Bonjour à tous-tes, me voici de retour (enfin !) pour un chapitre un peu spécial puisqu'il y aura un peu (beaucoup) de bastons ! Vous verrez, ce ne sont pas les scènes que j'affectionne le plus. Néanmoins, j'espère qu'elles seront assez bien retranscrites pour que vous puissiez correctement les visualiser. Dans mon esprit c'est clair comme de l'eau de roche mais pas sûr qu'à la lecture ça vous fasse la même impression, haha.
Dans tous les cas, je m'excuse pour cet infâme retard. (Encore une fois. C'est plus trop original à force…) Mes débuts dans la vie active ont été plutôt… disons… mouvementés. Moi qui pensais qu'on avait plus de temps libre en étant salarié qu'étudiant, bah j'avais tout faux. Bref ! En plus, pour tout vous avouer, au mois d'août de l'année dernière j'avais bien avancé sur le chapitre (environ d'un tiers) et mon ordinateur a décidé de faire des siennes et de supprimer mon fichier. Je ne vous dis pas le stress et la déception qui m'ont envahie (en plus d'une grosse démotivation). Après trois semaines à essayer de résoudre le problème, un ami a réussi à retrouver mon fichier malgré le gros beug. J'étais super heureuse mais entre temps… je m'étais démotivée et le temps de me remettre dedans… C'est ce qui a pris plusieurs mois. (En plus de mon perfectionnisme qui me pousse à remanier encore et toujours mes textes). Mais me revoilà... enfin ! Avec plus de 11 000 mots, best chapter ever ! \0/. Alors je conçois qu'un an s'est écoulé depuis le dernier chapitre et que ce soit vraiment super ch*ant pour vous mais j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop. Vous allez p't'être même croire, en recevant le mail, que c'est un beug tellement ça fait longtemps. Haha.
Quoi qu'il en soit, je n'ai toujours pas abandonné ! Je sais où je me dirige, l'histoire est toute tracée dans ma tête. Il me faut juste du temps pour tout retranscrire à l'écrit.
Lyzeldia : Je te remercie de ton commentaire qui me fait toujours plaisir (et c'est peu de le dire, tu le sais). J'espère que tu seras toujours parmi nous pour connaitre la suite, qui, je sais, s'est très longtemps fait désirer. Quoi qu'il en soit, je te souhaite une bonne lecture si tu passes par hasard sur le fandom Bleach. Et désolée... sincèrement pour l'attente de l'histoire et de ma réponse à ta review !
Voilà… alors bonne lecture à vous .
Une chaleur sans précédent pesait sur la ville comme une chape de plomb ralentissant tout mouvement. Elle rendait les respirations laborieuses et la plus banale des activités harassante. La foule, habituellement en effervescence en fin d'après-midi, n'affluait plus, comme si les habitants prenaient conscience du danger qui planait au-dessus de leur tête. Aucune brise salvatrice ne venait alléger l'atmosphère, pas même un léger courant d'air ou la caresse d'un souffle chaud. Par endroits, la terre se lézardait sur plusieurs centimètres de profondeur et le goudron fondait sous les rayons ardents du soleil. Cela faisait plusieurs jours que les températures étaient montées en flèche atteignant des niveaux records pour cette région du Japon. La nuit ne suffisait plus à refroidir l'air qui restait à un thermostat de trente-huit degrés Celsius. Déstabilisés, les experts en météorologie demeuraient perplexes devant ce phénomène inexpliqué qu'aucun appareil aussi sophistiqué fût-il n'avait su prédire ou encore analyser.
Au loin, quelques nuages menaçants s'amoncelaient. Sombres et volumineux dans ce dôme sans tâche depuis plusieurs jours. Ils arrivèrent bientôt au-dessus de la ville mais curieusement aucun vent ne les portait. Les rues, toujours désertes, s'obscurcirent subitement. Les lampadaires restèrent éteints, encore trop tôt pour être déclenchés. De seconde en seconde, l'air s'appauvrissait en oxygène et se chargeait d'électricité. Aucun bruit ne parcourait les ruelles. Aucun battement d'aile ni bourdonnement d'insecte. Il régnait un silence de mort. Terriblement oppressant. Finalement, un éclair aveuglant déchira le firmament pour venir toucher terre au milieu d'un immense terrain vague extérieur à la ville. Quelques instants plus tard, le tonnerre gronda et ébranla de manière disproportionnée les habitations en périphérie jusqu'aux édifices les plus résistants du centre.
Urahara, au sommet d'une colline, dominait Karakura et ses alentours. Il observait d'un œil mauvais ce bien étrange phénomène. Il ignorait ce qui était en train de se tramer, mais il s'agissait assurément de quelque chose de mauvais augure. D'ailleurs, ne dit-on pas que la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit ? Pourtant, un autre éclair, moins intense, fissura le ciel et s'écrasa avec fracas près du précédent. Puis un troisième et un quatrième jusqu'à en comptabiliser un total de six.
Lorsque le calme revint à travers la ville, Urahara fronça davantage les sourcils et serra les poings. Le mauvais pressentiment qui lui collait à la peau depuis le début des épisodes anormaux se révéla justifié. Non. Tout cela n'annonçait décidément rien de bon. Aussitôt, il se dirigea le cœur tambourinant et le souffle court à la vitesse d'un shunpo là où il lui semblait avoir repéré les impacts.
Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il se retrouva nez à nez avec six Arrancars parfaitement alignés et déjà en position de combat. Il stoppa alors abruptement ses pas face à cette découverte pour le moins déconcertante. Chose encore plus étrange, il ne ressentait aucune pression spirituelle anormale. Même face à eux. Pourquoi la camoufler après cette entrée fracassante ?
Sous chacun des invités se trouvait une marque en forme de cercle entièrement teinte de noire, comme si la terre au centre venait d'être brûlée. De la fumée s'élevait du sol et l'odeur particulière s'en dégageant confirmait l'hypothèse de la combustion. L'un d'entre eux possédait une marque trois fois supérieure aux autres ce qui attira l'attention de Kisuke. Ses paupières, cachées sous son bob qu'il tenait en position inclinée d'une main, se plissèrent légèrement.
Pourquoi cela ?
Une dizaine de mètres les séparaient sur ce terrain dégagé de tout obstacle. Ils ne pouvaient se trouver en ces lieux par le simple fait du hasard. C'était un endroit stratégique pour combattre à pleine puissance sans avoir besoin de retenir ses coups. Au moins, il y avait peu de chance que des innocents soient mêlés à leurs histoires.
Tour à tour, ils se jaugèrent dans le silence, sans amorcer le moindre geste. Certains Arrancars arboraient un sourire arrogant accompagné d'un regard triomphant. En particulier celui au masque en forme de bec d'aigle et l'autre à la mâchoire de tigre à dents de sable. Le reste de la bande affichait une mine sérieuse, sourcils froncés et lèvres pincées. Kisuke ignorait tout d'eux et des tonnes de questions déferlaient dans son esprit.
« Je suppose que vous n'êtes pas venus ici pour prendre le thé… » intervint-il avec un demi-sourire forcé sur les lèvres.
Lentement, il effleura de sa main libre la garde de son zanpakutô. Les autres se mirent sur la défensive en resserrant la prise sur leur arme respective. Alors que les tensions s'intensifiaient, une présence familière fit son apparition dans son dos et se glissa d'un pas de velours à sa hauteur. Les muscles des opposants se raidirent davantage face à la nouvelle venue.
« Qu'est-ce que tu en penses, Yoruichi ? » articula-t-il avec calme.
Pour simple réponse, il obtint un discret feulement suivi d'un tintement d'acier. Ce bruit singulier fit jeter, au Shinigami, un regard dans la direction de la jeune femme. Ce n'était pas dans ses habitudes d'amener son zanpakutô. En temps normal, elle le laissait volontiers au placard. Il croisa pendant un bref instant son regard, sévère, ce qui renforça ses appréhensions. Peu après, un colosse les rejoignit pour venir compléter les rangs.
« Bien. Accueillons ces messieurs comme il se doit ! »
Avant que les trois Shinigamis initient le moindre mouvement, les Arrancars lancèrent de concert leur libération. Un déferlement sans précédent de reiatsu se déversa dans la ville et stoppa net l'élan des trois défenseurs. Bien que les yeux de Kisuke soient dissimulés derrière son bob, il ne manquait rien du spectacle qui se jouait devant lui. Il n'avait encore jamais rien vu de tel même s'il en avait déjà eu des échos suite à l'invasion des Fraccions de Grimmjow.
Une fois que les Arrancars eurent atteints leur nouvelle forme, ils fondirent, tous les six, droit sur leurs rivaux encore éblouis par l'éruption lumineuse. Avec difficulté, ces derniers esquivèrent les premiers coups donnés par surprise.
Yoruichi ne dégaina pas son zanpakutô et préféra initier le combat au corps à corps, domaine dans lequel elle excellait. Kisuke se contenta d'utiliser son katana toujours scellé sous sa forme de canne afin de jauger la puissance de l'adversaire. Quant à Tessaï, il lança sans aucune hésitation plusieurs sortes de kidô. Tantôt défensifs, tantôt offensifs. Malheureusement pour eux, ils ne possédaient pas l'avantage du nombre et cela se ressentit très rapidement sur le champ de bataille.
Les créatures démoniaques ne laissèrent aucun répit aux trois Shinigamis qui, malgré leurs capacités élevées au combat, se sentirent rapidement dépassés par les événements au niveau actuel de leur puissance. De violents coups de poings furent échangés et des ecchymoses commencèrent à apparaître dans les deux camps. En plus des entrechoquements d'acier se mélangeaient des bruits d'explosions suivis de souffles destructeurs qui pénalisaient aussi bien les uns que les autres. Des gerbes de sang jaillirent des corps meurtris pour se flanquer sur n'importe quels vêtements à proximité. Bientôt, ils ne réussirent plus à différencier les liquides pourpres dégoulinants sur leur tenue déchirée.
