CHAPITRE 22
Assise dans le SUV de l'agent Jordan Shaw , Kate écoutait attentivement le nom du suspect ainsi que les antécédents de ce dernier que sa comparse lui notifiait pendant que Rick s'amusait à l'arrière avec tous les objets du FBI qu'il trouvait sous la main .
Deux sentiments animaient à cet instant Beckett, l'énervement et l'espoir. L'énervement d'avoir encore une fois été interrompue pendant une conversation importante avec Castle, et l'espoir…l'espoir que cette enquête se terminerait vite avec ce suspect, et qu'elle pourrait enfin trouver le temps et le courage de s'expliquer avec son meilleur ami.
Depuis la soirée d'Halloween , elle avait fui pour pouvoir faire le point sur ses sentiments et sur ses désirs, et finalement , elle se rendait compte que c'était stupide. Elle l'aimait, elle le savait, elle l'avait toujours su. Il avait été et serait toujours son « seul et unique », mais la blessure qu'il avait infligée à son cœur après ce premier matin ensemble ne pouvait pas s'effacer comme ça.
Finalement , elle avait juste besoin de temps pour lui pardonner, pour apprendre à le connaître à nouveau. Elle avait besoin d'être aux côtés de lui en tant qu'amie avant d'espérer, peut-être, autre chose. Elle espérait juste qu'il lui offre ce temps qu'elle désirait tant. Perdue dans ses pensées, elle en fut sortie avec la voix de Jordan qui lui faisait un débriefing :
- Donald Sault, deux fois condamné pour homicide involontaire et mis en liberté conditionnelle en 2016. Son empreinte correspond à l'une de celles trouvées par votre équipe à la gare de Grand Central
- Une empreinte de Sault, sur chaque lieu du crime, je pense qu'on le tient, non ?
- Certainement, mais je préfère ne pas trop m'avancer dans ce genre de situation, acquiesça Jordan, en observant un immeuble en face d'elle. Sault habite ici, d'après son employeur, il a quitté son travail il y a une heure. Il devrait être chez lui, on attend les autres et on va le cueillir.
- Très bien , soupira Kate, qui avait hâte que cette affaire se termine.
Souriant devant son empressement flagrant à mettre cette histoire derrière elle, Jordan se retourna pour regarder Rick s'amuser avec des jumelles thermiques.
- Il fait quoi, là ? demanda-t-elle à Beckett
- Il…..il touche à tout
- Des lunettes à vision infrarouge . Ce n'est pas le dernier modèle celui-là , observa Castle, en regardant Jordan curieusement.
- Quoi ?
- Rien….je….Et si dans mon prochain roman, Nikki Heat travaillerait avec une profileuse du FBI, très séduisante et parfaitement insensible, ça s'appellerait des femmes de sang froid. …Peut-être pas, non, déglutit-il devant les regards de Jordan et de Kate qui en disaient long sur ce qu'elles en pensaient.
Roulant des yeux devant son imagination, Kate se ré-installait convenablement sur son siège, en observant l'immeuble où Sault logeait , quand Jordan lui demanda, intriguée :
- Et vous couchez ensemble depuis combien de temps ?
- Quoi ? …non ! fit-elle, rouge de honte et prise au dépourvu par sa question. On ne couche pas ensemble, il ne fait que m'observer
- Oh oui, j'ai vu comment il vous observait, la taquina l'agent Shaw, alors que Castle sentit les yeux de Kate dériver vers lui
- Non, elle a raison. On ne couche pas ensemble. C'est même la relation la moins sexuelle que je n'ai jamais eue , à part avec ma seconde femme, assura-t-il, mal à l'aise.
- Je suis profileuse depuis longtemps, je n'ai pas l'habitude de me tromper
- Oh, oui ? Eh bien , cette fois vous avez tort. On ne couche pas ensemble.
- Vous n'arrêtez pas de le répéter. « on ne couche pas ensemble »…ce qui signifie « on ne couche plus ensemble ». Alors ? à quand remonte votre dernière danse horizontale ?
- Je…En quoi cela est-il pertinent à cet instant ? déglutit Kate, devant son insistance et son expertise
- On va faire équipe, et s'il existe un règlement pour éviter les coucheries entre collègues, c'est pour une bonne raison. Sur la ligne de feu, votre jugement ne doit pas être corrompu par vos sentiments.
- Euh…..techniquement, je ne travaille pas pour le 12ème, je suis consultant, alors on n'est pas vraiment collègues, se justifia Rick
- Et voilà, il l'a confirmé. Alors depuis combien de temps ?
- Castle ! fulmina Beckett, alors qu'il se grattait la nuque en l'observant, pantois
- Il n'y a rien à dire entre nous. Et je peux vous assurer que sur la ligne de feu, Beckett aura toute sa lucidité. Vous ne craignez absolument rien, agent Shaw.
