11 – Terreur
Mes poumons brulaient tellement nous courions vite. Ryan me tenait la main si fort et ma la tirait avec tant de violence que j'avais peur qu'il ne me l'arrache. Nous courions en direction de la Villa Blanche. Nous courions pour fuir les vampires qui nous poursuivaient. Ils nous avaient pris en chasse et leurs pas se faisaient de plus en plus proches. J'avais tellement peur. Et soudain, Ryan freina violemment et je le frappai avec force avant de m'étaler sur le sol. Il m'attrapa vivement le bras pour me relever et repartit comme un fou sur la gauche alors que je trainais encore à moitié dans la neige.
- Relève-toi vite !!! Me supplia-t-il.
- Mais la maison est par là bas !!! M'exclamai-je d'une voix brisée.
Il ne répondit pas, mais son visage déchiré par l'angoisse m'arracha un gémissement terrifié. Nous reprîmes notre course effrénée à travers les arbres, avec nos souffles haletants qui trahissaient notre présence. Eux n'avaient pas besoin de respirer… Le premier vampire surgit alors, et Ryan me poussa violemment en arrière avant de se recevoir l'attaque de plein fouet. Je m'écroulai dans la neige en poussant un cri d'effroi. Déjà le bruit de leur lutte résonnait dans toute la forêt. Je relevai le haut de mon corps avec mes coudes et contemplai la scène le souffle coupé. Un vampire aux cheveux couleur de jais tentait de maitriser Ryan au sol, à califourchon sur lui. Le beau Slave se débattait en poussant des feulements effroyables. Mais le vampire semblait très fort, et il lui saisit sa chevelure dorée avant de lui enfoncer la tête dans la neige.
Je poussai une exclamation désespérée en essayant de me relever, lorsqu'une ombre furtive me frôla à une vitesse hallucinante avant de s'écraser sur le vampire. Un loup. C'était un loup. Il était d'un noir profond et d'une taille impressionnante. Mon cœur se serra et je poussai un hurlement.
- SAM !!!
Le loup se battit avec hargne, attirant l'attention du vampire. Ryan rampa hors de son emprise et tituba jusqu'à moi. Il m'attrapa la main et me tira dans la direction opposée. Je pleurai maintenant à chaudes larmes, impuissante et terrifiée. Ryan saignait beaucoup de la plaie qu'il avait sur le front. Il essuya le sang du revers de sa main sans jamais détourner son regard déterminé d'un point fixe devant lui. C'est alors que deux autres loups nous frôlèrent dans une explosion de neige. Je crus reconnaitre le pelage de Seth et de Paul, mais je n'étais pas sûre. Ils allaient apporter leur aide à Sam, toujours en train de se battre avec notre assaillant. Ryan se figea tout à coup à l'entrée d'une clairière. Il lâcha ma main et fit quelques pas en avant, puis sur le coté, comme s'il cherchait ou aller. Je restai immobile, tremblante et sonnée.
- JACOB !!!! Hurla-t-il en mettant ses mains autour de sa bouche.
Je regardai de partout, en priant pour que mon tendre Jacob se matérialise et vienne nous aider. Mais il n'était pas là. Cependant, un autre loup surgit du couvert des arbres et se rua vers nous. Quil se matérialisa devant nous et s'approcha de Ryan avec une mine terrifiée et le souffle saccadé. Je ne fis même pas attention à sa nudité, nous étions bien trop choqués et angoissés par l'attaque pour se formaliser sur ce genre de choses.
- Ils ont attaqué la Villa ! Le reste de la meute est allée prêter main forte aux Cullens. Ils m'ont envoyé pour vous dire de fuir ! Venez, je vais vous escorter !
