(Rebonjour mes "vieux" amis, je suis désolée d'être partie comme ça durant des années, mais ma vie a été chamboulée par une petite puce d'amour qui m'a pris TOUT mon temps... Me revoilà pour terminer cette fic qui me tenait si à coeur. En espérant que vous soyez toujours dans les parages 3)
J'étais assise à coté de Ryan sur le canapé et nous regardions tranquillement la télévision avec Jasper. Cela faisait déjà une semaine que nous étions rentré et rien n'avait vraiment évolué du coté des Volturis. Alice s'éloignait souvent pour ravoir ses visions loin de moi, mais les Italiens se faisaient toujours vagues selon elle. Une chose était sûre, ils étaient très en colère… Je jetai un œil au cadran numérique du dvd. 15h23. Jacob était rentré ce matin voir un peu son père et les autres de la meute. Il me manquait déjà celui-là, les moindres heures loin de lui me paraissaient vides. La rediffusion du match ne m'aidait pas non plus à passer le temps… Je fermai alors les yeux et fis défiler les souvenirs de cette semaine dans ma tête. Telle la maîtresse des images que j'étais, je les triais, les visionnais de nouveau, les passais au ralenti… Je m'attardais sur notre baiser volé derrière la villa cette nuit, l'un des plus passionnés que nous ayons eu cette semaine. Nous nous étions écartés complètement essoufflés et rouges comme jamais. A chaque nouveau baiser Jacob se faisait plus pressant, s'obligeant à me repousser parfois. Je savais ce qu'il ressentait… Moi aussi les flammes brulantes s'acharnaient au bas de mon ventre… Mais j'étais tellement novice en amour, et ce n'est pas en vivant cloitrée et surprotégée que je risquais de connaître ce genre de choses. C'était excitant et terrifiant à la fois.
- Il est vraiment trop nul ce mec sérieux ! Râla mon ami en faisant de grands gestes agacés.
Jasper souffla lui aussi avec une mine exaspérée. Je les regardais discrètement avec un sourire puis posai ma joue sur l'épaule de Ryan. Il remua pour passer son bras derrière mes épaules sans lâcher l'écran de ses sublimes prunelles turquoise. Il sentait si bon, c'était comme pendant notre emprisonnement. Si seulement je pouvais le remercier pour tout ce qu'il avait fait pour moi, mais il n'y avait rien d'assez puissant pour ça. Une nouvelle action leur fit lâcher une exclamation énervée et je ne pu m'empêcher de me moquer doucement. Il me toisa en arquant un sourcil mauvais puis me pinça le nez jusqu'à ce que je me débatte. Je me déclarai vaincue et il me serra fort en se marrant. Alice entra alors et nous tournâmes instinctivement la tête vers elle. Rosalie et Esmée se penchèrent du haut de l'escalier et Carlisle fit une apparition discrète dans le couloir. Je sentis le bras de Ryan se tendre sur mon épaule. Ma tante nous jaugea tous de ses prunelles dorées puis haussa les épaules piteusement. Ils s'éloignèrent alors en silence, comme ils étaient venus. Je soupirais en reposant ma joue contre son torse.
- Jasper ta femme ne fonctionne plus trop bien, ses visions sont foireuses, il lui faudrait une bonne révision. Se moqua mon ami.
Jasper s'esclaffa avant de vite jeter un œil prudent à sa chère et tendre compagne. Celle-ci s'approcha de nous, le menton haut levé, puis s'accouda gracieusement sur le dossier du canapé avant de se pencher près de la tête du beau Roumain.
- Ils vont perdre lamentablement et ne gagnerons pas non plus le prochain match. Souffla-t-elle à son oreille.
