CHAPITRE 6.
Fermant sa crown victoria avec un sourire satisfait, Kate partait en direction du bureau de Jonathan Tisdale, le père de la seconde victime , afin de discuter avec lui.
Le trottoir sur lequel elle se trouvait était extrêmement bondé en cette fin de matinée, et c'est avec un regard concentré sur l'immeuble vers lequel elle se dirigeait, qu'elle repensait à la discussion qu'elle avait eue avec Rick la veille.
Après avoir reçu un message de ce dernier, elle avait pris son courage à deux mains et l'avait appelé. Si la conversation avait été un peu hésitante et maladroite au début, ils avaient cependant convenu d'un rendez-vous, le lendemain en fin d'après-midi, afin d'aplanir les choses entre eux.
Castle lui avait confié avoir été blessé par son absence ces derniers années, et Kate s'était excusée pour son comportement. Même si rien n'était encore réglé entre eux, ils avaient cependant raccroché, le cœur moins lourd et pleins d'espoir pour le lendemain.
C'est donc avec un peu plus de baume au cœur, que Beckett se dirigeait ce matin pour interroger le père de la victime, quand elle blêmit devant la silhouette qui se trouvait en face d'elle, et qui flirtait effrontément avec la standardiste de l'immeuble.
- Rick Castle, j'ai rendez-vous avec Mr Tistale. On vous a jamais dit que vous aviez des yeux splendides.
Il avait passé la nuit à se tourner et à se retourner. Sa conversation avec Kate l'avait ébranlé, mais l'enquête aussi. Il n'arrêtait de pas de voir le corps étendu d'Allison Tisdale et celui de Marvin Fisc. Son imagination tournait en boucle, et après une énième tentative infructueuse pour dormir, il s'était levé pour faire des recherches.
L'insomnie avait alors laissé place à la curiosité et à l'excitation. Il n'avait plus ressenti ça depuis des mois. Une envie folle d'écrire s'était alors emparée de lui, mais quand il s'était trouvé devant son ordinateur pour conter les nouvelles aventures de son nouveau personnage, la seule image qu'il avait eue en tête était celle de Kate.
Soupirant, il avait éteint son ordinateur en se prenant la tête entre les mains. Toute cette histoire était en train de le rendre fou…..elle était en train de le rendre fou. Dès qu'il fermait les yeux, il la revoyait lui sourire comme à l'adolescence, avec ses grands yeux verts et cette tendresse infinie, puis l'image disparaissait pour laisser place à un visage renfermé, triste..tellement loin, de la Kate qui l'avait connue.
Il se demandait comment la vie avait été pour elle après le décès de Johanna. Il savait que Jim n'avait pas été d'un grand soutien, mais Rick avait fait son possible pour aider la patriarche, et l'aider, elle aussi, indirectement.
Il aurait tellement aimé avoir été là pour elle…Il aurait tellement souhaité pouvoir traverser ça avec elle. Peut-être que, si il avait été présent, ce regard froid et triste qu'elle arborait en permanence ne serait pas là aujourd'hui.
Frustré, il s'était levé pour admirer la vue qu'il avait de son bureau, en se demandant comment son rendez-vous avec elle allait se dérouler le lendemain. Allaient-ils encore se disputer ? Elle avait semblé plus douce , plus hésitante au téléphone ce soir…peut-être que tout se passerait bien…peut-être qu'il arriverait à retrouver son amie.
Une main posée sur la nuque, il se fit la réflexion qu'il n'arriverait plus à dormir, qu'il devait se trouver une occupation avant de devenir fou. C'est donc dans cet état d'esprit qu'il avait continué ses interrogations sur Allison Tisdale, et c'est toujours dans cette idée qu'il avait prit rendez-vous avec le père de la victime le lendemain.
