Titre : Dans les vestiaires...

Pairing : Aomine x Kise

Rating : M

Genres : UR ( univers réel, celui du manga ), romance, humour, PWP

Disclaimer : Personnages à Tadatoshi Fujimaki ( gloire à lui ! ). Histoire, mise en scène, tournures … Ça en revanche, c'est de moi.

Note : Coucou !

Oula oula, j'ai beaucoup de retard concernant cette suite d'OS ! J'avoue que j'ai manqué de temps dernièrement... Et c'est encore le cas mais bon, je suis là pour livrer ce nouvel OS ! D'ailleurs le prochain est pratiquement terminé, il ne devrait pas tarder non plus... J'espère que vous aimerez celui-ci ! Il est un peu difficile.. ; En même temps avec Aomine et Kise... Surtout Aomine, en fait, je n'imagine pas quelque chose de vraiment badin. Ah la la...

Merci encore pour vos petits mots, ils me font super plaisir ^_^ c'est génial, je suis très touchée et je vous remercie encore de prendre le temps de laisser un mot. C'est adorable !

Allez, bonne lecture et à très vite !

PS : Comme d'habitude, désolée pour les fautes restantes !

-x-x-

La défaite. Il y était habitué pourtant...

Lorsque l'on pratique un sport, on doit s'habituer au fait de gagner mais aussi de perdre. L'un ne va pas sans l'autre. La défaite et la victoire était les deux cotés d'une seule et même pièce et aujourd'hui, le mauvais côté s'était abattu sur leur équipe.

L'inter-high; Kaijô venait de perdre contre Touhou Gakuen et cette défaite ci résonnait comme un glas ; Kise savait que cette fois-ci, il aurait d'avantage de mal à l'avaler. Et c'était peu dire... Cette fin de match avait un goût acide et la douleur s'ajoutait, insidieuse, à cet état de fait.

La sonnerie finale avait retenti depuis un moment déjà ;le jeune homme blond était toujours au sol, la mâchoire crispée, les yeux baissés, rivés sur le parquet luisant et luttant plus que tout pour que les larmes, ces traitresses, ne décident de s'aventurer contre ses joues. L'amertume. Cette défaite là avait un goût amer... Le goût amer de laisser la victoire. La victoire à un autre. Et cet autre c'était Aomine Daiki. Lui. Encore. Toujours. Depuis que le jeune mannequin s'était mis dans l'idée de pratiquer le basket, il y a des années de ça, il avait été mis sur la route de ce garçon à la peau mate et aux cheveux bleus. Ce prodige du ballon orange. Un garçon aux abords souriant et heureux. Un garçon que la victoire avait transformé en quelqu'un d'arrogant et de profondément détestable. Perdre contre Aomine Daiki revenait à entretenir son état d'égocentrisme et d'égoïsme exacerbés. Perdre contre lui revenait à ce qu'il s'éloigne encore et toujours jusqu'à, un jour, arriver au point de non-retour. La vérité était là : A chaque victoire, Aomine Daiki s'enfonçait dans sa propre déchéance. Il savait... Lui et Kuroko savait que le seul moyen de « sauver » Aomine du chaos dans lequel il s'était emmuré était de le battre, ni plus ni moins.

Cette défaite l'éloignait encore d'avantage. Indubitablement. Et depuis un moment, s'éloigner d'Aomine était devenu, aux yeux du joueur phare de Kaijo, une torture. Ni plus, ni moins. Lui qui, depuis le collège, cherchait à se rapprocher de lui, le prenant même comme modèle... Ses victoires incessantes provoquaient l'effet inverse. Il le savait. Kuroko aussi le savait. Et ils n'y pouvaient rien... Alors Kise s'était trouvé un nouveau challenge ; un challenge qu'il savait de taille, cette fois çi : Celui de battre Aomine. Une bonne fois pour toutes.

Le jeune homme jura et écrasa son poing contre le parquet alors que les cris de la foule en délire lui parvenaient aux oreilles en une sorte d'écho sourd et criard. Il était furieux. Furieux contre lui-même. Quand serait-il assez fort pour ne serait-ce qu'espérer pouvoir le vaincre ? Quand ? Merde, il s'était entrainé sans relâche ces derniers mois... Il s'était donné à fond... Il...

