Bonjour à tous-tes
Me revoilà avec du retard. J'ai été pas mal occupée ces derniers temps et je dois vous avouer que ma motivation s'est un petit peu étayée… mais me revoilà pour ce nouveau chapitre. Le prochain est en cours d'écriture.
Listeria : Je m'excuse pour le retard, au final, je l'avais fini qu'à moitié ! Mais c'est le plus long que je n'ai jamais écrit. 9 000 mots ! Je croise les doigts pour que l'attente en vaille la peine. Normalement, leur complicité ne devrait que s'amplifier avec le temps… J'espère que ça te sera agréable (autant toi à lire que moi à l'écrire). Je te remercie infiniment pour ton assiduité et tes commentaires qui me font toujours plaisir. Je garde la pêche toute la journée après coup avec un smile jusqu'aux oreilles. Bonne lecture !
Pour en revenir au chapitre :
! ATTENTION ! Ce chapitre risque d'être choquant et peut heurter votre sensibilité. Comme l'indique le terme « darkfiction », il y a des passages que j'ai prévus plus difficiles que d'autres et l'un d'entre eux fait partie du chapitre. Afin d'éviter que ceux/celles ne désirant pas lire soient perdu-e-s dans l'histoire, il y aura un bref résumé de ce qu'il se sera passé à la fin de cette scène. Je vous préviendrai juste avant le passage donc vous pouvez commencer la lecture de ce chapitre normalement. Peut-être que j'en fais beaucoup trop et que vous trouverez ça sans plus, mais je préfère avertir notamment pour les plus jeunes qui me lisent. Moi, j'vous aime, j'veux pas vous créer de traumatismes inutiles, haha !
Je vous propose quelque chose d'un petit peu différent aujourd'hui. J'ai envie de vous donner une musique à écouter au fil de la lecture. Comme pour le passage dérangeant, je vais vous avertir lorsqu'il faudra la débuter.
MUSIQUE : Brian Crain x Softness and light.
Bonne lecture à tous-tes.
De brefs cognements sourds contre l'imposante porte de la salle du trône firent rapidement dissiper les particules sombres en suspension autour d'Aizen. Depuis son changement d'état, il mettait un point d'honneur à essayer de contrôler sa nouvelle pression spirituelle qui, d'après lui, se laissait bien trop souvent entendre sans son consentement.
Ses yeux noisette se reportèrent droit devant lui et ses mains rejoignirent les accoudoirs de son trône, seul et confortablement bien installé. Il n'eut que peu de temps à attendre avant que les battants ne s'ouvrent en grand. Une silhouette élancée fit irruption dans l'immense pièce, suivie de près par deux acolytes bedonnants et sautillants. Un large sourire mutin s'étirait sur les lèvres graciles de l'intrus, découvrant de belles dents d'une blancheur éclatante. Malgré cette apparence angélique, une aura malsaine et glaciale émanait de lui, sans parler de l'odeur fétide de ses diverses expérimentations qui imprégnait chacun de ses pores.
Les trois créatures des ténèbres s'avancèrent. Une fois au bas des marches menant au trône, l'homme aux traits délicats s'inclina respectueusement, une main posée à plat sur le torse. Ses cheveux roses vinrent dissimuler brièvement l'expression inquiétante de son visage. Les deux accompagnants firent de même par pur effet miroir en continuant de bondir sur place. Le fier roi de ce monde resta muet, préférant laisser ses yeux glisser avec intérêt sur le plateau que tenait l'une des deux difformités. Celle-ci, par un effet gyroscopique, le maintenait sans qu'aucun des éléments présents ne bouge malgré ses incessants petits bonds.
Après un temps suffisamment long au regard des usages, le scientifique se redressa et fixa la lueur impitoyable dans l'iris de son Maître, non sans se faire violence. Il perdit alors toute l'assurance qu'il avait emmagasinée jusqu'à présent, retrouvant une mine austère ce qui étira légèrement les lèvres du despote.
« Votre grandeur… Veuillez m'excuser pour le dérangement, mais je dois procéder à quelques examens complémentaires… Ceci afin de m'assurer qu'aucun contretemps ne vienne vous incommoder… » se justifia-t-il, la voix vacillante et le dos légèrement courbé en signe de soumission. Chacun des mots énoncés était égrainé avec finesse et réflexion pour ne pas heurter son supérieur : « … enfin, si cela vous sied, » s'empressa-t-il de rajouter, mielleux et courbant davantage l'échine.
Le sourire du traître illumina son visage anguleux ce qui tendit davantage le savant. Cette expression chaleureuse n'était jamais de bon augure, et d'ailleurs, ses cervicales s'en souvenaient encore. Sa main se reporta sur sa nuque pour atténuer cette douloureuse sensation de tiraillement.
« Je m'attendais à ce que tu m'annonces une bonne nouvelle ! » s'exclama Aizen en secouant négligemment la tête de droite à gauche, mimant la déception.
Szayel eut quelques difficultés à la déglutition. La tension dans la pièce monta d'un cran. Le roi du Hueco Mundo aimait se sentir supérieur et ne manquait jamais une occasion pour jouer de la servitude de ses sbires.
« Tu me déçois. Moi qui te pensais être un éminent scientifique… »
Szayel serra la mâchoire de rage. Son sang ne fit qu'un tour et il eut bien de la peine à ravaler sa fierté, cette remarque le blessant au plus profond de son ego surdimensionné. S'emporter devant cet homme était bien l'une des dernières choses à faire si l'on ne voulait pas passer de vie à trépas. Aizen ne serait, cette fois-ci, pas aussi clément.
« Dis-moi, me serais-je trompé ? » continua-t-il avec un timbre de voix amusé.
Voilà que l'Espada se retrouvait dans une situation bien inconfortable. S'il osait protester et contredire son Maître, il ne donnait pas cher de sa peau. A contrario, s'il allait dans son sens, ce serait reconnaître son incompétence et lui offrir une occasion de l'éradiquer. Plutôt que de répondre, il préféra garder le silence. De toute manière, il s'agissait d'une impasse et tous les deux le savaient pertinemment.
« Tes talents ne sont-ils pas à la hauteur de mes espérances, Octavo Espada ? » insista le traître, mimant cette fois-ci l'impatience.
Le cerveau du susnommé se mit en route à une vitesse hallucinante, cherchant des paroles qui ne lui assureraient pas un billet sans retour vers les enfers. Déjà qu'il y avait échappé une fois… ce n'était pas pour, de nouveau, se retrouver devant cette porte funèbre.
Sa vie en jeu, les mots lui vinrent presque instantanément :
« Encore une fois, je vous prie de bien vouloir m'excuser pour l'embarras occasionné, mais je désire ne négliger aucune éventualité. Tous les risques doivent être mesurés et calculés en prévision de l'unification. Cette pierre est capricieuse, énigmatique et ô combien dangereuse. Une seule mauvaise manipulation, un seul petit oubli dans l'équation et cela pourrait vous être fatal, » expliqua-t-il en courbant un peu plus l'échine.
A cet instant, il renvoyait une bien piètre image. Parfaitement affligeante et dégoulinante d'hypocrisie. En d'autres termes, nauséabonde.
Cette situation le débectait au plus haut point. S'abaisser à un tel niveau de servitude, c'était lui rappeler son existence pitoyable en tant qu'être humain. Il s'était pourtant promis de ne plus jamais ressentir ce sentiment d'impuissance et de faiblesse dans la nouvelle vie qui lui avait été offerte -ou plutôt qu'il s'était offerte…
La voix grave de son supérieur le coupa dans sa réflexion :
« Eh bien, fais-donc, » lâcha-t-il avec flegme.
Après cet ordre, le scientifique s'avança en sommant Verona de le suivre. Diverses seringues, aiguilles et petits tubes de prélèvement reposaient sur le plateau. L'ancien Shinigami lui tendit le bras avant même que le savant n'ait eu besoin de demander. Celui-ci s'en empara avec douceur et y fit passer un large élastique pour comprimer les veines qu'il distinguait difficilement du nouveau système circulatoire.