Ryan poussa une exclamation dégoutée et mon oncle éclata de rire. Il essaya de chopper Alice mais elle s'évapora comme un fantôme. Je me fis toute petite et quittai le sofa pendant qu'il râlait comme pas possible. Je me dirigeais dans la cuisine pour manger quelque chose, car j'avais eu la flemme d'aller chasser avec Emmett et mes parents. Le frigo était toujours rempli, c'était fantastique. Ryan me rejoignit en se frottant la tête puis il prit appui pour s'asseoir négligemment sur le plan de travail. Il m'observa vaquer à mes occupations culinaires en balançant distraitement les jambes dans le vide. Il lui arrivait souvent de me suivre un peu partout, comme si j'étais un point d'ancrage ou un réconfort quotidien. Je plaisais à croire que j'étais la seule au monde qu'il aimait vraiment derrière ses airs constamment peu intéressés par ce qui l'entourait, même si je savais très bien qu'il appréciait énormément les Cullens. Nous partagions un lien unique et fusionnel, que nous seuls pouvions réellement comprendre. Maintenant que nous connaissions notre existence mutuelle, nous avions besoin l'un de l'autre. Cependant je ne lui parlerai jamais de tout ça, car avec son caractère de mauvais garçon indépendant il ferait surement les gros bras et nierait tout en bloc. J'attrapai mon assiette quand j'eus fini de couper les légumes et m'avançai vers lui. Je posai ma belle salade sur ses jambes en m'accoudant sur le plan de travail contre lui et chipai un bout de surimi pour le lui fourrer dans la bouche. Il fit mine de vouloir mordre mes doigts au passage et je gloussai. Je le regardai du coin de l'œil pendant qu'il me contemplait également. Ses prunelles océan me paraissaient bien ternes aujourd'hui.
- Ryan tu dépéris en ce moment. Lui dis-je en attrapant un bout de tomate pour la manger.
Il s'appuya de ses mains de chaque coté et leva les yeux au plafond.
- Je ne sais pas comment tu as fait pour vivre aussi longtemps cloitrée comme ça. J'aurais presque hâte que les Volturis débarquent pour que tout ça soit enfin fini.
- Chuuuuuuut t'es fou ! Chuchotai-je en plaquant ma main devant sa bouche.
Il roula des yeux sans convictions pendant que je regardai tout autour de nous pour voir si personne ne rappliquait, puis je laissai retomber ma main. Je lui fis une mine sévère puis attrapai une feuille de salade pour la porter à mes lèvres. Mmmh, j'étais vraiment forte pour la vinaigrette maintenant, je surpassai presque celle d'Esmée. Il me fit un signe de menton gourmand et je lui donnai un bout de tomate. Il leva sa jolie bouille pour savourer ma divine sauce puis la rebaissa avant de piquer furtivement un bout de thon. Je lui tapai sur la main et son regard pétilla de bêtise.
- Bas les pattes, j'ai faim !
- Juste un morceau, allez !
Je fis une moue en coin et il me décocha un air ravageur. Sale type. Je quittai ses jambes en soufflant et il replia un genou sur le plan de travail avant d'y poser mon ancienne assiette avec une mine victorieuse. J'ouvris le tiroir pour prendre une fourchette et j'allai la lui apporter quand nous nous figeâmes d'un seul geste. Il releva un sourcil étonné en regardant par la fenêtre et j'en fis de même, intriguée par cette odeur puissante. La meute était ici ? Pourquoi faire… Etait-ce Carlisle qui les avait appelés ? Pour discuter d'un plan futur si jamais les Volturis se décidaient ? Ryan soupira (il n'aimait pas trop les loups décidément) puis sauta gracieusement au sol sans que la salade ne bronche. Je lui tendis ma fourchette avec un clin d'œil et il s'en empara en me passant devant. Je refermais la porte de la cuisine au moment ou Esmée et Alice rejoignaient le salon elles aussi. Je me dirigeai en sautillant joyeusement vers la véranda, ravie de revoir mon amoureux. Je serrai mes bras autour de mon corps à cause de la température et attendis sur la terrasse. C'était bien eux qui sortaient du couvert des arbres, torse-nus et bien trop musclés et superbes pour des humains normaux. Malgré la neige, ils semblaient ne pas sentir la morsure du froid. Jacob s'élança vers moi et j'en fis de même. Il me réceptionna dans ses bras et me chuchota que je lui avais manqué de s'emparer de mes lèvres.
- Bonjour Carlisle ! Lança Sam avec un signe de tête poli.
- Bonjour à tous. Répondit mon grand-père avec un sourire. Venez, entrez, nous avons beaucoup à nous dire.
