Hey bonsoir tout le monde! J'espère que vous allez bien parce que moi je pète la forme malgré un grosse entorse :)

Bon voici le chapitre 3 de cette histoire, pour ceux qui veulent des spoilers par rapport à la suite, vous avez juste à laissez un commentaire et je vous répondrais (Chef Popo peut donfirmer haha)

Bonne soirée et bonne lecture !


Chapitre 3 : un bon pompier

Casey avait terriblement mal. Il serrait les dents et n'essayait même plus de parler. Parfois, ils grinçait des dents, parfois Kelly et Hermann pouvaient l'entendre hurler de douleur, voire même pleurer. Il essayait d'être le plus silencieux possible, mais dans un espace si clos, tout bruit avait un échos malgré celui des flammes et des débris qui tombaient encore. Severide avait tant envie de dormir, mais il savait parfaitement que s'il le faisait, il ne se réveillerait pas. Alors toutes les minutes ou presque, il secouait la tête pour se maintenir éveillé. Les fois où il ne le faisait pas, il recevait des claques sur la joue de la part d'Hermann. Lui-même avait toujours mal dans la poitrine, mais il se disait qu'il avait eu plus de chance que ses camarades. Il partageait son temps entre réveiller Severide quand il ne pensait pas à secouer la tête et surveiller Casey sous les décombres à travers le trou. Quelques fois, celui-ci était tellement fatigué qu'il fermait les yeux et ne pensait pas à les rouvrir. Alors Hermann criait et faisait sursauter ses deux frères d'arme. De nombreuses fois, la radio de Casey avait de la friture, annonçant qu'on essayait de les contacter en vain, que quelqu'un savait ou espérait qu'ils étaient encore en vie. Mais Casey avait tellement mal qu'il n'osait pas bouger. Rien que le fait de respirer le faisait presque crier tant la douleur était insupportable.


Dehors, tous les pompiers étaient au travail pour stabiliser la structure, car par endroit elle s'effondrait encore. Les trois équipes que Boden avait commandé étaient enfin arrivées, ainsi que deux équipes spécialisées dans le déblaiement et l'équipe de déminage. Ils avaient mis plus de dix minutes pour repérer la porte d'entrée, en tout cas ce qu'il en restait, et commençait à déblayer cette endroit. Ils savaient que trois des leurs se trouvaient près de la sortie au moment où la maison avait explosé, et de ce fait ne devaient pas être loin. Après avoir réussi à creuser un trou de 80cm de diamètre, Dawson se proposa à passer dans le trou en compagnie de la nouvelle recrue pour retrouver leurs frères.

« Gabby ».

Boden s'approcha d'elle et l'attrapa par les deux bras. Son visage était marqué par l'inquiétude.

« Tu es sure de vouloir faire cela ? »

Gabby prit une grande inspiration et acquiesça.

« Oui chef. J'ai la compétence de pompier et d'ambulancière. Je suis la plus qualifiée pour ce travail. Et si j'ai une chance de retrouver Matt en vie... Je veux être là, je dois faire ça ».

« Ce n'est pas de cela dont je parlais Gabby ».

Le regard de Boden se posa sur son ventre. Elle fit la même chose quelques secondes plus tard, et passa sa main sur lui.

« Oui, je suis sure de vouloir faire ça chef ».

Elle était déterminée, et personne ne pouvait ou ne pourrait la faire changer d'avis.

« Tenez ».

Le chef de l'équipe de déblaiement lui passa un gros sac, l'ouvrit et sortit quelque chose.

« Ce sont des balises de détresse. Posez-les sur votre chemin tous les dix mètres environ. Si vos radios ne fonctionnent pas là-dessous, on pourra vous repérer grâce à elles si quelque chose ne va pas ou si vous les retrouvez ».

Elle acquiesça.

« Si vous basculez le clip vers le bas, la balise envoie un appel de détresse classique. Utilisez-le pour qu'on puisse vous localiser sous les décombres. Si quelque chose ne va pas ou que vous retrouvez un ou plusieurs des vôtres, basculez le clip vers le haut. Il enverra un appel d'urgences. Il a la même fonction que l'appel de détresse, mais un cran au-dessus. On saura alors où vous êtes et on vous libérera le plus rapidement possible ».

Il adressa un sourire à Gabby, qu'elle lui retrouva nerveusement. Elle prit le sac et se dirigea vers le trou. Elle fit la liste de tous le matériel dont ils auraient besoin une fois à l'intérieur. La nouvelle recrue, pris de zèle, était déjà près à passer par le trou.

« Le stagiaire, tu sors de là ».

