L'homme aux yeux verts avançait dans les couloirs du palais, les mains fourrées dans les poches de son hakama blanc. Les yeux clos, il se laissa porter par ses pensées. Une vague de questions assaillait son esprit tant et si bien qu'il fut incapable de les organiser. Il marchait tel un robot docile programmé pour se rendre là où on lui avait ordonné d'aller. Sans l'aide de ses yeux, il pouvait tout de même circuler dans l'immense palais sans être désorienté ni se cogner. Il en connaissait tous les recoins, les couloirs n'avaient plus aucun secret pour lui. Szayel avait beau modifier, à sa guise, les embranchements, il ne s'était jamais laissé surprendre. Un souffle court d'énervement franchit la barrière de ses fines lèvres noires lorsque le flot incessant de questions faillit le submerger. Ses paupières se relevèrent pour révéler un regard aussi placide qu'à l'accoutumée alors qu'un véritable torrent bouillonnait en lui. Il continua d'avancer en silence avant de se retrouver devant une monumentale porte en pierres blanches. Ses yeux fixèrent l'imposante porte qui demeurait close. Du bout des doigts, il frôla la pierre avant de la pousser sans difficulté. Les battants de celle-ci s'ouvrirent dans un grand bruit sourd, il fit quelques pas et se retrouva à l'entrée d'une grande salle qui paraissait vide. Au fond de cette pièce était placé un massif trône rocheux, un homme aux cheveux châtains semblait y être aisément installé. Ses jambes étaient croisées et ses bras reposaient sur les accoudoirs. A sa droite se tenait un homme noir possédant des lunettes opaques qui ne laissaient aucun doute sur sa cécité. Le col de son habit lui remontait sur le cou, ses bras étaient nus et mettaient en valeur sa musculature. Sa longue veste blanche cintrée lui arrivait aux chevilles. Elle était fermée du col jusqu'au bassin et finissait par s'évaser pour le laisser libre de ses mouvements. A la gauche du trône, un homme aux cheveux gris argentés semblait avoir les yeux clos et affichait un sourire démesuré. Ulquiorra ne pouvait pas l'encadrer avec son sourire fallacieux, cet homme le répugnait et lui donnait des envies de meurtre. Ses habits étaient disproportionnés par rapport à sa corpulence, il semblait flotter à l'intérieur. Les manches de sa grande veste étaient très amples et dissimulaient ses mains. Une ceinture de couleur bleue claire nouait son hakama contrastant avec les couleurs fades habituellement rencontrées au Hueco Mundo.
L'homme sur le trône leva le bras droit de son accoudoir et d'un geste de la main ordonna à l'Espada de s'approcher. Obtempérant, Ulquiorra avança sous le regard des trois hommes qui semblaient impatients. Ses pas résonnèrent dans la salle, il marcha tout en étant impassible et neutre. Il s'arrêta à quelques mètres d'eux et s'inclina en guise de respect. L'homme aux cheveux châtains qui n'était autre que le traître étira ses lèvres, visiblement satisfait de la docilité de ses petits pions. Une mèche de cheveux légèrement ondulée avait délicatement pris place entre ses yeux, le reste de sa chevelure mi-longue était tirée en arrière. Ulquiorra se redressa et attendit qu'Aizen prenne la parole. Ils restèrent quelques instants dans le silence, se jaugeant du regard.
« Comment va notre captive, Ulquiorra ? S'enquit finalement le traître.
- Elle refuse de s'alimenter. »
Le renégat sembla surpris.
« La nourriture qu'on lui sert ne lui convient pas ?
- Pas d'après ce que j'ai pu constater.
- Je vois. C'est embêtant, sourit l'homme avant d'ajouter, ne serait-ce pas la vue de son gardien qui lui couperait l'appétit ? »
Aizen semblait vouloir provoquer l'Arrancar qui ne réagissait pas, à son grand regret. Ulquiorra ne répondait jamais à ses provocations, il ne perdait jamais son sang froid et semblait pouvoir rester calme en toute circonstance. Gin, l'homme aux cheveux argentés l'observait un grand sourire plaqué sur les lèvres comme à son habitude. Son attitude laissait penser qu'il se moquait de tout le monde, quelle arrogance ! Impossible de savoir ce qu'il pouvait penser et Ulquiorra détestait ça par dessus tout. Cet homme était perfide et semblable à un serpent prêt à cracher son venin mortel à la moindre occasion.
