Merci pour vos reviews, voici la suite :)
Un nouveau meurtre donnait beaucoup de travail au poste de police Numéro 5 ce jour là. L'autre secteur de la ville le plus proche était surchargé de travail ces derniers temps et ainsi, Julia se retrouva avec deux corps à autopsier. Elle s'était rapidement mise au travail. Elle avait présenté Roland à Miss James et elle fut ravie de voir qu'ils s'entendaient bien. Ainsi, elle commença son autopsie, accordant de réguliers regards et sourires au petit garçon qui jouait tranquillement quelques mètres plus loin sur une large couverture qu'elle avait apporté avec elle. Pourtant, plus les heures passaient, plus il devenait de plus en plus compliqué pour Julia de se concentrer sur sa tâche. Roland s'agitait, il voulait découvrir ce nouvel espace et Rebecca passait le plus clair de son temps à veiller à ce qu'il ne se blesse pas et n'approche pas Julia vers qui il était déterminé à venir. Les pleurs retentissaient à chaque fois que sa tentative était avortée et il fallut que Julia le console pendant d'autres longues minutes pour qu'il se calme enfin. Ainsi, son travail n'avançait pas et elle se trouvait vite débordée. Elle était heureuse que William ne vienne pas avec un nouveau cadavre,ou une nouvelle enquête pour le poste numéro quatre.
L'heure du déjeuner arriva lorsqu'elle prit quelques minutes pour souffler enfin. Aussitôt, Julia rejoignit Roland sur le sol de son bureau dont elle avait matérialisé un parc de fortune avec des cartons qu'il fallait enjamber. Elle joua alors avec lui quelques minutes, ne remarquant pas le jeune homme à l'embrassure de la porte et qui les regardait tendrement. Ce ne fut que lorsque Roland le regarda et lui sourit largement, allant à quatre pattes vers lui que Julia le remarqua et que William s'avança dans l'ouverture de la porte. Elle lui sourit et il en fit autant en prenant Roland dans les bras.
-Tu étais là depuis longtemps? Murmura Julia en se levant pour venir à sa hauteur.
-Quelques minutes, avoua William, j'ai toujours aimé te regarder lorsque tu ne le savais pas, et encore davantage aujourd'hui, murmura-t-il avant de déposer un baiser un baiser sur ses lèvres, tu es si heureuse avec Roland.
-Je le suis, acquiesça Julia en caressant la joue du petit garçon, mais j'ai peur de ne vraiment pas pouvoir le garder avec moi. Je n'arrive pas à me concentrer, il souhaite bouger et explorer tout le temps et la morgue est un endroit dangereux pour lui, il pourrait se blesser et...
Julia fit une pause en voyant William essayé de cacher son sourire. Elle leva les yeux au plafond et elle soupira profondément.
-Bien entendu tu le savais, grommela Julia , tu attendais simplement que je le remarque par moi-même.
William ne répondit pas et il lui caressa simplement la joue pour attirer son attention et plonger son regard dans le sien.
-Tu ne m'aurai pas écouté si je te l'avais dit de toute façon, maintenant tu sais qu'il va falloir trouver une nounou pour Roland, que tu ne peux pas le garder ici, et il va falloir que tu apprennes à pouvoir te séparer de lui.
Julia fit la moue. Bien entendu elle savait que son époux avait raison, et elle devait bien l'admettre, mais elle aurait voulu que les choses soient moins compliquées. Elle soupira alors simplement et elle caressa tendrement le dos de Roland toujours dans les bras de William avant que celui-ci ne reprenne a parole.
-Nous avons rendez-vous à l'orphelinat, es-tu prête?
-Oui, je mets mon chapeau et nous pouvons y aller, j'ignore si nous aurons le temps de déjeuner, j'ai encore beaucoup de travail.
-Nous prendrons quelque chose en chemin, répondit William qui jouait doucement avec le bébé qui riait déjà à nouveau.
Julia les rejoignit et William plaça Roland dans le landau, avant qu'ils ne quittent tous les trois la morgue.
Le rendez-vous à l'orphelinat avait duré une bonne demi-heure. Une demi-heure où ils furent questionné sur leurs passés, leur relation, leur travail. Julia avait sentit la main de William se poser sur la sienne plus d'une fois, lui demandant ainsi silencieusement de garder son calme. Mais Julia n'y pouvait rien, elle bouillonnait de l'intérieur.