Ryan acquiesça avant de revenir vers moi. J'étais bien trop tétanisée pour faire quoi que se soit… Je pensais à la Villa, à ma famille… Il me souleva alors entre ses bras et commença à avancer vers l'extrémité de la clairière. Quil était déjà redevenu loup. J'avais joins mes mains sous mon menton et je tremblai comme jamais, mon regard posé dans le vide. Le loup nous devança en humant l'air et en adoptant une posture de prédateur. Nous rejoignîmes presque l'autre bout lorsque Quil se figea en lâchant un glapissement. Ryan écarquilla les yeux et sa respiration s'accéléra. Il me serra plus fort entre ses bras tout en reculant d'un pas. Je relevai les yeux devant nous, et un gémissement étouffé s'arracha de ma gorge devant cet horrible spectacle. Une ligne de vampire venait de quitter l'ombre des arbres et se tenait face à nous de leurs silhouettes droites et inquiétantes. Ryan les regarda avec un visage déchiré, puis il baissa le visage pour me regarder.
- N'aie pas peur Nessie. Me murmura-t-il en esquissant un sourire tremblant.
J'acquiesçai en sanglotant, pendant que le loup gigantesque se postait devant nous et grognait sauvagement. Je pouvais sentir leur aura dévastatrice, et leur posture si figée et charismatique me donnait des sueurs froides. On pouvait même discerner l'éclat de leurs prunelles rougeoyantes sous leurs capuches.
- Tout va bien se passer, tu verras… Acheva-t-il tout en me posant délicatement au sol.
Quoi ??? Pourquoi ce regard si dévasté ?! N'allions-nous pas nous défendre ?! Je m'agrippai à sa manche en pleurant de douleur, mais il donna un coup sec sur celle-ci pour se libérer. Je tombai à genoux dans la neige en le regardant s'avancer vers la ligne effroyable, les mains levées en signe de soumission. Quil se posta devant moi avec les babines retroussées. Un vampire au centre fit un pas en avant, et mon cœur se noua.
- Je suis là, c'est bon, laissez-les tranquilles. Lança Ryan d'une voix dure.
Le vampire imposant jaugea mon ami de ses iris flamboyants, puis je sentis le poids de son regard sur moi. Ryan nous contempla tour à tour et ses traits devinrent crispés.
- Attendez ! C'est moi que vous voulez ok ?! Alors ne la touchez pas ! Clama-t-il.
- Emparez-vous d'elle.
Les yeux de Ryan s'agrandirent et quand l'assemblée commença à bouger il se jeta sur le vampire qui lui faisait face. Mais en une seconde ils l'avaient maitrisé au sol au milieu de ses hurlements de rage. Je plaquai mes mains devant ma bouche en pleurant. Le vampire fit ensuite un geste de la main et quatre autres immortels s'avancèrent vers nous, dépassant le malheureux Roumain écrasé et maintenu dans la neige.
- NOOON !!! Bande d'enfoirés !!! Cracha-t-il en se débattant comme un fou.
Il disparu derrière la rangée de vampires qui se rapprochaient de nous, et je perçus son dernier cri de douleur avant que le silence ne retombe soudainement sur la clairière. Seuls leurs pas parfaitement cadencés brisaient cette lourde atmosphère. Quil poussa un grognement d'outre-tombe, puis se jeta sur le premier venu. Des étincelles électriques jaillirent de nulle part et le pauvre loup glapit en convulsant au sol. Moi, je rampais en arrière, pitoyablement, incapable de faire autre chose que pleurer. Un homme se pencha alors sur ma triste dépouille et me jeta par-dessus son épaule, vulgairement, comme s'il se moquait de ma condition d'hybride. Ils revinrent sur leurs pas en enjambant hautainement Quil, dont la gueule haletait et les membres tressaillaient. Je poussai un gémissement déchiré quand nous dépassâmes le corps étendu de Ryan dans la neige. Une femme le retourna et un autre type s'accroupit pour lui saisir le haut du corps. Tout à coup, une pointe douloureuse m'arracha un sifflement. Je tournai la tête pour regarder à l'envers une femme qui venait d'enfoncer une aiguille dans ma cuisse. En une minute, je sombrai dans le noir et mes bras cessèrent de tambouriner le dos du vampire pour balloter pitoyablement dans le vide, tout comme ma chevelure.
