CHAPITRE 15


L'interrogatoire de la mère biologique d'Angela Candela n'avait rien donné. Elle et le père de la fillette avaient un sérieux alibi.
Il était plus de 21 heures et ils tournaient toujours en rond. Frustrée par cette journée qui ne menait qu'à des impasses, Kate ré-étudiait toutes les preuves une par une sur son bureau, alors que les gars, aidés de Rick, cherchaient une piste en rapport avec les délinquants sexuels.

Une main sur le front, son stylo en bouche qu'elle mordillait par agacement, Kate raturait chaque élément qui ne lui semblait pas percutant, quand une tasse de café, devant ses yeux, la surprit . Fermant les yeux , elle sentit le stress qu'elle ressentait depuis sa confrontation avec Rick culminer.

Il lui avait demandé ce qu'ils étaient, ce qu'elle souhaitait, mais surtout de conforter sa place ou non à ses côtés au preccint. L'enquête avait obnubilé toutes ses pensées, et quand elle aperçut le nectar devant elle , elle soupira en se rendant compte qu'elle n'avait pour le moment aucune réponse à lui donner .

Toujours figée, elle sursauta au son de la voix de Will, et non celle de Rick :

- Tu ne veux pas de mon café ?
- Non….si…..excuse-moi, soupira-t-elle, en l'observant s'installer sur la chaise de Castle à ses côtés.

Prenant sa tasse en main, elle inspira doucement et se laissa enivrer par cette délicieuse odeur, avant de demander à Sorenson s'il avait une piste :

- Toujours rien. On devrait peut-être rentrer.
- On ne va pas se coucher tant que cette fillette n'est pas rentrée chez elle.
- Kate, on n'a aucune piste , on est éreintés. La scientifique est actuellement chez les Candela, ils auront peut-être un indice à nous donner, mais en attendant rien ne sert à s'épuiser inutilement. D'ailleurs, j'ai renvoyé toute l'équipe chez elle.
- Toute l'équipe ? Que veux-tu dire par toute l'équipe ? reprit-elle, en reculant sur sa chaise roulante, pour s'apercevoir que les gars enfilaient de leurs manteaux et que Rick n'était nulle part.

Fronçant les sourcils, elle le cherchait du regard, quand Will lui répondit en souriant, et fier de lui :

- Il est rentré chez lui
- Qui ça ?
- Castle. Je l'ai entendu dire quelque chose à propos de sa fille et de son ex-femme
- Je ne cherchais pas Castle, mentit-elle, en sentant son estomac se nouer à l'évocation de Meredith.

Comment avait-il pu partir sans un mot ? Comment avait-il pu lui tenir une telle tirade tout à l'heure, pour retourner auprès de cette rouquine ? Comment avait-elle pu être aussi idiote d'y croire encore ?

Fatiguée et énervée, elle se leva et enfila son manteau rouge sous les yeux contemplatifs de Will , qui laissait ses yeux vagabonder au gré du corps de Beckett, quand elle se stoppa et le réprimanda :

- Tu veux peut-être une loupe ?
- Non…..mais tu ne peux pas m'en vouloir de te regarder.
- Will, arrête ton baratin, et concentre-toi un peu plus sur l'affaire et un peu moins sur moi, siffla-t-elle excédée
- Kate, tu…..
- Et la prochaine fois que tu donnes l'autorisation à MON équipe de partir , je te ferai regretter d'avoir ouvert la bouche. Ne pense pas que je ne sais pas à quoi tu joues, surtout avec Castle, mais ton comportement de petit gamin a qui on a volé son joujou préféré commence à m'agacer. Si tu veux que je sois claire avec toi, je vais l'être, je ne suis pas intéressée pour un nouveau road trip entre des draps, alors si tu pouvais t'intéresser au plus important..c'est à dire à cet enfant qui a disparu, ce ne serait pas de refus !