-Vous êtes une femme qui travaille, vous n'en avez pas besoin, votre devoir est d'être chez vous, à vous occuper de cet enfant.
-Je garderai mon métier, avait rétorqué Julia, j'aime Roland, de tout mon cœur et je veux le meilleur pour lui mais je continuerai de travailler, nous avons réfléchis à une nounou.
-Vous ne l'avez pas encore, grommela la veille femme en fronçant les sourcils.
-Roland n'est avec nous que depuis deux jours, nous devons faire encore quelques ajustements, répondit William, mais nous avons déjà tout ce qu'il faut pour lui. Et il est très attaché à mon épouse, ajouta William en jetant un regard à Julia, elle est la personne parfaite pour prendre soin de lui, l'éduquer et l'aimer.
-Monsieur Murdoch, vous êtes Inspecteur de police, un métier à risque, vous pouvez mourir n'importe quel jour.
William sentit Julia se tendre à ses côtés et resserrer ses doigts sur les siens alors qu'elle retint son souffle une seconde sans que la vieille femme ne remarque. Il caressa alors tendrement la paume de la main de son épouse pour la rassurer et il regarda celle qui leur faisait face et qui reprit a parole.
-Vous devez apporter un foyer sécurisant pour ce petit garçon, une stabilité, votre épouse est médecin légiste, quelle image donnez-vous à cet enfant?
-L'égalité, intervint Julia, l'idée qu'une femme ne doit pas rester chez elle pour s'occuper des enfants et attendre que l'on vienne lui annoncer la mort de son mari dans l'exercice de ses fonctions. Je suis légiste, mais je suis Docteur également, je saurai prendre soin de Roland, je suis épouse et je sais que je peux apporter tout ce dont cet enfant à besoin. Je l'aime, je l'aime vraiment.
Il y eu un moment qui se passa dans le silence le plus total où la vieille femme les regarda tour à tour, avant qu'elle ne baisse finalement les yeux vers leur dossier et qu'elle ne signe en bas de page.
-Je peux dès lors vous dire que vous vous battez déjà comme une lionne Madame Murdoch, murmura-t-elle en la regardant, comme une mère. Cet enfant sera entre de bonnes mains avec vous, mais ne perdez pas de vue qu'il a besoin de vous et qu'il va grandir. Je pense que vous devriez quitter l'hôtel où vous vivez rapidement.
-Nous le ferons, répondit William en souriant largement, nous nous y employons.
-Bien, dans ce cas, je vous souhaite bonne chance et toutes mes félicitations, vous voilà parents.
Le couple échangea un regard et un immense sourire. Puis, ils quittèrent l'orphelinat le cœur léger, Julia poussant doucement le landau dans lequel Roland dormait paisiblement. Ils marchèrent quelques minutes avant de s'arrêter sur un banc à l'ombre des arbres. Ils mangèrent puis après un regard accordé à sa montre, William réalisa à quel point il était déjà tard. Ils se hâtèrent de rejoindre le poste de police, laissant l'Inspecteur jouer quelques instants avant Roland dans le landau.
-Ce pti't gars est adorable, dit-il en se redressant, je dois comprendre que maintenant qu'il est officiellement un Murdoch je vais devoir trouver un autre médecin légiste Docteur.
-Non, répondit aussitôt Julia, je continuerai de travailler, nous allons trouver une nounou pour Roland.
-En attendant?
-Eh bien, je...je ne peux pas le garder à la morgue, soupira Julia en se tournant vers William.
-Murdoch, c'est un poste de police pas un jardin d'enfant, lança Brakenreid qui avait vu leur regard, je peut concevoir que c'est arrivé vite et que vous n'avez pas le temps de trouver chaussette à votre pied...
-Chaussure Monsieur, corrigea gentiment William alors que Brakenreid ne le remarqua pas.
-Mais ici nous interrogeons des suspects, des sales types. Je suis sûr que...Margaret serait ravie de s'en occuper en attendant que...
-Monsieur, lança William en soupirant, vous lui en avez déjà parlé.
-Une nouvelle comme ça bien entendu que je lui en ai parlé, rétorqua Thomas, elle est folle joie. Elle a élevé toute seule deux garçons, elle saura vous donner un coup de main en attendant que vous preniez vos marques.
