13 – Une cage dorée

J'ouvris les yeux doucement, et les refermai devant l'éblouissante lumière qui m'aveuglait. C'était déjà le matin ? Je poussai un ronchonnement fatigué en tournant le dos à cet éclat ennuyeux, et je me retrouvai contre un corps chaud. Il remua à son tour et son bras m'enlaça mollement. Je fourrai mon visage contre son torse pour m'octroyer encore quelques instants d'obscurité, et doucement je replongeai dans le brouillard salutaire du sommeil. Mais tout à coup, des bruits bien réels me tirèrent de ma brume. Ryan tendit son bras autour de moi et il me pressa contre lui en se redressant de moitié. J'ouvris mes yeux embrumés pour le contempler. Il fixait la porte de la suite avec une mine encore endormie, mais indéniablement sur le qui-vive. J'écoutai avec appréhension. Quelqu'un approchait. Mon cœur accéléra quand le vampire se posta derrière la porte.

- Merde…

Ryan me força à me rallonger et jeta la couverture par-dessus moi. Il bondit hors du lit et se précipita vers l'entrée, juste au moment ou la porte s'ouvrait. Je sortis la tête, anxieuse, pour voir ce qu'il se passait. Ryan, vêtu de son unique jogging, se tenait face au nouvel arrivant et le défiait de ses prunelles turquoise impassibles. L'imposant vampire aux cheveux bruns ne semblait pas inquiet le moins du monde. Il le regardait de ses yeux rougeoyants, s'une posture si droite et statique qu'on aurait pu le croire de marbre. Nous avions là la vie qui faisait face à la mort. Deux races qui n'étaient décidément pas prête à cohabiter, ni laisser l'autre la dominer. Ryan arqua un sourcil mauvais.

- Bienvenue dans notre humble demeure. Siffla-t-il. Laissez-moi prendre votre manteau ma femme va vous servir un café.

- Comme c'est amusant… Rétorqua le vampire.

Sa voix d'outre-tombe me fit dresser les cheveux sur la tête. Je ne le connaissais pas celui-là, et je priais pour que sa visite soit comme les autres, c'est-à-dire, des interrogatoires sans fins, des injections diverses et variées, des tests stupides. Mais il n'avait sur lui aucune mallette… Allait-il nous conduire dans une salle comme la dernière fois ? Où ils avaient testé notre force physique ? Il tourna son regard de braise sur moi et je me ratatinai en oubliant mes questions. Il revint vers mon ami sans même avoir cillé.

- Aro aimerait vous avoir parmi eux pour le déjeuner.

Ryan s'esclaffa d'un air mauvais, prêt à rétorquer quelque chose de cinglant, mais le vampire le devança.

- Epargnez-moi vos sarcasmes, ce n'est pas vous qui serez servis au déjeuner malheureusement.

Dieu que son ton monocorde était effrayant. Il soupira d'impatience puis me toisa de toute sa grandeur, de l'autre bout de l'immense suite.

- Je vais vous y conduire, habillez-vous.

- Pas la peine merci, on connait le chemin. Lâcha Ryan.

Le vampire tourna ses yeux étonnés vers mon ami mais celui-ci avait déjà levé la main. Je plaquai les miennes devant ma bouche en poussant une exclamation choquée quand le vampire s'effondra au sol dans un bruissement de tissus. Son regard figé était grand ouvert face au plafond immaculé, on aurait vraiment dit une statue cette fois-ci. Ryan l'enjamba pour se diriger vers moi, alors que je n'avais toujours pas retiré mes mains sous la surprise. Il m'attrapa le haut du bras et me tira hors du lit sans que mes yeux ne lâchent le corps inerte au sol.

- Habille-toi Nessie. Me dit-il en me poussant de l'autre coté du pan de mur de la salle de bain.

- Mais tu es fou ?! Ils vont être très en colère !!! Balbutiai-je.

- Ho, ils le sont déjà, il y en a trois au bout du couloir qui se retiennent de venir m'égorger.

