Bonjour, bonjour et... BONJOUR ! Comme je suis heureuse aujourd'hui !

Chef Popo m'a (presque) supplié pour poster le chapitre 5, et m'a donné une super méga idée : comme elle trouve que ça va trop vite (l'histoire du sauvetage), je vais ralentir un peu... Vous verrez dans les prochains chapitres ce que je voulais dire, mais je sais que je vais au moins faire une heureuse !

Pour le moment, il est temps de lire !

Bonne journée :)


CHAPITRE 5 : le chant des oiseaux et le son des vagues

"J'ai un appel de détresse!"

Tout le monde stoppa son travail et se tourna vers le chef de l'équipe de déblaiement. Boden le rejoignit.

"Comment ça?"

"Votre femme pompier, elle a activé une balise vers le haut. Ça veut dire deux choses: soit elle et votre recrue sont en danger, soit ils ont retrouvé un des vôtres."

Boden ferma ses yeux et soupira.

"Gabby. Elle s'appelle Gabby. Et elle vaut dix hommes pompiers. Alors respectez-la."

Le lieutenant Vermulen, l'un des chefs de l'équipe de déblaiement, ne savait pas quoi dire. Il secoua simplement légèrement sa tête de haut en bas, regardant Boden qui avait un visage fermé et noir de rage. Il savait qu'il avait dit quelque chose de mal.

"Je connais Gabby. Elle a commencé au 51 il y a neuf ans et croyez-moi, si elle a activé une balise vers le haut, c'est qu'elle a dû trouver un endroit où nous pourrions facilement creuser pour les retrouver."

Vermulen regarda son écran, activa une balise et tenta de déterminer précisément d'où provenait le signal sous les yeux assidus et inquiets des autres pompiers. Après quelques secondes interminables, il stoppa ces cent pas.

"Le signal est juste en-dessous de moi."

Il prit une craie et fit une grande croix sur le béton pour indiquer où nettoyer la zone. En quelques instants, presque tous les pompiers s'étaient rués sur cette dalle et commencèrent à travailler pour rompre la dalle de béton.

À l'intérieur, Ferraris rebroussait chemin pour parvenir à discuter avec Hermann.

"Hermann, tu me reçois?"

"Alors ce bruit?"

"C'est Dawson et Borelli. Ils ont réussi à creuser un trou et sont descendus pour nous retrouver. Je sais où ils se trouvent je vais y retourner pour les amener. Je voulais juste vous prévenir."

"D'accord merci Ferraris."

Il prit d'un coup un air et un ton sérieux.

"Comment va Casey?"

"Argh... Pas très bien. Il est de nouveau inconscient. Son pouls est stable, il a dû perdre connaissance à cause de la douleur."

"Et vous?"

"Toujours mal à la poitrine. Et Severide se vide lentement de son sang, mais à part ça ça va."

"Comment ça il se vide de son sang?"

"Il était assis, coincé sous une poutre de soutien et une des armatures en ferraille s'est logée dans son flanc droit. Quand il s'est dégagé l'armature est partie donc..."

"Okay je vois. Je ramène Dawson et Borelli le plus vite possible."

"Sois prudent."

"Je le serai."

Ferraris prit alors immédiatement la direction opposée pour enfin retrouver leurs deux sauveteurs.

Dans le trou, Casey reprenait doucement connaissance, secouant légèrement sa tête de gauche à droite et grognant de douleur. Il ouvrit les yeux et de nouveau, il vit trouble, mais cette fois encore plus qu'avant. Il avait toujours du mal à respirer correctement.

"Severide? Ta bouteille est pleine?"

Severide regarda sa jauge puis son masque.

"Elle est dans le jaune, et mon masque semble intact. J'ai compris ce que tu voulais faire."

Severide savait qu'Hermann voulait donner à Casey le peu d'oxygène pure qu'ils avaient à leur disposition pour qu'il puisse respirer presque normalement. Il prit son masque, le posa sur le visage de Casey et ouvrit la vanne laissant passer l'oxygène.

"Essaie de prendre une grande inspiration Matt."

Fort heureusement, la respiration de Matt était convenable malgré la douleur. Il ouvrit de nouveau les yeux, tourna sa tête vers Severide et tenta de lever son bras. Mais il était devenu beaucoup trop faible pour ça. Alors il se contenta de feindre un sourire de remerciement.