Une larme silencieuse coula et il émit un autre juron avant de venir la frotter vigoureusement ; il était exténué, ses jambes refusaient de le relever et le pire... C'est que malgré qu'il s'évertuait à regarder fermement le sol, il savait pertinemment qu'à quelques pas de là, Aomine l'observait, parfaitement immobile. Il savait ! Il pouvait sentir l'aura du prodige émaner jusqu'à lui... Aomine était fixé sur lui. Pourquoi d'ailleurs ? Le jeune homme émit un rire désabusé. Probablement pour se foutre de lui et lui faire comprendre, encore une fois, qu'il était meilleur et le serait probablement toujours.

Merde. Merde. Merde.

Alors qu'il allait écraser une nouvelle fois son poing au sol, une main se pressa devant lui et, le rythme cardiaque ayant entreprit une cadence infernale, il releva vivement la tête, l'espoir le prenant aux tripes, les yeux remplis de reconnaissance et l'ébauche d'un sourire heureux sur le visage quand il tomba sur la vision de son capitaine qui l'intima à se relever. Kasamatsu l'observait, le regard bienveillant. Plus loin, la silhouette du joueur miracle de Touhou Gakuen se dessinait, de dos, en direction du centre du terrain pour le salut final.

L'espoir, hein ? Vaste blague.

Comment avait-il pu penser, ne serais-ce qu'un instant que... ? Un soupir s'échappa de ses lèvres et tandis qu'il acceptait la main de son capitaine qui l'aidait à se relever, ses yeux fixaient, encore et toujours la silhouette du joueur à la peau basané... Il se trouvait pitoyable.

-x-x-

« Tiens ? et Kasamatsu ?

- Hm... Il nous a dit d'avancer sans lui.

- Je vais voir où il en est.

- Laisse-le tranquille... Ça vaut mieux. »

Le jeune mannequin se stoppa tandis que ses coéquipiers continuaient leur marche, silencieusement, vers la sortie. Il baissa la tête et se mordit la lèvre sous le coup de la colère. Il venait de comprendre... Son capitaine était probablement dans un état abominable et la seule pensée qui lui vrillait la tête était en premier lieu d'aller trouver Aomine pour... Pour quoi, d'ailleurs ? Sa conscience lui hurlait d'aller chercher son capitaine et de le relever comme lui l'avait fait un moment plus tôt mais son corps lui refusait de bouger, prisonnier entre sa conscience et sa volonté propre. C'était pourtant évident qu'il devait rebrousser chemin et revenir aux vestiaires de Kaijo ! Mais merde... L'envie, cette envie infâme d'aller vers ceux de Touhou Gakuen était encore plus forte. Il le savait.

« Fais chier... Je suis pathétique. » se répéta alors le jeune homme tandis que ses pas le menait, d'eux même, vers l'opposé du bâtiment, en direction des vestiaires de l'équipe adverse. Qu'est-ce qu'il espérait obtenir en allant là-bas si ce n'est mépris, moqueries, arrogance et autres joyeusetés... ? Si ça se trouve, Aomine n'était même pas reparti aux vestiaires et avait quitté les lieux comme il faisait la plupart du temps, ne passant pas plus de temps qu'il n'en fallait avec son équipe. Il soupira et passa une main dans ses cheveux, essuyant au passage une perle de sueur qui s'était mise à couler le long de sa tempe. Son coeur avait entreprit un rythme infernal à mesure qu'il se rapprochait. La volonté de reculer devenait, à présent, de plus en plus forte.. C'était toujours pareil, et ce depuis longtemps : il était mort de trouille à l'idée de se retrouver en présence d'Aomine. Il ne comprenait pas pourquoi.. Ce gars avait une telle emprise sur lui depuis le collège, c'était devenu impensable, songea le jeune homme en parvenant aux abords des vestiaires adverses. Il se posta dans un couloir adjacent et s'adossa au mur. Un profond soupir lui échappa et il resserra la lanière de son sac contre son épaule. Qu'est-ce qu'il fichait là, déjà ?

« Comme je m'y attendais. » Résonna une voix grave aux abords du couloir désert.

