Présentation : Vacances (Le Twilight Contest)
Titre : L'Italie et moi
"Couple" : Renesmée x Demetri
Le Rating : K+
Disclaimer : Les personnages de Twilight appartiennent bien sûr à Stéphanie Meyer (chanceuse devant l'Eternel), je ne suis responsable que du contexte de cet OS dans le cadre du concours "Vacances".
L'Italie et moi
Depuis ma naissance, je n'ai jamais eu le choix, on ne m'a jamais demandé mon avis. Mes parents sont trop protecteurs envers moi, simplement parce que je suis différente des autres. La famille de mon père tente de me soutenir mais eux-aussi ont peur pour moi, à un point tel que j'ai dû attendre longtemps avant d'espérer partir en vacances. J'ai fini par faire céder tout le monde autour de moi et me voilà en route pour l'Italie, plus particulièrement pour Volterra. Je sais que ma destination ne plaît à personne, pas même à Jacob, mon petit-ami, mais j'ai besoin de me rendre sur les lieux où beaucoup de choses ont changé pour ma famille. Ici, mon père a failli trouver la mort, ma mère est venue le sauver et ils ont rencontré la famille la plus influente, les Volturi. J'ai de rares souvenirs de ces vampires aux yeux rouges mais ce dont je me souviens, c'est qu'ils souhaitaient ma mort. Pourtant, je ne le leur reproche rien, j'ai bien compris que seul le respect des lois compte pour eux et qu'ils ont cru que je n'étais qu'une nouvelle-née, comme d'autres avant moi et sûrement d'autres après.
Tranquillement assise sur mon lit dans la chambre que j'ai réservée pour mes deux mois de vacances, je feuillette un guide touristique, essayant de ne pas penser à mon téléphone qui vibre sur la couverture. Le nom de Jacob y est affiché en lettres majuscules mais je n'ai pas envie de lui répondre maintenant alors que je suis arrivée depuis quelques heures seulement. Ses sentiments me touchent mais je n'éprouve rien pour lui en ce moment, je suis bien trop préoccupée par mes études et par la récente trahison de ma meilleure amie. A croire que l'amitié n'est plus rien pour elle depuis qu'elle est tombée amoureuse, comme si je ne représentais plus que le passé. Je peux facilement l'oublier, je sais que j'en suis capable et que, de toute manière, je risque de perdre ceux qui me sont proches dans un avenir qui n'est pas si lointain. Le fait d'être hybride n'a pas que de bons côtés, malheureusement, mais je ne peux pas reprocher à mes parents d'avoir tout fait pour me garder malgré la situation dans laquelle ils se trouvaient au moment de ma naissance. Après tout, j'ai eu leur amour et je ne vais pas m'en plaindre.
Lançant un coup d'œil vers la fenêtre me permet de voir que la nuit commence à tomber. Un sourire nait sur mes lèvres alors que je me lève enfin, me débarrassant de mon peignoir avant d'enfiler une petite robe rouge recommandée par ma tante Alice qui a vu mon avenir. Grâce aux conseils d'une amie et par un grand coup de pouce de sa part, j'ai été invitée à une fête et je compte bien en profiter, surtout sans mes parents. Je sors de la chambre, referme la porte puis descend dans le hall de l'hôtel avant de me retrouver dehors, inspirant l'air de la ville. La plupart des bâtiments sont anciens mais je les trouve à mon goût. Plusieurs touristes se baladent dans les rues et j'aperçois des couples qui se tiennent la main, des enfants qui rient en courant ou des inconnus qui photographient les différents monuments avec les lueurs des lampadaires ouvragés. J'entends une musique au loin et je me décide à me promener un peu avant de rejoindre le lieu de la fête. Je sais qu'il me reste un peu de temps pour être à l'heure alors autant en profiter un petit peu pour me détendre au grand air.
