Merci pour vos reviews, en effet, le bonheur ne dure jamais pour nos loulous :/
La nuit avait été courte pour l'Inspecteur Murdoch. Il avait passé la soirée avec sa petite famille, il n'avait pas voulu mettre Roland au lit et Julia avait du intervenir pour que tous les deux ne se calment enfin. Ils avaient alors prit place sur le sofa tous les trois, enlacés, alors que William lisait une histoire au petit garçon pour qu'il s'endorme. Une fois celui-ci aux pays des rêves, le couple l'avait regardé dormir quelques minutes avant de le mettre au lit et de fermer la porte de la chambre. Ils échangèrent un simple regard, mais un regard qui voulait tout dire. William avait attiré Julia sur le sofa à nouveau, elle avait pris place sur ses genoux et ils avaient fait l'amour, tendrement, passionnément, plusieurs fois, presque toute la nuit, avant de s'endormir à l'aube, exténués.
William sentait les courbatures sur son corps tout entier, il allait arriver en retard au poste de police, prenant le temps de se lever ce matin là, accordant quelques minutes pour regarder son épouse dormir à ses côtés. Il s'était occupé de lever Roland, de l'habiller, de lui donner à manger et il s'apprêtait à quitter la suite avec lui lorsque Julia arriva dans le salon. Elle était pâle et William remarquait sa fatigue.
-Je me charge de déposer Roland chez Mrs. Brakenreid, prends ton temps ce matin, avait dis William en caressant sa joue, tu n'as pas l'air en forme aujourd'hui.
-Je ne me sens pas très bien, grommela Julia, mais tu vas être en retard William. Et l'Inspecteur Murdoch n'est jamais en retard.
-Si l'Inspecteur me pose la question, je dirai que j'ai passé la nuit la plus exquise qu'il soit avec mon épouse et que nous avons fait l'amour pendant des heures, murmura William sur les lèvres de Julia avant de l'embrasser.
-Je crois que c'est bien ce que nous avons fait, répondit Julia en souriant.
Il lui sourit en retour et il déposa un baiser sur sa joue.
-A plus tard, lança William en s'éloignant.
-A plus tard, répondit Julia, à ce soir petit ange, ajouta-t-elle en caressant la main de Roland dans le landau et qui lui souriant largement.
Lorsqu'il était entré sur le plateau central du poste de police, il ne fallut que peut de temps à l'Inspecteur Brakenreid pour lui tomber dessus.
-Une heure de retard Murdoch, dit-il en tentant de cacher son sourire, j'ai faillit demander à Crabtree de venir vous chercher, il me semble que ce n'est jamais arrivé, mise à part une fois, le lendemain de l'anniversaire du Docteur il me semble, ajouta son supérieur en lui faisant un clin d'œil.
-Roland a passé une mauvaise nuit, grommela William qui ne voulait pas parler de ses activités privées avec son épouse à son supérieur.
-Le charmant Docteur n'est pas encore là non plus, rétorqua Brakenreid, je suis un homme marié depuis plus longtemps que vous Murdoch, je sais ce que c'est. Et si vous voulez un conseil, lorsque vous mentez, demandez à votre épouse de vous donner un peu de maquillage pour cacher les marques rouges qu'elle pourrait vous faire dans le cou.
A ces mots, William vira écarlate, il n'avait pas pensé à ça. Il savait qu'il laissait toujours de petites marques de tendres morsures sur le corps de Julia lorsqu'ils faisaient l'amour et elle cachait toujours celles dans son cou avec un peu de fond de teint, alors qu'il était plus rare que lui en ait à cet endroit.
-Il n'y a pas de honte à honorer son épouse Murdoch, dit-il en riant, mais soyez à l'heure.
-Oui Monsieur, grommela William.
-Jackson et Higgins vous attendent à Queens Park, un cadavre, j'ai eu le Docteur Ogden au téléphone, elle s'y rend directement. Emmenez Crabtree, je ne sais pas ce qu'il a aujourd'hui, il ne semble pas dans son assiette.
William acquiesça simplement pour regarder le jeune Agent assit à son bureau et l'air pensif. George sursauta lorsque l'Inspecteur Brakenreid l'appela et il arriva rapidement près d'eux. Puis, ils prirent la direction des écuries, montèrent dans un fiacre et prirent le chemin de Queens Park , en silence. George ne cessait de jeter quelques regards vers William, qui lui, observait le paysage défiler.
-Monsieur, se risqua George, je...je dois vous dire quelque chose.
-Je vous écoute George, répondit William.
-C'est à propos de...de hier, le dossier.
-Je souhaite ne plus en parler.
-Vous ne pouvez pas faire comme si rien ne s'était passé Monsieur, rétorqua George, une famille cherche cet enfant et ce n'est pas...juste. Vous écoutez toujours la justice, vous êtes l'homme le plus intègre que je connaisse et vous savez que j'ai raison.
-Je le sais, avoua William, mais cet enfant est devenu le notre, si vous voyiez le sourire de Julia lorsqu'elle est avec lui, lorsqu'elle le sert contre elle. Je souhaite garder Roland, et pourtant je n'ai de cesse de me dire que si nous avions notre propre enfant et qu'il venait à disparaître, nous voudrions qu'une personne nous le rende.
-Je n'ai pas brûlé le dossier Monsieur, murmura George, je le garde dans le tiroir de mon bureau, je ne pouvais m'y résoudre.
-Et je regrette de vous l'avoir demandé, répondit William en plongeant son regard dans le sien, c'est à moi de régler tout cela, c'est à moi de...contacter cette famille. C'est simplement que...Julia...
