Présentation : Vacances (Le Twilight Contest)
Titre : La dernière framboise
"Couple" : Bella/Edward
Le Rating : M
Disclaimer : Les personnages de Twilight appartiennent bien sur à Stéphanie Meyer (chanceuse devant l'Eternel), je ne suis responsable que du contexte de cet OS dans le cadre du concours "Vacances".


Les cailloux crépitèrent sous les roues de la Mercedes de Rosalie. Nous voilà arrivées au camping ''The pacific'', un camping situé à Los Angeles. Si l'idée de dormir sous une tente quatre nuits d'affilées ne m'avait pas tout de suite intéressée, je pouvais à présent voir que ça n'allait pas être si désagréable même si Rosalie attendait de moi une chose qui me paraissait impossible. Il fallait avouer que Rosalie ne m'avait pas tout de suite parler d'un camping au soleil donc j'avais pensé qu'on allait dans un camping près de Forks, là où il pleuvait 360 jours par an et où la température ne dépassait jamais les 17° en pleine journée.

C'était un camping tout ce qu'il y avait de plus modeste pour la ville dans laquelle il se situait. Rosalie s'arrêta devant notre emplacement et nous décidâmes de monter nos tentes respectives. Rosalie avait opté pour une grande tente grise qui comprenait deux ''pièces'' tandis que j'avais pris ma tente classique de deux places. Il y avait deux places dans le sens où l'on pouvait dormir à deux à condition de laisser nos affaires à l'extérieur et de ne pas remuer sous peine de mettre des coups à notre voisin. Heureusement, je ne frapperai que mon sac de voyage ces prochaines nuits, quoiqu'en pense Rosalie.

Notre emplacement jusqu'alors vide était sur le même côté du chemin que les autres emplacements qui eux, comportaient une ou plusieurs tentes. De l'autre côté du chemin, se trouvait une rangée de bungalow. Juste pour nous faire enrager, j'en étais sûre. Rosalie lança sa tente qui se déplia en deux secondes comme indiqué sur l'emballage tandis que moi, je devais enfiler des barres plus ou moins souples dans les ourlets prévus. C'était une vieille tente que j'avais eu quand j'étais petite. À cette époque, j'étais assez folle pour vouloir faire du camping dans le jardin de mon père et du haut de mes 19 ans, je ne comprenais toujours pas ce qu'il m'était passé par la tête.

- Salut et bienvenue, proclama une voix qui me fit arrêter tout mouvement. On peut vous aider ?

Je me tournai, la barre à moitié enfoncée dans l'ourlet tenue par mes mains et jetai un œil aux visiteurs. Tous les deux grands et élancés, l'un avait des cheveux dorés mi-longs, de beaux yeux bleus malicieux et un sourire bienveillant. Il avait l'air du mec type qui savait charmer la gente féminine. L'autre avait les cheveux plus courts, châtains foncés en pagaille, des yeux verts qui me fixaient sans cligner, un air impassible sur le visage. Et même avec un visage impassible, je le trouvais vraiment sexy.

- Salut, répondit Rose avec enthousiasme. Je veux bien de l'aide pour enfoncer les piquets. Je m'appelle Rosalie, au fait.

- Je suis Jasper, répondit celui qui nous avait proposé de l'aide.

- Edward, se présenta le second en tournant enfin son visage vers mon amie, toujours sans émotion.

Je me tournai vers ma tente pour continuer à enfoncer la barre dans l'ourlet sans prendre part aux présentations. Je n'avais jamais été à l'aise avec les étrangers, ni même avec les personnes que je connaissais sommairement. Trop timide, trop peur d'être jugée. Mes années collèges où j'avais subi multitudes de moqueries de la part de mes camarades restaient coincées dans mon esprit, le surnom de ''squeletor le squelette'' m'avait suivie durant ces quatre années. J'étais brune, mes cheveux arrivaient aux omoplates et mes yeux étaient d'un marron banal et je n'avais pris que quelques kilos depuis le collège, j'étais toujours maigre avec un petit 85B et des petites fesses. Plus inintéressante, tu meurs.

J'osai tout de même jeter un œil rapide vers les deux inconnus et constatai qu'à présent, Edward me regardait, les sourcils froncés. Je commençais à stresser et il me fut plus difficile d'en découdre avec cette barre alors que je me savais observer.

- Elle, c'est Bella, elle n'est pas mal élevée, juste très timide.

Je lançai un regard noir à la blonde sulfureuse qui était la seule avec qui je m'étais liée d'amitié et qui me le faisait regretter chaque jour. Puis tournai mon regard vers Jasper, essayant d'ignorer l'autre.

- Bonjour, dis-je, finalement.

Je retournai à mon occupation et finis par réussir à mener la barre jusqu'à l'autre bout. Jasper aida Rose avec ses piquets tandis que je devais m'y mettre, moi aussi. Je devais juste tendre les fils et enfoncer les piquets avec le maillet mais je devais attendre que Jasper ait fini avec ceux de Rose. Edward s'en alla et entra dans le bungalow qui nous faisait face. Ils étaient donc nos voisins. Il ressortit finalement avec un autre maillet dans les mains. Quand il arriva à ma hauteur, je tendis ma main puisque je supposai qu'il voulait me le prêter mais au lieu de ça, il me dépassa et récupéra un piquet au sol. Je me sentais mal à l'aise, pour le coup.

- Je peux le faire, contestai-je doucement.

Il m'ignora et enfonça les piquets un par un avec autant de facilité que Jasper et quand la tente orange fut sécurisée, il se releva avec un sourire en coin. Ce qui prouvait qu'il n'était pas un robot.

- Merci, marmonnai-je.

-« Je t'en prie, me répondit-il.

Il n'était pas si méchant que ça, finalement.

- Bien, on va vous laisser vous installer, lança Jasper. À plus tard.

- Merci pour le coup de main, à plus, les remercia Rose.

Rosalie sortit mon sac de couchage de sa voiture et me le tendit, j'installai le tout du côté gauche de ma tente et la refermai ensuite.

Tu veux faire quelque-chose, maintenant ? Me demanda Rose.