Levant les yeux devant la réponse de Castle, Jordan observa quelques secondes Kate, et lui demanda :
- Si vous ne couchez plus ensemble, pourquoi le gardez-vous entre vos pattes ?
-...
- Vous avez toujours des sentiments pour lui ? enchaina-t-elle sans lui laisser le temps de formuler une réponse
- Croyez-le ou non, mais il peut s'avérer utile par moment, éluda Kate, alors que Rick était tout ouïe devant sa réponse.
- Utile, hein ? je vois, sourit-elle
- Pas de cette manière là!
- D'accord, si c'est vous qui le dites, abdiqua Jordan, qui n'était pas dupe devant le duo.
Elle était la plus jeune femme profileur au sein du FBI, elle était reconnue pour son expertise et son professionnalisme , elle ne se trompait que rarement. Alors les voir tous les deux nier l'évidence qu'elle avait sous les yeux, l'intriguait et l'amusait tout autant. Elle était aussi curieuse de voir ce duo en action. Le lieutenant Beckett semblait tellement sérieuse et distante, à contrario de son acolyte, que le profileur, qui sommeillait en elle, ne pouvait qu'avoir envie d'observer et étudier.
- Je peux être utile de cette façon là aussi
- Castle! siffla Kate
- Quoi? Je propose , tu disposes c'est tout, enfin, je dis ça comme ça moi , rit-il de son embarras alors que Jordan en faisait autant.
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L'arrivée de quatre SUV noirs derrière eux stoppa la discussion, au grand soulagement de Beckett qui n'aimait guère discuter de sa vie privée avec une parfaite inconnue . Sortant de la voiture, elle observait Jordan donner les dernières directives de l'assaut à ses hommes, quand Rick sortit du véhicule derrière elle en lui disant :
- Je devrais peut-être avoir un gilet pare-balles , non ?
- Eh bien, techniquement tu ne bosses pas pour le NYPD….tu n'es que consultant, donc en tant que tel , tu devrais rester dans cette voiture.
- Oh allez, tu sais que je cherchais un moyen de dévier la discussion, tenta Rick devant son regard sceptique
- Détourner la discussion de quoi ?... La police de New-York a une politique stricte en ce qui concerne les coucheries entre collègues
- Oh, oh, s'exclama-t-il, tout sourire, en la contemplant amoureusement attacher son gilet pare-balles
- Quoi ?
- Cette phrase me dit deux choses. La première c'est que la Rebel Beck's que je connaissais n'aurait jamais agi en fonction d'un règlement
- Et la seconde chose ? s'impatienta-t-elle, alors que Shaw revenait avec ses hommes
- Tu y as pensé, tu l'as envisagé…nous deux….., expliqua-t-il, en les montrant du doigt. "Des coucheries entre collègues"
- N'importe quoi
- Qui m'a dit, lors de notre première enquête, qu'un coupable n'a pas besoin d'étayer une explication s'il n'est pas coupable? Tu cherches une excuse. Alors lieutenant Beckett, on réfléchit à me voir bibliquement, une nouvelle fois ?
- Je….
- Et franchement, tu penses vraiment que ton règlement m'empêcherait d'être avec toi ?
- Je crois que tu prends tes rêves pour des réalités, siffla-t-elle, excédée qu'il ait raison
- Tu as raison, sourit Rick, les mains dans les poches, et heureux de savoir qu'elle imaginait un avenir entre eux .
Ces dernières semaines avaient été difficiles pour lui . Il la voyait s'éloigner de plus en plus chaque jour, et il avait peur de l'avoir effrayée à nouveau. Ils venaient tout juste de renouer leurs liens, et il ne voulait pas que ses sentiments la fassent fuir une nouvelle fois. Souriant , en l'observant gênée et rougissante, il la contempla quelques secondes, puis elle lui demanda, en vérifiant son glock :
- Merci….mais heu…j'ai raison , à quel propos ?
- Au sujet de prendre mes rêves pour des réalités. Tu es mon rêve…..tu l'as toujours été, avoua Castle, la boule au ventre, en la voyant lever ses yeux sur lui et ouvrir la bouche, d'embarras, et la refermer .
Complètement prise au dépourvu par sa déclaration, Kate resta figée, en cherchant quoi lui répondre. Elle ne s'attendait pas à pareil propos après des semaines à s'éviter, et surtout à quelques minutes de donner l'assaut . Comment cette simple discussion avait terminé par une déclaration sans équivoque de son partenaire ? Perdue, le cœur tambourinant , elle releva les yeux pour le voir la contempler avec ses jolis yeux bleus, et un sourire timide sur le visage.
Il semblait si incertain et si…peu sûr de lui, qu'elle pouvait revoir le Rick Rodgers de son enfance. Elle revoyait son meilleur ami. Le jeune homme timide, gentil, qui faisait toujours passer son bonheur avant le sien. Il semblait si peu sûr de lui que Kate sourit, en lui murmurant :
- Tu devrais rentrer dans la voiture, Don Juan
- Kate...
