Voilà la suite de mon histoire.
Le chapitre est plus long que les deux derniers, j'espère qu'il vous plaira.
Enjoy it !
Ils marchaient à allure soutenue dans les couloirs du palais, tournant à gauche, à droite, descendant quelques marches. Tout se ressemblait tellement. Orihime se sentait ridiculement petite, mais cela lui faisait du bien de se dégourdir un peu les jambes après avoir été enfermée à longueur de temps. Les couloirs lui paraissaient sans fin et similaires. Elle se demandait comment Ulquiorra pouvait se repérer dans cette immensité. Il n'y avait rien, pas même de petites taches sur les murs ou d'érosions qui pouvaient indiquer où l'on se trouvait. Tout était blanc. Elle était derrière lui, distante de quelques mètres, traînant des pieds lorsqu'un bras la stoppa net dans sa progression. Elle laissa échapper un petit cri de surprise, ne comprenant pas ce qu'il lui arrivait. La jeune fille sentit ce bras qui lui barrait la route passer sous le sien, frôlant sa hanche, pour finir par se glisser entre ses deux seins. La paume de l'inconnu vint se poser sur le haut de la plantureuse poitrine de l'humaine. Elle perçut un souffle chaud, désagréable, venir à l'encontre de son oreille gauche.
« Bonjour princesse… » susurra l'inconnu d'une voix qui lui figea le sang.
Son cœur manqua un battement avant de prendre une cadence effrénée. Qui était cet homme ? Que lui voulait-il ? Il resserra un peu plus l'étreinte exercée sur sa poitrine, pressant le dos d'Orihime contre son torse, l'empêchant de se mouvoir. Etre plaquée de la sorte contre le corps d'un homme qu'elle ne connaissait pas ni n'affectionnait, lui arracha un gémissement de dégoût. Sa tête se leva pour voir à qui elle avait à faire. C'était un Arrancar démesurément grand par rapport à elle. Des cheveux noirs venaient frôler les joues et le bout du nez de la captive. Son œil gauche était aussi sombre que ses cheveux, le droit étant dissimulé derrière un large bandeau blanc au contour noir. Ses cheveux étaient fins et longs, ils lui tombaient sur les épaules ainsi que dans le dos. Son vêtement formait un grand col comme une auréole blanche aux bordures noires derrière sa tête, pourtant il n'avait rien d'angélique. La jeune fille ne put retenir un cri de terreur lorsque ses yeux se posèrent sur l'immense sourire qui défigurait le visage de ce monstre. Ce sourire était tout ce qu'il y avait de plus malsain. Il semblait effroyable, elle restait comme pétrifiée. Un tremblement se fit ressentir, Orihime eut du mal à tenir sur ses jambes, elle se sentit tout à coup très lourde. Ulquiorra observait la scène et n'allait pas rester sans rien faire très longtemps. Une aura verte se dégageait de lui, ce devait être son reiatsu… Il semblait si puissant, elle ne ressentait là qu'une infime partie de ce qu'il était en mesure de libérer. Elle commençait déjà à faiblir alors comment pouvait-elle espérer rivaliser pour s'enfuir de ce lieu maudit.
« Nnoitra. » Dit Ulquiorra, impassible, en direction du Quinta pour l'interpeller.
A l'annonce de son nom l'Arrancar détourna les yeux, non sans difficulté, de la délicieuse poitrine d'Orihime et les leva vers ceux de l'Espada.
« Bah quoi ? On a plus le droit de s'amuser ? » dit-il en souriant de toutes ses dents, un air carnassier.
Ulquiorra fixa avec mépris le regard lubrique de Nnoitra, tout le répugnait chez cet homme, il ne pouvait pas le supporter. D'ailleurs, il ne pouvait pas supporter grand monde, lui encore moins. Et cette stupide femme incapable de se défendre ! C'était un être si fragile, si pitoyable… Il se demandait ce qu'Aizen pouvait bien lui vouloir. Elle était insignifiante. Seulement, les ordres étaient les ordres et les ordres ne se discutaient pas.