« C'est son côté humain qui pose problème, elle pense toujours à ses amis, finit-il par dire ennuyé.
- Je vois… et pour toi ?
- Pour moi ?
- Oui, comment cela se passe, pour toi, avec l'humaine ?
- Je la trouve ennuyante », finit-il par avouer.
Aizen reprit son sérieux, sa voix était cependant très calme et incroyablement douce presque chaleureuse. Il continua :
« Tu sais Ulquiorra, les humains sont plus coopératifs lorsqu'ils se sentent en sécurité. Peut-être devrais-tu lui témoigner un peu plus d'attention ?
- D'attention ?
- Oui, tu devrais lui rendre davantage visite, lui tenir compagnie. Les humains ne supportent pas très bien la solitude. »
L'Espada mit quelques instants avant de répondre sans entrain :
« Si c'est ce que vous désirez, qu'il en soit ainsi. »
Aizen passa la main dans ses cheveux les repoussant en arrière tout en gardant son sourire qui ne suggérait rien de bon. Ses prunelles noisette vinrent se poser dans celles de l'Espada qui se faisait violence pour ne pas détourner les yeux. Satisfait de la réponse de son fidèle soldat, il continua :
« Elle pense toujours à ses amis, n'est-ce pas ?
- Oui, c'est comme s'ils faisaient partie intégrante de son être.
- Les humains sont complexes mais je suppose que le temps fera son oeuvre… Quoi qu'il en soit, je t'ai convoqué pour te faire part d'une mission... »
Il écouta d'une oreille attentive la suite de la phrase de son Maître, restant suspendu à ses lèvres. A son sens, s'occuper de l'humaine était une perte monstrueuse de temps et un véritable calvaire sans parler des nombreuses railleries qu'il essuyait au quotidien. Il resta muet attendant, non sans une certaine impatience, que son Maître continue sa phrase.
« J'ai besoin que tu retournes à Karakura. Un écho plutôt désagréable m'est parvenu m'avertissant que le shinigami suppléant voulait récupérer l'humaine. Même si je m'en doutais, ça n'en reste pas moins problématique. J'ai besoin de connaître le niveau exact de leur recherche. »
Le monde des humains ? Il ne manquait plus que ça… La petite flamme intérieure qui brûlait au fond de lui avait été soufflée en un instant. Il avait horreur de ce monde rempli de déchets tous plus nauséabonds les uns que les autres. Il lui était pénible de rester plus d'une heure parmi les Hommes. Ils grouillaient comme des insectes, s'entassaient dans les bus, déambulaient dans les rues, s'agglutinaient dans les magasins. L'envie de les écraser, un par un, du plat de la chaussure lui avait traversé l'esprit de nombreuses fois. Peu après avoir franchi le garganta pour se rendre sur terre, son calme légendaire avait été mis à dure épreuve. Les couleurs vives des lumières de la ville agressaient son œil, le vacarme incessant des voitures l'exaspérait au plus haut point, l'odeur des gaz d'échappement l'incommodait, la chaleur du soleil lui brûlait la peau. Ce qu'il appréciait, c'était le calme, le silence, la pénombre et dans cette ville, il lui était impossible de se concentrer. La voix du traître le fit revenir à lui.
« Bien sûr, tu ne seras pas seul, Yammy t'accompagnera dans ta quête. Je te laisse le loisir de l'en tenir informé. La discrétion est de mise, mieux vaut ne pas alerter le rouquin, un étrange pouvoir coule dans ses veines, je le sens. Ce n'est pas que cela m'inquiète outre mesure mais le Hogyoku n'est pas encore totalement fonctionnel et je préfère ne pas gaspiller d'énergie inutilement. Je vous octroie une seule journée, pas une de plus. »
Sa voix était lasse, il semblait presque ennuyé par ce qu'il racontait. Ulquiorra écoutait sans broncher, restant droit comme un piquet. Puis soudain, une lueur malsaine apparue au fond des yeux de l'ex-shinigami.