- Pas maintenant…s'il te plait, ajouta-t-elle devant sa mine de chien battu. C'est…pas maintenant, Rick.
Elle ne souhaitait pas le blesser, mais elle ne voulait pas non plus avoir ce genre de discussion devant une escorte du FBI, à quelques secondes d'une arrestation.
Prenant son glock en main, en tentant de ne pas se perdre dans son regard, elle l'entendit lui chuchoter avant de rentrer dans la voiture :
- Fais attention à toi.
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L'arrestation de Sault n'avait pas abouti à la fin de l'enquête, elle n'avait fait que soulever encore plus de questions. Le véritable tueur avait simplement payé le suspect avec une forte somme d'argent pour obtenir son auriculaire.
Si l'énonciation de l'alibi de Sault avait paru farfelu pour Kate, elle blêmit en se rendant compte que le pansement de Sault conduisait à une nouvelle piste .
La journée s'était alors accélérée. Castle et Beckett n'avaient pas eu une minute à eux, et leurs efforts avaient finalement été vains car le meurtrier avait à nouveau frappé.
Seulement cette fois-ci, il avait changé son mode opératoire. Là où gisait habituellement une victime, se trouvait simplement une mare de sang pouvant simplement indiquer qu'un meurtre avait eu lieu.
Dépitée et frustrée, Beckett avait été gracieusement congédiée de l'enquête, le temps d'une soirée, par l'agent Shaw. Les équipes du FBI cherchaient actuellement dans toutes les bandes vidéo du parking où la victime avait été tuée, si un indice leur permettrait de remonter vers l'assassin. En attendant, Jordan n'avait laissé aucune échappatoire à Kate . Elle devait rentrer et se reposer. Elle devait également rester sous bonne garde, avec une équipe affectée à sa sécurité devant son immeuble.
Contrariée par l'enquête et par l'attitude hautaine de Jordan, Beckett faisait les cents pas chez elle, le dossier de l'enquête dans ses mains, en tentant de trouver la faille qui leur permettrait de mettre fin à tous ces meurtres.
Ruminant d'exaspération et de fatigue , elle se stoppa net face aux grincements de bois devant sa porte, sur son pallier. Alerte et un brin anxieuse, elle attendit quelques secondes avant de réentendre le même son. Posant son dossier délicatement sur la table basse, elle se rapprocha à petits pas de sa porte d'entrée, en prenant en main son glock.
Inspirant calmement, elle mit la main sur la poignée, avant de compter mentalement jusqu'à trois.
A la fin de son décompte, elle ouvrit brutalement la porte, tenant en joue le nuisible qui tourmentait ses nerfs, avant d'entendre un hurlement de peur :
- Ah !
- Rick ! soupira-t-elle en observant son meilleur ami , une bouteille de vin rouge à la main, avec un air terrifié
- Kate !
- Mais qu'est-ce que tu fais là ?
- Heu….du vin ? déglutit-il, peu sûr de lui désormais.
Il tournait comme un lion en cage depuis son retour de la scène de crime. Malgré les sourires de sa fille , Rick sentait son estomac se nouer au fur et à mesure des minutes. Un malade visait Kate…..un psychopathe…et elle se trouvait seule dans son appartement ….
Déglutissant en observant l'heure tourner, il trouva finalement un soulagement à son stress quand sa mère daigna enfin rentrer pour assurer la relève avec Alexis. Après un dernier baiser à sa fille, en lui promettant d'être plus présent le lendemain soir, Castle s'était dirigé vers l'appartement de Kate.
Mais plus ses pas le rapprochaient d'elle , plus il angoissait. Il était terrifié par sa réaction, anxieux à l'idée de découvrir dans ces conditions son appartement pour la première fois, et …apeuré à l'idée d'arriver peut-être trop tard.
Après une énième hésitation, il s'était arrêté chez un caviste non loin de chez elle, en espérant l'amadouer avec une bonne bouteille de rouge.
Son anxiété ne le quitta pas et finit par culminer quand elle ouvrit la porte de son appartement, le revolver en main et pointé sur lui. Déglutissant devant son regard, il lui tendit sa bouteille de vin en balbutiant :
- Je peux…rentrer ?
- Je….. oui, soupira-t-elle en baissant son arme, pour ouvrir ensuite un peu plus grand sa porte d'entrée. Entre!
- Merci
Doucement, il entra dans l'appartement de Beckett. Ses yeux observèrent chaque recoin pour en mémoriser tous les détails. Etre ici était étrange pour lui, surtout dans ces conditions. Il avait toujours espéré qu'un jour elle lui proposerait une soirée DVD, ou une discussion devant un plat à emporter, pour simplement lui faire découvrir son espace. Il n'avait jamais envisagé devoir venir chez elle, à l'improviste, simplement pour soulager ses maux.