« Regarde-moi cette poitrine, ça ne te donne pas envie ? Tu peux bien partager un peu... » continua Nnoitra délaissant les yeux d'Ulquiorra pour venir se poser sur quelque chose de bien plus affriolant à son goût.
Le bout de ses doigts vint frôler la poitrine de la jeune femme à travers son vêtement.
« Tu ne te sens pas trop à l'étroit dans cette robe ? Si tu veux, je peux t'aider à l'enlever », souffla-t-il au creux de son oreille, tout en lui léchant le lobe avant de remonter doucement sur le cartilage.
Sa langue pleine de salive humidifia la peau de la captive, elle se sentit défaillir, ses jambes commencèrent à se dérober sous elle. Quel immonde personnage. Elle ne valait guère mieux qu'un morceau de viande aux yeux de celui-ci. Pour lui, elle n'était qu'un jouet manipulable à souhait. Son haleine putride lui donnait des hauts le cœur, c'était comme s'il lui insufflait la mort elle-même. Un instant, elle fut soulagée que ça ne soit pas lui qui soit en charge de sa captivité. En comparaison, Ulquiorra était de bien meilleure compagnie malgré sa froideur. Des pensées plus immondes les unes que les autres traversaient l'esprit de cet énergumène. Il s'imaginait déjà prendre cette femme avec ou sans son consentement. Ici, sur le carrelage froid, sans pitié ni compassion. Je suis bien plus puissant, elle n'aurait pas son mot à dire, elle aurait juste à subir. Dans le fond, je suis sûr qu'elle prendrait son pied cette petite catin, songea-t-il excité.
« Tu me dégoûtes. »
Ulquiorra le considéra avec dédain, un air grave sur le visage. Il fit un pas dans leur direction. Son reiatsu augmenta d'intensité obligeant l'Espada à desserrer légèrement son emprise sur la jeune femme.
« Quoi ? Tu vas me faire croire que ça ne t'a jamais traversé l'esprit de saillir cette femme ? » dit-il avec un sourire pervers.
Il ne sembla pas s'inquiéter de la mise en garde d'Ulquiorra. Il passa son deuxième bras autour d'Orihime, caressant, de la paume de sa main, le ventre de sa proie pour finir par agripper sa hanche la cambrant ainsi légèrement en avant. Il se lécha les babines, le contact forcé de la jeune fille contre son attribut masculin l'exaltait au plus haut point. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas goûté au plaisir de la luxure. Orihime, qui n'avait jusqu'alors pu esquisser l'ombre d'un mouvement, agrippa la main positionnée sur sa hanche et y planta rageusement les ongles. La réaction de l'Espada ne se fit pas attendre.
« Mais c'est qu'on se défend comme une petite lionne, tu vas voir… »
D'un geste, il balaya la main de sa proie. Quelques gouttes de liquide pourpre dégoulinaient le long de son avant-bras. Violemment, il empoigna la longue chevelure rousse de la captive. La peau de son cuir chevelu semblait s'arracher sous la tension herculéenne qu'il exerçait pour la soumettre de force. Elle n'eut d'autre choix que de se cambrer davantage pour atténuer la douleur qui lui arracha un cri strident. Plus ses proies s'agitaient sous ses griffes, plus il aimait ça. La voir se débattre sous sa poigne, sentir l'odeur de la peur émanait de ce petit être sans défense ne faisait qu'accroître son désir malsain de domination. Un sourire encore plus dément lui déformait le visage comme si le malin lui même avait pris possession de son corps. Les yeux gris exorbités d'Orihime semblaient implorer l'aide d'Ulquiorra. Son cœur cognait à tout rompre dans sa poitrine, son organe la faisait énormément souffrir, elle se demandait par quel miracle il était encore prisonnier de sa cage thoracique. Pitié…fais quelque chose, cria t-elle intérieurement. L'Espada au regard glacial fixa, imperturbable, le spectacle horrifiant qui se déroulait sous ses yeux tout en soupirant calmement. Il ne semblait pas alarmé par la situation pourtant critique de la jeune femme.