J'eus ensuite l'impression de flotter dans le néant pendant une éternité. A mi-chemin entre le sommeil et la réalité. Je percevais des sons, des lumières, les changements de température. Je faillis même immerger de mon océan de quiétude un moment, j'ouvris un œil et ne pu distinguer qu'une brume vacillante et floue, et avant même que ma vue ne me revienne, la pointe désagréable me piqua le bras et je basculai de nouveau dans l'obscurité. Je ne saurais dire combien de temps j'y restais, car les heures n'avaient pas leur place dans ce monde, et le temps n'avait plus aucune influence. Je flottai, impuissante et faible, comme dans une mer douce et calme, jusqu'au moment ou j'aurais la force de nager vers la lumière et déchirer la surface de l'eau pour inspirer l'air pur à pleins poumons. Je sentais que la délivrance était toute proche. Je pouvais sentir le sol froid sous mon corps, je pouvais sentir les rayons de lumière balayer mon visage, et je pouvais même percevoir des voix dans le lointain. Enfin, je parvins à rassembler mes forces et ouvrir un œil.
J'étais dans une sorte de cellule, comme une sorte de cave mais en plus lumineux. Les murs, le sol, la voute du plafond, les minces ouvertures, tout était fait de pierres claires et lisses. Je remuai légèrement, et me laissai rouler sur le flanc. Mon corps tout entier était engourdi, je ne pouvais qu'attendre en observant tout autour de moi. Il faisait bon, plus chaud qu'à Forks en tout cas, et ce n'était pas du tout les mêmes senteurs et les mêmes sons. Je ne reconnaissais aucune odeur… Ou diable étais-je ? Je serrai les dents et tentai de bouger un bras. J'abandonnai la tentative et me fit souffrance en attendant que l'abondante dose de morphine se dissipe. Tout à coup la porte de fer s'ouvrit dans un grincement et quelqu'un balança un homme sur le sol. J'écarquillai les yeux, terrifiée. Le vampire me méprisa du regard puis referma la porte. Je me tournai sur l'autre flanc en soufflant sous l'effort, pour regarder avec angoisse le corps inerte près de moi. Une exclamation inquiète m'échappa quand je reconnu le visage divin de Ryan. Sa blessure sur le front ne saignait plus.
- Ryan… Gémis-je.
Ses sourcils tressaillirent, puis doucement, il ouvrit les yeux. Ses prunelles turquoise me toisèrent avec distance, ternies et vides, puis il cligna des paupières et souffla avec difficulté. Je tendis le bras vers lui en sentant les sanglots grimper le long de ma gorge. Il tendit le sien avec faiblesse mais nous étions trop éloignés de quelques centimètres. Son bras retomba mollement et ses yeux se fermèrent de nouveau. Je refermai les doigts dans le vide en sanglotant, et posai ma joue sur la pierre froide. Les larmes coulèrent silencieusement le long de ma mâchoire pendant que je contemplais mon ami avec impuissance. Je songeais à ma famille, aux Quileutes et à Jacob. Je priais pour que leur cible se soit limitée uniquement aux demi-vampires. Une dizaine de minutes plus tard, Ryan rouvrit les yeux. De nouveau je tirai sur mon bras en pleurant et il rampa vers moi avec difficulté. Il roula contre moi en perdant toutes forces et je fourrai mon visage contre sa nuque en sanglotant de plus belle. Son torse s'abaissait et se relevait aux rythmes de ses inspirations haletantes. Nous patientâmes silencieusement que le tranquillisant disparaisse de nos corps.
- Tu vas bien ?
J'ouvris les yeux, tremblante. Je ne pouvais pas le voir vu que j'avais posé ma joue dans le creux de son épaule, mais sa voix claire et rassurante m'apaisa. J'acquiesçai alors doucement. Il inclina la tête pour poser son menton dans ma chevelure désordonnée. Sa main trouva la mienne et il me la serra avec force, comme pour me montrer qu'il était bien là.
- Est-ce qu'ils t'ont fait du mal ? Me demanda-t-il doucement.