Les loups acquiescèrent puis suivirent Jacob et Sam à l'intérieur. Tout le monde se regroupa en silence dans le salon et Jacob s'adossa contre le mur en me serrant contre lui. Je cherchai Ryan des yeux en me demandant s'il s'était échappé en douce ou non… Sale vampire je-m'en-foutiste. Esmée se dépêcha d'aller dans la cuisine, surement pour leur apporter quelque chose à boire et à manger, comme la fantastique mère et hôtesse qu'elle était. La meute prit place dans les canapés et leur peau cuivrée donna un peu de couleur à la décoration blanche et minimaliste de la villa. Tout à coup Leah déboula par la véranda en réajustant une tunique vaporeuse le long de son si joli corps. Elle devait avoir plus de mal à se rhabiller que les garçons et devait s'éloigner pour ne pas être vue la pauvre. J'étirais un large sourire en me précipitant vers elle. Elle me vit et ouvrit des yeux gros comme des soucoupes.
- Nessie c'est bien toi ? Mais ou est partie la petite fille avec ses jupes à froufrous et ses anglaises rousses ? Me chuchota-elle en attrapant mes mains avec joie.
- Je suis si contente de te revoir ! Murmurai-je à mon tour pour ne pas déranger le débat qui venait de commencer derrière.
Elle se recula à bouts de bras pour me regarder des pieds à la tête avec une mine admirative. Elle se rapprocha en lâchant un petit sifflement.
- C'que tu es sexy c'est incroyable, tu m'étonnes que Jacob ait craqué !
L'intéressé fit gigoter son sourcil avec un sourire ravageur puis reposa son attention sur Sam qui venait de reprendre la parole. Leah posa ses mains brulantes sur mon visage et traça mes traits consciencieusement, comme pour les apprendre, puis gloussa discrètement. Esmée sortit la tête de la cuisine pour saluer Leah avec un petit signe enthousiaste.
- Je vais l'aider la pauvre, avec ce qu'ils mangent ceux-là ! Me chuchota mon amie avant de se diriger en silence vers la cuisine.
Je repris ma place dans les bras de Jacob en regardant les autres. Ils discutaient apparemment de diverses tactiques qu'ils désiraient mettre en œuvre pour « le cas ou ». Ce qui revenait souvent au tapis était le risque que de nouveaux Quileutes se transforment si jamais les Volturis rodaient aux alentours. Je jetai un œil à Jacob, était-il si dur d'être un loup ? En tout cas ils désiraient qu'aucun autre Quileute ne subisse leur sort. La véranda s'ouvrit et laissa entrer une bourrasque glacée sur Ryan. Il réajusta son écharpe en toisant les loups puis fronça le nez. Il sentait la cigarette, il avait dû aller fumer derrière la villa… Dans quel but ? Se changer les idées ou s'enfumer pour effacer l'odeur des loups ? Je ne comprenais pas vraiment, car moi je ne partageais pas du tout ce sens répulsif à leur encontre comme ma famille. Lui était aussi un hybride, alors il ne devait rien sentir normalement. Ou alors c'était le simple souvenir des Enfants de la Lune qui hantaient son pays. Les loups détournèrent leurs yeux sombres du beau blond puis repartirent dans leur débat animé. Ryan secoua la neige de ses chaussures puis alla coller son poing contre celui que Jacob lui tendait amicalement. Il se pressa contre l'épaule de celui-ci pour s'adosser avec nous.
- Tu promènes tes chiens Jacky ? Marmonna-il.
Paul riva ses prunelles folles sur lui et Ryan leva le menton en signe de défi. Embry posa sa main sur la jambe de son confrère et celui-ci se contenta de frémir avant de retourner la tête sur Sam. Jacob envoya un coup de coude à l'impétueux Slave et je me passai une main sur le front en soupirant. Le discours reprit de plus belle et chacun avait son propre avis sur la question. Entre temps Emmett et mes parents étaient revenus de la chasse et avaient pris part au débat. Emmett s'y amusait beaucoup d'ailleurs, mais sa vision du « foncer dans le tas » ne récupérait pas beaucoup de voix. Esmée fit ensuite sa sublime apparition avec un plateau bien rempli entre les mains. Leah la suivait de près avec un plateau de boissons. Puis tout à coup il y eut un énorme bruit de verre explosé et de tintements métalliques. Je sursautai violemment et me retournai pour contempler la scène. Leah avait lâché son plateau et tout avait éclaté sur le sol en éclaboussant la majeure partie du salon. Je relevai les yeux pour la regarder, surprise. Elle avait joint ses mains sous son menton et elle tremblait légèrement, comme si elle était sous le choc. Ses prunelles sombres étaient écarquillées et s'étaient rivées sur Jacob et moi, d'une manière impossible à décrire.
