CHAPITRE 13.
Les premiers rayons du soleil filtraient dans son bureau. Les yeux rivés sur son écran et ses doigts caressant le clavier , Castle terminait le chapitre qui l'avait tenu en haleine, jusqu'aux premières heures du matin.
Après avoir quitté Kate, il était rentré dire deux mots à son ex-femme. Fatigué et irritable par rapport aux derniers évènements, il n'avait pas laissé le choix à Meredith et l'avait chassée de chez lui , avant de lui réserver une chambre d'hôtel sous le regard médusé de sa mère :
- C'est la mère d'Alexis, je ne vais pas la laisser dehors, se sent-il obliger de préciser devant les yeux de Marha
- Très bien, mais pas la peine de lui réserver le Ritz , cette femme a assez profité de ta bonté, s'indigna la matriarche
- Mère…arrête donc avec elle. Je suis fatigué, je voudrais juste m'amuser un peu avec ma fille avant d'aller m'écrouler dans mon lit. Et pour la petite histoire, ce n'est pas elle qui vit avec moi.
- Qu'insinues-tu ?
- Rien…..juste que tu devrais être reconnaissante de ma bonté, sourit-il en l'embrassant sur le front, avant de rejoindre sa petite rouquine préférée.
Et la soirée s'était passée comme ça . Rick avait expliqué à Alexis que sa mère vivrait à l'hôtel, le temps qu'elle trouve un appartement , puis il avait revêtu son costume de laser game pour une partie à 100 points avec elle. Le sourire de sa fille lui avait fait oublier les tracas du quotidien et avait même réussit à apaiser sa colère.
Mais quand l'heure du coucher avait sonné, il avait embrassé sa petite citrouille et était parti se coucher. Seulement les mots de Kate résonnaient encore et toujours dans sa tête.
« j'avais besoin d'une explication….. , j'étais prête à t'écouter, et peut-être même…..à te pardonner »
« Meredith m'a ouvert avec ce joli ventre rond et cette bague de fiançailles au doigt »
« Elle était au courant de cette nuit-là…..elle a….elle a posé sa main sur son ventre et m'a demandé comment je pouvais encore me regarder dans la glace…Et….. elle avait raison. Je n'avais aucun droit de revenir dans ta vie »
« C'était peut-être une nuit spéciale pour toi…peut-être qu'elle représentait quelque chose de plus que les autres mais …pour moi…ça a été ma première nuit »
Comment avait-il pu être aussi idiot à l'époque ? Pourquoi ne s'était-il pas davantage battu pour la femme qu'il aimait ? Pourquoi s'était-il sentit obligé de choisir entre Alexis et Kate ? Comment avait-il pu agir ainsi envers elle ? Elle venait de perdre sa mère ! Elle était vulnérable ! et lui…lui n'avait pas réfléchi ! et s'il lui avait avoué la vérité avant ? Où seraient-ils maintenant tous les deux ?
La culpabilité l'assaillait de part en part. Les yeux clos, il soupira en tâtonnant sur sa table de chevet à la recherche de son téléphone. Le ventre noué, il prit le cellulaire en main, en hésitant sur la marche à suivre. Devait-il l'appeler ? Lui envoyer un message ? Ou simplement lui laisser un peu d'espace ?
A une époque, il aurait su quoi faire…mais la Kate Beckett de ses souvenirs n'était pas celle de son présent. Il l'avait blessée, et dorénavant il savait qu'il ne pourrait ne pas prétendre à une seconde chance aussi facilement.
Perdu, l'estomac noué par le stress, il décida de lui envoyer un simple message avant de se lever pour écrire.
« Je suis désolé….pour tout. Tu me maques Kate….. Mon amie me manque. RC »
Il espérait établir une sorte de communication avec elle à travers ce message. Il espérait une réponse de sa part, mais après plusieurs minutes à observer en vain son téléphone, il s'était focalisé sur la vie fictive de Nikki Heat et Jameson Rook.
