Character(s): Edward/Bella

Rated : T Genre : Romance

Résumé : Mentir, voler, piller, envier, désirer, arracher, trafiquer, tuer, c'est ce que nous faisons mais au final on fait toujours n'importe quoi par amour. (excusez le résumé, je n'avais pas trop d'idée)

Jeunes, beaux et libres

La guerre.

Le sang.

La mort.

Je suis né au milieu de ça ce qui expliquait pourquoi c'étaient les seules choses que je connaissais, comprenais. Pendant longtemps, j'avais pensé avoir le monde à mes pieds. J'avais eu tort et l'avais appris en entrant en prison. Ici, je n'étais rien ni personne, quoique ça ne changeait pas de chez moi. J'étais seul et j'aimais ça. Je vivais au jour le jour.

Cela faisait bientôt dix ans et la fin de ma condamnation approchait à grands pas, plus que deux jours à attendre mais, ça m'était égal. Je m'étais habitué à cette privation de liberté. Liberté ... je ne me souvenais même plus du sens de ce mot. Je ne me souvenais plus de grand-chose, pas même la raison qui m'avait amenée dans un endroit pareil.

En dix ans, j'avais vu passer quatre codétenus et à chaque fois, dès qu'ils s'apprêtaient à sortir, ils écrivaient une tonne de lettres à leur famille et amis. Je ne le fis pas. Je n'avais ni famille ni ami. Je n'avais qu'un souvenir assez lointain, Bella. Elle allait venir me chercher mais, elle n'était ni ma famille ni une amie. C'était juste ... Bella. Elle devait avoir changé en dix ans. J'avais changé en dix ans.

J'étais entré à seize ans, j'étais entré en enfant, j'en ressortirais en homme. Et quel homme ! Un homme harassé, cynique limite morbide et surtout un homme cruel, sans foi ni loi. Chaque homme qui passait la porte pour sortir se faisait la promesse de ne plus rentrer par là cependant, moi, je me fis la promesse de ne plus faire la même erreur ... celle de me faire attraper.

. . .

La liberté.

Ce fut comme une délivrance d'être délesté de mes chaînes, mes peines. Je n'eus pas à attendre longtemps avant de voir une décapotable noire se garer face à moi. La portière du conducteur s'ouvrit pour laisser sortir une femme. Elle était assez petite, vêtue d'un simple short en jean, d'une veste en cuir noir et d'une paire de bottines. Ses longs cheveux bruns ondulaient sur ses épaules et son dos. Elle ne portait pas de pull juste un sous-vêtement noir et des lunettes de soleil sur le nez.

C'était Bella.

-Alors ... je t'ai manqué ? Demanda-t-elle hautaine.

-Non. Répondis-je simplement.

Je montai dans la voiture côté conducteur sans même prendre la peine de lui jeter un regard. La sensation du volant sous mes mains était fantastique et enfin, je pus souffler. Quant à Bella, elle ne fut même pas vexée. Elle avait l'habitude, elle me connaissait. Entre nous, c'était facile. On s'accordait, on se supportait mutuellement. Elle n'était pas comme les autres filles. Elle était mon moi féminin et cela me rassura de voir que ça n'avait pas changé en dix ans.

-Je n'ai même pas le droit à un peu de considération ? Minauda-t-elle faussement en montant à mes côtés.

Cela m'arracha un sourire, c'était bien la seule qui réussissait un tel exploit. Je me tournai vers elle et l'embrassai à pleine bouche. Elle m'avait manqué au fond mais, ça, je ne l'avouerai jamais. Je passai rapidement la barrière de ses lèvres et bataillai avec sa langue exquise. Elle fit glisser ses mains dans mes cheveux et éloigna sa tête juste assez pour pouvoir m'attraper la lèvre inférieure la mordant fortement. Nous haletions.