Et sans lui laisser le temps de répliquer, elle partit en direction de l'ascenseur sans un dernier regard pour lui . Elle commençait à être réellement agacée par tous ces enfantillages. Elle n'était pas un trophée à remporter et encore moins une fille d'une nuit. Fatiguée par la comportement de Will à son égard, elle soupira en se disant qu'elle ferait mieux d'aller faire un tour chez les Candela, et voir directement avec la police scientifique s'ils avaient une piste à lui suggérer .

Elle ne souhaitait pas passer toute sa soirée à ruminer sur cette enquête, et encore moins à penser à Rick. Ses mots l'avaient bouleversée, et elle avait besoin de temps pour les digérer, voire même les accepter.

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Assis côte à côte devant la reine des neiges, Rick tentait de ne pas trop laisser ses pensées vagabonder. Il était rentrer depuis une heure, et Alexis n'avait pas arrêté de réclamer sa présence pour jouer ou simplement discuter.
Seulement ce soir, il n'avait pas l'esprit à s'amuser. Il était contrarié, et même blessé par l'attitude de Kate. Il savait pertinemment qu'il avait des torts dans leur relation, mais il ne comprenait pas pourquoi elle s'acharnait à le repousser avec autant de force, alors qu'elle lui avait avoué vouloir renouer avec lui à plusieurs reprises depuis ces dix années .

Le baiser qu'elle avait échangé avec ce "Mr je sais tout",n'arrangeait guère les choses dans sa tête. Il pouvait très bien comprendre qu'elle était célibataire et qu'elle pouvait par conséquent embrasser qui bon lui semblait, mais une partie de lui….une grosse partie de lui avait du mal à digérer tout ça.

Il l'aimait….tellement. Il ne se souvenait pas d'un seul jour où il ne l'avait pas aimée, et la voir à nouveau batifoler sous ses yeux , lui rappela de trop nombreux souvenirs douloureux.

Perdu dans ses pensées, il en fut sorti par la petite voix d'Alexis qui lui demandait, attristée :

- Papa ?
- Hum, citrouille
- Est-ce que c'est normal que j'aime être avec toi ?
- Normal ? C'est quoi c'est question, chérie ? sourit Rick en fronçant les sourcils
- Je veux dire….juste nous deux…..sans maman, déglutit péniblement la jeune rouquine, en culpabilisant déjà pour sa question.
- Heu..
- Je l'aime, tu sais…..je te le jure !
- Je sais que tu l'aimes, et j'en suis ravi
- Mais papa…elle me rend complètement folle
- Oui, c'est le rôle de la mère, rit Rick, devant son air outré
- Vraiment ?
- Oui. Tu ne sais pas comment ma mère m'a rendu fou quand j'étais enfant. Elle n'arrêtait pas de répéter à tue-tête ses répliques shakespeariennes, de jour comme de nuit.
- Elle le fait toujours, sourit Alexis, qui adorait quand son père lui parlait de son enfance. Et la mère de Kate ? Elle était pareille ? Elle vous rendait fous tous les deux ?

Rick s'épanchait très peu sur le souvenir de Johanna. C'était un pan de sa vie trop douloureux. Ça lui rappelait tout ce qu'il avait perdu : une mère et sa meilleure amie en même temps. Castle ne parlait donc pas de Kate ou Johanna, mais Martha…..Martha n'avait jamais rien caché de l'enfance de Richard à Alexis. Elle lui avait conté les nombreuses bêtises et fous- rires des deux adolescents.

Alexis avait toujours souhaité rencontrer Kate….elle avait toujours voulu poser un visage sur toutes ces histoires, et pouvoir le faire dorénavant enchantait et attisait la curiosité de la petite .

Souriant avec une certaine tristesse dans les yeux , Castle lui embrassa le front et lui chuchota, comme un doux secret :

- Non…..Johanna Beckett était extraordinaire. Elle ne nous rendait pas fous, en tout cas pas moi. Elle était toujours à notre écoute.
- Elle avait l'air gentil
- Oui, elle l'était . Mais quand elle criait…elle pouvait être terrifiante, rit Rick en pensant à toutes les fois où il s'était caché derrière le dos de Kate, terrifié devant la fureur de l'avocate.
- J'aurais aimé la connaitre
- Moi aussi, mon ange, j'aurai aimé que tu la connaisses, et tu sais quoi ?
- Non ?
- Elle t'aurait adorée
- Tu penses ?
- Oh oui. J'en suis certain. Elle t'aurait aimée de tout son cœur, ma chérie, déglutit, le cœur brisé, Rick en repensant aux derniers mots de Johanna à son égard.