- Merde ! Souffla mon amoureux avant de se précipiter sur Leah.
Je clignai des yeux, complètement perdue, pendant que la meute se relevait vivement. Seth attrapa les mains de sa sœur et Sam lui saisit le menton pour l'obliger à la faire réagir. Elle cligna ses beaux yeux puis regarda Sam piteusement. Les Cullens s'approchèrent légèrement, ne sachant pas trop quoi faire. Jacob se tourna vers Carlisle avec une mine désolée.
- Il faut que nous partions, nous reviendrons vite.
- Très bien. Répondit calmement mon grand-père avec sa sagesse naturelle.
Les Indiens emmenèrent Leah dehors avec des gestes très attentionnés, comme le groupe fusionnels qu'ils étaient, et les Cullens s'avancèrent sur la véranda pour les regarder s'éloigner. Je lisais la même expression de surprise sur chacun de leurs visages… Sauf celui de mon père. Il avait froncé les sourcils avec gravité, comme lorsque quelque chose d'important venait de se produire, et il fixait Ryan avec intensité. Intriguée, je regardai également mon ami, qui s'était appuyé sur le mur avec un air fatigué. La vérité me sauta alors à la gorge. Ce n'était pas Jacob et moi qu'elle avait fixé avec un air aussi choqué… C'était Ryan, adossé au mur contre nous. C'était lui…
- Ho mon dieu. Soufflais-je malgré-moi.
Il tourna ses prunelles turquoise sur moi et m'interrogea de son air détaché. J'ouvris la bouche, incapable de faire autre chose et là il fronça les sourcils, conscient que quelque chose se tramait. Jacob émergea alors et grimpa les marches enneigées de la véranda entrouverte. Il nous regarda tous puis ses yeux noirs s'arrêtèrent sur Ryan.
- Voudrais-tu venir un moment s'il te plait ? Lui demanda-t-il avec une voix réservée, comme s'il craignait un refus.
Ryan fit une moue en coin, conscient qu'un truc pas net se passait, mais il acquiesça tout de même en passant devant Jasper pour le rejoindre. Je me mordis l'index avec inquiétude et Jacob nous salua avant de poser une main sur l'épaule de Ryan pour l'intimer d'avancer. Nous attendîmes qu'ils disparaissent pour tous nous tourner vers mon père. Celui-ci passa une main dans sa chevelure cuivrée puis esquissa un sourire.
- Leah vient de s'imprégner de Ryan. Lâcha-t-il comme si l'idée était amusante.
Il y eut une grosse exclamation de surprise dans le groupe et quelques rires étouffés apparurent ensuite. Ils échangeaient des regards à la fois étonnés et réticents.
- Lui qui adore les Loups, ça tombe bien ! Railla Rosalie.
- J'espère qu'il va bien encaisser cette lourde nouvelle, pauvre chéri. Nous dit Esmée, inquiète.
- Leah est une fille si gentille. Renchérit ma mère.
- Mince alors, ça doit vraiment être bizarre d'apprendre qu'on est obligé d'aimer une personne toute sa vie sans que ça puisse changer ! Ça va lui faire drôle ! Se moqua Emmett.
Soudain il y eut un lourd silence et tous lui lancèrent un horrible regard. Il nous regarda tour à tour avec curiosité, puis ses yeux s'agrandirent. Je baissai la tête en souriant.
- Oh merde ! Pardon Nessie je disais pas ça pour… Enfin tu sais, quoi ! S'empressa-t-il de dire.
- C'est pas grave Emmett ! Ris-je.
Alice roula des yeux et Emmett lâcha un rire bourru. Esmée revint de la cuisine avec des serpillères et je me joignis aux autres pour l'aider à essuyer les dégâts. Pendant que je frottais le bas du canapé, je repensais à toute cette scène. C'était tellement improbable… Ryan et Leah. Ils ne s'étaient jamais vus, et ils étaient si différents… Elle, une Loup-garou, ennemie des vampires et avec un caractère très fort. Lui, si détaché de tout et si blessé profondément par une vie d'errance. Comment les garçons allaient-ils lui annoncer ça ? J'étais tellement curieuse. J'aurais tout donné pour être là. Déjà que moi j'avais eu un moment de malaise en l'apprenant alors que je connaissais Jacob depuis ma naissance… Je levai mes yeux sur la véranda, pensive. Je priais pour que tout se passe bien, où qu'ils soient.