« Merde… grinça Urahara entre ses dents serrées lorsqu'il évita de justesse un coup tranchant près de la carotide. Yoruichi, je crois qu'il est temps de passer à l'étape supérieure !
— Affirmatif. »
Toutefois, avant que les défenseurs de Karakura ne déploient plus de puissance, une flèche lumineuse bleue fusa droit au-dessus de la tête de la jeune femme. Elle fendit l'air sans vaciller et percuta de plein fouet l'Arrancar recouvert de plumes rouges qui s'apprêtait à la frapper dans le dos alors qu'elle repoussait sévèrement les défenses en ivoire d'un autre. Pris au dépourvu, il glissa de plusieurs dizaines de mètres dans les airs sans comprendre d'où l'attaque provenait.
« Getsuga… Tensho ! »
Avant qu'il n'ait le temps de recouvrer totalement ses esprits, une lame d'énergie opaque entourée d'un halo rouge prit le relais et le transperça de part en part pour l'envoyer durement valser contre le sol. Le visage des trois Shinigamis se détendirent l'espace d'un instant avant de retrouver leur impartialité. Les assaillants revenaient déjà à la charge avec plus de férocité.
Une fois qu'Uryû et Ichigo, qui arborait son masque de Hollow et son bankaï, prirent part à la bataille, les forces s'équilibrèrent et le combat devint plus équitable. Chacun se relayait et tous venaient défendre les intérêts de leurs compagnons quand ceux-ci étaient en mauvaise posture, aussi bien dans le camp des Hollows que de celui des Shinigamis et des humains. Ici, la volonté de remporter le combat primait sur la fierté ou le code d'honneur. Tous les coups étaient permis, même les plus bas si cela permettait de décrocher la victoire. La vie d'innocents était en jeu alors l'amour-propre n'y avait pas sa place.
C'est à une vitesse hallucinante et d'une force inouïe que les mouvements s'enchaînaient. De grandes lames de lumières se confrontaient par endroits avant d'exploser dans les airs en repoussant violemment les deux exécuteurs à l'autre bout du terrain malmené. La fatigue commença à s'emparer des combattants mais tous redoublèrent d'énergie pour essayer de prendre le pas sur l'autre. Ce n'était pas le moment de faiblir ! Les cero fusaient dans tous les sens et labouraient la terre sur plusieurs mètres de profondeur lorsqu'ils n'étaient pas encaissés de plein fouet par les corps meurtris et éreintés.
Profondément agacée par le déroulement des événements et l'inefficience de leurs attaques, la jeune femme à la chevelure prune s'éleva haut dans les airs pour prendre de la distance et fuir un instant l'affrontement. Ses paupières se fermèrent avec lenteur et elle inspira profondément, essayant de faire abstraction de toute cette effervescence. Elle dégaina son zanpakutô, bien plus petit que la moyenne et glissa la paume de ses mains dessus en laissant une fine trace de sang dans la rainure centrale.
« Mange jusqu'aux murmures, Rosutosouru* »
Après que l'arme eut répondu à son appel, elle se raccourcit davantage pour prendre la forme d'une dague en lame de flamme à deux tranchants. Sans plus attendre, la jeune femme utilisa un shunpo pour se retrouver à vive allure juste derrière l'Arrancar à la forme libérée de tigre à dents de sabre. Elle voulut lui planter la pointe à travers la gorge mais ce dernier esquiva brusquement devant la mine horrifiée de l'un de ses congénères qui regardait dans son dos. Pris de court, il eut tout juste le temps d'éviter le coup fatal qui s'enfonça jusqu'à la garde dans son épaule. Bon sang ! Il ne l'avait pas entendu s'approcher ni n'avait ressenti le moindre mouvement.
D'un geste brutal, Yoruichi retira la dague qui déchira en profondeur ses fibres musculaires. Un cri tonitruant aurait pu retentir tant la douleur du garçon était fulgurante mais sa voix resta prisonnière de sa gorge. Son sang ruisselait sur l'arme qu'il visualisait au loin en essayant de faire un point de compression. En vain puisque ses avant-bras, entièrement remplacés par des lames, ne lui en laissaient pas l'occasion. Sévèrement touché par l'attaque, il lui était impossible de mouvoir son membre.
Ses babines se retroussèrent et il essaya de brailler quelque chose que personne n'entendit. Déconcerté, il essaya d'alerter ses camarades qui ne répondirent pas à son appel. Il criait de toutes ses forces mais ses cordes vocales, complètement hors d'usage, ne laissaient filtrer aucun son. L'incompréhension de la situation couplée à sa douloureuse blessure le fit paniquer et pendant quelques secondes, il en oublia son adversaire. Il ne la vit ni ne l'entendit arriver au-dessus de lui. Ce n'est qu'au moment où il sentit deux pieds fermement ancrés de part et d'autre de son cou et qu'une lame transperça le sommet de son masque qu'il prit conscience de son erreur.
L'ancienne capitaine de la deuxième division resserra sa prise sur la garde et donna une puissante impulsion avec les jambes pour dégager son arme solidement enfoncée dans le crâne de son ennemi. Au même instant, le corps inerte que plus rien ne retenait dans les airs fut projeté violemment contre le sol, sans un bruit. Elle se laissa ensuite retomber au côté de l'Arrancar qui commençait à se dématérialiser pour rejoindre la Soul Society, purifié par son zanpakutô.
Quoi de plus efficace, pour assassiner, que de posséder, grâce à son zanpakutô, une capacité spéciale visant à étouffer du bruit de ses pas jusqu'à celui des battements de son cœur ? En effet, une fois que du sang se répandait dans la rainure de sa lame, comme lors de son invocation, ce dernier absorbait tous les sons émis par son propriétaire. Parfait pour les exécutions silencieuses et l'espionnage. Le seul problème à cette attaque était que l'arme pouvait se retourner contre Yoruichi si elle manquait son coup et que du sang autre que le sien se mettait aussi à ruisseler contre l'acier. Ayant esquivé le coup mortel, Ggyo s'était retrouvé dans ce cas de figure. C'est en partie pour cette raison qu'elle n'utilisait que très rarement son arme. Du plus précieux des atouts, son zanpakutô pouvait devenir un véritable calvaire si son adversaire réussissait à en tirer profit. Heureusement pour elle, le temps de sidération engendré par le silence suite à la blessure était souvent suffisant pour lui permettre de terminer le travail avant que ses victimes ne prennent conscience que cela pouvait devenir un avantage.
Sans perdre plus de temps, elle fondit sur un nouveau rival aussi imposant que l'immeuble le plus haut de la ville. Elle rangea son arme dans son fourreau, le shikaï encore activé. Face à ce mastodonte, ses attaques bien que silencieuses et rapides furent vaines. Ichigo, après avoir éliminé l'Arrancar à l'apparence d'un éléphant, l'épaula à l'aide de Zangetsu tandis que Tessaï essayait tant bien que mal d'immobiliser ses mouvements entre deux cero verts destructeurs. Urahara, qui venait de mettre hors d'état de nuire un Arrancar excentrique se disant la plus belle créature de l'univers, leur prêta main forte afin de minimiser les dégâts faramineux de ce Hollow à l'étrange apparence de baleine. Ensemble, ils essayaient de canaliser et de faire en sorte que les attaques ne soient pas dirigées en direction des habitations.
Uryû, quant à lui, se démenait face à un Arrancar blond aux immenses pinces ciselées qui lui servaient de bras. Malgré les milliers de flèches lumineuses envoyées à la seconde par le Quincy, l'autre tenait toujours bon grâce à sa position de défense et son solide hiero. Agacé, il décida d'aller chercher le Hollow au corps à corps avec un Seel Schneider** bien que ça ne soit pas dans ses habitudes de le faire. D'un seul et même mouvement, il se retrouva contre le hollow, tenant fermement son arme lumineuse comme une lame.
Décontenancé par ce soudain changement de tactique, l'assaillant baissa sa garde et se prit l'arme en transversal contre le poitrail. Du sang se projeta dans les airs, accompagné d'un profond grognement animal. Avec rapidité, l'Arrancar s'extirpa du contact d'Uryû qui s'apprêtait à porter l'estocade finale. Il rejoignit l'énorme cétacé qui commençait, lui aussi, à être acculé par les Shinigamis.
Lorsque, à l'aide d'un puissant sort de Kido, Tessaï réussit enfin à prendre le dessus, Ichigo stoppa ses attaques pour se concentrer mentalement sur quelque chose, au loin, qui retint toute son attention. Il jaugea un instant les ennemis restants sur le terrain et en arriva à la conclusion que ses quatre amis pouvaient en venir à bout sans son aide.
« J'ai senti une pression spirituelle anormale près du magasin. Je fonce ! » lança-t-il sans sommation.
Le jeune homme venait de se volatiliser. Kisuke n'eut pas le temps de protester mais, dans un réflexe, tendit la main pour le retenir. Distrait, il ne vit pas les flèches rouges dirigées sur lui. L'une d'entre elle se ficha profondément dans sa cuisse. Une autre transperça son chapeau qui s'envola dans les airs pour atterrir à quelques mètres en arrière. La douleur cinglante de sa blessure lui tira une affreuse grimace qui déforma violemment ses traits.
Toujours vivant celui-là ?! pesta-t-il intérieurement.
L'homme au bob inspira profondément puis arracha, d'un coup sec, le haut de la flèche. Il prit soin de ne pas retirer l'encoche pour éviter l'hémorragie. Malgré sa blessure, il repartit à l'assaut plus déterminé que jamais. Mais quelque chose vint le turlupiner. Lui n'avait ressenti aucune autre pression spirituelle que celle d'Ururu et de Jinta près du magasin… Décidément quelque chose clochait.
