Réponse aux reviews : J'aime pouvoir répondre individuellement à chaque review et sculpter mon texte selon vos envies.

Luinwe Luthien : Comme tu le vois, je n'arrive toujours pas à dormir. Qui va passer une mauvaise journée ? Moi ! Pinkie Pie est apparu comme par magie dans ma tête : vire-toi de là, Pinkie ! Oh, puis nan, en fait. Tu vas traverser ma fanfiction en sautillant : 3..., 2..., 1..., action ! Le Docteur gai, par contre, c'était pas vraiment prévu dans le récit de base. Quand j'ai voulu inclure David Tennant dans ma fic (pour des raisons purement professionnelles, bien évidemment) et qu'ils se sont retrouvés ensemble sur un même tableau, c'était juste évident que je devais mettre une p'tite tension sexuelle. Comme j'ai deux lectrices : toi et l'autre (ha ha, ça m'évite de vous nommer) et que vous semblez aimer les Yaoi, j'ai décidé de céder à vos désirs. Je ne peux pas trop me permettre ça avec Derrière la Porte du Placard et je profite de ce format de Nawak pour expérimenter et me lâcher, du coup ça devient presque un récit sur commande (sans exagérer bien sûr, je te vois arriver au pas de course "je veux ça et ci"). On rajoute à ça qu'il n'y aura principalement que des mecs dans le Tardis (pas ma faute si les hommes sont plus charismatiques). Du coup, on va tomber dans le clihé de "tout le monde il est gai" mais comme je le dis souvent pour cette fic : c'est du nawak donc rien à foutre ! Ce chapitre-ci est plus long donc tu vas pouvoir déguster, Molto Benne !

Lilipdlgb69 : Owwwi, le truc avec la porte ! C'est quand même une scène majeure qui risque d'entrer dans les annales de Doctor Who. Moi j'adore la réplique "and you're juste a rabbit" (et toi, tu es un lapin) qui m'a fait penser à ma peluche Fluffy (non, ça veut pas dire qu'elle est fluff, c'est juste son nom). J'ai beaucoup de mal à imaginer le Docteur gai comme je l'ai évoqué précédemment (notamment à cause de River et de plus globalement Ten qui est chaud-lapin comme dirait mon Pooky) mais j'ai encore plus de mal à l'imaginer hétéro en fait (Jack et le Master) donc je suppose qu'il est juste bisexuel. Et sois comblée, cette fanfiction c'est totalement Fuck la Logique donc il y aura sûrement un haut potentiel d'homosexualité dans le coin (j'ai jamais dit que je n'adorais pas ça moi aussi) qu'importe si tout le monde est gai. Alors rectification, Harry n'est pas suicidaire, il est juste très claustrophobe donc il fait des crises de panique dès qu'il est dans le placard sauf qu'il y vit. Du coup, il est prêt à n'importe quoi pour y échapper et comme c'est l'enfant d'une prophétie, il ne peut pas mourir bêtement avant qu'elle ne se réalise donc il est hypothétiquement protégé contre les "morts stupides" et en gros, y'a toujours un truc inexplicable et souvent bizarre qui le sauve (ça a été évoqué et je ne suis pas certaine de le redire plus tard donc je me permet d'éclaircir ce point). Le Docteur est flippant, c'est clair ! Donna Noble le dit clairement et j'aurais sûrement tendance à réagir exactement comme elle : "Non merci, je ne viens pas. ... ... ... Argh, mais quelle conne, c'était la plus belle chance de ma vie : reviens bel alien tombé du ciel !" Je te laisse donc constater sans plus attendre l'évolution de ce cher docteur sur-mesure et ses réactions de plus en plus anormales...

Petit mot introductif : La suite de l'épisode 1, on retrouve Harry et le Docteur là où on les a quitté pour une nouvelle scène riche en révélations.


Chapitre 2 : Le pouvoir des fleurs

« Tout va bien, monsieur ? demanda Harry avec un soupçon de crainte dans la voix. »

Le Docteur et lui avaient fui l'école comme deux vagabonds fuyant la peste noire : dévalé la rue piétonne, traversé un boulevard, bousculé une vieille dame, renversé un étalage de légumes, cavalé derrière un chien enragé (à moins que ce ne soit l'inverse) et atterrit dans un parc où ils avaient communément décidé de se poser.