C'est donc éreinté qu'il sursauta au petit matin devant la sonnerie de son cellulaire. Se frottant la nuque d'une main, tout en fermant son ordinateur de l'autre, il s'étira avant de répondre en baillant :
- Castle
XXXXXXXXXXXXXXXXX
Après le coup de fil de son père, Beckett avait entendu pendant plusieurs heures le sermon de Lanie, qui la poussait à ouvrir son cœur à celui qui l'avait piétiné en premier lieu. Quand la bouteille de rouge fut vide, Kate prétexta avoir sommeil pour éviter une énième remontrance de son amie.
Les yeux rivés au plafond de sa chambre, elle était allongée, les mains sur son ventre, en débardeur et petite culotte, et repensait à toutes ces dernières heures. Elle avait passé une super soirée avec Martha, Alexis et Castle. Pendant un moment, toutes les rancœurs qu'elle avait à son sujet s'était évaporées pour laisser place à une infinie tendresse.
Elle avait réellement aimé renouer avec lui. Mais voir Meredith apparaître au poste lui avait rappelé avec quelle facilité, il avait jeté plus de dix années d'amitié aux orties. Les yeux rougis, elle soupirait quand elle reçut un nouveau message. S'étirant de tout son long pour récupérer son téléphone, elle retint ses larmes devant les mots de Rick.
« Je suis désolé….pour tout. Tu me maques Kate…. Mon amie me manque. RC »
Son amie lui manquait…voilà ce qu'elle retenait de cette phrase. Son amie…. Il voulait simplement son amie. Maintenant que sa brioche au beurre était revenue sur New-York, il n'avait aucune raison de s'enticher d'un simple lieutenant...d'ailleurs avait-il même un jour été intéressée par elle?
La gorge nouée, elle réprima un sanglot en reposant son téléphone sur sa table de chevet. Il lui manquait aussi….énormément. Leur discussion, leurs rires…..tout lui manquait, mais elle ne savait pas si elle pouvait encore être son amie. Meredith avait, de sa simple présence , réussi à la faire douter.
Pleurant silencieusement, elle se laissa bercer par un souvenir avant que le sommeil ne l'emporte.
Flashback.
Bras dessus , bras dessous, ils marchaient dans l'allée de leur lotissement en tentant de garder l'équilibre. Ils avaient fêté dignement la lettre de publication de Black Pawn. Les verres avaient défilé, les rires s'étaient amplifiés, et Kate avait trouvé son nom de plume à Rick…Rick Castle.
Ils riaient encore de la manière avec laquelle elle avait inventé ce pseudonyme quand la bâtisse des Beckett s'érigea devant eux. Gloussant de toutes ses dents, en tentant de garder l'équilibre tout en cherchant ses clefs, Kate trébucha alors que Rick la retenait au dernier moment
- Tu es ivre, fit-il tout sourire en resserrant sa prise sur elle, alors que les effluves de son parfum lui chatouillaient les narines
- Je suis aussi ivre que toi. Et…J'aimerais t'y voir, tiens. Bois une bouteille de Tequilla et marche ensuite avec des talons hauts, sourit Kate sans le lâcher du regard
- J'ai bu la bouteille avec toi
- Mais tu es en basketts, rétorqua-t-elle, en s'agrippant à ses avant-bras pour observer leurs chaussures sans perdre son équilibre plus que précaire.- Et tu sais ce qui serait drôle ?
- Non, je ne porterais pas tes talons, ricana-t-il devant son air espiègle
- Oh allez, ce serait drôle. Et puis comment as-tu même compris ce que je pensais ?
- J'ai le don de télépathie
- Hum….ou alors tu me connais assez pour finir la fin de mes phrases.
- C'est vrai, acquiesça-t-il. Tout comme je sais que tu n'arriveras pas à monter les escaliers jusqu'à ta chambre sans te faire une entorse.
- Ne change pas de sujet, gloussa-t-elle , toute guillerette, en ôtant ses souliers de 7 cm de haut. Allez,….Castle….monte là-dessus.
- Castle….c'est bizarre que tu m'appelles ainsi, sourit-il, en la voyant rayonnante dans ses bras
- Il est trop cool, ce nom
- Ce qui est cool, c'est la manière dont tu l'as trouvé
- Pas un mot à personne à ce sujet ! Tu me l'as promis
- La promesse d'un ivrogne n'est rien, la taquina Rick, en prenant en main ses talons
- Tu n'es pas un ivrogne…... et je…., oh, oh, s'exclama-t-elle en se tenant à nouveau à lui. Le sol bouge ! Le sol bouge, Rick !