A plusieurs reprises, il tapota le creux du coude sous le regard impatient de son supérieur. Enfin, il prit une aiguille, prêt à piquer et installer le tube. Avec délicatesse, il maintint le bout aiguisé tout contre sa peau et donna une brève, mais néanmoins, puissante impulsion. A sa plus grande surprise, l'aiguille, au lieu d'écarter les chairs se brisa en deux. Le bout libre fut propulsé de l'autre côté de la pièce sous les yeux écarquillés de Szayel. Les lèvres d'Aizen s'étirèrent encore plus larges devant le visage abasourdi de son serviteur.
« Je… je ne comprends pas. Ces aiguilles sont faites pour transpercer le plus solide des hierros, » tenta de se justifier le scientifique.
Par mesure de précaution, il recula de deux pas. Mieux valait parer à toute éventualité.
« Es-tu en train de dire que je me serais fourvoyé sur ton compte en te nommant Espada, Szayel Aporro Granz ? » ironisa le renégat avec un sourire mauvais.
Les mains ouvertes de Szayel s'agitaient dans de brefs mouvements, les paumes dirigées face à Aizen comme pour se dédouaner et rassurer son supérieur.
« Non, non… Je vous le garantis. Je vais de ce pas aller façonner des outils adaptés à votre nouvelle puissance, qui est, je dois l'admettre, absolument remarquable, » enchaîna-t-il la voix douce pour temporiser la colère de son Maître, essayant de retrouver un semblant de calme.
Finalement, il se détourna sans plus tarder, descendit les marches et avant qu'Aizen n'ait pu protester, il ajouta avec assurance cette fois-ci :
« Comme vous l'aviez ordonné, aucun Hollow n'est retourné dans le monde humain depuis la captivité de l'humaine hormis Ulquiorra et Yammy comme il était convenu. Par la même occasion, j'ai finalisé le nouveau portail. Il ne tient plus qu'à vous de m'aviser lorsque vous voudrez l'utiliser. »
Sur ces paroles, il s'inclina respectueusement devant l'air satisfait de l'ancien Shinigami.
« Dans ce cas, rassemble les Fraccions de Barragan pour demain, nous partirons à l'aube. »
Puis, d'un revers de main, il congédia son subordonné hors de la salle du trône comme l'on chassait une vulgaire mouche de son espace. Sans parole supplémentaire, les trois Arrancars partirent après s'être prosternés une dernière fois.
A peine les portes furent-elles refermées que Szayel envoya son poing valser contre le ventre bedonnant de Lumina qui, par l'impact, roula à l'autre bout du couloir.
« Maître ! Pourquoi !? Lumina ! s'égosilla l'autre difformité, paniquée.
— La ferme, Verona ! éructa Szayel, une veine palpitant furieusement sur sa tempe. La ferme ! »
Le bonhomme sain et sauf accourut en direction de son jumeau blessé tandis que Szayel avançait d'un pas enragé. Lumina, au sol, geignait sous le coup des violentes bousculades procurées par son frère mort d'inquiétude.
« C'est bon ! Calme-toi. Tu vois bien qu'il n'a rien ton imbécile de frère. Pourquoi croyez-vous que vos corps aient cette forme et qu'ils puissent encaisser des chocs de ce type si ce n'est pas pour me défouler ? Mais ça, faut que je vous l'explique à chaque fois ! Bande de demeurés… »
Ses yeux couleur d'or roulèrent d'agacement et il continua sa progression avec les deux acolytes sur les talons. Verona, en pleurs, pendait au cou de son jumeau sans égratignure qui avait récupéré le plateau, l'air de rien. Bon sang, que ces débordements affectifs le mettaient hors de lui ! Les nerfs en pelote, il fit abstraction de cette effervescence et commença à réfléchir à la conception des nouveaux outils. Une fois arrivé dans le laboratoire souterrain, ses yeux s'attardèrent sur l'un de ses écrans et un sourire inquiétant lui fendit les joues...
. . . . . . . . . . .
Plus loin dans le palais, Ulquiorra rejoignait ses quartiers d'un pas serein. Maintenant seul et l'esprit moins préoccupé par la présence d'Orihime, ses pensées allèrent vers la vision qui lui était apparue plus tôt. Alors ces flashs qu'il percevait depuis quelques temps dans ses rêves et maintenant dans un état d'éveil seraient des réminiscences de son passé ? Bien sûr, depuis son Arrancarisation, le ténébreux n'ignorait pas le fait d'avoir été humain même si la simple idée d'avoir un trait commun avec cette espèce le débectait. Seulement… jamais il ne s'était entretenu avec les autres membres de son groupe quant à de possibles souvenirs de cette époque lointaine. Si lui ne s'en souvenait pas alors certainement que les autres non plus. A vrai dire, cela ne l'intéressait guère jusqu'à aujourd'hui.
Cette femme aux cheveux bruns, il la connaissait de sa vie d'antan et d'après les sensations douloureuses dans sa poitrine lors de sa mort, elle devait avoir eu une place importante pour lui.
Serait-ce à cause d'elle qu'il se serait lui-même transformé en créature des ténèbres ? Aucun doute n'était permis puisque d'un humain, il était passé à sa toute première forme de Hollow. Et à en juger par l'enveloppe qu'il possédait dans cette vision et le manque d'interaction avec les autres, il avait sûrement dû mourir sans trouver le repos. Mais à quoi avait bien pu ressembler sa vie ? Comment était-il mort ? Qui était-elle vraiment ? Et que dire de la panique qui avait, dans un premier temps, transi ses membres, puis fait tambouriner dans un rythme déchaîné son muscle cardiaque habituellement si paisible…?
Un mal de crâne commença à poindre le long de sa tempe et les voix mortifères revinrent pour le brutaliser davantage comme si son inconscient lui refusait l'accès à ce qu'il se doutait être son passé. Agacé, il préféra lâcher le fil de ses songes et revenir au moment présent. Déjà les douleurs s'atténuaient pour ne devenir que de lointaines sensations désagréables. Avec calme, il rejoignit ses quartiers afin de profiter d'une bonne nuit de repos.
. . . . . . . . . . .
Après avoir ingurgité son repas, Orihime avait impatiemment attendu la venue de l'Espada. A son plus grand regret, le serviteur s'était déplacé seul pour débarrasser la table et, de nouveau, l'avait laissée avec sa vieille amie la solitude sans lui avoir adressé le moindre mot. Alors après qu'il soit parti, elle s'était dévêtue puis glissée sous ses couvertures lisses sans espoir de revoir le ténébreux avant le lendemain matin.
Ses mains, l'une sur l'autre, reposaient maintenant sur sa poitrine qui s'abaissait et se soulevait lentement au rythme de ses respirations. Les yeux dirigés vers le plafond, elle repensait à la journée d'aujourd'hui, encore chamboulée. D'abord son ami Chad qu'elle avait cru mort, la puissance de son attaque qu'elle n'aurait jamais imaginée aussi intense, sa stupide et irréfléchie tentative de suicide, puis ces yeux d'une teinte hypnotisante qui l'avait fixée après l'avoir tirée de son immersion. Nue. Entièrement nue.
Ses joues s'empourprèrent violemment à ce souvenir et d'un geste rapide elle pivota sur le côté en se recroquevillant sur elle-même. Elle tira sa couverture entre ses doigts fins, s'emmitoufla dedans et la remonta jusqu'à son nez comme pour couvrir son corps de milliers de paires d'yeux invisibles.
Malgré l'embarras qui lui colorait maintenant les joues, elle essaya de se remémorer l'expression du ténébreux. Elle aurait juré avoir décelé de l'inquiétude dans le regard de cet homme si ses pensées n'avaient pas été sens dessus dessous.
Mon dieu... Mais qu'avait-elle fait ? Quel geste désespéré. Les conséquences que cela aurait pu avoir pour ses amis ne lui avaient à aucun moment effleuré l'esprit. Pourtant, cette tentative idiote aurait pu être source de véritables problèmes. Ses doigts cramponnèrent le tissu léger qui la recouvrait presque entièrement, ne dévoilant que le haut de son visage.
