Bien heureuse d'avoir capter votre attention et d'avoir su vous insuffler l'envie de continuer à lire cette histoire. Pas certaine de retenir tout le monde au fil des chapitres mais si vous désirez quelques réponses, il va vous falloir patienter quelque peu. Sinon, quel est l'intérêt de tout dévoiler dès le départ... !
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Je vois que vous êtes plutôt intriguées par l'ami mystérieux de Tony, il va cependant falloir patienter avant de découvrir qui il est. Allez, jouez au détective et faites vos propositions sur son identité. Il est déjà apparu dans la série et le choix n'est pas si vaste.
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Voici donc le second chapitre. Bonne lecture et toujours dans l'attente de vos coms.
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Chapitre 2 : Extrapolation
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Depuis le balcon, le chef de l'équipe avait assisté à une partie de la scène entre ses agents. Il n'avait pu s'empêcher de sourire lorsque l'italien avait lâché, comme par mégarde, la clé dans sa boisson. Il avait vu venir le coup et fut surpris que l'officier du Mossad ne soit pas parvenu à subtiliser l'objet de sa convoitise.
Il fronça les sourcils et grinça des dents lorsque l'italien évoqua le meurtre d'Aswari et très surpris de constater que son agent senior n'avait pas été dupe des explications fournies à la directrice sur la mort de l'agent double du FBI et du Mossad. Il aurait dû se douter que son bras droit ne serait pas facile à duper, il n'avait pas engagé, et même quasiment supplié, un imbécile comme agent senior.
Etait-ce pour cette raison que sa colère était si grande envers celui en qui il avait fondé tant d'espoirs, pris tant de temps à former, encouragé à persévérer et se perfectionner ? Il espérait tellement pouvoir un jour le désigner comme son successeur naturel à la direction alors en place. Il n'avait certes jamais songé que des circonstances pareilles seraient à l'origine de tant de bouleversements au sein de l'agence et revoir son ancienne partenaire et maîtresse temporaire à la tête du NCIS n'était pas un de ses espoirs.
Il entendit la sentence finale de son subordonné et grimaça tout en serrant les poings. Il était certes réputé pour son intransigeance et son manque de tact, pour ses humeurs brusquement changeantes et son désir effréné de rendre justice aux marines mais il ne pensait pas avoir celle d'être totalement un mauvais patron. L'ancien marine savait pourtant que son caractère devenait irascible lorsque les choses ne tournaient pas comme il voulait.
Et dans ce cas précis, il pouvait en effet estimer que les évènements ne se présentaient pas comme il l'avait espéré. La directrice n'avait pas abondé dans son sens, lui reprochant de sauter sur une conclusion hâtive sans avoir cherché à connaître le fonds de l'histoire. Il devait reconnaître qu'elle avait raison mais la journaliste n'avait pas hésité sur le nom de l'agent qui l'avait renseigné et il ne connaissait qu'un seul fédéral qui s'appelait DiNozzo.
Certes, il avait sauté sur la seule conclusion logique et pris la seule décision qui s'imposait, celle de faire en sorte que plus jamais pareille faute ne se reproduise, il n'y avait aucune alternative et aucune autre façon de faire comprendre ça à l'italien. Mais que pouvait-il faire d'autre sans mettre en balance ou en péril son autorité vis-à-vis de ses autres agents ou ceux d'autres équipes. Sa crédibilité et son commandement ne pouvaient être remis en question pour protéger un incompétent.
Un bruit soudain le fit sortir de ses pensées et Gibbs braqua aussitôt son regard dans cette direction. Il fut à peine surpris d'entendre l'italien si peu décidé à se défendre davantage, le voir laisser arme et badge sur son bureau le conforta dans son opinion. Son bras droit avait trahi sa confiance et il le prouvait en fuyant lâchement. Il sentit son cœur se serrer lorsqu'il songea qu'il avait suffi d'un joli minois et d'une belle paire de jambes pour que l'homme, qui était son ombre depuis plusieurs années, soit mené par le bout du nez.
Il connaissait le tempérament de flirteur de DiNozzo mais avait fait l'impasse dessus. Cette attitude leur avait permis d'obtenir des infos dans des enquêtes difficiles, elle avait placé l'italien dans des situations dangereuses et manqué de lui coûter la vie dans les égouts. Elle avait été une constante source de jalousie aussi, une jalousie qu'il se devait de juguler le plus possible, il ne devait en aucun cas dévoiler de favoritisme vis-à-vis du jeune homme et au contraire, se montrer plus dur envers lui qu'envers les autres.
Il avait finalement surestimé la conscience professionnelle de son bras droit, il ne comprenait pas comment il avait pu être abusé aussi longtemps. Comment n'avait-il pas compris qu'un jour, il serait confronté à ce dilemme ? Ce n'était pourtant pas faute d'avoir été mis en garde par les anciens patrons de l'italien qu'il n'avait pas crus.
