CHAPITRE 23
- Kate, tu m'en veux ? réitéra Rick en la voyant tête baissée devant lui, toujours le dos tourné.
Il s'était dit que c'était le moment ou jamais . Le moment où il devait lui dire la vérité sans non-dits. Quand il avait vu la énième lettre de relance de la banque avec la mise sous saisie d'huissier, il y a quelques années, il n'avait pas hésité une seule seconde pour éponger les dettes de Jim.
Sa fortune, son succès, rien de tout cela n'aurait été possible sans Johanna et Jim. Ils l'avaient élevé comme leur propre fils, ils l'avaient aiguillé tout au long du chemin sans jamais prendre parti entre Kate et lui. Il était un Beckett….il faisait partie de cette famille, et leurs dettes étaient les siennes.
Seulement quand il avait entrepris les démarches, Jim l'avait supplié de ne pas en dire un mot à Kate. Elle travaillait comme une forcenée pour faire ses classes et remplir le frigo. Même si Jim revenait tout juste de sa dernière cure de désintoxication, il n'avait toujours pas repris le travail et il se sentait tellement honteux pour tout ça, qu'il ne souhaitait pas rajouter un souci supplémentaire à sa fille.
Toujours sans nouvelle de son amie, Castle avait abdiqué. Jim avait fait énormément de progrès et cette quatrième cure de désintoxication semblait être la bonne. Rick ne souhaitait pas aller à l'encontre de son père de cœur, de peur de voir tous ses progrès s'envoler en fumée. Alors à contre cœur, il avait renoncé à le dire à Kate, et finalement à l'époque, ça l'arrangeait. Ils ne se parlaient toujours pas, et il ne voulait pas avouer ce qu'il avait entrepris derrière son dos ces deux dernières années.
Seulement aujourd'hui, c'était différent. Ils étaient différents. Après plusieurs mois à renouer des liens, ils étaient à nouveau amis…..avec des réticences, mais amis, et il ne souhaitait pas qu'un nouveau non-dit fasse exploser leur bulle plus que précaire.
Soucieux de sa réaction, il soupira en baissant à son tour la tête . Elle ne bougeait pas, ne parlait pas, il avait l'impression qu'elle tentait de trouver un moyen de lui hurler dessus ou de fuir comme à son habitude. Frustré, il sentait la colère monter en lui quand elle brisa enfin le silence, pour lui demander doucement et sans une once de rancune :
- Il y a autre chose que je dois savoir ?
- Pardon ? fit-il, surpris, en la voyant se retourner, les yeux rougis et les mains autour du buste.
- Sur ces dix dernières années, il y a autre chose que je devrais savoir ? réitéra-t-elle, plus vulnérable que jamais.
Elle était toujours sous le choc de ses révélations, et si sa colère se dirigeait vers son père à cet instant , elle s'en voulait aussi énormément. Elle l'avait éludé de sa vie sans lui laisser une chance de s'expliquer. Il avait été son meilleur ami, et elle ne lui avait donné aucune chance. Il avait été là sans même qu'elle le sache. Il lui avait donné du temps et de l'espace, et elle n'avait fait que le rejeter un peu plus.
Affligée par son propre comportement, elle le vit se dandiner devant elle avec très peu d'assurance, et lui répondre en fronçant les sourcils :
- A part l'alcoolisme de ton père et l'hypothèque…heu, je crois que c'est tout. Enfin , je me suis marié une seconde fois mais ça tu le sais, ajouta-t-il pour faire un peu d'humour.
- Pas d'autres enfants ? demanda-t-elle en souriant, pour alléger l'ambiance elle aussi
- Non, je veux dire, j'ai suivi les cours de sexualité de ta mère à la lettre depuis Alexis, en fait, je les ai toujours suivis, j'ai simplement pas eu de chance , le préservatif c'est….
- Sérieux ? tu vas me parler de ça ? rit-elle
- Bah , tu m'as demandé ce que tu ne savais pas de ces dix dernières années, et cette partie-là t'est inconnue, non ?