« Plus jamais, » souffla-t-elle à demi-mot, elle resserra l'emprise sur la couverture puis continua d'une voix plus forte : « Plus jamais je ne serai faible. Pour mes amis. Pour moi. Je ne baisserai plus les bras. Je n'ai pas le droit ! »
L'éclat déterminé de ses yeux illuminait la cellule d'une aura nouvelle et inébranlable. Puis, ses pensées revinrent inéluctablement sur Ulquiorra. Bien que dans son plus simple appareil et la tristesse ayant envahi son corps, elle s'était sentie particulièrement à l'aise au creux de ses bras protecteurs. Pour ne pas dire réconfortée. Et lorsqu'il lui avait annoncé la bonne nouvelle pour son ami, des ailes lui étaient poussées tel un ange déchu qui retrouvait le chemin baigné de lumière des cieux.
Un léger sourire s'esquissa sur ses lèvres, le cœur et l'esprit apaisés. La fatigue se fit de plus en plus ressentir à l'arrière de ses yeux et c'est avec des images de son sauveur au cœur de glace plein la tête qu'elle sombra dans un profond sommeil.
[ ! Attention ! Scène dérangeante en approche.]
(Un résumé est disponible à la fin du passage pour que vous puissiez reprendre le cours du chapitre normalement)
Quelques heures plus tard…
Un chatouillement désagréable sur le visage d'Orihime la tira un instant de son sommeil, sans pour autant qu'elle ouvre les paupières. Encore à mi-chemin entre rêve et réalité, sa main se porta sur son nez afin de repousser les cheveux qui avaient eu l'affront de la réveiller.
Une fois la sensation disparue, ses lèvres s'entrouvrirent pour aspirer une plus grande quantité d'air. Au moment où elle allait se tourner sur le côté pour continuer sa nuit, un morceau de métal glacé vint s'appuyer contre sa lèvre inférieure, pénétra sa bouche et glissa à plat le long de sa langue. Aussitôt, son cœur manqua un battement. Elle ouvrit large les paupières d'effroi. Sa vision se reporta instantanément sur le visage baigné par l'obscurité de la personne qui se tenait debout à côté de son lit. Lorsqu'elle reconnut le sourire épouvantable peint sur les joues de l'intrus, elle se crispa davantage et demeura absolument immobile, tétanisée par la peur.
Avec horreur, elle comprit que la chose dans sa bouche se trouvait être un zanpakutô. Des gémissements gutturaux lui échappèrent, étouffés par la lame qu'il fit lentement tourner pour lui ouvrir plus large la mâchoire, ce qu'elle fit docilement. A mesure que le bout de métal élargissait l'ouverture, le sourire terrifiant s'étirait plus que de raison.
Les yeux effrayés d'Orihime fixaient, sans pouvoir y échapper, l'œil unique aux reflets démoniaques de son agresseur. Des larmes s'accumulèrent rapidement à la surface de sa cornée, lui brouillant la vue. La panique qui inondait son corps ne fit que s'amplifier jusqu'à atteindre, de toute sa vie, des sommets encore jamais atteints. Sa respiration chaotique devint de plus en plus difficile à gérer et une monstrueuse boule d'angoisse dans sa poitrine la lui rendait encore plus laborieuse.
La lame affutée glissa plus en profondeur et, avec une facilité déconcertante, lui écorcha en surface la pulpe des lèvres ainsi que le dos de la langue. Dans un râle plaintif, Orihime essaya d'ouvrir davantage la mâchoire pour que les extrémités de l'arme ne l'entaillent plus. Quelques gouttes de sang ruisselèrent sur la tranche du katana et une odeur métallique se répandit, réjouissant le monstre.
Malgré ses complaintes, la lente et douloureuse progression continua. Sans réussir à le contrôler, elle hoqueta sous l'œil goguenard de son bourreau et faillit vomir lorsque la pointe vint s'apposer contre l'arrière de sa langue. Au même instant un rire sinistre résonna dans la cellule, rompant, pour la première fois, le mutisme du monstre qui pesait depuis le début.
La cage thoracique de la jeune femme commença à trembler à ce son qu'elle aurait préféré ne jamais entendre. Ses mouvements respiratoires se firent de plus en plus désordonnés alors le borgne stoppa le cheminement de l'arme et pencha le buste au-dessus du corps transi. Il rapprocha son visage effrayant de celui d'Orihime.
« Chhht… Calme-toi princesse, susurra-t-il d'une voix mielleuse. Je n'aimerais pas devoir t'entailler le coin des lèvres pour que tu me fasses un joli sourire. »
De sa main libre, il fit remonter, en une légère caresse, le dos de ses doigts sur la joue de la captive dont les muscles avaient retrouvé leur rigidité. Avec délicatesse, il prit une mèche de cheveux qui lui barrait le front et la replaça derrière l'oreille.
« Tu vas être sage, n'est-ce pas ? »
Afin d'obtenir une réponse, Nnoitra remonta l'arme sans pour autant la sortir de sa bouche, la laissant comme un avertissement. Orihime ne répondit rien et se contenta de hocher très faiblement la tête, trop terrifiée pour oser le confronter. Au même instant, il se pourlécha les mandibules, satisfait à l'avance de la tournure qu'allaient prendre les événements.
Depuis le moment où l'humaine avait ouvert les yeux, jamais le contact visuel ne fut rompu, au plus grand bonheur de l'Espada qui se nourrissait sans scrupule de la peur grandissante de sa proie. Sans s'attarder davantage, il sortit la pointe du katana pour la déposer sous la lèvre inférieure qui frémissait d'angoisse. Puis avec lenteur, la lame effleura la peau du menton en laissant une traînée rougeâtre. Elle glissa sur le cou tendu de la rouquine sans la blesser, puis sur sa clavicule pour finir par rejoindre la couverture qui couvrait son corps tétanisé. L'Espada continua sa progression et fit doucement descendre le tissu qui découvrit le haut de sa poitrine plantureuse.
Le temps semblait s'écouler au ralenti, chaque seconde perçue par la jeune femme comme des heures de torture. Il lui était absolument impossible de réfléchir, son cerveau entravé par les gestes de son tortionnaire et les sensations épouvantables sur sa peau.
Le sourire lubrique s'élargit de manière démesurée lorsqu'il fit passer la lame entre les seins maintenant nus d'Orihime qui ferma les yeux à ce moment pour essayer d'échapper à son calvaire. Comme pour faire durer le supplice, l'Arrancar prenait un temps absolument monstrueux pour faire glisser la couverture de plus en plus basse.
Le bout de métal arriva ensuite sur son nombril avant de rejoindre le bas de son ventre. A ce moment, elle eut un tressaillement effroyable, puis elle se remémora la promesse qu'elle s'était faite avant de s'endormir. Être plus forte. Ne pas baisser les bras. Et puis… elle restait sous la protection d'Aizen donc peu de risque qu'il n'ose la tuer.
Dans un regain de courage et une montée d'adrénaline, elle rouvrit les paupières et ses mains se reportèrent rapidement sur ses tempes avec l'espoir de rencontrer, du bout des doigts, ses deux barrettes. Elle crut qu'elle allait tourner de l'œil lorsqu'elle toucha ses cheveux aux endroits où étaient supposées se trouver ses armes.
Nnoitra inclina légèrement la tête sur le côté et la secoua brièvement de déception. Sa langue vint claquer plusieurs fois rapidement son palais en signe de désapprobation. Il enfourna sa main libre dans la poche de son hakama et en tira les épingles de la jeune femme qui aurait pâlit davantage si cela avait été possible.
« C'est ça que tu cherches, hein ? »
Sa poigne se resserra sur les fleurs de Shunshun et Orihime poussa un cri suraigu en le voyant faire. Un rire sardonique lui échappa de nouveau avant qu'il retrouve un semblant de calme.