Au détour d'une rue, je tombe sur un groupe de musiciens qui attirent l'attention de tous les passants. La musique est envoûtante et je ne vois pas le temps passer. Ce n'est qu'au moment où le ciel s'assombrit encore plus que je remarque que je suis en retard. La course commence contre les secondes qui s'égrainent et je maudis ma curiosité de m'avoir menée vers l'origine de la musique. Mon carton d'invitation à la main, je tente de me retrouver dans les rues de Volterra mais elles sont nombreuses à se ressembler et je n'arrive pas à deviner où je suis. Je prends une grande inspiration, déchiffrant le nom de la rue sur le panneau jusqu'à l'instant où je me rappelle que je n'ai aucune plan sur moi. La panique me gagne alors et je m'arrête, le cœur battant. Je ne devrais pas être perturbée, ma nature me protège des humains mais je crains plutôt de rencontrer un vampire, ce qui ne jouerait pas en ma faveur. L'adrénaline se met à couler dans mes veines à la pensée de croiser un Volturi et je dois respirer plusieurs fois à petits coups pour me calmer. Remettant mes idées en place, je décide de rejoindre les rues les plus peuplées de Volterra
Un mauvais pressentiment me saisit quand une silhouette surgit devant moi. Je ne vois que sa taille et son ombre mais je cherche déjà une faille dans sa position. Je devine qu'il s'agit d'un homme, rien de plus et je recule légèrement quand il s'avance d'une démarche trop souple pour être humaine. Comme si sur toutes les personnes qui peuplent Volterra, je ne pouvais pas tomber sur autre chose qu'un vampire ? Je serre les poings en le défiant du regard pendant qu'il s'approche encore, me laissant voir son visage. J'ai beau savoir que je dois m'attendre à quelqu'un de magnifique, comme tous les vampires, je reste surprise face à son charisme. Je ne peux m'empêcher de penser que c'est de la triche, que les vampires n'ont pas besoin d'être sublimes en plus d'avoir des sens plus développés que les humains. Les yeux noirs de l'inconnu se posent sur moi, me toisant, m'évaluant. Je me tends imperceptiblement en comprenant qu'il a soif et que seul le sang pourra le rassasier. Comme premier jour de vacances, j'ai connu bien mieux mais je n'ai pas peur, étrangement. Pourtant, cet instant pourrait marquer la fin de mon existence mais je me contente de sourire.
- Vous devriez vous en prendre à quelqu'un d'autre pour vous nourrir.
Je suis surprise par mon propre courage et il faut croire que l'inconnu partage le même avis. Après une courte hésitation, il finit par plisser les yeux, s'attendant sûrement à me voir rire et dire que je plaisante. Mais ce n'est pas le cas, je reste bien droite à l'observer, remarquant sa chevelure corbeau, sa peau pâle et surtout le collier qui pend à son cou avec la marque des Volturi bien visible.
- Tu es Renesmée, la fille d'Edward et Isabella Cullen.
Ce n'est pas une question, plutôt une affirmation. Cet étranger me tutoie sans me demander mon avis et il s'exprime dans un américain impeccable. Les rouages de mon cerveau se sont mis en marche, je sais son nom, je le devine à ses paroles car ce n'est pas mon apparence qui lui dit qui je suis mais plutôt mon odeur. Je me fige complètement, les battements de mon cœur s'accélèrent encore une fois.
- Vous êtes Demetri, le traqueur. Êtes-vous là pour me tuer ?
- Notre rencontre n'est que le fruit du hasard, je cherchais une autre proie, un individu qui parcourt les rues de Volterra en créant de nouveaux vampires.
Le dégoût transparaît dans chacun de ses mots. Lui, comme tous les autres, tient à respecter la loi imposée par ses maîtres. La création de nouveau-nés, ici-même, sous le nez d'Aro, Caïus et Marcus, est une injure faite aux trois chefs des Volturi. Demetri ne s'éloigne pas pour autant, continuant de m'observer. Son regard est moins assoiffé, il est plus doux et presque compréhensif. Ses yeux se posent brièvement sur le carton d'invitation et un léger sourire étira ses lèvres.
- L'heure d'entrée est passée, ironise-t-il.
- Je me suis perdue.
Je ne sais pas ce qu'il me prend d'avouer ça à un vampire qui m'est inconnu mais il est trop tard pour faire machine arrière. Secouant la tête avec un air consterné, le traqueur est à mes côtés en quelques secondes, m'attrapant par le bras pour me ramener en plein cœur de la foule. Il ne me lâche pas pour autant, continuant de marcher, finissant par me rendre ma liberté de mouvement lorsque nous arrivons devant le bâtiment où se tient la fête. Je n'ai pas le temps de remercier Demetri, il a déjà disparu. Je n'attends pas plus longtemps dehors pour ne pas faire de mauvaises rencontres. A l'intérieur, la fête est bien commencée et les retrouvailles avec mes amis ne se passent pas comme je l'imaginais. Nous n'échangeons que quelques mots et je fais la connaissance d'autres personnes, des italiens pour la plupart. Certains portent des masques pour s'amuser, en proclamant qu'ils font partie de la secte la plus populaire d'Italie. Je les écoute à peine, me rendant au buffet où je prends un verre de cocktail avec alcool. Je n'ose pas penser à ce que mes parents pourraient me dire car si je suis ici, c'est surtout pour profiter de mes vacances. Alors je continue à boire, tenant mieux l'alcool que les autres, tous des humains.