Curieux et intrigué, il contemplait chaque recoin quand il l'entendit lui demander, sur un ton amusé:
- Tu veux peut-être une visite ?
- Oh, je…..oui…. en fait, j'aimerais beaucoup
- Tu plaisantes, là ?
- Non. J'aimerais beaucoup découvrir ton chez toi, sourit-il, en tombant sur sa bibliothèque pleine de ses livres
- Il n'y a rien d'extraordinaire. Tu es dans la pièce principale, sur ta gauche se trouve la cuisine, et dans le couloir du fond, il y a ma chambre et ….. Castle ! l'interpella-t-elle en le voyant partir à la découverte de son appartement.
Heureux et amusé, il déambula dans le couloir, découvrant la salle de bain avec une baignoire en fonte et un lave main, des toilettes séparées, et une porte close. Intrigué , il lui demanda, en la voyant apparaître à ses côtés dans son legging noir et son tee-shirt violet :
- Tu n'as qu'une chambre ?
- Oui, c'est bien assez suffisant pour une seule personne, rumina-t-elle
- Je peux ?
- Quoi ? …non ! répliqua-t-elle, en le voyant pointer du doigt sa chambre à coucher
- Tu fais une piètre visite si je ne peux pas accéder à toutes les pièces
- Oui, et bien certaines pièces sont privées !
- Ok, là tu attises ma curiosité, la taquina Rick. Qu'est-ce que tu caches dans ta chambre à coucher? Des menottes? Des jouets sexy ou toute la collection de...
- Castle !
- Oui ? sourit-il, tout heureux
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Ici, chez toi ? Ou ici …..près de ta chambre ?
Devant le regard qu'elle lui lança, il effaça son sourire, et leva les mains en l'air en signe de reddition, en lui déclarant sérieusement :
- Que sont devenus les hommes assurant ta sécurité ? Je ne les ai pas vus en venant.
- Je les ai renvoyé quand je suis arrivée, répondit-elle, alors qu'il soupirait devant sa réponse. Quoi ? Les fenêtres sont fermées, la porte est fermée, je suis armée.
- Armée ou pas, tu n'es pas super woman
- Rick
- Oui ?
- Que fais-tu ici ?
- Si je te disais que je suis venu boire un verre et regarder un DVD, tu me croirais ? …..non, bien sûr que non, rumina-t-il, en s'apercevant qu'elle perdait patience . Ok, je suis venu pour assurer ta protection
L'observant pendant quelques secondes, Kate se demandait s'il blaguait une nouvelle fois ou s'il était réellement sérieux. Devant son regard, elle se mordit l'intérieur de la joue pour se retenir de sourire, et lui répondît :
- Tu penses faire fuir le tueur avec tes traits d'esprits ?
- Il y a un psychopathe qui tue et te menace à cause de moi, je ne te laisserai pas seule une minute
- C'est absurde, et tu…
- Je ne rentrerai pas, répéta-t-il fermement, en sortant du couloir pour partir déboucher la bouteille de vin rouge.
Lentement, il inspira en priant qu'elle ne le congédie pas. Il était venu sans avertir, et s'apprêtait à passer la nuit dans son appartement sans son autorisation. S'il était certain que sa décision était justifiée, il craignait encore qu'elle ne le rejette pas avec virulence.
Baissant la tête, il attendait le verdict quand il fut surpris par l'apparition de deux verres de vin sous ses yeux. Levant le regard, il tomba sur son regard émeraude, et il sentit toute son hésitation et sa timidité quand elle lui déclara :
- Si tu restes ici, tu dors sur le canapé
- Quoi ? Tu refuses de faire une pyjama party ?
- Castle
- Je plaisante, je plaisante.
- Et pour qu'on soit clairs, je dors armée.
- Oh arrête, on sait tous les deux que tu ne me tirerais pas dessus
- Tu veux parier ?
- Je….. non, déglutit-il devant son regard.
- Bien
- Bien.
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Assis l'un à côté de l'autre sur le sofa de Kate, ils mangeaient tout en discutant de l'affaire. Après que les règles pour la nuit avaient été énoncées, Beckett avait commandé chinois pour tous les deux, et avait commencé à reprendre chaque point de l'enquête avec Rick.
- Pourquoi il n'a pas laissé le corps de la troisième victime dans le parking ?
- Il change les règles, il s'amuse
- Hum…ou alors cette victime est spéciale, songea Kate, alors que Castle lui tendait un second verre de vin rouge. Non, merci.
- Quoi, non ? C'est un millésime
- Rick, je ne veux pas…..