C'est donc tout sourire, les lunettes de soleil encore sur les yeux, qu'il charmait la standardiste du millionnaire quand un raclement de gorge le fit se retourner :
- Qu'est-ce que tu fais ici ? siffla-t-elle, les mains croisées autour de son buste, avec un regard effrayant
- Eh ben… , tu vas rire, répondit-il, surpris de la voir ici et un peu inquiet devant son regard.
- J'en doute
- Mr Castle ? les interrompit la brunette de l'accueil, avec un sourire qui en disait long sur ses intentions vis-à-vis de Rick, ce qui agaça un peu plus Beckett. Mr Tistale, vous attend.
- Tu as pris rendez-vous !
- Euh….oui, acquiesça-t-il, penaud
- Pourquoi ?
Elle tentait de garder sa colère pour elle, elle tentait réellement de ne pas exploser, mais son attitude commençait réellement à l'exaspérer. Tout d'abord, il l'avait reléguée à un simple lieutenant quand fut le temps des présentations avec son agent, ensuite il l'avait littéralement accusée d'avoir profité de sa gentillesse étant enfant, pour ensuite quitter le poste sans un regard pour elle.
Elle pensait réellement que leur discussion de la veille était sincère, qu'il voulait discuter et aplanir les choses entre eux. Elle espérait même pouvoir retrouver son ami, mais son attitude de ce matin lui donnait l'impression d'avoir été bernée tout le long.
Attendant une explication de sa part, elle le vit déglutir en lui montrant l'ascenseur sur la droite. D'un hochement de tête, elle le suivit pour rentrer à l'intérieur alors qu'il lui murmurait :
- T'es sexy quand tu es énervée
- Castle !
- Oui ?
- Pourquoi es-tu ici ?
- Pour les mêmes raisons que toi
- Tu comptes enquêter sur un meurtre qui a eu lieu hier soir ? demanda-t-elle de plus en plus agacée
- Oui...heu...non, rectifia-t-il en voyant son regard noir. Heu...je...je suis ici pour l'histoire, avoua-t-il, en s'apercevant que la flatterie ne fonctionnait pas sur elle.
Il se trouvait stupide à cet instant…..bien sûr que la flatterie ne marcherait pas sur elle, elle n'avait jamais fonctionné. Dès l'enfance, elle avait toujours eu ce foutu caractère.
- Quelle histoire , il n'y a pas d'histoire ici, juste un meurtre, soupira Kate, en sentant la migraine arriver au fur et à mesure qu'ils arrivaient à destination.
- Non, il y a toujours une histoire. Il y a toujours une série d'évènements qui donnent un sens à chaque chose.
Quand il la vit lever les yeux au ciel pour lui signifier que ces affirmations étaient des sottises, il argumenta sa réponse sans réfléchir alors que les portes de l'ascenseur s'ouvraient sur l'étage désiré:
- Regarde-toi …par exemple…..jamais tu n'aurais dû être flic. La plupart des femmes belles et intelligentes deviennent avocates et non pas lieutenant, et pourtant toi, tu es là. Tu devais être la première femme à la cour suprême.
- Et j'aurais dû avoir ma mère. On n'a pas tous la chance d'avoir encore sa mère. Tu vois, c'est pour ça que tu es cet auteur riche et célèbre, et moi , ce simple flic, cracha-t-elle, blessée par ces mots.
- Il n'y a rien de dégradant dans ce que tu fais, se défendit Castle, en s'apercevant que sa déclaration avait été mal interprétée. Je te démontre juste qu'il y a toujours une histoire….et si je suis ici ce matin, c'est pour elle.
- Mr Castle, Jonathan Tisdale, les coupa un homme d'une soixantaine d'années, dans un joli costume gris.
Elle n'avait pas pensé devoir mener l'interrogatoire de ce père de famille endeuillé devant Castle. Elle avait espéré pouvoir le congédier avant que le millionnaire ne les interrompe. Mais comme toutes choses depuis la veille, rien ne se passait comme elle l'avait envisagé.