« Quoi qu'il arrive, je serai avec toi. A chaque étape. »

- En tout cas, reprit-il en soupirant. Au sujet de ta mère, je…
- J'aimerais juste que tout redevienne normal, marmonna la jeune fille
- Normal ?
- Oui. Maman à Los Angeles et nous trois avec gram's, au loft.
- Tu ne serais pas triste si ta mère repartait ? demanda Castle, qui pensait réellement devoir jongler avec Meredith sur la grande pomme, pour le bonheur de sa fille
- Non…..parce que c'est pas comme si je ne la reverrais jamais, tu vois ?
- Je vois
- Est-ce que je suis une vilaine personne si je souhaite que ma maman parte?….
- Non…non, chérie. Ne t'inquiète pas, la rassura Castle, en la voyant serrer dans ses bras Monkey Bonky, son singe en peluche.
- Ok, soupira, rassurée, la rouquine sous le regard intrigué de son père. Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je…..heu…je vais devoir te laisser pour vérifier quelque chose
- Quoi ?
- Mère ! cria Rick, en se levant à la hâte avec le sourire aux lèvres
- Papa, tu vas bien ?
- Oh oui ! Tu viens de m'aider grandement. Toi et ton singe en peluche !

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Endormie avec une couverture sur une chaise, dans la chambre de la petite Angela, Kate avait sombré après avoir cherché en vain une nouvelle piste.
La scientifique n'avait rien trouvé sur place, et après avoir interrogé une nouvelle fois la famille de l'enfant, Beckett avait fouillé la chambre de la petite, à la recherche de n'importe quel indice.
Elle était épuisée et à bout de nerfs. Les mots de Rick tournaient en boucle et en boucle dans sa tête, et elle cherchait quelle réponse lui apporter quand ses yeux sombrèrent définitivement peu à après 23 heures.

C'est un léger de bruit de tiroir qui la tira des bras de morphée. Ouvrant les yeux péniblement, elle découvrit Castle , les mains dans la commode de la jeune Angela, en train d'en éplucher chaque recoin. Fronçant les sourcils, elle regarda la montre de son père, avant de lui demander en baillant:

- Tu ne devrais pas être à la maison ?
- Oh… je t'ai réveillée, murmura-t-il, embêté, en se retournant pour s'attaquer au lit de la petite. Je suis désolé, rendors-toi.
- Rick, pourquoi n'es-tu pas à la maison à cette heure-ci, et pourquoi fouilles-tu cette chambre ?
- Figure-toi que je suis rentré chez moi , j'ai même regardé pour la centième fois Elsa construire son château de glace
- Elsa ? répéta Kate, perdue, en s'étirant sous les yeux attentifs de Rick, qui n'en perdait pas une miette
- Oui, Elsa, la reine des neiges , je te jure qu'Alexis a dû me faire voir ce dessin animé presque autant de fois que tu m'as forcé à regardé la petite sirène.
- N'importe quoi. Et puis Ariel était trop cool, sourit-elle, repensant à toutes ces après-midi DVD quand ils avaient une dizaine d'années.
- Cool ? Je ne vois pas ce qu'il y a de cool avec une femme recouverte d'écailles. Je veux dire, une femme avec du chocolat ou du caramel….oui, ça c'est cool, mais avec des…..
- Castle, tu te perds là, soupira-t-elle, ne souhaitant pas connaître tous les détails de sa vie intime
- Heu, oui… tu as raison. Si je suis ici, c'est grâce à Monkey Bonky
- Ok , là c'est moi qui suis perdue.
- Eh bien disons que Monkey Bonky est un peu le Chewbacca d'Alexis. Tiens, d'ailleurs, tu as toujours Chewbi ? demanda-t-il, intrigué, en se redressant sans la lâcher du regard.