Il soupira et se sermonna intérieurement. Il avait assisté à une partie de la prise de bec entre ses agents et au lieu de soutenir l'un ou l'autre, il avait préféré laisser et voir venir. Il ne s'attendait certes pas à ce que l'italien jette à la figure de ses coéquipiers quelques vérités bien senties. Ce n'était pas dans la nature du jeune homme de prendre revanche ainsi. Mais pouvait-il vraiment dire qu'il connaissait son bras droit ? Il ne connaissait de lui que ce qu'il voulait bien dévoiler et son dossier n'était pas des plus épais.
Il lui fallait reconnaître cependant qu'il n'avait pas eu tort sur bien des points. Il avait aussi grandement sous-estimé les talents de l'ancien policier puisqu'il avait découvert le secret qu'il partageait uniquement avec Ziva sur la mort d'Aswari. Comment Tony avait-il fait pour percer le mystère de la mort du terroriste ? Et comment avait-il présumé que c'était le talon d'Achille de Gibbs et que l'israélienne saurait s'en servir à bon escient ?
Gibbs ne se faisait aucune illusion, il savait bien qu'un jour ou l'autre, ce secret lui serait renvoyé en pleine face et qu'il devrait en payer les conséquences. Il s'était bien rendu compte que l'officier du Mossad jalousait la position de l'italien qu'elle s'estimait être capable de tenir bien mieux que lui. Elle n'avait aucune idée de la somme de travail que Tony abattait, du temps qu'il passait à faire des choses qui, normalement, revenaient au chef d'équipe.
Il sourit intérieurement en songeant également qu'elle n'était pas prêtre d'obtenir ce qu'elle convoitait ; n'étant pas citoyenne américaine et occupant seulement un poste d'agent de liaison, elle ne pouvait prétendre devenir son bras droit. Cette position signifierait qu'elle serait informée de plus de choses dites « sensibles » que le simple fait d'être agent de liaison et ça, Gibbs était sûr que le secrétaire de la Marine ne serait pas enclin à le lui accorder pour l'instant.
Il redescendit et leur aboya aussitôt de terminer leur travail. Il devait désormais gérer son équipe avec un agent de moins, un agent qui, il devait le reconnaître, serait plutôt difficilement remplaçable. Il aimait travailler avec l'italien qui savait relever les challenges, lui tenir tête comme personne, assurer ses arrières sans jamais faillir. Il était d'autant plus perplexe sur les raisons de la trahison de son agent senior. Y avait-il plus que le sexe en jeu ?
Il était décidé à en avoir le cœur net avant que la commission des Affaires Internes ne statue sur le sort de DiNozzo et il prévoyait de le soumettre lui-même à un interrogatoire à « la Gibbs » afin d'être en mesure de comprendre l'attitude atypique de son subordonné. Il ne souhaitait rien d'autre que de lui inculquer un peu de bon sens et la punition se devait de le marquer.
Il laisserait passer un jour ou deux avant de le confronter, laisser l'italien mariner durant ce temps ne serait qu'une bien faible revanche. Il ne voulait pas voir les choses s'envenimer au-delà d'une sanction disciplinaire, les deux hommes s'accordaient trop bien pour qu'il se retrouve dans l'obligation de le remplacer si les affaires internes venaient à aggraver la sentence.
Il prit place derrière son bureau et regarda les trois objets déposés, non.. jetés par l'italien et qui le narguaient maintenant. Il savait qu'il ne devait y voir que la strict observation du règlement dans le fait qu'il en soit désormais dépositaire mais il n'empêche qu'il ressentit un serrement de cœur comme s'il savait qu'il ne les restituerait pas de sitôt à son propriétaire. Il ouvrit le premier tiroir et les y déposa avant de le refermer avec plus de force que nécessaire.
Le reste de la journée se passa dans le calme, il maîtrisa sa colère et sa rancœur et tenta de faire abstraction des regards que se lançaient ses deux agents, regards complices s'il en était. Ces deux-là avaient bien manœuvrés pour obtenir l'éviction, temporaire sinon définitive, de l'italien. S'il avait compris les raisons de l'israélienne, il ne pouvait nommer celles qui motivaient son agent probationnaire. Le temps lui apporterait sans doute une réponse.
Il libéra son personnel bien plus tôt ce jour-là, il voulait s'accorder une bonne nuit de repos après une séance de ponçage sur son bateau qui lui permettrait de se vider l'esprit et d'analyser clairement ce qui s'était passé quelques heures plus tôt. Il avait toujours su mettre à profit le temps passé dans son sous-sol pour mettre ses idées au clair, revoir ou résoudre un problème.