Le coeur du mannequin fit un saut périlleux et il releva brusquement la tête en direction de la voix. Aomine était là, une main retenant son sac et l'autre dans la poche ; il semblait s'être changé sommairement, son allure bien que débraillé comme à son habitude était également décontracté au possible. D'ailleurs il étouffa même un bâillement avant de revenir ancrer ses yeux d'un bleu profond dans ceux légèrement plissés du numéro sept de Kaijo.

« Aomine-cchi. Je voulais juste te féliciter pour le match. Tu as encore gagné, bravo. »

Le bleuté émit un rire suffisant.

« T'es vraiment trop facile à comprendre, Kise. Et là, en l'occurrence, t'es le plus gros mytho qui existe. »

Un frisson étrange parcourut le blond et il se força à adopter une allure décontracté lui aussi. Il mentait. Il mentait comme il respirait évidemment. Et Aomine savait. Et il se trouvait encore plus pathétique. Il se décolla du mur et se tourna entièrement vers son homologue, un sourire forcé et qu'il espérait naturel, à l'appui.

« Libre à toi de penser ce que tu veux. C'est tout ce que j'avais à dire.. Je te souhaite bonne chance pour tes matches à venir, sois sûr que je serais là, côté spectateur. Sur ce... »

Pitoyable. Pitoyable. Pitoyable. Aucun autre mot ne lui venait à l'esprit à cet instant présent ; Il fallait qu'il parte ! Il fallait qu'il parte loin de lui et de son aura maléfique. Sa présence commençait à saturer sa poitrine et il parvenait de moins en moins à reprendre sa respiration de façon naturelle. Un dernier sourire – faux – à l'appui, il passa aux côtés de son homologue et se dirigea, au hasard, vers un côté du long couloir éclairé.

« Retiens-moi. Dis quelque chose. Fais quelque chose. Je t'en supplie... »

Encore ces pensées contradictoires. Il fallait qu'il parte, bon sang ! C'était nécessaire, c'était vital... C'était...

« J'te connais par coeur. Depuis le collège, je connais parfaitement chacune de tes réactions. T'es un livre ouvert, Kise et ça me fait marrer, t'as pas idée. »

Le blondinet se stoppa net et ses poings se serrèrent instinctivement cependant qu'un frisson supplémentaire lui vrillait la colonne vertébrale. Le travail à la chaîne qui avait pris place dans son cerveau avait entreprit une cadence infernale. Il se mordit la lèvre en même temps qu'un soupir d'incompréhension franchissait sa bouche puis se retourna doucement vers l'autre garçon, prenant soin de garder ce sourire faux et pourtant indispensable contre son visage. S'il flanchait et montrait ses véritables émotions au gars en face, il était foutu. Irrémédiablement foutu. Aomine, quant à lui, continuait de le fixer avec intensité, un mince sourire arrogant à l'appui. Comme d'habitude. Comme s'il savait... Comme si, encore et toujours, c'était lui, l'éternel gagnant.

« Pour quelqu'un qui croit me connaître par coeur, Il me semble que tu as été quelque peu surpris durant ce match, Aomine-cchi. N'est-ce pas ? »

Daiki soupira d'amusement et son sourire s'agrandit, faisant frissonner l'autre joueur.

« Arrête de sourire comme ça... Arrête, putain ! »

« Je te parlais pas du match mais bon si t'insiste pour qu'on en cause : J'ai gagné, t'as perdu. Point barre. T'as quand même été assez distrayant, je dois l'avouer. »

Le sang du blond se mit à bouillir à l'intérieur de lui et sa respiration se fit de plus en plus erratique. Ce type était un monstre. Et lui était une merde pour commencer à ressentir de la joie à l'idée de se faire traiter comme un moins que rien plutôt que de ne rien avoir du tout. Il le savait. Depuis le début, Aomine avait cette emprise sur lui... Et visiblement il n'était plus le seul au courant.

« Tu cherches ma reconnaissance depuis le collège. Tu me suis comme un petit chien et je sais que ton seul objectif actuel c'est de me battre... » Continua le joueur de Touhou Gakuen.