- Oh allez, et puis en plus l'agent spécial Jordan Shaw a dit de décompresser, alors on décompresse
- Oh alors, si l'agent spécial Jordan Shaw l'a dit, râla-t-elle en prenant le verre à vin
- Ça veut dire quoi, ça ?
- Rien
- Rien ?
- Hum, hum
- Oh allez, Kate, je connais tes "rien", et crois-moi, ça c'est tout sauf un rien
Roulant des yeux devant sa réplique, elle le vit l'observer avec beaucoup d'attention et de détermination. Son regard azur la troublait de plus en plus, et n'y tenant plus, elle lui avoua avec un peu de désinvolture, pour ne pas montrer à quel point cela la touchait :
- Rien, c'est juste que je vois bien comment tu bois ses paroles, comment tu admires son matériel dernier cri, ses gadgets ultramodernes. Mon petit tableau blanc doit te paraitre ridicule face à cet arsenal
- Tu es jalouse ? sourit Rick, pas dupe, en la voyant rougir devant sa déduction
- Je ne suis pas jalouse , je suis embarrassée quand tu te conduis comme un gamin de dix ans devant sa matrice de données. « oh qu'est-ce que c'est ? ça regroupe vite les informations agent Shaw, s'il vous plait , j'en veux encore ! »
- Tu es ridicule, rit Castle
- Et pour couronner le tout , tu élabores des théories avec elle
- Et alors ? On fait partie de la même équipe
- Bien sûr, seulement , je …si tu as une intuition , il vaut mieux m'en parler d'abord, rumina-t-elle, en s'apercevant qu'elle faisait un caprice
- Bien, c'est noté
- Bien
- Et qu'on soit clairs. Ton tableau blanc n'a jamais paru insignifiant…rien de ce que qui te concerne n'est insignifiant.
- Bien, reprit-elle, en buvant une gorgée de vin rouge pour masquer son embarras.
Souriant en s'apercevant que sa meilleure amie était jalouse, mais qu'elle refusait de le reconnaitre, Castle se mordit l'intérieur de sa joue, et se réinstalla sur le canapé avant de sentir quelque chose sous ses fesses. Curieux, il déposa son verre sur la table basse et récupéra ce qui le gênait sous son postérieur, avant de sourire comme un bienheureux.
N'apercevant pas ce qu'il avait dans les mains, Beckett déposa ses mets près d'eux, et lui murmura, en se reconcentrant sur l'affaire :
- Qu'est-ce qui te fait sourire ?
- Chewbi
- Quoi ?
- Tu as toujours Chewbi, répéta-t-il, en lui montrant la peluche qu'il lui avait offert à un stand de tir des années auparavant. C'est mignon….et il a pris un sérieux coup de vieux après toutes ces années.
- Mignon ? Ce n'est qu'une peluche, éluda Kate, gênée par sa trouvaille
- Oh arrête, on sait bien tous les deux que Chewbi n'est pas qu'une peluche
- Et c'est reparti
- Reparti? sourit Rick, tout heureux et nostalgique de son enfance, en caressant du bout des doigts Chewbi.
- Tu vas encore me faire un laïus sur ce que représente cette peluche dans notre relation . « c'est la base de notre amitié, une sorte de troisième personne dans notre duo improbable. Il représente nos souvenirs » répéta Kate, avec les mots qu'il avait utilisés, adolescent , avant son départ à Stanford.
- Tu te souviens de ça ?
- Hum….je me souviens de… chaque seconde, soupira-t-elle, la boule au ventre, en se levant pour débarrasser la table basse et mettre un peu de distance entre eux.
Ils passaient une bonne soirée. Elle n'avait pas envie de ruminer leur passé et leurs erreurs, elle souhaitait juste discuter et rire avec son ami, sans rancœur ni amertume. Déglutissant en posant ses déchets dans la poubelle, elle l'entendit, derrière elle, déposer leurs verres dans l'évier en lui murmurant :
- On pourrait en discuter, tu sais
- De quoi ?
- De cette nuit-là, de nos attentes
- Rick, soupira-t-elle, peu encline à ressasser le passé
- Ou de ce que tu tentais de me dire au commissariat. Tu as dit que tu n'étais pas prête.
Fermant les yeux devant son insistance, elle inspira profondément en se demandant comment aiguiller la conversation. Elle ne savait pas encore où elle se trouvait dans leur relation, elle ne voulait pas le blesser mais….elle ne savait pas quoi lui dire.
Sentant sa réticence à discuter, Rick prit sur lui une nouvelle fois, et partit rejoindre le salon pour lui laisser de l'espace. Il la sentait sur la réserve avec lui. Elle, qui ne lui cachait rien dans son enfance, désormais était secrète et méfiante. Désabusé par la situation, il observa, la boule au ventre, une photographie qui se trouvait sur la commode de son entrée.