23 – Choc
J'étais assise à coté de Ryan sur le canapé et nous regardions tranquillement la télévision avec Jasper. Cela faisait déjà une semaine que nous étions rentré et rien n'avait vraiment évolué du coté des Volturis. Alice s'éloignait souvent pour ravoir ses visions loin de moi, mais les Italiens se faisaient toujours vagues selon elle. Une chose était sûre, ils étaient très en colère… Je jetai un œil au cadran numérique du dvd. 15h23. Jacob était rentré ce matin voir un peu son père et les autres de la meute. Il me manquait déjà celui-là, les moindres heures loin de lui me paraissaient vides. La rediffusion du match ne m'aidait pas non plus à passer le temps… Je fermai alors les yeux et fis défiler les souvenirs de cette semaine dans ma tête. Telle la maîtresse des images que j'étais, je les triais, les visionnais de nouveau, les passais au ralenti… Je m'attardais sur notre baiser volé derrière la villa cette nuit, l'un des plus passionnés que nous ayons eu cette semaine. Nous nous étions écartés complètement essoufflés et rouges comme jamais. A chaque nouveau baiser Jacob se faisait plus pressant, s'obligeant à me repousser parfois. Je savais ce qu'il ressentait… Moi aussi les flammes brulantes s'acharnaient au bas de mon ventre… Mais j'étais tellement novice en amour, et ce n'est pas en vivant cloitrée et surprotégée que je risquais de connaître ce genre de choses. C'était excitant et terrifiant à la fois.
- Il est vraiment trop nul ce mec sérieux ! Râla mon ami en faisant de grands gestes agacés.
Jasper souffla lui aussi avec une mine exaspérée. Je les regardais discrètement avec un sourire puis posai ma joue sur l'épaule de Ryan. Il remua pour passer son bras derrière mes épaules sans lâcher l'écran de ses sublimes prunelles turquoise. Il sentait si bon, c'était comme pendant notre emprisonnement. Si seulement je pouvais le remercier pour tout ce qu'il avait fait pour moi, mais il n'y avait rien d'assez puissant pour ça. Une nouvelle action leur fit lâcher une exclamation énervée et je ne pu m'empêcher de me moquer doucement. Il me toisa en arquant un sourcil mauvais puis me pinça le nez jusqu'à ce que je me débatte. Je me déclarai vaincue et il me serra fort en se marrant. Alice entra alors et nous tournâmes instinctivement la tête vers elle. Rosalie et Esmée se penchèrent du haut de l'escalier et Carlisle fit une apparition discrète dans le couloir. Je sentis le bras de Ryan se tendre sur mon épaule. Ma tante nous jaugea tous de ses prunelles dorées puis haussa les épaules piteusement. Ils s'éloignèrent alors en silence, comme ils étaient venus. Je soupirais en reposant ma joue contre son torse.
- Jasper ta femme ne fonctionne plus trop bien, ses visions sont foireuses, il lui faudrait une bonne révision. Se moqua mon ami.
Jasper s'esclaffa avant de vite jeter un œil prudent à sa chère et tendre compagne. Celle-ci s'approcha de nous, le menton haut levé, puis s'accouda gracieusement sur le dossier du canapé avant de se pencher près de la tête du beau Roumain.
- Ils vont perdre lamentablement et ne gagnerons pas non plus le prochain match. Souffla-t-elle à son oreille.