- Je prendrais bien une douche, acquiesçai-je. Tu ne m'en as pas laissé le temps en me réveillant comme une furie ce matin.

- Ce n'est tout de même pas ma faute si tu as oublié de régler ton réveil, s'offusqua-t-elle.

Je lui fis une grimace et prit mes affaires pour prendre une douche bien chaude. La douche, les toilettes et les éviers pour faire la vaisselle se trouvaient au centre du camping, chaque chemin formaient une étoile autour du bâtiment qui abritaient ces équipements. J'entrai dans la partie du bâtiment où se trouvaient les douches.

Quand je revins à notre emplacement, Rose était allongée sur une serviette de plage qu'elle avait posée sur l'herbe, les écouteurs de son mp3 dans les oreilles. Vu qu'elle avait les yeux fermés, elle ne remarqua pas tout de suite ma présence. En face, il y avait un autre gars accoudé à la rambarde de la terrasse qui la matait sans vergogne. Il avait une carrure de boxeur, brun aux cheveux courts, il souriait comme un idiot, faisant apparaître des fossettes sur ses joues. Quand Rose se redressa, elle le remarqua et il lui fit un petit signe de la main auquel Rosalie ne répondit pas. Ce qui était curieux puisque Rosalie était la fille la plus sociable que je connaissais.

- Viens, on va visiter la ville, proclama-t-elle en se levant.

Nous avions visiter une partie de la ville, avions déjeuner à ''La chandelle de Pâris'' et nous ne rentrâmes que le soir. Edward, Jasper, le baraqué et une jeune fille fluette dînaient sur la table de leur terrasse. Le baraqué nous remarqua en premier, il fit un autre signe de la main, tout sourire auquel Rose ne répondit toujours pas. Aussi, me sentis-je obligée de répondre par un petit signe hésitant même si je savais que ça ne m'était pas vraiment destiné. Edward sourit comme s'il se moquait de moi, la jeune femme nous regarda et lança un regard soupçonneux vers Edward. Je décidai d'ignorer le groupe au complet. C'était mieux pour mon esprit craintif.

Le lendemain, je me réveillai de bonne heure, le soleil n'était pas encore levé aussi décidai-je d'aller prendre ma douche. Il n'y aurait personne, je serai tranquille. Alors que je venais d'arrêter l'eau pour me savonner, tongs aux pieds pour ne pas choper de saloperies, j'entendis des pas dans l'allée qui menait aux douches.

- T'es un putain d'extraterrestre, putain, grogna une voix grave.

- Ne soit pas une mauviette.

Merde, c'était la voix d'Edward. Il était là. Je ne voulais pas avoir à le croiser ni qu'il sache que j'étais là. Je devais avouer qu'il me faisait un peu flipper.

- Je vais te montrer qui est la mauviette, gringalet, renchérit le type.

Je souris, on dirait des frères qui se disputent.

-Ça suffit, intervint celle de Jasper. Vous allez réveiller tout le camping.

- Ta gueule, Jazz, lancèrent les deux voix, parfaitement synchronisées.

- Emmett, Edward, ce n'est pas parce que vous êtes mes meilleurs potes que je ne vais pas vous botter le cul.

- Pourquoi est-ce qu'on est obligé de faire cette putain de randonnée à cette putain d'heure ?

- Parce qu'on veut être rentré avant midi, trancha Edward.

- Au fait, Eddy, ne croit pas qu'on ait pas remarqué ton petit jeu, lança Jasper.

- Et quel petit jeu as-tu remarqué ?

- Comme si tu ne le savais pas, intervint Emmett. Petite, brune, fluette, et timide.

- Si on est dans ce camping, loin de ton environnement habituel, c'est justement pour que tu oublies cette partie de toi que tu ne contrôle pas, ajouta Jasper.

Le silence tomba un instant.

- Vous avez raison, admit Edward. Il ne vaut mieux pas que vous me laissiez seul avec elle.

- Voilà qui est raisonnable, fit Emmett.

- Attends, c'est trop facile, l'arrêta Jasper. C'est Rosalie que tu veux.

- Putain ! Grogna Emmett.

Il semblerait que cet Emmett n'ait que ce mot à la bouche. Edward ne répondit pas et j'entendis une porte se claquer violemment. Il venait visiblement de s'enfermer dans une cabine.

- Tu fais chier, Ed, râla Emmett.

Deux portes claquèrent doucement l'une après l'autre. J'attendis que leur douche s'allume pour allumer la mienne et pouvoir me rincer.

- Il fallait que tu t'intéresse à la blonde, ajouta-t-il.

- Comme si je pouvais m'intéresser à la brune, se marra Edward.

Et une brune de vexée, une. Je me dépêchai de me sécher et de m'habiller et retournai me cacher au fond de ma tente.

Nous étions en train de piquer-niquer devant nos tentes quand les trois amis revinrent de leur randonnée. Jasper avait l'air épuisé tandis que les deux autres semblaient rentrer d'une simple promenade.

- Salut les filles, fit Jasper.

- Salut, répondit Rose. Vous voulez manger avec nous ?

- Avec plaisir.

Les trois s'assirent les jambes croisées autour de notre nappe où étaient disposées différents toasts que Rosalie et moi avions fait. J'en étais rendue à la moitié de mon dessert qui se constituait d'une barquette de framboises et amenai les fruits empalés sur mes doigts les unes après les autres à ma bouche. Dès qu'il y avait des framboises, je ne pouvais pas résister à la tentation, aussi, j'avais vite avaler quelques toasts pour ne pas manquer de temps et pour éviter que Rosalie ne m'en pique. Elle connaissait mon addiction aux framboises et avait l'habitude de ma façon de les manger aussi, elle ne dit rien sur le fait que je ne comptais pas les partager avec elle ni avec les autres.

- On organise une fête demain soir, ça vous dit de venir ? Lança Emmett. Vous voyez le petit bois pas très loin, c'est là-bas.

- Je suis partante, sourit Rose. Bella ?

Je jetai un œil vers Edward qui me fixait étrangement alors que j'enlevai mon doigt de ma bouche, laissant la framboise fondre sur ma langue.

- Euh... moi, non, je...

