Merci pour vos reviews:! Voici la suite :)
Lorsque l'Inspecteur Murdoch entra dans la suite qu'il partageait avec son épouse, et depuis la veille avec l'enfant qu'ils voulaient adopter, il s'était attendu à tout, sauf à cela.
Il avait été le seul à aller travailler ce jour là, laissant Julia s'occuper de Roland et lui permettant de faire les premières recherches pour une nounou. Car même si ils en avaient très peu parlé pendant le petit déjeuner, il était certain que Julia ne démissionnerait pas de la morgue. Elle voulait continuer de travailler et il n'était pas question pour qu'elle change d'avis. Ainsi, William les avait laissé pour se rendre au poste de police en lui jurant qu'il l'appellerait si ils avaient besoin d'elle. Vers l'heure du déjeuner, la Directrice de l'Orphelinat où Roland aurait dû être placé lui apporta les papiers. 10 pages, recto et verso qu'ils devaient lire, signer et lui rapporter aussi rapidement que possible. William n'y avait jeté qu'un bref regard pour se remette au travail.
Il avait quitté le poste de police un peu plus tôt et il était allé sur Queen Street pour acheter un immense bouquet de fleurs. Puis, il avait repris le chemin de l'hôtel. Il ne pouvait s'empêcher de sourire. Ce soir là, pour la toute première fois de sa vie il rentrait chez lui d'une façon très spéciale, chez lui où l'attendaient son épouse et son fils, sa famille. Pourtant, lorsqu'il passa la porte de la suite, son sourire s'effaça aussitôt.
Le salon était sans dessus-dessous, Julia se trouvait à genoux en son centre frottant la moquette avec ténacité. Il voyant une substance verte recouvrir le table, la chaise haute dans laquelle ils mettaient Roland pour manger, ainsi que le sol et le meuble à côté de la table. William resta là quelques secondes s'imaginant la soirée qu'avait passé son épouse. Celle-ci remarqua enfin son arrivée et leva les yeux vers lui. Il croisa son regard triste, il vit ses cheveux en pagaille, ses boucles blondes à peine retenues encore par les petits barrettes en argent, il vit sa chemise blanche couverte de purée et son cœur se serra dans sa poitrine. Elle avait l'air tellement désespérée que cela lui brisa le cœur. Il lui sourit alors tendrement et lui montra le bouquet qu'il tenait. Julia se leva en un bond et il remarqua alors qu'elle avait remonté sa jupe, laissant voir ses jupons blancs, comme elle l'avait fait de nombreuses années lorsqu'il l'avait surpris nettoyer elle-même le sol de la morgue. William n'eut pas le temps de l'admirer bien longtemps qu'elle se précipita dans ses bras et qu'il la retenu fermement.
-Oh William, soupira Julia en passant ses mains dans sa nuque, tu es enfin là.
-Je vois que Roland a encre voulu faire de la décoration?
-Je ne savais pas quoi faire, soupira Julia, il refusait de manger, j'ai cru qu'il était peut être malade, que quelque chose n'allait pas mais il a bu alors du lait.
-Je crois qu'il n'aime tout simplement les légumes que tu lui proposes, tenta de la rassurer William alors que Julia était toujours étroitement contre lui.
-Je n'y arriverai jamais William, sanglota la jeune femme, je ne serai jamais une bonne mère pour Roland.
Il fut surpris de sa réaction et il l'éloigna à peine de lui pour croiser son regard et voir les larmes naître dans ses yeux bleus.
-Ne dis pas cela, répondit tendrement William en séchant une de ses larmes qui coulait sur ses joues, tu es parfaite Julia. Tu t'occupes très bien de Roland et tu l'aime de tout ton cœur.
-Mais je...
-Julia il n'est avec nous que depuis hier, laissons-lui du temps et laissons-nous du temps à nous aussi, d'accord?
Julia acquiesça simplement en faisant la moue mais elle ne répondit pas. Une seconde plus tard, William se pencha vers elle pour l'embrasser.
-J'ai eu les papiers pour l'adoption, nous avons une semaine pour les remplir.
-Ils seront fait demain, répondit Julia en souriant largement, je vais m'y mettre tout de suite.
-Julia, avant je...j'aimerai dîner si cela ne te dérange pas.
-Oui, oui bien entendu, tu dois avoir faim, dit-elle avant de déposer un baiser sur ses lèvres.
Elle lui prit les fleurs des mains et les huma simplement avant de se diriger vers la table pour faire encore un peu d'ordre. Pendant ce temps là, William se mit à l'aise et alla dans la chambre pour jeter un œil à Roland dormant paisiblement. Il le regarda quelques instants avant de déposer un baiser sur son front pour rejoindre Julia dans le salon à nouveau. Elle se blottit une fois encore contre lui en souriant.
-Merci pour les fleurs, murmura-t-elle avant de l'embrasser, elles sont superbes. Je me demande ce que j'ai fait pour mériter un époux tel que toi.