J'écarquillai les yeux, en le contemplant appuyé sur le pan de mur de son attitude nonchalante. Il soupira devant ma mine de zombie et me fit signe de me dépêcher avant de passer de l'autre coté. Après un court instant d'immobilité parfaite, mon corps bougea lentement, comme pour se forcer à réagir. Je me précipitai vers le portant, là ou chaque jour on m'apportait ma nouvelle tenue. Mon onzième vêtement était impeccablement disposé sur celui-ci. Une robe magnifique en voilages orange, comme ces tenues latines si jolies. Je retirai dans la hâte ma nuisette et pris délicatement la robe pour l'enfiler. Elle glissa le long de mon corps comme une cascade de soie. Je me débattis avec les chaussures posées sous le portant, fis de mon mieux pour les lacer la soie autour de mes chevilles, puis jetai un œil au gigantesque miroir. Même au sortir du lit, j'avais une chevelure somptueuse et un visage de poupée. Remercions pour ça ma moitié-vampirique.

Je passai l'autre coté du pan de mur pour tomber face à face avec Ryan qui boutonnait sa superbe chemise anthracite. Il évalua ma tenue d'un œil appréciateur puis saisit ma main pour m'emmener vers la porte. En passant, je contemplai avec appréhension le corps du vampire qui n'avait pas bougé d'un poil. Nous déboulâmes dans le couloir et il pressa le pas. Nous n'entendîmes que le claquement de mes talons aiguille sur le sol de pierre ainsi que nos respirations. Nous étions seuls, mais pourtant nous ne l'étions pas… Ils étaient là, tout autour de nous. Je sentais leur aura et leur présence. Ils nous surveillaient. Rien qu'à leur odeur, j'en percevais une trentaine. Cette idée me fit frissonner et je serrai un peu plus la main de Ryan. Soudain, au bout du couloir, deux hommes se matérialisèrent. L'un des deux ne put réprimer une grimace de colère. Cela devait être si dur de résister à la tentation du tuer ce demi-vampire qui les narguait et s'en prenait ouvertement à ses confrères.

- Suivez-nous. Cracha-t-il.

Je me mordis la lèvre devant cette animosité peu dissimulée, mais le sourire confiant de Ryan m'empêcha de céder à la panique. Les deux colosses nous précédèrent le long des méandres complexes dru royaumes des Volturis, et c'est avec soulagement que je vis défiler les portes des endroits ou nous étions examinés et testés. Je réprimais même un sourire quand la porte du docteur Nicolae fut loin derrière, car c'est là que nous recevions les injections les plus douloureuses. La souvenir de la dernière en date me donna même la nausée. Je me revoyais, assise sur la table de métal en reniflant piteusement, pendant que le vampire m'enfonçait l'aiguille dans le bras. Il passait l'heure suivante à m'observer intensément, guettant des signes de douleur ou des symptômes variés Pour l'instant, je n'avais eu qu'une seule réaction aux tests. J'avais eu la tête qui tournait et je m'étais effondrée sur la table de métal car j'avais perdu toutes mes forces, mais une demi-heure plus tard, c'était comme si mon corps avait combattu le produit. Le soir même Ryan m'avait raconté qu'il s'était évanoui lui aussi, et qu'il avait même vomi sur le docteur… Mais je le soupçonnai d'avoir enrobé la vérité juste pour me faire sourire après cette dure journée.

Tout à coup, je perçus une odeur étrange… Bien loin des odeurs auxquelles nous étions habitués depuis dix jours. J'humai l'air plus fort, comme pour vérifier que je ne rêvais pas, mais apparemment, mon ami lui aussi l'avait senti. Nous échangeâmes un regard effaré, comme si nous ne pouvions y croire. Les deux vampires stoppèrent leur marche silencieuse devant l'immense porte qui donnait sur la grande salle d'Aro, et mon cœur se mit à battre la chamade. Mes doigts se crispèrent autour des siens et il les pressa deux fois, en un signe complice et assurant. La porte s'ouvrit et la vive lumière m'aveugla un instant, mais les formes et les contours réapparurent bien vite et quand sa silhouette émergea au milieu de la vingtaine de vampires je poussai un hurlement déchiré. Carlisle se tenait debout face à nous, plus beau et lumineux que le jour lui-même. Ses prunelles dorées s'emplirent de douleur quand elles se posèrent sur moi et il écarta les bras au moment ou je me ruai vers lui. J'atterris contre son corps dur et froid en pleurant comme jamais, manquant même de m'étouffer tant la peine me ravageait. Il me serra fort en tremblant légèrement.

