Merci pour vos reviews ! Bon nous y sommes, le chapitre, celui ou tout change ! J'espère que vous ne m'en voulez pas de trop :)

Bonne lecture,


Le Docteur Ogden avait raccroché son téléphone en fronçant les sourcils. William lui avait demandé de le rejoindre à son bureau. Elle supposa que c'était pour lui donner des précisions supplémentaires concernant l'enquête, car ils en avaient très peu parlé. Elle avait fait son rapport hier au soir, elle était rentrée se coucher et ce matin là, elle avait quitté la suite avant William pour déposer Roland chez Mrs. Brakenreid. Elle aussi elle l'avait trouvé étrange, triste et davantage attentive à son état de santé, Margaret l'avait trouvé pâle et elle lui avait demandé trois fois si elle allait bien.

Ainsi, un peu perdue, Julia quitta la morgue pour rejoindre le poste de police. Elle trouva le bureau de William vide et elle retourna sur le plateau central pour croiser George.

-George où...

Elle laissa sa phrase en suspend, voyant son époux dans le bureau de l'Inspecteur Brakenreid, celui-ci à ses côtés, Margaret était également là et tenait le landau dans lequel se trouvait Roland.

-Que se passe-t-il George? Demanda Julia.

Elle croisa le regard de George et une seconde après la porte du bureau de l'Inspecteur Brakenreid s'ouvrit et William approcha d'elle.

-William, que fait Margaret ici avec Roland? Que se passe-t-il bon sang?

-Je dois te parler.

-Eh bien, vas-y, s'emporta la jeune femme.

-Pas ici, murmura William en lui prenant le bras, viens, nous allons faire un tour dans le parc nous y serons plus tranquilles.

Julia voulut protester, elle savait que quelque chose ne tournait pas rond, elle savait qu'elle allait avoir une conversation difficile avec William. Il ne savait pas cacher ses inquiétudes et elle n'était pas dupe. Son regard était profondément ancré dans le sien, son regard ne mentait jamais.

-William, souffla-t-elle du bout des lèvres, qu'est-ce que tu me caches?

-Viens, s'il te plait.

Elle ne répondit pas et elle le suivit vers la sortie. Margaret lui apporta le landau et Julia le prit aussitôt, croisant à peine son regard. William posa la main dans le dos de son épouse et après un dernier regard accordé à son supérieur ils quittèrent tous les trois le bâtiment pour se rendre dans le parc le plus proche. Une fois à l'ombre des arbres, ils s'assirent sur un banc et Julia prit Roland dans les bras. Elle le serra dans ses bras en fermant les yeux avant de se tourner vers William.

-Parle-moi William, murmura-t-elle, j'ai besoin de savoir ce qu'il se passe. C'est Roland, n'est-ce pas?

Il inspira profondément et il caressa la joue de Roland avant de prendre la parole.

-J'ai fais des recherches...

-En ce qui concerne les parents de Roland, coupa Julia en regardant l'enfant sur ses genoux, pourquoi as-tu continué?

-J'ai suivit mon instinct Julia, je voulais que se soit juste et que nous puissions vivre en paix en connaissant la vérité...j'ai retrouvé la famille de Roland.

Il vit le regard de Julia se charger de larmes et il sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Il déglutit péniblement et il reprit la parole.

-Ses grands parents sont arrivés ce matin de Montréal, ils viennent le récupérer.

-Je t'avais demandé de ne pas faire ces recherches William, s'emporta la jeune femme, je t'avais dit que j'avais peur qu'ils nous le prennent et toi tu as fais quoi? Tu ne m'as pas écouté, tu as agis comme tu le fais toujours, tu as suivit ta tête, tu as réfléchis, tu t'es comporté en héros. Et à cause de toi je vais perdre mon fils.

-Je le devais.

-Pourquoi? Continua la jeune femme sur un ton plus fort alors que Roland commençait à s'agiter dans ses bras en ressentant sa colère.

-Parce que s'il avait été notre fils et qu'il avait disparu on aurai voulu plus que tout au monde que quelqu'un nous le ramène. Parce que je me suis mis à la place de cette famille.

-Et à la mienne? As-tu pensé ne serait-ce qu'une seconde à moi?

-Je n'ai pas cessé d'y penser Julia, lorsque j'ai appris que cet enfant avait encore une famille, j'ai demandé à George de faire disparaître ce dossier, je lui ai dit de le brûler, de garder le secret. Personne n'aurai jamais su ce qu'il s'était passé, personne ne serait jamais venu le chercher. Je voulais le faire pour toi, pour nous, mais je n'aurai jamais pu vivre avec ce poids sur la conscience toute ma vie.

-Mais tu peux le faire en sachant que tu m'as brisé le cœur, sanglota la jeune femme, ton sens moral et ta droiture passeront toujours avant tout le reste. Avant notre famille, avant moi.

