Pourquoi me suis-je amusé à faire des paris idiots avec lui ? Pendant toute une semaine, ce ne fut que chamaillerie et idioties. Et j'ai encore perdu un pari. Me voilà à nettoyer le pont, à la pleine lune, manche retroussée, accroupit avec en main, une serpillère. Je vais le tuer. J'ai froid avec cette simple chemise sur le dos.

« Allez du nerf camarade ! » me fit-il debout en face de moi.

Je frotte encore et encore. D'habitude je gagne à tous mes paris car je fais en sorte de bien les tourner pour gagner. Mais là, cet idiot à tout gâcher. J'avais toujours pensé que les pirates étaient tous idiots et sans cœur…

« Cendrillon, du nerf ! »

Je serre les poings, lance l'éponge grise dans le seau d'eau et me lève, rageusement.

« La ferme ! » criais-je en le foudroyant du regard.

Il sourit et croise les bras.

« Allez, remet toi au travail, Princesse. »

Tu cherches, Jones. Et tu vas trouver. Je me penche pour attraper le seau plein d'eau, faisant mine de le changer de place. Puis d'un coup, lance la totalité du liquide gelé sur le capitaine en face de moi. Ca fait du bien… Il rouvre les yeux, les bras tremblant de froid, et me fixe. Un regard vraiment noir.

« Tu l'as cherché, idiot… » fis-je en lançant le seau en fer sur le pont.

« Et toi tu vas le regretter… »

Il se penche et attrape l'éponge dégoulinante. Moi, toujours prêt à faire face à n'importe quelle situation, je tourne les talons et commence à détaler. Cependant, je sens sa main qui attrape mon bras brusquement et me fait tomber en arrière. Je tombe sur le dos, et grimace de douleur. Il s'assoit alors lourdement sur mes hanches, et sans que je puisse faire quoi que ce soit, me plaque l'éponge contre le visage. C'est froid et dégueulasse !

Puis s'ensuit à une bataille d'eau, avant que l'on tombe mort de fatigue sur le pont, trempé de la tête aux pieds. Je soupire. J'ai froid. Je vois les étoiles au-dessus de ma tête.

« Dommage, si tu avais lavé le pont sans histoire, tu aurais payé la première partie du marché, » ricane-t-il en baillant.

« Tu dois savoir que jamais je ne ferais ça… » répliquais-je.

Il rit puis se redresse sur un de ses coudes pour m'observer de ses yeux clairs. Il porte une simple chemise blanche qui laisse voir son torse mâte. Je déglutis.

« Viens dormir dans ma cabine se soir, » fit-il en souriant.

« N-… »

« Je te l'ordonnes. Et la première part de ton marché sera bouclée. »

Je serre les dents et me redresse.

« Je ne dors pas dans le même lit que toi, » répliquais-je en le pointant du doigt.

Je sais très bien ce que sont les pirates.

« Ben, si. Si je te propose de venir, c'est pour que tu me réchauffes, je suis trempé ! » répliqua le pirate.

Je plaque une main contre mon visage. Il faut vraiment que je fasse tout ce qu'il veut pour que je rentre et que je l'oublie. Il me rend fou…

Déjà… Parce que le baiser d'il y a une semaine m'a rendu fou. Et que maintenant je regarde ses lèvres avec avidité. J'ai aimé.

« D'accord… » répondis-je contre mon gré.

Qu'est ce qui m'arrive ? Jones m'a déjà dit qu'il avait tout le monde à ses pieds. Il doit avoir une potion qui envoute, c'est impossible autrement.

O

Je saute dans une serviette qu'il me tend, alors que lui, déboutonne lentement sa chemise trempée. Je le fixe, en m'asseyant lentement dans un des fauteuils. Son haut tombe à terre, je me mords la lèvre inférieure.

« Tu ne vas pas dans mon lit trempé comme tu es, » fit-il en me pointant du doigt, riant.

« Je n'ai pas de quoi me changer, » répliquais-je.

Si jamais il m'ordonne de dormir nu dans son lit, s'est finit, je le passe par-dessus bord.

« Prends ça, » dit-il en me lançant une chemise blanche et un pantalon noir.

J'attrape ses habits, et lève les yeux vers lui.

« Tu veux peut-être te changer loin de mon regard, » rit-il en croisant les bras.

Je fais semblant de rire, sans lâcher des yeux son torse nu.

« Au lieu de me contempler, va te changer, je suis fatigué, » fit-il en baillant.

Je reprends mes esprits et le foudroie du regard.

« Je me demandais juste pourquoi les pirates avaient autant de tatouages… » marmonnais-je en me levant.

Jamais je n'ai eu du mal à me changer devant d'autres personnes. Je n'étais en rien pudique. Mais là, je sentais comme une gêne. Et Jones le remarqua.

« Je me tourne et je ne regarde pas, Princesse.» fit-il en soupirant longuement.

Je ne sais pas ce qui me retient de rendre sa longue vue et de l'écraser contre sa belle figure. Je me change très rapidement. Je dus retrousser les manches de la chemise, car celle-ci était trop grande.