- Et je préfèrerais qu'elle le reste, sourit-elle
Doucement, elle le contempla quelques secondes. Son regard azur, sa barbe de deux jours, ses épaules carrées, sa chemise rouge et son jean noir... Il était à couper le souffle comme toujours. Souriant, en sentant son odeur de menthe poivrée, elle vit qu'il lui souriait avec tellement de tendresse qu'elle lui chuchota :
- Je sais que c'est sûrement trop tard, mais merci.
- Merci ?
- D'avoir été là pour mon père…et pour moi
- Oh, eh bien, je suis sûr que tu aurais fait la même chose, assura-t-il, gêné
- Hum…peut-être, pouffa Kate en s'avançant vers lui. Tu veux un café ?
- J'adorerais
- Ok…..installe-toi, j'arrive.
Heureux…. Il était heureux. Il avait l'impression de retrouver Kate…. Sa Kate…celle de ses souvenirs. Son sourire, sa douceur et la bienveillance qu'il entendait dans sa voix lui donnèrent du baume au cœur. Il avait l'impression qu'ils étaient plus Rick et Kate que Castle et Beckett, et ce constat l'emplit de joie.
Doucement, il se ré-installa sur le sofa pour l'entendre lui demander , le sourire aux lèvres, près de la cafetière :
- Tu mets toujours de la noix de muscade dedans ?
- Toujours
- Bien.
Souriante, elle le contempla du coin de l'œil, tout en leur concoctant leurs nectars noirs . La soirée ne se déroulait pas comme elle l'avait prévue, mais elle en était enchantée. Discuter avec lui, sans non-dits et cris, lui rappelait leur relation d'avant. Elle baissait peu à peu sa garde devant Rick. Chaque jour, chaque heure qu'elle passait avec lui , lui démontrait qu'elle pouvait lui faire confiance, qu'il était toujours cet ami bien bienveillant avec elle.
S'approchant doucement de lui en lui tendant son café, elle s'installa sur son canapé et elle l'entendit lui demander :
- Eh moi, qu'est-ce que j'ai manqué de ces dix dernières années ?
- Oh, eh bien…..je n'ai pas eu de souci de préservatifs comme tu peux le voir.
- Ah, ah, très drôle
- Et je ne me suis pas mariée, sourit-elle, avant d'ajouter devant sa moue boudeuse. Il n'y a pas grand-chose à dire. J'ai fait l'école de police, je suis passée rapidement lieutenant à la criminelle et j'ai accumulé les déboires sentimentaux
- Tu omets de dire que tu es devenue la plus jeune lieutenant de police
- Ouais…..c'est fascinant, hein ? ironisa-t-elle
- Oui…Tu es fascinante Kate , tu l'as toujours été
- Hum, gémit Beckett en grimaçant, alors que Rick fronçait les sourcils
- Tu doutes de mes dires ?
- Non…enfin , je veux dire, il n'y a rien de fascinant dans ma vie. Regarde autour de toi…regarde-moi….je devais devenir juge de la cour suprême….avec certainement une famille
- Tu n'aimes pas ce que tu fais ?
- Si…..j'aime rendre justice….j'aime apporter des réponses à toutes ces familles de victimes…mais parfois….je me demande ce que penserait ma mère de mon choix de vie.
- Elle serait fière de toi….Elle a toujours été fière de toi, quoi que tu fasses. Et tu sais, je te regarde et tu sais ce que je vois ?
- Non
- Que tu es un mystère que je n'arriverai jamais à résoudre
Fronçant les sourcils à sa réponse, Kate l'observa quelques secondes avant qu'il ajoute, sans la lâcher du regard :
- Même aujourd'hui…..après tout ce temps passé avec toi, je suis toujours aussi impressionné par ta force de caractère, ton courage…..et ton sex-appeal.
- T'es pas mal, non plus Rick, sourit-elle, touchée par ses mots.
Les yeux dans les yeux, ils se contemplèrent amoureusement. Il la regardait avec tant de tendresse, tant de désir que Kate sentit son cœur s'emballer. Elle avait une folle envie de l'embrasser , de se perdre dans ses bras, elle avait envie de se laisser aller, mais une peur au fond d'elle la bloquait. Elle venait enfin de le retrouver. Valait-il la peine de tout gâcher entre eux avec une relation amoureuse ? Ils avaient déjà tenté, et ils avaient payé le prix fort : dix années de solitude et de rancœur. Elle l'aimait réellement, il était le seul homme qui la connaissait vraiment, et c'est pour cette raison qu'elle le préférait dans sa vie en tant qu'ami que pas du tout.