« Pitoyable… » Quelques instants s'écoulèrent avant qu'il ne reprenne la parole « Tu es un être abject, Nnoitra Gilger… »
Son reiatsu explosa quand il eut fini de parler, contraignant l'Arrancar à lâcher Orihime qui tomba au sol, ne pouvant supporter cette puissance. Il s'avança davantage et toisa le quinta qui plia le genou devant l'intensité de son aura spirituelle. Lui ? Posséder une femme… quelle déchéance… Comment un Espada pouvait s'adonner au plaisir de la chair. Cela le dépassait et le répugnait. Il était dans l'incapacité de comprendre les réactions de ce pervers.
« Ça va, t'énerve pas, » dit-il, résigné se rendant compte du gouffre qui les séparait. « Je venais juste t'avertir qu'Aizen-sama voulait te voir. »
L'Arrancar aux yeux verts ne sourcilla pas. Il fixa Orihime, d'un ton indifférent et autoritaire, il ordonna :
« Lève-toi, femme ! »
Qu'est-ce qu'elle pouvait l'énerver… Les humains n'étaient rien que des déchets à ses yeux, et comme il s'y attendait, elle n'avait pas bien supporté le niveau supérieur de reiatsu qu'il avait libéré. Pauvre petite chose…
Contre toute attente, la jeune femme reprit ses esprits et commença à se relever, ne tardant pas à se tenir droite sur ses deux jambes fébriles, face à lui. Il était surpris, au fond de lui, qu'elle se soit remise aussi rapidement. Il détourna les yeux, flegmatique, et reprit le chemin qu'ils empruntaient avant que Nnoitra ne face son apparition.
« Suis-moi, je n'ai pas envie de perdre plus de temps avec toi. »
Elle rassemblait ce qu'il lui restait de ses forces et se mit très rapidement à avancer en direction d'Ulquiorra, voulant s'éloigner au plus vite de ce pervers à collerette blanche. Elle jeta un rapide coup d'œil en sa direction, il lui fit un sourire des plus troublants qui lui glaça le sang, et la fit bondir de quelques pas en avant. Une forte pulsion lui donna envie de se suspendre au bras de son geôlier-sauveur, mais elle la réprima au dernier moment trouvant cela plutôt malvenu. Même s'il venait de la sauver, il n'en restait pas moins un Arrancar sous les ordres du traître. Elle espérait, de toutes ses forces, ne plus jamais croiser la route de cet odieux personnage avec son sourire démoniaque. Il était tout ce qui la répugnait. Ils s'éloignèrent et Nnoitra disparut dans la pénombre aussi rapidement qu'il était apparu, ruminant le fait d'avoir été humilié de la sorte.
Après quelques minutes de marche, ils arrivèrent devant la grande porte du laboratoire de Szayel. De grands frissons parcoururent l'échine de la jeune femme lorsqu'elle fut à hauteur de l'Arrancar. Derrière cette grande plaque d'acier, elle pouvait ressentir la douleur des âmes torturées. Les cris résonnaient dans sa tête, suppliant d'arrêter, implorant d'abréger leurs souffrances, criant leur désespoir. Une épouvantable impression s'empara d'elle. C'était comme si l'envie de vivre avait quitté son corps, laissant une enveloppe matérielle inerte qui jamais plus ne pourrait apprécier les bonheurs simples de la vie.
Ulquiorra s'apprêtait à appuyer sur un petit bouton noir près de la porte, mais celle-ci s'ouvrit avant qu'il n'ait le temps de lever le bras. Son visage resta neutre comme si rien ne pouvait le surprendre. Orihime, quant à elle, avait le regard vide, perdu.
« Je vous attendais ! S'enquit le savant fou, un grand sourire sur les lèvres.