Le lendemain n'apporta aucune nouvelle piste pour leur enquête et McGee pesta car il savait que DiNozzo avait effectué des recherches qui avaient pointé vers un indice, ce dont il s'était vanté quelques instants avant que son patron ne prenne la mouche et invective l'italien. Du coup, l'information n'avait pas été relayée et l'informaticien ne pouvait accéder à l'ordinateur de son collègue.
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- Boss, DiNozzo avait commencé des recherches avant que vous… vous… commença McGee qui ne savait comment terminer sa phrase.
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Gibbs le regarda mais ne vint pas à son secours pour autant. Il fallait que son agent apprenne de lui-même à gérer ses humeurs mais il doutait de jamais le voir réussir et il regrettait déjà l'alchimie qui s'était créée entre Tony et lui. L'italien n'avait pas son pareil pour devancer ses désirs ou terminer ses phrases ou encore deviner ses pensées.
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- Et alors, McGee, qu'avait-il trouvé ? questionna son patron en fronçant les sourcils.
- Je l'ignore, Boss… tenta d'expliquer son agent senior temporaire.
- Comment ça, vous l'ignorez ! gronda l'ancien marine. Vous savez qu'il avait fait des recherches et vous ne pouvez pas me dire lesquelles ?
- A vrai dire, les données sont protégées, patron…
- Protégées ! s'étonna Gibbs. Pour quelles raisons DiNozzo… commença son chef avant de se tourner d'un air mécontent vers l'israélienne.
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Se sentant la cible injuste de ce regard, elle choisit d'attaquer.
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- Quoi ? Pourquoi me regardez-vous ? Je n'y suis pour rien le défia t-elle rageusement.
- Pas si sûr de ça commenta Gibbs sans se préoccuper de l'état d'esprit de la jeune femme. McGee, débloquez cet ordinateur et donnez-moi le résultat de ces infos ordonna t-il en se retournant vers son agent.
- Déjà essayé, patron le contra Tim. Pas réussi. Je devrais demander l'aide d'Abby et je ne suis pas certain qu'elle choisira de me donner un coup de main souffla t-il incertain de la façon dont son chef allait réagir.
- Très bien, je m'occupe de raisonner Abby décréta Gibbs en prenant le chemin de l'ascenseur.
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Finalement, Abby accéda à la demande de son mentor en expliquant les raisons qui avaient incité Tony et elle à prendre quelques précautions. L'attitude de l'officier du Mossad fut ainsi mise en accusation et Gibbs comprit alors que l'italien avait sans doute bien des excuses pour s'être parfois comporter comme un mesquin envers la jeune femme. Il affirma à la gothique qu'il obligerait Tony à s'expliquer dès son retour de mise à pied et à David à répondre des accusations dont elle pourrait faire l'objet.
Il s'avéra que les informations que son bras droit avait trouvées leur furent amplement suffisantes pour clôturer l'enquête et mettre le meurtrier sous les verrous. Gibbs s'assura que le mérite en soit attribué à l'italien et demanda à ses deux coéquipiers de rédiger leurs rapports dans ce sens. Ziva fit la sourde oreille et dut le réécrire deux fois avant que l'ancien marine ne soit satisfait de sa prose.
McGee comprit qu'il valait mieux obtempérer et du premier coup, obéit à l'injonction de son patron. Il ne voyait aucun inconvénient à concéder cette victoire à son coéquipier absent. Même s'il s'était laissé entraîner par Ziva dans sa quête effrénée pour obtenir le poste de Tony, il ne pouvait aller contre les ordres de son patron et ne souhaitait pas subir sa colère.
Quelques jours passèrent dans une ambiance lourde. Le silence qui régnait dans le bullpen était difficilement supportable par l'équipe ainsi réduite. Gibbs se surprenait parfois à regarder vers le bureau de DiNozzo, vide de son occupant et maintenant de ses derniers effets personnels qui avaient disparu du jour au lendemain.
Il était arrivé le jour suivant leur altercation pour constater que la surface encombrée du bureau de son bras droit avait été délectée des derniers objets personnels. Il avait contourné le meuble et, sur une impulsion, avait examiné les tiroirs pour s'apercevoir qu'ils étaient vides. Seul, celui du milieu contenait un petit coffre dont la clé était insérée dans la serrure.
Curieux, il l'avait ouvert et découvert plusieurs boîtiers noirs. Il savait que Tony recevait ses récompenses à sa place et qu'il gardait ses médailles. Et là, il avait une preuve évidente de la place qu'il devait occuper dans la vie, sinon dans le cœur, de son agent senior. L'italien avait pris soin de ce qu'il considérait comme une fierté, les médailles de son mentor.