- Elle est partante aussi, me coupa Rose.

Je lui lançai un regard peu amène mais elle me sourit effrontément. Ravis, nous mangeâmes en silence. Et alors qu'il ne restait plus qu'une framboise dans la barquette, une main vint la piquer juste avant que je ne l'attrape et Edward la mit dans sa bouche, me lançant un regard moqueur. Je lui fis un regard noir, digne d'un tueur en série, avant de le détourner pour le fixer sur le pot de rillettes désormais vide. Je n'aimais pas partager mes framboises et je détestais qu'on m'en pique mais s'il y avait une chose que je détestais encore plus, c'était qu'on me pique la dernière framboise.

-LTC-

- Pourquoi je suis obligée d'y aller ? Me plaignis-je.

Rose et moi étions en route pour la soirée organisée par nos voisins et j'y allais vraiment à reculons.

- Et bien parce qu'il faut que tu sortes de ta zone de confort. Je fais ça pour ton bien et je suis certaine qu'il y en a un qui veut que tu y sois.

- N'importe quoi, personne ne veux que j'y sois à part toi, boudai-je. Je croyais que tu étais ma meilleure amie !

- C'est parce que je suis ta meilleure amie que je fais ça. C'est pour ton bien. Et ne me dis pas que tu n'as pas remarqué comment il te regarde.

- Personne ne me regarde... à part Edward.

- C'est de lui dont je parlais, Bellie-Shy.

Je levai les yeux au ciel sous le surnom que Rose m'affublait depuis des années à cause de ma timidité extrême.

- Il me regarde pour se moquer de moi, rétorquai-je.

- Il te dévore des yeux, je n'avais jamais vu une telle fascination. On dirait qu'il veut faire de toi sa chose. Tu devrais être excitée à propos de lui.

- Tu sais que c'est faux.

- Je suis douée pour repérer ce genre de truc et il n'est pas très discret.

- C'est toi qu'il veut, je le sais, je l'ai entendu dire. Et tu plais à Emmett aussi, d'ailleurs. Tu vois, tu ne remarques pas tout.

Rose rit à gorge déployée.

- J'ai remarqué que je plaisais à Emmett, pourquoi crois-tu que je ne lui montre pas d'intérêt ? C'est mon arme fatale pour les faire tomber. Edward ne s'intéresse pas à moi de près ou de loin mais il est clair qu'il veut s'emboîter avec toi.

- Rose ! Fis-je outrée.

- Fin de la discussion. Amuse-toi, Bella, on est en vacances, en camping d'autant plus. Le camping, c'est fait pour ça. Et c'est d'ailleurs pour cela que je t'ai traînée jusque ici. Mon seul regret, c'est que cinq jours sont trop court pour que tu te fasses dépuceler par un beau spécimen.

Rose était très directe et trop explicite à mon goût. Beaucoup trop.

- S'envoyer en l'air avec des inconnus ? Demandai-je consternée.

- On va déjà commencer avec un, s'amusa-t-elle. On ne partira pas d'ici tant que tu n'as pas au moins rouler une pelle à quelqu'un.

Mes joues s'enflammèrent.

- Je te signale que le délai est trop court pour quelqu'un comme moi.

- Alors tu ferais bien de te trouver un mec, Edward ou un autre, tant qu'il te plaît, et hop, hop, hop, tu lui sautes dessus.

- Rose, soufflai-je.

- Fin de la discussion, trancha-t-elle.

Nous avions traversé une partie du bois et nous nous retrouvâmes dans la clairière où la soirée se déroulait. Il y avait déjà un peu de monde et je fus soulagée de ne pas trouver Edward. Je ne pouvais pas lui faire face avec la discussion que je venais d'avoir. Une musique entraînante était jouée par un ordinateur portable auquel on avait ajouté des enceintes et quelques jeunes dansaient. Je décidai de laisser Rosalie partir à la recherche d'Emmett et me calait dans un coin.

- Salut, fis une voix à mes côtés.

J'étais tellement partie dans mes pensées que je n'avais pas vu le type arriver.

- Salut, répondis-je timidement.

- Toi non plus, tu n'es pas très danse, à ce que je vois, entama-t-il la discussion.

C'était un jeune homme charmant avec ses yeux marrons. Il avait des cheveux châtains clairs coupés courts et coiffés en pointes avec du gel.

- Je m'appelle Mike, je suis arrivé ce matin, continua-t-il en voyant que je ne parlais pas.

- Bella et non, je n'aime pas danser. Je n'aime pas les trucs de groupe en général.

Il sourit. Nous discutâmes tout le long de la soirée. Je vis Edward qu'une seule fois, de loin. Il m'avait jeté un regard mécontent et je n'avais plus cherché à quitter des yeux le tronc coupé qui trônait à quelques pas devant Mike et moi.

Le lendemain, je retrouvai Mike à la piscine du camping. Il me l'avait proposé la veille et je devais avouer que c'était facile de parler avec lui. Bien sûr, j'avais eu une hésitation avant d'accepter son invitation, je n'aimais pas me retrouver en maillot de bain mais on s'était bien amusé à s'éclabousser et à faire des bombes près de l'autre pour l'arroser encore plus.

L'après-midi, alors que je pensais que Rose et moi allions nous balader en ville, elle m'apprit que nous allions à la plage avec Edward, Emmett, Jasper et Alice, la petite-amie de Jasper mais aussi la sœur d'Emmett et d'Edward. Ce qui me rebuta parce qu'il y avait trop de monde. Et Edward.

J'étais attirée par lui et depuis que j'avais eu cette discussion avec Rose, je me demandais s'il était vraiment intéressé par moi. Je voudrais ne pas la croire pour ne pas me retrouver dans une situation humiliante où il me dirait : Moi, attiré par toi ? Cette bonne blague ! Mais il n'arrêtait pas de me regarder et moi, je n'arrêtais pas de détourner le regard à chaque fois que je le prenais sur le fait. Lui, ne détournait jamais le regard, même quand j'osai vérifié. Toujours un regard franc. J'avais l'impression qu'il essayait de résoudre une énigme, comme s'il allait avoir une révélation à force.

