Character(s) : Edward/Bella
Rated : M Genre : Romance
Résumé : Inconsciemment, il l'avait toujours su : elle avait le dessus. Elle était la plus forte.
Vieni, vedi, vinci
Elle n'avait pas peur. La terreur qui la tenait éveillée jusqu'à l'aube s'en était allée. Elle n'avait plus peur, tout était fini. Elle était exténuée, harassée ne sachant plus quoi faire ni même où aller. Elle avait passé tant de mois dans son état d'hébétement, maintenant, elle n'avait plus de crainte à avoir. Elle ne souffrais point, ne criait guère. Elle n'avait qu'une envie se laisser tomber au sol, juste s'effondrer.
Tant de jours passés à se ronger la peau et les sangs, à verser des larmes invisibles. Elle avait tant de fois voulu abandonner pourtant, alors qu'elle n'avait aucune certitude quant à l'avenir, elle avait décidé de se battre, de continuer, de persévérer et elle avait vaincu. Elle avait trop donné pour pouvoir simplement tout jeter sans aucun regret. Elle avait beaucoup trop misé, elle se sentait tellement incapable d'oublier. Elle avait mis son cœur, son corps, son âme au service de cet amour, de ce combat.
Il l'avait détestée, haïe, violentée, rejetée et malgré tout ça, il l'aimait, passionnément et inéluctablement. Il avait tout fait, tout essayé pour qu'elle abandonne, en vain. Elle s'était accrochée à lui comme s'il était sa bouée de sauvetage, comme s'il pouvait l'aider, la sauver, cependant, il savait qu'il ne faisait que les entraîner vers la fosse et en dépit de ses multiples efforts pour l'éloigner, elle avait décidé de plonger la tête la première dans le caniveau.
Chaque fois, elle se disait qu'ils ne pourraient pas tomber plus bas, chaque fois, il creusait plus profondément encore. Était-ce ça l'amour ? N'avait-il eu de cesse de lui demander et, inlassablement, elle répétait que l'amour, c'était eux. Peu importait combien de fois ils étaient tombés, ils s'étaient hâtés de se relever, main dans la main.
À vrai dire, peu leur importait leurs besoins et leurs envies, ils étaient ensemble alors, morts ou vivants, ça leur était bien égal. Ils s'aimaient à en mourir, à en tuer alors pourquoi se préoccuperaient-ils de leur sort ? Tant qu'ils étaient ensemble, le reste n'avait que peu d'importance.
Un soir, il l'avait fait monté sur le toit d'un immeuble. Ils venaient de se disputer pour quelque chose de futile et elle n'avait pu s'empêcher de lui crier des choses qu'elle ne savait même pas penser. Il l'avait fixé de ses yeux clairs, le regard décontenancé, apeuré lorsqu'elle lui avait dit vouloir partir. Il savait qu'il était incapable de la laisser partir pourtant il n'avait pas non plus la possibilité de la forcer à rester.
Elle avait l'air si sérieuse comme si elle avait maintes fois retourné la question dans sa petite tête. Il la connaissait têtue, prête à tenir ses positions … prête à se barrer. Elle était bonne comédienne ou peut-être, était-elle vraiment persuadée qu'elle en était capable. Il l'avait alors attrapée par le bras, abattant ses dernières cartes et l'avait menée jusqu'au plus haut sommet.
Il lui avait caressé les cheveux, lui avait murmurée de doux mots à l'oreille. Il ne pouvait pas la laisser partir, sûrement plus par habitude que par sentiments réels. Ils s'étaient pour ainsi dire toujours connus, avaient toujours été ensemble, il ne connaissait qu'elle et elle ne connaissait que lui. Au fond, peut-être, ne pouvaient-ils pas se quitter plus par peur de l'inconnu que par amour véritable.
Il l'avait néanmoins menée au sommet pour lui jurer que si elle osait partir, il retomberait au fond du trou bien plus vite qu'il n'était arrivé en haut de la tour. C'était beau de voir la conviction qu'il insufflait dans ses mots alors qu'au plus profond de lui il savait pertinemment qu'il en était incapable.
Tout ce qui comptait était qu'elle l'avait cru, désespérément et une fois de plus, elle s'était laissée duper par son bluff. Ils ne savaient pas exactement ce qu'était l'amour, ni même s'ils l'avaient jamais ressenti, ils se sentaient vivants ensemble, pris dans cette éternelle partie de jeu, l'un combattant l'autre pour le garder plus près encore.
