CHAPITRE 18
- Mais qu'est-ce que c'est que cet endroit ? demanda Kate en observant les lieux.
Elle venait tout juste d'arriver dans un magasin douteux de la septième avenue, grâce aux conseils avisés et amusés de Rick. Ici se mélangeaient tatoueurs, costumes effrayants et autres facéties. Mais c'est surtout l'ambiance mystique qui s'en dégageait qui attira l'œil de Beckett.
Des potions à effet de fumée, des livres de magie et une prêtresse un peu glauque apportaient la touche finale à ce décor plus que douteux d'après elle.
Levant un sourcil, en regardant Rick s'extasier devant cet endroit, elle lui déclara :
- J'espère que ce n'est pas une blague pour t'amuser un peu, parce qu'on est sur une enquête, là.
- Fais-moi confiance, sourit-il, tout heureux. Je n'arrive pas à croire que tu n'es jamais venue ici!
- Pourquoi ça ?
- Oh arrête, tu adores Halloween et les costumes, et cet endroit, c'est l'endroit idéal pour ça.
- Hum, acquiesça-t-elle, non convaincue
- Comment ça, hum ?
- Halloween a toujours été plus ton truc que le mien.
- Plus mon truc que le tien ? fit-il sur un ton théâtral et outré. Ce n'est pas moi qui adorais assortir nos costumes.
- Cela n'empêche pas d'éviter la faute de goût, sourit-elle devant son air contrit. Quoi ? On était toujours ensemble pour la tournée des maisons, et j'ai toujours aimé être à la mode.
- Kate, tu adorais Halloween
- Certaines choses ont changé depuis, souffla-t-elle
- Comme quoi ?
- On ne peut pas vivre comme un enfant de quatre ans tous les jours. On a grandi, on a mûri….enfin, j'ai grandi , j'ai mûri, pour toi, c'est une cause perdue, sourit Beckett, en se souvenant que la semaine précédente, il était venu en trottinette au poste.
- Ha, ha, ha, très drôle, ronchonna-t-il en observant des costumes devant lui. Oh , j'ai une idée, on pourrait choisir tes vêtements pour ma fête d'Halloween. …Par exemple…la nurse coquine ? la taquina-t-il en lui montrant une tenue plus que subjective d'infirmière, alors qu'elle roulait des yeux. Quoi ? Je peux toujours m'assortir avec toi et jouer au docteur. Tu te souviens quand on jouait au docteur, Beckett ? On avait quoi ? neuf ans ? Et tu étais déjà très consciencieuse à l'époque.
- Je n'essaierai pas de costume pour toi, Rick…même pas en rêve.
- Oh allez, autant joindre l'utile à l'agréable. Ça t'évitera de courir faire les boutiques avant demain soir.
- D'abord qui t'a dit que je viendrai demain à ta soirée ?
- Eh bien, je…
- Richard Castle ! les interrompit le gérant du magasin, tout sourire, alors que Rick dévisageait Kate.
Il lui avait parlé de sa soirée depuis des semaines. Il n'arrêtait pas de s'extasier sur le fait de pouvoir fêter une nouvelle fois Halloween ensemble. Elle avait toujours adoré cette fête, et ils avaient aimé pouvoir se déguiser et jouer à être une autre personne tout en réclamant des friandises.
Ces soirées avec Kate avaient toujours été un souvenir inébranlable pour lui, et il espérait que cette soirée d'Halloween serait le commencement de nouveaux souvenirs pour eux .
C'est donc un brin curieux et déçu qu'il l'observa mener son interrogatoire avec le gérant, en perdant peu à peu son enthousiasme. Halloween sans Kate cette année n'était pas imaginable pour lui.
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Leur venue dans ce magasin leur avait permis d'identifier la victime : Matthew Freeman, jeune homme fétichiste des vampires, qui se faisait nommer Corbeau dans sa communauté. Etudiant dans une école d'art , il était en pleine composition de son propre roman graphique.
Ils n'avaient plus échangé un mot sur la soirée depuis leur départ de la boutique. Castle tentait de comprendre pourquoi elle ne souhaitait pas venir chez lui le lendemain soir, et Kate n'avait pas remarqué le trouble de Rick.