« Si tu ne veux pas que je les brise, reste tranquille princesse… Et entre nous, je crois que tu préférais largement que ça se passe sans trop de brutalité. »
Le corps tout entier de la jeune femme se mit à trembler violemment et ses yeux déjà inondés de larmes déversèrent leur contenu sur ses joues maintenant aussi blanches que celles d'un macchabé. Amusé, l'homme reprit son cheminement et fit tourner doucement la pointe sur le mont de vénus avant d'envoyer, d'un geste brusque, la couverture à l'autre bout de la cellule.
Orihime, entièrement nue, était à la merci des yeux lubriques de son bourreau qui déposa finalement son Zanpakutô sur le lit. Il caressa, à l'aide de son pouce, les lèvres innocentes et recueillit le sang de la blessure qu'il porta ensuite à sa bouche, se délectant de ce goût particulier dont les Hollows raffolaient. Puis, il reporta brusquement de nouveau ses mains sur le visage apeuré pour les faire glisser sur la poitrine de la jeune femme qui tressaillit à ce contact malsain, la possibilité de se défendre déjà morte et enterrée dans son esprit. Mais contre toute attente, des bruits de pas résonnèrent dans le couloir et elle eut envie de crier pour donner un signal d'alarme, son cœur se gorgeant d'espoir. Seulement, avant qu'elle n'ait eu le temps d'user de ses cordes vocales, une main s'apposa sur sa bouche, étouffant sa voix qui mourut avant même d'avoir vu le jour.
D'un bond rapide, le tortionnaire se retrouva au-dessus d'elle et s'imposa entre ses cuisses qu'il écarta avec violence cette fois-ci. Les larmes chaudes redoublèrent d'intensité et coulèrent dans un flot abondant et silencieux. Les pas s'éloignèrent et ils restèrent tous deux un long moment dans cette position, la main de l'Espada écrasant douloureusement ses joues.
« Ecoute-moi bien, petite garce, lui susurra-t-il d'une voix glaciale au creux de l'oreille. Je ne le répéterai pas une seconde fois. Sois sage et laisse-toi faire. Je te conseille fortement de ne pas abuser de ma patience si tu ne veux pas que je t'arrache la mâchoire. »
L'emprise se resserra davantage et vint mettre à l'épreuve la résistance de ses os. Aussitôt, elle s'arcbouta sur le matelas pour essayer de se soustraire à cette brutalité et soulager la douleur insupportable. Ses gémissements plaintifs se confrontèrent à la paume de main et ne furent audibles que par la seule personne responsable de son supplice. Progressivement, il relâcha la pression sans pour autant enlever sa main qui lui servait encore de bâillon.
« Fais-toi à l'idée que personne ne viendra te sauver, princesse. Encore moins ton chevalier servant, » asséna-t-il comme un coup de grâce. A ces mots, la lueur dans son regard s'éteignit. Elle cessa de résister et demeura statique sous le poids de son bourreau.
Le sourire du monstre s'élargit en réponse à sa soumission.
« Gentille fille… » la flatta-t-il d'une voix terrifiante qui annonçait mille supplices.
Après s'être assuré que de potentiels cris soient hors de portée d'oreilles indiscrètes, il libéra la bouche d'Orihime qui resta muette et amorphe. Lentement, il fit glisser sa main sur son menton et le tint fermement entre ses deux doigts avant de lui pivoter la tête sur le côté. Il en profita pour rapprocher son visage de celui de sa proie et arpenta, de sa langue visqueuse, les joues humides pour récolter le liquide salin dont il se délecta. De l'autre, il baissa le bas de son uniforme pour libérer sa verge dressée par l'excitation malsaine de son être dévoyé.
Avec son front, il alla chercher celui de la jeune femme pour s'appuyer contre et ainsi dégager son autre main pour caresser le corps dénudé qui palpitait d'horreur sous sa paume. Son souffle nauséabond, Orihime le sentait s'écraser contre ses lèvres et elle ferma les yeux tout en hoquetant d'effroi, redoutant le moment fatidique qui allait suivre.
« P-Pitié… » implora-t-elle en dernier recours d'une voix éraillée.
L'homme ignora la supplique, un sourire dément lui dévorant les joues. Sa main libre agrippa la hanche gauche de son jouet avant qu'il se rapproche de son bas-ventre. Puis, sans crier gare, il donna un coup de rein brutal qui déchira son intimité.
La douleur insupportable lui fit ouvrir large les paupières. Mais avec la plus grande des incompréhensions, elle rencontra des yeux d'un vert perçant à la place de l'œil démoniaque. Leur propriétaire la fixait avec interrogation, debout et le visage penché juste au-dessus de son lit. Il y eut quelques secondes de flottement avant qu'elle se redresse subitement et se suspende sans réfléchir au cou d'Ulquiorra.
Ses bras fins encerclèrent les épaules de l'Arrancar qui demeura statique, ses mains toujours dans ses poches, plus que surpris par la réaction de cette femme. De violents sanglots l'étreignirent et elle pleura à chaudes larmes face au pic important de stress qui commença à redescendre lorsqu'elle comprit enfin que tout cela n'avait été qu'un horrible cauchemar.
## Résumé : Orihime se réveille sans ouvrir les paupières en plein milieu de la nuit, chatouillée par des cheveux. Elle les chasse avec sa main, puis s'apprête à se rendormir lorsqu'un morceau de métal rentre dans sa bouche. Elle ouvre les yeux en sursaut et aperçoit Nnoitra debout à côté de son lit. Il l'enlève finalement après s'être assuré de sa docilité et fait glisser la couverture pour découvrir le corps d'Orihime. Lorsqu'il arrive au bas ventre, Orihime essaie d'agir et d'attraper ses barrettes qu'elle ne trouve plus dans ses cheveux. Nnoitra les sort de sa poche, elle est donc sans défense et complètement à sa merci. Il s'allonge finalement au-dessus d'elle, défait le bas de son uniforme et la pénètre de force. Au moment où Orihime ressent la douleur insupportable, elle rouvre les yeux et aperçoit ceux d'Ulquiorra au lieu de ceux de son bourreau. Comprenant qu'il s'agit d'un horrible cauchemar, elle lui saute spontanément au cou pour le serrer dans ses bras… ##
Orihime s'accrochait fermement à l'uniforme du jeune homme qu'elle inondait sans pouvoir se contrôler et s'y cramponna de toutes ses forces pour se blottir davantage contre son buste. Que c'était bon et apaisant de ressentir ce corps musclé pressé contre le sien. A cette pensée réconfortante, son nez se réfugia tout contre le col de l'Espada qui s'ouvrit par la pression qu'elle exerçait sur l'uniforme. Elle désirait davantage se rapprocher et alla chercher, du bout du nez, la peau glacée d'Ulquiorra qui frémit légèrement par cette soudaine sensation de chaleur.
Comme elle se l'était déjà maintes fois imaginée, son odeur ambrée était bel et bien exquise. Elle resta plusieurs minutes dans cette position sans qu'il agisse ou dise quoi que ce soit. Les yeux d'émeraude, qui s'étaient d'abord ouverts en grand sans qu'elle ne le remarque, avaient retrouvé leur habituelle impartialité et les muscles raidis par la surprise car sur la défensive étaient maintenant détendus. Ce contact inattendu, il pouvait aisément le qualifier d'agréable même si cela lui faisait mal de le reconnaître. Jamais il n'aurait cru que cette humaine l'étreindrait de cette façon. Comment le pouvait-elle ? N'était-ce pas ce qu'elle faisait aux personnes qui comptaient pour elle comme elle lui avait expliqué lors de leur discussion matinale ?
Au fur et à mesure que le temps passait, il pouvait ressentir l'apaisement de ses battements de cœur qui avaient été absolument chaotiques au moment de son éveil. L'Arrancar décida de n'amorcer aucun mouvement, attendant patiemment que l'humaine rompe d'elle-même cette proximité. Ses paupières se refermèrent, profitant malgré lui de sa chaleur qu'il ressentait à travers son vêtement ainsi que par son souffle qui enveloppait la peau de son cou.