Ryan poussa une exclamation dégoutée et mon oncle éclata de rire. Il essaya de chopper Alice mais elle s'évapora comme un fantôme. Je me fis toute petite et quittai le sofa pendant qu'il râlait comme pas possible. Je me dirigeais dans la cuisine pour manger quelque chose, car j'avais eu la flemme d'aller chasser avec Emmett et mes parents. Le frigo était toujours rempli, c'était fantastique. Ryan me rejoignit en se frottant la tête puis il prit appui pour s'asseoir négligemment sur le plan de travail. Il m'observa vaquer à mes occupations culinaires en balançant distraitement les jambes dans le vide. Il lui arrivait souvent de me suivre un peu partout, comme si j'étais un point d'ancrage ou un réconfort quotidien. Je plaisais à croire que j'étais la seule au monde qu'il aimait vraiment derrière ses airs constamment peu intéressés par ce qui l'entourait, même si je savais très bien qu'il appréciait énormément les Cullens. Nous partagions un lien unique et fusionnel, que nous seuls pouvions réellement comprendre. Maintenant que nous connaissions notre existence mutuelle, nous avions besoin l'un de l'autre. Cependant je ne lui parlerai jamais de tout ça, car avec son caractère de mauvais garçon indépendant il ferait surement les gros bras et nierait tout en bloc. J'attrapai mon assiette quand j'eus fini de couper les légumes et m'avançai vers lui. Je posai ma belle salade sur ses jambes en m'accoudant sur le plan de travail contre lui et chipai un bout de surimi pour le lui fourrer dans la bouche. Il fit mine de vouloir mordre mes doigts au passage et je gloussai. Je le regardai du coin de l'œil pendant qu'il me contemplait également. Ses prunelles océan me paraissaient bien ternes aujourd'hui.
- Ryan tu dépéris en ce moment. Lui dis-je en attrapant un bout de tomate pour la manger.
Il s'appuya de ses mains de chaque coté et leva les yeux au plafond.
- Je ne sais pas comment tu as fait pour vivre aussi longtemps cloitrée comme ça. J'aurais presque hâte que les Volturis débarquent pour que tout ça soit enfin fini.
- Chuuuuuuut t'es fou ! Chuchotai-je en plaquant ma main devant sa bouche.
Il roula des yeux sans convictions pendant que je regardai tout autour de nous pour voir si personne ne rappliquait, puis je laissai retomber ma main. Je lui fis une mine sévère puis attrapai une feuille de salade pour la porter à mes lèvres. Mmmh, j'étais vraiment forte pour la vinaigrette maintenant, je surpassai presque celle d'Esmée. Il me fit un signe de menton gourmand et je lui donnai un bout de tomate. Il leva sa jolie bouille pour savourer ma divine sauce puis la rebaissa avant de piquer furtivement un bout de thon. Je lui tapai sur la main et son regard pétilla de bêtise.
- Bas les pattes, j'ai faim !
- Juste un morceau, allez !
Je fis une moue en coin et il me décocha un air ravageur. Sale type. Je quittai ses jambes en soufflant et il replia un genou sur le plan de travail avant d'y poser mon ancienne assiette avec une mine victorieuse. J'ouvris le tiroir pour prendre une fourchette et j'allai la lui apporter quand nous nous figeâmes d'un seul geste. Il releva un sourcil étonné en regardant par la fenêtre et j'en fis de même, intriguée par cette odeur puissante. La meute était ici ? Pourquoi faire… Etait-ce Carlisle qui les avait appelés ? Pour discuter d'un plan futur si jamais les Volturis se décidaient ? Ryan soupira (il n'aimait pas trop les loups décidément) puis sauta gracieusement au sol sans que la salade ne bronche. Je lui tendis ma fourchette avec un clin d'œil et il s'en empara en me passant devant. Je refermais la porte de la cuisine au moment ou Esmée et Alice rejoignaient le salon elles aussi. Je me dirigeai en sautillant joyeusement vers la véranda, ravie de revoir mon amoureux. Je serrai mes bras autour de mon corps à cause de la température et attendis sur la terrasse. C'était bien eux qui sortaient du couvert des arbres, torse-nus et bien trop musclés et superbes pour des humains normaux. Malgré la neige, ils semblaient ne pas sentir la morsure du froid. Jacob s'élança vers moi et j'en fis de même. Il me réceptionna dans ses bras et me chuchota que je lui avais manqué de s'emparer de mes lèvres.
- Bonjour Carlisle ! Lança Sam avec un signe de tête poli.
- Bonjour à tous. Répondit mon grand-père avec un sourire. Venez, entrez, nous avons beaucoup à nous dire.
Les loups acquiescèrent puis suivirent Jacob et Sam à l'intérieur. Tout le monde se regroupa en silence dans le salon et Jacob s'adossa contre le mur en me serrant contre lui. Je cherchai Ryan des yeux en me demandant s'il s'était échappé en douce ou non… Sale vampire je-m'en-foutiste. Esmée se dépêcha d'aller dans la cuisine, surement pour leur apporter quelque chose à boire et à manger, comme la fantastique mère et hôtesse qu'elle était. La meute prit place dans les canapés et leur peau cuivrée donna un peu de couleur à la décoration blanche et minimaliste de la villa. Tout à coup Leah déboula par la véranda en réajustant une tunique vaporeuse le long de son si joli corps. Elle devait avoir plus de mal à se rhabiller que les garçons et devait s'éloigner pour ne pas être vue la pauvre. J'étirais un large sourire en me précipitant vers elle. Elle me vit et ouvrit des yeux gros comme des soucoupes.