Kise sentait ses entrailles se liquéfier sur place. Son sac venait de s'échouer au sol en un bruit sourd et il déglutit alors que ses yeux se posaient au sol, incapable de supporter d'avantage leur confrère bleuté qui continuaient de le sonder avec force et impétuosité. Il se sentait pris au piège... Face à une vérité qui le prenait à la gorge et dont il luttait depuis des années afin de s'en libérer mais en vain... Aomine Daiki l'obnubilait comme jamais. Encore. Toujours.

«... Mais tu me battras jamais. Et tu sais pourquoi ? »

Le bleuté s'était rapproché jusqu'à n'être plus qu'a un infime mètre de lui. Il pouvait sentir les effluves de son gel douche, son haleine mentholé alors qu'il mâchait paresseusement son chewing-gum, son sourire arrogant qu'il devinait toujours focalisé sur lui. Ryota se sentait minuscule, incapable de relever la tête face à l'autre garçon et face à une autre vérité, cette fois-ci, plus tortueuse, qui allait ne pas tarder à débarquer sur le parquet de son existence. Sa faiblesse ultime... Son secret le plus enfoui, le plus dévastateur, le plus mortel...

« Parce que, ce que tu ressens pour moi depuis des années, c'est pas de la colère ou de la haine, ha ha. T'es en kiffe sur moi depuis des lustres. Et malgré le fait que je clame haut et fort aimer les gonzesses, toi tu continues à t'accrocher comme le mignon petit chiot que t'es. »

Aomine avait ponctué ses dires d'un rire amusé et malsain. De son côté, le blond sentait une fois de plus que ses jambes se faisaient la malle ; les tremblements dans ses muscles avaient empiré, de concert, avec les battements de son coeur et le brouillard prenant place dans sa tête à mesure que l'autre exposait sa tirade, avec ce ton de voix horripilant et condescendant. Il sentait la bile, acide, remonter le long de son oesophage et lui bruler l'intérieur.

« … J'devrais en être flatté, nan ? » Termina le bleuté, comme pour l'achever.

Kise émit un juron et la seconde d'après il agrippait l'autre par le col de sa chemise, dardant son regard mordoré assombris et emplis de haine dans les orbes bleues face à lui ; Ce type l'écœurait. Lui et son sourire suffisant toujours perché aux lèvres. Ce connard vaniteux et sans coeur ! Cette machine à victoires, désertée à jamais de toutes traces d'humanité... Là, maintenant, il voulait écraser son poing contre le visage de ce monstre... Il voulait le faire souffrir comme lui pouvait le faire souffrir... Il voulait...

Finalement, ce sont ses lèvres qu'il écrasa contre celles de l'autre garçon. Profitant de sa surprise, il fit passer sa langue dans sa bouche et vint se coller à la sienne, avec avidité, sa poigne se resserrant contre le col en corrélation avec l'intensité, ferme et immuable, qu'il avait de continuer à dévaster la bouche de son homologue. L'échange ne dura qu'une seconde, si ce n'est plus... Le temps suffisant à ce qu'il fasse passer l'intégralité de son ressenti chaotique sans se faire repousser. Le bleuté ne bougeait pas, restant parfaitement immobile, ne prenant part aucunement et alors que le jeune mannequin brisait enfin l'échange, ses yeux s'étaient plissés et rencontraient à nouveaux les iris dorés d'où irradiaient un mélange d'émotions toutes plus infernales les unes que les autres. Ryota avait les joues rouges et alors que sa poigne se resserrait contre son cou, il émit un juron, le dévisageant désormais avec colère :

« Je te déteste. Je te hais profondément. »

Nouveau sourire arrogant.

Des bruits de pas et de discussions se firent entendre a l'autre bout du couloir et aussitôt, le blond relâcha l'autre, comme s'il venait de se brûler. Il le gratifia d'un nouveau regard emplis de colère et s'apprêtait à partir, ni plus ni moins, c'est ce qu'il aurait du faire depuis le début ; jamais il n'aurait dû venir ici. Jamais il n'aurait du venir tenter le diable et entretenir son état de dépendance. Il était pathétique... Mais c'était sans compter, un bras puissant qui s'empara de son col à lui et le poussa dans les vestiaires les plus proches ; ceux de Touhou Gakuen en l'occurrence. Aomine poussa, sans délicatesse aucune l'autre contre le mur et ferma aussitôt la porte a clé, le cliquetis résonnant en un bruit sourd dans la vaste pièce déserte.