« Mais je suis volontaire et- »

« RESORS ! »

Tout le monde sursauta, y compris le chef. Gabby n'était pas du genre à crier. Elle soupira et s'expliqua presque calmement.

« La nouvelle recrue est toujours la dernière à passer. Question de sécurité. Le plus expérimenté devant ».

Borelli secoua la tête de haut en bas et ressortit. Cela ne faisait pas longtemps qu'il était là, alors il ne connaissait pas encore toutes les règles de bonne conduite, même si sa famille était pompier. Gabby s'engouffra par le trou et alluma une troche tandis que Borelli lui passa le sac de balise, puis prit un par un le matériel nécessaire pour travailler. Elle activa la première balise et commença à se frayer un chemin parmi les gravas.

« Euh... Dawson ? »

Elle arrêta son travail.

« Quoi ? » dit-elle d'un ton sec et froid. « Désolée. Tout ça... Cela me met sous tension ».

« Je peux comprendre. La personne que vous aimez le plus au monde est là dedans ».

« Borelli ? Arrête tout de suite de me vouvoyer. On est collègues ».

« Pardon. C'est juste que... A l'académie on vouvoyait alors... »

« Tu n'es plus à l'académie ici. C'est le monde réel. Les seules personnes à vouvoyer sont le chef, et les lieutenants, jusqu'au moment où il te dise que c'est bon ».

« Donc Casey, Patterson et Boden ? »

« Tu oublies Talbott, le lieutenant de l'engin-pompe, et Hermann a aussi le grade de lieutenant. Mais il ne veut pas qu'on le vouvoie. Et Severide était le lieutenant du secours 3 avant que tu arrives ».

« Merci du renseignement ».

Gabby reprit son travail de déblaiement, aidée par Borelli.

« Je peux... Te poser une question ? »

« Ça dépend de la question ».

« Je... Je sais que je n'ai pas fait bonne impression lors de mon premier jour. À cause de mon frère et- »

« Ne t'excuse jamais ».

« Quoi ? »

Gabby se retourna.

« Ne t'excuse pas pour ça, ni pour quoi que ce soit. Veille seulement à ne pas refaire la même erreur la prochaine fois ».

Borelli acquiesça. Selon lui, Gabby était rude, mais la tension du moment et les hormones faisaient d'elle une femme brute.

« Tu voulais savoir quoi ? »

« Oui, pardon. Euh... Comment je peux faire pour me racheter auprès du lieutenant ? Pour montrer qu'il peut me faire confiance je veux dire ».

Gabby esquissa un sourire.

« Casey est un meneur d'hommes. Il fait confiance en ses hommes, même s'ils sont nouveaux. Tu n'as pas besoin de te racheter. Montre-lui seulement qu'il a un bon stagiaire et qu'il peut en être fier ».

« Et... Je peux savoir quels sont les critères ? Enfin, tu le connais bien, même très bien... »

« Votre vie privée n'interfère pas dans notre travail. On a déjà fait cette erreur une fois, et cela nous a coûté nos fiançailles ».

« Vous... Vous étiez fiancés ? »

« Il y a environ onze mois. Mais là n'est pas la question. Casey te fait confiance alors je vais te faire confiance et te faire une confidence sur ses méthodes d'évaluation des stagiaires ».

Tout en travaillant à dépecer une dalle de béton qui se trouvaient devant eux, Gabby lui expliqua les règles.

« Casey est quelqu'un qui connaît ses hommes et ce pour une bonne raison. Il te fait déjà confiance car il a vu le tempérament que tu avais. Bref, Casey a une méthode particulière : il pousse ses stagiaires à bout ».

« A bout... »

« Il te fait travailler jusqu'à l'épuisement, jusqu'à ce que tu craques. Plus tu tiens longtemps, plus tu montes dans son estime. Il jauge tes points faibles, tes points forts, les espaces dans lesquels il peut t'envoyer ou non, ta sensibilité, tes forces physiques et mentales... Et quand tu as atteint ta limite, quand tu arrives au burn-out, il te considères dès lors comme un vrai pompier ».

« Tu peux... Me donner des exemples ? »

« Et bien, Casey n'enverra jamais Mouch, sauf cas de force majeure, dans un immeuble avec plus de dix étages. Il préférera l'envoyer dans les étages inférieurs ou le laisser dehors à réceptionner les gens ou gérer le trafic. Pour Hermann, il essaie d'éviter les situations ou il y a des enfants parce qu'il est père de cinq enfants. Otis, notre chauffeur, est spécialisé dans les ascenseurs si on peut dire. C'est pour cela qu'on l'appelle comme ça d'ailleurs. Moi il ne m'enverra pas dans des espaces trop restreints comme celui-ci. Parce que je suis claustrophobe ».