Après un saut rapide à son appartement, Castle et Beckett étaient revenus au commissariat à la recherche de la petite-amie supposée de la victime.
Installé près de Ryan, Rick observait les différents site de recherche dans lequel devait apparaître la petite-amie de Corbeau , quand Kévin tomba enfin sur le profil désiré . Une jeune femme brune à longs cheveux, en déshabillé, avec des canines, souriait à l'écran. Sa tenue ne laissait aucune place à l'imagination, et c'est tout sourire que Castle demanda, amusé, à Ryan :
- Vous croyez que c'est des vraies ?
Au regard de Kate, il déglutit et ajouta :
- Je parle des canines bien sûr
- Bien sûr, oui, marmonna-t-elle en le dévisageant
- Quoi ? En tant que célibataire, je peux regarder le menu
- Le menu ? C'est une personne, pas ton quatre heures, rétorqua Kate
- C'est simplement une façon de parler, je…
- « Diablesse, la maitresse des nuits sanglantes », les informa Ryan, tout en interrompant leurs chamailleries. Sa confrérie s'appelle « l'antre de la perdition ».
- Sa confrérie ? releva Beckett, en observant d'un peu plus près le site
- Oui, appartenir à une confrérie de vampire c'est comme appartenir à une religion ou un club. Vous aimez le golf ? moi aussi j'aime le golf . Vous aimez boire du sang, moi aussi, j'aime boire du sang, s'expliqua l'irlandais, en haussant les épaules avec désinvolture.
A son explication, Kate et Rick le dévisagèrent avec une telle insistance, qu'il tenta de s'expliquer :
- Quoi ? je…ok, je suis sorti avec une fille qui avait ce genre de délire
- Et qu'est-ce qui s'est passé ? Vous n'aviez pas le même groupe sanguin ? pouffa Rick, tout heureux à l'idée de le taquiner un peu
- Non, elle a voulu faire l'amour dans un cercueil….. je veux bien être ouvert d'esprit, mais pas à ce point-là.
- Dans un cercueil, s'étrangla Kate, en imaginant très bien la scène. C'est tellement….
- Glauque et …..excitant, sourit Rick, en rêvassant
- Excitant ? répéta Beckett, incrédule, alors que Ryan se levait pour terminer ses recherches auprès de Tory.
- Oui…imagine un peu la scène…..toi, en tenue vampiresque minuscule, avec des canines, et moi en simple victime…..victime de tes charmes, bien sûr.
- Castle, soupira-t-elle, en le voyant perdu dans ses fantasmes
- C'est très excitant, Beckett….et puis qu'importe le lieu quand il s'agit de te faire l'a…..
- Rick ! l'interrompit-elle, outrée et rouge de honte, en observant si on pouvait les entendre
Comment avait-il pu dire cette phrase à voix haute ? Comment avait-il pu se laisser ainsi dans le commissariat ? Complètement dépassée par la situation, elle se retourna pour lui infliger une blessure physique, quand il se mit à rire de son effarement et lui rétorqua tout sourire :
- Tu es si facile. Et si….prude !
- Je ne suis pas prude !
- Oh si !
- Non ! se défendit-elle en croisant les bras sans le lâcher du regard.
- Oh si…..Kate Beckett est …prude !
- Castle, grinça-t-elle
Heureux de la taquiner un peu plus, Rick sourit en la scrutant des yeux, et lui rétorqua avec beaucoup d'amusement dans la voix :
- Non ? Pas prude ? … Ok….alors dis-moi l'endroit le plus insolite dans lequel tu t'es envoyée en l'air
- Ça ne te regarde pas !
- Et voici miss Prude à nouveau, rit-il
Se mordant la lèvre inférieure d'énervement face à son attitude « j'ai tout vu et j'ai mieux fait », Kate se rapprocha tout doucement de lui, à un tel point que leur souffle se mêlèrent et que le rire de Castle s'estompa pour le faire déglutir d'appréhension. Les yeux dans les yeux, elle pouvait sentir sa respiration s'accélérer . Sournoisement , elle lui sourit et lui murmura :
- Rappel-moi qui t'a appris à embrasser, "Mr J'ai peur de Dobra Dobkins"
- Je...