-Le Docteur comprendra.
-Je n'en suis pas certain, soupira William, c'était peut être notre seule chance d'avoir un enfant, et jamais elle ne voudra adopter un autre que lui.
George ne répondit pas. Il savait ce que devait éprouver son supérieur et ami à cet instant, quel choix difficile il devait faire. Il maudit le destin, pourquoi semblait-il toujours s'acharner sur ces deux personnes, pourquoi le bonheur ne durait jamais bien longtemps pour eux? Il avait le cœur brisé en voyant l'Inspecteur Murdoch retenir ses larmes, tournant la tête vers la vitre du fiacre par pudeur. Il soupira alors profondément et le trajet se termina dans le silence le plus total. Ce ne fut que lorsque le cheval s'arrêta et que William ouvrit la porte pour voir Julia penché sur un corps un peu plus loin, qu'il se tourna vers George une fois encore pour prendre la parole.
-Ne parlez pas de cela à Julia.
-Bien entendu Monsieur.
William lui sourit et une seconde après ils quittèrent le fiacre pour se diriger vers la jeune femme un peu plus loin. Le Docteur Ogden remarqua aussitôt la présence de son époux et elle leva les yeux vers lui, lui accordant un immense sourire et un tendre regard.
-Vous voila enfin Inspecteur, dit-elle d'une voix séductrice, vous ne vous êtes pas levé à temps ce matin?
-Pourrions-nous en venir aux causes de la mort Docteur s'il vous plait? Demanda William avec une voix qui s'étranglait dans la gorge.
Julia chassa alors son sourire et elle fronça les sourcils. Quelque chose devait s'être passé entre son départ de l'hôtel et cet instant, car son époux était totalement différent. Elle garda son regard encore plongé dans le sien quelques instants, et William le quitta, mal-à-l'aise, pour le poser sur le corps. Elle reprit ses esprits et elle commença ses constatations, de manière méthodiques, détachée et professionnelle.
L'inspecteur Murdoch venait de raccrocher son téléphone, le cœur lourd. Il s'était plongé dans une toute nouvelle enquête toute la journée mais il n'avait pu échapper à son devoir. Il avait contacté le poste de police ayant reçu la plainte de la disparition de Miss Penny et de Roland à Montréal. Il avait expliqué en détail ce qu'il s'était passé, que l'enfant était en bonne santé, placé dans une famille d'accueil mais que sa mère était morte. William s'était montré aussi professionnel que possible et pourtant aujourd'hui plus que n'importe quel autre jour, il regrettait ses choix. Il demeurait prostré à son bureau, en silence, pendant de longues minutes avant que l'Inspecteur Brakenreid ne rentre et ne referme la porte derrière lui, sans un mot, échangeant à peine un regard avec lui. Il fit le tour du bureau, et il s'assit en face de lui pour croiser son regard.
-Vous avez contacté la famille de Roland. Crabtree m'en a parlé.
-En effet, répondit William la gorge nouée, ses grands-parents seront là demain, pour l'emmener.
-Vous avez fait ce qu'il faut Murdoch.
-J'aimerai vous croire Monsieur, mais à cet instant, je...ça me fait tellement mal.
-Et c'est tout à fait compréhensible, vous aimez cet enfant, comme le Docteur Ogden l'aime, même les gars du poste sont dingues de ce petit gars. Mais...
-Mais il n'est pas notre fils, coupa doucement William, et il a une famille qui le cherche. Le rêve a été trop beau, tout avait été si parfait que cela n'aurai pas pu durer.
-Qu'allez-vous faire à présent?
-Rentrez chez moi, soupira William, je vais tenter de parler à Julia, de lui expliquer et...et je vais savourer le peu de temps qu'il me reste à partager avec mon épouse et Roland.
-Allez-y, acquiesça Brakenreid.
William se leva sans un mot, il se dirigea vers le porte manteau pour y passer sa veste et son chapeau, puis lorsqu'il ouvrit la porte, son supérieur reprit la parole.
-Je suis désolé Murdoch, murmura-t-il.
-Moi aussi Monsieur.
Il quitta alors le poste numéro quatre, il retrouva Julia à la morgue qui terminait un rapport et qui prit ses affaires. Puis, ensembles, ils prirent le fiacre pour arriver chez les Brakenreid et récupérer Roland. Ils rentrèrent à l'hôtel, dînèrent, donnèrent le bain au petit garçon, le couchèrent et ils s'assirent sur le sofa, l'un à côté de l'autre. William inspira alors profondément. Le moment était venu, il devait tout lui dire. Il prit tendrement la main de Julia et il ancra son regard dans le sien. Il se passa quelques secondes en silence avant qu'il ne prenne enfin la parole.
-Julia, je dois te parler de...
Le téléphone retentit, les faisant sursauter tous les deux. En un bond, la jeune femme se leva et décrocha. Un autre cadavre, ils devaient se rendre sur place immédiatement. Ils prirent alors leurs chapeaux et leurs vestes, Julia enroula Roland dans une couverture et elle le plaça dans le landau, l'emmenant avec eux sur les lieux du crime et à la morgue pour pratiquer l'autopsie. Lorsque William entra à l'aube le lendemain, son épouse et le petit garçon dormaient. Il n'avait eu aucune minute pour lui parler et aujourd'hui il n'avait plus de retour en arrière possible. Aujourd'hui il allait devoir rendre cet enfant à sa véritable famille, aujourd'hui il allait perdre son fils et il craignait perdre son épouse également.
à suivre...