- Je vois… » murmura l'Arrancar, s'attardant sur l'une des nombreuses caméras de surveillance disséminées dans tout le palais, avant de fixer, de nouveau, l'homme à l'étrange chevelure rose. « Nourris l'humaine par intraveineuse, elle refuse de manger la nourriture qu'on lui sert… »
L'Espada à lunettes posa ses yeux sur Orihime et afficha un large sourire. Elle semblait encore chamboulée par la rencontre de Nnoitra ainsi que par l'atmosphère lugubre que dégageait son laboratoire. Il voulait en savoir plus sur ses sentiments, sur ce qu'elle ressentait, lui même étant incapable de sentir la moindre émotion. Sa curiosité était piquée au vif, il n'avait que très peu étudié le comportement humain, et voulait en apprendre davantage.
« A ce que je vois, il ne sait toujours pas se tenir… » dit-il en remontant ses lunettes calmement le long de son nez. « Tu ferais bien de garder un œil sur elle, Ulquiorra. Nnoitra peut être, disons… très obstiné. Tu ne lui as pas laissé mettre la main sur sa proie, il ne restera pas sur sa faim bien longtemps. »
A ces mots, les yeux argentés de l'humaine reprirent leur teinte habituelle. Elle semblait revenir d'un long périple intérieur, perdue au beau milieu de ses pensées, prise au piège par des voix qui la tourmentaient. Heureusement, Orihime n'avait pas la capacité de lire dans les pensées, son cœur se serait certainement arrêté de battre si elle avait pu percevoir ne serait ce qu'un fragment de ce qu'il prévoyait de lui faire subir. Au lieu de cela, l'organe de la rouquine recommença à battre à tout rompre à l'évocation du mot proie. Elle ne voulait pas être la proie d'un homme, encore moins d'un monstre comme lui.
Tout en parlant, il scruta les réactions de la jeune femme, son âme de scientifique émoustillée à la vue d'une humaine. Le savant était tout excité, il espérait qu'Aizen, une fois qu'il n'aurait plus besoin d'elle, lui laisserait le loisir de l'étudier de plus près même s'il devait, pour ce faire, employer les grands moyens. Le simple fait d'y penser le fit jubiler intérieurement. Il s'imaginait déjà l'écorcher, la démembrer, l'éviscérer, la faire souffrir autant physiquement que mentalement. La pousser dans ses derniers retranchements, la manipuler en ne lui laissant entrevoir aucun espoir. Il voulait tester tous les sentiments qu'elle pouvait éprouver, toutes les réactions qu'elle pouvait avoir, et ne lui laisserait aucun répit. Oh oui… il avait en tête bon nombre d'expérimentations qu'il se devait de réaliser en tant que scientifique digne de ce nom.
Orihime ne se rendait pas compte de l'intérêt que lui portait les différents Arrancars, elle était comme une bête curieuse. Elle suscitait beaucoup de réactions, et sa venue au Hueco Mundo était régulièrement remise en cause.
La voix d'Ulquiorra le rappela à l'ordre et lui fit perdre le fil de ses pensées macabres.
« Ce n'est pas ton problème, occupe-toi de ce que je t'ai demandé, j'ai à faire. »
Szayel arqua un sourcil, et fixa l'Espada quelques instants avant que son visage ne soit déformé par un diabolique rictus. Orihime ne le regardait plus, elle fixait le dos de son geôlier. Il allait la laisser seule ? Avec quelqu'un qu'elle ne connaissait pas, qui pouvait être potentiellement dangereux, et qui plus est, ne lui inspirait que chaos et désespoir ?
« Ne te méprends pas Szayel Apporo Granz. »
Le sourire de l'octa s'évapora aussi rapidement qu'il était apparu devant le ton grave qu'avait pris son allié.