- Chérie ne pleure pas, sois forte. Me murmura-t-il avec difficulté.

J'acquiesçai dans mes horribles sanglots tout en enserrant son cou très fort. Il releva le visage pour regarder derrière moi et il ouvrit un bras, me tenant bien serrée de l'autre. Je sentis alors les bras chauds de Ryan nous encercler tout les deux. Nous restâmes un moment sans bouger, et seul mon chagrin résonnait contre les murs de la gigantesque pièce. Mes larmes me brulaient les joues tout comme mon corps se secouait violemment sous mes respirations saccadées. Carlisle poussa un souffle déchiré contre mon oreille tout en levant le visage sur mon ami, dans mon dos. Sans doute les deux hommes étaient-ils en train de se regarder.

- Merci Ryan. Dit-il avec douleur. Merci.

Ryan ne répondit rien et Carlisle me serra plus fort contre lui avant de se redresser. Je m'agrippai furieusement à son bras, fourrant mon visage rougis et larmoyant contre son pull. Je ne voulais plus le lâcher, je ne voulais plus que l'on m'abandonne. Pitié, je voulais m'en aller, je voulais rentrer chez moi. Aro tapa doucement dans ses mains, ce qui me fit sortir un œil de son bras pour regarder. Il s'avança vers nous avec un sourire en coin, comme s'il voulait nous faire croire que cette scène l'avait un temps soit peu ému. Je jetai un œil sur Ryan, qui avait croisé les bras sur son torse et froncé les sourcils. Mon grand-père lui, arborait son visage empreint de sagesse que j'aimais tant. Aro laissa ses mains jointes devant lui et nous contempla tour à tour avec ses airs bienveillants dont j'avais appris à me méfier.

- Maintenant que les retrouvailles sont faites, désirez-vous passer à table ? Certes nous seront peu nombreux à gouter au succulent plat que nous a confectionné Armando, mais cela sera plus convivial d'être assis.

Je relevai mon minois larmoyant sur Carlisle, et celui-ci acquiesça sans un mot. Il passa son bras autour de mes épaules pour me faire avancer. La vingtaine de vampires prirent place à l'immense table rectangulaire de bois et nous fûmes placés en bout. Je m'assis en tremblant, entre mon ami et mon grand-père. Je ne savais pas ce qu'il se passait, ni ce que la visite de Carlisle signifiait… Mais je priais n'importe quelle divinité de nous laisser repartir. Aro poussa une exclamation d'aise puis il fit signe à quelqu'un au fond de la pièce. Une petite porte s'ouvrit et un vampire habillé comme un serveur très élégant pénétra avec deux plats en inox sous cloche. Il se pencha au dessus de moi pour me poser l'assiette puis posa celle de Ryan avant de soulever les cloches et s'éloigner aussi discrètement qu'il était apparu. Je contemplai ma superbe salade digne des plus grands restaurant, sauf que jamais de ma vie je n'avais eu si peu d'appétit. Je déglutis difficilement en tremblant toujours. Tous les vampires nous observaient avec leurs yeux rougeoyants et je sentis les larmes remonter ma gorge.

- Il y a des fois ou j'aimerai apprécier la nourriture humaine. Mais c'est si dur de résister au cuisinier. S'exclama Aro avec un sourire.

La table accueillit sa remarque avec des rires bienséants qui me firent sursauter. Ryan échangea un regard intense avec mon grand-père. Un petit cliquetis me fit baisser les yeux, et je réalisai que c'était la fourchette que je tenais dans mes mains tremblantes qui tintait contre l'assiette. Je l'en écartai vite.