Ils s'étaient installés confortablement à côté d'une marre, Harry étant le plus mature avait expliqué au Docteur comment s'assoir sans tâcher irrémédiablement son pantalon. Il s'apprêtait à lui demander son nom et d'où il sortait quand l'adulte poussa un hurlement de frustration. Sans la moindre explication, il bondit loin de la mare pour déterrer contentieusement chaque fleur de ce massif.

Perplexe, Harry commençait à se demander s'il n'était tout simplement pas échappé de l'hôpital psychiatrique du coin. Cela expliquerait ses vêtements élimés, son aspect morbide et ses réactions irréelles.

« Vous avez l'air contrarié, insista-t-il courageusement.

- Des fleurs, grommela péniblement le Docteur. Cette journée était l'incarnation de la perfection : un génocide, une énorme explosion et une course-poursuite, quoi demander de mieux ? Evidemment, c'était trop beau et j'aurai dû m'en douter. Qui est l'imbécile qui a décrété que les plantes égaillaient les lieux publics, c'est complètement absurde ! Il n'y a rien de plus déprimant au monde que ces machins multicolores aux formes relaxantes. »

Rageur, il creusait la terre avec ses ongles comme un chien sans se soucier une seconde des regards consternés à son égard. Harry leur adressait un sourire compatissant en haussant les épaules pour bien signifier qu'il ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait, lui non-plus.

« Pourriez-vous arrêter ça ? supplia l'enfant qui détestait être un centre d'intérêt. Tenez-vous correctement, je vous en prie. »

A son plus grand étonnement, le Docteur cessa immédiatement tout comportement suspect et s'assis convenablement comme s'il était une personne parfaitement normale. Bon, en fait, il essayait et c'était déjà un bel effort. Sans doute ses parents ne lui avaient pas expliqué qu'on ne devait pas mettre ses pieds dans une mare publique, ah les aléas de l'éducation….

« Merci monsieur, répliqua Harry avec un sourire gêné envers les passants.

- Oooh, non non non ! s'écria soudainement le Docteur d'un air catastrophé. Argh, pitié, nooon. »

Il se pencha au-dessus de la mare et regardait son reflet déformé tout en s'agitant de plus en plus. D'une main fébrile, il saisit une énorme touffe de cheveux et tira dessus. Très perturbé, il secouait la tête dans tous les sens comme s'il cherchait quelque chose dont il ne voulait pas se souvenir.

« Harry, déclara-t-il sombrement. J'ai une question vraiment très importante à te poser et tu dois me dire la vérité la plus absolue. Ça ne va pas être facile, je regrette mais je n'ai malheureusement pas le choix. »

Malgré son ton sérieux, il continuait à faire d'horribles grimaces à son reflet : tirer la langue, cligner des yeux, gonfler ses joues… Le décalage entre l'attitude et les mots employés contredisait l'existence du Docteur, il était là mais dans un autre monde.

« Euh… Oui, monsieur. Je vous écoute, affirma Harry.

- Est-ce que je suis vieux ? Je déteste être vieux, c'est vraiment moche. Est-ce que j'ai des rides partout ?

- Non, vous êtes plutôt jeune. »

Si le Docteur était soulagé, il ne le montra pas. Non, en fait, il fronçait méchamment les sourcils comme s'il était face à un problème particulièrement retord. C'était le cas puisqu'il se releva subitement avec un feu d'étonnement nouveau dans les yeux, un mélange entre soulagement et questionnement :

« Alors dans ce cas, pourquoi est-ce que tu t'obstine à m'appeler « monsieur » ? C'est très désobligeant, arrête ça tout de suite.

- Vous ne m'avez pas dit votre nom, précisa Harry.