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Recluse dans sa chambre, Orihime attendait la venue de son bienfaiteur. Cela faisait déjà de longues et interminables minutes que la jeune femme attendait sagement, assise sur sa banquette, qu'Ulquiorra vienne la retrouver. Dans la nuit, après qu'il l'eut laissée dans sa cellule, le sommeil avait eu toutes les peines à l'atteindre et lorsqu'enfin ce dernier s'était emparé d'elle, elle rouvrait déjà un œil. Elle ne sut expliquer l'origine de cette insomnie. Etait-ce dû au cauchemar épouvantable ou bien au rapprochement avec l'Arrancar ? Peut-être un peu des deux.
Des bruits de pas rythmés dans le couloir dissipèrent ses pensées. Un regain d'espoir traversa tout son corps mais retomba aussitôt comme un soufflé lorsqu'elle reconnut la démarche du serviteur. Selon toute vraisemblance, il ne semblait pas accompagné. Une moue de déception apparut furtivement sur son visage lorsque la porte s'ouvrit sur l'adolescent. Celui-ci déposa un plateau repas sur la table, sans même lui adresser un regard. Orihime se leva brusquement alors qu'il s'apprêtait à partir.
Le jeune Arrancar fit volte-face, la paume de main positionnée sur la garde de son zanpakutô. Le mouvement précipité venait d'attirer son attention. Suspicieux, il détaillait les traits fins de la jeune femme pour essayer de découvrir ses intentions. Il fut troublé de rencontrer un visage souriant, chose peu commune en ces lieux. Elle entama la conversation :
« Excuse mon comportement de la dernière fois, je me suis emportée... Je sais que tu essayais de me réconforter à ta manière et j'ai été stupide de réagir ainsi. En plus, j'ai dû t'effrayer. Ça ne doit pas être facile pour toi de vivre dans un tel endroit… »
L'adolescent, plus jeune d'apparence que l'humaine, ne répliqua pas, préférant garder le silence. Il écoutait attentivement cette voix particulièrement douce et chaleureuse. Ses muscles se détendirent alors et il relâcha son arme lorsqu'il fut certain que la captive ne tenterait pas de s'évader. Deux grands yeux gris remplis de compassion et de sincérité le fixaient avec bienveillance.
« Tu n'es pas très bavard…, renchérit-elle avec un petit rire devant son air incrédule. Dis-moi, comment t'appelles-tu ? Oh… Tu n'es pas obligé de répondre, tu sais, c'est juste que je suis curieuse et que j'aimerais apprendre à te connaître un peu. Depuis le temps que tu t'occupes de moi… »
Les sourcils châtains de l'Arrancar se froncèrent légèrement. Pourquoi s'intéressait-elle à lui ? Un instant, il hésita à répondre à la question. Puis, il murmura d'un souffle à peine audible :
« Eladio. »
Alors Orihime s'avança doucement vers lui, main tendue. Il eut un mouvement de recul mais prit sur lui et s'immobilisa tout en scrutant ses doigts. Sa réaction pinça le cœur de l'humaine. Vivait-il toujours la peur au ventre pour être à chaque instant sur la défensive ?
« Enchantée, Eladio-san. Je suis Orihime. Tu peux me serrer la main si tu le souhaites, c'est une façon humaine de se dire bonjour. »
Le geste de la rouquine était suspendu dans l'air. Son sourire réchauffait la pièce. Elle attendait patiemment qu'il vienne à sa rencontre. Après une longue réflexion, le petit Hollow s'empara doucement de sa main. Le contact était doux et réconfortant. Il esquissa un discret sourire à son tour puis rompit abruptement le lien en ressentant une pression spirituelle familière au niveau des cuisines. Le visage apeuré qui l'avait quitté quelques secondes auparavant venait subitement de réapparaître.
« Désolé. Travail. Décima Espada… »
Eladio ne perdit pas davantage de temps et se dirigea vers la porte. Alors qu'il allait laisser Orihime de nouveau seule dans sa cellule, il se retourna vers elle.
« Ulquiorra-sama vous rendra visite dans la matinée.
— Merci de m'avoir prévenue, Eladio-san. »
Lorsque la porte fut close, Orihime s'avança vers son assiette et se pencha au-dessus pour en analyser son contenu. Trois pommes de terre alignées reposaient sur un lit de petits pois. Une tranche de jambon venait agrémenter le tout. De discrètes volutes de fumée s'en échappaient et avec elles l'odeur de nourriture qui fit son chemin jusqu'à ses narines. Mais qui donc était en charge des menus ? Drôle de petit-déjeuner.
Son estomac dans les chaussettes, elle ne toucha pas un gramme de son assiette. Elle trouva beaucoup plus intéressant de dessiner des paysages ou des petits animaux avec sa nourriture plutôt que de la manger. Un petit sourire de satisfaction ornait son visage durant son ouvrage. Elle savait qu'elle allait le revoir très rapidement. L'information donnée du bout des lèvres par le serviteur lui rendit l'attente beaucoup plus supportable. A tel point qu'entre le moment où ce dernier avait pris congé et cette démarche distinctive résonnant dans le couloir, il semblait ne s'être écoulé que peu de temps.
La clé pénétra la serrure et elle prit une profonde inspiration pour se préparer à la confrontation tant attendue. La silhouette élancée qu'elle avait tant espéré voir fit enfin son apparition. Son cœur s'emballa dans sa poitrine à la vision du visage blême mais elle ne sut comment initier la conversation. Les mots lui manquaient et restèrent coincés dans sa gorge. Bah… zut alors… elle venait de perdre toute spontanéité. Un terrible combat dans son esprit faisait rage. Qui du sobre « bonjour Ulquiorra-kun », du familier « salut, bien dormi ? » ou encore du trop honnête et direct « j'ai passé la nuit à t'attendre, ce n'est pas trop tôt ! » remporterait la manche ?
Pendant son temps de réflexion, l'aura froide qui accompagnait le Hollow à chacun de ses déplacements s'installa dans la pièce mais cette fois-ci Orihime ne la ressentit pas. Elle était bien trop obnubilée à essayer de trouver un début de conversation qui ne paraissait pas dénué de tout intérêt. Mêlée dans ses pensées, ce fut Ulquiorra qui, contre toute attente, brisa le silence.
« Qu'est-ce ? »
Orihime papillonna des paupières, surprise par la question qui la projeta hors de ses pensées. De quoi parlait-il ? Elle détailla les traits de l'Espada et vit que ses yeux émeraude pointaient son assiette.
« Oh… euh... ça ?! C'est un petit cochon rose qui mange des granny smith sous un pommier, répliqua-t-elle le plus naturellement. Je n'ai pas réussi à lui faire une queue en tire-bouchon, c'est pour ça qu'on reconnaît pas trop… Et puis, c'est vrai qu'un tronc d'arbre jaune, ce n'est pas courant. En même temps, je manque de matières premières ! renchérit-elle avec ardeur pour essayer de se justifier. Je suis sûre que je pourrais réaliser des chefs d'œuvres si j'avais tout ce qu'il me fallait sous la main ! »
Le Cuatro arqua un sourcil devant l'imagination hautement improbable de l'humaine et ses réactions enfantines. Décidément, il n'y en avait pas deux comme elle. Cette candeur, il dut le reconnaître, lui plaisait bien. C'est peut-être bien la première fois qu'il croisait une personne aussi authentique. Dans son monde, tout n'était que faux-semblants et coups bas pour essayer de remporter la place de dominant. Et chez elle, il semblait n'y avoir aucune once de méchanceté. Cette humaine lui apportait une véritable bouffée d'oxygène dans sa vie maussade. Un remède drôlement efficace contre l'asphyxie qui lui comprimait la poitrine depuis son début d'errance solitaire. Au fond de lui, il ressentait un petit quelque chose qu'il avait encore de la peine à définir. Une sorte de flamme bleutée vacillante dans le creux de la poitrine, encore faible et susceptible de s'éteindre à la moindre brise.
Son visage, quant à lui, ne changea pas d'un iota. Hormis le discret mouvement de son sourcil, il restait fidèle à lui-même. Cela n'effraya ni ne rebuta Orihime qui avait appris à composer avec le peu d'expressions constituant la palette de l'Arrancar.
« Je suppose que tu ne comptes pas terminer ton assiette, » fit-il remarquer d'un air détaché mais sans aucun reproche dans la voix.
Pour simple réponse, il eut droit à un petit sourire contrit de la part d'Orihime.
« Bien. Dans ce cas, es-tu prête à me suivre pour ton entraînement ?
— Je crois que oui… »
Elle se leva aussitôt de sa chaise et s'approcha doucement de l'Arrancar qui resta planté devant la porte d'entrée. Un sourire charmeur fit son apparition sur le visage de la rouquine lorsqu'elle se retrouva face à lui. Sa tête était levée pour le fixer droit dans les yeux. Maintenir son regard dans le sien ne lui faisait plus peur, bien au contraire. Surtout que dernièrement, elle avait remarqué un léger changement d'expression. A son contact, il lui semblait qu'il devenait un peu plus humain et qu'il ne ressemblait plus au monstre froid et impitoyable du début. Mais après tout, elle se faisait peut-être des idées…
« Je n'oublie pas la promesse que tu m'as faite, Ulquiorra-kun ! »
L'Arrancar opina brièvement de la tête puis détourna les yeux, troublé par le regard intense que lui jetait la jeune femme et cet étrange qualificatif « kun ». Il pivota ensuite sur lui-même pour rejoindre les couloirs du palais, Orihime à ses côtés. Ensemble, ils rejoignirent rapidement la même salle d'entraînement sobrement colorée de la veille. Tous deux s'avancèrent au centre. Le ténébreux se retourna vers l'humaine qui venait de s'arrêter.