- Tu peux être fier de ta petite-fille Carlisle, elle s'est montrée très patiente et coopérative. Reprit Aro en jouant de son doigt sur l'ovale du verre en cristal posé devant lui. Par contre ce n'est pas le cas de ce cher Ryan, il a la fâcheuse tendance de profiter d'un mince écart de la surveillance d'Amy pour ennuyer mes confrères.

Ryan étira un sourire narquois et Aro le toisa avec cet air toujours mystérieux. Une superbe vampire à la chevelure rousse observa mon assiette avec un air sévère, et je m'empressai de piquer une tomate pour vite l'engloutir. Ryan jouait distraitement du bout de sa fourchette en dispersant les feuilles de salade.

- Aro, tu m'as fait venir et je suis ici, je te propose d'en venir aux faits je te prie.

Je rivai mes yeux sur mon grand-père. Il avait parlé avec calme, mais je pouvais percevoir dans ses traits une pointe de colère bien contenue. Le chef des Volturis rit dans sa gorge et se reculant dans son siège avant de croiser les mains sur la table. Il releva ensuite ses prunelles de braises sur nous et mon cœur se serra.

- J'avais dans l'espoir que nous pourrions trouver un arrangement. Je dois bien avouer que vous savoir dans la ville me dérange quelque peu… Marmonna-t-il sur le ton de la conversation.

- Ne trouve-tu pas ça normal ? Après tout tu as kidnappé deux membres de notre clan et tu les retiens prisonniers dans ta demeure. Répondit Carlisle d'une voix posée et calme.

Aro s'esclaffa à gorge déployée et la table joignit leurs rires au sien, comme par obligation. Il se reprit et nous toisa avec des yeux brillants.

- Tout cela aurait pu se dérouler plus facilement mon ami, mais tu as ouvertement déclaré la guerre. Commença-t-il. Les hybrides ne devraient pas exister, c'est une chose, mais malgré ça nous sommes tout de même confrontés à quelques rares représentants. Il est tout à fait normal de regarder tout ça de plus près non ?! Allons Carlisle, toi qui est si intrigué par ce genre de choses !

- C'est de ma petite-fille et d'un membre de ma famille dont tu es en train de parler Aro. Rétorqua gravement Carlisle.

- Et c'est pour ça que nous les traitons avec le plus grand respect !

- Alors ça c'est la meilleure… Souffla Ryan.

Aro tourna ses pupilles rougeoyantes sur lui et ses traits se durcirent l'espace d'un infime moment. Mes mains tremblèrent sous cet échange des plus intenses, et sans que je ne le prévoie, ma voix cristalline et inquiète résonna au milieu de l'assemblée.

- Est-ce que nous nous en allons avec Carlisle ?

Un lourd silence suivit ma timide demande, et j'eus l'impression que les regards se firent moqueur, comme si j'inspirai la pitié. Aro me jaugea un moment et un tendre sourire se dessina sur ses traits.

- Il faudra être un peu plus patiente très chère, il nous faudra beaucoup de temps pour bien cerner vos aptitudes et votre étrange nature.

Ma gorge se noua et je cherchai un quelconque réconfort dans le regard de mon grand-père. Mais il n'y eut aucune lueur qui pu me rassurer, il me toisait avec tristesse et impuissance. Les larmes naquirent aux coins de mes yeux devant cette fatalité… Alors nous n'allions pas retourner à Forks. Nous allions encore rester ici et subir leurs tests si dégradant, comme de vulgaires rats de laboratoire que l'on aurait installé dans une cage en or ? Il était évident que mon grand-père ne pouvait rien faire… Nous étions prisonniers d'une forteresse imprenable, remplie d'une centaine de vampires à l'affut. Mais l'espace d'un instant, aux cotés de Carlisle, j'avais été assez stupide pour croire que nous serions libres. Je me retins du mieux possible, mais mon premier sanglot étouffé se fit entendre et une larme roula le long de ma joue avant de s'écraser dans ma salade à peine touchée. Carlisle jeta sa main pour saisir la mienne avec des traits déchiré et Ryan m'observa sans un mot.