« Oh, j'oubliais… », un rictus déforma ses lèvres lui donnant une apparence démoniaque. « Tu restes l'unique responsable d'Orihime, même pendant ton absence. A toi de faire en sorte qu'il ne lui arrive rien. Une seule égratignure et tu pourrais en payer le prix fort. Surtout, ne me déçois pas. »
C'était bien sa veine, Las Noches fourmillait d'Espadas et d'Arrancars tous plus dangereux les uns que les autres. Il fallait qu'il délègue son travail le temps qu'il revienne de sa mission sur terre. Oui… mais à qui ? Aucun Arrancar n'était digne de sa confiance. Il devait faire un choix qui allait s'avérer cornélien. Décidément, Aizen ne lui facilitait pas la tâche. Etait-ce une manière de le tester ? Peu importe, il fallait qu'il trouve une solution au plus vite.
Un horrible bruit sourd vint le sortir de ses pensées, résonnant dans la salle du trône. Les murs tout comme le sol, sous l'effet du tremblement, vibraient. Le plafond libérait de la poussière qui tombait en pluie fine sur le sol. Aizen ne parut pas surpris, toujours confortablement installé, ses deux comparses ne semblaient pas plus préoccupés. La porte ne tarda pas à s'ouvrir dans un grand fracas, les deux battants de celle-ci furent projetés violemment contre les murs de la pièce. Ulquiorra qui ne s'était pas retourné, malgré ce vacarme, observa les réactions du traître dont le sourire paraissait ancré sur son visage. Chacun des pas de l'inconnu était lourd, brutal. Sa colère grandissait au fur et à mesure qu'il avançait dans la pièce. Son reiatsu augmenta d'intensité lorsqu'il vit le responsable de son courroux face à Aizen.
« Puis-je savoir ce qui me vaut ce remue-ménage, Grimmjow ? »
L'homme aux cheveux bleu électrique bien qu'ayant l'apparence d'un humain ressemblait, à cet instant précis, à s'y méprendre à une bête sauvage. Son regard bleu azur était rempli d'une rage incommensurable. Son instinct animal prenait le pas sur sa raison. Un masque de hollow positionné sur le côté droit de son visage n'était rien d'autre que le reste d'une ancienne mâchoire possédant des crocs acérés, accentuant son côté sauvage. Sa veste blanche était ouverte sur son torse et sa musculature très marquée. Une grande cicatrice rouge verticale s'étendait le long de son torse du haut de ses pectoraux jusqu'à son nombril qui était remplacé par un trou de hollow. Grimmjow était une force de la nature, bourré de muscles et de nerfs. Ulquiorra daigna enfin tourner son regard vers le fauteur de trouble lorsque celui-ci arriva à sa hauteur. L'animal à la tignasse ébouriffée le toisa du regard, une lueur folle dans les yeux. Sa rage démesurée lui brûlait le corps. Il dut se faire violence pour ne pas envoyer tout valdinguer dans la pièce.
« Vous avez chargé ce minable de mettre la main sur Kurosaki ? Demanda-t-il hargneusement pointant du doigt le ténébreux.
- Les nouvelles vont vite à ce que je vois.
- Pourquoi vous m'laissez pas y aller, j'serai bien plus utile.
- Je ne t'ai pas demandé ton avis.
- Je vous en débarrasserai de votre problème, en moins d'temps qu'il n'en faut pour le dire ! »
Effectivement, il voyait, ici, l'opportunité d'avoir sa revanche sur Kurosaki qui était responsable de cette grande balafre sur sa poitrine. Il brûlait d'envie de se venger, de le faire souffrir comme un misérable moins que rien. Arracher sa peau et ses viscères. Il se voyait déjà exposer fièrement le corps sans vie du shinigami comme un vulgaire trophée. Les lèvres du traître s'élargirent pour laisser apparaître un sourire perfide.
« Puisque tu insistes, Grimmjow, c'est toi qui t'occuperas de l'humaine durant l'absence d'Ulquiorra. »
Cette annonce fut l'effet d'une bombe. Le Sexta fut tellement effaré qu'aucun son n'émana de sa gorge serrée. Ulquiorra, tout comme Grimmjow avait les yeux grands ouverts de stupéfaction. « Non, pas lui, de tous les Espadas c'est Grimmjow que le Maître a choisi ? Non… pas cet animal incapable de contrôler ses pulsions dévastatrices... », pensa Ulquiorra dépité. Gin qui était jusqu'alors resté silencieux sortit de son mutisme tout en portant une de ses manches à son visage, visiblement très amusé par la tournure que prenaient les événements.