« Tu n'es tout de même pas assez stupide pour faire quelque chose que tu regretterais. »
Szayel rumina quelques instants. Il s'éloigna finalement de la porte. A contrecœur, il laissa entrer le ténébreux ainsi qu'une Orihime qui semblait apaisée, et dont le cœur avait retrouvé un peu de sa sérénité en entendant les brèves paroles de celui-ci. Elle pressa, de ses mains jointes, sa poitrine et avança à petits pas vers une table en acier qu'indiquait l'octa du bout du doigt. L'atmosphère de la pièce l'oppressait davantage une fois qu'elle y avait pénétré. Une odeur désagréable d'acétone et d'alcool vint pénétrer les narines de la jeune rousse, sa respiration se bloqua instinctivement pendant un bref instant.
Au fond du laboratoire, il y avait une multitude d'ordinateurs, deux gros bonhommes ronds semblaient s'afférer au travail sans se soucier d'eux. Ulquiorra resta planté devant la porte, fixant l'humaine qui s'avançait d'un pas hésitant vers cette table glaciale qui semblait avoir été le lieu de multiples supplices. La seule lumière qui éclairait le laboratoire émanait de grandes ampoules presque aveuglantes situées au-dessus de la table qui tenait plus d'un lieu d'exécution que d'une table d'examen. De grandes lanières en cuir y étaient fixées de chaque côté. Une pour ce qu'elle devinait être réservée au cou, deux de chaque côté pour les bras et deux autres pour les chevilles. Des traces de griffures semblaient mordre le métal, signe de luttes acharnées dans une tentative désespérée d'évasion ou tout simplement sous l'effet d'atroces souffrances. Elle blêmit à la vue de cet attirail barbare et sanguinaire, que pouvait-il se passer ici ? Non… Elle préférait ne pas savoir. Elle pouvait presque s'imaginer les corps des malheureux se contorsionner sous l'action de diverses substances chimiques qui consumaient la chair, éclataient les organes ou bien d'actions mécaniques qui brisaient un à un tous les os dans un effroyable craquement. Voyant Orihime se décomposer à la vue de son matériel, Szayel tenta vainement de la rassurer.
« Ne t'en fais pas, je ne vais pas t'attacher, du moins, pas si tu coopères gentiment… »
Sa peau s'électrisa à ces paroles, si elle avait su, elle l'aurait finie plus d'une fois son assiette ! Elle en aurait même repris de bon cœur. Se faire fourrer la nourriture de force dans la gorge semblait être une situation plus enviable que celle-ci. Sans lui laisser davantage de temps, l'octa ordonna sèchement :
« Enlève ton haut.
- Qu…quoi ? » balbutia t-elle en fixant le savant qui ne la regardait même pas.
Il était en train de farfouiller dans un tiroir métallique, plus occupé à chercher son matériel qu'à l'écouter geindre. Il sortit une seringue et la déposa sur un meuble avant de se pencher pour sortir une espèce de tuyau en plastique à l'intérieur d'un sachet. Il se retourna vers elle et la vit toujours vêtue de son uniforme.
« Qu'est-ce que tu attends ! Déshabille-toi, j'ai besoin que ton bras soit nu. »
Elle se tourna vers le ténébreux et sentit le rouge monter à ses joues, lui chauffant les pommettes. Son poing pressa alors plus fortement sa poitrine essayant, par ce geste, de se rassurer. Celui-ci continua de la fixer, impassible, ce qui la mit encore plus mal à l'aise. Son regard de marbre pesait sur elle, des frissons vinrent lui parcourir le bas du dos pour remonter jusqu'à sa nuque. Elle resta interdite un long moment, le regard fixé au sol sur ses chaussures noires. Elle ne voulait pas qu'il la voit dévêtue, le simple fait d'y penser lui fit avoir le hoquet. Quant à lui, il ne comprenait pas la raison de sa gêne. Pourquoi faisait-elle autant de simagrées pour enlever un simple bout de tissu ? Son visage avait pris une autre teinte quand Szayel lui avait demandé d'enlever ses vêtements, mais il n'en saisit pas la signification. Il s'impatienta.