- Nessie c'est bien toi ? Mais ou est partie la petite fille avec ses jupes à froufrous et ses anglaises rousses ? Me chuchota-elle en attrapant mes mains avec joie.
- Je suis si contente de te revoir ! Murmurai-je à mon tour pour ne pas déranger le débat qui venait de commencer derrière.
Elle se recula à bouts de bras pour me regarder des pieds à la tête avec une mine admirative. Elle se rapprocha en lâchant un petit sifflement.
- C'que tu es sexy c'est incroyable, tu m'étonnes que Jacob ait craqué !
L'intéressé fit gigoter son sourcil avec un sourire ravageur puis reposa son attention sur Sam qui venait de reprendre la parole. Leah posa ses mains brulantes sur mon visage et traça mes traits consciencieusement, comme pour les apprendre, puis gloussa discrètement. Esmée sortit la tête de la cuisine pour saluer Leah avec un petit signe enthousiaste.
- Je vais l'aider la pauvre, avec ce qu'ils mangent ceux-là ! Me chuchota mon amie avant de se diriger en silence vers la cuisine.
Je repris ma place dans les bras de Jacob en regardant les autres. Ils discutaient apparemment de diverses tactiques qu'ils désiraient mettre en œuvre pour « le cas ou ». Ce qui revenait souvent au tapis était le risque que de nouveaux Quileutes se transforment si jamais les Volturis rodaient aux alentours. Je jetai un œil à Jacob, était-il si dur d'être un loup ? En tout cas ils désiraient qu'aucun autre Quileute ne subisse leur sort. La véranda s'ouvrit et laissa entrer une bourrasque glacée sur Ryan. Il réajusta son écharpe en toisant les loups puis fronça le nez. Il sentait la cigarette, il avait dû aller fumer derrière la villa… Dans quel but ? Se changer les idées ou s'enfumer pour effacer l'odeur des loups ? Je ne comprenais pas vraiment, car moi je ne partageais pas du tout ce sens répulsif à leur encontre comme ma famille. Lui était aussi un hybride, alors il ne devait rien sentir normalement. Ou alors c'était le simple souvenir des Enfants de la Lune qui hantaient son pays. Les loups détournèrent leurs yeux sombres du beau blond puis repartirent dans leur débat animé. Ryan secoua la neige de ses chaussures puis alla coller son poing contre celui que Jacob lui tendait amicalement. Il se pressa contre l'épaule de celui-ci pour s'adosser avec nous.
- Tu promènes tes chiens Jacky ? Marmonna-il.
Paul riva ses prunelles folles sur lui et Ryan leva le menton en signe de défi. Embry posa sa main sur la jambe de son confrère et celui-ci se contenta de frémir avant de retourner la tête sur Sam. Jacob envoya un coup de coude à l'impétueux Slave et je me passai une main sur le front en soupirant. Le discours reprit de plus belle et chacun avait son propre avis sur la question. Entre temps Emmett et mes parents étaient revenus de la chasse et avaient pris part au débat. Emmett s'y amusait beaucoup d'ailleurs, mais sa vision du « foncer dans le tas » ne récupérait pas beaucoup de voix. Esmée fit ensuite sa sublime apparition avec un plateau bien rempli entre les mains. Leah la suivait de près avec un plateau de boissons. Puis tout à coup il y eut un énorme bruit de verre explosé et de tintements métalliques. Je sursautai violemment et me retournai pour contempler la scène. Leah avait lâché son plateau et tout avait éclaté sur le sol en éclaboussant la majeure partie du salon. Je relevai les yeux pour la regarder, surprise. Elle avait joint ses mains sous son menton et elle tremblait légèrement, comme si elle était sous le choc. Ses prunelles sombres étaient écarquillées et s'étaient rivées sur Jacob et moi, d'une manière impossible à décrire.
- Merde ! Souffla mon amoureux avant de se précipiter sur Leah.