- Bien sûr que si ! s'indigna le Docteur. Est-ce que j'ai l'air suffisamment mystérieux pour m'échapper en courant après avoir ramassé un gamin tombé du ciel ? »

Un indexe tapota ses lèvres comme pour chercher une anomalie dans cette interrogation. N'en trouvant pas, il poursuivit :

« Je me présente toujours avant de sauver les gens, c'est la moindre des choses. Bien sûr, tu n'es qu'un simple humain et ce n'est pas de ta faute si tu es né avec un cerveau atrophié mais tu pourrais tout de même faire un effort. Ça casse tout mon style et ma classe naturellement exagérée ! »

Harry cligna trois fois des yeux. Devait-il répondre ou rester silencieux ? Option 1 : probablement ce que l'homme-totalement-et-irrémédiablement-taré attendait de lui mais que dire sans passer pour un ignare ? Option 2 : beaucoup plus sécurisant à tout point de vue mais risque d'être définitivement catalogué comme « humain attardé ».

« Je voulais éviter d'en arriver à ce stade fâcheux qui risque d'altérer définitivement ma future personnalité… Merde, j'voulais être un mec cool et je vais devenir banal dans un monde banal à dire des banalités à des gens banals.

- Aucun risque, marmonna Harry. »

Si le Seigneur du Temps l'entendit, il n'en fit rien. Sa journée était en train de basculer de « géniale » à « ennuyante » et il ne pouvait rien faire pour l'en empêcher. Son identité n'était malheureusement pas encore fixée et elle s'inspirait de tout ce qu'il voyait, sentait et entendait… A ce rythme-là, il risquait de devenir rabat-joie en aussi peu de temps qu'il lui fallait pour le concevoir. Une préoccupation bien plus grande qu'un gamin tombé du ciel, du moins le croyait-il.

« Je suis un Seigneur du Temps, enfin plutôt le Seigneur du Temps puisque je suis le dernier de mon espèce. Je viens de la planète Gallifrey et j'ai survécu à la Guerre du Temps en détruisant les deux plus grandes civilisations que cet univers n'ai jamais connu. Il fut un temps où j'avais un nom… Maintenant il est tombé dans l'oubli et on ne m'appelle plus que le Docteur, celui qui sauve les gens en les rendant meilleurs. »

Comment auriez-vous réagit face à un tel récit ? Probablement auriez-vous rigolé ou au contraire soupiré tristement. Jamais vous n'auriez pu croire une telle absurdité même en le souhaitant très fort… Notre part de rationalité fini toujours par nous rattraper malgré tous nos rêves d'évasion.

Il ne savait pas encore exactement ce que la réincarnation avait donné et il souhaitait véritablement être « beau gosse », « classe » et « cool ». Alors tout comme vous, il espérait une surprise même s'il s'attendait à un monde affreusement prévisible.

Sauf qu'il ne connaissait pas cet enfant.

« Je m'appelle Harry Potter, mes parents sont morts dans un accident de voiture alors que je n'étais qu'un bébé et depuis, j'habite dans le placard sous l'escalier chez mon oncle et ma tante. Parfois, dans la rue, les gens se retournent vers moi et me parlent comme s'ils me connaissaient alors que je ne les ai jamais vus. Mon cousin Dudley s'amuse souvent à m'effrayer ou à me frapper avec sa bande et quand j'ai peur ou que je suis en colère, il arrive des choses bizarres et inexplicables. Je crois que je suis un vrai magicien et que je peux faire des tours de magie. »

Pour la première fois de sa vie, le Docteur ne savait pas du tout quoi répondre alors il se contenta d'ouvrir légèrement la bouche et de froncer les sourcils comme un humain de base. Que c'était frustrant d'avoir un vide dans ses pensées, ni réflexion avancée sur une quelconque explication ni d'hypothèse farfelue pour clarifier la situation. Rien.

« Quand vous m'avez attrapé toute à l'heure, je vous ai tout de suite détesté et après ça, je vous ai trouvé amusant. Je n'aimais pas trop quand vous vous agitiez dans tous les sens parce que tout le monde nous regardait de travers mais maintenant, je vous trouve trop calme et ça me dérange encore plus. Je préfère quand vous faites des trucs bizarres avec vos mains tout en hurlant que le monde est trop déprimant et que cette vie ne vaut pas la peine d'être vécu.