- Je ne me souviens de rien… Ou sommes-nous ? Gémis-je.
- Je crois que nous sommes en Italie. Je me suis réveillé dans l'avion, avant qu'ils ne me piquent j'ai pu entendre le pilote parler en Italien.
En Italie ? Ho mon dieu… Nous devions être à Voltera. Seigneur. Nous étions chez les Volturis. Cette idée me fit frissonner. Alors ça y est, ils avaient fini par me capturer. Ils n'avaient pas pu lorsque j'étais enfant, et ils avaient fait les morts pendant six ans. Ils avaient osé nous attaquer le jour de Noël, pendant le moment ou nous étions sans gardes. C'était affreux et tellement méprisable. Mais que me voulaient-ils ? Etait-ce simplement leur débordante curiosité ? Mais jusqu'ou irait-elle ? J'avais si peur, tellement peur de mourir. Des pas se firent entendre dans le couloir et nous nous figeâmes, les yeux rivés sur la porte. Mais les pas continuèrent sans s'arrêter. Les doigts de Ryan se détendirent dans les miens.
- Je ne crois pas qu'ils veulent nous tuer… Ils l'auraient déjà fait sinon.
- Qu'est-ce qu'ils veulent alors ? Murmurai-je.
Ryan ne répondit pas. Sans doute ne le savait-il pas lui-même. Les forces nous revinrent petit à petit, et nous pûmes nous asseoir. Je m'étais fourrée entre ses bras, et n'avais jamais lâché la lourde porte de fer des yeux. Au bout dune heure, de nouveaux pas résonnèrent, et pour mon plus grand désespoir, ils stoppèrent devant la cellule. Ryan se redressa en chancelant un peu et me tira en arrière. La porte s'ouvrit juste au moment ou il se mettait devant moi avec une posture défensive. Une femme entra dans la pièce, d'une beauté incroyable, et nous toisa d'un air hautain.
- Je te déconseille de jouer au héros, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, ton sang empeste encore la morphine.
Sa voix si douce jurait avec son ton agressif. Quel blasphème d'avoir insufflé une telle méchanceté de le corps d'une déesse. Ryan poussa un grognement agacé puis relâcha sa posture. Les pupilles rougeoyantes de la vampire se posèrent alors sur moi, et je reculai d'un pas en tremblant.
- Si vous l'emmenez alors je viens aussi ! Siffla-t-il
Elle éclata de rire en le toisant, de ce genre de rire lugubre qui vous glaçait le sang.
- C'était bien mon intention beau blond.
Elle se décala d'un pas et nous fit signe d'avancer. Je glissai ma main dans la sienne avec angoisse et il souffla fermement avant de marcher avec détermination. Nous passâmes la porte et la jeune femme nous intima de continuer. Nous traversâmes un long couloir sans un mot, alors que l'angoisse rongeait mon estomac. Nous croisâmes deux vampires, et l'un d'entre eux me fit un clin d'œil gourmand en se passant la langue sur les lèvres. Ryan me força a fourrer mon visage contre son torse en enserrant ma tête de son bras. Je marchais sans rien voir, uniquement guidée par les mouvements de mon ami. J'entendis le cliquetis d'un verrou et nous passâmes une porte. Une forte odeur me prit le nez, une odeur qui ne trompait pas. Il y avait beaucoup de vampires. Je sentis Ryan se crisper et son bras glissa doucement de ma tête. Je levai les yeux et mon cœur se noua.
Leurs visages étaient les mêmes que dans mes cauchemars. Moi qui étais la reine des souvenirs, je n'avais oublié aucun de leurs traits, comme si je les avais toujours eu auprès de moi toute ma vie. Ils étaient bien là, assis avec grâce et prestance dans leur sorte de trône. La pièce était gigantesque avec une décoration ancienne et sublime, comme si elle avait été sculptée à même la pierre. C'était un spectacle incroyable. J'aurais sans doute pu m'attarder sur cette merveille d'architecture si je n'étais pas autant paralysée par la peur. Il devait y avoir une vingtaine de vampires dans cette pièce, tous répartis en ligne bien définie de chaque coté des sièges centraux. Et c'était justement ces trois vampires assis qui me glaçaient le sang. Pas la peine de se demander qui ils étaient, leur réputation les devançait. Aro, Marcus et Felix, sans compter les jumeaux infernaux qui se tenaient juste derrière. Aro se leva et écarta les bras avec un sourire. Par reflexe, je me dissimulai derrière mon ami.