William ne répondit pas. Il aurait voulu lui dire qu'elle avait tort, qu'elle était ce qu'il y avait de plus important pour lui sur cette Terre, qu'il donnerait tout ce qu'il possède, même sa vie pour elle et sans la moindre hésitation. Mais il devait admettre que ses actions semblaient toutes autres, et il comprenait qu'elle pouvait douter de ses sentiments.

-Je ne me séparerais pas de Roland, lança Julia dans un souffle, personne ne me le prendra.

-Nous n'avons pas d'autres choix, répondit William en la voyant le serrer dans ses bras avec force pour faire cesser les pleurs de l'enfant, je suis terriblement désolé.

Julia resta silencieuse, pleurant doucement en fermant les yeux, caressant la tête de Roland qu'elle serrait fort contre elle, comme si il était devenu sa bouée de sauvetage dans une mer agitée. William restait là, immobile, à ses côtés et il la regardait simplement. Il avait le cœur brisé, il retenait ses larmes, mais pourtant, il ne parla pas, il ne l'approcha pas.


Il se passa quelques minutes dans le silence le plus absolu, Roland s'était calmé et il avait posé sa tête sur la poitrine de Julia. Son univers s'était écroulé autour d'elle, elle peinait à respirer, elle avait la tête qui lui tournait, elle avait le cœur brisé. Elle refusait de lâcher l'enfant et ce ne fut que lorsque deux officiers de police arrivèrent devant eux que le couple reprit pieds dans la réalité.

-Les parents de Miss Penny sont ici, lança Jackson, ils vous attendent.

William acquiesça, Julia plongea son regard dans le sien et sans un mot l'Inspecteur Murdoch glissa sa main dans celle de la jeune femme pour la faire se lever. Elle le fit à contre cœur et tel un automate, Julia marcha vers le poste de police, serrant toujours Roland contre elle. William avait une fois encore sa main posée dans son dos, elle la sentait plus ferme, mais pourtant tremblante. Lorsqu'elle arriva dans le bureau de l'Inspecteur Brakenreid et qu'elle se retrouva face à ce couple de la cinquantaine qui allait lui prendre son enfant, Julia fit un pas en arrière.

-Je ne...peux pas.

-Il le faut, répondit aussitôt William.

La femme en face d'elle approcha et elle croisa son regard.

-Merci d'avoir pris soin de lui Madame, dit-elle en se penchant vers Roland pour le prendre.

Pourtant, Julia ne le lâcha pas.

-Docteur Ogden, intervint Brakenreid, Roland est leur petit-fils.

-Il est mon fils, rétorqua Julia, je le connais bien mieux que eux, ils ne savent rien de lui.

-Je sais que c'est difficile pour vous, continua son supérieur, mais c'est la loi.

Julia ne répondit pas, sentant les larmes couler sur ses joues, regardant Roland qui semblait lui aussi s'accrocher désespérément à elle.

-Je comprends votre réaction Madame, continua la femme en face d'elle, j'ai moi aussi perdu ma fille.

-Vous ne pouvez pas comprendre, lança Julia, personne ici ne le peut. Votre fille était un escroc, dit-elle avec une méchanceté qui ne lui ressemblait pourtant pas, Roland est un enfant innocent.

-Ne rendez pas les choses plus difficiles qu'elle ne le sont Docteur, répondit Brakenreid en faisant signe à deux officiers d'approcher.

-William, soupira Julia en se tournant vers son époux alors que les deux hommes forcèrent Julia à lâcher Roland, William je t'en supplie.

Mais William ne bougea pas, Roland se mit à pleurer dès qu'il n'était plus dans les bras de sa mère. Worsley plaça l'enfant dans ceux de la femme en face d'elle et il ne fallut qu'une seconde à Julia pour vouloir le reprendre. Mais des bras forts l'encerclèrent aussitôt et la maintenèrent avec force. Elle savait que William la retenait, et pourtant, elle continuait de se débattre pour s'échapper de son étreinte, qu'importe si elle le blessait en chemin.

-Partez, murmura Brakenreid.

Le couple acquiesça et ils quittèrent la pièce avec Roland qui tendait toujours les bras vers Julia en pleurant alors que celle-ci criait, hurlait et sanglotait. William la serra avec plus de forces contre lui lorsqu'elle s'était retournée, il la sentait battre son torse avec rage et il échoua son visage près de son oreille.

-Calme-toi, murmura-t-il au creux de celle-ci, je t'en prie Julia, calme-toi.

-C'est de ta faute, sanglota Julia en plongeant son visage dans la nuque de son époux, tu nous as enlevé notre fils. Je ne te le pardonnerai jamais William, jamais.

-Je ne me le pardonnerai jamais non plus, répondit William en laissant les larmes dévaler ses joues tout en caressant le dos de Julia qui s'était calmée et dont le chagrin avait pris place à la colère.


à suivre...