Johanna et Jim souriaient fièrement auprès de Kate et Rick nouvellement diplômés. Toujours affublés de leurs toges de cérémonie, ils prenaient la pose si fièrement et si pleins d'enthousiasme que Castle se demandait si, un jour , il reverrait Kate sourire avec autant d'insouciance et d'innocence.
Fermant les yeux, il les ouvrit à nouveau pour tomber sur une médaille près du cadre photo , la prenant en main, il vit qu'elle était adressée à Jim, quand Beckett lui déclara timidement :
- C'est sa médaille des dix ans
- Des dix ans ? fit-il surpris sans réfléchir
- Perdre ma mère a été compliqué pour mon père, se confia-t-elle
- Oh…. Je….. , balbutia-t-il en se remémorant l'alcoolisme de Jim
- Ça a fait dix ans, il y a trois mois….dix ans sans une goutte d'alcool, avoua-t-elle péniblement , en ne sachant pas si Rick était au courant.
Elle savait que Castle et son père étaient restés en contact. Qu'ils se voyaient quelques fois dans l'année, et que Jim chérissait ses moments. Mais elle ne savait pas si son père lui avait confié le calvaire qu'ils avaient traversé tous les deux. Kate avait toujours pensé que son père avait renoué contact avec Rick après sa descente aux enfers.
Observant la médaille qu'il tenait toujours dans ses mains, elle continua :
- Mon père est tombé dans la bouteille
- Je sais
- Tu sais ? répéta-t-elle en déglutissant
- Hum
Il avait toujours su. Il avait été témoin à de nombreuses reprises de la déchéance de son père. Il avait réellement réalisé la sévérité de la situation quand il était venu à l'improviste, chez Jim, pour lui présenter Alexis.
A partit de ce moment-là , Rick avait tenté d'aider cet homme qu'il considérait comme son père. Plusieurs fois, il avait tenté de lui faire entendre raison. Il avait même payé ses cures de désintoxication sans que Kate ne le sache. Il ne voulait pas de remerciements ou de gratitude de sa part, il ne souhaitait pas non plus qu'elle lui reproche sa présence auprès de son père, elle qui l'avait éloigné sans ménagement. Non….il voulait simplement aider comme il le pouvait ….Pour Jim, pour Johanna, et aussi pour Kate.
Péniblement, il reposa la médaille sur la commode en comprenant qu'il devait dire la vérité. Il ne pouvait pas lui cacher ça, sous peine qu'elle ne le découvre plus tard et qu'elle ne lui le reproche. Se passant la main derrière sa nuque, il se retourna pour la contempler dans son legging noir et son tee-shirt surdimensionné et pieds nus. Elle était si belle, si…incroyable qu'il déglutit devant elle.
- Mon père te l'a dit ?
- Je… non…..
- Je ne comprends pas…..Rick ? demanda-t-elle en le voyant mal à l'aise
- Je le sais depuis qu'Alexis est née.
- Je…pardon ?
- Quand Alexis est née, j'ai voulu la présenter à ton père….je….je sais que tu ne voulais plus rien avoir à faire avec moi…mais ton père….ta mère… vous étiez ma famille , Kate….et je voulais présenter ma fille à Jim, avoua-t-il difficilement, avec appréhension.
- Oh…..alors tu savais.
Elle fronça les sourcils et l'observa quelques secondes, en tentant d'analyser ses mots. Il savait. Il savait et il n'avait rien fait ? Il l'avait laissé seule avec son père pendant ces deux années de calvaire ? Il ne lui avait même pas tendu la main, alors qu'ils étaient sa famille selon lui ?
Reculant de quelques pas, elle sentait la colère bouillonner en elle quand il ajouta, à sa grande surprise :
- Je venais la journée quand tu étais au poste
- Quoi ?
- Je venais, je nettoyais….parfois je le douchais, mais j'avais comme l'impression que ça ne servait à rien….que dès que je sortais de cette maison, il recommençait. Je me sentais si impuissant.
- Tu…..es venu ?
- Oui….tu faisais pas mal d'heures à l'époque….. ce n'est pas un jugement, reprit aussitôt devant son froncement sourcil. Mais comme tes horaires étaient amples, j'essayais de t'aider comme je le pouvais. Je lavais le linge, je jetais les bouteilles….
- J'ai toujours cru que c'était mon père, fit-elle sidérée. J'ai toujours pensé qu'il faisait tout ça avant de sombrer dans son verre.
- Non…je…..
- Tu lavais le linge de mon père, répéta-t-elle encore sous le choc.
- Hum, soupira-t-il en se souvenant de la première fois ou il l'avait fait.
Flashback:
Il était éreinté. Alexis ne faisait pas ses nuits et Meredith n'était pas le genre de mère à se lever pour la téter ou le changement de couches. Martha avait proposé maintes fois son aide devant la mine défaite de son fils mais Rick avait toujours refusé sa proposition. Alexis était sa fille, il était donc de sa responsabilité de se lever et d'assumer son rôle de père même s'il n'aurait pas craché sur l'aide de sa femme pour le faire.