Il s'était souvent demandé, au cours de ces dernières semaines, si Kate avait gardé la peluche qu'il lui avait offerte des années auparavant. Elle avait une grande place dans son cœur et il espérait qu'elle ne l'avais pas jetée comme elle l'avait fait avec leur amitié.

Un brin gênée, Kate passa une mèche derrière son oreille, ne voulant pas admettre à haute voix que la peluche en question se trouvait dans sa table de nuit, tout comme son dernier roman. Se mordant la lèvre inférieure , elle préféra lui rétorquer :

- Chewbi n'est pas et n'a jamais été mon doudou
- Ton doudou ? Que c'est mignon, comme choix de mot , de la part d'un détective en homicide, pouffa-t-il
- Dis… tu es revenu juste pour m'agacer un peu plus ? siffla-t-elle, devant son air amusé. Parce qu'après être parti comme un voleur du commissariat , tu aurais pu t'abstenir de revenir pour me narguer ici , et….
- Je ne suis pas parti comme un voleur. Ton petit-ami nous a congédiés, et si je n'ai pas dit bonne nuit, c'est parce que tu semblais en grande conversation avec lui, je ne voulais pas déranger.
- Will n'est pas mon petit-ami, cracha-t-elle, énervée
- Ok, je rectifie ma phrase, « le mec qui partage ta salive nous a congédiés et… »
- Mon dieu, je pense que je vais t'abattre !
- Eh bien avant de m'abattre, tu devrais savoir que j'ai une piste, contrairement à ….
- Si tu dis encore que Will est …
- J'allais dire « Yin Yin », reprit-il, amusé, devant son regard noir.

Il adorait la sortir de ses gonds. Son visage avait la faculté de lui montrer une multitude d'expressions quand elle était contrariée, et puis c'était leur jeu à tous les deux depuis qu'ils étaient enfants…ils se titillaient à longueur de journée.

Sentant la migraine lui prendre la tête, Kate se massa les tempes et tenta de contrôler son énervement, avant de lui déclarer sur un ton las et fatigué :

- Quelle est ta piste ? Le doudou d'Alexis ?
- Non…je suis à la recherche du Chewbi d'Angela. …Quand Alexis était petite, elle emmenait son doudou n'importe où où elle allait. Elle ne l'oubliait jamais. Comme toi avec Chewbi quand tu es allée à Standford.
- C'est toi qui m'a obligée à le prendre, avec ton laïus sur l'importance qu'il avait dans notre relation, reprit-elle, encore plus agacée par cette facilité avec laquelle il avait détourné le passé et la conversation.
- Oh, je t'en prie, depuis quand on t'oblige à faire quelque chose que tu ne veux pas ?

Fronçant les sourcils, en se levant pour le fusiller du regard, elle le vit lui sourire et s'avancer vers elle, en prenant une photo de la petite, pour lui murmurer :

- Allez, j'arrête de t'embêter…..Regarde la photo, Kate…Angela le porte sur toutes les photos, fit-il en désignant du doigt un petit lapin blanc. Alors , il est où ? J'ai retourné la chambre et il n'est nulle part.
- Son ravisseur la connaissait si bien qu'il a pris le lapin avec lui ? chuchota, estomaquée, Beckett. Mais on a déjà vérifié les alibis de l'entourage des Candela. C'est pas les deux baby-sitters, ni la femme de ménage
- Mais qui a dit que toutes les baby-sitters étaient des adolescentes ? Parfois , on prend des proches pour garder l'enfant. Regarde Alexis, quand elle n'est pas avec moi c'est mère qui s'en occupe.
- Les grand- parents sont tous décédés, la famille plus proche de la petite est la sœur de la mère.… sa tante.
- Bingo ! sourit Rick, en déposant le cadre-photo sous les yeux admiratifs de Kate.