- Non, tu es ivre, rit-il en la maintenant comme il le pouvait. - Ivre et mignonne
- Si mon père me voit dans cet état, je ne pourrais plus sortir jusqu'à mon entrée à Stanford, aussi mignonne que je sois en ce moment
- Allez viens, je t'emmène au lit
A sa réflexion, elle releva le visage en arquant un sourcil.
- Tu m'emmènes au lit ?
- Pas de cette manière ! Sors ta tête du caniveau …
- Rhô t'es pas drôle, rit Kate. Et je n'ai pas besoin de toi pour me border. Je suis une femme indépendante, monsieur, sourit-elle, en se tenant désormais au mur pour ouvrir la porte d'entrée.
- Fais moins de bruit, miss indépendante, ton père est peut-être vieux, mais il est pas sourd !
- Quand je dirai à papa que tu as dit qu'il était vieux, toi aussi tu seras consigné jusqu'à…. ;
- Chut ! l'interrompit Rick, en mettant une main sur ses lèvres et l'autre sur elle pour la maintenir, alors qu'elle ouvrait la porte.
Le corps de Kate se trouvait désormais bloqué contre le torse de Rick et sa main sur son ventre. Sentir ses doigts caresser ses lèvres, lui envoya des millions de papillons dans le ventre. Inspirant devant cet élan de tendresse, elle réprima un gémissement quand sa main passa de son ventre vers le sol, pour y déposer ses chaussures à talons et qu'il huma son parfum derrière son oreille.
- Tu es sûre de ne pas vouloir les porter, c'est de la bonne qualité ? chuchota-t-elle en déglutissant
- Chut, sourit-il, avant de passer ses deux mains sous ses jambes et de la soulever du sol telle une mariée , ce qui la fit hoqueter de surprise.
- Rick !
- Chut ! Qu'est-ce que tu es bavarde. Je vais te monter. Tais-toi un peu, la réprimanda-t-il gentiment, en resserrant sa prise sur elle avant de commencer son ascension.
Il avait bu autant qu'elle. Il pensait avoir plus d'équilibre que son amie, mais la montée des escaliers avec Kate dans ses bras étaient apparus plus difficiles qu'il ne l'avait envisagé. Ses effluves de parfum, son regard envoûtant et sa peau contre la sienne le déstabilisèrent bien plus que cette bouteille de Tequilla.
Après un énième déséquilibre, il arrivait enfin à entrer dans sa chambre alors qu'elle gloussait à son oreille :
- Quand Maddie saura ça...
- Chut, pouffa-t-il en fermant la porte.
- Arrête de me dire chut !
- Chut ! rit-il devant son agacement
Avec délicatesse, il la déposa au sol en s'assurant qu'elle tenait debout. Les yeux dans les yeux, ils se souriaient quand il lui murmura :
- Promis, avant que tu partes pour l'université, j'essaierai tes talons de bonne qualité
- Et j'aurai le droit de prendre une photo ?
- Pousse pas trop ta chance non plus, miss indépendante
- Merci
- Pourquoi ?
- Pour cette soirée. Pour m'avoir pardonné d'avoir envoyé ton manuscrit.
- Merci à toi d'avoir cru en moi, déglutit Rick, en se perdant dans le regard émeraude de sa meilleure amie.
- Toujours
Doucement, il posa son front contre le sien en humant sa délicieuse odeur de cerise, alors que Kate fermait les yeux pour ne pas lorgner sur ses lèvres. Elle avait une envie folle de l'embrasser. Mais il n'était pas libre, il avait Kyra et il venait tout juste de lui pardonner, elle ne souhaitait pas lui donner une nouvelle raison de lui en vouloir.
Des papillons au ventre, elle sentit ses mains se poser sur ses hanches alors qu'il lui chuchotait :
- J'aime ce nom de plume
- Oui ? susurra-t-elle sans ouvrir les yeux
- Oui. Rick...Castle , ça me donne un côté mystérieux...Merci pour cette soirée. On se voit demain?