Il lui sourit et il l'embrassa à son tour avant de froncer les sourcils et de porter sa main dans les cheveux de Julia pour prendre entre ses doigts un peu de purée. Elle soupira en levant les yeux au plafond et William rit doucement avant de l'attirer contre lui à nouveau pour échouer ses lèvres à son oreille.
-Et si tu allais prendre un bain pendant que fais un peu de rangement?
-Je croyais que tu voulais dîner?
-Chérie, tu sens le poireaux, murmura William en riant suivit quelques secondes après par Julia.
Elle acquiesça et elle déposa un long baiser sur sa joue avant de s'éloigner. Il la suivit du regard pour la voir se pencher sur le berceau de Roland et rejoindre la salle de bain en détachant ses cheveux.
William avait terminé de tout ranger lorsqu'il se demanda ce qui prenait tellement de temps à Julia. Il rejoignit la salle de bain pour la voir allongée dans la baignoire, la tête posée sur le rebord, les yeux fermés. William approcha doucement et il se pencha vers elle pour lui parler tendrement.
-Le repas est prêt, souhaites-tu te joindre à moi?
-Mmhh, peut être est-ce toi qui souhaites te joindre à moi, répondit Julia en souriant sans ouvrir les yeux.
Elle sentit la main de William se glisser dans l'eau et caresser doucement l'intérieur de sa cuisse et elle frémit de plaisir lorsqu'elle sentit le souffle de son époux dans sa nuque.
-J'en meurs d'envie, mais je n'ai pas mangé de la journée. Je garde ce genre de nourriture pour après le dîner.
Il s'éloigna d'elle pour croiser son regard et ils se sourirent.
-J'y penserai Inspecteur, répondit Julia avant qu'il ne l'embrasse.
Ils se séparèrent et une fois Julia enveloppée dans sa robe de chambre, ils quittèrent la pièce main dans la main, s'arrêtant devant le berceau quelques instants.
-Mise à part cet incident avec la purée, commença William sans quitter des yeux le petit garçon, tout s'est bien passé?
-Oui, enfin, disons que pour la nounou, il va encore falloir attendre un peu.
William croisa son regard et Julia reprit.
-Elles ne me convenaient pas et ...
-Tu retournes à la morgue demain Julia.
-En effet, mais...je ne suis pas la seule à la morgue, Miss James...
-Julia, un bébé à la morgue c'est...
-Ce n'est que temporaire, coupa tendrement la jeune femme en posant sa main sur le torse de son époux, je trouverai une solution mais je ne veux pas le laisser à n'importe qui. S'il te plait, fais-moi confiance, tout ira bien.
William ne répondit pas. Il savait à quel point il était déjà difficile pour Julia de laisser le petit garçon ne serait-ce qu'une heure. Et il savait à quel point elle aimait son travail également. Cette situation allait être compliquée, il le savait. Mais il savait également qu'elle n'allait être que temporaire, il était évident qu'elle ne pourrait pas garder Roland avec elle à la morgue pendant des mois. Alors William acquiesça un peu à contre cœur et Julia lui sourit simplement avant de l'attirer dans le salon pour passer à table et manger dans le calme, parlant des papiers d'adoption. Ils prirent le temps de les lire pendant de longues minutes, enlacés sur le sofa avant qu'ils ne décident d'aller se coucher.
Alors que William fit sa toilette et mit le bas de son pyjama, la chaleur des derniers jours le dissuadant de mettre le haut, Julia en profita pour allumer quelques bougies dans la chambre et elle servit deux verres de champagne. Lorsqu'il revint de la salle de bain, le cœur de William manqua un battement. Elle se tenait là, devant lui en lui souriant, debout à côté du lit tenant les deux coupes. Il comprit aussitôt, et en souriant il prit une coupe. Ils les entrechoquèrent et ils burent une gorgée. William attira Julia contre lui pour l'embrasser langoureusement et lorsqu'ils eurent terminé leurs verres, elle les posa sur une commode un peu plus loin. Elle se tourna une fois encore vers William. Elle plongea son regard dans le sien et sans le quitter, elle ouvrit le nœud de sa robe de chambre. Le souffle du jeune homme s'accéléra lorsqu'elle écarta les deux pans et qu'il vit qu'elle ne portait pas sa chemise de nuit, qu'elle était entièrement nue devant lui. Elle fit glisser le tissu sur ses épaules pour le laisser s'échouer au sol sans y prêter la moindre attention. Elle fit pas de plus vers William et ils fermèrent tous les deux les yeux au contact de leur peau nue. Les mains de Julia explorèrent le torse de son époux alors que celui-ci redessina la courbe de son dos, puis, doucement, alors que leurs lèvres se touchaient à peine, ils s'allongèrent sur le lit. William regarda avec attention le visage de Julia le surplombant , il en redessina les contours du bout des doigts, il replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille avant de descendre plus bas, toujours plus bas avant qu'ils ne partagent une nouvelle fois un tendre et passionné moment.
