Petite note de l'auteur : Merci aux personnes qui ont pris le temps de laisser une review et aux lecteurs silencieux ! Voici donc le premier chapitre, j'attends vos avis avec impatience.

Bonne lecture et à vos remarques !


1. Derek

Derek n'aimait pas ces journées où tout tournait mal et celle-ci avait été horrible, incroyablement horrible. C'était ce genre de journée où on avait l'impression qu'on n'arriverait jamais à sortir la tête de l'eau. L'unité avait été appelée sur les lieux d'un accident de voiture. Un chauffard, roulant au dessus des limitations de vitesse, avait percuté une autre voiture, la faisant percuter un poteau électrique.

Ce qui aurait dû être un banal accident de la route s'était transformé en une lente agonie pour la petite fille prisonnière de son siège. Derek avait été le premier à ses côtés, lui parlant, la rassurant, lui demandant de ne pas bouger. La fillette avait mis du temps à se calmer, tenant férocement le bout des doigts de Derek avant de dire qu'elle avait mal et qu'elle était fatiguée et puis Derek l'avait senti, l'odeur âpre de la mort qui commençait à émaner de la fillette. Le reste de l'unité sécurisait les lieux et tout s'était mis à tourner au ralenti autour de lui quand le cœur de l'enfant cessa de battre. Il l'avait senti pulser jusqu'à ce qu'il ne s'éteigne sous ses doigts impuissants.

Les pas dans les escaliers le sortirent de ses sombres pensées, le jeune homme se figeant dans l'entrée en sentant une odeur de vanille et caramel l'envelopper. Une odeur réconfortante après des heures passées dans la tôle et le sang bien qu'inconnue. Qui se trouvait chez lui ?

L'adolescent face à lui, lui lança un regard surpris et légèrement hostile avant de le contourner pour se rendre dans le salon, Derek sur ses talons. Le loup-garou n'avait jamais rencontré Stiles Stilinski autrement que sur les rares photos du shérif, de vieilles photos où l'adolescent ne dépassait pas les six ans. John parlait rarement de son ex-femme et de son fils. Pourtant à cet instant, Derek se remémora les paroles de John, le policier l'informant que Stiles revenait vivre chez lui, temporairement ou non. Derek avait acquiescé, déjà en retard pour le travail avant de claquer la porte. Il avait oublié cette information jusqu'à maintenant.

_ Derek, se présenta le soldat du feu, en tendant une main à l'adolescent.

_ Je sais, répondit l'adolescent, en observant la main face à lui avant de se détourner.

_ Est-ce que ton arrivée s'est bien passée ? Tu as besoin d'aide pour quelque chose ?, demanda Derek par politesse mais aussi avec intérêt, il allait cohabiter avec cet adolescent, mieux valait se montrer cordial.

_ Écoute, commença Stiles en claquant la porte du frigo, une bouteille d'eau dans les mains. Je ne te connais pas et tu ne me connais pas et sincèrement je n'ai pas envie d'apprendre à te connaître. Je partirai dès que je serai majeur alors ça ne sert à rien de te forcer à être aimable avec moi parce que je viens d'arriver chez toi. Vis ta vie et je ferai de même de mon côté.

Le ton de Stiles le prit au dépourvu. Le cœur du jeune homme n'avait pas cillé une seule fois, prouvant à Derek que l'adolescent était ample plus sérieux. Stiles était distant et froid mais Derek pouvait-il le blâmer pour cela ?

_ C'est aussi chez toi ici, crut bon de répliquer Derek. Cette maison, tu es ici chez toi.

_ Non, j'apprécie l'effort mais ne te donne pas cette peine.

Stiles le dépassa, l'ignorant clairement, le plongeant dans une confusion totale. Derek n'était pas stupide, il pouvait comprendre la colère et l'amertume de l'adolescent. John avait été un véritable père pour Laura et lui, veillant sur eux après l'incendie, les protégeant mais Derek n'aurait jamais pensé que Stiles choisirait de se comporter comme s'ils étaient de parfaits étrangers. N'était-ce pas une chance pour lui de retrouver son père ?