"Garde tes forces Matt. Concentre-toi juste sur ta respiration. Les secours arrivent d'accord? Tony est allé les chercher. On va bientôt être libéré!"

Matt ferma les yeux et tenta d'acquiescer. La douleur trop grande, la fatigue grandissante, il ne pouvait vraiment plus rester éveillé. Il s'engouffra subitement et profondément dans un espace noir et sans bruit.

"Matt? Matt!"

La bouteille fonctionnait, c'était au moins une bonne chose. Cela voulait dire que Matt respirait. Hermann regarda le plafond à travers le trou.

"Au moins ils ont arrêté de travailler au-dessus de nous", fit remarquer Severide.

"Ils ont peut-être trouvé un endroit où creuser avec plus de sécurité."

"Tony a dit que Gabby et Borelli étaient sous les décombres. Si c'est le cas, Boden a dû faire appel aux équipes de déblaiement, sans doute cette saloperie de Vermulen."

"Alors il a donné des balises à Gabby. Elle a dû leur donner un signal pour qu'ils creusent ailleurs."

"Tu as sûrement raison."

Severide ferma les yeux un instant et fronça des sourcils, ravala un cri de douleur.

"Ton flanc droit?"

"Non... Mon ventre. Il me fait de plus en plus mal. Ça commence sur le flanc mais ça se diffuse partout."

"Hey Kelly... Essaie de t'allonger près de Casey. Tu auras sans doute moins mal, et tu seras près de lui pour le rassurer s'il se réveille okay? Ne t'inquiète pas je veille sur vous deux et je ne bouge pas d'un centimètre."

"D'accord... Mais toi aussi Hermann tu es blessé. Ta poitrine..."

Severide avait raison. Sa poitrine lui faisait toujours autant souffrir, voire même un peu plus.

"Ne t'inquiète pas je te dis. J'ai survécu à bien pire. Pour le moment ça va, maintenant repose-toi un peu. Matt a besoin de toi en pleine forme."

Severide acquiesça après plusieurs secondes sans bouger. Il se mit à gauche de Casey, là où sa tête penchait, et s'allongea près de lui. Il prit sa main dans la sienne et le regardait respirer tranquillement l'oxygène contenue dans sa bouteille qu'il avait retiré de son dos et posé à terre. Il regarda la jauge une nouvelle fois. L'aiguille était presque dans le rouge. Mais au moins, son frère ne respirait pas de poussière. Pour le moment.

Non loin de là, Ferraris arriva péniblement dans la grosse poche d'air et se redressa pour faire face à ses deux sauveurs.

"Dawson, Borelli... Bon sang!"

Il était très heureux. Tellement heureux qu'il enlaça Gabby de toutes les forces qui lui restaient.

"Tony... Tu me fais mal..."

Il desserra son étreinte, désolé.

"Pardon. Je... Bon sang, je n'aurais jamais espéré vous voir tous les deux là-dedans!"

Gabby fronça des sourcils, tentant de comprendre ce que voulait dire Tony.

"Comment ça?"

Borelli croisa ses bras au niveau de sa poitrine et attendait aussi une réponse.

"Ce n'est pas contre vous. L'ancienne et la nouvelle recrue. Une femme enceinte et... Un inexpérimenté, ce n'est pas courant comme sauvetage."

"Je vais le prendre mal Tony", assura Gabby pendant que Borelli hochait la tête.

"Je veux dire... Enfin, ce n'est vraiment pas contre vous, je suis content que vous soyez là. C'est juste que vous n'avez pas beaucoup d'expérience c'est tout."

Gabby inspira profondément et acquiesça. Elle savait que ce n'était pas pour les froisser qu'il disait cela.

"Je suis pompier à plein temps maintenant, donc j'ai acquis assez d'expérience pour pouvoir faire cela. De plus, j'ai un entraînement au secours à la personne via mon ancien travail d'ambulancière. Et Jimmy est ici aussi pour se forger une expérience supplémentaire, et il s'est porté volontaire. Nous étions les seuls à pouvoir passer par le trou que nous avions fait."

"Et au-dessus ils savent où on est?"