Une fois le calme ayant regagné le cœur d'Orihime, elle desserra son emprise et remonta aussitôt la couverture qui avait glissé pour se couvrir de la vue d'Ulquiorra. Après qu'elle l'ait libéré, il se redressa et l'observa un instant en silence.
« Pardonnez-moi Ulquiorra-san, j'ai fait un épouvantable cauchemar, confia-t-elle spontanément, intimidée par le poids de son regard. Lorsque j'ai ouvert les yeux, je croyais que ce que je vivais était la réalité, mais quand je vous ai aperçu, vous, cela a été plus fort que moi. Je n'ai pas réfléchi… »
Son regard était fuyant et ses joues rougies.
« L'important est que tu te sentes mieux. »
Etonnée, Orihime reporta son attention sur l'Espada et se noya dans le néant de ses yeux émeraude qui reflétaient étrangement la sincérité de ses propos. La belle rouquine eut, pour la première fois, l'impression que son existence importait à cet homme et cela lui réchauffa le corps tout entier. Le contact visuel entre les deux êtres se prolongea quelques instants avant qu'il amorce son départ, prêt à quitter la pièce.
« Repose-toi maintenant.
— Je vous en prie, ne me laissez pas seule avec mes démons, » implora-t-elle la voix tremblante.
Par-dessus son épaule, il jeta un regard dans sa direction et détailla ses traits inquiets. Elle enchaîna :
« Puis-je vous accompagner à l'extérieur ? »
Il y eut un court silence, l'Espada évaluant les conséquences d'une telle proposition avant de lui accorder une réponse :
« Je suppose qu'Aizen-sama n'y verrait pas d'inconvénient.
— Merci ! Laissez-moi juste le temps de m'habiller…
— Je t'attends dehors. »
Le Cuarto se retourna et prit le chemin de la sortie. A peine était-il hors de la pièce qu'Orihime bondit de son lit et enfila ses sous-vêtements ainsi que son uniforme. Elle le rejoignit, guillerette et le sourire fendu jusqu'aux oreilles. Sans plus tarder, ils s'enfoncèrent dans les couloirs cette fois-ci marchant côte à côte.
Seul le bruit de leurs pas résonnait dans le palais endormi. Orihime, la tête baissée sur ses pieds, était en plein conflit intérieur. Depuis quelques minutes, une envie irrésistible la poussait à s'emparer du bras de son accompagnant pour s'y accrocher, mais sa raison lui intimait de ne pas le faire.
Ulquiorra pouvait ressentir de la contrariété chez la jeune femme sans en connaître la raison. Puis, sans qu'il ne l'anticipe, un bras fin vint encercler avec douceur le sien. Ce nouveau contact impromptu lui fit légèrement écarquiller les paupières. Son regard, étonné mais sans aucune animosité, se dirigea sur Orihime. Ce furent des yeux rieurs et un sourire éclatant qu'il rencontra en essayant de dissimuler son trouble. Ils marchèrent ainsi un moment, liés l'un à l'autre, avant que l'humaine brise le silence qui s'était installé :
« Ulquiorra-san ? Je peux vous poser une question ? »
L'attention du susnommé se reporta sur la jeune femme.
« Pourquoi étiez-vous dans ma cellule ? »
Le ténébreux détourna de nouveau les yeux, le bras d'Orihime toujours enroulé autour du sien.
« J'ai senti une fluctuation inhabituelle de ta pression spirituelle alors je suis venu devant ta porte. Et comme tu ne répondais pas à mes interpellations, je suis entré pour m'assurer que tu n'étais pas en danger. »
L'Arrancar omettait, cependant, une donnée importante. La détresse de son reiatsu avait été si importante qu'elle était venue le chercher dans son sommeil et l'avait réveillé en sursaut. Il se passait quelque chose d'inhabituel et a priori, il avait bien fait d'intervenir vu le stress dans lequel elle se trouvait avant son éveil. Ce rêve, ou plutôt cauchemar comme elle l'avait nommé, ne pouvait être le simple fait du hasard. Encore une fois, il préféra garder cela pour lui, toute vérité n'étant pas bonne à dire.
« Je crois que je ne vous remercierai jamais assez pour m'avoir tirée de là ! »
Orihime lui souriait timidement toujours suspendue à son bras, marchant tous les deux d'un même pas. Elle prit une grande inspiration et resserra l'emprise sur son bras afin de se rapprocher un peu plus du ténébreux. Sa présence lui apportait un bien-être considérable, surtout après l'épreuve épouvantable que son cerveau lui avait imposée plus tôt. C'est tout juste si sa tempe ne venait pas rejoindre l'épaule d'Ulquiorra pour s'y reposer. Cependant, elle préférait ne pas abuser de la situation, déjà qu'elle prenait des libertés…
« Ulquiorra-san ? Aimez-vous la musique ? demanda-t-elle, désireuse de poursuivre la conversation.
— Je ne saurais te répondre, je n'ai jamais vraiment eu l'occasion d'en écouter.
— Oh, c'est dommage… J'aimerais bien vous faire découvrir cet univers absolument merveilleux. Il y a tellement d'émotions que l'on peut transmettre en l'espace de quelques notes…
— Faire passer des émotions avec… du bruit ? demanda l'Arrancar dubitatif.
— La musique ce n'est pas du bruit ! rétorqua-t-elle presque outrée. Pour nous autres les humains, c'est un moyen d'expression. Ce que nous ne pouvons pas formuler par des mots, nous le transposons en notes mélodieuses. Et parfois, elles sont bien plus éloquentes que certaines paroles, s'enflamma Orihime, une lueur passionnée qui brûlait au fond de sa rétine. La musique, ça se ressent, ça se vit. Il faut la laisser nous envahir, nous imprégner jusque dans la moindre parcelle de notre être, mais surtout, il faut savoir lâcher prise et accepter de se retrouver mis à nu face à nos sentiments… »
Elle fit une pause dans son discours tout en fermant les yeux, un sourire contrit se dessinant au coin des lèvres.
« Mais pour tout vous avouer, continua-t-elle en passant l'une de ses mains à l'arrière de sa nuque, le silence constant du Hueco Mundo m'oppresse. Je ne suis pas habituée à ce calme permanent. Chez moi, je mets toujours de la musique que ce soit pour cuisiner, me laver, travailler, faire le ménage ou encore du sport. Mais plus que d'en écouter, c'est d'en jouer qui me manque… »
Elle prit une profonde inspiration avant de reprendre avec plus de vigueur pour ne pas laisser transparaître sa tristesse :
« Le piano, vous connaissez ? »
Ulquiorra réfléchit un instant, puis poursuivit d'un ton laconique :
« Je crois qu'il y a un endroit, ici, que tu devrais apprécier. »
Lorsqu'il eut fini de prononcer ces mots, elle relâcha son étreinte et braqua ses iris argentés constellés de milliers d'étoiles sur le visage d'apparence si terne du Cuarto. Pourtant, à l'intérieur, il sentait que son apathie s'effritait pour laisser, peu à peu, place à un sentiment étranger de bien-être.
Ensemble, ils prirent différents embranchements et marchèrent quelques longues foulées dans le silence, la curiosité d'Orihime piquée au vif. L'impatience bouillonnait en elle comme un torrent déchaîné que rien ne pouvait plus retenir. C'est tout juste si l'excitation qui l'emportait à ce moment ne lui faisait pas faire de petits bonds comme une enfant surexcitée.
Pendant leur progression, l'Arrancar stoppa ses pas et jeta un regard suspicieux par-dessus son épaule. Il scruta un instant la pénombre. L'humaine, soucieuse, venait aussi de s'arrêter.
« Qu'y a-t-il Ulquiorra-san ?
— Rien, » répliqua-t-il avec froideur avant de poursuivre leur route.
Une grande salle d'une blancheur immaculée se présenta finalement à eux, lumineuse et presque entièrement vide si ce n'était à un détail près.