- Comme promis, je t'ai montré mes hôtes et comme tu peux le voir, ils sont en bonne santé. Pourrions-nous reparler de ton clan qui rode dans mes rues ?

La voix d'Aro me semblait lointaine, tant je sombrai dans la tristesse. Même le contact de la main de Carlisle sur la mienne me paraissait lointain. Je repensais à mes parents, à Jacob, à ma famille. Je les imaginais si près de moi, dans les rues de Voltera. Je voulais tellement rentrer. Je ne désirais rien d'autre au monde. Je nous revoyais tous ensembles, heureux et riants aux éclats. Tout à coup la main de Carlisle frissonna, et je réalisai que j'étais en train de lui envoyer les souvenirs dans lesquels je me perdais depuis une dizaine de minutes. Le pauvre. Je me repris et secouai doucement la tête dans le flot silencieux de mes larmes. Aro parlait toujours, et je fis mon possible pour me reconcentrer.

- C'est fâcheux que tu ne veuilles pas ramener le reste des tiens chez toi…

- Si tu veux que nous partions, tu sais ce que cela requiert.

- Je ne peux pas vous les rendre, tu le sais très bien, ils nous sont très précieux.

- Tu parles de nous comme si nous étions de simples objets Aro ! Coupa mon ami.
Le chef des Volturis soupira à s'en fendre l'âme. Je lançai un regard suppliant à mon grand-père qui ne fut capable que de m'échanger un air désemparé et désolé.

- Comme je l'avais crains, c'est un dialogue de sourd. Nous revoilà dans l'impasse de ce matin, même après l'effort que je viens de faire en te montrant mes protégés. Peut être qu'un jour tu comprendras que ce que nous faisons ici est plus que raisonnable.

Les doigts de mon grand-père se serrèrent dans les miens et ses traits frémirent, lui qui parvenait toujours à rester si calme et posé. Aro se redressa alors, immédiatement imité par le reste des Volturis, et mon cœur se noua. Ho non… Je m'agrippai au bras de Carlisle en sanglotant plus fort, alors que deux vampires s'approchaient de nous. Mon grand-père s'empressa de m'embrasser alors que j'enserrai son cou en pleurant comme jamais. Il me serra mais les deux colosses m'attrapèrent pour me faire reculer. Je me débattis en hurlant de tristesse, incapable de laisser partir mon grand-père, incapable de supporter qu'il m'abandonne. Les deux vampires tirèrent plus fort et je poussai un sanglot douloureux quand ils m'arrachèrent à lui. Carlisle recula en vacillant, m'observant avec souffrance, pendant que je luttais comme une lionne en hurlant d'hystérie entre leurs mains.

- Lâchez-là bande de salauds ! S'exclama Ryan en se jetant sur nous pour m'arracher à eux.

Un des vampires le repoussa violemment et les prunelles démentes de mon ami se posèrent sur lui juste avant qu'il ne lève la main. Le vampire s'effondra, mais de suite après, Ryan en fit de même en se tordant de douleur. Je plaquai mes mains devant ma bouche sous la surprise, contemplant les convulsions horribles de mon ami. Carlisle voulu approcher mais on le conduisait déjà vers la sortir. Je le regardai partir en sanglotant piteusement et je ne pus croiser que ses prunelles anéanties un mince instant avant que la porte ne se referme derrière eux. Je me jetai alors sur Ryan en gémissant. Il avait arrêté de convulser et il respirait difficilement en fixant le plafond de ses yeux grands ouverts. Je relevai la tête pour fusiller Aro de mon regard larmoyant. Jane se tenait à coté de lui et toisait Ryan avec un sourire cruel. C'était elle qui lui avait fait ça… Une seconde femme se matérialisa à son autre coté, grande et sublime, avec des cheveux noirs relevé en chignon.

- Dois-je bloquer tous les pouvoirs ? Demanda-t-elle.

- Ce n'est pas nécessaire Amy, je crois qu'il s'est calmé maintenant. Sourit Aro.