Aucun ne pouvait dominer l'autre, ils se valaient, s'égalaient, deux adversaires de même envergure. Lorsque l'un pensait avoir repris le dessus, l'autre dévoilait de nouvelles cartes tout droit sorties de sa manche gauche. Ils trichaient sans honte, sans état d'âme. C'était à qui garderait l'autre le plus longtemps.
Cependant, le temps avait fait que leurs chemins s'étaient séparés. Ils en avaient souffert, chialé, hurlé. Ils s'étaient époumonés non pas parce qu'ils se voulaient mais parce qu'aucun d'eux ne voulait admettre qu'ils étaient enchainés l'un à l'autre. Ils étaient fous, fous amoureux, fous à en crever, fous à s'en tuer.
Ils ne pouvaient simplement pas abandonner la partie cependant, ils avaient épuisé les cinquante-deux cartes du jeu. Elle était son plus vil vice, il était sa drogue la plus addictive. Alors, ils ne purent s'empêcher de retomber dans leur démence, dans leur rêverie malsaine. Ils avaient pourtant tellement changé …
Elle avait vu le monde réel, elle était tombée mais personne ne l'avait ramassée. Au sol, elle avait appris que les gens ne feraient que l'enterrer. Elle s'était vendue pour une minute de rêve, avait donner son âme pour échapper à la nuit. Elle avait braillé, scandé son prénom matin et soir jusqu'à en perdre la voix. Le cadavre de ses larmes passées avait tracé de longs sillons sur ses joues creuses.
Pendant ce temps, il s'était perdu dans les méandres du fleuve de la vie auxquels il tentait désespérément d'échapper au profit d'un néant salvateur. Il avait abandonné tout sentiments, il voulait être inhumain, il voulait lâchement oublier pour ne pas souffrir. Il ne s'était pas même laissé une seconde pour voir ce qu'était la vie sans elle. Il avait continué comme il l'avait toujours fait sauf que cette fois, personne n'avait été là afin de ralentir sa descente aux enfers.
Ils s'était finalement retrouvés pensant ranimer la flamme qui avait disparue mais ils s'étaient métamorphosés, ils étaient cassés, brisés en mille morceaux. Ils s'étaient détruit en tentant vainement de continuer seul une partie à deux, passant du poker au solitaire. Ils avaient volé en éclat pour plus tard s'exploser au visage.
Ils n'admettaient pas qu'ils puissent être un poison l'un pour l'autre, qu'ils étaient incompatibles et que persister dans une histoire de manière aussi masochiste ne les mènerait qu'à une lente et douloureuse agonie. Ils se pensaient plus fort que le destin, plus fort que la mort mais c'était eux leur mort.
Ils durent néanmoins apprendre leur leçon de la plus cruelle des façons : il fut battu à mort et cette fois-ci, même elle ne réussit pas à le relever. Elle aurait cru qu'elle pleurerait, qu'elle en succomberai mais rien ne vint. Au contraire, elle était … soulagée, libérée du carcan de son Némésis, de son double maléfique, de son adversaire le plus déloyale.
Elle n'avait pas peur. La terreur qui la tenait éveillée jusqu'à l'aube s'en était allée. Elle n'avait plus peur, tout était fini. Elle était exténuée, harassée ne sachant plus quoi faire ni même où aller. Elle avait passé tant de mois dans son état d'hébétement, maintenant, elle n'avait plus de crainte à avoir. Elle ne souffrais point, ne criait guère. Elle n'avait qu'une envie se laisser tomber au sol, juste s'effondrer, elle n'avait plus de raison de vivre.
Cependant, elle ne pouvait pas, elle n'y arrivait pas. Il avait beau avoir disparu, elle avait été plus forte, plus patiente et le monde l'en remerciait … à leur plus grand malheur. Elle avait pris possession du cœur des hommes comme pour mieux les punir et à la fois les remercier d'avoir abattu la seule once de bien qui persistait sur Terre.
Et c'est ainsi qu'elle prit contrôle d'ici-bas, c'est ainsi que le mal évinça le bien pour asseoir sa totale domination … grâce à vous. Maintenant, vous savez que le mal peut exister sans son contraire.
Un petit OS juste pour vous ! Bon ... je sais ce que vous allez dire : mes OS finissent toujours mal mais promis, je vous envoie un happy-end avant noel ! Promis !