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_ Jour', souffla Derek en embrassant Laura sur la tempe, avant d'aller se servir une tasse de café, John le saluant d'un signe de tête. De quoi parliez-vous ?

_ Je demandais à John si il voulait qu'on mette son fils au courant de la situation.

_ Je doute que cela soit une bonne idée, énonça Derek en prenant place.

_ Et j'aimerais le tenir éloigné de ce genre de choses, il est trop jeune.

_ Ce n'est pas en lui mentant qu'on réussira à l'intégrer dans notre famille, contra la jeune femme. John, je sais à quel point tu voudrais te rapprocher de lui alors peut-être que son arrivée et la vérité pourraient faire de tout cela un nouveau départ ?

_ Il ne compte pas rester, avoua Derek, John se raidissant à ses côtés. Il me l'a dit hier soir, il partira une fois majeur, il ne veut rien à voir à faire avec nous.

_ Il est en colère, apaisa Laura. Peut-on le blâmer pour cela ? De son point de vue, on a détruit sa famille.

John souffla longuement en se laissant aller contre le dossier de sa chaise.

_ Peux-tu m'en dire plus sur cette maladie ?

_ Je n'ai pas eu accès à son dossier donc je ne connais pas l'étendue de la progression de la maladie de Claudia, grimaça Laura. Mais c'est mauvais John, très mauvais. Et incurable, il n'existe pas de traitement contre ça. Claudia va finir par s'éteindre, son cerveau va mourir à petit feu. Cela peut aller de la simple perte de mémoire à la perte de ses fonctions motrices. Stiles doit pouvoir t'en dire plus, il a vécu le début de la maladie avec elle et...

_ Stiles refuse de parler de sa mère. Il a simplement ignoré mes questions quand je l'ai récupéré à la gare routière. Il a toujours été très proche d'elle, déjà avant notre séparation, ils avaient une certaine complicité, confia avec douleur le policier.

_ Je suis désolée, souffla Laura en serrant la main du shérif. Sincèrement.

_ Est-ce que la morsure pourrait la sauver ?, demanda John avec espoir.

_ Non, la morsure ne guérit pas tout. Dans le pire des cas, elle mourrait beaucoup plus rapidement.

_ Stiles vient de sortir de sa chambre, informa Derek.

L'adolescent pénétra dans la cuisine quelques minutes plus tard, se figeant à l'entrée en apercevant les trois personnes présentes. Passant ses mains dans ses cheveux, l'adolescent bailla longuement, son regard rencontrant celui de Derek. Le loup-garou garda le silence, se contentant d'observer le jeune homme, intrigué en entendant le rythme cardiaque de Stiles louper quelques battements.

_ Stiles, viens t'asseoir avec nous, j'ai ramené des donuts en rentrant, invita John en désignant la chaise en face de Derek.

_ Des donuts au petit-déjeuner, ce n'est pas vraiment sain, grommela l'adolescent en sortant la bouteille de jus d'orange du frigo.

_ C'est ce que je m'échine à dire à ces deux idiots !, s'exclama Laura. Prenez exemple sur la jeunesse vous deux et ne venez pas vous plaindre de votre cholestérol ! Merci Stiles, sourit la jeune femme.

Stiles resta pantois face à la bonne humeur de Laura Hale, perturbé de la voir s'échiner d'une manière peu discrète à l'intégrer dans la conversation et dans le tableau du parfait petit-déjeuner familial.

_ Ouais ok, répondit l'adolescent, son verre à la main, prêt à quitter la pièce.

_ Stiles, l'interpella le shérif. On a une règle dans cette maison, quand nous sommes tous réunis, nous prenons le petit-déjeuner ensemble et ce n'est pas négociable, viens t'asseoir avec nous.