Nous allâmes à la plage ensemble et je fus la première à étendre ma serviette sur le sable. Une serviette s'étendit à côté de la mienne et je vis que c'était celle d'Edward. Je sentis mes joues rougirent et m'assis sur ma serviette pour regarder la mer. Tous les autres s'étaient installés de l'autre côté d'Edward en une rangée parfaite. Je me demandais s'ils ne faisaient pas exprès de me laisser pratiquement seule avec lui. Rosalie se retrouvait à l'autre extrémité si bien que je ne pouvais pas me servir d'elle pour esquiver la moindre approche d'Edward. Pas que je n'en avais pas envie mais j'étais tellement peu sûre de moi que j'avais peur de mal interpréter ses paroles ou ses gestes.

Il sortit une crème solaire du sac d'Alice et s'en tartina bien qu'il était déjà bronzé et qu'il ne risquait plus de coup de soleil. J'essayai de ne pas prêter attention à ses gestes mais le voir étaler la crème sur son torse était terriblement sexy. Il dût sentir mon regard sur lui puisque quand je relevai les yeux sur son visage, il me regardait avec un sourire en coin. Il me mit le tube dans les mains et s'allongea sur le ventre. Il voulait que je lui tartine le dos ? Ou il me le prêtait pour que je m'en mette ?

- Euh ?

- Tu ne veux pas que j'attrape un coup de soleil, mh ? Me lança-t-il.

Alice qui s'était installée à ses côtés fronça les sourcils en nous regardant tour à tour.

- Edward ? L'interpella-t-elle menaçante.

Il se redressa sur ses coudes en tournant la tête vers sa sœur.

- Je vais demander à Rosalie, s'enjoua-t-il.

Et bien voilà, il faisait semblant de s'intéresser à moi pour avoir Rosalie. Il utilisait la même arme que Rosalie pour la faire tomber dans ses filets.

- Non, non, c'est bon, céda Alice.

Edward se réinstalla, attendant que je me décide. Je me plaçai à genou à ses côtés et me mis de la crème sur mes mains, les frottaient l'une contre l'autre pour la réchauffer un peu et entrepris de lui en mettre d'abord dans le haut du dos. Il avait une peau parfaite, les lignes des muscles de son dos étaient aussi bien dessinées que celle de son torse. Il avait un corps entretenu mais sans excès. Contrairement à Emmett dont les muscles dépassaient de partout, ce qui était aussi très sexy, je n'allai pas mentir mais je trouvais sa carrure trop intimidante. Jasper lui était juste mince, comme moi. C'était plutôt excitant de glisser mes mains sur le dos d'Edward. Je n'avais jamais touché un mec avant, de quelque façon que ce soit. C'était le truc le plus sexuel que j'avais fait dans ma vie, c'était pour dire et j'inclue également tous les trucs qu'on faisait en solo. Et peut-être que je le caressai un peu trop au lieu de simplement étaler la crème. Je ne pus m'empêcher de me tortiller alors que mes mains passaient tour à tour à la limite de son short, si près de ses fesses. Je retirai mes mains aussitôt que j'avais fini et me réinstallai assise sur ma serviette, me mordant la lèvre inférieur en regardant la mer. Les hormones ne m'aidaient vraiment pas à être à l'aise.

- Voilà, fis-je tout de même pour lui signifier que j'avais bien fait mon travail.

- Mets-toi de la crème, m'invectiva-t-il, tu es si pâle que tu vas griller dans trois minutes.

Je fis ce qu'il dit et commençai par mes jambes. Je sentais son regard sur moi durant tout le processus et ne me sentais pas très à l'aise. Je remarquai un mouvement à ma gauche et vit Mike venir vers nous.

- Salut Bella, je peux me mettre avec vous ?

- Bien sûr, acceptai-je.

Il s'installa près de moi. Je regardai à mes côtés pour voir si ça ne dérangeait personne d'autre mais aucun n'y prêta attention sauf Edward qui semblait furieux. Je mis de la crème sur mon ventre en maudissant Rosalie de m'avoir forcée à acheter ce maillot de bain deux pièces. C'était soit celui-là soit un bikini très fin et j'avais opté pour le moindre des deux maux. On avait une sorte de marché, elle et moi qu'on appelait le traité Rosella entre nous et elle l'avait brandi haut et fort, ce jour-là. À chaque fois que je refusais obstinément quelque-chose, Rose invoquait le traité Rosella qui l'obligeait à me proposer d'autres options et ce traité m'obligeait à choisir l'une de ces options sans possibilité de refus. Avec le temps, j'avais fini par m'y résoudre et elle était de moins en moins obligée de m'y contraindre.

Je finis l'étalement de crème par mon visage et fus prête à me tortiller pour atteindre mon dos.

- Tu veux que je t'aide ? Me proposa Mike.

- Je m'en occupe, asséna Edward en m'arrachant le tube des mains.

Je lui lançai un regard questionneur.

- La moindre des choses, sourit-il.

Je reportai mon regard sur la fine ligne de sable qui séparait nos serviettes, cherchant un moyen de refuser poliment. Je n'allais pas supporter ses mains sur moi pas avec mes hormones en ébullition.

- Sur le ventre, bébé.

Mes yeux remontèrent vers lui, peut-être un peu trop écarquillés. Il attendait que j'obéisse sans rien ajouter et je décidai de ne pas relever le surnom. Aussitôt que je fus sur le ventre, je sursautai quand sa main pleine de crème se posa au centre de mon dos. Il n'avait pas pris la peine de la réchauffer. Il commença à doucement me l'étaler, comme si j'étais une chose fragile et j'étais en train de fondre sous ses caresses. J'avais fermé les yeux pour profiter de ce massage et ne pas laisser mon imagination... s'imaginer des trucs.

Quand il eut fini, il se réinstalla sur sa serviette, allongé sur le dos, il regardait le ciel. Je lui marmonnai un petit merci et décidai de rester dans cette position, la tête tournée vers Mike pour ne pas montrer que ça avait eu un certain effet sur moi.

Après peut-être une demi-heure à lézarder au soleil, Emmett se releva prestement et claqua ses mains ensemble.