- Et tu ne me trouvais pas si prude lors de notre deuxième round à l'hôtel, le coupa-t-elle tout sourire
- Je … je…., balbutia Rick, pris au dépourvu par sa réplique et par son rapprochement
- Et….je n'avais aucune expérience à ce moment-là…alors imagine un peu, Castle….dix années après…. Ça doit être pas être trop dur d'imaginer pour écrivain, si ?
- Je…je…..
- Je suis tout sauf …..prude, chaton.
- Beckett, déglutit Rick difficilement.
- Tu sais, Rick…..tu es…tellement….facile ! rit-elle à son tour, en s'éloignant de lui , fière de son effet mais également affectée par tous les souvenirs de cette nuit-là qu'elle évoquait.
Fermant les yeux, en se retournant , elle partit en salle de pause pour se reprendre un peu. Evoquer ce pan-là de leur vie, même pour le taquiner, lui renvoyait toujours autant de regrets et d'amertume. La boule au ventre, elle passa une main dans ses cheveux et inspira plusieurs fois pour reprendre ses esprits.
Castle, lui, resta la bouche ouverte et des images plein la tête , face à la réplique de Kate.
Flashback.
Lové dans les bras de Kate, Rick tentait de reprendre ses esprits. Ils venaient tout juste de faire l'amour tous les deux. Les yeux au plafond, ses mains autour du buste de Beckett, il souriait comme un bienheureux quand elle lui chuchota, les lèvres sur son torse :
- Ne me quitte pas
- Jamais, Kate
Sentant son étreinte se refermer sur lui, il l'entendit soupirer lourdement. Anxieux à l'idée qu'elle ne regrette, il lui demanda fébrilement :
-Ça va ?
- Oui….c'est juste que…, soupira Kate
- Oui ?
- Elle me manque Rick… elle me manque tellement, avoua-t-elle, la gorge nouée, en repensant à l'enterrement
- Je sais, elle me manque aussi
- Je me rends compte qu'elle ne sera plus jamais là. Elle ne sera plus là pour moi. Elle ne me verra pas finir mes études ou me marier…elle ne sera pas là quand je serais malheureuse ou heureuse…elle est partie …..et j'ai encore tellement besoin d'elle.
- Je sais, soupira-t-il , les larmes aux yeux, en humant son odeur de cerise
- Mais…..je…., déglutit-elle en relevant la tête pour ancrer son regard dans le sien.
Elle avait l'air tellement fragile, tellement brisée malgré son sourire timide, que Castle lui caressa tendrement le visage en craignant qu'elle ne regrette ce qu'il s'était passé. Il venait de passer le plus merveilleux moment qu'il soit avec elle. Il lui avait fait l'amour avec tout son cœur et son amour…..et il était terrifié à l'idée qu'elle puisse vouloir faire marche arrière. Le cœur lourd, il la poussa à continuer :
- Dis-moi
- Elle me manque mais…mais…..enfin, je….
- Oui ?
- Tant que tu es là avec moi…..tant qu'on sera tout les deux, ça ira , non ? demanda-t-elle, anxieuse et apeurée.
Souriant devant la déclaration qu'elle lui faisait, il s'avança doucement et lui chuchota, avant de s'emparer de ses lèvres:
- Je serai toujours là….toujours.
Il se souvint avec quelle manière elle l'avait embrassé cette nuit-là . Ses baisers n'étaient qu'amour et douceur. Ses caresses que tendresse et dévotion. Doucement, elle surplomba son corps pour venir s'agenouiller sur son abdomen sans lâcher son baiser. Ses effluves de parfum enivraient tous ses sens.
De ses doigts, elle caressa son buste avant de mordiller sa lèvre inférieure, ce qui le fit gémir de plaisir.
Les mains de Rick passaient de son dos musclé à ses hanches quand elle lui murmura, timidement:
- Je t'aime Rick… je t'aime tellement...Ne me quitte pas.