Les épaules affaissées par la fatigue et par la vision de la maison de Jim , Castle soupirait en se demandant comment Kate arrivait à faire face à ça. Des bouteilles jonchaient le sol, de la nourriture s'éparpillait dans tous les recoins et il était fréquent qu'il retrouve Jim évanoui dans son vomi au milieu du salon.
Rick tentait de passer fréquemment pour soulager son ex meilleur amie et apporter son aide à celui qu'il considérait comme son père. Mais ses obligations familiales et professionnelles ainsi que les horaires de Kate ne lui donnaient pas assez de liberté de mouvements selon lui.
Il avait même envisagé d'engager quelqu'un à temps plein mais Martha lui avait déconseillé de le faire tant qu'il n'avait pas assaini l'air avec Katherine.
Alors sans rien dire, il passait deux à trois fois par semaine au milieu de l'après-midi et tentait d'aider comme il le pouvait sa famille de cœur.
Aujourd'hui, il avait dû soulever Jim jusqu'à la douche pour retirer le vomi qu'il avait sur le corps . Le cœur lourd , Rick pensait à Kate qui devait certainement égaler les mêmes soins quand il ne passait pas. Comment arrivait-elle à poursuivre sa formation et à prendre soins de son père ? Comment arrivait-elle à faire face à ça toute seule ?
Déglutissant en allongeant Jim sur son lit, il sentit les larmes lui monter aux yeux quand le patriarche lui murmura :
- Jo….je t'aime Jo
- Je…c'est Richard, Jim
- Oh…Richard, hoqueta le patriarche d'une voix pâteuse et endormie. Richard ?
- Oui
- Prend soins de Kathie, fiston…..prend soins de mon bébé.
Sans un autre mot, Jim s'enfonça un peu plus dans son oreiller pour tomber du sommeil du juste alors que Rick se levait les yeux rougis en murmurant :
- Toujours.
C'était devenu un rituel, il venait , nettoyait comme il le pouvait et repartait comme un fantôme Parfois, quand le manque de Kate se faisait trop pesant, il s'allongeait sur son lit et humait son odeur de cerise en pleurant devant le livre qu'il trônait toujours sur sa table de chevet. Le roman n'était jamais le même mais l'auteur….l'auteur ne changeait jamais. Elle le lisait toujours et ce constat le brisait un peu plus. Elle le lisait mais elle ne l'appelait pas.
Son rituel se terminait régulièrement devant la machine à laver et à chaque fois, il souriait avec nostalgie en posant les vêtements sales de Jim dans le tambour tout en se souvenant des cours que Johanna lui avait donné :
« - on ne mélange pas les couleurs et le blanc
- Ok
- Les pulls aussi chéri, sinon tu risques de les rétrécir
- Ok
- Ne fais pas cette tête-là, sourit Johanna en le voyant blêmir devant le linge sale
- C'est…..compliqué
- Mais non. Le plus dur est de faire le tri ensuite ça va vite
- Je…..c'est pas un travail de femmes, ça ? demanda Castle dépasser par le flot d'information
- De femmes ? Non mais à quel siècle vis-tu jeune homme ?
- Heu…..vingtième
- Justement . Un homme est tout aussi capable de faire tourner une machine, de faire à manger et de s'occuper des enfants. Je n'ai pas éduqué un homme qui se vautré sur le canapé en attendant que sa femme arrive
- Je….oui mais si je l'attends avec des fleurs, la taquina Rick en sachant que Johanna tout comme Kate étaient des féministes dans l'âme
- Tu peux l'attendre avec des fleurs tout en ayant fait tourner la machine.
- Je…d'accord… alors on ne mélange pas les couleurs et le blanc
- Oui
- On ne mets pas non plus les pulls avec
- Exactement. Maintenant parlons adoucissant et pastille
Aux yeux qu'il lui lança, elle éclata de rire alors que Castle lâcha la pile de linge sale au sol en marmonnant :
- Si je deviens célèbre, j'aurai une femme de ménage….ou un homme de ménage
- Si tu deviens célèbre, pense un peu à moi aussi qui fait ma lessive, répliqua amusé Johanna en remplissant la machine à laver.
Concentrer sur ce qu'elle faisait, elle en oublia quelques minutes Richard derrière elle qui la contemplait avec beaucoup de tendresse et d'amour. Quand elle se releva, elle l'entendit lui chuchoter :
- Merci
- Pourquoi chéri ?
- Pour être là tout simplement »
Les yeux en larmes, il remplissait avec rage ce fichu tambour du linge de Jim tout en sifflant d'énervement et de colère :
- Tu me manques, tu me manques tellement. »
Fn du Flashback.