- Une partie de Beach volley, ça vous dit ? Lança-t-il, joyeux.

Rosalie hésita puis acquiesça, Alice, Jasper et Edward acceptèrent enthousiastes.

- Bella ? Me demanda Rose.

- Non, je vais rendre ma peau moins blanche, refusai-je.

Hors de question que je me ridiculise.

- Je vais rester alors, fis Mike.

Alice fronçait les sourcils vers Edward qui reluquait Rosalie. Je soupirai malgré moi. Rosalie avait de la chance d'être elle. Le groupe s'en alla vers un terrain de volley libre. Jasper resta au bord du terrain tandis que des équipes deux contre deux s'étaient placés d'un côté et de l'autre du filet. Alice avait dépassé Rosalie pour se mettre avec Edward, obligeant Rosalie à changer de trajectoire pour se mettre avec Emmett.

Mike et moi décidâmes finalement d'aller nous baigner. Nous descendîmes vers la mer, longeant le terrain ou le reste du groupe s'amusait. Edward manqua la balle tandis qu'il nous suivait du regard, les sourcils froncés. Je reportai le mien à nouveau devant moi avant de rougir comme une tomate.

- On fait la course ? Lança Mike, taquin alors que nous n'étions qu'à quelques pas de l'océan.

- Ok.

- Le premier complètement submergé gagne un baiser, s'enjoua-t-il. À l'endroit que le gagnant décide.

Je le regardai surprise, ma bouche s'entrouvrant légèrement.

- Prête ? 1, 2, 3, partez !

Nous courions à toute allure vers la mer. Ralentis par celle-ci, j'essayai de bondir pour garder de la vitesse, malheureusement, ce fourbe de Mike plongea la tête la première alors que le niveau de l'eau n'était pas très haut et il gagna donc la course. Je plongeai un peu plus loin, là où la profondeur me paraissait acceptable parce que je pouvais trouver le moyen de me briser le crâne dans cette histoire. Il s'approcha de moi d'une allure de vainqueur et je lui envoyai une bourrasque d'eau dans la figure. Il commença à courir comme il le put dans cet océan et je fis de même pour m'échapper en riant. Il m'attrapa par le bras et me cacha l'horizon.

- Et mon gain, alors ? S'amusa-t-il.

Je n'avais jamais embrassé de garçon et c'est Edward qui me plaisait aussi, j'espérai qu'il ne me demande pas de l'embrasser sur la bouche.

- Euh... où je dois te le faire, euh... ce bisou ?

- Pas un bisou, Bella, un baiser, corrigea-t-il. Ici, si t'es d'accord.

Il pointa ses lèvres de son index. J'hésitai. Je l'aimais bien mais il ne me plaisait pas comme ça et je ne voulais pas qu'il pense que j'étais intéressée. Cependant, je devais rentrer à Forks avec au moins un baiser, Rosalie n'en démordrait pas. Mike était mignon et au moins, avec lui, je ne regretterai pas de devoir le quitter. Alors qu'Edward, ça serait la fin de tout. Je pensai ça comme si c'était possible, c'était Rosalie qu'il voulait. Devais-je ou non embrasser Mike ? Je mis les pour et les contre de chaque côté et après le vote je décidai que c'était les vacances et advienne que pourra.

Je m'approchai de lui sans toutefois le toucher et approchai mes lèvres des siennes qui étaient à la même hauteur puisque nous faisions sensiblement la même taille. Quand je sentis des mains sur ma taille me soulever et me projeter en l'air sans comprendre ce qu'il venait de se passer. J'atterris sans grâce un peu plus loin, buvant la tasse en essayant de remonter à la surface. Un bras entoura mon dos et me souleva jusqu'à l'air et je me retrouvai à tousser contre le torse d'Edward.

- Je voulais te surprendre mais pas à ce point, s'amusa-t-il.

Son regard et son sourire malicieux retint le ''T'es vraiment con'' que je voulais lui lancer. Il m'avait foutu la trouille de ma vie.

- J'espère que je n'interromps rien, ajouta-t-il, plus sérieux.

Je le regardai un instant et je sus qu'il savait ce que j'allais faire et j'avais l'impression que ça ne lui plaisait pas. Il se tourna vers Mike, s'éloignant légèrement de moi mais gardant son bras dans le bas de mon dos.

- Il manque un arbitre, tu devrais y aller, lui jeta-t-il.

Mike allait protester mais Edward ajouta :

- Je m'occupe de distraire Bella.

Le ton était sans appel aussi Mike ne dit rien et alla retrouver les autres. Edward me prit la main et nous marchâmes un moment en silence. Je n'osai pas dire quoique ce soit et il n'était pas décidé à briser le silence. Nous arrivâmes près d'un bateau qui flottait sur l'eau calme. Il était noir et rouge avec Volterra écrit en lettres dorées sur la partie noire de la coque. Edward m'y adossa, posa ses mains autour de ma tête, m'emprisonnant entre le bateau et son corps. Il me regardait encore avec son regard qui lui était propre. Son regard était tellement troublant que je ne pourrais pas vraiment résister si l'envie lui prenait de me prendre, là, maintenant, devant les quelques nageurs qui pouvaient nous voir. C'était quand même de la triche, ce regard. Et ce sourire en coin qui étirait ses lèvres n'était pas mieux.

Il couvrit le peu de distance qui nous séparait et ses lèvres furent sur les miennes, s'imposant à elles. Il en força la barrière avec sa langue, caressa ma langue de la sienne avant de la retirer pour tirer sur ma lèvre inférieur avec ses dents puis ses lèvres et sa langue revinrent à la charge avant de mettre fin au baiser. Me laissant pantelante et rouge comme une tomate.

- Mais... euh... Rosalie ? Le questionnai-je, perdue.

- Je pensais que tu savais que c'est toi que je voulais, répondit-il en haussant les épaules.

- J'étais dans la douche quand tu as parlé avec Emmett et Jasper, lui appris-je.

Il fronça les sourcils.

- Tu as dis que...