« Tu es claustrophobe et tu t'es portée volontaire ? Je comprends pas tout là... »

« Casey... Matt est tout pour moi. Il est le père de mon enfant, et... Et je peux pas penser au fait qu'il peut ne plus être de ce monde à l'instant où on parle. Mon amour pour lui est bien plus forte que mes peurs ».

Borelli semblait parfaitement comprendre la situation dans laquelle se trouvait Dawson.

« Et sur ses propres critères, il se pose des limites aussi ? »

« C'est le lieutenant. Il doit aller dans toutes les interventions, toutes les situations. Mais il a une limite oui. Quand quelqu'un sacrifie sa vie pour en sauver d'autres, en particulier quand il s'agit de sa propre famille. Il y a de cela un an et quelques mois, un homme a sacrifié sa vie pour sauver sa femme et ses trois enfants. Il s'est servi de son corps comme d'un bouclier et s'est couché sur sa famille. On n'a pas pu le ranimer et la caserne a été poursuivie par la femme car selon elle on n'était pas arrivé à temps. Alors devant l'avocat et la veuve, Matt... Matt a dû expliquer toute l'intervention, et cela l'a bouleversé. Selon Kelly, il avait les larmes aux yeux. C'est sa limite. Mais comme tout pompier, il serait prêt à donner sa vie pour en sauver une autre. Alors je dirai que sa vraie limite, c'est la mort elle-même ».

Borelli était bouche bée. Jamais il n'aurait pensé que son lieutenant avait une telle force mentale.

« C'est un bon lieutenant donc... »

« Le meilleur. Il sait faire ressortir toutes les qualités de quelqu'un tout en palliant ses défauts. Même si c'est l'homme que j'aime, je suis fière de servir sous ses ordres. Je suis fière d'être une femme pompier ».

« Pourquoi tu as voulu être pompier ? »

« Il y a tellement peu de femmes pompiers. C'est considéré comme un métier d'homme à cause de la force physique et mentale que cela demande. Mais je pense qu'une femme peut tout aussi bien réussir qu'un homme. Elle a juste différentes manières de contourner les protocoles et réussir tout autant que les hommes. J'ai voulu me prouver que je pouvait le faire, et... Pour être honnête, j'ai voulu aussi le prouver à Casey ».

« Il ne croyait pas en toi ? »

La dalle sauta enfin, et ils purent avancer de nouveau. Gabby alluma une balise et continua son chemin avec derrière lui Borelli.

« Disons qu'il savait déjà que si je devenais pompier, je devais quitter la caserne. Normalement un couple ne peut pas servir sous le même camion ».

« Pourtant tu travailles sous les ordres de Casey ».

« Le QG n'étant pas au courant de notre relation, Matt m'a pris dans son équipe. Quand il a vu que je n'abandonnerai pas mon rêve de devenir pompier, il m'a soutenu. Il a même fait jouer ses relations. Maintenant arrêtons de parler, et concentrons-nous sur le travail. On perd du temps ».

« Tu as raison ».

Borelli se mit à hauteur de Dawson et se remit au travail.


De l'autre côté de la structure, les débris continuait à tomber sur les trois pompiers. Leurs camarades de l'extérieur essayait par tous les moyens de déblayer la zone. Mais plus les débris tombaient, plus la dalle sur laquelle se trouvait Kelly s'effondrait sur Matt. Ce dernier avait tellement mal que la douleur lui avait fait perdre connaissance. Il ne bougeait plus de tout, et Hermann avait du mal à savoir s'il respirait ou non. Kelly ne pouvant pas bouger, il essaya d'agrandir le trou afin de descendre et être auprès de Casey pour vérifier ses blessures. Cela faisait dix minutes qu'il travaillait dessus mais tout ce qu'il avait pu faire, c'était un petit trou de quarante centimètres de large. Il y mettait toutes ses forces. Kelly de son côté, essayait discrètement de se dégager de cette barre d'acier tout en faisant attention à ne pas crier de douleur à cause de la barre de fer plantée dans son flanc. Il avait presque réussi quand Hermann se redressa et le vit.

« Tu te fous de moi Severide ? Je t'ai dit de ne pas bouger ! C'est quoi que tu comprends pas ? »

« La négation ».

Hermann laissa tout de même échapper un petit sourire.

« J'ai compris, je vais t'aider à te sortir de là. Mais ne viens pas te plaindre si tu as mal ou que tu saignes jusqu'à la mort ».

« Ne t'en fais pas Hermann ».

Hermann se leva et aida Kelly à se dégager, en faisant attention à ne pas faire tomber plus de béton sur son lieutenant.