-LTC-
Le réveil est dur, je ne me souviens plus de la manière dont je suis rentrée à l'hôtel. M'asseyant, je porte une main à ma tête où j'ai la forte impression de ressentir des coups de marteau. Je pensais qu'être hybride me permettrait de boire autant que je le souhaitais mais j'ai fait fausse route. Je remarque, sans surprise, que je porte toujours ma robe rouge et je soupire. Jacob me ferait sans doute la morale pour mon comportement mais je préfère ne pas songer à lui. Dénouant mes muscles, je me lève pour récupérer des affaires dans la penderie, m'enfermant dans la salle de bain pour me préparer. J'en ressors avec un sourire puis je m'installe dans l'un des fauteuils après avoir récupéré le guide touristique. La fascination que la ville exerce sur moi me surprend car je ne croyais pas qu'elle serait aussi belle. Je tourne les pages du guide, me perdant dans les photos de Volterra. Mon téléphone portable se met à sonner et je grogne inconsciemment, ayant déjà compris qui cherche à me joindre. Je hausse les épaules en continuant ma lecture tout en sachant pertinemment qu'il me faudra recontacter ma famille à un moment ou à un autre.
Irritée par la sonnerie de mon portable, je le récupère et décroche. Jacob me parle longuement, me rappelant à quel point il m'aime. Il dit aussi que je lui manque beaucoup puis il cède la place à mes parents. Mon père est plus calme qu'avant mon départ et je devine que tante Alice n'y est pas étrangère. Si elle a vu que tout se passait bien alors mes parents seront tous les deux rassurés. Nous discutons encore quelques minutes puis je raccroche avant de retourner m'asseoir.
- Qu'est-ce que ça te fait de savoir que tu auras ta famille à tes côtés pour l'éternité ?
Je sursaute et pose mon regard sur le fauteuil qui me fait face le visiteur qui s'est invité dans ma chambre. Je ne l'ai pas vu entrer, ni entendu, d'ailleurs. Je ne sais même pas comment il a pu franchir la porte sans les clefs mais je ne me questionne pas plus.
- En quoi ça vous intéresse ?
- Disons simplement que je suis curieux. Rares sont les vampires qui peuvent s'enorgueillir d'être nés et de continuer à vivre avec leurs parents biologiques.
- Je ne suis pas vampire, mais plutôt hybride. Je mange et bois comme n'importe quel humain.
- Mais tu vivras éternellement, comme n'importe quel vampire. Je t'envie d'être entourée de tant d'être aimés.
Je suis troublée par ses paroles et pas seulement parce qu'il est un Volturi. Sa transformation en vampire n'a pas dû être évidente et je doute qu'il considère les autres vampires comme une seconde famille, même s'il leur est fidèle. Je plonge mon regard dans le sien, remarquant que ses yeux ne sont plus noirs comme hier mais d'un rouge flamboyant qui est un rappel constant de sa condition de vampire non végétarien. Sans savoir pourquoi, je me mets à lui confier ce que je pense sur ma vie, sur ma famille et sur mon avenir. J'aime mes parents et tous les autres Cullen mais je veux plus de liberté. Sans compter Jacob qui ne cesse de me surveiller comme s'il avait peur que je m'en aille. J'ai tout appris sur les modificateurs, sur l'imprégnation mais je ne me sens pas prête à me lier à Jacob. Demetri m'écoute sans faire le moindre commentaire et, quand j'ai fini de lui raconter la vérité sur mes pensées, il sourit doucement, me réchauffant le cœur.
- J'ignorais que tu avais autant de choses sur le cœur. A croire que le fait d'être hybride ne t'épargne pas.
- J'ai quand même une meilleure existence que les vampires, je ne dépends pas du sang.
- Mais tu as un don, ce qui fait de toi une future proie pour Aro.