- Jamais. Je t'aime aussi, Kate, déglutit-il sous son regard rougi par l'émotion des dernières heures.
Lui souriant tendrement, elle décala son bassin pour entrer en contact avec l'évidence de son désir. Gémissant, le corps frissonnant sous les doigts de la femme qu'il aimait , il s'abandonna une seconde fois à son étreinte.
Fin du Flashback.
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La fin de journée se déroula assez maladroitement. Kate tentait vainement de ne pas se retrouver seule à seul avec lui, et Rick…Rick était toujours en train de revivre encore et encore cette nuit-là. Il n'avait de cesse de se remémorer chacune des caresses, chacun des baisers qu'ils avaient partagés. Par moment, il l'observait avec tellement de dévotion que Kate baissait les yeux en déglutissant.
Elle se maudissait d'avoir remis sur le tapis cette nuit-là, elle voulait juste le taquiner, et n'avait pas réellement pensé à la teneur de ses paroles avant qu'elles ne soient prononcées. Désormais, elle pouvait voir dans chacun des regards de Rick de l'amour, de la mélancolie et une certaine nostalgie.
C'est donc avec soulagement que Beckett rentra dans son appartement dans la soirée, avec un plat à emporter et son téléphone à l'oreille :
- Oui, papa, je vais bien
- Tu me sembles fatiguée, chérie, s'inquiéta le patriarche
- Mais non, je ne suis pas plus fatiguée que d'habitude, éluda-t-elle en se débattant avec ses clefs et sa nourriture
- Très bien, abdiqua Jim, sentant que sa fille enrobait quelque peu la vérité. Comment va Richard ?
Depuis que Kate lui avait dit que Castle la suivait désormais dans ses enquêtes, Jim était fou de joie. L'idée que sa fille renoue avec son ami d'enfance lui gonflait le cœur , et, la savoir sous la protection de Richard soulageait aussi ses nuits.
Kate n'aurait jamais dû être flic, elle n'aurait jamais dû être exposée autant au danger. Elle aurait dû être magistrat, avocate ou juge…..elle avait un tout autre avenir tracé, mais la mort de sa mère avait tout chamboulé, et Jim culpabilisait énormément de ne pas avoir été le père dont elle avait besoin à cet instant là de sa vie.
Il avait sombré dans la bouteille, en oubliant le plus beau cadeau que Johanna lui avait laissé : leur fille unique.
Depuis que Kate avait prêté serment, le patriarche n'avait plus dormi sur ses deux oreilles. Il redoutait à chaque instant cet appel qui chamboulerait une nouvelle fois son existence. Alors savoir Castle dans les parages dorénavant, dans la vie professionnelle et personnelle de sa fille, enchantait Jim.
- Rick va bien, répondit-elle ,en déposant ses mets sur sa table
- Il m'a invité à sa soirée d'Halloween, mais je ne pourrai pas y être.
- Pourquoi donc ?
- Je vais pêcher avec Roger, je m'en suis excusé …et toi, Kathie, tu sais comment tu vas te déguiser ?
- Oh….je ne sais pas si je vais m'y rendre aussi, avoua-t-elle
- Pourquoi ?
- Parce qu'il a aussi invité les gars, Lanie et le Capitaine. Quand Rick fait une fête, il faut aussi qu'il invite tout le poste, ronchonna-t-elle en soupirant
- Et je ne vois pas où est le souci, ce sont tes amis, Kathie
- Ils le sont…. c'est juste que je ne veux pas mélanger vie professionnelle et personnelle
- Personnelle ? Il y a-t-il quelque chose que je devrais savoir ? sourit, heureux,, Jim
- Papa !
- Quoi ? Si tu ne veux pas mélanger vie personnelle et professionnelle, c'est qu'il se passe quelque chose, non ?
- Non !
- ….Alors quel est le souci ?