Je me détachai d'elle et démarrai en trombe tandis que du coin de l'œil, je la regardai sourire au ciel. Bella n'était pas un ange non plus. Elle avait volé, pillé, menti, envié, désiré, arraché, trafiqué, tué et ce plus d'une fois. Alors, lorsque que j'ai plongé, elle a été la seule à me suivre. Au tout début, nous étions un groupe de rebelle, au lycée ou plutôt ils étaient un groupe de rebelle. Moi, j'étais le nouveau. Bella a tout de suite vu en moi le mal. Il faut dire qu'elle a le flaire.

Elle m'a donc intégré au groupe mais bientôt nos bêtises, à Bella et moi, devenaient trop pour ces bourges qui voulaient combattre les lois qui les protégeaient des gens comme nous. On s'est alors éloigné. Les cours sont vite devenus un vieux souvenir. On buvait, on fumait, on volait, on était bien. Sauf que tout a dérapé à cause de cette connasse de Jess. Elle était là au mauvais moment. Bella et moi venions de nous disputer et j'avais besoin de me défouler sauf que cette conne pensait que c'était le bon moment pour m'emmerder.

Sans que je ne comprenne vraiment elle était au sol, en sang. Après ça, tout est allé foutrement vite et sans savoir comment c'était arrivé aux oreilles de la police, j'étais en prison. Encore aujourd'hui, je ne le sais pas mais, il restait un doute que je devais éclaircir.

-C'est toi qui m'a dénoncé. Affirmai-je.

-Oui. Souffla-t-elle.

Je savais qu'elle ne me mentirait pas et de toutes façons, elle était la seule à savoir. Je tendis. Je voulais comprendre ses motivations car, à mes yeux, elle n'avait aucune raison de faire ça. Cependant, j'attendis. Je savais qu'elle allait finir par me le dire.

-Tu te rappelles la promesse que tu m'as faite ? Demanda-t-elle fixant le tableau de bord.

-J'ai fait beaucoup de promesses à beaucoup de gens. Grinçai-je.

-Pas à moi. Tu ne m'en as fait qu'une par peur de ne jamais pouvoir la tenir. Rétorqua-t-elle.

Je voyais bien de quoi elle parlait. Il y a dix ans, je lui avais promis de l'épouser si elle me prouvait qu'elle était la seule qui tenait vraiment à moi.

-Oui. Je m'en souviens mais, ça ne m'explique rien. Grognai-je.

J'essayai tant bien que mal de me retenir tandis qu'une colère sourde montait en moi. En dépit de tout, j'avais peur de lui faire du mal.

-Edward ! Comment fais-tu pour ne pas comprendre ? Je t'aime ! Putain de bordel de merde ! cria-t-elle en donnant un coup de pied sur le tableau de bord.

-Non, ne me fais pas ça. Soufflai-je.

-Tu crois que j'y peux quelque chose ? Hallucina-t-elle.

-J'en sais foutrement rien ! Criai-je à mon tour.

J'envoyai ma tête en arrière et respirai fortement. Tout ça était juste surréaliste.

-Sors. Chuchotai-je.

-Edward, je sais que ce que j'ai fait est impardonnable mais s'il te plait … sanglota-t-elle.

-Sors. Dis-je un peu plus fort.

-Edward … pleura-t-elle.

-Bella sors de cette putain de voiture avant qu'il ne soit trop tard. La brusquai-je.

Cette fois-ci, elle comprit et descendit enfin de la voiture.

Son visage était ravagé par ses larmes. Elle ferma la porte et s'assit sur le trottoir éclatant en sanglot dans ses mains. Ça me fit un choc de la voir ainsi alors qu'elle avait toujours été si forte et têtue. Là, elle avait l'air si vulnérable.

Démarrer fut la chose la plus difficile que je n'ai jamais faite. Cependant, une fois le moteur mit en marche, je partis sans un regard en arrière. Après tout ce qu'elle m'avait fait, elle le méritait bien et puis je n'avais pas de temps pour la pitié.

Elle n'avait aucun droit de m'aimer.