« Laisse-moi partir, Aomine-cchi. J'ai plus rien à te dire. » reprit le blond d'une voix polaire en dévisageant son homologue.

C'était la première fois qu'il agissait de la sorte avec le bleuté. La première fois qu'il le dévisageait de la sorte, la première fois qu'il lui parlait avec autant de mépris dans la voix... La première fois qu'il le détestait véritablement. Et ça faisait mal. C'était douloureux et fatiguant. Le mannequin se sentait à bout de forces, aussi bien mentale que physique. Il avait atteint sa limite... Les larmes menaçaient véritablement de sortir une nouvelle fois. Aomine le dégoutait. Il se dégoutait.

« Sinon quoi ? Tu vas encore chialer ? »

Ses yeux s'écarquillèrent et s'emplirent de larmes et il balança à la figure de l'autre son sac qu'il tenait encore péniblement.

« Va te faire foutre ! Je comprends pas comment j'ai pu perdre autant de temps à... A espérer un quelconque geste venant de toi, à vouloir que... A essayer de.. Putain.. »

Une larme puis bientôt deux, trois quatre... défilaient en un cortège lugubre contre les joues rosies par la colère. Le blondinet s'était de nouveau adossé contre le mur et avait baissé la tête, ses bras longeant son corps comme s'il était devenu, l'espace d'un instant, une simple poupée désarticulée.

« Je comprends pas non plus. »

Daiki s'était rapproché, s'adossant contre les casiers face à lui ; à une distance raisonnable. Ses yeux bleus étaient plissés étrangement et il dardait une expression fermée vers l'autre jeune homme toujours en proie aux larmes qui coulaient, silencieuses, contre son visage d'ordinaire enjoué.

« Tu veux que j'te dise quoi sérieusement ? Que je vais virer de bord et que..

- Ferme-la... !

- Sans déconner, tu t'es mis dans la merde seul sur ce coup alors viens pas m'inclure dans tes états d'âmes de gonzesse, soupira le basané en regrettant aussitôt ses paroles à la vue du tressaillement ayant traversé le corps du blond. Putain, vous faîtes tous chier ! »

Un profond soupir sortit des lèvres du prodige et il s'affala lui aussi contre les casiers, levant le nez au ciel ; la fatigue émanait des deux joueurs. Kise renifla une dernière fois et reporta son regard vers l'autre. Il avait raison, parfaitement ; il s'était mis dans la merde seul sur ce coup. Il s'était enlisé dans les méandres infernaux de ses sentiments en s'amourachant d'Aomine Daiki. Ça n'aurait pas du se passer comme ça... Il aurait du choisir une autre route que celle, risquée, sur laquelle il s'était engagé mais … Quoi qu'il fasse, c'était le bleuté qui revenait sans cesse dans son esprit !

Finalement, il laissa échapper un rire un peu désabusé et fatigué.

« Tu as raison, Aomine-cchi. C'est mon problème et je n'ai rien à attendre de toi, tu as été parfaitement clair... » S'entendit-il dire en se forçant de sourire.

Daiki ne le regardait même pas, continuant de fixer son plafond alors que sa pomme d'Adam remuait de temps à autre. Le jeune homme blond se décolla du mur et passa une main fatiguée entre ses mèches blondes.

« … Je mérite pas d'attendre indéfiniment quelque chose que je n'obtiendrais jamais. Je mérite pas de courir après de la fumée. Je mérite pas ces choses, je vaux mieux que ça. » Continua de réciter le mannequin, se rassurant un peu lui-même par la même occasion.

Le basané avait redressé la tête, dardant ses yeux sur l'autre garçon ; ses cheveux couleur or étaient en désordre, ses yeux étaient un peu gonflés et il semblait plus fatigué que jamais. Une première. Jamais il n'avait vu Kise Ryota, le super mannequin, toujours parfait, avec une allure de la sorte, même après un match difficile, victoire ou défaite. Cette vision le fit soupirer d'agacement sans qu'il ne comprenne pourquoi.