- Bienvenue à Voltera chers amis. Déclara-t-il d'une voix des plus chaleureuses.
Je relevai des sourcils inquiets. Il joignit ses mains devant sa poitrine en inclinant légèrement la tête puis nous contempla avec amusement.
- Allons, allons. Ne soyez pas effrayés. Nous n'allons pas vous manger.
Des petits rires narquois résonnèrent dans l'assemblée, mais il les fit taire d'un geste impérieux de la main.
- Le voyage ne vous a pas été trop désagréable ?
Les poings du beau Slave se serrèrent et Aro étira un sourire mystérieux. Les deux hommes se toisèrent sans ciller, comme si une bataille silencieuse s'était déclarée.
- Comment vas-tu depuis le temps cher Ryan ?
- Plutôt bien vois-tu. Par contre toi, tu as vraiment la mine pâle Aro ! Rétorqua-t-il d'un air mauvais.
Les vampires chuchotèrent avec des airs outrés et de nouveau leur chef les fit cesser. Je levai mes prunelles terrifiée sur mon ami. Il semblait plus énervé qu'apeuré. Ne craignait-il pas de se faire tuer pour oser se moquer du chef des Volturi ? D'ailleurs, celui-ci pinça les lèvres avant de récupérer bien vite cette expression bienveillante dont il se parait depuis le début. Il jaugea le trouble-fête longuement.
- Pourquoi tant de haine dans ces yeux Ryan ? Soupira-t-il, comme s'il était blessé par son attitude.
- Pourquoi ?! Vous nous êtes tombé dessus le jour de Noël bande de lâches !!! S'écria-t-il, enragé. Depuis quand ton clan est-il tombé aussi bas !!! Tu me fais pitié Aro !
J'écarquillai les yeux en sentant mes jambes me lâcher. Seigneur je devais rêver, c'est sûr, j'hallucinais, car il ne pouvait pas avoir insulté le chef des Volturis… Pourtant il avait bien fait un pas un avant les poings serrés et les sourcils froncés. Aro ne broncha pas d'un poil, ce qui ne fut pas le cas de Felix qui bondit de son siège pour venir aux cotés de son chef en tremblant de rage. Ryan fit aussi un pas en avant, et je dûs lui retenir la manche en gémissant pour qu'il s'arrête. Aro s'esclaffa dignement puis leva le bras devant son ami pour qu'il se calme.
- Du calme, du calme… Nous ne voulons pas de disputes n'est-ce pas ?
- Il n'a pas le droit de te parler comme ça ! Cette méprisable sous-race devrait ramper à tes pieds ! Cracha-t-il.
A cette remarque, Ryan poussa un feulement et de nouveau je m'agrippai à son bras en pleurant. Aro posa alors ses iris flamboyants sur moi.
- Cessez donc ! Vous ne voyez pas que vous faites peur à cette jeune demoiselle ?!
Je déglutis avec difficulté et Ryan se braqua devant moi avec rage.
- Si tu poses un seul de tes foutus doigts glacés sur elle je te jure que je ne réponds plus de rien. Siffla-t-il.
Aro lâcha un rire détendu en tapotant des mains, comme si tout ça l'amusait au plus haut point.
- C'est ce que j'adore chez vous, ces émotions que vous ne pouvez pas canaliser et qui vous dominent.
- Serais-tu jaloux Aro ? Tu te lasses du cadavre qui te sert de corps ? Rétorqua Ryan avec un sourire cruel.