Doucement, il posa ses lèvres sur sa joue en se laissant emporter par ce moment d'intimité. Il avait envie de l'embrasser, il avait envie de se blottir contre elle, il avait envie de l'aimer tout simplement. Mais son cœur lui rappela qu'il n'était pas libre, et qu'elle était Kate Beckett…. Sa meilleure amie….pas sa petite-amie .
Soupirant, il s'éloignait d'elle quand la porte de la chambre de ses parents grinça, et que Kate ouvrit brusquement les yeux. Son action subite lui fit perdre l'équilibre sous l'effet de l'alcool, et avant qu'elle ne comprenne ce qu'il se passait, elle tomba lourdement sur son lit derrière elle, en emportant Rick qui tentait de la retenir.
La seconde chose qu'elle se souvint était les gestes anxieux et désordonnés de Castle pour se lever qui donnait simplement l'impression qu'il la bloquait un peu plus sous elle
- Attends, attends, tu vas trop vite et…..
- Katherine Beckett ! hurla son père en allumant sa chambre pour voir sa fille unique dire à l'homme qui était au-dessus d'elle qu'il allait trop vite.
- Eh merde, soupira-t-elle alors que Castle se figeait sans oser bouger, son corps contre le sien
- Il n'est pas sourd, il n'est définitivement pas sourd, murmura Rick, tétanisé, en imaginant tous les scénarios possibles de son propre meurtre. Et je suis un homme mort...mort avant d'avoir été publié
- Arrête de dire des âneries et lève-toi chuchota Kate, en gloussant
- Je pourrais savoir ce qui se passe, ici ! cria Jim, alors que Johanna arrivait en refermant son peignoir, les cheveux emmêlés, pour apercevoir Richard sur sa fille unique.
- Je pense que c'est plutôt clair, répondit la matriarche, alors que Rick se levait d'un bond, laissant Kate allongée sur le lit, tout sourire
- Heu, non, c'est pas ce que vous croyez, se défendit-il en observant Jim le fusiller du regard. Je jure que ce n'est pas ce que vous croyez
- Après t'avoir appris à embrasser, puis-je savoir quelle leçon tu allais apprendre ? siffla Jim
- Quelle leçon ? heu…..non, j'ai pas besoin de leçon dans ce domaine, vraiment, je le jure, avoua-t-il en bafouillant, tout en repensant à sa nuit avec Kyra, alors que Kate blêmissait devant cet aveu.
- Et tu te crois malin, en plus ! s'offusqua Jim
- Je vous jure. Kate a trop bu…comme moi aussi d'ailleurs, je l'aidais juste à se mettre au lit…..enfin, non, balbutia—t-il devant l'insinuation de ses propos. Pas de cette manière ! Elle a trébuché et m'a emporté avec elle
- Elle a trébuché ? Les enfants et les vieilles personnes trébuchent, pour quelles raisons a-t-elle trébuché ? Puis-je savoir ce qui se passe ici !
- Je…Kate, plaida Rick, alors qu'elle était toujours sous le choc de sa révélation et que son amusement avait disparu. Kate ? tu vas bien ? ….Tu es nauséeuse ?
- Tu as couché avec elle
- Je…quoi ? blêmit à son tour Castle devant sa question
- Tu as…whaou…..je…
- Katherine, ne change pas de conversation, tu….
- Je ne change pas de conversation. Rhô et puis ce n'est pas dramatique, j'ai 18 ans et…
- Pas dramatique ? Pas dramatique ? tu entends Jo ? Dis quelque chose à ta tête de mule de fille.
Amusée plus qu'autre chose par la situation, Johanna se demandait quand ces deux là ne se feraient plus prendre. Les mains autour de son buste pour maintenir son peignoir bien fermé, elle déclara gentiment :
- Chérie, arrête donc de donner des cheveux blancs à ton père et…..
- Des cheveux blancs ? On n' a rien fait de mal
- Il était au-dessus de toi dans ton lit ! s'estomaqua Jim
- Je jure que je ne l'ai pas touchée, je….
- Rick a été publié. Son livre va sortir dans les librairies. On est partis fêter ça, le coupa, Kate, excédée qu'on la traite comme une enfant. Il a dit la vérité, j'ai trop bu et il…..