Gabby sourit et s'accroupit pour attraper une des balises de détresse. Elle la lança à Tony qui l'attrapa.

"L'équipe de déblaiement?"

"Deux pour être plus précise. Les casernes 44, 57 et 95 sont venues en renfort et il y a aussi l'équipe de déminage. Ils essaient de déterminer ce que c'était comme bombe, mais pour le moment ils aident à déblayer la zone."

"D'accord. Et euh... C'est l'équipe de Vermulen?"

"Ouai pourquoi?"

Tony ferma les yeux et soupira profondément.

"Un petit différent entre son équipe et la nôtre. Ce pourri de Vermulen a essayé de magouiller et de nous rabaisser auprès du chef de district un peu avant ton arrivée au 51. C'est une saloperie ce mec."

"Il a été sympa pourtant avec nous", rapporta Jimmy.

"C'est pour mieux vous lécher les bottes ouai! Enfin bref, c'est un bon pompier cela dit. J'espère juste qu'il ne garde pas rancœur de ce qu'on a fait en retour de ses conneries."

"Et qu'est-ce que vous aviez fait?"

"On l'a fait écarté de toute promotion... À vie."

Gabby ouvrit grand les yeux, et Jimmy laissa échapper un rire.

"Au fait, à la radio tu disais que tu avais mal dans le dos."

"Quand je n'y pense pas la douleur est supportable. Je m'inquiéterai quand on sera sorti de cet enfer."

"Laisse-moi jeter un coup d'œil quand même. J'ai pris les trousses médicales de l'ambulance."

Tony soupira, retira sa veste et s'assit. En voyant son dos, Jimmy détourna le regard, ravalant son envie de vomir au plus profond de lui. Tony l'avait vu fermant les yeux et tournant la tête.

"C'est si grave?"

Gabby évalua la gravité des blessures.

"Jimmy, passe-moi des compresses et du sérum phi."

Elle se tourna alors vers Tony.

"Okay, Tony, je ne vais pas te mentir, je ne sais pas comment mais ton dos est gravement brûlé au second degré. Ton t-shirt a brûlé et s'est collé à ta peau, mais ta veste n'a rien eu apparemment. Des débris ont dû passer entre ta veste et ton t-shirt. Je dois nettoyer la zone au maximum et te bander le temps de sortir d'ici d'accord?"

"Ça explique l'impression de brûlure dans le dos..."

Il ferma les yeux et laissa Gabby faire son travail sans broncher. Après quelques minutes de travail minutieux, Gabby finit de le bander et lui retendit sa veste, puis se tourna vers Jimmy.

"Tu restes ici pour aiguiller les secours quand ils auront percé la dalle au-dessus de toi. Abrite-toi du mieux que tu peux sous quelques débris stables et attends-les."

"Compris."

Gabby et Tony prirent la route pour rejoindre les autres.

De l'autre côté, Severide était toujours conscient, luttant la fatigue qui l'envahissait. Casey était toujours inconscient, le masque fonctionnait toujours mais plus longtemps. L'aiguille commençait à pointer dans le rouge. Quant à Matt, au plus profond de lui, il rêvait. Ou il hallucinait il ne savait pas trop. Dans sa tête, il y avait une petite brise fraîche et agréable, une odeur d'iode et la possibilité de respirer à plein poumon. Il était sur le sable chaud, plongeant ses pieds dedans. Il avait les yeux fermés, profitant de cet air qu'il aimait. La mer. Il n'avait jamais été voir la mer. Il ne s'en faisait qu'une idée mais il aimait cela. Il entendait les vagues s'enrouler et s'écraser sur le sable, créer de l'écume et s'en aller comme elles sont venues. Il sentait le soleil inonder son visage, son corps, chaque cellule lui appartenant. Il se sentait bien. Il ouvrit les yeux, il fut ébloui quelques instants, puis regarda le paysage. La mer, le ciel bleu, le soleil, le vent, le sable, le bruit des vagues, les oiseaux tournoyant dans le ciel et sifflotant. Il regarda à gauche de lui et aperçut quelqu'un qu'il connaissait. Quelqu'un qu'il ne pensait pas revoir.

"Hallie?"

Les yeux grands ouverts, Hallie lui sourit.

"Bonjour Matt. Ça faisait longtemps!"