« On dirait qu'Orihime va avoir un nouveau compagnon avec qui…
- J'suis pas une putain de babysitter ! » L'interrompit-il.
L'atmosphère se teinta subitement d'un voile sombre, l'air devint sec et asphyxiant. La salle dans laquelle ils se trouvaient était devenue glaciale, une aura maléfique semblait flotter dans l'air, engourdissant les membres. Les ténèbres s'étaient invitées à la conversation. Aizen se leva pour se tenir face à l'insoumis, le dominant de toute sa hauteur, le trône étant en hauteur. Son regard dédaigneux était baissé vers l'Arrancar qu'il fixa comme s'il n'avait aucune valeur. Son sourire s'était évaporé pour ne laisser qu'un visage dur et menaçant qui ferait frémir le plus puissant des Espadas.
« Ça suffit ! Tu feras ce que je t'ai demandé, c'est bien compris Grimmjow Jaggerjack ? »
Son nez se retroussa instantanément, ses babines se soulevèrent découvrant toutes ses dents tel un félin enragé prêt à sauter à la gorge de sa proie. Comment osait-il lui parler sur ce ton, lui, le roi, le vrai roi, pas cet imposteur qui s'était octroyé tous les droits grâce à une pierre ridicule. Grimmjow n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds et à être docile comme un bon animal de compagnie. Non, il était sauvage, farouche, imprévisible. Il avait surtout beaucoup trop de fierté pour obéir aveuglement à un homme qui n'était même pas de son espèce. Bien sûr, il n'était pas fou, il savait très bien qu'un grand écart de puissance le séparait de ce type mais ce n'était qu'une question de temps avant qu'il puisse le surpasser, il en était convaincu. Compte tenu de l'attitude hostile du Sexta envers le traître, celui-ci laissa échapper un peu de sa puissance, lui rappelant par la même occasion à qui il avait à faire. C'était la première fois que l'animal ressentait une pression spirituelle d'une telle force, celle-ci lui fit plier le genou. Ulquiorra eut beaucoup de peine à se tenir droit sur ses jambes. Il bloqua sa respiration, tous les muscles de son corps étaient bandés, la mâchoire serrée, il luttait tant bien que mal contre la gravité qui l'attirait au sol.
« Je crois que je ne me suis pas fait comprendre… »
Grimmjow ne put répondre et finit par fléchir tout en posant un genou au sol face à la puissance colossale du traître. Une aura blanche translucide émanait du corps d'Aizen. Celui-ci se mit aussitôt à sourire visiblement satisfait de son intervention. Il relâcha la pression et l'atmosphère redevint instantanément telle qu'elle était avant sa démonstration de force. L'homme aux yeux azur resta incliné, toujours au sol, une main posée sur la pierre froide cherchant un meilleur appui. Il essaya, rapidement, de reprendre consistance, il se sentait vulnérable et cela le révulsait. Il soufflait comme un buffle, la confrontation semblait l'avoir vidé de son énergie alors qu'aucun affrontement physique n'avait eu lieu. Son regard se tourna vers Ulquiorra qui était toujours debout, un hurlement intérieur de fureur ne manqua pas de le secouer.
« Bien. Puisque les choses ont été mises au point vous pouvez disposer. » Finit par dire l'ex-shinigami avant de reprendre place sur son trône.
Ulquiorra tourna les talons et s'en alla calmement, ses mains ayant rejoint ses poches comme à son habitude. Malgré la difficulté qu'il avait éprouvé pour garder sa stabilité, il n'en laissait rien paraître. Un sentiment de dégoût vint s'emparer de lui lorsqu'il jeta un dernier coup d'œil à Grimmjow qui était encore au sol. Pitoyable.
