port-Réal.

Ils arrivèrent enfin devant les portes du palais. Tyrion, avant d'entrer, se tourna vers eux.

« Vous ne pouvez pas tous entrer. Il faut que vous choisissiez trois personnes pour y aller. »

« J'y vais ! » annonça Barbossa. « Je suis le capitaine. »

« J'y vais aussi. » s'imposa Elizabeth.

« Il y a comme un air de déjà-vu... » commenta Gibbs.

« Exact, et ça n'avait pas très bien marché si je me souviens. » rajouta Will.

« Parce que tu t'étais fait capturer, monsieur Turner. »

Et alors que les répliques volaient et s'entre-choquaient, Jack se déplaça subtilement aux côtés de Tyrion. Doucement il lui glissa :

« Je prends avec moi Gibbs et le gamin là-bas. »

Tyrion ne put retenir un sourire : il commençait à aimer cet homme. Il fit signe aux deux désignés de venir avec lui et dit aux autres de suivre les gardes vers une salle adjacente.

« Jack ! »


Edmund avançait aux côtés de Jack. Il regardait tout autour de lui. Les peintures, les sculptures, les colonnes, les gardes – leurs armures étaient si étincelantes dans cette pénombre royale. Puis le trône. Construit de milliers d'épées. Imposant, sublime à lui seul dans une splendeur meurtrière. Le petit blond qui y siégeait faisait un bien joli contraste par son air d'enfant colérique, c'en était grotesque.

Il avait l'air arrogant, sûr de lui, cruel, et si petit. Edmund avait l'impression de se revoir quelques années auparavant. Ou plutôt, de se voir tel qu'il aurait été maintenant s'il n'avait pas connu Narnia. Le Juste avait connu le mal, le vrai, et il avait connu la faiblesse. L'impuissance, la bassesse. Et c'est ce qui avait fait de lui un homme meilleur, un homme de devoir, humble.

Mais cet enfant, en face de lui, lui avait-on jamais refusé quelque chose ?

« Qui êtes-vous, étrangers ? »

Jack sourit. Les négociations commençaient.


A bientôt pour le prochain chapitre, qui sera un peu plus long ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, n'oubliez pas qu'un auteur vit de ses reviews !

Des bises !