Contrariée encore par leur échange, Kate s'appliquait à questionner son interlocuteur, alors que Castle la contemplait avec un regard qu'elle n'avait jamais vu…de l'admiration et une certaine fascination. Perturbée, elle lui tourna le dos pour continuer son interrogatoire, en sentant les dernières minutes arrivées.
- Ma fille était bienveillante….mais j'ai déjà tout dit à l'un de vos collègues
- Je sais monsieur, mais c'est la procédure
- Allison, connaissait-elle quelqu'un pouvant tirer profit de sa mort ? les interpella Castle, en observant toute la pièce comme si de rien n'était.
Mais à quoi jouait-il ! Fronçant les sourcils avec un regard noir, elle espérait pouvoir lui signifier de se taire quand il ajouta, l'air de rien :
- Mr Tisdale, un magasine financier a estimé votre patrimoine aux alentours des cent millions de dollars, c'est vrai ?
- Heu, soupira, fatigué le patriarche. Je n'en sais rien, je ne vérifie pas tous les jours
- Oui, mais c'est à peu près ça ?
- J'ai eu beaucoup de chance, oui.
- Merci pour votre temps, intervint Kate, quand elle sentit que la patience de Mr Tisdale fondait comme neige au soleil
D'une main sur l'arrière de la veste de Rick ,elle commençait à le tirer pour lui signifier que l'entretien était clos quand il rajouta :
- Oh dîtes-moi, à qui reviendrait ce joli pactole si jamais il vous arrivait malheur ?
A sa question Kate sentit toute sa patience s'évanouir pour laisser place à une colère sans nom. Mais pour qui se prenait-il ? Un flic ? Et comment pouvait-il s'adresser ainsi à un père endeuillé ? A bout de nerfs, elle allait le remettre à sa place quand Jonathan Tisdale répondit calmement :
- La moitié de mes biens irait à ma fondation et le reste à mes enfants….. ;je veux dire à mon fils, rectifia-t-il avec le peu de dignité qui lui restait.
Satisfait et peiné d'entendre ces mots, Rick hocha simplement de la tête avec beaucoup de gratitude, avant de quitter la pièce la tête basse.
Toutes ces théories qu'il avait élaborées jusqu'au début de la nuit commençaient à prendre place. Il commençait à avoir un début de l'histoire et ça l'enchantait ,mieux…ça l'inspirait. Il se voyait déjà écrire une histoire dessus, quand la voix passablement énervée de Kate, dans l'ascenseur, le sortit de sa rêverie :
- A quoi jouais-tu !
- Il est mourant
- Qui ! s'impatienta Kate, en le dévisageant avec ces jolies yeux verts ce qui le fit sourire
- Qui est mourant ? Tisdale ?
- Chut…..Pas ici, murmura-t-il alors qu'elle perdait patience
- Castle !
- Pourquoi m'appelles-tu Castle ?
- Parce que c'est ton nom !
- Hum…..c'est drôle que tu m'appelles comme ça, sourit-il, amusé. Je sais que c'est toi qui m'a donné mon nom de plume, mais…Castle, ça fait si…
- Quoi ? fit-elle, désormais intriguée et fatiguée
- …à une époque, c'était juste Rick.
- A cette époque tu jouais pas aux flics, rétorqua Kate, furibonde,en sortant de l'ascenseur alors que la standardiste se levait pour faire les yeux doux à Rick
- Oh si, j'y jouais mais….pas avec toi, rit-il pour l'énerver un peu plus .
Mon dieu que ces chamailleries , bon enfant lui avait manquées. Il se délectait comme au bon vieux temps d'exaspérer Kate. Elle avait toujours les mêmes mimiques qu'à l'époque : un sourire caché sous un regard levé aux ciel, cette ride au-dessus de son front, et la même intensité dans ses yeux. Finalement la Kate de son adolescence n'était pas si loin sous cette facette dur et froide, elle avait juste besoin d'un petit coup de pouce pour lui rappeler qui elle était.
