Chapitre 4 :

Le pirate se met en chasse

Un grand banquet avait été organisé le soir-même, et il fut décidé qu'on y présenterait officiellement les nouveaux arrivants. Jack, Will, Lucy, Jill... Tous passèrent alors devant la cour. Tyrion et Cersei s'arrangèrent pour les faire passer pour des ambassadeurs venus d'un autre continent.

Puis la soirée commença : les plats fumaient, le vin coulait. Et un certain capitaine fut heureux de retrouver les plaisirs simples de la bonne chère, même si, à son goût, tout cela manquait cruellement de rhum.

Il ne se lassa de goûter aucun des plats et, au hasard de ses préférences, il se retrouva en face d'une jeune brune aux yeux pétillants. Celle-ci lui fit alors un sourire digne d'une reine.

« Je n'ai pas le plaisir de connaître votre nom, ma jolie. »

« Margaery Tyrell, princesse de Haut Jardin. »

Jack lui prit alors la main pour y déposer un chaste baiser : l'essentiel de sa caresse se fit avec l'appui de ses la jeune femme n'y fut pas insensible.

« Je trouvais cet endroit charmant, mais il est illuminé depuis que je vous y ai vue, » lui susurra Jack.

Il fit attention à ne pas lâcher les yeux bleus et fut surpris de les voir si fermes, si droits.

« Vous êtes charmant, mon seigneur. »

« Je ne suis pas un seigneur, milady. Appelez-moi Jack, je vous en prie. »

« Vous devriez vous méfier princesse, cet homme est dangereux : il pourrait séduire un chien ! »

Jack sourit à Elizabeth qui arrivait entre eux, un verre à la main et les yeux pétillants. Margaery la regarda également et ne put s'empêcher de sourire, à la fois de la remarque et devant sa personne.

« Chère Lizzi, je croyais que tu avais appris à me connaître depuis le temps ! »

« Et c'est bien pour ça que je la mets en garde Jack ! Je vous connais ! »

Et les deux femmes partirent d'un rire cristallin. Jack, loin de s'en offenser, sourit.

« Je sens une certaine alchimie entre vous, mesdemoiselles. Je vous laisse l'approfondir... »

« Jack ! » s'offusqua Elizabeth, en vain : le pirate partait déjà.


Will se sentait mal à l'aise. Il n'avait jamais trop aimé les fêtes. À Tortuga, encore, cela passait : tout le monde était bien trop ivre pour lui prêter la moindre attention. Mais ici... il avait la désagréable impression que tout le monde le jugeait.

Adossé contre un pilier de marbre, il porta le verre de vin à sa bouche : peut-être l'alcool l'aiderait à supporter cet interminable banquet. Le pire, c'est quand il réalisait que cette réception aurait pu être magnifique s'il avait pu se trouver au bras de sa bien-aimée. Mais ils étaient en froid, et Elizabeth sentait qu'il lui cachait quelque chose, tout comme elle lui avait caché le meurtre de Jack (si tant est que c'en soit un). Et cela lui pesait.

« Vous semblez ne pas apprécier ce banquet préparé en votre honneur. »

Will tourna les yeux et vit à ses côtés un homme grand, blond et qui semblait être un fort soldat.

« Je n'ai jamais demandé à être ici, vous le savez, » répliqua Will, amer.

L'autre allait sûrement répondre qu'il n'avait qu'à repartir, mais rien ne vint : il semblait plus digne que ça.

« Essayez d'apprécier la fête : ici, c'est fréquent. »

« Je ferai de mon mieux. »

Aucun sourire ne fut échangé, ni aucun insulte. Puis le blond tourna les talons.


« Alors les enfants, la fête vous plaît-elle ? »

Les quatre 'enfants' restèrent muets face au visage difforme du capitaine pirate.

« Assez banale, je dois dire, » finit par répondre Edmund.

Barbossa parut surpris une seconde avant de sourire de toutes ses dents.

« Banale dis-tu... Je pense que vous avez beaucoup plus de choses à raconter que vous n'y paraissez au premier abord... »

Lucy ne put s'empêcher de sourire, mystérieuse. Ainsi elle n'émit aucune objection lorsque Barbossa leur demanda de lui raconter leur histoire.

« Je peux te laisser t'en occuper Lu' ? » lui demanda Edmund. « J'ai un peu mal à la tête, je vais m'allonger. »

« Oui, va te reposer. »

Edmund déposa un baiser sur la tempe de sa sœur, lui murmurant qu'il faisait confiance au pirate mais de ne tout de même pas révéler que Jill venait à peine d'arriver. Lucy lui fit un sourire confiant et son frère partit.

Ce que Edmund n'avait pas dit cependant, c'est le pourquoi de son malaise : il avait déjà descendu plus de cinq verres de vin, ne faisant pas attention, trop habitué à l'air pur de Narnia qui lui donnait de la force. Or, ici, il était à Westeros, et il tenait beaucoup moins bien l'alcool. Ce monde dégageait une magie différente qui ne lui correspondait pas encore.

Aussi, prenant un autre verre d'alcool, il se dirigea dans un couloir adjacent, réalisant que très vaguement ce qui se passait autour de lui.


Will avait essayé de s'intégrer : il avait abordé un jeune chevalier blond qui lui avait un peu expliqué les traditions de la Cour, lui-même étant prince dans une province de l'est, et une certaine Sansa était venue s'enquérir de sa situation. Bref, que de gens sympathiques ! Will avait fait un effort, maintenant il n'aspirait qu'à la tranquillité.

Il regarda autour de lui et trouva ce qu'il cherchait : Elizabeth discutait avec une brune à la robe bleue et aux aires de princesse. Il soupira, puis détourna le regard. Il vit Gibbs manger joyeusement avec une vieille dame, Barbossa discuter avec trois des jeunes naufragés, il repéra même son compagnon de chambre en compagnie de Tia et de la reine. Mais il ne vit pas Jack.

Il choisit alors de se donner pour excuse sa recherche afin de partir de la salle trop pleine. Ainsi il tourna dans un couloir à la recherche de pièces plus tranquilles où un saoul pourrait aller.


Edmund ne vit pas l'ombre rentrer après lui dans le cabinet. Mais il sentit deux mains chaudes se poser sur ses hanches découvertes (depuis quand sa chemise était-elle ouverte?), puis des lèvres frôlèrent les siennes. Il se sentit à peine avancer pour obtenir un vrai baiser. Mais le fait était que, quelques minutes plus tard, Edmund était en sueur avec une main étrangère sur son torse, dans son pantalon... Il gémissait comme il n'avait pas gémi depuis...

On lui vola encore un baiser sensuel et profond qu'il ne rechigna pas à recevoir. Il respirait de plus en plus fortement, sentant soudain la langue brûlante descendre dans son cou et lécher la légère plaie. Mais à mesure que le désir montait en lui, l'alcool se dissipait. Et bientôt, il réalisa la situation, sans pouvoir y mettre fin. C'était aussi bon que désagréable...

Alors une porte claqua.

« Jack ! »