A peine eurent-ils le temps de dépasser le large cadre de la porte que les iris argentés se braquèrent au centre de la salle où trônait un massif piano à queue blanc. Le couvercle relevé lui donnait une allure encore plus imposante. D'aussi loin qu'elle se souvienne, jamais elle n'avait eu l'occasion d'en admirer un si prestigieux.
Lentement, elle détourna le visage de l'instrument pour le reporter sur celui du Cuatro. Un lent clignement d'œil suivi d'un hochement de tête suffit à accéder à sa requête avant même qu'elle n'ait eu le temps de la formuler. Après coup, ses foulées se firent rapides et aériennes, portées par son enthousiasme. Elle distança rapidement Ulquiorra qui cheminait avec bien plus de calme et de retenue. Arrivée près de l'instrument, elle laissa courir la pulpe de ses doigts sur toute la longueur, appréciant avec délice la qualité noble du matériau. Lisse et froid avec d'étranges reflets argentés.
« Quelle est la matière qui le compose ?
– Il est fait d'arbres provenant de la forêt des Menos où vivent les Hollows inférieurs. »
Distraite, elle laissa ses doigts glisser jusqu'aux touches du clavier au-dessus desquelles elle retint son mouvement, sans les effleurer. Ses yeux se reportèrent sur Ulquiorra, un voile humide recouvrant sa cornée. Il n'eut nul besoin de mots pour deviner ce que la jeune femme venait de comprendre.
« Oui. Il s'agit bien d'ivoire. Celui même qui constitue les masques et parfois le corps des membres de mon espèce... La légende voudrait qu'il provienne du premier Hollow à s'être lui-même ôté son masque. Il l'aurait façonné à partir de ses restes puisqu'il avait une attirance pour la… musique. Ce piano est en ces lieux depuis des centaines d'années maintenant, mais personne ne sait en jouer.
— Aurait-il retrouvé une part de son humanité en ôtant son masque ? »
Le ténébreux resta silencieux, songeant à la question. Jamais il n'avait abordé le sujet de cette manière. Avant il aurait trouvé cette réflexion absolument absurde, mais maintenant qu'il côtoyait cette femme, ses pensées prenaient une toute autre direction.
Rassurée par l'explication, les doigts fins d'Orihime effleurèrent les touches sans pour autant les actionner. Une petite banquette en pierre blanche sans fioriture se situait à l'avant du piano. Avec délicatesse, elle se laissa tomber dessus et observa le clavier, un petit sourire au coin des lèvres et les yeux pétillants.
« Puis-je ? »
Debout à l'arrière du piano, face à la jeune femme, Ulquiorra l'y encouragea d'un signe de la main. Alors son sourire s'élargit et ses deux mains tremblantes à la fois d'excitation et d'appréhension se reportèrent au-dessus du clavier à peine poussiéreux. Avant de commencer, elle inspira profondément tout en fermant les paupières.
[Musique à écouter : Brian Crain x Softness & light]
C'est avec une extrême délicatesse qu'elle commença à jouer les premières notes. D'abord hésitantes, elles lui revinrent presque naturellement en mémoire, comme un automatisme inaltérable par le temps. Les yeux toujours clos, elle laissa ses doigts virevolter avec une grande dextérité, rompant le silence quasi-religieux de la pièce. Les sons du piano étaient un véritable ravissement pour les oreilles même après des années de repos forcé.
La mélodie douce et harmonieuse plaisait à Ulquiorra qui, malgré lui, éprouvait du plaisir à la laisser se répandre dans son esprit. Il observait les traits enjoués de la jeune femme se détendre à mesure qu'elle faisait glisser ses doigts sur les touches. Ce sourire sincère, ces yeux clos de plaisir mais aussi de concentration ainsi que la légèreté de la mélodie à la fois joyeuse et mélancolique lui apportait un sentiment de bien-être sans précédent. Serait-ce une forme de bonheur qui se matérialisait devant lui par l'intermédiaire d'Orihime ?
Pendant le morceau, il se surprit à fermer lui aussi les paupières pour se délecter de ces vibrations qui résonnaient agréablement en lui. Jamais il n'aurait pensé entendre quelque chose d'aussi doux et relaxant. Se serait-il douté que la musique lui aurait autant apporté ?
Au fur et à mesure, la peau d'Orihime se recouvra de grains, le contact avec les touches et le son en résultant lui procuraient d'intenses frémissements de plaisir. Derrière ses yeux clos, les notes défilaient et le haut de son corps suivait doucement les mouvements de ses doigts mêlés au rythme de la musique. Pendant un moment, elle en oublia l'endroit dans lequel elle se trouvait. Elle n'était plus prisonnière de ce palais sinistre, mais en compagnie de son grand frère devant le piano fatigué du grand hall de gare de la ville de Karakura.
Son premier contact avec la musique. Ses premiers échecs, mais surtout ses premières réussites. Les fausses notes dans les rires, l'exaspération des voyageurs en quête de leur numéro de train, mais aussi les encouragements de personnes bienveillantes. Les bonnes notes sous les yeux émerveillés de l'être le plus important de sa vie et les applaudissements de quelques habitués qui suivaient ses progrès au fil des saisons. Et puis rapidement son premier piano, numérique par manque d'argent et de place. Mais quelle importance ? Elle ne l'échangerait pour rien au monde, ce cadeau si précieux.
A cette pensée intense, une larme roula sur sa joue pour venir s'échouer sur la commissure de ses lèvres étirées de joie. Elle rouvrit les yeux à cet instant et les posa avec douceur sur le visage d'Ulquiorra qu'elle prit la peine de détailler vraiment pour la première fois.
D'abord les traits délicats de son visage d'une beauté glacée, noble voire quasi surnaturelle. Puis sa peau de porcelaine d'apparence si fragile, mais pourtant si solide. Cette stature rigide qui jamais ne se relâchait. La finesse de sa musculature saillante dans son uniforme trop strict et fermé jusqu'au col. Sauf aujourd'hui, il semblerait que l'étreinte de tout à l'heure ait déboutonné le haut de sa veste, laissant apercevoir son trou de Hollow. Orihime rougit à cette vision avant que son attention ne se reporte sur les paupières closes du ténébreux…
Se pourrait-il qu'il éprouve du plaisir à m'écouter jouer ?
A peine eut-elle le temps de formuler intérieurement cette pensée qu'il rouvrit les yeux et accrocha instantanément les prunelles anthracite comme s'il avait pu lire à travers ses pensées.
Ils restèrent ainsi un moment à s'observer pendant qu'Orihime jouait les notes sur le piano. Un sourire radieux illuminait son visage même si aucune expression ne transparaissait chez son accompagnant.
D'un bref mouvement de tête, la jeune femme lui intima de venir la rejoindre.
« Asseyez-vous à mes côtés, Ulquiorra-san. »
Elle se poussa à l'extrémité du banc pour laisser un peu de place. Il s'approcha et s'assit sans vraiment savoir pourquoi il cédait docilement à toutes ses demandes.
Sa douceur ainsi que sa candeur avaient un effet hypnotique duquel il devenait de plus en plus difficile de se soustraire. Ou peut-être était-ce une forme de fascination ?
La voix satinée de la jeune femme dilua ses pensées :
« Mettez vos doigts ici… »
Ulquiorra s'exécuta et la rouquine déposa avec une extrême douceur ses mains par-dessus les siennes. L'œil terne de l'Arrancar ne put se détourner du contact tactile qui venait de se former. Des frissons agréables lui parcoururent les mains pour se répandre rapidement le long de ses bras, ses épaules ainsi que sur sa nuque avant de s'éparpiller dans son crâne. Sentir et voir sa peau douce et chaude recouvrir la sienne lui apaisait l'esprit mais aussi le corps. Il se sentait bien à cet instant, comme si rien ne pouvait plus l'atteindre. Les voix dans son crâne qui jamais ne le quittaient réellement lui semblaient aujourd'hui éteintes, comme apaisées par le toucher de cette femme.