Il avait trouvé également autre chose et lorsqu'il l'avait pris, il avait compris aussitôt que Tony lui en voulait d'avoir laissé les choses s'envenimer. Le couteau qu'il avait offert à l'italien et qui ne le quittait jamais avait été déposé avec les médailles, signe incontestable que DiNozzo ne voulait plus rien qui lui rappela le NCIS et Gibbs en particulier. Le choc lui avait serré le cœur et ses yeux s'étaient brouillés sans que les larmes ne jaillissent.
Anéanti par sa découverte, Gibbs avait tiré la chaise et s'était assis lourdement. Le coffre ouvert l'avait nargué, lui faisant comprendre qu'il avait sans doute condamné un peu vite son subordonné. Sa colère… non, sa fureur avait pris le dessus et il avait mis au pilori le seul homme qu'il estimait depuis bien longtemps. Il avait récupéré le couteau espérant avoir bientôt l'occasion de le rendre à son véritable propriétaire.
Ducky lui avait bien fait comprendre son point de vue sur « l'affaire » comme il la nommait. Il se remémora la discussion qu'ils avaient eue lorsque la directrice leur annonça le départ définitif de Tony à la fin de son supposé congé.
Les deux hommes s'étaient retrouvés chez l'ancien marine qui avait invité le médecin à venir prendre un verre. Ils avaient laissé la jeune génération entre elle, enfin une partie car Abby et Palmer avaient boudé la sortie entreprise par McGee et David, chaque couple avait choisi de se rendre dans un endroit différent.
Pour une fois, le légiste accepta la boisson forte que Gibbs lui proposa et il contempla un instant son verre avant de le porter à ses lèvres. Il avala deux gorgées avant de le reposer et de s'éclaircir la gorge.
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- As-tu parlé avec Anthony avant son départ, Jethro ?
- Pas eu l'occasion d'y songer avant la fin de l'enquête, Duck indiqua Gibbs. Quand je me suis pointé chez lui, l'appartement était vide et son propriétaire ne savait pas où il allait.
- Tu n'as pas cherché à le joindre sur son portable ? s'étonna l'écossais.
- Bien sûr que si mais son numéro n'est plus en service lui apprit-il en soupirant. Et il n'a pas pris l'avion, ses cartes de crédit n'ont pas été utilisé non plus ajouta t-il en prévision des prochaines questions.
- Il semblerait que son départ était organisé constata le légiste.
- Oui, il avait sans aucun doute planifié sa disparition et prévu que nous chercherions à le retrouver confirma l'ancien marine. Et avec les moyens et le personnel dont nous disposons, il savait qu'il ne devait pas faire appel à tout ce qui nous permettrait de le repérer. Quel idiot ! scanda alors Gibbs furieux. Il aurait dû attendre un peu, ce n'était qu'une petite sanction et il aurait repris son poste.
- Enfin, Jethro, mets-toi à sa place le coupa Ducky irrité. Tu ne l'as pas soutenu, tu l'as délibérément provoqué, tu as publiquement montré ton approbation envers Ziva en la complimentant devant l'équipe à plusieurs reprises, tu l'as ouvertement rabroué devant ses coéquipiers. Que voulais-tu qu'il pense de ton attitude ?
- Bon sang, Ducky, il était mon bras droit depuis plus de cinq ans s'énerva son ami. Il savait bien que j'aurais fini par mettre bon ordre à toute cette histoire.
- Ah oui ! douta le médecin. Quand aurais-tu songé à réviser ton attitude envers lui et à le traiter avec le respect qu'il méritait largement ? Quand aurais-tu pensé à mettre le nez dans le différent qu'il l'opposait à ses collègues au sujet de ses recherches ? Tu n'as pas accordé suffisamment de crédit à notre italien à cet égard. Quand avez-vous eu, tous les deux, une conversation amicale pour la dernière fois en dehors du travail ? le questionna t-il.
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Devant le regard hostile que lui lança l'ancien marine, Ducky sut que sa remarque avait fait mouche et que Gibbs se sentait un peu responsable de la fuite de l'italien. Il ressentait lui-même un certain malaise pour n'avoir pas su détecter plus tôt le mal-être de Tony alors qu'il était supposé avoir un œil sur l'état d'esprit des membres de l'équipe. Il avait failli à son devoir de médecin et surtout d'ami en ne détectant pas les signes qui auraient dû l'alerter et il s'en voulait.
Le silence qui suivit cette constatation se prolongea avant que le médecin ne choisisse de mettre fin au supplice de son ami en prenant congé. Gibbs lui souhaita une bonne nuit du bout des lèvres, le laissa prendre le chemin de la sortie sans l'accompagner, signe évident qu'il était en colère contre l'écossais.
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Peu de dialogues dans ce chapitre mais des réflexions et quelques explications qui se devaient d'être données.
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J'attends vos remarques et vous retrouve, du moins je l'espère, pour le prochain chapitre dans quelques jours.