Stiles les observa, prêt à répliquer avant de souffler, partant s'installer aux côtés de Derek. Il avait promis à Scott de faire en sorte que la cohabitation soit la moins pénible possible. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il serait parti s'installer chez les McCall mais John s'était montré intraitable quand il avait soumis l'idée. Stiles vivrait chez lui et il avait été clair que cela aussi ne serait pas négociable, comme sa participation à ce petit-déjeuner apparemment.

_ Je suis ravie de te rencontrer Stiles, vraiment, sourit Laura. Alors prêt à affronter les fauves du lycée de Beacon Hills ?

_ Ils peuvent pas être pire que ceux de Sacramento, répliqua Stiles en grognant faisant naître un sourire discret sur les lèvres de Derek.

_ Vrai, approuva Laura, amusée. Comment est Sacramento ?

_ Grand et chaud.

Derek garda le silence, sirotant avec bonheur son café. Laura animait la conversation à elle seule et cela lui convenait parfaitement. Il n'avait jamais été un grand bavard, il était taciturne là où sa sœur était exubérante. Il était évident que Stiles se forçait à lui répondre, pour se montrer poli alors qu'il aurait aimé se trouver n'importe où ailleurs. Pourtant la voix de l'adolescent était apaisante, Derek ne se l'expliquait pas mais Stiles n'avait pas le genre de voix qui agressait ses sens lupins, bien au contraire. Il l'apaisait.

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_ Madame Kelly, vous nous avez fait une sacrée peur aujourd'hui, gronda gentiment Derek. Est-ce que votre fils est en ville en ce moment ?

La vieille dame désorientée, agrippa la manche du pompier, s'excusant de les avoir dérangés une nouvelle fois. Quand Derek fut certain que la dame âgée serait amenée à l'hôpital, il retourna au camion, grimpant dedans en retirant son casque.

_ Alors comment est le fils du shérif ?, demanda Reid avec un sourire. Mec, tu vas vivre avec un adolescent, pouffa le pompier en ouvrant sa veste.

_ Je le fais déjà avec toi, se moqua Derek, déclenchant les rires de ses coéquipiers. Et puis, il sera bientôt majeur alors ce n'est presque plus un adolescent.

_ Ok mais sinon ? Personne n'a plus réellement vu le fils Stilinski depuis des années.

_ Il a été aperçu avec le fils de l'infirmière McCall, intervint un des hommes. Il paraît qu'il ressemble à son père ?

_ Pourquoi cela vous intéresse-t-il tellement ?, demanda Derek avec perplexité.

_ Mec c'est Beacon Hills ! Il ne se passe jamais rien à Beacon Hills.

Derek ne put pas vraiment contredire cette information. Il se passait des choses à Beacon Hills, beaucoup d'événements, surnaturels, mais pour un simple humain, la ville ressemblait à toute autre ville. Calme, avec son lot quotidien de malheurs, si ce n'est qu'elle comptait quelques loups-garous en plus.

_ Il ne ressemble pas vraiment au shérif, clarifia Derek. Et il doit avoir les yeux de sa mère, ils sont d'un marron clair, assez lumineux, un teint laiteux et des grains de beauté un peu partout aussi. Il est grand et assez mince et bavard, plus que Laura, poursuivit Derek, se souvenant encore des heures durant lesquelles, il avait entendu l'adolescent discuter avec le fils McCall par facetime interposés.

_ Et le shérif, il sait que tu mates son fils ?, pouffa Reid.

_ Bande de blaireaux, grogna Derek en croisant les bras. Vous demandez, je réponds.

Les éclats de rire dans le camion le firent grogner une nouvelle fois. Qu'est-ce que Reid allait encore inventer, lui mater le fils de John ? Derek était presque sûr que c'était considéré comme de l'inceste, John avait été son presque père, son tuteur jusqu'à sa majorité alors cela ne faisait pas de Stiles son petit frère par procuration ?