- Je sais ce que j'ai dit, me coupa-t-il. Je ne savais pas que tu y étais. J'ai tout de suite admis qu'ils ne devaient pas me laisser seul avec toi, ça, c'était la vérité. Et je savais qu'en l'admettant si rapidement, Jazz me soupçonnerait de cacher mes véritables intentions. C'était facile de leur faire croire que j'en avais après Rosalie. Bien qu'Alice me connaisse bien et a bien failli tout foutre par terre.

Je ne pouvais plus réellement penser. Il me voulait. Moi. Je sentais mon cœur battre dans ma poitrine. Bam-bam, bam-bam...

- Pourquoi leur faire croire ça ? Demandai-je sous son regard hypnotisant.

Il sourit, pas comme un sourire amusé. Plutôt un sourire diabolique.

- Parce qu'il m'aurait empêcher d'être seul avec toi.

C'était bizarre, cette histoire de ne pas le laisser seul avec moi. Nous remontâmes parce que je commençais à grelotter. Il fit comme si de rien n'était devant les autres et donc, je me calquai à son attitude. Il avait installé une certaine distance entre nous et ça ne me plaisait pas mais je respectais.

Le soir, tous décidèrent d'aller au cinéma voir le dernier Avengers. N'aimant pas ce genre de film, je décidai de rester pour me reposer dans ma tente. Je m'étais endormie rapidement en pensant au baiser qu'Edward m'avait administrée. Au cours de la nuit, je rêvais de douces caresses sur mon corps tantôt avec une main tantôt avec une bouche sur ma peau. Je mis un temps avant de réaliser que ce n'était pas un rêve. Un peu déroutée, espérant que c'était bien celui auquel je pensais et non un psychopathe, je me mis sur le côté, cherchai la petite lampe de camping et l'allumai. La moitié du visage d'Edward apparut et je ne pus m'empêcher de sourire.

- C'est un bon réveil, admis-je. Il est quelle heure ?

- Presque 21h30, me répondit-il avant de m'embrasser. Je me suis échappé de la salle dès que le film a commencé.

- Ah.

Je pensais avoir dormi bien plus longtemps que trois-quart d'heure. Edward retira la couverture de mon corps et me contempla sous la faible lumière. Je ne portais qu'un tee-shirt et mon shorty. Il claqua ma fesse bruyamment avant de dire :

- Viens avec moi.

Il s'extirpa de ma tente et je cherchai mon pantalon avant de sortir à mon tour.

- Sors de là, s'impatienta-t-il. Il n'y a personne, pas besoin de mettre des vêtements inutiles, tu es déjà trop habillée.

Je déglutis difficilement. Je n'étais pas du tout trop habillée mais je sortis quand même en jetant des regards un peu partout. Le soleil était déjà couché mais ce n'était pas encore le noir complet. Edward me prit la main et se dirigea vers le bungalow sans prendre la peine de savoir si j'étais prête à le suivre. Il me fit entrer et poussa la porte d'une chambre, porte qu'il referma tout aussitôt.

J'étais excitée mais aussi pétrifiée. Je n'allais jamais faire les choses correctement.

- Regarde-moi, m'ordonna-t-il.

Je relevai donc mes yeux vers les siens. Il caressa ma joue avec sa main puis ma mâchoire avec le dos de ses doigts.

- J'aime que tu m'obéisses, bébé, murmura-t-il. Et nous allons voir à quel point tu aimes m'obéir.

J'avalai le peu de salive qui me restait dans la bouche.

- Je vais te prendre, m'annonça-t-il. Beaucoup te diront que ce n'est pas une bonne chose que tu sois là, seule avec moi.

D'accord, ça me faisait un petit peu flipper.

- Mais crois-moi, ça va être une bonne chose. Tu me fais confiance ?

Je hochai la tête puis baissai les yeux.

- Regarde-moi, m'invectiva-t-il.

Il sourit quand je lui obéis. Ok, c'était son truc. Genre... obsessionnel du contrôle ou je ne sais quoi.

- Parfait. Combien de mec avant moi, bébé ?

Un pli s'insinua sur son front en attendant ma réponse.

- Aucun, répondis-je avec une voix si faible que je crus qu'il ne m'entendrait pas.

- Bien, on va commencer doucement, alors.

Il resta silencieux et j'essayai de ne pas baisser les yeux.

- Ok ?

- Ok, glapis-je.

- Bien, fit-il en entortillant une mèche de mes cheveux autour de son doigt.

Puis ses lèvres furent à nouveau sur les miennes et ses mains semblaient ne pas vouloir laisser une parcelle de ma peau dénudée sans leur trace. Il retira son tee-shirt, m'enleva le mien et partit à l'assaut de ma gorge avec sa bouche. Il embrassait et mordillait cette zone sensible. Ne sachant pas vraiment quoi faire de mes mains, j'en avais posée une sur sa nuque et l'autre dans ses cheveux. Puis il me jeta sans ménagement sur le lit me retira mon shorty puis se débarrassa du reste de ses vêtements.

- Touche-moi, m'ordonna-t-il tandis qu'il me surplombait de son corps.

Je fis glisser mes mains sur ses épaules, sur son torse, ses pectoraux, ses abdos. Oserai-je aller plus bas ? Je savais ce qu'il fallait que je fasse de son membre dressé entre nous mais allais-je faire ça correctement ? Je mis mon appréhension de côté et pris son sexe dans ma main droite, entamant un léger va-et-vient tandis qu'il empoignait mon intimité, faisant tourner l'un de ses doigts, je ne saurais dire lequel avec précision, autour de mon entrée puis sa main s'éloigna pour laisser son doigt remonter un peu plus haut. Les sensations étaient au-delà de ce que j'avais pu imaginer.

- Serre un peu plus fort, me conseilla-t-il alors que je n'osai pas trop serré de peur de lui faire mal.

Il passa de longues minutes à littéralement adorer mon corps jusqu'à ce qu'il s'éloigne et sorte du lit pour chercher quelque-chose dans son sac. Une fois la chose trouvée, il revint et déchira le paquet du préservatif avec ses dents. Il posa son genou entre mes cuisses pour les éloigner puisque j'avais étendue mes jambes l'une contre l'autre, les écartant de ce fait de la largeur de son genou. Il enfila le préservatif sur son sexe et me mit une claque sur la cuisse que je pris pour une demande d'écarter mes jambes davantage. J'obéis le rouge aux joues. Je voudrais pouvoir éteindre la lumière pour cacher mon embarras.