Heureux de son effet, il sortit du bâtiment sans tenir compte de la brunette à l'accueil, qui attendait désespérément un signe de sa part, et ajouta toujours sur le même ton amusé :
- Alors on pourrait prendre ce café maintenant ? Pourquoi attendre la fin de la journée?
- Parce qu'il y en a qui travaillent pour vivre, soupira-t-elle, en le voyant aussi enthousiaste
- Toujours aussi…sérieuse. Oh regarde, tu veux un hot-dog , moi j'en veux un , assura-t-il, en avançant près d'un vendeur de sandwich dans la rue.
Il s'amusait, il passait réellement du bon temps avec elle. Même si il n'avait pas livré toutes les blessures de son cœur, être avec Kate, à cet instant, était apaisant pour lui. Il avait l'impression de se retrouver enfin.
Se retournant pour lui demander ce qu'elle désirait comme accompagnement sur sa saucisse, il grimaça de douleur quand Beckett lui empoigna le nez avec ses doigts :
- Tu prends toujours du Ketchup sur…Aïe, aîe…..Pomme, pomme, pomme !
- Arrête avec ce mot de sécurité, rétorqua-t-elle, amusée, en se souvenant de toutes les fois ou elle l'avait entendu hurler ces mots.
- Mon nez !
- Pourquoi penses-tu que Jonathan Tisdale est mourant ? cracha-t-elle en le relâchant.
Se frottant le nez, en espérant que sa circulation sanguine ne s'était pas stoppée, Castle marmonna en ronchonnant :
- D'accord. Tu as vu les photos dans son bureau?
- Oui
- Il est plus maigre aujourd'hui….et genre malade, pas genre sportif
- Sa fille vient juste de mourir ! s'indigna Kate devant aussi peu de compassion de sa part.
- Et il n'arrêtait pas de se toucher les cheveux comme s'il était gêné
- Il avait une perruque ? s'enquit-elle, désormais étonnée.
- De très bonne facture, mais c'est nouveau pour lui. La chimio doit être très récente, et depuis quand les mecs se maquillent ?
- Il essaie de garder ça secret
- Oui, pour le cacher aux actionnaires
- Alors, il a un cancer, mais pas forcément en phase terminale
- Mais ça redevient une très bonne histoire s'il est mourant. Tu vois, on en revient toujours à l'histoire , sourit-il, fier de lui, alors qu'elle tentait de cacher le sien derrière un visage rigide.
Elle ne voulait pas l'encourager à poursuivre ses investigations, car même si ses déductions étaient plausibles, il n'en restait pas moins que tout ceci le dépassait. Il y avait un meurtrier dehors qui imitait ses meurtres, et tout ceci était trop dangereux pour qu'elle prenne le risque de le mettre devant la ligne de mire.
Le regard toujours aussi froid, elle l'entendit lui demander, comme si de rien n'était :
- Tu as interrogé le frère ?
- Il n'y avait aucune raison de le faire
- Maintenant, il y en a une…mais heu….tu pourrais attendre la fin d'après-midi pour le faire
- Pourquoi ?
- Je dois retourner au loft. Mère s'occupe d'Alexis ce matin, mais j'ai promis d'être là pour le déjeuner.
- Castle, je n'ai pas besoin de toi pour interroger un possible suspect
- Oh allez, ça sera amusant
- Non, ça sera dangereux, rétorqua-telle fermement. Rentre chez toi auprès de ta fille.
- Mais c'était mon idée
- Et c'est mon enquête.
La toisant du regard, il sentit qu'il n'arriverait pas à la faire changer d'avis. Une main sur sa nuque, il soupira en lui déclarant :
- On se voit toujours ce soir ?
- Oui…..je t'appelle si j'ai un contre temps
- Aux balançoires ?