Quand elle le vit doucement basculer vers elle, elle baissa les yeux au sol en lui murmurant :
- Il est tard, je vais me coucher
- Kate...
- A demain, Rick, sourit-elle, à contre cœur en se levant. Tu trouveras une couverture et un oreiller dans le coffre derrière toi.
- Mais, je….ok , bonne nuit, abdiqua-t-il, abattu .
La boule au ventre, elle s'éloigna de lui pour rejoindre sa chambre. Pourquoi était-ce toujours si compliqué avec lui ? Pourquoi ne pouvait-il pas juste rester son ami ? Ils avaient réussi avant et ça avait fonctionné, non ? Enfin pas tellement, pensa-t-elle en grimaçant, en repesant à ce matin-là au motel.
Passant une main dans ses cheveux, elle soupira, les larmes aux yeux , avant de s'allonger dans son lit. Le regard au plafond, elle tentait de réfréner ses désirs. Elle voulait se lever et le rejoindre. Elle souhaitait se perdre dans ses bras, dans son souffle. Elle voulait se sentir à nouveau en sécurité et aimée. Se mordant la lèvre inférieure, elle détourna son regard pour tomber sur le livre de Nikki Heat qu'il lui avait offert au début de l'enquête.
Hésitante, elle retraça la couverture des doigts avant d'ouvrir et de découvrir la dédicace. Le cœur tambourinant, les yeux larmoyants , elle renifla en s'apercevant qu'il lui parlait indirectement, encore une foi,s à travers la dédicace de son livre.
« "On passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu'on aimera et l'autre moitié à quitter ceux qu'on aime."Et si on passait seulement notre vie à nous aimer , tout simplement? RC.
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La nuit avait été courte, trop courte. Elle s'était plongée tête baissée dans son nouveau roman, et avait lu chaque ligne, chaque mot des aventures de Nikki Heat. Elle ne pensait pas qu'il pourrait lui faire aimer un personnage autant que celui de Derrick, et pourtant il l'avait fait. Elle s'était laissée entrainer par l'histoire de cette détective dure à cuire, et dans cette relation qu'elle entretenait avec ce journaliste…..avec Jameson. Les heures avaient défilé à vive allure, et ce n'est certainement pas la scène de sexe à la page 105 qui l'avait aidée à trouver le sommeil. Ce roman était simplement une merveille.
Les cheveux en bataille, le pas trainant, elle sortit de la chambre pour découvrir son sofa vide. Tout d'abord attristée par son absence , elle se mit à sourire en le découvrant aux fourneaux, tout en murmurant la recette que sa mère leur avait apprise, des années plutôt.
Flashback.
Il adorait partir en vacances dans la cabane des Beckett près du lac. Tout ici était reposant, agréable, et lui donnait un sentiment d'appartenance, de sécurité. Depuis que Jim lui avait créé une chambre pour lui seul l'année précédente, Rick s'en était fait un véritable cocon. Même si les deux adolescents n'étaient pas dupes sur l'apparition de cette nouvelle pièce, Kate et Rick étaient heureux de gagner un peu d'intimité .
Les confidences sur l'oreiller et le souffle de sa meilleure amie la nuit lui avait manqué au début, mais Castle adorait pouvoir s'isoler dans cette pièce pour écrire et rêvasser.Ce qu'il préférait le plus ici, en dehors de son temps seul à seule avec Kate, était les dimanche matin avec le brunch de Johanna.
La matriarche adorait organiser ses petits déjeuners tardifs avec sa petite tribu. Sur la table, rien de manquait pour leurs papilles : œufs brouillés ou en omelette, fruits , lard, pancakes, bacon, sans oublier la montagne de gaufres.
Et ce matin, Rick s était levé plus tôt et l'observait en souriant en train de s'affairer à tout leur préparer. Dans le coin de sa cuisine, les cheveux relevés , elle chantonnait un air de Sinatra, tout en cassant quelques œufs dans un plat, quand elle releva le regard pour contempler, à son tour , le jeune homme qu'elle avait appris à aimer comme son fils, elle lui déclara:
- Bonjour, chéri, tu es bien matinal
- Bonjour, bailla-t-il en la rejoignant pour découvrir de plus près ce qu'elle concoctait . Ne plus entendre Kate ronfler me perturbe , on dirait.