« Je mérite quelqu'un de bien. » Finit le blondinet en lui adressant un regard neutre.

Tous deux soutinrent le regard de l'autre pendant ce qu'il sembla durer une éternité aux yeux du blond qui sentait son corps vaciller à nouveau face aux orbes bleutées braquées sur lui, tels les phares d'un voiture.

« Je suis rien pour toi... Alors tu n'as pas le droit de me lancer ce genre de regard. Arrête ! »

Nouveau soupir mi-agacé, mi-amusé du côté du numéro cinq de Touhou Gakuen.

« Et ce quelqu'un, c'est une de tes nombreuses groupies ? Non mieux, ton capitaine ? »

Un frisson de mal aise s'imposa à nouveau le long de la colonne vertébrale du mannequin. C'était quoi ce ton de voix... ? Pourquoi le bleuté en venait à parler de Kasamatsu-sempai ?

« Prend pas cet air surpris, c'est flagrant que ce gars est en kiffe sur toi. Balança le bleuté avec une voix désormais clairement agacée. D'ailleurs... »

Le jeune homme se releva et s'approcha de l'autre joueur qui eut un mouvement de recul instinctif, se retrouvant à nouveau acculé contre le mur. Ryota sentit son coeur se faire la malle une nouvelle fois alors qu'il se retrouvait bloqué entre le mur et l'objet de toutes ses pensées. Aomine assena une main contre le mur, près de son oreille tandis que ses yeux bleus se liaient aux siens, avec une intensité qui le cloua instantanément sur place. Il se trouvait présentement incapable de bouger outre-mesure. Et merde... En avait-il réellement envie ? Aomine était tellement proche de lui, leurs corps se touchant presque. Jamais il n'avait eu pareille proximité avec le joueur prodige... Tous ses sens se trouvaient en éveil.

« … Quand il est venu t'aider à la fin du match, c'était tellement mielleux. J'ai failli vomir...

- ... T'es vraiment un sale..

- ... T'as cru que c'était moi, hein ? T'as espéré que ce soit moi. »

Aomine ne questionnait pas, il affirmait. Et Kise ne trouvait rien à ajouter a la vérité qu'on lui balançait encore une fois à la figure, avec la force d'une bourrasque de vent. C'était désormais clair : Aomine savait tout. Il n'avait plus rien à ajouter de plus. Il était pris au piège. Pris au piège de la personne même qui emplissait sa tête depuis le collège. Il baissa les yeux, les fixant au sol, ne pouvant plus en supporter d'avantage. Le bleuté avait rapproché son corps un peu plus, observant avec satisfaction le défilé d'émotions qui passait sur le visage de son homologue. L'emprise était totale et il le savait. Et il en jouait. Il adorait ça. Il ne voulait pas perdre ça.

Oui, parfaitement.

« Recules-toi. »

La voix de Ryota était hachée et tellement basse qu'il dut s'approcher un peu plus afin de tendre l'oreille.

« Que je me recule ? Me fais pas rire... Tu kiffes que je sois aussi près de toi. J'suis sûr que ton corps réagit. »

Joignant le geste à la parole, le bleuté posa son autre main sur l'entrejambe du blond, sans autre forme de cérémonie. Ce dernier sursauta violemment et tenta de le repousser... En vain. Le sourire du bleuté s'était agrandit alors qu'il sentait exactement, sous ses doigts, que cette proximité plaisait à l'autre garçon, plutôt à son corps qui venait de le trahir de la plus basse des façons qui soit. L'érection du blond était bien présente sous sa main.

« Bingo. »

C'était la stupeur qui prenait désormais place sur le visage du mannequin qui arborait un regard d'incompréhension dardé sur l'autre jeune homme qui continuait de sourire avec satisfaction, sa main toujours posé sagement contre son bas-ventre.

« Arr...Arrête, Aomine-cchi...

- C'est pas ce que tu veux.

- Lai... Laisse-moi.. Merde ! »

Le blond se mordit la lèvre ; il était aussi crédible qu'un enfant qui tente d'émettre un refus devant une confiserie. Il se trouvait pitoyable, à nouveau... Et bien entendu, Aomine était au courant. Inconsciemment son corps se plaqua un peu plus durement contre la main posée contre son érection et il ne put empêcher un souffle de bien-être de franchir la barrière de ses lèvres.