- Je…..j'aime simplement distinguer ces deux pans de ma vie, marmonna Kate, en pensant aux gars et à leurs allusions à longueur de journée. C'est déjà pas simple de travailler avec son ami d'enfance, entourée de machistes, alors passer ces soirées avec lui, à la vue de tous, contribuerait à alimenter les ragots.
- Kathie, la vie est trop courte pour se formaliser sur ce genre de choses. Tu devrais simplement penser à t'amuser un peu et profiter de ton ami.
- Profiter de Rick ? depuis quand dis-tu à ta fille de profiter de son ami ? le taquina-t-elle, en se souvenant de toutes les fois où son père s'était fait des cheveux blancs. Je me souviens d'une fois où tu as agrandi la cabane dans les bois pour ne pas que je profite de ce dit-ami.
- Tu n'avais que quinze ans à l'époque ! se défendit Jim, en se remémorant le sourire amusé de sa femme quand il avait pris le marteau et la scie pour la nouvelle cloison.
- Eh la fois où tu nous a surpris à nous embrasser ? Ou le moment où…..
- C'est bon , c'est bon, ronchonna-t-il, sous le rire de Kate. Je me souviens très bien de ces moments-là, je suis vieux, pas sénile…..Mais…..Ma fille a grandi et la vie m'a appris qu'il faut savoir profiter de chaque instant. Kathie, depuis que Richard est revenu dans ta vie, tu te mets à sourire à nouveau, à rire de nouveau, je suis…
- Hey,ho , je vivais bien sans lui , contra-t-elle en ruminant. Je n'avais pas besoin de Rick pour rire.
- Chérie, tu survivais….c'est différent de vivre. Kathie, tu adores Haloween, tu adores Richard alors je ne vois pas où est le souci.
Soupirant devant les mots de son père, Kate se laissa choir sur sa chaise de salle à manger, et déclara, en se mordant la lèvre inférieure :
- Alors tu pars pêcher combien de temps ?
- Kathie, soupira son père devant sa tête de mule de fille
- Il va faire beau temps , tu vas pouvoir en profiter, ajouta-t-elle, la boule au ventre, en repensant aux paroles de son père
- Hum
- J'espère que tu t'amuseras
- J'espère aussi que tu en feras autant demain
- A bientôt, papa
- A bientôt chérie, je t'aime
- Moi aussi, soupira Kate avant de raccrocher sur un ton las.
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Elle s'était couchée en ruminant, et s'était levée avec la même humeur. Toujours indécise par rapport à sa soirée, elle avait rejoint le poste pour rencontrer la famille de la victime, et faire avancer l'enquête. Elle avait rendez-vous à 14 heures au loft pour une petite discussion plus que gênante avec Alexis, et elle était bien décidée à travailler un peu avant.
Castle ,quant à lui, faisait les cents pas dans son appartement en voyant fatidique arriver. Il avait prévenu Alexis de l'arrivée imminente de Kate. La jeune adolescente avait été surprise de découvrir que l'ami de son père allait la garder quelques heures le temps que Rick puisse aller signer quelques papiers chez Black Pawn.
Levant le regard pour voir son père baisser les yeux devant elle, elle soupira en sentant qu'il lui cachait quelque chose. Depuis quelques jours, il agissait différemment avec elle. Il lui apportait de nouveaux sous-vêtements , n'arrêtait pas de lui demander comment elle se sentait, et ne faisait que l'épier dès qu'elle avait le dos tourné.
Fronçant les sourcils, elle allait lui demander ce qu'il complotait quand la sonnerie de la porte d'entrée l'arrêta. Soupirant, elle le vit partir à la hâte pour saluer Kate :
- Hey, tu vas bien ?
- Bien. Excuse-moi pour le retard, l'affaire a pris un nouveau tournant
- Ah bon ? Qu'est-ce que j'ai manqué ? demanda-t-il, déçu de ne pas pouvoir assister Kate les week-ends en ce moment
- Oh ne fais pas cette tête-là, je t'ai apporté de quoi bosser le temps que je reste avec Alexis, sourit-elle en lui tendant un BD.