- Hey ! s'offusqua cette dernière qui arrivait dans son shorty et un débardeur blanc, tout en s'étirant. Je ne ronfle pas, tu ronfles !
- Mais bien sûr, ricana Rick, alors que Kate arrivait près de sa mère pour l'embrasser.
- Bonjour maman
- Bonjour trésor. Chérie, je pense que tu devrais te couvrir un peu plus, suggéra Jo en voyant la tenue de sa fille de 17 ans.
- Pourquoi ? il fait chaud.
- Ton père ne va pas tarder de revenir de la pêche
- Et ?
- Et quand il va te voir si peu habillée avec moi dans la même pièce, il va faire une crise cardiaque, sourit Rick en mangeant un bout de bacon. Ou me noyer dans le lac.
- Oh, c'est bon. Je suis en short pas en string, ronchonna-t-elle
- Kathie !
- Elle n'a pas tort. Peux-tu me montrer la différence ?
- Abruti ! sourit Kate, en lui jetant à la figure un torchon
Soupirant devant l'attitude de ses deux adolescents, Johanna récupéra tous les ingrédients dont elle avait besoin, et leur déclara :
- Puisque mes marmottes sont debout tôt, profitons-en
- Oh oui, besoin d'aide ? proposa Castle, toujours prompt à donner un coup de main, alors que Kate roulait des yeux.
- Non, chéri, je vais juste vous montrer comment on fait une bonne pâte à crêpe.
- Pour quoi faire ?
- Pour pouvoir perpétrer la tradition quand vous aurez une famille tous les deux. Les brunchs familiaux sont l'occasion de tous se réunir et de créer un peu plus de liens.
- Eh ben comme tu viens de l'énoncer, tu es ma mère, alors tu pourras continuer à faire ces brunchs familiaux pendant qu'on viendra les dévorer avec Rick
- Avec moi ? fit, surpris, le jeune auteur en herbe
- Avec toi et ta famille, oui.
- Non... pas que je ne vous aime pas, mais j'avais l'espoir de pouvoir profiter de ces brunchs chez vous.
- Quoi ? Tu entends ça, Rick ? Elle nous apprend ça fameuse recette , juste pour s'inviter les dimanches matins, la taquina Kate.
- Je vois ça….c'est astucieux
- Et plutôt sournois, aussi
- Si vous pensez me faire culpabilisé , vous vous trompez fortement tous les deux. J'ai enduré un travail de plus de douze heures pour mettre au monde cette jeune fille, et je vous supporte depuis vos huit ans. Je mérite un brunch dominical de temps en temps, assura, souriante, Johanna en prenant la farine et le lait. Maintenant, écoutez-moi bien.
- Doit-on prendre des notes ? ricana Rick
- Non , tu trouveras cette recette dans tous les livres de cuisine
- Pourquoi nous l'apprendre, alors ?
- Parce que, comme toute maman, j'y ajoute un ingrédient secret. Et je tiens à ce que la tradition se perpétue. Alors, on attaque avec la farine….
Observant chacun des gestes de Johanna , Rick et Kate écoutaient attentivement la cuisinière qui récitait avec le sourire ce que sa mère lui avait appris jadis.
Fin du Flashback.
- Et maintenant, l'ingrédient secret, récita Rick, concentré, en cherchant dans les placards de Kate.
- Qu'est ce que j'ai dit à propos de ne pas toucher à mes choses, Castle , sourit la détective, en découvrant le bacon cuit et le jus d'orange.
- Dois-je te rappeler que j'ai déjà touché à tes choses, la taquina-t-il, en se retournant pour la contempler baisser les yeux aux sol, intimidée par sa remarque suggestive
- Oui et ben…n'en prends pas l'habitude, ok ?
- Dommage, murmura-t-il, émerveillé par sa beauté naturelle. Et bonjour à toi aussi.