« Avant de commencer, j'aimerais te dire une chose. »
Les deux grands yeux gris fixèrent avec intérêt l'Arrancar. Ayant éveillé sa curiosité, il poursuivit :
« Sache que je ne te veux aucun mal. L'idée même de t'en faire m'est… disons… étrangement insupportable, souffla-t-il en cherchant ses mots avant de reprendre avec plus d'aplomb. Seulement, pour que tu puisses progresser, j'ai besoin que tu ne brides pas tes pouvoirs et que tu te donnes à fond. Pour cela, il faut que tu aies la volonté de vaincre… »
Alors qu'Orihime allait l'interrompre pour protester, il prit les devants et leva la main pour lui intimer de se taire. Ses yeux s'écarquillèrent et elle resta interdite.
« Ne crains pas de me blesser, reprit-il en anticipant ce qu'elle allait répliquer, je ne ressens pas la douleur. Mon hierro est particulièrement résistant et si toutefois tu parviens à le transpercer, ma régénération accélérée prendrait aussitôt le relais. Je t'assure, fais fi de ta voix intérieure qui te hurle que tu es incapable de te battre. Tu en as la capacité au plus profond de toi, je le sais. Tu as un potentiel énorme que tu ne soupçonnes même pas. Tu pourrais même me surpasser si tu en avais la volonté. »
Les joues d'Orihime se teintèrent de rouge. Pensait-il vraiment ce qu'il venait de dire ? ou essayait-il simplement de flatter son égo pour l'encourager ? Ses paumes de mains se joignirent dans son dos et elle tordit nerveusement ses doigts entre eux, un peu gênée par ces compliments.
« Ne désires-tu pas être plus forte pour mieux te défendre et protéger tes amis ?
– Je… si bien sûr… »
Le dernier argument de l'Arrancar venait de faire mouche. En écartant le fait que cet entraînement fut initialement motivé par l'ordre d'Aizen, c'était avant tout pour qu'elle apprenne à se défendre qu'Ulquiorra désirait qu'elle progresse. L'évocation de ses amis n'était qu'une raison supplémentaire de l'inciter à se donner au maximum puisqu'il savait pertinemment, qu'en réalité, elle desservirait leur cause. Plus son pouvoir serait grand et plus Aizen profiterait d'elle pour atteindre son but. Cette idée lui refila la nausée et pendant un bref instant, il se sentit fébrile. Les voix dans son crâne recommencèrent à le martyriser à tel point qu'il dut fermer les paupières et se concentrer pour ne pas perdre l'équilibre. L'Arrancar se confrontait à un dilemme. S'il ne la rendait pas plus forte, Aizen l'exterminerait sans sourciller mais s'il accédait à sa demande ce serait la précipiter dans la gueule du loup. Quoi qu'il choisisse, la solution ne pouvait être en faveur de l'humaine.
Pris dans ses tourments intérieurs, il sentit une main délicate se poser sur son avant-bras. Alors les voix s'estompèrent aussitôt et ses deux iris reptiliens se plantèrent dans ceux bienveillants de la jeune femme. Face à ce regard sans humanité, un frisson désagréable parcourut l'échine de cette dernière et lui coupa brièvement la respiration. Rassemblant son courage à deux mains, elle réussit tout de même à articuler :
« Tout va bien Ulquiorra-kun ?
— Que veux-tu qu'il m'arrive, femme ? » répliqua-t-il sèchement, contrarié par le manque de maîtrise qu'il avait fait transparaître.
Orihime enleva précipitamment sa main et recula de quelques pas. Encore cet horrible qualificatif. Elle détourna le regard et le maintint fixé au sol, vexée et terriblement déçue.
« Rien.
– Alors ne perdons pas plus de temps… »
Les doigts d'une blancheur cireuse se dirigèrent vers elle et une boule lumineuse apparut au bout de son index. Orihime serra les poings. Elle ne pouvait y échapper.
« Protège-toi avec ton bouclier puis envoie-moi ton guerrier dès que tu pourras riposter. Aujourd'hui on va travailler tes enchaînements de mouvements. »
A peine eut-il terminé la fin de sa phrase, prononcée d'une voix polaire, que déjà un cero fusait sur Orihime. Elle invoqua aussitôt ses fées protectrices qui formèrent une barrière lumineuse. La puissance de l'attaque était nettement moins intense qu'à l'entraînement d'hier et elle n'eut aucune difficulté à la parer. Cela rassura un tantinet l'humaine qui, une fois le faisceau lumineux dissipé, dématérialisa son bouclier pour envoyer Tsubaki en contre-offensive. L'Arrancar préféra cette fois-ci esquiver plutôt que de risquer d'endommager son unique pouvoir combatif. Puis il recommença la manœuvre plusieurs fois d'affilée en changeant régulièrement de position afin de travailler ses réflexes. La vitesse des enchaînements se voulait volontairement lente pour lui permettre de prendre ses marques et acquérir les automatismes nécessaires avant d'envisager de passer au niveau supérieur.
Une fois qu'Orihime fut plus à l'aise dans l'exécution de l'exercice, Ulquiorra augmenta la cadence. Alors que les cero s'intensifiaient progressivement, elle eut davantage de difficultés à maintenir le rythme. Ses mimiques renfrognées et ses petits grognements plaintifs témoignaient de la peine qu'elle avait à coordonner ses mouvements.
Après maintes charges contrées, l'un des éclairs verts finit par atteindre sa cible sans que cette dernière n'ait eu le temps de bloquer l'attaque. Le coup cinglant s'abattit entre ses deux omoplates. Cela la propulsa au sol, face contre terre. Instinctivement, elle plaça ses mains ainsi que ses genoux de manière à ce que son crâne ne heurte pas durement la pierre. Plus de peur que de mal puisqu'elle se redressa aussitôt pour faire face à son assaillant. Sa respiration, bruyante et hachée, remplissait tout l'espace et son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine tant le choc l'avait prise au dépourvu. Quelques égratignures amochaient la paume de ses mains ainsi que ses genoux mais elle n'en fit pas cas malgré de discrètes taches de sang qui maculèrent sa robe blanche.
Ulquiorra la laissa souffler un instant et chargea un nouveau céro. Puis encore un autre. Sans relâche et pendant de longues minutes encore. Ses gestes étaient mécaniques, guidés par son seul instinct. Des yeux, il fixait la jeune femme sans vraiment la regarder, l'esprit s'égarant régulièrement dans ses pensées. Il regrettait d'avoir eu un ton si agressif. Elle semblait s'être fermée comme une huître. Alors qu'elle s'inquiétait pour lui, il l'avait méchamment envoyée sur les roses. Pourquoi, dès lors qu'un comportement qu'il n'appréciait pas chez lui apparaissait, il ressentait le besoin irrépressible de décharger sa colère sur Orihime ? C'était un point sur lequel il se devait de travailler… Pour éviter de lui faire de la peine et de lire, une nouvelle fois, la déception dans son regard.
La jeune femme qui était habituellement si bavarde n'avait pas décroché le moindre mot à l'attention de l'Arrancar depuis plus d'une heure. Le silence, rythmé par le nom de libération de ses pouvoirs et leur souffle court, commençait à se faire oppressant. Des gouttes de sueur perlaient de son visage rouge d'agitation et la fatigue étreignait ses muscles. Ses mouvements devenaient beaucoup plus lents et maladroits qu'en début de séance. Sa concentration faiblissait drastiquement. Elle lui laissait de nombreuses opportunités de l'atteindre sans qu'il n'essaie, pour autant, d'en tirer profit.
La sentant à bout de souffle, il s'immobilisa face à elle et planta son regard pénétrant dans le sien sans qu'elle ne détourne les yeux, méfiante. La boule d'énergie qu'il s'apprêtait à lancer du bout de son doigt perdit de son intensité jusqu'à finir par s'évaporer. Il abaissa ensuite doucement son bras.
« Ce sera tout pour aujourd'hui. »
La jeune femme, soulagée, ne put contenir un long soupir de franchir le pas de ses lèvres. Jamais une séance d'entraînement ne l'avait lessivée de la sorte. Pas même celui de Kisuke. Alors que l'attention de l'Arrancar semblait portée sur autre chose, l'humaine détailla la paume de ses mains souillées de sang puis s'attarda sur les sensations douloureuses de son corps. Ses muscles tendus la faisaient souffrir dans la moindre de ses fibres mais c'était le tribut à payer pour devenir plus forte.
La voix glaciale d'Ulquiorra résonna avec force dans la salle et la ramena au moment présent.
« Sors de ta cachette. Je sais que tu nous observes. »
Son regard argenté braqué sur lui, l'humaine frissonna d'horreur. A qui s'adressait-il ? Sa respiration s'accéléra sans qu'elle ne puisse le contrôler.
Faites que ça ne soit pas l'horrible borgne.
A cette seule pensée, elle fut prise de violentes sueurs froides. Terrorisée, elle fixait avec appréhension l'endroit que surveillait l'Espada depuis la fin de l'exercice.
Une silhouette mutique s'anima dans la pénombre du couloir. A son plus grand désespoir, il y avait bien quelqu'un qui les observait. Le cœur d'Orihime se serra et se mit à cogner de plus en plus fort à mesure que les pas se rapprochaient. Elle recula par mesure de précaution et resta derrière Ulquiorra sans quitter des yeux le corridor baigné d'obscurité.
La lueur des flambeaux finit par atteindre l'intrus et éclairer faiblement ses traits. D'abord, Orihime aperçut une longue corne, puis de bienveillants yeux vairons qui adoucissaient le sérieux du visage qui les portait. Un large sourire se dessina sur ses lèvres rosées et ses muscles crispés se détendirent instantanément.
« Astrae-sama ! Je suis heureuse de vous revoir ! » s'enthousiasma-t-elle, l'esprit et le corps apaisé par sa présence.
Elle allait s'avancer quand Ulquiorra, d'un simple mouvement de main, lui ordonna de ne pas s'approcher. Surprise, elle resta immobile.
« Que viens-tu faire ici ? » demanda-t-il, suspicieux.