John Stilinski l'avait élevé, les prenant en charge avec Laura. Leur première pleine lune après l'incendie du manoir avait été une véritable catastrophe, John avait bien failli mourir en découvrant la vérité sur ce qu'ils étaient réellement. Et puis, il les avait veillé, accompagnés au lycée, calmé les crises de terreur nocturnes. Il les avait encouragé dans toutes les idées qu'ils avaient pu avoir. Ils devaient énormément au shérif de Beacon Hills qui avait fait passer leurs conforts avant sa propre vie. Alors s'intéresser un tant soi peu à Stiles ? Derek n'en avait pas le droit... N'est-ce pas ?

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C'était agréable de se dire qu'il n'aurait pas à rester sur le qui-vive pour les deux prochains jours. Il aimait être un pompier, une vocation qu'il s'était découvert vers la fin de sa dernière année de lycée. Le camion était passé devant lui et Derek avait su, su qu'après la tragédie qu'avait vécu sa famille, il deviendrait un soldat du feu, pour empêcher que d'autres événements de ce genre se reproduisent, même si une part de surnaturel demeurait dans son propre drame familial.

Pieds nus, relaxé, le loup-garou descendit au salon, découvrant Stiles assis sur le canapé, des feuilles étalées tout autour de lui, un casque sur les oreilles, tandis que l'adolescent était sur son ordinateur, totalement inconscient de sa présence.

Cela avait été incroyablement facile de s'habituer à la présence de Stiles dans la maison. Celle-ci était devenue plus bruyante et plus vivante et peut-être encore plus chaleureuse qu'elle ne l'était déjà. C'était aussi agréable d'avoir une personne qui l'attendait le soir. John était là aussi mais ce n'était pas la même chose, le shérif était dans une période de l'année où il travaillait sur les services de nuit alors quand Derek rentrait de ses gardes, il ne retrouvait pas une maison vide mais Stiles. Stiles et sa musique et sa façon de danser n'importe comment quand il se pensait seul, Stiles et sa manie de grignoter en travaillant, Stiles et sa présence tout simplement.

L'adolescent n'était pas encore à l'aise avec lui, malgré tout, il était moins hostile à sa présence, lui parlant de son propre chef même si c'était pour des questions ménagères ou pour l'entendre s'époumoner que Derek avait vidé l'eau chaude en rentrant d'une journée de travail ou qu'il avait fini la brique de jus d'orange et que la ranger vide n'était vraiment pas digne d'un bon colocataire. Stiles était plein de vie, une bouffée d'oxygène dans son quotidien.

Derek tapota l'épaule de l'adolescent, attirant son attention, Stiles retirant un écouteur d'une oreille.

_ Je me disais que ce soir on pourrait commander ?, proposa le loup-garou. Je n'ai pas vraiment envie de cuisiner et...

_ Ca me va, le coupa Stiles. J'avais pas vu l'heure sinon j'aurais préparé le repas.

Derek haussa les épaules, faisant comprendre que ce n'était pas important. Même si il aimait quand Stiles cuisinait, l'adolescent n'avait pas à s'excuser d'avoir oublié de préparer le dîner. Le jeune avait l'air en totale immersion dans ses cours à son arrivée, on aurait dit Laura durant ses premières années de médecine.

_ Pizzas ou chinois ?, demanda Derek, les menus déjà en main.

_ Chinois, répondit Stiles en refermant son ordinateur, avant de réunir ses feuilles en un tas.

L'adolescent déposa ses affaires sur la table de la salle à manger, revenant s'installer sur le canapé, tandis que Derek s'installait à son tour, un livre en main, après avoir passé la commande. Le silence n'avait rien de pesant, il était relaxant et Derek arrivait parfaitement à se détendre aux côtés de l'adolescent. Il ne ressentait aucune menace, il pouvait abaisser ses défenses et cela était incroyablement relaxant de pouvoir se laisser aller.

_ Je voulais savoir, commença Stiles, mal à l'aise. C'est comment la vie de pompier ? Pourquoi tu as décidé d'exercer un tel métier après l'incendie qui a détruit ta famille ?