- Chéri, tu es publié ! la coupa Johanna en le prenant dans ses bras
- Je…heu…..oui
- Je suis si fière de toi…..nous sommes fiers de toi, pas vrai, Jim ? … Tu es publié…
- Oui, oui, je suis publié, sourit Castle en enlaçant à son tour Johanna, qui avait les larmes aux yeux .
Au loin, Jim toisait encore avec appréhension la scène qui se déroulait sous ses yeux. Sa fille était allongée dans son lit avec tous ses vêtements et Richard était…..tout aussi vêtu. Soulagé, mais encore sur la réserve, il lui demanda :
- Vous n'avez pas…..
- Non ! s'exclama Rick, avec tant de conviction que le cœur de Kate se serra un peu plus
- Eh bien…..je suis fier de toi..fils, sourit Jim
- Fier parce qu'il ne m'a pas….
- Katherine !
- Quoi ? marmonna-t-elle en se levant du lit, pour voir sa mère la réprimander avec un seul regard.
Doucement, Jim s'approcha de lui avant de l'enlacer tendrement sous le regard embué de Johanna. Elle savait très bien que Jim aimait Rick comme son fils, mais l'idée de voir sa fille grandir le terrorisait parfois. Il avait toujours du mal avec l'idée que sa fille serait très vite une femme, et qu'un homme le remplacerait un jour dans son cœur.
Alors les voir aussi proches, ce soir, lui gonfla le cœur d'amour.
- Je…merci, fit Rick, surpris par cet élan de tendresse
- Je suis fier de toi, n'en doute jamais, murmura le patriarche à son oreille.
- Je…..merci, répéta Castle, en sentant les larmes lui monter aux yeux
- Et si tu touches à ma fille….
- Je sais , vous me démembrerez, rit-t-il légèrement angoissé, alors que Jim resserrait son étreinte
- Seulement si tu lui brises le cœur, fils. Seulement, si tu lui brises le cœur.
A son aveu, Castle recula d'un pas pour voir la sincérité des mots de Jim dans son regard. Il n'était pas contre qu'il fréquente sa fille ? Il ne risquait pas sa vie si, un jour, il avait le courage de lui avouer ses sentiments ?
Sous le choc, il observa ensuite Kate qui le contemplait avec une légère tristesse dans le regard. Fronçant les sourcils en ne comprenant pas pourquoi elle semblait blessée, il sortit de sa torpeur par la voix de Johanna qui s'exclama :
- Allez champagne !
- Champagne ? répéta Kate, incrédule devant toute cette situation
- On a une publication à fêter !
- Oh, je….
- En parlant de ça, il va te falloir un nom de plume, trésor…..que dirais-tu de…..Storm
- Storm ?
- C'est quoi ce surnom, ronchonna Kate
- Quoi ?J'aime bien
- Rick Storm ? répéta sarcastiquement Beckett. Storm veut dire "tempête"...
- Non….plus…Derrick Storm ! Oh c'est bon ça ? sourit Johanna en observant Rick lui sourire. Qu'en penses-tu, trésor ?
- C'est joli, j'aime bien…mais Kate a déjà trouvé mon nom de plume, et sans vouloir vous vexer , je….
- Tu ne me vexes pas, chéri. Alors quel est ce nom ?
- Castle…..Rick Castle.
- Castle ? répéta Johanna
- Vous aimez ?
- Je pense que Richard Castle sera très bientôt mon auteur favori….
Fin du Flashback.
C'est le son de la sonnerie de son téléphone qui la réveilla à six heures du matin. Fronçant les sourcils en se remémorant ce pan de leur histoire, elle soupira avant de répondre, tout en s'étirant de tout son long :
-Beckett ?
XXXXXXXXXXX
Retirant ses clefs du contact de sa voiture de patrouille, Kate ferma les yeux quelques secondes. Elle avait toujours besoin d'un laps de temps avant d'arriver sur une scène de crime. Comme si, par cet instant qu'elle s'octroyait , elle présentait ses condoléances à la victime. Elle avait aussi besoin de ce temps pour se souvenir pourquoi elle faisait ce métier, pourquoi elle avait besoin de rendre justice.
Soupirant en fermant sa crow victoria, elle prit son téléphone en hésitant sur la marche à suivre. Devrait-elle l'appeler ? Devrait-elle lui envoyer un message ? Ou le laisser se prélasser dans les bras de sa brioche au beurre ?