La femme Arrancar s'approcha doucement malgré l'accueil hostile de l'Espada.
« Je viens prendre des nouvelles de notre invitée. Est-ce que tu te sens mieux, Orihime ? »
Ulquiorra fronça imperceptiblement les sourcils. Comment ça, se sentir mieux ? Alors que le jeune homme allait répliquer, la rouquine le coupa de court :
« Oui ! Merci Astrae-sama. Heureusement que vous étiez là l'autre jour ! Je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé, peut-être un petit coup de fatigue, mais je vais mieux maintenant. »
L'Espada coula un regard par-dessus son épaule pour détailler les traits fins de l'humaine qui esquissait un sourire discret. Il demeura silencieux. De quoi parlaient-elles ?
« Je vois qu'Ulquiorra ne t'épargne pas ! » lança l'Arrancar, une pointe de reproche dans la voix en montrant ses blessures d'un mouvement de tête.
— Oh ! Ça ? Ce n'est rien. Juste quelques petites égratignures. J'aurais dû être plus attentive. »
Gênée, elle passa l'une de ses mains derrière la tête et se frotta la nuque. La gardienne sourit, amusée par son attendrissante mimique. Ulquiorra, quant à lui, sentait son sang bouillonner dans ses veines sans que cela ne transparaisse sur son visage. Profondément agacé par la tournure qu'avait pris la conversation, il se retourna face à l'humaine. Il voulait à tout prix élucider les tenants et les aboutissants des propos d'Astrae, loin des oreilles d'Orihime.
« Je te ramène dans ta cellule. »
Pour seule réponse, il eut le droit à un froncement de sourcil mécontent de la part de sa protégée.
« Je reviendrai dans la soirée, » finit-il par ajouter sans s'épandre davantage sur le sujet en présence d'Astrae. « Quant à toi, attends moi ici, j'ai à te parler, » lui ordonna-t-il d'une voix autoritaire.
Aussitôt, il se dirigea vers la prisonnière et lui pointa, du menton, le chemin de la cellule. Son regard, sévère et assombri, intimida Orihime qui se résigna à le suivre sans contester son ordre. Le trajet se fit dans le plus grand silence, l'esprit du jeune homme préoccupé par les paroles de sa comparse. Les mots tournaient en boucle dans son crâne. Il y avait fort à parier que Szayel y était encore pour quelque chose. Ses poings se crispèrent de rage. N'allait-il pas la laisser en paix ?
Une fois devant la porte de sa geôle, Orihime pénétra d'elle-même à l'intérieur. Le soudain changement de comportement de l'Arrancar l'inquiétait. Ce n'était pas dans ses habitudes de paraître aussi précipité. Elle pivota sur elle-même pour lui faire face et le fixa de ses grands yeux argentés. Elle était loin d'être idiote et savait quand quelque chose n'allait pas. Toutefois, les mots restèrent bloqués au fond de sa gorge serrée. La crainte se lisait dans son regard alors Ulquiorra, instinctivement, s'avança et lui saisit doucement les mains en les ramenant l'une contre l'autre. Afin de ne pas raviver ses douleurs, il prit soin de ne pas toucher aux plaies de ses paumes. Ce contact les fit frissonner au même instant, surpris l'un comme l'autre par ce rapprochement. Il resserra doucement ses doigts autour des siens comme pour la rassurer. Ils restèrent un long moment à s'observer sans un bruit, ses mains froides englobant celles de l'humaine.
« Je reviendrai ce soir pour la leçon de piano. Je te le promets, » murmura-t-il une fois la lueur d'inquiétude dans le regard de la jeune femme apaisée.
Leurs mains toujours entrelacées, le ténébreux sembla hésiter sur la suite des mots qu'il allait prononcer.
« Aussi… »
L'attention d'Orihime pour son interlocuteur redoubla.
« Pardonne-moi pour le ton que j'ai employé avant l'entraînement. Je… »
Une des mains de l'humaine se déroba de son étreinte pour s'apposer avec délicatesse contre sa joue et lui paralysa instantanément les cordes vocales. Ce simple geste, inoffensif et tendre, avait suffi à déstabiliser et faire taire le Hollow. La peau d'Orihime était si chaude, si douce, si réconfortante. Comment y rester insensible ? Il ferma alors les yeux pour profiter de cette caresse. Sa tête s'inclina légèrement pour se lover davantage dans le creux de sa paume. Une intense et agréable chaleur se concentra sur sa joue puis se répandit dans son crâne avant de prendre possession de la totalité de son corps. C'est comme si un linceul de bienveillance le recouvrait tout entier et lui faisait ressentir des sensations encore inconnues. Doucement, il inspira par le nez pour s'enivrer de ce délicieux et délicat parfum de fleur qu'il reconnaîtrait entre mille odeurs.
« Je sais que tu reviendras et je t'attendrai…, » lui sourit-elle.
Elle pressa les doigts contre sa joue glacée pour sentir de plus belle le contact de sa peau. Son pouce dessinait avec une infinie douceur la ligne saillante de sa pommette. Puis il rouvrit les paupières et l'observa en silence, figé par cette chaleureuse étreinte. Mais le temps manquait. Alors Ulquiorra relâcha lentement la main qu'il tenait encore. La jeune femme rompit elle aussi le lien et s'écarta pour le libérer.
« Une promesse est une promesse, » souffla-t-elle, un charmant sourire sur les lèvres.
Il acquiesça et referma la porte. La clé cliqueta dans la serrure et il s'éloigna à vive allure. Malgré cet interlude de douceur, la colère qui tambourinait le long de ses tempes restait présente. Il fallait qu'Astrae parle, et vite ! Ses pas le dirigèrent avec brutalité vers la salle d'entraînement où la jeune femme, au centre de la pièce, se retourna lorsqu'elle sentit son aura furibonde approcher.
« Que s'est-il passé durant mon absence ? » tonna l'Espada en se rapprochant dangereusement.
Ce regard, dur et courroucé, porté sur ses traits la fit déglutir avec peine. Elle ne s'était pas imaginée le voir un jour dans cet état, encore moins pour une humaine. Déstabilisée par ce reiatsu aussi dense qu'inquiétant, elle en resta muette.
« Qu'as-tu omis de me dire ? Parle ! » gronda-t-il de nouveau.
Toujours aucune réponse. Alors le Cuarto s'approcha davantage. Son visage à seulement quelques centimètres de celui de sa subalterne.
« Faut-il que je t'explose le crâne pour que ta langue se délie ? Je ne le demanderai pas une nouvelle fois, Astrae Nelphegas. Que s'est-il passé durant mon absence ? »
Les yeux vairons de l'Arrancar s'écarquillèrent en grand. Elle secoua vigoureusement la tête pour se sortir de son état de sidération. D'un sonido, elle s'écarta de l'Espada et se dégagea de l'emprise de son reiatsu. Elle haletait de panique et ses poings se serrèrent pour reprendre le contrôle sur son corps. Une fois son assurance en partie retrouvée, elle sortit enfin de son mutisme :
« Je vais t'expliquer. »
Tous deux se jaugèrent du regard. Ulquiorra attendait ses explications. Son aura, toujours sombre et intense, irradiait de manière anarchique. La gardienne prit sur elle pour ne pas détourner les yeux.
« Comme tu le sais, j'ai accompagné Grimmjow pour m'assurer qu'il ne fasse pas de mal à l'humaine et qu'il ne compromette pas, par la même occasion, inutilement vos deux vies. »
Le regard du Cuatro se fit plus dur et insistant. Elle comprit alors qu'elle devait en arriver rapidement au fait. D'une voix hasardeuse, elle reprit ses explications :
« Lorsque nous sommes entrés dans la cellule d'Orihime, nous l'avons trouvée… »
Elle hésita sur les mots à employer puis prit une profonde inspiration avant de poursuivre :
« … nous l'avons trouvé inconsciente sur le sol, » finit-elle par avouer la voix chevrotante.
Astrae se crispa et ferma les paupières pour se protéger d'une possible onde de choc. Contre toute attente, l'aura autour d'Ulquiorra se coupa instantanément comme si cette information venait de le foudroyer sur place. Elle reprit consistance.
« Je ne te l'ai pas dit de suite car, je ne sais pas, quelque chose me disait de ne pas le faire, poursuivit doucement la jeune femme. Excuse-moi de vous avoir dérangés pendant son entraînement mais quand je vous ai vus ensemble, cela m'a semblé être le moment opportun. Tu sais, je ne pense pas qu'elle se soit naturellement retrouvée dans cet état. Quelqu'un a dû l'y aider…
– Szayel, » l'interrompit-il.
La gardienne sembla étonnée, puis reprit avec calme :
« Effectivement. Et actuellement, il n'est pas à Las Noches. Ni même au Hueco Mundo.
– A quoi penses-tu ?
— Je possède les clés de son laboratoire, confia-t-elle avec malice en faisant tourner le trousseau de clés entre ses doigts.
– Mais il saura à coup sûr que nous y sommes entrés. Son laboratoire est truffé d'engins qui enregistrent le moindre de nos faits et gestes et ses Fraccions veillent aux grains.