_ Tu es au courant pour ça ?, s'étonna Derek en refermant son livre.

Stiles se tortilla, mal à l'aise, jouant négligemment avec la télécommande. Bien sûr qu'il était au courant. Comment pouvait-il ne pas être au courant de ce qui avait fini de briser sa famille ?

_ Eh bien, ce n'est pas comme si je n'étais jamais revenu à Beacon Hills avant le mois dernier, avoua Stiles. En fait, je revenais une partie des vacances d'été pour être avec Scott, alors quand j'ai été en âge de fouiner, c'est ce que j'ai fait. Je voulais en savoir plus sur ceux qui m'ont pris mon père.

_ Stiles, je...

_ Je ne suis pas idiot, le coupa l'adolescent. Je sais bien que mes parents avaient des problèmes avant cela, avec le recul, je m'en rends compte. John n'était jamais à la maison, travaillant d'arrache-pied sur sa carrière, il n'était qu'adjoint à l'époque. Mais disons qu'à un moment, résumer cette situation à vous me volant mon père a été plus facile. Il n'a jamais trouvé le temps pour nous mais il l'avait pour vous, alors vous détestez était bien plus simple.

Le silence se fit entre les deux hommes, devenant pesant. Derek pouvait ressentir les émotions brutes et assez contradictoires de Stiles et cela était assez déstabilisant pour lui. Il y avait une odeur qu'il ne parvenait pas à identifier, derrière l'amertume, la colère et la tristesse, Stiles ressentait autre chose et Derek ne pouvait pas lui demander clairement sans devoir lui dévoiler la vérité. Comment faisaient les humains à longueur de journée ?

_ Devenir pompier, reprit Derek en repartant sur la question initiale. C'est intégrer une seconde famille. Une que tu choisis. Il faut être prêt à accepter l'éventualité de mourir à chaque fois que la sirène sonne, il faut dépasser sa peur, se dépasser soi-même mais ça en vaut la peine. Quand tu vois l'émotion, les larmes de soulagement, les rires instinctifs des personnes que tu as aidé quand elles se croyaient perdues. C'est gratifiant et beau. Tu devrais passer à la caserne un jour, le chef pourrait t'en dire plus, ça fait vingt ans qu'il exerce ce métier, j'ai énormément appris à ses côtés. Tu l'envisages ? Devenir pompier ?

Stiles laissa échapper un éclat de rire, amusé par la question et Derek se rendit compte que c'était la première fois qu'il entendait l'adolescent rire et malgré toute sa volonté, un frisson s'empara de lui parce que le son était beau. Stiles était beau quand il riait.

_ Je ne supporte ni les aiguilles, ni le sang, je suis une chochotte alors courir dans une maison en flammes, très peu pour moi, sourit l'adolescent. Je serai plus du style à appeler les pompiers justement. Non, je ne serai pas une éventuelle futur recrue.

_ Tu sais ce que tu veux faire, une fois diplômé ?

_ J'avais pensé à médecin justement, mais ça implique le sang et les aiguilles même si j'aimerais être chercheur, travailler pour trouver des traitements à des maladies qui sont encore incurables.

La douleur de Stiles fut tellement grande, le prenant avec force aux tripes que Derek se vit réagir avant même de réfléchir, s'emparant de la main de Stiles pour la serrer. L'adolescent se figea, plongeant son regard dans le sien, faisant sombrer Derek un peu plus profondément. C'était un de ces moments où le monde se figeait, suspendu entre deux secondes, immobile. Un de ces moments qui pouvait devenir important. Heureusement pour lui, le livreur vint le sauver en sonnant à la porte, interrompant ainsi cet instant que Derek n'était pas prêt à analyser.

(-)

_ Merde !, jura Stiles. Putain il ne manquait plus que ça, fais chier.