Et d'ailleurs, pourquoi agissait-elle de la sorte et le considérait-elle comme l'un de ses semblables ? N'était-il pas censé être une créature des ténèbres, prédateur d'âmes humaines et pourvoyeur des pires cauchemars ? Ne devrait-elle pas trembler d'effroi rien qu'à sa seule vision ? Pourtant, depuis leur rencontre, il ne lui semblait pas avoir eu un comportement amical ou bienveillant à son égard, bien au contraire.
Orihime ressentit cependant les mêmes frissons se disperser dans son corps, ces derniers étant amplifiés par la crainte d'outrepasser les limites, de ne pas savoir rester à sa place. Après tout, ce n'était rien de plus qu'une humaine, prisonnière de surcroît. Il ne semblait pourtant pas réticent à cette caresse puisqu'il n'avait pas retiré sa main -à son plus grand bonheur et soulagement.
Pour se donner du courage, elle prit une profonde inspiration et appuya légèrement sur les doigts du jeune homme qui se laissa faire sans dire un mot. Peu après, elle accentua légèrement la pression contre le dos des mains du Cuatro qu'elle guida sur le clavier sans qu'il ne s'y oppose. De nouveau, elle appuya doucement sur le bout de ses doigts pour qu'ensemble, ils puissent actionner les touches. Ils continuèrent ainsi quelques temps en essayant de se coordonner l'un à l'autre.
« Oh... J'ai une idée ! intervint-elle, une pointe de malice dans la voix. Place-t… Placez-vous au centre, » se reprit-elle, un peu gênée.
Leurs mains se quittèrent lorsqu'elle se leva. L'instant d'après, elle se tint derrière l'Arrancar qui prit position au milieu de la banquette. Orihime se pencha en avant et appuya timidement sa poitrine contre son dos. Un nouveau frisson parcourut le corps de chacun des deux êtres comme s'ils étaient synchronisés.
Elle l'encercla ensuite de ses bras fins pour venir couvrir de nouveau ses mains des siennes. Son visage vint à hauteur de celui du jeune homme qui glissa son regard sérieux sur ses traits étirés de plaisir, mais légèrement rosés. Son expression était absolument adorable et il sourit intérieurement face à l'image qu'elle renvoyait. Pour rien au monde il ne souhaitait briser ce lien particulier qui les unissait maintenant. La chaleur de la rouquine imprégnait son corps glacé et lui procurait une sensation inconnue jusqu'alors et particulièrement agréable.
Son regard se reporta ensuite sur leurs mains, l'une sur l'autre, et il se laissa guider par Orihime. Elle s'appliquait à placer leurs doigts de manière à ce que la mélodie continue malgré quelques fausses notes qui lui tiraient un ravissant plissement de paupière.
Pourquoi son cœur commençait à s'emballer dans sa poitrine et le rythme de ses respirations à s'altérer ? Certainement à cause de cette odeur enivrante de lys, ces cheveux flamboyants qui chatouillaient la peau de son visage, de la poitrine appuyée tout contre son dos ou encore des mains chaudes contre les siennes… Une pensée érotique lui traversa l'esprit, mais il se concentra pour la chasser et garder le contrôle sur son corps.
Puis les dernières notes de musique se firent entendre. Ils restèrent un court moment dans cette position avant qu'elle ne glisse lentement la paume des mains contre ses poignets pour remonter avec douceur le long de ses avant-bras. Peau contre peau. Il aurait apprécié qu'elle ne rompe pas le contact, pourtant elle se redressa et brisa le lien -non sans regret.
Ulquiorra se leva à son tour et se retourna face à Orihime qui lui souriait timidement.
« Tu peux me tutoyer à la place de me vouvoyer si cela te convient mieux. »
Son sourire s'élargit à cette remarque et elle tourna les talons prête à regagner sa chambre, le pas joyeux. Après cette soirée, la jeune femme reposait sur un petit nuage. Elle en avait même oublié la raison effroyable pour laquelle elle s'était éveillée en sursaut.
Ils rejoignirent sa cellule sans un mot, mais pour une fois l'atmosphère accompagnant ce silence n'était pas oppressante. Orihime, guillerette, marchait en tête, distante de quelques foulées. Elle commençait tout doucement à prendre ses repères dans ce gigantesque palais. Du moins, c'est ce qu'elle pensait puisque sans le savoir, elle venait de prendre une mauvaise direction. Ulquiorra ne lui en tint pas rigueur, se disant qu'ils rattraperaient le bon chemin plus tard.
Alors qu'aucun autre son que leurs pas résonnait dans les couloirs, un bruit mécanique dans les hauteurs des plafonds fit tiquer le ténébreux. D'un mouvement brusque, il tira Orihime par l'épaule. La seconde d'après, un mur se matérialisa avec fracas devant eux, leur obstruant le chemin. Afin de la protéger, il la maintenait tout contre lui, prêt à bondir au moindre mouvement suspect. Secouée par la rapidité de l'action, elle ne comprit pas de suite ce qui venait d'avoir lieu. Cependant, il y avait une chose dont elle était certaine, c'était que son dos était en ce moment même appuyé le long du torse de l'Espada et que ce dernier étreignait sa poitrine ainsi que son ventre avec vigueur.
« M-mais… » geignit Orihime, figée dans les bras d'Ulquiorra qui restait sur la défensive. « Que s'est-il passé ? » demanda-t-elle, ses joues s'empourprant violemment.
Un silence incommodant s'installa et il n'amorçait toujours pas le moindre geste. La jeune femme, pressée contre lui, avait le cœur qui battait la chamade et son embarras ne fit que croître à mesure que les secondes s'égrainaient. Cette étreinte, elle était loin de l'avoir anticipée et elle était la cause même de son trouble.
Après s'être assuré qu'elle ne risquait plus rien, l'Arrancar la libéra, totalement inflexible.
« Rien de particulier, répondit-il d'une voix froide. Il arrive que la configuration des couloirs change sans que l'on s'y attende. Parfois de manière brutale comme tu as pu le constater. »
Orihime se mit à rire nerveusement sans pouvoir se retenir. Elle ignorait pourquoi elle agissait de la sorte. Pourtant, elle s'était déjà retrouvée dans ses bras un peu plus tôt dans la journée sans finir dans cet état. Submergée par le stress, sa langue se délia dans un flot quasi ininterrompu.
« Haha… comme certains labyrinthes mécaniques dans les parcs d'attraction ! Il y a des montagnes russes aussi et puis des barbapapas au curry… » Elle replaça quelques mèches de ses cheveux dans un tic nerveux tout en s'écartant du jeune homme. Elle ajusta ensuite énergiquement les pans de sa robe, fuyant son regard. « Tu devrais y aller, je suis sûre que tu t'y amuserais ! Tout le monde s'amuse dans les parcs d'attraction… Et puis, il ne faut pas oublier la grande roue qui est illuminée la nuit ! Elle est magnifique cette grande roue… oui… oui… magnifique... tu devrais la voir… » continua-t-elle de bafouiller en se massant la nuque de gêne.
Le Cuarto nota intérieurement le timbre agité de sa voix, l'incohérence de ses propos ainsi que son étrange manière d'agir, mais mit cela, à tort, sur le compte de la confusion suite à l'incident.
Après qu'elle ait arrêté de divaguer, ils rebroussèrent chemin et prirent d'autres embranchements afin de regagner sa cellule. Cette fois-ci, ils marchaient côte à côte. L'Espada sentit le calme revenir chez l'humaine, mais il resta toutefois songeur. Ces changements d'architecture survenaient rarement sans raison…
Ils arrivèrent finalement à l'endroit souhaité. Orihime fit alors face à Ulquiorra qui ouvrait la porte. Elle soutint le regard apathique qui se reporta sur elle, serra les poings et prit une longue inspiration. Apparemment, il n'avait pas été le seul à avoir gambergé durant le trajet.
« J'accepte l'entraînement au combat, mais à une seule condition ! s'exclama-t-elle sans aucune hésitation dans la voix, l'index dressé et le menton relevé.