- Aux balançoires, acquiesça-t-elle avec plus de douceur, en s'apercevant qu'il devenait raisonnable.
- Ok….à tout à l'heure, murmura-t-il, en faisant demi-tour pour trouver un taxi.
Cette histoire l'intriguait….voir Kate en pleine action en train d'interroger Jonathan Tisdale avait éveillé son imagination. IL pouvait très clairement discerner les traits de son nouveau personnage désormais : une femme flic détective avec un lourd passé….ce serait vendeur….très vendeur et tellement excitant. Mais pour pouvoir écrire, il devait connaitre le fin mot de cette intrigue .
Perdu dans ses pensées, il l'entendit l'interpeller
- Rick ?
- Oui ?
- Si je t'appelle Castle….c'est par habitude…..déformation professionnelle. Je ferai attention la prochaine fois.
Elle ne voulait pas le blesser, ou qu'il pense qu'elle mettait une certaine distance entre eux . Elle l'appelait ainsi simplement par habitude, et aussi…..parce qu'elle adorait pouvoir le nommer par son nom de plume. Elle n'en avait jamais eu l'occasion. Quand son premier roman fut publié, elle se trouvait à Stanford, et même s'il elle l'avait taquiné à l'époque par téléphone, elle n'avait jamais eu l'occasion de le nommer ainsi de vive voix.
Quelque part au fond d'elle, c'était comme si elle essayait de combler toutes ces années d'absence avec tous les mots qu'elle aurait aimé pouvoir lui dire dans le passé.
- Ne le fais pas
- Quoi ? dit-elle surprise en le voyant toujours aussi souriant près de son taxi
- J'aime quand tu m'appelles Castle….j'aime vraiment…ça me donne un côté beau flic ténébreux.
Et sans un autre mot de sa part, elle le vit s'engouffrer dans le véhicule jaune qui l'attendait.
Les mains dans les poches, le sourire aux lèvres, elle avait l'impression d'être une jeune midinette devant son premier coup de cœur. Un simple compliment de sa part la mettait dans sous états. Un beau flic ténébreux…il n'avait pas besoin de son nom pour être plus que désirable à ces yeux.
Heureuse d'avoir finalement passé cet instant avec lui, elle se mordait la lèvre inférieure en se dirigeant vers sa crown victoria, quand son téléphone retentit.
- Beckett
- Yo…..heu….on a une nouvelle victime
- Quoi ? fit-elle surprise
- Une jeune fille a été poignardée dans une piscine, Ryan dit que c'est la même mise en scène que …
- Mort d'une reine de promo, soupira-t-elle en repensant à ce livre
- Whaou, vous faites flipper tous les deux
- Envoie-moi l'adresse, j'arrive, déclara-t-elle en raccrochant.
Ils avaient eu tort sur toute la ligne. Le frère d'Allison Tisdale ne pouvait pas être le meurtrier. Trois victimes différentes sans aucun lien de parenté…..non, ils avaient eu tort et la seule pensée qui la traversait c'était que peut-être, Rick pouvait être en danger.
Le cœur lourd, elle rentra dans sa voiture , posa le gyrophare sur le toit et démarra en trombe en direction de la troisième victime.
XXXXXXXXX
Castle quant à lui , toujours assis à l'arrière du taxi hésitait sur la marche à suivre. S'il suivait son instinct , il pouvait d'ores et déjà l'entendre hurler avant la fin de l'après-midi, mais s'il abandonnait son idée, il était persuadé que son excitation à propos de ce nouveau personnage qu'il avait en tête, s'essoufflerait comme neige au soleil.
Son téléphone en main, il ferma les yeux en repensant à la dernière fois qu'il avait fait quelque chose dans son dos, et aux retombées qui en avait découlé :
Flashback
Il attendait en grimaçant que Kate l'appelle.
Après son dernier coup de fil. Elle semblait fatiguée , triste, mais surtout…hésitante. Il avait l'impression que quelque chose n'allait pas.