- On peut arrêter là, si tu ne te sens pas à l'aise avec moi.

Il me laissait une porte de sortie.

- Euh... non... non, c'est bon.

- Tant mieux, ça m'aurait fait chier, admit-il.

Je souris et le perdit en le sentant entrer doucement en moi. C'était désagréable dans un premier temps mais il allait si doucement que j'avais le temps de m'habituer à lui à cet endroit. Une fois que je n'eus plus qu'une légère gêne, il commença à accélérer la cadence.

Ce n'est qu'une fois qu'il se retira de moi et se laissa retomber sur le matelas à mes côtés, après avoir jouis et être rester un petit moment sans bouger toujours encastrer en moi que je réalisai que je n'étais plus vierge. Rosalie allait être fière de moi. Edward nous couvrit du drap jusqu'à nos bassins.

- Tu souris ? J'imagine que tu as aimé.

Mon sourire se fit plus grand. Je ne répondis pas même si c'était le cas. D'après mon unique et récente expérience, Edward aimait le sexe un peu sauvage et il aimait aussi mettre des fessées lorsque les positions le permettait soit quand j'étais sur lui ou quand il était derrière moi. J'avais couché avec un mec sexy, je n'arrivais pas à y croire.

- Bébé ? M'interpella-t-il.

Je relevai mes yeux qui s'étaient perdus sur son torse dénudé.

- J'aime les câlins après le sexe, fit-il en plissant les yeux.

Je souris et me calai contre lui, il m'entoura de son bras, laissa l'autre sur son ventre. Je posai ma tête sur lui ainsi qu'une de mes jambes sur les siennes pour me maintenir dans une position confortable. Mes deux bras croisés devant moi laissaient mes mains posées sur son torse.

- Parle-moi de toi, souffla-il.

- Je ne sais pas quoi dire...

- Tu vas trouver, lâcha-t-il en claquant ma hanche avec sa main libre.

Ce qui me fit pouffer. Je lui racontai donc à peu près tout ce qui me passait par là tête à propos de moi. Ma vie à Forks, mon amitié avec Rosalie, mon entrée prochaine à l'université de Seattle en littérature anglaise.

- Et toi ? Demandai-je à la fin.

J'appris donc qu'Edward Cullen avait 25 ans, que c'était ses premières vacances depuis qu'il avait monté sa boîte. Si on pouvait parler de boîte. Il avait racheté un hôtel qu'il avait restauré et rendu plus moderne avec l'argent qu'il avait hérité de ses grand-parents quand il était petit. Il avait laissé fructifié la somme contrairement à son grand frère et sa petite sœur qui avaient tout dépensé pendant leur adolescence. Il ne lui restait plus rien de cet héritage à cause de l'hôtel mais celui-ci marchait vraiment bien et il réfléchissait à l'idée d'ouvrir un autre hôtel, ailleurs, d'ici quelques années. Emmett avait 29 ans soit 9 ans de plus que Rosalie qui allait criser parce qu'elle refusait de sortir avec des vieux. Vieux étant à partir de 6 ans de plus qu'elle, d'après elle, je n'étais pas d'accord. Alice n'était plus jeune d'Edward que d'un an, leur mère étant retombée enceinte accidentellement très rapidement. Ils avaient été élevés comme des jumeaux. Alice et Jasper qui avait 25 ans sortaient ensemble depuis plus de 5 ans et Jasper projetait de la demander en mariage mais ça, il fallait que je le garde pour moi.

- Pourquoi les autres ne veulent pas que tu sois seul avec moi ? lui demandai-je.

Il met un temps à chercher ses mots.

- Ils n'arrivent pas à comprendre mon comportement, j'ai besoin de contrôler et ça inclut mes partenaires sexuelles.

L'idée d'être une partenaire de plus ne m'enchantait pas mais c'était ainsi. Je savais que ça aurait plus de signification pour moi que pour lui. Il était mon premier, j'étais peut-être la numéro six.

- S'ils ouvraient la porte et nous trouvaient comme ça, ils penseraient que je t'ai obligée.

- Tu ne m'as pas dit où tu vivais, lui fis-je remarqué en baillant.

Je voulais changer de discussion parce que je n'avais pas pensé au fait qu'ils pourraient très bien nous surprendre, à poils, dans les bras l'un de l'autre.

- Ce n'est pas important, tu es fatiguée, dors.

J'en conclus que ce n'était ni à Forks ni à Seattle et mon cœur se pinça à l'idée que demain, j'allais devoir rentrer sur Forks et ne plus jamais le revoir. Quand bien même ça avait simplement été une histoire comme ça. Il nous restait qu'une semaine avant la rentrée mais il nous fallait préparer nos affaires pour aller vivre sur le campus et nous n'avions pas vraiment les moyens de prolonger nos vacances. Il suffisait simplement de ne pas s'attacher. Facile, il ne restait même pas 24h.

Je me réveillai le lendemain matin à cause de quelque-chose qui me chatouillait la mâchoire. J'ouvris les yeux avec le corps d'Edward contre moi, il me caressait la mâchoire avec ses lèvres.

- Mh, bonjour, soufflai-je doucement.

Il ne répondit pas, déposant des milliers de baiser le long de mon cou, en descendant vers ma poitrine puis mon ventre puis sur mon intimité. Ça, c'était un réveil que je n'étais pas prête d'oublier. Je sentis le désir m'envahir puis le plaisir monter en moi mais sans vraiment aller jusqu'au bout. Si toutefois, il y avait un bout. C'était peut-être ça, un orgasme. Edward me claqua l'une de mes fesses et je sus que oui, il y avait un bout et que non, ça n'avait pas encore été l'orgasme. J'explosai intérieurement, essayant de ne pas trop exprimer vocalement mon plaisir, par timidité surtout mais aussi pour ne pas que l'on m'entende de l'autre côté des murs. Il n'était pas le seul dans ce bungalow et les autres étaient forcément revenus du cinéma vu qu'il faisait jour, dehors.