Il me révèle ça sans la moindre émotion et je frissonne. Il ne devrait pas me parler ainsi d'Aro et de ses plans, pourtant, il n'a pas hésité un seul instant à me faire cette révélation. Sans raison, je pense aux dons de mes parents et d'autres vampires, me posant une question qui n'est pourtant pas importante.
- Les vampires ont-ils toujours eu des dons ?
Demetri me regarde avec un étonnement croissant, comme s'il sentait que j'étais complètement folle. Il me répond malgré tout, ce qui me surprend.
- Connais-tu le mythe qui est à l'origine de la guerre de Troie ?
- La pomme de la discorde, non ? Celle qui a été envoyée à Zeus et qui devait être donnée à « la plus belle ».
- Selon la légende, Zeus a confié cette tâche à Pâris et ce pauvre berger a dû choisir entre Athéna, Héra et Aphrodite. Les Dieux et Déesses n'existent pas mais, à l'époque, les vampires étaient considérés comme tels.
- Ça signifie donc que les trois « Déesses » n'étaient pas humaines, c'est ça ?
- Exact. Des trois, Aphrodite avait un don, celui de convaincre n'importe qui par de simples mots. Elle a été la première à posséder d'étranges capacités et on voit où ça a mené Pâris. Le vote fait, il a enlevé Hélène, déclenchant ainsi la guerre de Troie.
Qui pourrait croire que d'aussi anciens mythes sont liés aux vampires ? Au moins, j'ai ma réponse sur les dons et je trouve ça très fascinant d'en apprendre autant, surtout de la part de Demetri. Lui, le traqueur, le tueur, vient de me faire une leçon sur un mythe datant de l'Antiquité. Au loin, une horloge se met à sonner midi, pile au moment où mon estomac se met à gronder. Je n'ai pas déjeuné, je n'avais pas faim, mais maintenant, les bons plats de l'hôtel se rappellent à moi. Je me lève en même temps que Demetri et nos regards se croisent à nouveau. Le traqueur semble tendu et il répond à mon interrogation muette en déclarant que ses maîtres l'attendent. Nous sortons de ma chambre en même temps et j'ai à peine le temps de refermer la porte qu'il n'est déjà plus là. Il pourra facilement se fondre dans la foule au-dehors, le soleil n'est pas présent et je doute qu'il fera meilleur dans l'après-midi. J'arrive au restaurant de l'hôtel, m'installe à une table et observe les nuages qui s'accumulent dans le ciel. Hormis pour le paysage, je suis venue ici pour profiter du beau temps de l'Italie. Sans doute aurai-je plus de chances dans les jours prochains.
-LTC-
Un mois est passé depuis mon arrivée à Volterra et je croise souvent Demetri dans les rues de la ville italienne. Nous discutons longtemps tous les deux, à tel point qu'il est parfois en danger vis-à-vis des siens. Je ne pense pas qu'Aro, Caïus et Marcus seraient heureux d'apprendre que leur meilleur traqueur passe son temps avec la fille d'Edward et Bella. Demetri a eu de la chance de ne pas être en contact avec le don d'Aro mais je ne peux m'empêcher de me sentir coupable. Après tout, même si nous faisons connaissance, ce n'est pas du tout la personne avec qui j'aurais pu penser passer mes vacances. Pourtant, j'ai l'impression que ce sont les meilleures parmi celles dont je me souviens et je ne souhaite pas qu'elles s'arrêtent. Aujourd'hui, nous sommes dans un petit bistrot de Volterra, là où personne ne vient poser de questions dérangeantes, là où la vie privée de tout le monde est respectée. Je sirote un cocktail, sans alcool cette fois-ci, tandis que Demetri patiente, aux aguets. Je ne l'ai jamais vu tranquille et c'est dommage de se rendre compte qu'il est toujours tendu, comme s'il s'attendait à apercevoir d'autres Volturi.
- Pourquoi es-tu toujours sur tes gardes ?
Au final, le tutoiement est venu plus vite que ce que je croyais. Il est le seul avec qui je peux parler depuis que je suis là. J'ai tenté de retrouver mes amis mais celle qui m'a invitée n'est plus célibataire, elle a un petit-ami et je n'avais pas envie de tenir la chandelle entre eux. Avec Demetri, tout est plus facile, je n'ai pas besoin de cacher qui je suis et nous nous comprenons. Le plus dur est de résister à la tentation de nouer avec lui un lien plus fort que celui d'une simple amitié.