Le jour se levait à peine lorsque William se réveilla. Il avait très peu dormi cette nuit là, mais il était heureux. Le petit gazouillement qu'il entendait un peu plus loin ainsi que le parfum qui lui chatouillait les narines, lui indiquaient qu'il ne rêvait pas. Dans cette chambre avec lui se trouvait le petit garçon qu'ils venaient d'adopter et là dans ce lit, tout contre lui, la femme de sa vie. William poussa un faible grognement en se réveillant, resserrant son étreinte autour de son épouse. Puis, il ouvrit doucement les yeux. Il sourit en voyant Julia lui tourner le dos, ses cheveux ondulant jusqu'au milieu de son dos nu. Il écarta doucement le drap qui avait glissé sur le corps de son épouse pour l'arrêter à la naissance de ses fesses. Ses doigts glissèrent sur sa peau et redessinèrent le contour de sa nuque, son épaule, son bras, son sein, son ventre, sa hanche et s'aventurèrent sous le drap pour caresser sa cuisse alors qu'il déposait un tendre baiser sur son omoplate. Puis, il remonta doucement sa main sur ses fesses, dans le creux de ses reins et le long de sa colonne vertébrale. Il glissa sa main sur son ventre pour l'attirer contre lui et il embrassa sa nuque.
-Mmmhh, William, soupira Julia encore endormie, le...bébé.
William remarqua alors que le petit gazouillement de Roland se transformait progressivement en petits pleurs et il échoua ses lèvres à l'oreille de Julia qui ne bougeait toujours pas.
-C'est pour cela que je te réveille mon amour, murmura-t-il d'une voix grave.
-Nous...couple moderne, grommela Julia,...partage...ton tour, dit-elle avant d'enfouir son visage dans son oreiller.
William avait bien compris ce qu'elle lui demandait et il se redressa alors en se pinçant les lèvres. Cela allait s'avérer être une tout autre histoire. Dans un soupir, il quitta le lit, il passa son bas de pyjama et il contourna le lit pour arriver au-dessus du berceau. Il regarda Roland quelques instants, avant de jeter un regard désespéré vers Julia qui gardait encore les yeux fermés. Puis, il se pencha vers l'enfant. Il le sortit du berceau et il le tint à bout de bras, bien trop peu habitué à ce genre de choses pour savoir comment il fallait faire.
-Julia? Il...Que veut-il?
-Chang...er, man...ger, répondit la jeune femme toujours d'une voix endormie.
-Changer, murmura William pour lui-même, bien, je crois que ça je peux le faire, ça ne doit pas être si difficile.
Il quitta alors la pièce en tenant toujours Roland devant lui, ne remarquant pas que Julia le regardait à présent en souriant.
William fit de la place sur la table pour y étendre tant bien que mal un linge. Voyant qu'il ne pouvait pas y arriver en tenant Roland, il posa l'enfant au sol. Il prépara le lange propre, un tissu humide pour le nettoyer et il se retourna pour se saisir du bébé. Mais celui-ci n'était plus à ses côtés et William sentit son cœur manquer un battement.
-Roland? Roland?
Il le chercha partout pendant de longues et interminables secondes lorsqu'il entendit Julia rire un peu plus loin. Il se tourna vers elle pour la voir se tenir dans l'embrasure de la porte, sa robe de chambre nouée sur sa taille et le petit garçon dans les bras.
-Toujours garder un œil sur lui William, dit-elle en souriant en approchant de son époux, il va très vite à quatre pattes.
Elle le tendit à William à nouveau qui le prit.
-Prends-le un peu plus contre toi.
-Mais je...
-Il sera plus calme et à l'aise si tu le prends contre ton torse.
Ils échangèrent un regard et William porta Roland contre lui, souriant lorsqu'il vit le bébé poser sa joue contre son torse. Il le posa alors sur la table et leva les yeux vers son épouse à côté de lui. Il croisa son regard. Il comprit. Elle n'allait pas le faire à sa place. Il mit alors tout en oeuvre pour changer le lange de Roland, le déshabiller, le nettoyer, lui mettre l'autre lange et le rhabiller. Mais hélas, la tâche s'avérait bien plus simple à regarder qu'à effectué et après de longues minutes d'une lutte acharnée, il porta devant lui le petit garçon, fier d'avoir accompli un exploit, une seconde avant que le lange ne tombe au sol et que Roland ne s'agite, heureux de se trouver dans son plus simple appareil. Devant l'air désespéré de son époux, Julia vint enfin à sa rescousse, non sans avoir rit aux éclats. Et ainsi, une demi heure plus tard, ils savourèrent enfin tous les quatre leur petit déjeuner, Roland étroitement serré contre William qui lui donnait son biberon.
-Je crois que je suis plus doué pour cela, murmura-t-il en souriant en levant les yeux vers Julia assise en face d'eux, et si nous nous mettions d'accord pour que je m'occupe de lui donner à manger et toi des langes?
-Attends ce soir, tu verras que se sera une autre paire de manches, rétorqua Julia en levant le syeux au plafond, mais d'accord, allons pour cela Detective.
Ils échangèrent alors un dernier regard pour ensuite quitter la table, se préparer et quitter tous les trois l'hôtel pour une nouvelle journée de travail riche en découvertes et émotions.
à suivre...