- Je crois que je suis malade ! s'exclama alors le Docteur en mesurant avec son pouce ses pulsations cardiaques. Tous mes muscles sont relâchés, ma respiration est très lente et mes pensées trop intelligentes ne semblent plus envahir mon cerveau trop petit pour les catalyser.

- Ce n'est pas une maladie très grave, rassura alors Harry avec un large sourire. Vous êtes juste heureux. »

Un frisson d'horreur parcouru le dos glacé du Docteur rien qu'à cette pensée. La situation était sans doute plus grave qu'il ne l'avait d'abord imaginé, il agonisait dans un bonheur mièvre et il connaissait le coupable : les fleurs. Ah, si seulement il avait pu éradiquer cette menace !

« Je me demande quelle sorte d'alien tu peux bien être… questionna le Docteur d'une voix songeuse. »

Harry ne répondit pas.

« Trop petit pour être un Zougorph. Trop laid pour être un Terry'lin. Trop bête pour être un Yéliath. »

Harry ne répondit pas. Il le frappa juste sur la tête. Pour qui se prenait-il ?! Il avait le droit d'être complètement zarb' et incohérent mais pas totalement irrespectueux non plus !

« Brutal et mal élevé, tu cumules les ressemblances avec un humain.

- Parce que je suis un humain.

- Erreur ! Les humains n'ont pas de pouvoirs magiques, sinon les génies dormiraient dans des lampes et je serais beaucoup trop à l'étroit.

- C'est clair, votre égaux ne tiendrait pas dans tout le cosmos entier… »

A ce moment-là, le Docteur cessa d'argumenter et le regarda avec une fierté non-dissimulée qui fit rougir le petit garçon au-delà du raisonnable.

« Arrêtez de me regarder, c'est gênant… balbutia l'enfant en tordant nerveusement ses doigts.

- Tu étais tellement coincé quand je t'ai récupéré et maintenant tu es presque ironique. Bientôt, tu vas te teindre une mèche en bleu et écouter du Hard Rock. Mon petit bébé a tellement grandi ! »

C'est à ce moment précis qu'Harry décida de lui faire pleinement confiance, l'euphorie du moment et le récit largement parental avaient dû l'aider. Le Docteur avait ce petit quelque chose d'électrique qui mettait tout le monde instantanément à l'aise. Comment et pourquoi, personne ne le savait réellement. Il était juste le Docteur et ça suffisait amplement.

« Le ciel commence à s'assombrir, il est temps que je t'accompagne chez toi. Mon Tardis ne va pas tarder à être prêt pour s'envoler donc je n'aurai plus besoin de ta présence pour me divertir. Où habites-tu ? »

Les larmes piquèrent ses yeux comme deux charbons brûlants, la trahison était nettement plus grave qu'il lui avait fait aveuglément confiance. En fait, les adultes étaient tous pareils, vicieux, profiteurs et calculateurs. Qu'importe l'humour et les promesses, ne jamais leur faire confiance sous peine d'être profondément déçu et humilié.

Alors pourquoi n'arrivait-il pas à lui en vouloir ? Etait-ce son air de gamin découvrant le monde ou ses récits décousus et pourtant si réalistes ? Peut-être l'envie de croire qu'il n'était pas juste l'orphelin du placard mais quelqu'un d'important.

« Enfoiré, commenta froidement Harry. »

Sous les yeux ébahis du Docteur, l'enfant se releva très brusquement et s'échappa en courant. Il avait espéré échapper au placard et ne comptait pas du tout y retourner, quitte à passer sa nuit à vagabonder dans les rues.

« Oh, génial ! s'écria le Docteur qui était décidément trop enfantin pour comprendre la souffrance du garçon traumatisé par un placard trop étroit. C'est l'heure de la course ! Benzaï ! »

A peine fut-il sorti du parc qu'il rattrapait déjà Harry. Il était décidemment bien trop doué quoique largement aidé par ses deux cœurs bien qu'il ne pouvait dignement l'avouer.

C'est alors que sous ses yeux ébahis, Harry Potter se volatilisa comme par magie pour la deuxième fois de la journée.