- Excuse-moi , bonjour. Alors …petit-déjeuner ? demanda-t-elle en souhaitant aguiller la conversation sur un notre sujet
- Oui, j'ai découvert le frigo et je me suis permis de jeter certaines choses périmées
- Je vois ça.
La poubelle était pleine à craquer aux pieds de Rick, qui avait sa chemise rouge recouverte de farine . Les manches retroussées, il ajouta la vanille de Madagascar dans son récipient, et fouetta la pâte, avant de commencer ses pancakes.
- Tu te souviens de ça ? fit, surprise, Kate en l'observant.
- De quoi ? De la recette spéciale Beckett ?
- Oui
- Bien sûr…..je me souviens de chaque seconde, ajouta, en marmonnant, Rick, les mêmes paroles qu'elle lui avait dites la veille.
Gênée, elle se passa une mèche derrière l'oreille, et lui demanda :
- Pour la soirée de samedi soir
- La soirée de lancement du livre ?
- Hum. Je n'ai pas reçu de carton d'invitation, alors…. C'est à quelle heure ?
- Oh…. Oui…..c'est à partir de 20 heures, déglutit-il, des papillons au ventre, en déposant ces premiers pancakes dans une assiette.
Elle venait….elle allait venir à sa book party ! Il n'en croyait pas ses oreilles ! Dire qu'il était aux anges à ce moment-là aurait été un euphémisme. Elle n'avait jamais assisté à une seule de ses soirées de promotion, et il en était ému.
- Je dois montrer un carton d'invitation, ou…., ajouta-t-elle, gênée et inquiète pour la marche à suivre de ce genre de soirée
- Ton badge a été suffisant la dernière fois, la taquina Rick, en se souvenant de leurs retrouvailles
- J'espérais ne pas en avoir besoin, mais si tu veux que…..
- En réalité, je pensais qu'on pourrait y aller ensemble, la coupa-t-il en éteignant le feu
- Ensemble ? déglutit-elle à son tour.
Elle pensait qu'il l'avait invitée à cause de Paula et Gina. Elle ne comprenait pas pourquoi il lui suggérait d'y aller ensemble. Fronçant les sourcils, elle le vit se dandiner, avant de l'entendre lui dire :
- A vrai dire , j'avais l'espoir de t'accompagner. Enfin bien sûr si tu le désires, et si tu n'as pas de « plus à un » à emmener.
- « Plus un » ?
- Oui, tu sais…..un ami.
- Oh…non, je n'ai pas de « plus un »
- Eh bien je serais ravi d'être le tien.
Voyant qu'elle lui souriait, Rick hocha simplement de la tête pour lui faire comprendre qu'il était ravi, et lui servit sa tasse de café.
- Le petit déjeuner de madame est servi
- Tu sais, tu n'avais pas besoin de …
- Oh attends, j'ai oublié le journal ! la coupa-t-il, tout excité par ce début de matinée
Elle venait avec lui à la soirée ! Elle allait l'accompagner, et il allait prendre son petit déjeuner avec elle ! Il n'aurait jamais pu imaginer une pareille matinée, surtout après la fin de soirée de la veille. Après que Kate se soit couchée, Rick avait observé pendant plusieurs heures le plafond, en tentant de comprendre son comportement . Quand elle s'était reculée pour se lever, il avait vu de la peur dans les yeux, une certaine crainte. Il savait qu'elle avait toujours du mal à lui faire confiance, mais il espérait qu'avec le temps il lui démontrerait le contraire.
Il s'était promis de la pousser, tout en lui montrant les sentiments qu'il avait envers elle. Il n'était plus ce jeune adolescent timide et peu sûr de lui , il était Richard Castle ! auteur célèbre ! Il n'avait aucune raison d'être intimidé par une femme, aucune ! Sauf….. l'identité de la dite femme : Kate Beckett…..Elle avait toujours ce même pouvoir sur lui. Avec un seul regard, un seul sourire et le simple fait de sa présence, elle arrivait à égayer sa journée.
- Castle, on n'a pas le temps de lire le journal, il y a un corps que je dois trouver
- Oh, merde ! s'écria-t-il en voyant le corps de la victime disparue sur le seuil de la porte de Beckett. Kate….c'est lui qui nous a trouvés !
