Le couple avait passé l'après-midi à déambuler dans les rues de Toronto. Julia voulait entrer dans presque toutes les boutiques pour enfants et William s'étonna de voir à quel point elle semblait parfaitement connaître leurs emplacements. Il se demanda si elle avait déjà passé des après-midis à en regarder les vitrines, à s'imaginer y entrer pour faire ses emplettes. William se demanda si elle s'était déjà imaginée mère, il se demandait si elle en avait eu le désir parfois, sans qu'elle ne lui en parle. Lorsqu'il vit Julia acheter un petit lapin en peluche et qu'il vit l'immense sourire qu'elle lui adressait, il ne put s'empêcher de lui sourire en retour, se faisant la note silencieuse qu'il allait le lui demander un jour. Eh puis, alors qu'ils marchaient sur le trottoir pour rentrer à l'hôtel portant uniquement deux petits paquets de langes et que le petit lapin dansait déjà entre les mains de Roland, ils s'arrêtèrent sur un banc. Julia sortit le bébé du landau et elle l'allongea sur ses genoux.
-Oh mais je crois que tu as besoin d'être changé petit ange, dit-elle en lui souriant.
-Ici? Lança William en regardant autour d'eux.
-William c'est un bébé, rétorqua Julia en souriant, il a besoin d'être au propre et au sec il se contrefiche bien du reste. Tiens, donne-moi un lange s'il te plait.
L'Inspecteur Murdoch assit à côté de son épouse obéit aussitôt, sortant le lange en tissu du sac qu'il tenait. Puis, il regarda Julia placer un tissu sur ses genoux en-dessous de Roland et défaire les boutons de son vêtement alors qu'elle ne quittait pas des yeux le petit garçon. Il continuait de lui sourire largement sans qu'elle ne cesse de lui parler doucement. Elle ouvrit son lange et elle le retira pour le poser sur le banc à côté d'elle. Elle le nettoya et elle prit celui que lui tendait son époux pour le nouer autour de la taille du petit garçon, puis pour le rhabiller. Julia le prit alors contre elle et déposa de tendres baisers sur son visage avant qu'elle ne se tourne vers William qui ne l'avait pas quitté des yeux une seule seconde. Elle lui sourit et il en fit autant avant de caresser la joue de Roland tendrement. Puis, après quelques minutes passés sur ce banc à savourer l'instant, ils se remirent en route et ils entrèrent à l'hôtel.
-Madame et Monsieur Murdoch, lança le jeune réceptionniste en les voyant arriver, tout a été livré dans votre suite. Et permettez-moi de vous féliciter.
-Merci John, répondit William en posant la main dans le dos de Julia, nous sommes fous de joie.
-Oh et il tellement adorable, dit-il en se penchant sur le landau pour voir Roland jouer avec son lapin et lui sourire largement, je veillerai à ce que mon épouse ne le rencontre pas tout de suite, elle risquerait de vouloir vous l'enlever.
-Nous veillerons bien sur lui ne vous en inquiétez pas, répondit Julia en souriant.
Ils échangèrent encore un regard et Julia poussa doucement Roland vers les escaliers.
-Bonne soirée Madame et Monsieur Murdoch, je tacherai de noter qu'à présent il faudra vous monter des plats pour enfants.
-Merci vous êtes très aimable, répondit Julia, bonne soirée à vous aussi. Et passez le bonjour à Mary.
-Je n'y manquerai pas.
Ils se séparèrent et Julia se pencha dans le landau pour prendre le bébé dans les bras alors que William se saisit du landau vide pour suivre son épouse dans les escaliers et rejoindre leur suite. Ils furent surpris de voir tout les cartons qui avaient été livrés et un seul regard échangé leur suffit pour que Julia prenne la parole.
-Au moins il ne manquera de rien, dit-elle avant de déposer un baiser sur les lèvres de William pour se faire pardonner de sa fièvre d'achat alors qu'il avait levé un sourcil au plafond, je vais lui préparer un bain en attendant peut être pourrais-tu monter le lit?
Il secoua la tête de gauche à droite en souriant avant de la voir se diriger vers la salle de bain, tenant toujours Roland contre elle.
Il se passa quelques minutes où William entendit Julia chanter et rire dans la pièce voisine dont la porte était restée ouverte. Il avait terminé de monter le petit lit à barreaux et il était plutôt fier du résultat, lorsque Julia arriva dans son dos pour venir déposer un baiser sous son oreille.
