Merci pour vos reviews! Voici un nouveau chapitre !


La journée s'annonçait être radieuse. En ce dimanche matin, toute la petite famille avait quitté l'hôtel d'un même pas pour savourer une journée ensemble au bord du lac. Roland et Julia avaient accompagné William jusqu'à l'église. Le couple avait échangé un tendre baiser et le jeune homme était entré, Julia reprit alors sa route, poussant le landau devant elle pour se rendre au bord du lac, cet endroit qu'elle fréquentait avec William de temps à autre, leur endroit préféré. Elle prépara le pic-nique, laissant Roland jouer sur un grand drap à côté d'elle. Elle disposa le menu, la boisson et une fois assise contre le tronc d'un arbre, elle retira son chapeau de paille et elle retira ses chaussures pour d'adosser contre le tronc et jouer avec Roland quelques minutes. Elle aimait passer du temps avec le petit garçon, ces longues heures à jouer avec lui, à le faire rire, à déposer de tendres baisers sur son visage et son ventre. Elle savait qu'elle n'allait pas s'ennuyer en attendant son époux. Alors qu'il y avait quelques semaines encore, elle attendait qu'il revienne de la messe en lisant un livre, aujourd'hui, elle jouait avec Roland. Ce ne fut que lorsqu'il jeta son lapin en riant le plus loin possible pour la quatrième fois que Julia perdit patience.

-Oh Roland, c'est la quatrième fois, dit-elle en se levant, je trouve que ce n'est plus drôle maintenant, maman ne va pas continuer de ramasser tes affaires, dit-elle avec autorité.

Pourtant, lorsqu'elle croisa le regard du petit garçon qui lui souriait, elle en fit autant.

-Entre toi et William, je sens que je vais souvent perdre la bataille, deux petits charmeur ces Murdoch, dit-elle en caressant son nez avant de s'éloigner pour aller ramasser le jouet qui s'était échoué bien des mètres plus loin.

Mais lorsqu'elle se pencha pour ramasser la peluche, elle croisa le regard d'une femme d'environ son âge qui le lui tendit.

-Merci, répondit Julia en le prenant, je n'arrête pas de le ramasser et pourtant c'est son jouet favoris mais il semble déterminé à vouloir le jeter toujours plus loin.

-C'est toujours amusant de faire courir maman, répondit la jeune femme en regardant Roland qui approchait de Julia à quatre pattes.

-Il faut croire que vous avez raison, répondit Julia en riant avant de se baisser pour prendre le bébé dans les bras, n'est-ce pas petit ange? Tu aimes faire courir ta maman?

Elles regardèrent quelques instant l'enfant que Julia tenait dans les bras et qui accordait de larges sourires à l'inconnue en face d'eux.

-Cet enfant est adorable, dit-elle en souriant, comment s'appelle-t-il?

-Roland, répondit Julia fièrement, il fait le bonheur de son papa et de moi-même, malgré le fait qu'il semble détester la purée de légumes.

-Oh je connais cela, soupira la jeune femme, ma fille, c'était pareil, impossible de lui faire manger.

-Mon époux semble avoir plus de succès que moi mais j'ignore pourquoi, soupira Julia.

-Le petit oiseau, acquiesça la jeune femme.

-Le petit oiseau? Répéta Julia en fronçant les sourcils.

-Oui, c'est l'histoire du petit oiseau qui va dans le nid, l'oiseau c'est la cuillère, le nid la bouche. Il suffit de faire de grands gestes devant lui et de mimer que vous aussi vous mangez, ça marche en général.

-Oooh, c'est donc cela, il s'est bien gardé de me le dire.

-Vous avez beaucoup de chance que votre époux vous aide à vous en occuper, les pères laissent toujours cela aux mères.

-Nous sommes un couple moderne, William m'aide beaucoup. Et je crois qu'il est fier de pouvoir le faire, il est un très bon père, quoiqu'un peu perdu au début pour lui changer les langes.

-Etre parents s'apprend, je trouve que vous vous en sortez bien, cet enfant est vraiment très attachant.