- Une bande dessinée ! ça me rappelle quand on allait à Comicadia étant gamins, s'extasiât-il
- On a passé des bons moments
- De très... très bons moments, sourit-il, plein d'allusions dans la voix, ce qui fit lever les yeux au ciel à Kate.
- Tu ne peux rien prendre au sérieux, non ?
- Non…..alors, rit-il devant son agacement. Tu m'as apporté, quoi ?
Il était complètement intrigué par la BD qu'il avait dans les mains. Ouvrant les pages une à une, il entendit Kate lui dire, en entrant dans le salon :
- La victime écrivait ce roman graphique. Il était totalement obsédé par ça. Il y a peut-être une piste là-dedans.
- Quoi ? tu penses qu'il a noté le nom de son assassin dedans ? se moqua Rick
- La plupart des auteurs en herbes retranscrivent leur vie réelle sur le papier. Il change l'histoire, les faits mais il y a toujours un semblant de vérité
- Hum, gémit-il, peu convaincu
- Regarde…Nikki Heat n'existe pas pourtant tu te l'es inspirée de moi. Tout comme Clara Strike, ou…..
- Attends, attends, je rêve ou tu viens de me nommer dans les auteurs en herbes ! s'indigna-t-il, alors que Kate pouffait de rire, en avançant un peu plus dans le loft.
Toujours installée sur un tabouret de l'ilot central, Alexis écoutait d'une oreille la conversation, quand son regard se fixa sur Beckett qui arrivait près d'elle :
- Bonjour, Alexis
- Bonjour détect…..Kate, se reprit-elle, devant son regard qui en disait long
- Kate ! je suis un auteur renommé !rumina toujours Rick derrière elle
- Castle, ce n'était qu'un exemple
- Un exemple ! Tu m'as comparé à cet étudiant mangeur de sang et en herbe
- Je te donnais qu'un exemple pour étayer ma théorie. Maintenant, si c'est compliqué, je lirai moi-même la BD…après tout, je n'ai pas de bon bouquin en ce moment à lire, ajouta-t-elle, pour le taquiner un peu plus
- Je….tu….. arght ! s'exclama Castle, alors qu'Alexis et Beckett riaient devant sa mine boudeuse.
Elle adorait ça...le taquiner jusqu'à l'énervement. Il avait toujours cette ride sur le front, ce même regard de chien battu et la même gestuel qu'à ces vingt ans. Souriant devant son habitude, Kate lui déclara gentiment:
- Allez, va donc chez Black Pawn , je m'occupe d'Alexis
- Vous savez , je peux très bien rester seule
- Ça ne me dérange, répondit aussitôt Kate en souriant
- Tu es sur une enquête et….
- J'avais besoin d'une pause….,en plus….. eh bien…..
- Oui ? demanda Alexis, sous le regard de Rick qui avait peur que Kate vende la mèche
- J'ai toujours voulu te connaître….. alors passer un peu de temps ensemble, je trouve ça cool
- Moi aussi, sourit gentiment la rouquine devant l'aveu de Beckett. Je vais enfin savoir tout de l'enfance de mon père
- Heu…Kate, s'inquiéta Castle
- Alexis, je crois que tu fais peur à ton père
- Je sais…. et j'aime plutôt ça, rit la jeune fille devant le visage blême de son père
- Vous êtes…affreuses, toutes les deux ! sourit-il, en prenant son manteau. Alors, je…j'en ai pour une heure ou deux.
- Va-y Rick, on va discuter toutes les deux
- Je ne sais pas si je dois être heureux ou terrifié, avoua-t-il en ouvrant la porte. A tout à l'heure ?
- A tout à l'heure, acquiescèrent d'une même voix les deux jeunes femmes.
Les observant encore quelques secondes, Castle sentit son cœur se gonfler d'amour à la vision de sa fille et sa meilleure amie réunies dans la même pièce. Souriant, il sortit du loft avec la BD en main, en se demandant bien où il pourrait aller désormais….
Désolé pour le retard de publication. Mon concours se déroule le 7 avril et j'espère avoir plus de temps par la suite. EN tout cas, je te tenais à tous vous remercier pour votre assiduité et vos commentaires. Vous êtes géniaux.