Elle avait passé sa soirée à retourner la chambre de la petite, et à aucun moment elle n'avait remarqué le détail du doudou. Sous le charme et l'implication de son ami sur cette affaire, elle lui sourit à nouveau , avant de le voir faire demi-tour vers la porte en lui déclarant :

- On va vérifier ce que faisait « tata » au moment de l'enlèvement ?
- Oui….mais attends
- Oui ?
- A propos d'aujourd'hui, à propos de ce que tu m'as dit, balbutia-t-elle, soudainement mal à l'aise
- Hum
- Je suis désolée
- Désolée ?
- Je suis désolée si tu penses que ta place à mes côtés n'est pas désirée.
- Kate, je sais que le fait que Montgomery t'a imposé ma présence a dû d'agacer, en plus de…..
- Depuis quand m'impose-t-on quelque chose que je ne veux pas ? rétorqua-t-elle, en reprenant ses paroles
- Heu…..jamais
- Bonne réponse , sourit-t-elle, en l'observant lui sourire en retour. Ecoute, tu as raison , on devrait discuter de nos tensions si l'on veut retrouver un semblant d'amitié entre nous. Alors dès que l'enquête sera close, je te propose un hamburger chez Remy's.

Il ne savait pas s'il devait être content que Beckett lui propose enfin de discuter, ou déçu qu'elle pose enfin un mot sur leur relation : amitié….Il avait espéré plus….il avait espéré que ses sentiments à son égard soient plus qu'une simple amitié.

Déglutissant devant sa requête, il hocha de la tête en la voyant perplexe devant son manque de réaction, et il lui répondit, en tentant de cacher sa déception :

- Un hamburger sonne bien.
- Fais pas cette tête, je te laisserai tremper tes frites dans mon milkshake, répliqua Kate, en tentant de comprendre pourquoi il semblait peiné.

Elle avait fait ce qu'il lui avait demandé. Elle avait fait face à la situation en lui proposant une discussion, elle lui avait même avoué avoir besoin de lui à ses côtés. Fronçant les sourcils, cherchant en comprendre ce qui clochait , elle le vit simplement ouvrir la porte, et répondre avant de partir :

- Seulement si tu le bois toujours à la fraise.

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La petite Angela Candela fut retrouvée dans la matinée dans un des nombreux appartements de sa tante, grâce à Castle.
La mère de la petite souhaitait la garde exclusive de son enfant , après avoir démontré que le père n'était pas assez fiable pour s'en charger. Elle avait donc manigancé tout ce stratagème d'enlèvement avec sa sœur, au détriment de la petite et de son papa.

Heureuse et rassurée par la tournure de l'enquête, Kate terminait de mettre le point final dans son rapport, quand Will s'installa près d'elle et lui murmura :

- Beau travail
- Merci….mais je n'ai rien fait. C'est Castle qui a trouvé la piste qui nous menait à l'enfant.
- La piste du doudou, tu veux rire ? sourit-il, hautain.
- Non . Je ne ris pas. S'il n'avait pas remarqué que le doudou manquait, on serait encore en train de chercher cette gamine.
- Peut-être ou…..on aurait envisagé d'enquêter sur la famille des Candela.

Le dévisageant de la tête aux pieds, Kate n'en croyait pas ses oreilles. Depuis quand était-il devenu aussi imbu de sa personne, et aussi présomptueux ?

- Alors je me disais qu'on pourrait peut-être aller fêter ça quelque part ?
- Fêter quoi ? ton ignorance totale de l'enquête ? ton orgueil mal placé ? Ou à quel point tu peux être un idiot fini ? demanda-t-elle , estomaquée par son aplomb
- Il y a une époque où tu aimais mon orgueil mal placé, rétorqua-t-il, un brin vexé, en se levant sans la lâcher du regard
- Il y a une époque, je devais être une idiote finie moi aussi, claqua Kate
- Ok, comme tu veux. Je n'ai pas envie de me disputer avec toi, je te laisse aux bons soins de ton écrivaillon. Au fait ? Il sait à quel point tu aimes ses écrits ? demanda-t-il dédaigneusement ,en apercevant Castle arriver vers eux, l'air un peu penaud et déçu.