Ravalant sa jalousie, elle allait lui téléphoner quand il apparut à quelques mètres d'elle avec deux tasses de café et un sachet de pâtisserie. Son sourire aux lèvres et sa mine fatiguée ne laissait guère d'espoir à Kate sur sa fin de soirée. Il arborait un visage repu et satisfait qui la blessa un peu plus.
- Bonjour, un grand café au lait sans mousse avec deux doses de sirop de vanille sans sucre et un beignet aux pommes, s'exclama-t-il en lui tendant sa commande.
Aujourd'hui, il était ravi. Il avait une chance de pouvoir s'expliquer avec elle, et au pire de lui montrer qu'elle pouvait encore lui faire confiance. La nuit dernière lui avait laissé le temps de réfléchir, et il avait décidé que la meilleure manière de regagner la confiance de Kate était simplement de lui montrer à quel point, ils étaient extraordinaires ensemble.
- Comment sais-tu que….
- Je te connais, c'est tout, la coupa-t-il tout heureux, en la voyant l'étudier de près
- Il est sept heures du matin, tu ne devrais pas te réveiller avec ta brioche au beurre ?
- Si j'avais été dans les bras d'une autre, tu aurais été jalouse ? sourit-il devant sa question
- Dans tes rêves !
- Dans mes rêves, tu ne serais pas jalouse parce que tu serais que tu serais la seule qui…..
Ses paroles moururent devant le beignet aux pommes destiné à Kate qu'elle lui fourra dans la bouche pour ne plus entendre ses flatteries. Gémissant devant la façon brutale avec laquelle elle s'y était prise, il la vit partir en direction de l'immeuble de la victime.
Elle en avait marre de toutes ses ex qui lui pourrissaient la vie. Quand ce n'était pas Kyra, c'était Méredith. Le ventre noué elle tentait de calmer ses nerfs.
Il n'y était pour rien….il n'y était pour rien, pensa-t-elle alors qu'il accourrait derrière elle en lui déclarant tout penaud :
- C'est Montgomery qui m'a demandé de venir
- Super, ronchonna Kate
- Il m'a dit de venir tout de suite. Ça doit être épouvantable.
- Essaie de ne pas montrer ta joie sur la scène de crime
- Ce n'est pas parce que quelqu'un est mort qu'il faut ronchonner comme un vieux tromblon , sourit-il, heureux de l'agacer .
Il savait par expérience que plus il la titillait, plus elle était encline à discuter et voire même à sourire. Il savait qu'elle tentait de garder cette armure pour ne pas sombrer à chaque enquête, chaque victime, mais il voulait lui montrer que quoi qu'il se passe, il serait là. Il pourrait être ce soutien dont elle avait besoin. Il pourrait être son ami….encore une fois.
- Argh, tu veux voir ce que ça donne quand je ronchonne vraiment ?
- Hum ? gémit-il, tout sourire, en mâchant le beignet
- C'est quoi cette couverture de livre pour ton prochain roman !
- Pour Nikki Heat ? Oh ce ne sont que des ébauches en attendant que…..attends, attends un peu, les couvertures ne sont visibles que sur mon site de fan. Tu t'es inscrite ! s'extasia-t-il, alors qu'elle blêmissait en se retournant pour retrouver la scène de crime.
Que lui avait-il pris de discuter de ceci avec lui ! Elle savait qu'il en ferait toute une histoire ! Et pourquoi avait-elle-même finalisé cette inscription ! Parce qu'elle était inscrite depuis des années et qu'elle recevait chacune des notifications concernant ses nouveaux projets !
- Attends, tu es « Castle pour toujours 45 », « Castle92 », ou « Castle mon amour 1212 » ?
- Tu te rends compte que ça devrait te faire peur, toutes ces fans anonymes et complètement cinglées ? tenta Kate pour dévier la conversation
- Comme toi ? rit Rick
- C'était simplement de la curiosité professionnelle, rien d'autre !
- Ok….mais tu sais que dans quelques mois, quand le livre sortira, on aura des fans qui mélangeront nos deux noms pour leur pseudo, sourit-il pour l'agacer un peu plus
- Comment ça, nos deux noms ? se stoppa-t-elle en le dévisageant
- Eh ben….c'est ce que font les gens face à un duo ou un couple
- On est pas en couple
- Tu sais comme brangelina
- Oh, on est brangelina, maintenant ?