Elles échangèrent un regard et un sourire et l'inconnue regarda encore avec intérêt le petit garçon avant de reprendre la parole.

-Il me rappelle un petit garçon d'une amie, toujours souriant et de bonne humeur, il avait le même regard, il a laissé un grand vide lorsqu'il est parti.

-Parti?

-Oh une triste histoire, cela date d'il y a trois mois déjà, le bébé a disparu, en pleine nuit alors qu'il dormait dans sa chambre. Ils accusaient la nounou, mais il n'y a jamais eu de preuve car ils n'ont jamais retrouvé sa trace. Mon amie ne perd pas espoir qu'on lui rende son fils un jour, mais nous savons que cela sera sans doute impossible. Ils doivent être loin à présent.

-Cela a du être une terrible épreuve, murmura Julie en regardant Roland, je ne supporterai pas qu'on me l'enlève.

-En effet, elle est encore très dévastée. Veillez toujours à garder un œil sur lui, vous m'avez l'air d'être une jeune femme très gentille et très proche de votre fils. Je vous souhaite tout le bonheur qu'on puisse avoir et de ne jamais connaître un tel malheur. La vie d'un enfant est si fragile.

-J'en ai conscience, murmura Julia.

-Je vais vous laisser, dit-elle sur un ton plus léger, passez une bonne journée.

-Merci Madame, acquiesça poliment Julia en souriant, vous aussi.

-Au revoir.

-Au revoir.

-Au revoir petit ange, dit-elle en saluant Roland de la main qui en fit autant en souriant.

Julia la regarda partir, silencieuse et immobile quelques instants, avant de se tourner vers Roland à nouveau et de lui sourire.

-Et si nous allions lire une histoire en attendant ton papa? Il ne devrait plus tarder à présent.

Elle rejoignit le pied de l'arbre pour s'y asseoir, plaçant Roland sur ses genoux. Il reposa instinctivement sa tête contre sa poitrine et Julia ouvrit le livre qu'elle lisait depuis quelques jours. Ce n'était pas un livre pour enfants, elle en avait conscience, mais Roland ne semblait pas s'en soucier, tout ce qui lui importait était d'être dans les bras de sa mère, écoutant sa voix, alors qu'elle lisait doucement.


Lorsque William arriva à l'endroit du rendez-vous qu'il avait avec Julia, un immense sourire naquit sur ses lèvres. Il regardait son épouse lire tendrement à leur fils celui-ci dans les bras de Julia qui caressait tendrement sa tête d'une main. Décidément, il ne se lassait pas de la regarder, encore et encore, pendant des heures. Pourtant, il ne put le faire bien longtemps car Julia leva instinctivement les yeux vers lui pour croiser son regard. Ils se sourirent tendrement et il approcha d'eux pour venir s'asseoir à leur côtés.

-Tu as apporté ton appareil? Demanda Julia en voyant William poser l'appareil photo qu'il utilisait souvent pendant ses enquêtes.

-Je voulais avoir des souvenirs de cette journée, répondit le jeune homme en caressant la joue de Roland.

-C'est une bonne idée, acquiesça Julia en glissant une main à l'arrière de la nuque de William pour jouer avec ses cheveux et attirer son visage vers le sien, vous avez toujours de brillantes idées Monsieur Murdoch, souffla-t-elle sur ses lèvres avant de l'embrasser langoureusement et profondément.

Ils se séparèrent pour reprendre leur souffle et se sourire avant de se séparer et de commencer à manger. Ils parlèrent de tout et de rien pendant de longues minutes. Puis, William s'adossa au tronc de l'arbre, attirant Julia dans son étreinte alors que Roland s'endormait sur le drap à leurs côtés. Julia soupira de plaisir en sentant les mains de William caresser tendrement son dos. Elle resserra ses doigts sur sa chemise et elle déposa de tendres baisers dans sa nuque.

-Julia, murmura William d'une voix grave, qu'est-ce qu'il y a?

Elle leva les yeux vers lui et elle plongea son regard dans le sien. Il caressa tendrement sa joue pour effleurer du bout de son pouce ses lèvres et reprendre la parole.