Alors qu'il assistait à une soirée mondaine avec son agent Paula, pour le présenter au monde de l'édition, il avait reçu un appel de Kate. La soirée était plutôt bruyante, et il n'avait pas prêté attention à la sonnerie du cellulaire. ¨Plus tard dans la soirée, il s'était réfugié dans un coin pour prendre l'air, il s'était alors aperçu qu'il avait un message de sa meilleure amie.
On était en novembre, et il ne l'avait pas vue depuis début octobre, la promotion de son livre lui prenait énormément de temps, sans compter qu'il devait impérativement écrire un nouveau bouquin rapidement.
Ereinté et déçu d'avoir raté son appel, il écouta son message en fermant les yeux devant sa voix si chère à son cœur, quand il blêmit en se rendant compte qu'elle pleurait :
- Hey, c'est moi…je ….. ;je voulais juste entendre ta voix. Rappelle- moi. Bonne soirée writer-boy.
A ce surnom, il soupira en se rappelant le nombre de rencontres qu'il avait manquées avec elle à cause de sa promotion. Il était censé la voir une fois par mois, et il ne l'avait pas vue depuis deux mois.
Inquiet par les trérmollos qu'il avait entendus sur son message, il la rappela sur le champ :
-Hey
- Kate, ça va ?
- Oui, oui, tout va bien, mentit-elle en reniflant
- Tu pleures
- Non
- Que se passe-t-il ?
- Rien…...j'ai juste le mal du pays. Mais ça va, promis, insista-t-elle, alors qu'il soupirait en se tenant l'arête du nez. Alors….que fais-tu ?
- Je suis à une fête….. encore… Tu me manques
- Toi aussi….toi aussi, renifla Kate.
- Je vais venir, je vais prendre le prochain vol et je serais là demain matin et…. ;;
- Ne dis pas n'importe quoi, tu dois signer ton contrat demain
-Oh….oui.
Comment avait-il pu oublier que demain , il signait son premier contrat avec Black Pawn en tant qu'auteur. Johanna l'avait accompagné tout au long des négociations, et demain, il devait signer ses droits d'auteur ainsi que son salaire annuel en présence de la mère de Kate.
- Je peux repousser la signature et…. ;
- Ma mère te tuerait. Elle a bossé comme une folle pour que tu aies tout ça. Je suis une grande fille, je peux très bien attendre noël pour te voir….et mes parents aussi.
- Ils te manquent ?
- Hum….je donnerais tout pour m'allonger sur le canapé avec un saladier de cookies maison , un épisode de Temptation Lane et ma mère à mes côtés.
- Kate
- Ça va aller….c'est juste un coup de blues. Promets-moi d'appeler après ta signature. Je veux tout savoir.
- Promis et je…..
- Richard, les interrompit Paula, les deux mains sur les hanches. Richard, je dois te présenter à Gina Cowell, c'est l'éditrice de Black Pawn.
- Un instant encore, Paula
- Richard, elle ne va pas t'attendre.
- Vas-y , soupira à contre cœur Kate, qui était assise dans le coin de son lit, les jambes repliées sur elle-même. On s'appelle demain.
- Mais…. ;
- A demain, writer-boy, ajouta-t-elle, avant de raccrocher.
Dieu, qu'il détestait ce surnom. Il avait l'impression que ça l'éloignait encore un peu plus d'elle. Il avait senti dans sa façon de parler, à son timbre de voix qu'elle n'était pas bien. On était vendredi soir, il pourrait la rejoindre et passer le week end avec elle. Dieu, il aurait tué pour un peu de temps avec elle, mais quand il vit le regard de Paula , il comprit que ses obligations compliqueraient tout.
Soupirant, il marmonna le cœur lourd :
- Je dois passer un coup de fil, je suis à toi dans deux minutes
- Richard
- Deux minutes…..je peux avoir deux minutes ? s'exaspéra-t-il, alors qu'elle se retournait en déclarant
- Deux…pas plus.