- Non, non, non, on est Rickate, commença-t-il avant de grimacer autant qu'elle. Non , on est Katick...oh non! Caskett! ça sent c'est bon, hein?
- Caskett, soupira Kate en levant les yeux ciel en sentant sa patience s'amoindrir
- Quelqu'un va porter le chapeau grâce à Caskett!
- Rick, redescends-sur terre, personne ne va assemblé nos noms ensemble. On ne me connaît même pas.
- Pour le moment...mais quand le livre sortira, les fans sauront que tu es ma muse, et…..
- Ne m'appelle pas ta muse ou je te fais une tête au carré !
- Une tête au carré ? Oh je t'en prie, la dernière fois que tu as essayé, tu as atterri les fesses dans l'eau à la cabane du lac
- La dernière fois, je n'étais pas armé, cracha Kate en s'inquiétant que ces propos soient vrais
- Oh allez, ça sera drôle, et puis je me sentais seul avec tout ces pseudos.
- Drôle ?
- Oui… imagine…., reprit-il en rêvassant. Ils pourraient créer : « AlwaysCaskett3012 », « Chrisfancaskett », « Caskett706 », « Caskett71 » ou même ….. « Beckettfan », oh celui-là, il est cool et il est juste pour toi!
- Oh …mon dieu
- Non , appelle-moi juste... Castle, rit-il alors qu'elle lui frappait l'épaule. Aïe !
- Tu te crois drôle en plus!
- Heu….oui
- Argh ! s'énerva-t-elle en repartant de plus belle
- Attends, attends…..tu ne m'as même pas dit ce que tu pensais des couvertures du livre
- Elle est nue sur toutes les couvertures
- Heu….inexact, elle a un revolver…placé là où il faut.
- Castle ?
- Oui ? sourit-il béatement
- Si tu souhaites que ce revolver ne te tire pas une balle entre les deux yeux, je te suggère de te taire…. tout de suite, siffla-t-elle avec un regard noir
- Heu….. oui
Inspirant pour se calmer les nerfs, sans le lâcher du regard, elle se retourna ensuite pour entrer dans l'appartement de la victime et y découvrit une dizaine d'officier ainsi que son capitaine.
- Ah vous êtes ici
- Oui, qu'est-ce qu'on a Monsieur ? demanda Kate désormais intriguée de voir son supérieur sur une scène de crime, à sept heures du matin qui plus est.
- Les parents d'Angela Candela, une fillette de deux ans, ont rapporté sa disparition à quatre heures ce matin.
- Où est-ce qu'ils ont trouvé son corps ? demanda Kate, alors que Rick blêmissait à l'évocation de l'enfant
- La petite a été enlevée. Le père était en train de dormir dans sa chambre. Sa mère travaillait de nuit, c'est elle qui a signalé sa disparition en rentrant.
- Ça c'est produit ici même ? murmura, peiné, Rick en observant les alentours
- Si c'est un enlèvement et non un meurtre , pourquoi m'avoir convoquée ?
- Les fédéraux ont demandé que vous fassiez partie de l'équipe, avoua Montgomery, alors que Kate le toisait avec suspicion
- Les fédéraux ? répéta Castle
- Les enlèvements d'enfants relèvent de leur compétence, lui expliqua Kate, sans lâcher son chef du regard.
- Ok….et moi, pourquoi je suis là ?
- Parce que j'aime ennuyer le FBI et parce que…vous voyez un peu plus loin que le bout de votre nez.
Observant la scène qui se déroulait derrière son capitaine, Kate sentit un malaise la prendre. Elle avait la désagréable impression que sa journée allait être pire dans quelques minutes . Le ventre noué, elle demanda à son chef en espérant se tromper :
- Qui est l'agent spécial chargé de l'enquête ?
- Beckett, c'est pas une….
- Qui ? le coupa-t-elle , excédée, alors que Castle la scrutait avec attention.
Elle semblait énervée, et par énervée, il n'entendait pas agacée. Il avait l'impression qu'on lui cachait quelque chose, et quand Montgomery lui répondit , il sut qu'il avait raison au changement de rictus sur le visage de Kate .