« Et toi, tu ne mets rien sur le dos ? » fis-je en lançant mes vêtements humides dans le fauteuil.

« Tu as pris mes derniers habits, Chapelier, » sourit-il en se tournant.

Que dois-je comprendre ? Qu'il va rester comme ça ?

« Je ne veux pas attraper la crève que tu vas chopper, » répliquais-je en me dirigeant vers le canapé d'un pas décidé, « tu vas dormir seul… »

« Hey, tu ne veux pas finir la première part de mon marché ? »

Je me stop net, dos à lui.

« Je pourrais te demander d'embrasser les chaussures de chaque matelot ici. Ta fierté en prendrait un coup, » rit-il.

Je serre les poings et me tourne lentement vers lui.

« Va te coucher, » m'ordonne-t-il en sautant dans son grand lit qui grinça.

Je déglutis. Il me rend fou. Lentement, je me dirige vers la couchette du chef. Killian souffle alors sur la dernière bougie de la pièce, et tout devint extrêmement sombre. Trop sombre.

« Dépêche, » grogna-t-il. « Demain on arrive à notre destination… »

Je tire le drap pour me glisser lentement dans le lit. Je retiens mon souffle, et m'allonge près de cet idiot de capitaine. Je ne sais pas si c'est moi, mais je crois sentir ce pirate sourire dans le noir.

« Qu'est-ce que tu cherches dans ce pays ? » demandais-je pour combler le silence trop pesant.

Je le sens bouger. Son bras frôle le mien. Je me redresse sur mon coude afin de garder le maximum de distance possible et de pouvoir le discerner dans la pénombre.

« Je recherche quelqu'un, » fit-il en se redressant lui aussi.

Je peux sentir son souffle contre mon visage, et je sentis un frisson me parcourir l'échine.

« Un gamin qui a volé un objet qui appartenait à ma famille depuis des générations. Mes ancêtres l'ont recherché sans relâche. Et j'ai découvert où se môme se cache. »

« Et j'imagine qu'il est toujours jeune. Tu m'as dit que dans ce pays, on ne vieillissait pas. »

« Effectivement. »

Je le sens sourire de nouveau.

« C'est quoi cet objet ? » demandais-je en avalant difficilement.

« Un pendentif. »

Il se rapproche de moi, et nos lèvres se frôlent presque. Mais je ne recule pas. Je reste pétrifié, attendant la suite.

« Si l'on met ce pendentif autour du cou, et que l'on se concentre sur la personne en face de nous, on peut lire dans ses pensées… » me murmura-t-il si proche de mes lèvres.

« Et tu comptes l'utiliser ? » demandais-je soudain en sentant une idée germer dans mon esprit.

« Bien sûr. »

Si je trouve cet objet avant lui, je pourrais l'utiliser contre lui. Et voir ce qu'il pense vraiment. Je souris dans les ténèbres. Et je pourrais voir si tu mens pour le marché.

« Ca peut-être utile contre les ennemis, » continua le pirate en reculant, et s'allongeant sur le matelas.

Je ne suis pas si sûr qu'il ne l'utilise que sur des ennemis. J'ai vraiment hâte de débusquer ce trésor. Demain à l'aube je préparais les potions de somnifère.

« Et pourquoi tu dis que je peux ouvrir le passage ? » insistais-je.

Si je l'ouvre et que lui ne peut pas passer, ça sera ma chance.

« Tu verras demain. »

Il me tire le bras afin que je m'allonge moi aussi.

« Tu as vraiment peur que je fasse quelque chose, » sourit-il dans le noir, voyant ma distance contre lui.

« Je te connais assez… »

« Réchauffe-moi, et la part du marché sera conclue. »

Je grince des dents, et m'approche un peu de lui. Son odeur est partout.

« Je te hais, » dis-je en fermant les yeux, épaule contre épaule.

« Je verrais ça… »

Je ne tique pas sur sa phrase, mais je sais que je devrais. Cependant, je suis trop fatigué, et je me mets déjà à réfléchir à un plan pour me sauver de ce problème.

Mais je n'arrive pas à dormir. Il respire lentement signe qu'il dort. Et je reste focaliser sur son souffle. Cette chaleur qui m'entoure rend mon esprit flou. Je ne pense plus qu'à lui. Dans mes rêves, quand je suis seul. Il me possède. Je me mords la lèvre inférieure. Je sens la peau nue de son bras contre ma simple chemise. Et j'en frisonne. Ce type me rend dingue. Qui il est réellement ? Et pourquoi il se tue à la tâche pour me déstabiliser. Enfin, ça ce n'est pas difficile à comprendre. Il veut montrer au monde qu'il a ce qu'il veut quand il veut. Cependant jamais, je dis bien, jamais, je ne finirais au lit avec lui. Au sens figuré bien-sûr.


L'action arrive mes amis :D Heureuse que vous aimez toujours autant, merci pour vos reviews, ça fait vraiment plaisir !

Cette fic date d'environ deux ans, et quand je relis certains de mes paragraphe, je me maudis tellement c'est niais et pas clair. J'essai de tout bien retaper pour vous...!

Gros bisou et à la prochaine.