Complètement furieuse devant son attitude enfantine et puérile, Kate se leva en fermant son rapport, avant de lui siffler, sur un ton sans appel que comprit très vite Will :

- Au revoir , agent Sorenson.

Sans un autre mot , son ex-petit-ami quitta le poste, sous le regard glacial de Beckett.

Rick, quant à lui, avait simplement ralenti le pas quand il avait vu, une nouvelle fois, "Mr beau sourire" faire les yeux doux à Kate. Il ne souhaitait pas se retrouver entre eux deux sans avoir rien à dire. L'affaire était close, il avait donc aucune raison de rester…aucune sauf…elle.

Il avait à cœur de discuter avec Kate, à cœur de crever cet abcès qui avait eu raison de dix années de leur amitié, à cœur d'accepter son retour dans sa vie en simple ami. Car après l'aveu de Beckett d'hier soir, Castle avait décidé de lui donner le temps et l'espace qu'elle désirait. Il ne voulait pas la brusquer, et certainement pas la perdre à nouveau.

Alors après avoir offert un emploi à Meredith dans une nouvelle pièce de théâtre à Los Angeles, sans qu'elle sache qu'il en était l'investigateur, il avait repris le chemin du poste, en espérant pouvoir un jour conquérir le cœur de sa meilleure amie.

Perdu dans ses ruminations, il n'aperçut pas la sortie de Sorenson, et encore moins l'arrivée de Kate à ses côtés. Le dossier à la main, elle l'observait regarder au loin un mur. Souriant , elle lui mit une pichenette sur le nez, en lui déclarant :

- Debout, la belle au bois dormant
- Aïe !
- Toujours aussi douillet
- Et toi , aussi brutale ! ronchonna-t-il, en se frottant le nez
- Arrête donc tes jérémiades. Tu es encore ici ?
- Je… oui…j'allais me faire un café , mentit Rick, en n'osant pas réclamer ce tête à tête qu'elle lui avait promis.

Lui souriant, elle hocha simplement de la tête, avant de lui répondre :

- Laisse-moi déposer le dossier sur le bureau du Capitaine, et on pourra boire ce café à l'extérieur.
- Tu veux aller boire un café ? reprit-il, surpris
- Je….. oui…enfin sauf si tu préfères cet hamburger que je t'ai ….., balbutia-t-elle , en pensant qu'il avait peut-être d'autres projets.
- Sorenson risque de ne pas être content que….
- Premièrement, je n'ai pas besoin de la permission de Will pour sortir discuter avec un ami, et deuxièmement, je n'ai aucun compte à lui rendre.
- Aucun ? fit béatement Rick
- Aucun….alors, partant pour ce milkshake et cet hamburger ?
- Oh oui ! sourit-il, en la voyant commencer à partir vers le bureau de Montgomery. Heu…dis-moi, Beckett, tu le prends toujours à la fraise, ton milkshake ? demanda Castle sur un ton inquiet à l'idée de ne pas recommencer leur rituel.

Amusée de le voir aussi perplexe sur le parfum de sa boisson, elle lui sourit, avant de lui chuchoter:

- Toujours. Tu pourras encore mettre tes frites dans mon milkshake

- Oh mon dieu...c'est d'un sexy quand tu dis ça, je m'imagine plein d'images dans ma tête, c'est coquin, Beckett, la taquina-t-il alors qu'elle lui souriait en se mordant la lèvre.

- Ah oui? Pense ce que pourrais induire le mot "fallacieux" dans ta tête dans ce cas, répliqua-t-elle en le laissant la bouche ouverte alors qu'elle rentrait dans le bureau du capitaine.


Entre les révisions pour mes concours, le boulot et les enfants, je vous fait un petit coucou avec ce chapitre. Sorenson et Meredith sont sortit de l'image reste plus que notre Caskett et Rémy's. A très vite? Bon fin de semaine à tous.