- Que feras-tu après tes vacances ? me demande le traqueur avec curiosité.
- A vrai dire, je ne sais pas encore. J'ai eu mon diplôme de fin d'études et j'hésite entre plusieurs universités. Ça ne devrait pas être compliqué, si je ne vais pas dans l'une cette fois-ci, j'aurai tout le temps de m'y rendre plus tard. Tu n'as jamais envisagé de reprendre des études ?
Il ne répond pas tout de suite, je lis dans ses yeux beaucoup de tristesse.
- La seule fois où j'ai essayé, quand j'appartenais à un ancien clan, je n'ai pas su me retenir. L'enterrement de l'un de mes camarades a suffi à me faire comprendre que je n'étais pas fait pour me fondre dans la masse des humains.
J'ignore quoi dire et je me sens ridicule d'avoir lancé le sujet. Je finis mon cocktail puis vais payer avant de sortir en compagnie de Demetri. Parfois, je m'interroge sur ce que voit tante Alice, si elle a appris à mes parents que je côtoie le meilleur des traqueurs. Nous retournons à l'hôtel en discutant, comme à notre habitude. Demetri m'a fait visiter tous les coins de Volterra et j'ai pris assez de photos pour convaincre mes parents comme quoi je me suis bien comportée, comme n'importe quel touriste en vacances.
-LTC-
Avec des gestes désespérés, je tente de fermer ma valise sans comprendre comment tante Alice a pu faire entrer tant de vêtements dedans. Dès ce soir, je repars de Volterra, ce qui ne me met pas de bonne humeur. Dans moins d'une semaine, je commence l'université mais partir d'ici signifie quitter Demetri et son amitié. J'admets que j'ai parfois été en danger, j'ai même fait une chute qui m'a valu quelques points de suture mais, dans l'ensemble, c'était parfait.
- Crois-tu que tu reviendras ?
Je ne sursaute plus, j'ai pris l'habitude de le voir surgir n'importe quand de n'importe où. Mais c'est la première fois que j'entends de la tension dans sa voix. Je boucle enfin ma valise puis me tourne vers lui. Ses iris sont rouges, il vient juste de se nourrir, garantissant ainsi la survie du personnel de l'hôtel. Je n'arrive pas trouver mes mots, je ne me sens pas capable de lui dire ce que je pense.
- J'ignore si mes parents me laisseront revenir un jour. Et puis, d'ici-là, tu auras reçu de nouveaux ordres de tes maîtres.
J'ai toujours l'impression de parler d'un animal mais Demetri se moque bien de la manière dont il est considéré par Aro et ses deux frères.
- Tu n'as pas l'air de comprendre ce que je ressens, réplique-t-il en s'avançant. Tu n'es pas n'importe qui pour moi, Renesmée.
J'aime sa manière de prononcer mon prénom en entier comme s'il goûtait chacun des syllabes. Il est si proche que je sens son odeur et, sans même réfléchir à mon geste, je tends une main vers son visage. Il m'arrête en attrapant mon poignet puis, sans me laisser le temps de réagir, il m'attire contre lui avant de m'embrasser. Ses lèvres sont glacées contre les miennes et, pourtant, une intense chaleur se répand dans l'ensemble de mon corps. Je me presse contre lui en accentuant le baiser, cherchant à y trouver une vérité que je connais déjà. Depuis le premier regard échangé, je sais que beaucoup de choses ont changé et que je n'y peux rien. J'ai développé des sentiments pour Demetri, quelque chose qui va au-delà de l'amitié, ce qui n'est pas évident à avouer. Je me détache de lui brusquement, secouant la tête négativement. Je repars ce soir, je vais étudier plusieurs années, Jacob sera toujours là à mes côtés car il s'est imprégné de moi. Je ne veux voir souffrir personne et, pourtant, j'ai déjà l'impression de faire du mal autour de moi.
- Je t'attendrai, Renesmée. Jusqu'au bout, jusqu'à ce que tu me reviennes.
Et il m'embrasse à nouveau avant de s'éclipser. J'imagine déjà les questions de mes parents sur mes vacances et sur ma vie sentimentale. Devrai-je leur dire que je me suis attachée à quelqu'un ou est-ce que je dois considérer Demetri comme une idylle de vacances ? Tout ceci n'est pas ma priorité pour le moment car j'ai un avion à prendre, un vol de nuit qui me permettra de me remettre les idées en place. Famille Cullen, me revoilà !