- Sorenson
- Heu….c'est qui Sorenson ? demanda-t-il , en voyant Beckett faire la carpe avec sa bouche
- Je…je croyais qu'il était parti ?
- A Boston ? fit gêné le capitaine. Il n'y est plus..il est là
- C'est qui Sorenson ?
- Ce ne sera pas un problème , j'espère ? On est tous des professionnels, n'est-ce pas ?
- Pas moi. Alors dites-moi , c'est qui Sorenson ? s'impatienta Rick
- Ce ne sera pas un problème, soupira Kate, en sentant la migraine la prendre
- Une remarque…., ajouta Roy. Cette petite qu'on a enlevée, elle se moque complètement de vos histoires, tout comme ses parents, eux, tout ce qu'ils veulent, c'est qu'on ramène leur fille en vie, compris ?
- Compris, déclara Kate, alors que son capitaine hochait de la tête avant de les laisser seul à seule.
Intrigué et la boule au ventre , Castle mit ses mains dans ses poches et se positionna en face de Kate pour la voir baisser le regard aussitôt. Déglutissant, il lui murmura :
- C'est qui, Sorenson ?
- Personne, soupira-t-elle, en relevant les yeux
- Personne ? Je te connais assez bien pour…..
- Tu ne me connais pas. Tu penses me connaître, mais c'est faux. Maintenant, laisse-moi faire mon job, répondit sèchement Beckett, dépassée par les évènements.
Se tournant rapidement pour ne pas entrevoir la douleur qu'elle venait de lui infliger, elle tomba nez à nez avec Will Sorenson.
Il était comme dans ses souvenirs, grand, carré, toujours bien habillé, avec ce sourire condescendant sur le visage. Le fusillant du regard , elle l'entendit le saluer :
- Salut Kate
- Salut Will, tu es revenu depuis combien de temps ?
N'aurait-elle pas le droit à un peu de répit ! Elle en avait marre de se retrouver dans des conflits avec Rick, et maintenant, quoi ? Elle devait aussi gérer le type qui l'avait larguée pour un poste à Boston ?
- ….Quelques mois, avoua penaud, l'agent sous les oreilles attentives de Rick
- Un problème à Boston ?
- Non, il ne s'y passe pas grand-chose, sourit-il pour tenter de la charmer. Ça a l'air d'aller ?
- Ouais, c'est la grande forme, mentit Kate, en observant Rick scruter son ex petit-ami de la tête aux pieds. Heu..Agent Sorenson voici Richard Castle
- Le fameux romancier ?
- Homme de plume et du monde, décréta Rick, sans le lâcher du regard.
Il ne savait pas pourquoi mais il sentait que cet homme avait fait du mal à Kate. La façon dont elle le regardait, dont elle lui parlait, lui rappela la manière dont elle s'adressait à lui et ce constat le peina un peu plus.
- Le capitaine Montgomery m'a mis au courant de votre petit arrangement, ça ne me pose aucun souci à condition que ça n'interfère pas avec l'enquête.
- Vous en faîtes pas pour moi, je suis muet comme une tombe
- Très bien. Kate, si tu veux bien me suivre au salon, je vais te briefer sur l'enquête en cours.
- Oui…..j'arrive, déglutit-elle devant la vue de Castle et Will réunis.
Hochant la tête, l'agent s'éloigna d'eux pour retrouver un bataillon d'officiers, alors que Rick se penchait derrière Beckett pour lui murmurer, contrarié :
- Ne me dis pas que c'est ta brioche au beurre ?
- Pourquoi ? Je n'ai pas droit à ma petite viennoiserie personnelle ? répliqua-t-elle en entendant un brin de jalousie dans sa question. Chacun son tour, non ?
Un petit clin d'œil à tous les fans du Caskett qui ont un pseudo comme Brangelina ^^ et qui suivent cette fiction. Pour la plupart , vous avez trouvé quel serait le prochain épisode traité même si je n'exclu pas d'intégrer la vente aux enchères de Rick ou la partie de poker. A voir ou mon imagination me porte.
On corse un peu l'affaire avec la venue de Sorenson qui ne va pas aider à Kate à savoir ou elle en est.
Alors toujours là? ^^ A moi de vous lire ^^