Il se souvint très bien de l'inquiétude de Johanna, quand il l'avait réveillée à plus d'une heure du matin pour lui dire qu'il avait réservé un vol pour elle à six heures du matin. Il lui avait raconté toute sa conversation avec Kate, et la matriarche s'était sentie coupable de voler à l'autre bout du pays, en laissant Rick gérer tout seul sa première signature.
Après plus de dix minutes de discussion, Johanna avait réussi à le convaincre de faire ça avec Jim. Elle souhaitait que tous les intérêts du jeune homme soient couverts, avant de voler rejoindre sa fille dans la matinée, avec une fournée de cookies maison et un certain DVD dans son sac.
Castle se souvint très bien des réprimandes de Kate quand elle l'avait appelé plus tard le lendemain. Elle lui avait dit qu'il ne devait pas faire voler sa mère en pleine nuit à chaque fois qu'elle avait le blues, mais après plus d'une minute de remontrances, elle l'avait remercié.
Elle avait pu passer tout un weekend dans les bras de sa mère, en visionnant leur série préférée, et malgré quelques cris au départ, Castle n'avait jamais regretté son choix. Car deux mois plus tard, Johanna Beckett n'était plus de ce monde...et leurs vies avaient basculé.
Fin du Flashback.
Peut-être que cette fois-ci, elle réagirait pareil. Elle verrait qu'il ne souhaitait pas empiéter sur son temps de travail, mais simplement passer du temps avec elle. Inspirant fortement, il déverrouilla son téléphone pour composer le numéro avant de sortir du taxi :
- Castle que me vaut le plaisir ? lança une voix dans le combiné
- Roy…. j'ai un service à te demander.
Pau974: On a pas eu droit à la conversation, j'essai d'avancer dans l'histoire. J'espère que ça ne vous aura pas trop manqué, mais elle pourrait apparaitre en Flashback plus tard? A voir.
Isabelle: Ravie de pouvoir égailler ta fin de journée. Tu égailles la mienne aussi quand je peux lire un nouveau ressentit de l'histoire par les lecteurs, alors merci.
sarha: Martha et Jim ont encore du travail, des vraies têtes de mules effrayées.
Caskett706: Sympa le baiser, hein? j'aime bien l'idée que Castle était gauche étant enfant...pour le prochain baiser, on va tourner le jeu. Se sera sympa aussi ^^
Guest1: merci
chrisfancaskett: On y arrive. On reforme le duo et on rajoute une ou deux embuches, ça va bouger ^^
blodi52: Merci je suis ravie que l'histoire te plait
Mariaulemen84: super RDV au 7?
Torontosun : ravie de te voir ici
chris65: c'est vrai , c'est un autre genre. Pas de psychopathes, de violeurs, on y va en douceur ^^
Emma11: ils ne vont pas se mettre en couple de suite...et non, elle ne va pas lui apprendre à faire l'amour. C'est Kyra qui a eu la primeur lol
Sandie59: Martha toujours présente pour mettre le fiston sur les rails.
Babelle62: sa réputation en prend un coup oui, je trouve ça drôle lol
AlwaysCaskett3012: Merci à toi d'être toujours présente pour la lecture ! C'est toujours plaisant d'avoir l'avis d'un des ces auteurs préférées.
laetitialfw: La leçon de sexe de Johanna arrivera dans un flashback. J'aime la voir dans l'histoire
Guest2: merci beaucoup
julie91: Des vraies têtes de mules. mais on les aime pour ça, non ?
ben40550: la discussion va avoir lieu mais sous haute tension, je pense. On va reformer le caskett dans le professionnel.
Floflo: merci heureuse d'avoir un nouveau , nouvelle lecteur(ice)
Castlefan : Bonne année 2018 ! heureuse de te lire à nouveau aussi.