— Je me suis occupée de ses sous-fifres. J'ai demandé à ce qu'ils aillent prêter main forte à mes équipes. En ce qui concerne les caméras, j'avoue ne pas avoir de solution mais avant qu'il s'en aperçoive on aura eu le temps d'en faire le tour. Si on trouve quelque chose de compromettant, il y a fort à parier qu'il n'osera pas dénoncer nos agissements. Et sans une preuve à montrer à Aizen, il refusera de faire quoi que ce soit contre ce psychopathe. Il lui est bien trop utile. De plus, mieux vaut ne pas s'en prendre directement à lui. Cela pourrait se retourner contre nous et avoir des retombées sur l'humaine. »
Ulquiorra resta silencieux et sembla peser le pour et le contre. Cette incursion ne resterait pas longtemps sans représailles mais ne rien faire pour protéger l'humaine de cet homme comportait davantage de risques. C'était quitte ou double, alors dans le doute…
« Allons-y. Je veux tirer les choses au clair une bonne fois pour toutes. »
Astrae sourit et s'enfonça aussitôt dans le couloir, suivie de près par l'Arrancar. Leur pression spirituelle dissimulée, ils se faufilèrent jusqu'à l'entrée du musée des horreurs. Une fois devant la grande porte métallique, elle hésita à y glisser la clé. Son regard s'attarda un instant sur la caméra au-dessus d'elle puis, dans un regain de courage, elle déverrouilla l'accès du laboratoire. La large plaque d'acier s'ouvrit dans un grincement sinistre. Dans l'entrebâillement de la porte, une puanteur âcre leur sauta à la gorge et leur prit violemment les bronches. Une grimace de révulsion déforma le visage d'Astrae qui se retint in extremis de vomir, toussant à pleins poumons. Ulquiorra se contenta d'un léger froncement de sourcils. Il fallut quelques minutes avant que les deux Arrancars soient en mesure de mettre un pied dans la salle éclairée par de fortes lumières blafardes.
« Comment peut-il travailler dans de telles conditions ? » maugréa Astrae entre deux inspirations laborieuses.
Ulquiorra ne releva pas et commença à explorer les environs. Tout y était à sa place. Il n'y avait pas de feuilles posées négligemment sur le coin d'un bureau ou de stylos oubliés dans la précipitation. L'espace demeurait aseptique, le blanc des murs et du sol presque aveuglant avec la réverbération des néons. Pas une tâche ne maculait les tables d'auscultations. Seules les profondes entailles dans le métal mettaient du désordre dans cet univers tiré à quatre épingles. D'apparence, le laboratoire paraissait irréprochable et ils surent que trouver des informations compromettantes sur Szayel allait être plus complexe que prévu. Un peu comme chercher une aiguille dans une meule de foin.
Ulquiorra continua son examen visuel mais, à première vue, ne trouva rien de concluant. Puis son attention s'attarda au fond du laboratoire. Une lumière bleutée s'en dégageait. Lentement, il s'avança et se retrouva face à une multitude d'écrans. Son regard rivé sur le matériel, il ne bougea pas d'un iota. Sa comparse vint le rejoindre.
« Tu ne sais pas ce qu'est un ordinateur ? » demanda-t-elle, un brin amusée.
Ulquiorra lui jeta un regard en coin. Un de ceux qui glaceraient n'importe quel être vivant -ou mort- jusqu'à la moëlle. De terribles frissons parcoururent la nuque de la gardienne. Rares étaient les personnes capables de lui faire ressentir, en un seul regard, ce genre d'émotion. Elle reprit son sérieux devant la gravité du visage de l'Espada.
« S'il y a quelque chose à découvrir alors il y a fort à parier que cela se trouve là-dedans. Heureusement, nous ne sommes pas tous centenaires, taquina-t-elle gentiment en retrouvant son air espiègle. J'ai quelques connaissances rudimentaires en informatique. »
La remarque moqueuse d'Astrae passa à des lieux au-dessus la tête de l'Espada qui n'eut aucune réaction. Le sourire en coin, elle s'avança et se pencha au-dessus du clavier. D'un œil circonspect, Ulquiorra la vit appuyer sur une touche. En réponse, l'écran principal s'alluma. On pouvait y lire trois mots, au centre, écrits en blanc sur fond bleu.
MOT DE PASSE.
Une barre d'écriture clignotait à un rythme régulier sous le texte. Les lèvres rosées s'incurvèrent cette fois-ci vers le bas.
« Merde. Bon... Eh bien, il n'y a plus qu'à trouver un moyen de craquer sa session, » souffla-t-elle, désabusée.
De nouveau, elle s'attira le regard froid et rigide de l'Espada.
« Il nous faut son code d'accès pour pouvoir accéder à ses données, se sentit-elle obligée d'expliquer. Sans ça, on peut dire adieu à nos tentatives pour contrecarrer ses plans. L'ennui, c'est que ça peut être tout et n'importe quoi… Un mot, une suite de chiffres voire même un mélange des deux. »
Elle observa de nouveau l'écran face à eux et réfléchit.
« En général les gens utilisent des mots de passe simples à mémoriser. Une date de naissance, le nom d'un membre de la famille, d'un animal ou un mot qui a une signification particulière… mais connaissant l'oiseau, je pense qu'il s'agit d'un mélange de chiffres, de lettres et de caractères spéciaux absolument imbuvables… »
Les yeux rivés sur la barre clignotante, Ulquiorra laissa échapper, contre sa volonté, un discret soupir.
« … Mais ! intervint-elle en relevant le doigt. Qui ne tente rien, n'a rien. »
Ses mains s'emparèrent du clavier d'ordinateur et elle pianota quelques lettres.
ERREUR. ACCES REFUSE.
« Raté.
– Qu'as-tu essayé ?
– Il Forte
— Ces deux-là se haïssaient viscéralement. Ce n'est pas étonnant que ça ne fonctionne pas.
— Parce que tu as une meilleure idée, peut-être ? » maugréa-t-elle en se renfrognant.
Non. A vrai dire, il n'en avait aucune.
« Réfléchissons… reprit-elle plus calmement en se détournant de l'écran pour faire les cent pas. Il aime quoi ? La science. La science sert à quoi ? A comprendre. A innover… »
Ulquiorra ne l'écouta que d'une oreille, lui-même plongé dans sa réflexion. Par moment, elle tapotait sur les touches mais le même message d'erreur s'affichait.
« Je n'ai rien de concluant qui me vient, se lamenta-t-elle en prenant son visage dans ses mains. Ça va finir par me rendre folle.
— Perfection. »
Elle écarta ses doigts pour fixer son interlocuteur d'un air incrédule.
« Quoi ?!
— Essaie le mot : Perfection. »
La jeune femme, surprise, s'exécuta sans contester.
ACCES AUTORISE.
Ses paupières s'ouvrirent rond comme des soucoupes.
« Les bras m'en tombent… Comment as-tu fait ?
— Il passe son temps à dire qu'en tant que scientifique de renom il se doit d'atteindre la perfection. Il n'a que ce mot à la bouche. C'est une obsession. »
Tous les deux se turent lorsque l'écran face à eux s'illumina pour afficher différentes icônes.
Astrae tira une chaise pour s'asseoir. Concentrée, elle commença à explorer les différents dossiers. Ulquiorra, attentif, préféra rester debout pour garder un œil sur ce que faisait sa comparse. Au bout de quelques longues minutes, elle trouva des documents concernant l'humaine dans un fichier nommé « 46 XX*** ». Elle les ouvrit un par un et analysa scrupuleusement leur contenu.
« Désolée de te décevoir, Ulquiorra, mais ça ne nous apporte rien du tout. Du moins, rien de compromettant. C'est juste des analyses biologiques, des plages de données, des calculs, l'inventaire des outils utilisés. Enfin rien d'utile.
— Il n'y aurait pas un dossier caché ?
— Je ne pense pas… Et si jamais un tel dossier existait, je n'aurais pas les capacités pour le retrouver. Mes compétences informatiques s'arrêtent là. »
Le ténébreux se redressa et, sans montrer sa déception, quitta la salle des ordinateurs en laissant Astrae derrière lui. Gardant espoir, il poursuivit calmement l'exploration du laboratoire. Il ouvrait les placards et les tiroirs qui se présentaient à lui pour en examiner leur contenu. D'épaisses piles de papiers à l'intérieur de l'un d'entre eux attirèrent son attention. Des notes de toutes sortes étaient griffonnées. Il sortit les liasses, les posa sur le bureau et les feuilleta rapidement. Ses yeux butèrent sur l'en-tête d'une pile de pages agrafées ensembles.
« 46 XX », murmura-t-il en délaissant le reste des documents.
L'enchaînement de mots, de caractères spéciaux et de chiffres inscrits dessus s'avérait incompréhensible. Il fronça les sourcils comme si ce geste allait lui permettre de percer le mystère de ces lignes.
« C'est du code. Enfin une ébauche de code. »
La voix féminine, dans son dos, lui sortit l'esprit de sa besogne.
« Qu'est ce que ça veut dire ?
— C'est du langage informatique. On dirait que c'est pour programmer.
— Pour programmer quoi ?
— Je l'ignore… Je sais juste reconnaître le langage, pas le comprendre. »
Néanmoins la jeune femme lui retira les papiers des mains et les examina de plus près.
« A un endroit, il est écrit : stimulate pineal gland… Il y a un astérisque qui réfère à Mélatonine en bas de page… Je peux peut-être me tromper, mes souvenirs en biologie ne sont pas tout récents, mais je crois qu'il s'agit de l'hormone du sommeil. »
Un éclat de compréhension embrasa la rétine d'Ulquiorra. Il se rapprocha d'Astrae et scruta les feuilles à la recherche d'autres informations.
« Que veut dire : posterior cortical hot zone, demanda-t-il en pointant les mots du doigt.
— Aucune idée… Par contre, je reconnais le mot amygdala qui veut dire amygdale. Dans le cerveau, c'est la zone qui génère la peur. »
Ulquiorra devint encore plus livide qu'à l'accoutumée.
« Tout va bien ? s'inquiéta la jeune femme.
— Hier soir, j'ai senti au reiatsu de l'humaine que ça n'allait pas. Comme elle ne répondait pas à mes appels, je suis entré dans sa cellule et je l'ai trouvée trempée de sueur, essoufflée et transie de peur. Elle était prisonnière d'un épouvantable cauchemar duquel elle ne pouvait pas se réveiller… »
De colère, il soutira avec force les feuilles des mains d'Astrae et les froissa.