Mine de rien, l'Espada était inquiet. Il avait du mal à réaliser qu'Aizen avait choisi un individu aussi instable pour le remplacer surtout que toutes les responsabilités lui incombaient. Une seule égratignure et tu pourrais en payer le prix fort. Voilà ce qu'avait dit son Maître, ces mots martelaient son esprit. Etait-il inquiet pour lui ou pour la sécurité de l'humaine ? Il ne put réellement le dire. La sécurité de l'humaine ? Complètement dérisoire ! Quoi qu'il en soit, il fallait qu'il ait une explication avec Grimmjow mais cela s'annonçait d'ores et déjà compromis puisqu'il ne serait certainement pas disposé à l'écouter après cette humiliation. Les deux Espadas se vouaient une animosité sans équivoque, l'un envers l'autre et cela ne risquait pas de s'améliorer. Le caractère impulsif de Grimmjow exaspérait Ulquiorra alors que la fidélité sans faille de celui-ci pour Aizen rebutait l'homme à la chevelure électrique. La tension à l'intérieur de la salle était encore palpable. L'animal se releva avec difficulté, sa tête se redressa avec une certaine fierté même si, quelques instants auparavant, elle venait d'être allégrement piétinée. Il adressa un dernier regard chargé de haine à Aizen, celui-ci arborait un sourire à tout épreuve, la tête légèrement inclinée sur le côté.
« N'oublie pas de fermer la porte derrière toi. »
Ce fut le coup de grâce qui porta directement atteinte à la dignité de l'Arrancar. Ces mots résonnèrent dans sa tête mais pour une fois, il ne céda pas à sa pulsion animale. Une voix dans son esprit lui hurlait de lui sauter dessus pour le mettre en pièce. Sa raison, quant à elle, l'empêchait d'agir dans la précipitation. Il jura, au plus profond de son être, au tréfonds de son âme qu'il lui ferait regretter cette humiliation et ses paroles. Oui, cela prendrait du temps, il le savait. Un entraînement dur et intensif, lui permettrait d'atteindre le niveau de puissance nécessaire à son évolution. Pour une fois, Grimmjow ne laissa pas son instinct s'exprimer. Pour une fois, il tourna les talons face à son adversaire, se retrouvant dos à l'homme qui l'avait mis plus bas que terre. Ce n'était pas de la lâcheté, non, c'était de la stratégie ni plus ni moins. Ses poings se mirent à se serrer, contractant ses muscles brachiaux, ses griffes s'enfonçant dans la paume de ses mains avec rage jusqu'à ce qu'il ressente une douleur tout le long de son membre. D'un coup d'œil, il aperçut le ténébreux attendre derrière la porte, légèrement en retrait. Parfait, il pourrait ainsi passer ses nerfs sur quelque chose qui était à la portée de ses coups. Il pressa le pas, agrippa la porte qui se décolla du mur dans lequel les battants étaient encastrés et les rabattit non sans une certaine violence.
« Quelle démonstration ! Bravo. »
De ses deux mains, Gin applaudissait lentement Aizen, avec ironie. Le renégat semblait ne pas porter attention au ton sarcastique que prenait son homme de main. Il le connaissait depuis des lustres et s'était accommodé de son caractère railleur. Il était immunisé, d'une certaine façon, contre le venin de ce serpent. Gin reprit plus sérieusement :
« Tu crois vraiment que confier l'humaine à Grimmjow est une bonne idée ?
- Seul l'avenir nous le dira. » dit-il en souriant.
Il n'était pas inquiet mais plutôt amusé. Son séjour au Hueco Mundo était morne et sans saveur alors il semait, de temps à autre, la discorde chez les Espadas. C'était sa manière à lui de s'amuser et de passer le temps jusqu'à ce que sa pierre précieuse soit opérationnelle. De toute manière, il savait pertinemment qu'aucun d'eux n'était assez fort pour pouvoir ne serait-ce que penser à l'évincer. Et puis, il avait mis en garde Ulquiorra, une seule égratignure et ce serait lui qui en pâtirait.
Un grondement sourd résonna dans la salle, Aizen pouvait ressentir d'intenses vibrations jusque dans les accoudoirs de son trône. Presque aussitôt, un grand fracas de pierre qui s'effondre se fit entendre. Apparemment, cela avait commencé plus vite qu'il ne l'avait prédit.
Bonjour à tous, j'espère que cette petite lecture vous aura plu !
Je vous promet un peu plus d'action dans le prochain chapitre !
A bientôt très cher lecteur !