L'assemblée s'offusqua et les chuchotements emplirent la pièce. Je me mordis la lèvre en contemplant tour à tour Aro, toujours aussi détaché, et Felix, sur le point d'exploser. Cette fois, le chef des Volturis ne récupéra pas son sourire, sans doute car il avait perdu espoir que le Slave coopère à ses plans qui m'étaient encore inconnus. Il soupira à s'en fendre l'âme puis releva des yeux fatigués.
- Ne vois-tu pas que j'essaye d'être le plus juste avec vous ?
- Par « nous », tu sous-entends notre misérable race c'est ça ?
- N'écoute pas les propos de Felix… J'apporte le plus grand intérêt à votre espèce. Tu comprends bien que nous sommes tout de même obligés de surveiller tout ça de près non ?
- En nous enlevant et en nous traitant comme de vulgaires rats de laboratoire ?!
- Si tu ne nous avais pas compliqué la tâche Ryan, tout cela se serait fait avec beaucoup plus d'amabilité ! La perte de notre frère en Roumanie nous a beaucoup désappointés tu sais.
Mon ami lâcha un petit rire narquois en croisant fièrement les bras sur son torse. Felix montra les dents et remua les doigts. Aro lui, ne releva pas son attitude insolente et se concentra sur moi. Je me cachai un peu plus derrière lui.
- Et cette chère Renesmée… Sa famille nous a également donné du fil à retordre. Sourit-il. J'avoue que c'était une idée ingénieuse de se réfugier chez eux. Cela nous a causé beaucoup de tracas certes, surtout avec ces loups… Mais du coup, quand votre garde s'est relâchée d'un poil, quel plaisir ce fut pour nous de vous capturer en même temps. Ce fut une bonne pêche.
- Ma famille ! Que leur avez-vous fait ?! Sanglotai-je piteusement.
Aro étira un sourire inquiétant.
- Ho, ils vont bien. Ils ont juste beaucoup souffert de votre enlèvement je suppose. Peut être rodent-il déjà dans la ville, en cherchant un moyen de vous récupérer. Mais je crois que ça risque d'être plutôt dur, surtout que cette chère Alice ne peut avoir aucune vision impliquant sa douce nièce. Ce que ce doit être ennuyeux pour eux.
Des larmes perlèrent sur mes joues pâles et je fourrai mon visage contre son pull. Ryan tourna la tête pour me regarder par-dessus son épaule, puis il revint vers le chef.
- Pourquoi elle… Elle ne vous avait rien fait.
Ryan avait parlé avec douleur cette fois, et sa voix étranglée m'interpella. Aro le remarqua aussi et son air si fit faussement ému.
- Nous n'allions pas vous séparer tout de même. Après tout, vous êtes les premiers hybrides à avoir tissé des liens, ça mérite d'entrer dans l'histoire non ? Comme tout ceci est fascinant.
- Vous me dégoutez… Que ce soit nous, les humains ou même les Enfants de la lune, aucun de nous n'a de grâce à vos yeux. Vous vous pensez tellement supérieurs au monde entier. Comme c'est pathétique. Cracha-t-il.
- Tuons-le Aro !!! Tant pis pour son don ! Détruisons cet insolent !!! Explosa Felix.
J'écarquillai mes yeux larmoyants, intriguée par cette dernière remarque.
- Ton don ? Répétai-je malgré moi.
Ryan se tourna pour me regarder avec un sourire des plus amusés. Il posa une main sur mes cheveux et je rivai mes prunelles inquiètes dans les siennes, turquoise et confiantes.
- Ho, je ne te l'avais jamais dit ? Tiens, comme c'est fâcheux… J'étais persuadé l'avoir fait pourtant. Déclara-t-il sur le ton de la conversation.
Aro fronça les sourcils, comme s'il présageait quelque chose de mauvais. Ses doutes s'avérèrent justes, mais c'était trop tard. Ryan tendit soudain le bras en avant, face à la lignée de vampires au fond de la pièce, et quand ses doigts écartés tressaillirent légèrement, le vampire qui se tenait le plus à l'extrémité s'effondra.