« Il faut apporter le document à Aizen, reprit-il avec un ton monocorde qui ne correspondait pas à sa gestuelle. On a notre preuve.
— C'est indéchiffrable, Ulquiorra. Il ne va rien comprendre ! Et quand bien même il en aurait les capacités, je suis presque certaine que ça ne changerait rien. Ce scientifique de pacotille est bien trop précieux à ses yeux… Non. Maintenant qu'on sait qu'il est responsable de l'état d'Orihime, il faut trouver un moyen de faire pression sur lui pour qu'il arrête.
— Comment ? Cet homme ne tient à rien et ne craint personne.
– Pas si sûr… » répliqua-t-elle en tournant les talons.
Ulquiorra lui emboîta le pas, intrigué sans pour autant le montrer. Ils entrèrent ensemble dans une pièce à l'éclairage jaune clignotant d'où l'odeur pestilentielle du labo prenait sa source. A l'entrée trônait un Hollow éviscéré en état avancé de putréfaction. Le nez de la jeune femme se retroussa de dégoût. Elle progressa difficilement jusqu'au fond, zigzaguant entre les étalages sur lesquels étaient disposés des bocaux de différentes tailles, tous remplis d'organes en suspension. Sur le mur du fond, caché derrière un meuble avec de grandes étagères, se trouvait une massive porte en acier.
« La première fois que je suis venue, je n'avais rien remarqué mais tout à l'heure en y regardant de plus près, je me suis aperçue qu'il y avait quelque chose derrière toutes ces… horreurs. »
Chacun d'un côté du meuble, ils le soulevèrent et le déplacèrent en prenant garde de ne rien renverser. Une fois la voie dégagée, tous deux observèrent l'immense blindage qui leur faisait face. Au centre, il y avait une manivelle entourée de quatre serrures distinctes qui en déverrouillaient l'accès.
« S'il tient à quelque chose, crois-moi, ça se trouve derrière cette fichue porte d'acier !
— Et je suppose que tu n'en possèdes pas les clés. »
A la fin de sa phrase, sans même attendre de réponse, l'Arrancar leva l'index en direction d'une serrure.
« Recule. »
Elle s'exécuta. Une boule lumineuse se concentra au bout de son doigt. Alors que l'offensive allait être lancée à bout portant, Astrae lui agrippa le bras.
« Arrête, » l'interrompit-elle en serrant les doigts autour de son vêtement. Elle marqua une courte pause puis reprit en murmurant : « Je sens la pression spirituelle de Nnoitra approcher. »
L'attaque continua de monter en puissance.
« Qu'est-ce qu'il vient foutre ici, celui-là ? grogna-t-elle. Arrête tout de suite. S'il nous trouve, il ira nous dénoncer à Aizen et on ne pourra plus rien faire pour protéger Orihime. On doit partir. Maintenant ! » haleta Astrae, inquiète, en tirant sur la manche de son comparse.
Avec regret, il abaissa son bras. Dans la précipitation pour s'enfuir, ils remirent maladroitement le meuble à sa position. Ils sortirent au pas de course en prenant soin de verrouiller la porte derrière eux. Leur reiatsu toujours réduit au silence, ils s'engouffrèrent dans un couloir dérobé pour éviter de croiser le chemin du Quinto. Enfin de retour dans les niveaux supérieurs du palais, Astrae se détendit.
« On a évité le pire, s'exclama-t-elle, soulagée. Je vais rejoindre les Shuriko. Mon absence commence à se faire longue et je n'ai pas envie d'éveiller les soupçons. »
Le ténébreux acquiesça d'un mouvement de tête puis ils se séparèrent. Chacun retourna vaquer à ses occupations.
Une chose était sûre. Ils y retourneraient d'ici peu.
xxxxxxxxxxxxxxx
Un nuage opaque de poussière au milieu des habitations retint l'attention d'Ichigo. Au vu de la localisation de ce dôme, le magasin d'Urahara devait en être à l'origine. Les sourcils du Shinigami remplaçant se froncèrent, méfiant. Que pouvait-il bien se passer là-bas ? La présence anormale qu'il avait ressentie dans le parc y était encore présente et des bruits d'explosions ne tardèrent pas à lui arriver aux oreilles. Ururu et Jinta, restés sur place, devaient certainement se battre corps et âme pour protéger le bâtiment de la menace. Cette pression spirituelle, bien qu'inconnue, lui semblait étrangement familière comme s'il avait déjà eu à faire à elle auparavant et qu'elle apparaissait, aujourd'hui, sous une nouvelle forme. Plus il se rapprochait du magasin et plus une boule d'angoisse gonflait dans sa poitrine et lui tordait douloureusement les entrailles. Avant qu'il n'arrive sur les lieux, les explosions proches de la boutique cessèrent. Seules celles du premier champ de bataille retentissaient au loin.
C'est avec effarement qu'il stoppa ses pas à quelques dizaines de mètres du magasin. Le bâtiment était réduit à l'état de gravats, à l'exception de quelques murs qui tenaient encore debout. Devant ce qu'il se doutait être l'ancienne porte d'entrée se trouvait, de dos, une silhouette qu'il reconnaîtrait entre mille. Il lui fallut un temps supplémentaire pour que son cerveau analyse les données que ses yeux horrifiés lui renvoyaient. A bout de bras, un homme tout de blanc vêtu tenait bien haut son katana sur lequel était empalé, au niveau de l'abdomen, un jeune garçon à la chevelure rouge. Ses muscles ne possédaient plus aucun tonus. Recroquevillé autour de la lame, il la dissimulait jusqu'à la garde. Seule la pointe restait visible. Ichigo se figea d'effroi devant cette scène macabre. Il ne pouvait détacher ses yeux de cette lame acérée aux étranges reflets bleutés qui transperçait le petit corps.
Alors que Jinta se vidait abondamment de son liquide vital sur l'uniforme de son bourreau, l'intrus coula un regard glaçant par-dessus son épaule.
« Tiens ?! Kurosaki ? » interpella l'homme d'une voix mielleuse lorsqu'il accrocha l'iris vacillant du Shinigami.
Le sang du susnommé se figea dans ses veines, incapable de réagir ou de prendre la moindre décision.
« Ai…Aizen… » réussit-il tout de même à bafouiller, les yeux exorbités d'effroi.
Un sourire outrancier vint alors barioler les joues du monstre qui se tenait face à lui et le regardait avec insolence. La vision était insoutenable pourtant les paupières du rouquin refusaient de se fermer par peur que son cerveau ne percute une fois closes. La tension dans son corps était à son paroxysme, chacun de ses muscles crispés d'horreur.
« Oh… Alors tu te souviens de moi ? » ironisa le traître dont le sourire s'élargissait davantage sur son visage hautain.
Les paupières d'Aizen se fermèrent doucement puis il inspira profondément. La quiétude se lisait sur son visage malgré l'acte immoral auquel il venait de se livrer. Quel genre de monstre était-il pour ôter la vie d'un jeune garçon sans même sourciller ? Puis il braqua de nouveau son regard impitoyable dans celui du rouquin, ses sourcils légèrement froncés. Il enchaîna :
« Tu n'étais pas censé ressentir ma présence, tu sais. Je présume que ma pression spirituelle, bien que réduite au silence pour tous les autres, n'a pas échappé à tes sens hors du commun de créature à la fois humaine, shinigami et hollow. »
Aizen reporta son attention devant lui, abaissa son arme et donna un coup de pied dans le ventre du garçon pour la libérer de son fardeau. Le corps roula mollement sur deux mètres avant de s'arrêter dans un faible nuage de poussière.
« Soit. Je suis déçu. Je pensais maîtriser mes pouvoirs à la perfection, mais il semblerait que j'ai encore quelques progrès à réaliser, » souffla-t-il avec désolation tout en se retournant face à Ichigo en même temps qu'il essuyait sa lame à l'aide d'un bout de tissu.
Avec sérénité, le châtain rangea son zanpakutô dans son fourreau. Bien que transi par le choc, les yeux ambrés d'Ichigo glissèrent sur un parchemin que l'autre tenait sous le bras. Le traître le tapotait du bout des doigts comme pour y attirer délibérément son attention.
« J'espère que ce bon vieux Kisuke ne m'en voudra pas de lui avoir emprunté quelques documents de sa réserve personnelle, enchaîna-t-il d'un ton faussement embarrassé en voyant vers quoi le regard du rouquin était reporté. D'ailleurs, n'oublie pas de le remercier de ma part pour cette lecture fort intéressante… Je sens que cela va m'être d'une grande utilité. A n'en point douter ! »
Une lueur de colère brûla intensément dans les yeux d'Ichigo. L'ancien Shinigami n'eut aucun mal à déceler cette rage naissante avant qu'elle ne lui déforme complètement les traits du visage. Les lèvres despotiques s'étirèrent davantage.
Des sentiments inextricables s'emparèrent alors du lycéen en complète ébullition.
Colère. Dégoût. Tristesse. Haine. Rage.
« Enfoiré… »
Ce mot, prononcé d'une voix terriblement grave, provenait du tréfond de son âme. Elle aurait presque pu intimider Aizen tant la vocalise annonçait les prémices d'une rage meurtrière. Sa prise sur la garde de Zangetsu se resserra à tel point que des veines sur ses avant-bras ainsi que dans son cou commencèrent à apparaître. De sa main libre, il matérialisa lentement son masque de Hollow sous l'œil amusé de l'ancien capitaine. Dans les iris jaunes du Hollow qui prenait peu à peu possession de l'adolescent, pouvaient se lire toute la haine qu'il portait contre Aizen.
Une forte pression spirituelle émanait de lui et s'accumulait dangereusement autour de sa fine lame noire. Une soif inétanchable de violence s'empara de son corps tendu sans qu'il ne puisse la contenir. Alors aussitôt, il disparut du champ visuel d'Aizen pour se matérialiser juste devant lui. Zangetsu, entouré d'un halo opaque, s'écrasa sur le renégat qui réussit à contenir l'attaque avec son seul avant-bras. Une onde de choc fit s'écrouler les derniers murs qui restaient en position. Des grognements gutturaux de Hollow échappaient au rouquin qui forçait pour atteindre le traître, qui lui, ne sourcillait pas malgré la situation.