« Alors, quand t'es seul dans ta piaule ou sous la douche... Tu te branle en pensant à moi ? » S'enquit le bleuté, un sourire en coin, tandis que plus bas sa main traçait des cercles sur la bosse qui déformait désormais le jogging du blondinet.

Kise secoua la tête, posant avec urgence, sa joue contre le mur froid et fermant les yeux tandis qu'une vague de bien-être et de honte mêlées traversait son corps.

« Réponds. »

La main salvatrice avait stoppé tout mouvement et aussitôt le numéro sept de Kaijo sentit celle-ci s'abattre près de sa joue. Aomine avait placé ses deux mains de part et d'autre de son visage, et il dut batailler férocement pour tenir les yeux bleus rivés sur lui alors qu'il rouvrait les siens et se tournait lentement, prudemment, vers l'autre. Ce dernier étira encore son sourire en avisant l'expression alanguie prenant place sur le visage du mannequin ; Kise était rouge, les yeux lumineux, le souffle court et ses dents malmenaient sa lèvre inférieure avec rythme et empressement.

« Tu te touches en pensant à moi, oui ou non ?

- Aomine-cchi... Je... »

Le bleuté prit le menton face à lui entre ses doigts et le força a le regarder.

« Alors ? »

Kise ferma une nouvelle fois les yeux et se mordit la lèvre au sang.

« ...O-oui. »

Nouveau soupir amusé de la part du bleuté.

« Je vais te baiser, Kise. »

Le blond sentit son coeur et son cerveau se faire la malle à l'entente de ces paroles qui lui semblèrent aussi lointaine que leur véracité. Il rêvait, n'est-ce pas ? Ce n'était pas possible autrement. Plus bas, une main insidieuse avait reprit sa place contre son érection douloureuse.

« Nh... Aomine-cchi... Arrête... Tu n'es pas... Tu..

- Tu m'as distrait pendant ce match. Prends ça, comme un remerciement. C'est ce que tu veux, nan ? »

Alors c'était donc ça, il avait suffisamment distrait l'autre pour obtenir ce genre de faveur. Il avait parfaitement joué son rôle de bouffon du roi.. Kise sentit à nouveau la bile, douloureuse, remonter le long de son corps. Ce qu'il voulait ? Aomine semblait, cette fois-ci, et pour la première fois, complètement dans le faux. Certes, il pensait au bleuté de cette façon... Il était un garçon de dix-sept ans, en pleine forme, avec des désirs, des envie... Il savait qu'il nourrissait des sentiments étrange pour le basané.. Il s'était déjà fait plaisir en pensant à lui.. Mais ce qu'il voulait réellement était de l'ordre de l'impossible. Impossible car le gars en face était Daiki Aomine. Un garçon aussi attirant qu'inaccessible. Et là présentement.. Ce dernier parlait de coucher ensemble.. Un fantasme pur et dur dans l'esprit du mannequin. Tout ceci devenait malsain, interdit..

Plus bas, la main du bleuté venait de sortir son sexe à l'air libre, le faisant coulisser entre ses doigts avec fluidité et rapidité. Ryota ne put plus réfléchir outre-mesure, un plaisir rapide et intense le traversa tout aussi brusquement et il porta ses mains contre la chemise du basané, s'y accrochant violemment alors que l'orgasme montait en lui, puissant, dévastateur ; Il ne parvenait plus à retenir ses soupirs de plaisir. Il ne parvenait plus à fabuler... La main d'Aomine qui coulissait contre son membre était la meilleure chose qu'il avait ressenti jusqu'à présent. Meilleur qu'une victoire au basket, meilleur que tout. Perdu dans son plaisir, le jeune homme posa ses mains contre la nuque de l'autre garçon, cherchant à amener son visage contre le sien, dans le but de l'embrasser.

« Aomine-cchi... Mmh.. Embrasse-moi... Haa ! »

Le bleuté ne répondit pas, gardant sa position, les yeux rivés sur le visage du blond qui se tordit subitement de plaisir alors que plus bas, sa jouissance se déversait contre sa main en de long jets brulants.