Edward remonta sur moi, il voulut m'embrasser mais j'esquivai parce que l'haleine du matin existait aussi chez les filles. Edward emprisonna mon menton d'une main et me força à tourner la tête vers lui.

- Tu ne veux pas m'embrasser ? Me demanda-t-il durement.

- Euh... fis-je tout petite. Je ne me suis pas lavée les dents...

Il sourit, rassuré.

- Je n'aime pas ne pas avoir ce que je veux, bébé. Et là, je veux t'embrasser.

Ses doigts glissèrent de mon menton et il vint prendre mes lèvres en otage, poussant le vice jusqu'à insérer sa langue entre mes lèvres.

- Tu trouves que je suis incommodé par quoique ce soit ? Me demanda-t-il après avoir mit fin au baiser.

Je secouai la tête de gauche à droite.

- Bien. Maintenant, je vais te prendre à nouveau. J'en ai très envie et toi aussi.

Il dû avoir la confirmation dans mon regard puisqu'il sourit. Il était déjà prêt et je l'étais grâce à lui. Après avoir enfilé un préservatif, il dirigea son sexe vers mon intimité, je grimaçai tout de même en sentant que j'étais un peu endoloris, il le remarqua et continua à se mouvoir doucement jusqu'à ce que le plaisir dépasse cette sensation un peu désagréable.

- Tu repars quand ? Me questionna-t-il pendant notre câlin d'après-sexe.

- En début d'après-midi.

Il se redressa vivement, me lançant un regard mécontent.

- Tu es obligée ? Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? Gronda-t-il.

- Oui, je suis obligée, répondis-je avec des pincettes. Ça aurait changé quoi ?

J'avais peur qu'il regrette.

- J'aurais fait en sorte de t'avoir plus rapidement, grinça-t-il. Ce n'est clairement pas assez.

Je me redressai et déposai un bisou sur son épaule. Ravie qu'il en veuille plus.

- Il va falloir que tu manges, ajouta-t-il, je vais te prêter des fringues.

Il me prêta une chemise, trop grande pour moi et un de ses boxers. J'attendis qu'il ait enfilé son jean pour ouvrir la porte et restai figée alors que trois paires d'yeux se tournèrent vers moi en même temps. Visiblement, aucun n'était ravi de me voir sortir de cette chambre.

- Edward Anthony Cullen, ne peux-tu pas laisser ta bite là où elle doit être ? Gronda Alice.

- Ferme-là, elle va croire que j'enchaîne les filles, riposta-t-il sur le même ton.

C'était exactement ce que j'étais sur le point de croire. Il m'embrassa sans tenir compte du regard des autres.

- Tu ne serais pas contre à l'idée de l'enchaîner, lança Emmett en me pointant du doigt, moqueur.

Un sourire apparut sur le visage d'Edward aussi vite qu'il disparut. Il ne voulait pas montrer à Emmett qu'il avait été drôle, sans doute.

Le début d'après-midi arriva trop vite, Edward ne m'avait pas lâchée, sauf pour la douche et les autres n'avaient pas lâché Edward d'une semelle non plus malgré les propositions que Rosalie faisait pour essayer de les éloigner de nous. Celle-ci était absolument heureuse que je me sois décoincée un peu, selon ses dires. Je n'avais pas revu Mike. Edward se révélait très directif avec moi, me disant de manger, de le regarder, de répondre à ses questions. Et j'aimais assez ça, ça me mettait à l'aise avec lui, du coup.

Malheureusement, il était temps d'y aller... et de dire au revoir. Edward se montra exigeant lorsqu'il m'embrassa et il me laissa partir à contre-cœur. Dans la voiture, qui s'obstinait à m'éloigner de lui, j'essayai de ne pas pleurer.

-LTC-

Le bâtiment qui accueillait les premières et deuxièmes années de littérature anglaise se tenait fièrement devant nous. Rosalie aussi avait choisi ce cursus pour rester avec moi parce qu'elle ignorait totalement ce qu'elle voulait faire de sa vie. J'étais de mauvaise humeur depuis une semaine et demi, depuis que j'avais quitté Edward qui devait vivre sa vie de son côté. Peut-être suis-je déjà de l'histoire ancienne ? Il allait falloir que je m'endurcisse sentimentalement.

- C'est magnifique, s'extasia-t-elle devant le bâtiment au style gothique.

- Mouais, répondis-je en essayant d'avoir le même enthousiasme.

- Oh, Bella, quand vas-tu arrêter de ronchonner ? Dis-toi que tu as pu coucher avec ton homme sexy alors que moi, je n'ai pas réussi à faire tomber le mien dans mes filets.

- Tu n'arrêtais pas de l'ignorer, aussi, lui fis-je remarquer avec humeur.

- C'est vrai, ça marche d'habitude. Mais pourquoi tu n'as pas pris son numéro ?

C'était vrai. Pourquoi ne l'avais-je pas pris ? Mais surtout, pourquoi lui, n'avait pas pris le mien. Il avait plus d'assurance et plus de facilité à prendre les choses en main. Moi, j'étais juste une fille peureuse.

- Bouge pas, me dit-elle. J'ai vu Lauren et Jess, là-bas.

En effet, Lauren était près du stand d'accueil avec Jessica. Elles étaient amies avec Rosalie à Forks mais elles m'ignoraient complètement. Du moins, depuis l'entrée au lycée puisqu'elles faisaient partie des élèves qui me harcelaient au collège. Aussi, Rosalie faisait en sorte que je n'aie pas à les croiser plus que nécessaire.

- Mademoiselle, m'interpella un étudiant.

- Oui ?

Il était brun et avaient des yeux verts qui me rappelèrent ceux magnifiques d'Edward. Je décidai de détester le type qui me faisait face.

- C'est pour toi, me dit-il en me tendant son paquet.

Il s'en alla prestement comme s'il avait le feu aux fesses. Je regardai la barquette en plastique transparent, elle était vide à l'exception d'une seule et unique framboise.

Je relevai les yeux et tombaient sur un magnifique regard vert qui me scrutait.