William ne répondit pas et regarda Julia, appréhendant un peu sa réaction. Mais la jeune femme accorda un regard vers Roland et elle sourit tendrement.
-Je déposerai Roland chez vous demain matin, acquiesça Julia, remerciez Margaret de sa proposition. Nous l'acceptons avec joie.
-Je vais l'appeler tout de suite, elle a dû attendre à côté du téléphone toute la matinée, lança leur supérieur avant de leur accorder un clin d'œil et de quitter le bureau.
-Margaret saura très bien s'en occuper lorsque je travaillerais, murmura Julia en plongeant son regard dans celui de son époux, j'ai toute confiance en elle.
-Moi aussi, acquiesça William.
Ils échangèrent un tendre sourire et Julia se tourna vers Roland une fois encore avant de reprendre la parole.
-Je vais retourner à la morgue, j'ai encore beaucoup de travail, peux-tu le garder avec toi cette après-midi?
-Bien sûr, répondit William en se penchant à son oreille, et si je n'arrive pas a changer un lange je demanderai à George de le faire, je suis persuadé qu'il en est tout à fait capable.
-Je n'en doute pas non plus, mais je suis aussi certaine que tu arriveras également William, répondit Julia en se tournant vers lui pour caresser sa joue, à plus tard, dit-elle encore avant de vouloir s'éloigner.
-A plus tard, murmura William, ma lionne, grommela-t-il d'une voix grave dans le creux de son oreille avant de déposer un baiser dans son cou.
Julia se recula, en souriant, lui adressant un regard plein de malice avant de quitter la pièce et de rejoindre la morgue pour se remettre au travail pendant de longues et interminables heures.
La jeune femme entra chez elle alors que la nuit était déjà tombée depuis longtemps. Elle était épuisée. Elle savait pourtant ce qui l'attendait une fois la porte de la suite passée. William et Roland seraient là. Un sourire naquit alors sur ses lèvres lorsqu'elle ouvrit la porte de la suite d'hôtel. Elle retira son chapeau et ses chaussures et elle entra dans le salon. Tout était calme, rangé, une assiette était encore posée sur la table, le repas froid tout à côté. Julia picora quelques légumes. Elle vit des jouets jalonner le sol derrière le sofa, mais aussi des langes propres défaits. Elle sourit, elle savait ce qu'il s'était passé. Après avoir quitté le poste de police, William était venu la voir à la morgue, et elle lui avait dit qu'elle en aurait encore pour des heures. Il était rentré chez eux, il avait passé une soirée avec Roland, seuls, ils avaient joué pendant de longues minutes, il s'était entraîné à faire les langes du bébé, perfectionniste comme il était, Julia était persuadée qu'il ne s'était arrêté que lorsqu'il maîtrisait parfaitement la tâche. Ils avaient dîné, à voir l'état de la pièce, William était plus doué qu'elle pour cela, eh puis, il lui avait donné le bain et l'avait mis au lit. Son époux devait lire dans leur lit en l'attendant. Pourtant, lorsque Julia entra dans la chambre, elle sentit les larmes monter dans ses yeux. William était allongé sur leur lit, en pyjama, tenant dans le creux de ses bras Roland. Ils étaient tous les deux endormis. Julia savoura l'image qui se trouvait devant ses yeux. Elle resta quelques minutes ainsi, adossée au mur, regardant son époux et son fils dormir paisiblement. Puis, elle rejoignit la salle de bain. Elle se prépara pour la nuit. Elle se pencha sur le lit pour prendre délicatement Roland dans les bras. Elle l'embrassa sur le front plusieurs fois et elle le berça doucement jusqu'au berceau dans lequel elle le plaça. Elle le regarda quelques minutes avant de rejoindre le lit conjugal. Elle coupa la lumière et elle se serra contre son époux en soupirant de bien-être. Il ne se passa qu'une seconde avant que William n'ouvre les yeux et ne ressème son étreinte autour d'elle.
-Julia, Roland...
-Shhhttt, murmura la jeune femme en plaçant son index sur les lèvres de William, je l'ai mis dans son lit, rendors-toi chéri.
-As-tu mangé?
-Je n'ai pas faim, murmura Julia en fourrant son visage dans la nuque de William, je suis épuisée.
William ne répondit pas, resserrant son étreinte autour d'elle en déposant un baiser dans ses cheveux, puis, doucement ils s'endormirent tous les deux, enlacés.
à suivre...