Tandis que le numéro sept de Kaijo tentait difficilement de reprendre son souffle, il se retrouva le visage plaqué contre le mur alors que plus bas son pantalon était abaissé avec brusquerie ; Ses fesses se retrouvèrent à l'air libre et un corps chaud se colla au sien, avec impétuosité.

« ... Attends.. Nh »

Un soupir surpris et de plaisir mêlé s'échappa des lèvres du mannequin alors qu'il sentait clairement quelque chose de dur s'incruster contre ses fesses. Non ce n'était pas possible... Il n'était même pas gay... Il..

Toujours avec un silence détonnant, le jeune homme aux cheveux bleus déboucla sa ceinture, répandant le bruit caractéristique dans la pièce et abaissa pantalon et sous-vêtement avant de venir présenter son membre tendu contre le corps de l'autre garçon.

De son côté, Ryota voulait le repousser. Plus que tout, il voulait que le carnage s'arrête maintenant mais... Que pouvait-il faire face à un Aomine visiblement excité... Excité pour lui... Excité par lui.. ? Aurait-il encore des opportunités de ce style ? Il était clair, dans son esprit, et probablement dans celui d'Aomine aussi, que cette fois serait la seule et l'unique. En ce sens, le mannequin avait capitulé depuis longtemps. Il voulait Aomine ici et maintenant.

« Baise-moi, Aomine-cchi. »

Un frisson de honte le marqua à nouveau alors que les mots quittaient ses lèvres, entretenant le sourire arrogant prenant toujours place sur les lèvres du bleuté derrière lui. Ce dernier se servit de la jouissance de son partenaire pour seul et unique lubrifiant et pénétra aussitôt le corps face à lui, récoltant des gémissements de douleur et des tressaillements d'inconfort manifestes.

Ryota serra les dents, se mordant la lèvre, cette fois-ci de douleur. Ce n'est pas comme ça qu'il imaginait sa première fois... Et encore moins avec Aomine. Le processus était le plus douloureux qu'il n'ai eu à subir.

C'était dans la continuité des choses... Douleur et Aomine étaient et resteraient une seule et même chose. Un seul et même être. Depuis le début, il savait, il avait toujours su, au fond, qu'aimer un type comme Daiki Aomine revenait a ce qu'il connaisse la douleur, qu'elle soit physique et mentale.

Le joueur prodige n'avait désormais de cesse de se mouvoir en lui, cherchant son propre plaisir, se servant de son corps pour atteindre le point de non-retour. Qu'est-ce qu'il pensait ? Évidemment qu'Aomine ne chercherait pas à lui faire plaisir. Avait-il seulement une idée de ce qu'était l'amour entre garçons ? Ses coups de bassin étaient fluides, incisifs, intenses... Et alors que le jeune mannequin quittait enfin la douleur pour froler le plaisir qui revenait en lui, il sentit l'autre jouir à l'intérieur de lui, poussant un râle rauque et erratique. Aomine se retira tout aussi rapidement qu'il l'avait pénétré et il l'entendit remettre son pantalon en place. Alors qu'il sombrait à nouveau dans ses pensées, une bouche chaude vint se coller contre son oreille, le faisant trembler de plaisir, sans qu'il ne puisse l'en empêcher. Le bleuté mordilla son lobe et vint carrément lui mordre la base du cou, le faisant à nouveau gémir de douleur et plaisir mêlé ;

« C'est moi ton obsession et y'a pas moyen que ça change. C'est clair ? »

La seconde d'après, le jeune homme se retrouvait seul dans les vestiaires, toujours appuyé contre ce mur et le pantalon à ses pieds alors que la jouissance de l'autre garçon s'échouait le long de ses cuisses. Il émit un juron et cogna son front contre la pierre froide tandis que ses poings se serraient sous le coup du flot d'émotions contradictoires qui prenait à nouveau place en lui...

« C'est toi mon obsession Aomine-cchi... Et j'ai pas envie que ça change. Putain... Je te déteste. »

La main plaquée contre la trace de morsure prenant place sur son cou, le jeune homme se laissa lentement glisser au sol sans cesser de se descendre verbalement et intérieurement... Encore une fois, il se trouvait pitoyable.

[FIN]