« Faut-il aussi te l'enlever de force ?
- Non … je … »
Un ricanement lugubre résonna, coupant la parole à Orihime, et détourna le regard apathique de l'Espada qui vint se reporter sur le scientifique. Celui-ci était un fin observateur. Il n'avait aucun mal pour analyser et interpréter les réactions de la jeune humaine. Il se mit à glousser :
« Je crois qu'elle ne veut pas se déshabiller devant toi, Ulquiorra. »
L'Espada ferma les yeux et son visage se tourna de nouveau en direction d'Orihime qui n'osait plus le regarder. Comment avait-il fait, en moins de temps qu'il n'en fallait, pour comprendre que cela la gênait de se dévêtir devant cet homme en particulier? Elle se sentit vulnérable, et s'en voulut qu'on lise aussi facilement en elle.
« Très bien. » finit-il par dire sans ré-ouvrir les yeux.
Il tourna les talons et sortit du laboratoire, laissant Orihime et Szayel seuls. La porte coulissante se referma sur lui. Une envie de tendre le bras lui prit pour le retenir, mais elle resta figée, ses membres refusant de lui obéir. Le scientifique, sans perdre plus de temps tout en la dévisageant, réitéra son ordre :
« Maintenant que nous sommes seuls, enlève ton haut... »
Un sourire faussement rassurant étira ses lèvres. La pièce devint un brin plus chaleureuse aux yeux de la captive, du moins, autant qu'elle pouvait l'être pour une salle dont la mort elle-même semblait effrayée par les expériences qui s'y déroulaient. Tout cela n'était qu'une vaste fumisterie visant à l'endormir, à aucun moment elle n'en prit conscience. Scientifique émérite, il lisait bon nombre d'ouvrages dont un ayant pour thème les émotions humaines. De ce fait, ils savaient que les humains étaient d'humeur plus coopérative lorsqu'ils se sentaient en sécurité. Elle ne bougea pas, l'observant sans mot dire.
« Je ne te ferai aucun mal, allez, vas-y » dit-il en faisant un petit geste de la main, l'encourageant.
Elle finit par s'exécuter, ouvrant délicatement la fermeture éclair de sa grande veste blanche, lui découvrant son décolleté habituellement caché par un col haut. Ce col l'étouffait. Sa poitrine n'était pas habituée à être comprimée de la sorte, mais d'une certaine manière, il la protégeait des regards souvent méprisants et lubriques des Arrancars mâles. Seul Ulquiorra ne semblait pas s'intéresser à son corps, cela ne devait pas changer. Sa robe blanche lui moulait le buste mettant en valeur sa poitrine. Le décolleté se voulait très échancré ce qui n'était pas pour déplaire à l'Espada qui en profita pour se rincer l'œil tout en remontant ses lunettes pour mieux en apprécier les subtilités. Ses hanches étaient bien marquées et ses fesses toujours dissimulées étaient bien soulignées. La robe lui descendait jusqu'aux chevilles magnifiant ainsi sa ligne. La rousse paraissait grande et fine, l'habit valorisant chacune de ses courbes, chacune de ses formes. Orihime avait honte de cet accoutrement, elle ne l'aimait pas. C'était comme si Aizen avait choisi cette robe en connaissance de cause. Il avait tout de même pris le soin de lui fournir cette veste courte sur le devant et longue sur l'arrière pour camoufler ses formes ce qui n'était pas cohérent avec le choix de la robe. Pourquoi ne l'avait-il pas directement vêtue d'une robe plus basique ?
L'espace d'un instant, elle se rappela le seul et unique compliment qu'Ulquiorra avait tenu à son égard. Il s'était permis de lui dire que ses vêtements lui seyaient bien. C'était étrange. Il n'était pas obligé de lui témoigner de la gentillesse, mais il l'avait tout de même fait. Un petit frisson l'avait parcourue lui procurant à la fois plaisir et souffrance. Plaisir puisque c'était là le premier compliment qu'on lui faisait après l'avoir arrachée au monde des humains. Souffrance pour l'avoir, justement, arrachée de Tatsuki, d'Ichigo, de ses amis du lycée.