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Le petit déjeuner fut vite oublié et l'intermède à deux aussi. L'appartement de Beckett était dorénavant la nouvelle scène de crime . FBI, NYPD et scientifique travaillaient dans un même effort pour récolter la moindre preuve. Au milieu du salon , Javier étudiait d'un air amusé la bouteille de vin vide que Rick avait apportée la veille, alors que Ryan questionnait, calepin à la main, Kate près de la l'ilot central :
- Si je comprends bien, vous veniez de vous lever ?
- Oui, Castle finissait de préparer le petit déjeuner, il a ouvert la porte…
- Quel genre de petit déj ?
- Heu..pardon ? fit, surprise, Beckett
- Qu'est-ce qu'il préparait pour le petit déj ?
- Des….pancakes ?
- Oh, le gentil couple, se moqua-t-il, alors qu'elle le toisait d'un regard noir dorénavant
- Hors sujet. Le livreur dépose le journal à 4 heures, on était debout à 7 heures, ça veut dire que le tueur a disposer d'un crénau de trois heures pour déposer le corps sur le sol
- Et à quelle heure êtes-vous partie vous coucher avec Mr Castle ? sourit Ryan, le stylo à la main
- …..sans commentaire, siffla-t-elle en partant rejoindre le centre de son appartement où Espo et Castle discutaient, eux aussi.
- Attendez, je vois Beckett en pyjama, une bouteille de vin vide...
- Il n'y a rien entre Kate et moi….absolument rien de plus de ce qu'il y avait hier.
Fermant les yeux en sentant sa patience s'amoindrir devant les enfantillages des gars, Kate entendit Espo ajouter :
- Vieux , tu lui as fait des pancakes
- Ce n'est qu'un petit déjeuner
- Au contraire, c'est bien plus qu'un petit déj. C'est une façon comestible de dire merci pour cette nuit
- Je…..
- Rick, laisse tomber, dis-leur la vérité, le coupa Beckett en venant près d'eux.
- Je…..la vérité ? balbultia-t-il alors que Ryan et Javier étaient à l'affut d'un scoop
- On a couché ensemble
- J'en étais sûr ! s'exclama Javier
- Et c'était sauvage…intense…et…..assez physique
- Heu…Kate, qu'est-ce que…..
- A vrai dire, on ne s'est pas couchés. Après avoir essayé le canapé, on a baptisé la cuisine, la douche, oh, la porte d'entrée aussi…. Comment j'ai pu l'oublier ! Tu te souviens de la porte d'entrée...chaton ?
- Ah , ah très drôle, fulmina Javier
- Quoi, tu me crois pas ? sourit fièrement Beckett
- 4 fois ! non mais tu me prends pour qui?
- Comment ça, 4 fois ? J'en suis capable ! argumenta, un brin vexé, Rick alors que Kate roulait des yeux
- Oh allez, vieux, c'est bon. On a compris, soupira Espo en partant avec Ryan.
Les yeux ronds, les mains dans les poches et fronçant les sourcils, il s'approcha de Kate en lui déclarant :
- Je ne suis pas vieux !
- Non, mais arrête donc de gonfler ton égo . Quatre fois…..
- Ok, là je m'inquiète sérieusement pour tes nuits sauvages et torrides
- Pardon ?
- Quatre fois ! c'est dans mes cordes, je t'assure, et je serais plus qu'heureux de te le démontrer, assura-t-il en la contemplant de la tête aux pieds. Quand tu veux, Beckett…à tout moment.
- On parle d'une nuit, pas de 24 heures, Don Juan, déglutit-elle devant son regard carnassier
- Je peux t'assurer qu'en une seule nuit, je suis capable de te faire voir un bon nombre d'étoiles. Alors partante ?
- Je sais pas…..je vais y réfléchir, sourit-elle, en se mordant la lèvre inférieure
- Tu…..sérieux ? Tu vas y réfléchir ? fit-il, estomaqué et ravi
- Non, mais c'était tellement beau de voir ta tête ! rit-elle en s'éloignant pour ne pas lui montrer à quel point elle rêverait de connaitre son corps une nouvelle fois.
- Tu es…une allumeuse !
Désolée pour l'attente. Le prochain chapitre ne sera pas si long à attendre. Bonne soirée à toutes et tous.