- Rick ? reprit Kate en le sentant aux bords des larmes.
- Hum
- Ça va ?
- Je…..oui, soupira-t-il en repensant à toutes ces années ou ils n'avaient pas été capable de discuter….. ;toutes ces années qui les avaient séparé à cause de non-dits.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Il y a autre chose que je dois savoir ? fit-elle inquiète en se disant qu'il y avait encore tellement de choses qu'elle ne devait pas savoir .
Il avait été là dans l'ombre pendant tous ce temps . Il avait épaulé son père et il n'avait jamais rien demandé en retour.
- Ecoute, je suis heureux qu'on se soit retrouvés, qu'on tente de renouer avec notre amitié…..et je sais que c'est compliqué pour toi. De m'avoir près de toi.
- Castle, soupira-t-elle
- Non, laisse-moi finir. Je sais que quand tu me dis que tu n'es pas prête , c'est parce que tu as peur de me faire confiance…..alors je…je ne veux pas te mentir ou te cacher des choses. Parce que si on recommence cette chose entre nous , on devra être honnêtes, expliqua-t-il. Tous ces non-dits nous on éloigné, Kate ….et on est plus des adolescents, on n'a plus d'excuses maintenant. On est adulte et on devrait pouvoir se faire confiance. Je ne veux plus rien te cacher.
- Où veux-tu en venir ?
- J'ai payé les cures de désintoxication de ton père et une partie de l'hypothèque de votre maison.
A sa phrase, elle recula de plusieurs pas comme s'il l'avait frappée. L'hypothèque de sa maison ? Non, elle avait demandé régulièrement à son père s'il avait besoin d'argent, si tout était sous contrôle. Il lui avait toujours dit que la maison était payée et qu'il avait assez pour ces cures…. Il lui avait mentit.
- Jim avait honte….honte d'avoir éparpillé son argent dans la bouteille.
- Mon dieu
- Kate, je t'assure que ce n'est rien et…..
- Ce n'est rien ? Je sais très bien combien coute une cure de désintoxication et…
- Si je les fais c'est que je pouvais
- Il s'agit de mon père, c'est moi qui aurait dû payer et…
- Oh arrête, tu sais très bien que je considère Jim comme mon père et tu travaillais déjà tellement pour subvenir à vos besoins. Ecoute, je ne te dis pas tout ça pour te faire culpabiliser ou….je… ;je veux juste qu'il n'y ai plus de secrets. J'aimerais juste qu'on reparte sur de bonnes bases.
Mettant ses mains dans ses cheveux, Kate ferma les yeux et lui tourna le dos pour inspirer lentement. Elle ne lui en voulait pas, elle était simplement sous le choc de toutes ses révélations. Comment n'avait-elle pu rien voir ? Combien de mensonges son père lui avait caché ? Les larmes aux yeux, elle entendit Rick lui demander :
- Kate, tu m'en veux ?
Je pars en vacances dans les pyrénées cette semaine avec les enfants, histoire de m'aérer un peu la tête. Donc pas d'autres chapitres en vue avant la semaine prochaine. A bientôt tout le monde.
Chrisfancaskett: Tu vas dire que je coupes au mauvais moment, mais c'est pour mieux enchainer pour la suite lol. On est à un tournant de leur relation.
blodi52: Oui, j'enchaine les enquetes même si celle ci est plus centré sur le Caskett
Caskett706: Oui, il va y avoir un rapprochement...dans le prochain chapitre...mais quel rapprochement?
AlwaysCaskett3012: J'aimerais étayer un plus les chapitres avec plus de descriptifs et moins de dialogue seulement, j'ai l'impression de ne pas avancer ainsi vite. Cette histoire est basée plus sur le Caskett au fur et à mesure qu'on avance et il va falloir avancer non? Après 22 chapitres lol
laetitialfw: Plus de disputes, moins de non dits...
marionpc84: rendez vous au 23?
Pau974: ça va bouger...dès le prochain chapitre maintenant que l'air est assaini.
sarha: Merci à toi de prendre le temps de commenter
Julie91: Plus d'interruption...alors la nuit à l'appartement de Kate...l'explosion et la vie chez Rick...dans le prochain chapitre.
Caskett71: ça se finira bien...
ben40550: Bon anniversaire avec du retard! J'espère que tu l'as bien fêté. Pour mon concours, je crois que c'est mort mais en même temps j'aurai pas pu faire mieux; Résultat en mai, on verra.
blackwidow90legolas88 : prochain chapitre: la bombe
Torontosun: merci beaucoup.
Rhane: Oui ce double épisode est une aubaine pour moi qui va pouvoir rapprocher le Caskett comme je le désires. Pour mon concours, je ne suis pas optimiste, résultat début mai, on verra
Babelle62: Oh, j'avais oublié cette réplique du 703, je vais l'inclure...merci pour l'idée.