-Je savais que mon époux était doué de ses mains, murmura-t-elle d'une voix grave avant de s'éloigner et de lui accorder un regard plein de malice et de désir.
Ils passèrent à table quelques minutes plus tard, mangeant tranquillement, Julia tentant de donner la purée à Roland qui pourtant refusait de manger et s'en étalait sur le visage. La jeune femme était désespérée et William tentait de se retenir de rire en voyant sa mine déconfite. Après tout , ils ne connaissaient pas ce petit garçon, ils ne savaient pas ce qu'il aimait ou non, et Julia avait beau être Docteur, elle avait tenu un cabinet où elle avait soigné des femmes et de jeunes enfants, jamais elle ne s'était occupée de leur donner à manger et jamais elle n'avait passé plus d'une heure avec eux. A cet instant, elle voyait enfin que la tâche allait peut être s'avérer être plus dure que prévu.
Ainsi, après de longues minutes de pleurs et de volés de purée, ils quittèrent la table. Julia se chargea de nettoyer Roland et de le changer pour des vêtements propres, puis, elle avait rejoins William dans le salon pour s'asseoir à côté de lui, tenant toujours fermement Roland dans les bras. Elle ne voulait pas le lâcher, pas une seule seconde et ce ne fut que lorsqu'il dormait contre elle depuis de longues minutes qu'elle consentit à le mettre au lit. Elle rejoignit la chambre et elle contourna le lit conjugal pour déposer Roland dans celui que William avait monté quelques minutes plus tôt. Elle le recouvrit et elle déposa un long baiser sur son front.
-Dors bien petit ange, murmura-t-elle en souriant en se redressant.
Pourtant, elle ne quitta pas le lit, ses mains posées sur le montant, son regard toujours posé sur l'enfant dormant paisiblement. Il se passa quelques minutes avant que William n'arrive dans son dos et ne la prenne dans ses bras. Elle ferma les yeux en sentant les mains de William se poser sur son ventre et son souffle tiède voyager dans sa nuque.
-Je pourrais le regarder pendant des heures, murmura la jeune femme en accordant son attention à l'enfant une fois encore tout en posant ses mains sur celles de son époux.
-Je comprends, répondit William, il est adorable.
-Alors toi aussi tu es tombé sous son charme?
-Complètement, admit William en riant doucement, même s'il a une certaine tendance à vouloir redécorer la suite avec de la purée de légumes.
Ils rirent doucement tous les deux et Julia soupira de contentement, se calant un peu plus contre le torse de William.
-Nous sommes une famille aujourd'hui, dit-elle doucement, je ne pensais pas que cela pourrait arriver de cette façon. Mais je ne regrettes rien.
-Moi non plus, à part une petite chose peut être.
Julia se retourna, sentant son cœur se serrer dans sa poitrine en entendant les mots de son époux. Elle croisa son regard et il caressa tendrement son menton avant de reprendre la parole en plongeant son regard dans le sien.
-Je vais avoir beaucoup moins ma charmante épouse pour moi tout seul.
-Tu as peur que nous ne soyons moins disposés à faire l'amour? Et que cela n'arrive moins souvent?
-Non...hum...je bredouilla William en rougissant toujours mal à l'aise de parler de ce genre de choses, je ne parlais pas seulement de cela.
-Ne t'en fais pas Murdoch, répondit Julia en souriant avant de passer ses bras autour de son cou, je suis toujours disposée à faire l'amour avec toi lorsque Roland dort. Et je crois que là il est parti aux pays des rêves. Alors, continua-t-elle en caressant tendrement le nœud de sa cravate, que dirais-tu de fêter la nouvelle de l'arriver de notre fils? Rien que toi et moi?
-Mmmmh, j'aime l'idée, murmura William sur ses lèvres en attirant Julia tout contre lui.
Ils échangèrent un regard et une seconde après ils scellèrent leurs lèvres pour un long, profond et langoureux baiser qui leur coupa le souffle.
-Le salon? Proposa William en caressant les hanches de son épouse avant d'embrasser la fine peau de sa nuque.
-Il ne faudrait pas le réveiller, soupira Julia qui perdait déjà pieds aux attentions de son époux.
Il s'éloigna alors d'elle pour l'embrasser une fois encore et il la prit dans les bras pour la porter jusque dans le salon. Avec délicatesse, William l'allongea sur le sol et il la rejoignit une seconde après pour la couvrir de baisers, de caresses et lui faire l'amour pendant de longues minutes.
à suivre...