Je clignai des yeux, complètement perdue, pendant que la meute se relevait vivement. Seth attrapa les mains de sa sœur et Sam lui saisit le menton pour l'obliger à la faire réagir. Elle cligna ses beaux yeux puis regarda Sam piteusement. Les Cullens s'approchèrent légèrement, ne sachant pas trop quoi faire. Jacob se tourna vers Carlisle avec une mine désolée.
- Il faut que nous partions, nous reviendrons vite.
- Très bien. Répondit calmement mon grand-père avec sa sagesse naturelle.
Les Indiens emmenèrent Leah dehors avec des gestes très attentionnés, comme le groupe fusionnels qu'ils étaient, et les Cullens s'avancèrent sur la véranda pour les regarder s'éloigner. Je lisais la même expression de surprise sur chacun de leurs visages… Sauf celui de mon père. Il avait froncé les sourcils avec gravité, comme lorsque quelque chose d'important venait de se produire, et il fixait Ryan avec intensité. Intriguée, je regardai également mon ami, qui s'était appuyé sur le mur avec un air fatigué. La vérité me sauta alors à la gorge. Ce n'était pas Jacob et moi qu'elle avait fixé avec un air aussi choqué… C'était Ryan, adossé au mur contre nous. C'était lui…
- Ho mon dieu. Soufflais-je malgré-moi.
Il tourna ses prunelles turquoise sur moi et m'interrogea de son air détaché. J'ouvris la bouche, incapable de faire autre chose et là il fronça les sourcils, conscient que quelque chose se tramait. Jacob émergea alors et grimpa les marches enneigées de la véranda entrouverte. Il nous regarda tous puis ses yeux noirs s'arrêtèrent sur Ryan.
- Voudrais-tu venir un moment s'il te plait ? Lui demanda-t-il avec une voix réservée, comme s'il craignait un refus.
Ryan fit une moue en coin, conscient qu'un truc pas net se passait, mais il acquiesça tout de même en passant devant Jasper pour le rejoindre. Je me mordis l'index avec inquiétude et Jacob nous salua avant de poser une main sur l'épaule de Ryan pour l'intimer d'avancer. Nous attendîmes qu'ils disparaissent pour tous nous tourner vers mon père. Celui-ci passa une main dans sa chevelure cuivrée puis esquissa un sourire.
- Leah vient de s'imprégner de Ryan. Lâcha-t-il comme si l'idée était amusante.
Il y eut une grosse exclamation de surprise dans le groupe et quelques rires étouffés apparurent ensuite. Ils échangeaient des regards à la fois étonnés et réticents.
- Lui qui adore les Loups, ça tombe bien ! Railla Rosalie.
- J'espère qu'il va bien encaisser cette lourde nouvelle, pauvre chéri. Nous dit Esmée, inquiète.
- Leah est une fille si gentille. Renchérit ma mère.
- Mince alors, ça doit vraiment être bizarre d'apprendre qu'on est obligé d'aimer une personne toute sa vie sans que ça puisse changer ! Ça va lui faire drôle ! Se moqua Emmett.
Soudain il y eut un lourd silence et tous lui lancèrent un horrible regard. Il nous regarda tour à tour avec curiosité, puis ses yeux s'agrandirent. Je baissai la tête en souriant.
- Oh merde ! Pardon Nessie je disais pas ça pour… Enfin tu sais, quoi ! S'empressa-t-il de dire.
- C'est pas grave Emmett ! Ris-je.
Alice roula des yeux et Emmett lâcha un rire bourru. Esmée revint de la cuisine avec des serpillères et je me joignis aux autres pour l'aider à essuyer les dégâts. Pendant que je frottais le bas du canapé, je repensais à toute cette scène. C'était tellement improbable… Ryan et Leah. Ils ne s'étaient jamais vus, et ils étaient si différents… Elle, une Loup-garou, ennemie des vampires et avec un caractère très fort. Lui, si détaché de tout et si blessé profondément par une vie d'errance. Comment les garçons allaient-ils lui annoncer ça ? J'étais tellement curieuse. J'aurais tout donné pour être là. Déjà que moi j'avais eu un moment de malaise en l'apprenant alors que je connaissais Jacob depuis ma naissance… Je levai mes yeux sur la véranda, pensive. Je priais pour que tout se passe bien, où qu'ils soient.