Derek referma la porte, l'odeur de sang venant instantanément envahir ses narines. Déposant son sac et ses clefs, le loup-garou se dirigea vers la cuisine, découvrant Stiles au dessus du lavabo, la main serrée dans un torchon.

_ Stiles ?

_ Merde, jura une seconde fois l'adolescent en avisant la présence du pompier à ses côtés. C'est bon, ça va.

_ Montre-moi ça, ordonna Derek, prenant avec douceur la main de l'adolescent.

Déroulant la serviette le plus délicatement possible, Derek examina la coupure, assez profonde, Stiles continuant de jurer entre ses dents.

_ Bouge tes doigts, demanda doucement le pompier, rassuré quand les extrémités se mirent à bouger. C'est profond, tu as besoin de points.

_ Je n'irai pas à l'hôpital, protesta presque immédiatement Stiles. Je refuse d'y aller, je déteste vraiment cet hôpital, je préfère encore me vider de mon sang ici plutôt qu'être obligé d'y aller. Je n'irai pas.

_ Ok d'accord, je vais appeler Laura, elle va venir.

_ Tu ne sais pas le faire ?, demanda Stiles

_ Je suis pompier pas médecin, évitons de te laisser une cicatrice peu reluisante et puis, tu auras besoin qu'on t'endorme la main et je n'ai pas ce qu'il faut ici.

Stiles acquiesça, ramenant sa main contre lui tandis que Derek s'éloignait pour aller chercher son téléphone, prévenant Laura que Stiles s'était blessé et qu'il fallait qu'elle le recouse.

_ Alors, comment t'es-tu fait ça ?, interrogea le loup-garou en prenant place sur le tabouret à côté de celui de Stiles.

_ J'ai pris un verre et il s'est cassé.

_ Je ne sais pas ce qu'il t'avait fait mais il a finalement perdu la partie le pauvre.

_ Est-ce que c'est un sarcasme ?

_ J'énonce l'évidence.

Stiles secoua la tête, visiblement amusé avant de se tendre en entendant son téléphone biper. L'adolescent s'en empara avant de le reposer, l'éloignant vers le centre du bar. Un second message arriva, Stiles l'ignora.

_ Peut-être que tu devrais répondre, l'informa Derek quand un troisième message se fit entendre.

_ De toute évidence je ne le souhaite pas, répliqua Stiles, coupant son téléphone.

_ Qui est Jesse ?

_ Mon ex, avoua l'adolescent en détournant le regard. Est-ce que ça te pose un problème ?, demanda finalement Stiles en défiant le loup du regard.

_ Que tu aies un ex ?

_ Que mon ex soit un mec, persifla l'adolescent. C'est quelque chose que même mon..que John ignore.

_ Pourquoi cela devrait me poser un problème ?

Parce que vraiment cela ne le dérangeait pas et savoir que Stiles était intéressé par les hommes était une information...intéressante ? Derek se gifla mentalement, Stiles était intouchable. Derek avait passé un temps incroyablement long à faire en sorte de ne pas penser à l'adolescent de cette manière-là depuis ce moment dans le salon. Et même s'il y avait eu d'autres situations ambiguës entre eux depuis, Derek faisait tout pour ne pas y penser. Il pouvait se montrer extrêmement doué pour ignorer une situation quand il le fallait.

_ Tu sais que je ne suis pas ton frère ?, clarifia Stiles.

_ De quoi ?, demanda Derek en s'étranglant.

_ Je ne suis pas ton frère, reprit Stiles. Et je ne suis pas aveugle non plus.

_ Je...

_ Juste pour que tu le saches.

_ Les garçons !, appela Laura depuis l'entrée.

_ Cuisine, répondit Derek encore sous le choc.

Laura avait visiblement quitté l'hôpital pour venir s'occuper de Stiles et Derek lui en fut reconnaissant d'être arrivée à ce moment-là parce que vraiment Stiles venait de le déstabiliser avec ses paroles et Derek n'était pas prêt à faire face à ce que l'adolescent venait de sous-entendre.

A suivre...