Un petit claquement de langue la fit revenir à elle, Szayel commençait à perdre patience. Cette dernière n'étant pas une vertu très répandue au sein du Hueco Mundo. Elle déposa alors sa veste sur le métal glacial. Le savant fit un petit mouvement de tête pour l'inciter à s'asseoir sur la table. Des yeux, elle chercha un moyen de grimper. Un petit escabeau, un tabouret, quelque chose, mais il n'y avait rien. Elle se tourna alors dos à la table et fit un petit bond pour se hisser sur le meuble, s'aidant de ses poignets dont les doigts agrippaient les rebords. Le froid de l'acier lui mordit la chair, ses poils se hérissèrent, sa peau arborant, de ce fait, une surface granuleuse. Intéressant, se mit à penser l'homme aux cheveux roses, s'empressant de griffonner quelques notes sur une feuille vierge. Une fois le matériel en main, il s'approcha d'Orihime.
« Allonge-toi et détends-toi. »
Elle s'exécuta sans mot dire, sa tête se posant délicatement sur l'acier froid de la table sur laquelle elle était installée, légèrement inclinée. Elle observa un long moment l'homme préparer le matériel, il semblait particulièrement concentré sur les manipulations qu'il effectuait. Une fois qu'il eut terminé, il s'approcha de la table et prit son bras. De ses doigts froids, il commença à tâter le creux de l'articulation, lui accrochant un garrot pour faire apparaître ses veines.
Un moment après s'être habituée à ce contact, elle se mit à penser à Ulquiorra, pourquoi avait-il décidé de l'abandonner ici ? A chaque sortie qu'ils effectuaient, il ne la lâchait jamais d'une semelle, ou plutôt, elle ne le lâchait jamais d'une semelle. Elle se demandait ce qu'il pouvait bien avoir d'aussi important à faire. Une petite douleur se fit sentir dans son membre la projetant hors de ses pensées.
« Désolé, ta peau est bien plus fine que le hierro de tous les Arrancars, je ne m'attendais pas vraiment à ce que l'aiguille traverse aussi facilement. »
Le bout de tuyau vint se positionner contre l'aiguille tandis que l'autre extrémité fut reliée à une poche remplie d'un liquide transparent. Goutte après goutte, la solution nutritive s'écoula dans un petit réservoir avant d'atteindre la veine d'Orihime, par l'intermédiaire d'un tube en plastique. Le passage des premiers millilitres du fluide lui fit naître, au creux de son bras, une sensation désagréable de brûlure. La douleur remontait doucement le long de son membre suivant le trajet de la substance dans ses vaisseaux, et irradiait maintenant dans tout le haut du corps. Elle grimaça.
« Détends-toi, ça ne devrait pas durer plus d'une heure. »
Les yeux de la jeune rousse se fermèrent, essayant de se détendre comme lui avait conseillé Szayel. Au bout d'un petit moment, la douleur se dissipa pour ne devenir qu'un mauvais souvenir. De toute manière, c'était un passage obligatoire, elle ne pouvait y déroger alors autant que ce soit le moins désagréable possible. Elle se laissa bercer au fil de ses pensées, essayant de se remémorer des souvenirs agréables, chassant ceux présents dans cette pièce. Un léger sourire étira ses lèvres lorsqu'elle se rappela des cours au lycée, de sa meilleure amie qui lui manquait, et qui devait être morte d'inquiétude, d'Ichigo dont elle n'avait pas réussi à déposer un baiser sur ses lèvres… Elle finit par s'endormir sur cette pensée, se laissant tomber dans les limbes de son subconscient.
Merci d'avoir pris le temps de lire, n'hésitez pas à laisser une petite trace de votre lecture.
Promis, je ne mords pas.
A bientôt.