Par la charge immense de l'attaque et la résistance d'Aizen, le bitume se disloquait sous leurs pieds aussi facilement que s'ils reposaient sur de vulgaires brindilles. Le visage d'Ichigo proche de celui du renégat, il pouvait ressentir le souffle nauséabond de ce dernier s'écraser sur ses joues. Par leur proximité, l'adolescent discerna, malgré sa fureur, les étranges lignes noires dessinées sur la peau de son adversaire.
L'autre possédait toujours cet infâme rictus qui ne quittait plus ses lèvres. Il lui aurait volontiers arraché la chair du visage avec les dents pour le lui ôter.
« GET… SUGA… » mugit Ichigo, se préparant à relâcher son attaque à bout portant, son arme encore en contact avec la peau découverte du plus âgé.
Aizen se mit à sourire avec encore plus d'indécence.
« Désolé Kurosaki, mais je t'arrête tout de suite. »
Il donna une brève mais puissante impulsion pour rompre le lien. Son assaillant glissa de quelques mètres en arrière, abasourdi par sa force et la solidité de sa peau. Comment pouvait-il le repousser aussi facilement ?
« Tu as plus urgent à faire que d'essayer de m'attaquer vainement, » reprit ce dernier en ajustant son uniforme froissé et déchiré.
Cette phrase coupa instantanément la pression spirituelle autour de la lame d'Ichigo comme une flamme violemment soufflée par le vent. Le jeune homme observait le renégat dans l'incompréhension la plus totale.
« N'oublierais-tu pas qu'il y avait une jeune fille qui faisait la paire avec celui-là ? répliqua le traître en lançant un regard négligeant vers le corps inerte. Je serais toi, j'irais tout de suite m'occuper d'elle parce que si tu attends plus longtemps, elle risque de finir dans le même état que son petit camarade. D'ailleurs, tu ne peux plus rien pour lui, je l'ai vu rendre son dernier souffle juste avant que tu nous rejoignes. Dommage. Il avait du potentiel ! Quoiqu'un peu tête brûlée. »
Le masque de Hollow d'Ichigo disparut à l'évocation d'Ururu. Trop obnubilé par sa colère, il en avait oublié sa présence. Juste après, Aizen s'élança dans les airs à l'aide d'un shunpo. Il contourna l'humain qui se précipitait déjà dans les décombres du magasin.
« De toute évidence, nous aurons l'occasion de nous revoir… » souffla-t-il dans un murmure alors qu'il s'éloignait d'un pas souple et serein.
Ichigo n'était pas sûr des derniers mots qu'il avait entendu mais il s'agissait actuellement du cadet de ses soucis. Seul comptait la vie d'Ururu qu'il espérait pouvoir sauver.
A plusieurs kilomètres du magasin Urahara…
Aizen, le document toujours en sa possession, retrouva l'Octavo Espada resté en retrait durant tout le temps de l'opération. Celui-ci, dont la pression spirituelle était indétectable, cherchait tout simplement à ne pas se faire repérer jusqu'à l'arrivée de son seigneur.
« Nous devrions rejoindre les Fraccions de Baraggan pour leur prêter main forte. Ils ont l'air d'être en périlleuse posture. Ils ne savent même pas utiliser le nouveau portail.
— Mon cher Szayel, si j'avais souhaité qu'ils reviennent en vie, je n'aurais pas décidé de les utiliser comme de vulgaires diversions. Ils ont rempli le rôle que je leur avais attribué, ni plus ni moins. Désormais, ils ne me sont plus d'aucune utilité. J'ai obtenu ce que je désirais alors rentrons. »
Le scientifique resta muet devant tant d'indifférence et de calculs perfides. Une question vint alors lui tarauder l'esprit. Dans combien de temps se retrouvera-t-il à leur place ? Heureusement pour lui, Aizen possédait un grand intérêt pour ses capacités. Tant qu'il se rendrait utile, rien -ou presque- ne lui arriverait.
Sans plus attendre, l'Espada traça à l'aide de son zanpakutô de grandes formes géométriques à même le sol. Il avait préféré attendre que son Seigneur revienne avant de commencer son ouvrage afin d'éviter que le nouveau portail tombe aux mains de l'ennemi s'il venait à être découvert. Il s'était donné un mal fou pour le créer et le rendre parfaitement intraçable alors mieux valait parer à toute éventualité… Une fois le dessin complexe exécuté, il tira de sa poche de veste deux fioles avec quelques gouttes d'un liquide jaunâtre.
« Placez-vous au centre, Maître. »
Aizen s'avança, suivi de près par son subalterne. Avant que ce dernier ne débouche les deux flacons, la voix grave et posée de son seigneur stoppa son mouvement.
« Je te laisse le soin d'annoncer la fâcheuse nouvelle à Barragan en omettant, évidemment, que tout cela était sciemment prémédité. Peut-être qu'ainsi, il descendra de son piédestal et arrêtera de se prendre pour ce qu'il n'est pas. Sans alliés, il est plutôt difficile de retourner sa veste, n'est-ce pas ?
— A vos ordres … déglutit difficilement Szayel en inclinant le buste.
— Je compte sur toi pour lui rapporter, dans les moindres détails, le récit héroïque du combat de ses Fraccions contre trois Shinigamis bannis ainsi que deux vulgaires humains qui s'est irrémédiablement soldé par leur pitoyable échec, » lâcha-t-il, sarcastique.
Un sourire mauvais défigurait ses joues. Le parti pris était plutôt risqué mais il savait pertinemment que cet ancien roi déchu ne comptait pas rester éternellement sans rechigner dans les rangs de son armée. Surtout qu'il avait toujours occupé la place du trône avant son arrivée. Le titre de Segunda Espada lui avait été octroyé simplement car Aizen y voyait une occasion supplémentaire de l'humilier en plus d'avoir massacré la majorité de ses sujets. Quoi de plus outrageant que se retrouver à la deuxième place d'une armée qu'autrefois on commandait ?
En attendant que Szayel, perdu dans ses pensées, se décide à ouvrir le portail, Aizen détailla avec dédain sa manche de veste déchirée par l'attaque d'Ichigo. Elle pendait négligemment de son bras et lui découvrait la peau. Il passa ensuite la main sur son visage maculé de sang puis s'attarda un instant sur sa paume souillée. Ses sourcils se froncèrent légèrement. Quelle pitoyable présentation. Il détestait être ainsi négligé, ce n'était pas digne du rang de Dieu qu'il occupait.
« Eh bien, qu'attends-tu ? » s'impatienta le traître qui désirait faire disparaître, au plus vite, toute trace d'imperfection.
Aussitôt, l'Octavo s'exécuta et renversa le contenu des deux fioles sur le schéma. Une fois que le liquide eut fini de s'infiltrer dans la terre, un violent éclair jaillissant du sol pour aller rejoindre les cieux se matérialisa. Durant une fraction de seconde, une lumière aveuglante illumina la ville avant que tout redevienne subitement sombre. Quelques instants plus tard, le bruit grondant du tonnerre retentit dans l'atmosphère pour atteindre le groupe de Kisuke.
Dans le parc, tous les ennemis avaient été vaincus et la sécurité de Karakura était de nouveau assurée. Urahara, profondément contrarié, en avait profité pour récupérer son bob à moitié calciné. Comme un enfant capricieux auquel on venait de retirer son jouet, il s'en était longuement plaint à Yoruichi qui avait fait mine de l'écouter. Mais lorsqu'il entendit la puissante déflagration céleste, il se précipita aussitôt vers l'origine du boucan, laissant tout le monde en plan -bob y compris.
Une fois sur place, il ne restait, à son grand désespoir, rien de plus qu'un cercle fumant recouvert de terre brûlée… S'étaient-ils fait duper ? Les choses prenaient décidément une tournure inquiétante. Une fois l'esprit moins encombré par les combats et l'analyse succincte de la marque, il ressentit la pression spirituelle complètement désordonnée et désespérée d'Ichigo. Exactement la même que lorsque Chad s'était retrouvé entre la vie et la mort. Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur lorsqu'il comprit.
Jinta… Ururu…
*Rosutosouru : D'après Google Traduction, ça veut dire Âme perdue. Je ne fais pas trop confiance à Google Traduction pour traduire du français vers le japonais mais on va admettre que c'est la véritable signification. Pardon si j'offense des personnes qui savent parler le japonais, je suis curieuse d'avoir vos remarques si vous en avez ! Ne m'en voulez pas mais ça fait depuis un trèèèès long moment que j'avais envie d'imaginer un shikaï ainsi qu'un bankaï (qui viendra plus tard, peut-être) à notre très chère Yoruichi. Haha. Il m'a semblé que c'est ce qui servirait le mieux la chef d'un groupe d'assassin. A savoir la discrétion (elle ne fait plus de bruits lors de son shikai et ses victimes n'en font pas non plus en mourant, la chance ! haha).
**Seel Schneider : C'est une arme sous forme d'épée des Quincy.
*** « Document 46 XX » : Qui a trouvé à quoi je faisais référence ? Alors ? Petit indice ! Il s'agit de biologie. Eh oui… encore et toujours ! Réponse au prochain chapitre dans le note d'auteur du début de chapitre.
Chapitre un peu macabre, je dois le reconnaître…
J'espère qu'il vous aura plu, au moins…
Je ne vous dis pas à bientôt parce que ce serait certainement mentir mais je vous dis à la prochaine ! (En espérant que je mette moins d'un an à sortir une suite, quand même…)
Merci aux lecteurs-trices qui restent fidèles ! Je vous aime.
Farouche.
