Titre : un morceau de chair calcinée
Auteur : ylg/malurette
Base : How To Train Your Dragon
Personnages : Stoick, Gobber, Hiccup
Gradation : PG~ / K-max
Légalité : Dreamworks, sans plus grand rapport avec Cressida Cowell

Prompts : « Cet abruti était irrécupérable. »,
« Vous êtes juste jaloux de ne pas y avoir pensé avant. »,
« Les humains ont décidément beaucoup d'imagination. » d'après Laitue ;
« Cependant, il sourit, d'un sourire qui lui donne l'impression d'être face à un ange, et sa gorge se serre. » d'après Papy 1412 ;
« Si tu recommences à te faire tomber une hache sur le pied... »,
et une auto-suite sur un Arbre à Drabbles (25 juillet – o4 août '14)
Continuité/Spoil éventuel : fin du 1er film
Nombre de mots : 6 x 100

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- Irrécupérable, tranche Gobber en voyant ce qui reste la jambe de Hiccup, ses paroles aussi définitives que le coupant de la hache dans le prolongement de son bras.
Stoick opine, la gorge serrée. Son fils, à la fois un guerrier plus capable qu'eux tous ici, et son petit garçon chétif si léger entre ses bras... une seule jambe est un prix modique quand il a cru l'avoir perdu tout entier n'empêche, il aurait souhaité pouvoir lui épargner ça.
- Allumez un feu, ordonne-t-il. Et deux hommes de plus pour m'aider à le tenir.
Même le plus faiblard peut se débattre violemment...

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Avant tout, le feu. Avec l'incendie qui vient de faire rage et les dragons fraîchement apprivoisés, ça ne devrait pas être difficile, il faut juste trouver du combustile encore intact.
- Et si quelqu'un a un flacon de gnôle sur lui, c'est le moment de le partager.
On force Hiccup à boire, il tousse, ses paupières s'agitent, mais il reste inconscient.
Gobber emmanche avec précaution sa hache portée au rouge. Les grosses pattes des Vikings pèsent sur le corps malingre. Tous savent comment ça se passe pas une parole, juste un hochement de tête comme signal. La hache s'abat lourdement.

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Même le plus faiblard peut se débattre violemment, ils le savaient et ils ont déjà dû immobiliser des grands costauds autrement plus solides, pourtant, la force avec laquelle Hiccup le Raté, Hiccup le nouveau héros, s'agite et crie, les prend de court. Parce qu'il est tellement petit, tellement fragile, ils craignent de le briser comme une brindille en le serrant trop fort.

Le grésillement et la puanteur de la chair brûlée les assaillent, les cris rauques se changent en gémissements pitoyables. Un fier Viking pourtant habitué à voir des amputations et des cautérisations à vif en est réduit aux larmes.

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Le pied gauche de Hiccup affreusement mutilé et calciné, est fichu. Ils ont tous déjà vu des blessures du même genre et celle-ci est parmi les pires : ils savent qu'il n'y a plus rien à en sauver. Il faut aller chercher plus haut, là où la jambe est encore saine et amputer, le plus vite possible, avant que la pourriture ne s'y mette.
Gobber cautérise soigneusement le moignon. Ensuite, il reste un petit corps asymétrique, et un morceau de chair qui n'est plus humain...
Enveloppé dans un morceau de charpie, ça a grossièrement la taille et le poids d'un nouveau-né.

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Imagination morbide à l'oeuvre, Stoick voit à la fois son fils tel qu'il est : pâle, mutilé et inconscient, tel qu'il était si peu de temps avant : cet être étrange à mi-chemin entre enfant et adulte, à sa place nulle part dans leur monde, tel qu'il l'a rêvé : un vaillant Viking pourfendeur de dragons, et tel qu'il a été il y a quinze ans, ce petit paquet de langes qui ne criait même pas...

Avec gravité, Gobber place la chose dans le feu. Ils ne peuvent pas l'abandonner comme ça aux charognards, ça a droit à des funérailles.

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Sa gorge se serre douloureusement à voir les flammes attaquer – ou plutôt, achever de dévorer le bout de jambe arrachée. Ça ne fait plus partie de Hiccup, désormais, c'est juste un déchet à brûler parce que ça sera plus propre comme ça, mais avec ça, c'est tout ce qui reste de son enfance qu'on incinère sur un petit bûcher de fortune.
Son fils est un homme, un guerrier, il a tué le plus gros et le plus monstrueux des dragons, et mis tous les autres à sa botte. Stoick est partagé entre fierté... et crainte, comme à ses premiers jours.