— Laquelle ? demanda l'Arrancar le sourcil arqué.
— Que tu me laisses t'apprendre à jouer du piano. »
Il la jaugea un instant et décela dans ses yeux une détermination farouche qu'il ne lui connaissait pas.
« Si cela permet ton implication pleine et entière, alors j'accepte. »
Décidément, elle le surprendrait toujours. Au fond de lui, il était enchanté par cette proposition puisque d'une corvée absolument exécrable, sa compagnie devenait une source de réjouissance qu'il ne pouvait même plus nier.
En pleine réflexion, il n'anticipa pas le bond rapide d'Orihime qui vint déposer de manière spontané un baiser furtif contre sa joue droite. Ce mouvement imprévu le fit se tendre l'espace d'un instant et écarquiller rond les yeux de surprise.
Devant cet air stupéfait, elle laissa échapper un discret et charmant éclat de rire qui ramena l'Espada au moment présent. Son visage aurait pu retrouver son éternelle rigidité, mais la lueur dans son regard ne se ternit pas. Il observait avec bienveillance Orihime rire de joie. Ses paupières plissées. Ses joues légèrement rougies ainsi que son sourire radieux. Elle était si belle. Si innocente. Un véritable joyau dont on se devait de prendre soin pour ne pas risquer de le briser.
« Je te laisse pour cette nuit, énonça-t-il d'une voix tendre. Essaie de te reposer maintenant, demain sera une journée éreintante.
— Bonne nuit Ulquiorra-kun et merci. »
Le Cuarto se contenta d'incliner la tête avant de fermer la porte pour regagner ses quartiers. Encore retourné, il s'appuya un instant contre la pierre du couloir. Il porta lentement ses doigts le long de sa joue droite pour venir effleurer cette sensation de chaleur incroyable qui persistait encore sur sa peau.
Quelle journée… inhabituelle.
. . . . . . . . . . .
Szayel revint dans son laboratoire profondément irrité.
La porte en métal claqua dans un bruit effroyable et d'un geste rageur, il envoya valser toute une pile de documents qui s'éparpilla à même le sol.
« Imbécile ! » éructa-t-il en agrippant les rebords de l'un de ses bureaux qu'il aurait bien projeté à travers la pièce s'il n'avait pas un minimum de retenue.
Pourquoi avait-il fallu que l'autre parasite vienne se mêler de ses histoires ? Il ne pouvait pas la laisser bien sagement dans ses tourments ? Non ! Fallait toujours que quelqu'un vienne fouiner dans ses affaires et gâcher ses expérimentations. Et dire qu'il s'était donné un mal de chien à coder toutes ces données !
Son poing se crispa et il frappa plusieurs fois brutalement la table en métal qui se déforma sous les coups. Il devait absolument le mettre hors d'état de nuire pour continuer ses petits jeux sans risquer sa peau et, pour cela, il devait la jouer fine. Le Cuatro ne possédait peut-être pas son génie, mais il n'en restait pas moins intelligent et dangereux.
Plus tôt dans la soirée, lorsqu'il s'était aperçu que l'humaine s'était éveillée et qu'elle refusait de se rendormir, il avait tracé son reiatsu. A sa plus grande surprise, elle se déplaçait à travers le palais, accompagnée selon toute vraisemblance d'Ulquiorra. Intrigué, il était allé jeter un coup d'œil à la salle de vidéosurveillance pour confirmer son hypothèse. Les images muettes s'étaient projetées et il avait décidé de se rendre sur les lieux pour tirer les choses au clair, son reiatsu camouflé. Rien ne lui avait échappé depuis qu'ils étaient arrivés dans la salle avec le piano. Pas même le sourire dégoulinant de joie de l'humaine, la musique absolument répugnante qu'elle jouait ou cette proximité inattendue entre un bourreau et sa victime. Il s'était éloigné dans les couloirs à la fin du morceau et était resté tapi dans l'obscurité, mais cette stupide femme s'était trompée de chemin et s'était dirigée droit sur lui. Il n'aurait pas réussi à changer de place sans risquer de se faire repérer. Heureusement, il gardait toujours avec lui une tablette numérique avec laquelle il avait pu aisément changer la configuration des corridors. Le pire avait été évité. En face à face, il n'avait aucune chance contre Ulquiorra et seul un crétin prétendrait le contraire…
Le scientifique se laissa tomber mollement sur son siège et rajusta avec flegme ses lunettes qui glissaient le long de son nez. Au moins, il avait appris une chose intéressante. L'éternel glaçon ne semblait plus être aussi frigide en présence de l'humaine. Pour l'instant, il ignorait quoi faire de cette information, mais il ne tenait plus qu'à lui d'en faire bonne usage.
Une fois apaisé, l'Octa posa ses yeux sur l'horloge numérique. Un soupir d'agacement lui échappa avant qu'il se redresse pour rejoindre la salle d'expérimentation. Il tira de ses placards une seringue remplie d'un liquide verdâtre et la planta, sans aucune hésitation, en plein milieu de la poitrine. Une grimace aurait pu déformer son visage pourtant il resta absolument insensible à la douleur.
Peu après l'injection, ses mains se crispèrent sur la seringue qui vola en éclat et ses yeux injectés de sang sortirent de leur orbite. Ce n'était pas le moment de flâner, il avait encore du pain sur la planche pour atteindre les objectifs de Maître Aizen. En observant ses croquis, il se complimenta pour le sérum qu'il avait créé. Ce petit bijou, en plus de maintenir son corps en éveil constant boostait ses capacités aussi bien physiques que cognitives. Quelques effets secondaires restaient à prévoir, mais rien d'invalidant tant qu'il s'inoculait de manière quotidienne son produit.
Une fois les réactions de son corps atténuées, il reprit le façonnage des outils afin de les terminer au plus vite. Demain, une nouvelle phase du projet d'Aizen allait débuter et ce dernier ne supporterait pas le moindre retard ou contre-temps qui viendrait perturber ses intentions.
Szayel s'occuperait du parasite et de son nouveau pantin plus tard…
J'aimerai bien avoir votre avis sur ce chapitre, j'ai décidé de les rendre un peu plus interactif en vous posant des petites questions. Peut-être que j'arriverai à vous faire parler ! 😉
Avez-vous une petite idée de ce que prévoit de faire Aizen dans le monde humain ?
Est-ce que vous vous doutiez, pour la scène avec Orihime et Nnoitra, que ce n'était qu'un rêve ou vous pensiez que c'était réel ? (M'avez-vous détesté au point de vouloir me balancer des punaises rouillées au visage puis re-apprécié en voulant m'offrir des biscuits au chocolat en découvrant la vérité ?)
Qu'avez-vous pensé de la scène entre Orihime et Ulquiorra ? (Je n'ai pas envie de tomber dans le « cul-cul la praline », loin de là mon idée, mais c'est comme ça que j'imagine leur rapprochement. A vrai dire, avec le caractère enfantin d'Orihime et celui rigide d'Ulquiorra qui ne connait rien à l'amour, j'imagine qu'il y a une certaine naïveté et maladresse dans leurs gestes l'un envers l'autre, un peu comme des adolescents). Cela vous plait ? (Ou pas du tout ?).
Sachez que chacun de vos retours sur mes écrits est précieux et qu'ils m'aident grandement à avancer ! Alors merci pour tous ceux qui me lisent, me suivent, m'ajoutent en favoris et commentent.
Sur ce, je vous laisse pour ce chapitre et vous fais de grosses bises.
Farouche.
PS : Je sais que le zanpakutô de Nnoitra ne ressemble pas à une arme normale, mais il s'agit du cauchemar d'Orihime qui ne l'a jamais vu puisqu'il ne la transporte pas toujours avec lui. On ne peut pas rêver en détail de quelque chose que l'on ne connaît pas ! C'était aussi un petit indice laissé dans le texte comme certains que je laisse de temps à autre !
PPS : Je ne sais pas vraiment quand est-ce que la suite sortira, j'espère dans pas trop longtemps mais je ne veux pas vous faire de faux espoirs.