-Tu es préoccupée, je le vois bien, que se passe-t-il?

-Je...je voyais à quel point nous étions heureux et, j'ai...peur que tout ne s'arrête, qu'il ne t'arrive quelque chose.

-Que veux-tu qu'il m'arrive?

Julia s'éloigna de lui pour le surplomber et elle glissa sa main dans sa nuque sans pour autant quitter son regard.

-J'ai peur de te perdre William, dit-elle dans un souffle, j'ai toujours eu peur qu'il t'arrive quelque chose et je ne le supporterai pas, je ne survivrai pas à ton absence, tu es toujours à prendre tellement de risques qu'un jour, j'ai peur de voir arriver George à la morgue, qu'il me dise que nous avons un cadavre, que cet homme mort, c'est toi. Même si je mets ces pensées de côté la plupart du temps, aujourd'hui, c'est différent, dit-elle doucement en jetant un regard vers Roland, aujourd'hui je sais que jamais je ne pourrai élever Roland sans toi, je t'aime William, ajouta Julia sur ses lèvres, je t'aime tellement que mon cœur s'arrêterai de battre si tu me quittais.

-Il ne m'arrivera rien Julia, répondit William en fermant les yeux tout en posant son front contre celui de son épouse, je ne te laisserai pas. Jamais. Jamais, répéta le jeune homme avant de sceller ses lèvres avec celles de Julia pour un long et profond baiser.

Ils échangèrent alors un regard et ils s'embrassèrent une fois encore. Les mains de William prirent le chemin du corps de Julia, pour la caresser sans quitter sa bouche. Ils basculèrent doucement sur le sol et il la surplomba sans cesser sa douce torture, dirigeant ses baisers vers la nuque de la jeune femme qui arquait déjà son dos en soupirant le nom de son époux au creux de son oreille. Ils savaient tous les deux que si les environs n'étaient pas aussi fréquentés, William lui ferait l'amour dans la seconde, pendant de longues, interminables et délicieuses minutes. Ce ne fut que lorsque Julia sentit à quel point le corps de William réagissait à leurs échanges qu'ils calmèrent le jeu. Les mains glissées sous la chemise de William pour caresser sa peau, Julia prit la parole en tentant de calmer son souffle.

-William, il...il y a autre chose.

Il s'éloigna d'elle, juste assez pour croiser son regard, toujours allongé contre elle alors qu'il se reposait sur son coude et qu'il jouait tendrement avec ses mèches blondes à côté de son oreille. Il attendit simplement, son regard plongé dans le sien. Il vit Julia se pincer les lèvres pour prendre du courage et elle reprit la parole.

-J'ai vu une femme ce matin, qui m'a dit que Roland ressemblait au fils d'une de ses amie. Ce fils a disparu, il y a de cela trois mois. Il a été enlevé par sa nounou, en pleine nuit. William...les parents de Roland, ils sont morts n'est-ce pas?

-Tu as exécuté les autopsies toi-même Julia.

-C'étaient bien eux, tu en es certain?

-Pourquoi ils ne l'auraient pas été? George a fait des recherches et...

-J'ai peur qu'on nous l'enlève William. J'ai peur qu'un jour quelqu'un vienne le chercher.

-Roland est notre fils, et il le sera pour toujours. Ne te fais pas tant de souci, d'accord? Insista William en caressant sa joue.

Elle acquiesça et il lui sourit avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Ils remarquèrent le petit garçon commencer à s'agiter à côté d'eux et ils se séparèrent. Ils décidèrent d'emmener Roland vers l'eau. Et ainsi en quelques minutes, ils se trouvèrent tous les trois en maillot de bain. Julia avait remit son chapeau pour protéger sa peau pale des rayons du soleil brûlant et elle se trouvait assise sur le sable, les petits vaguelettes caressant ses jambes et ses hanches, Roland assis entres elles et jouant à taper dans l'eau en riant pendant que William immortalisait l'instant, prenant plusieurs photos qu'ils voulaient garder en souvenir.


à suivre...