Alors, tout d'abord, merci pour vos coms, ils font très plaisir à lire.

Je vois que le mystérieux ami de Tony fait parler de lui mais jusqu'à présent, personne n'a trouvé son identité. Dommage pourtant, je vois bien les deux hommes ensemble !

Mais au fait, où est Tony ? Là aussi, mystère pour le moment. Il reviendra bientôt.

Pour ce qui est du nombre de chapitres, 13 sont déjà rédigés (+ 100 pages word) et 7 sont en préparation mais je pense qu'il y en aura plus car j'ai beaucoup à dire. Je vais sans doute aussi m'inspirer de ce que vous pourrez dire c'est la première fois que je publie une fic en cours d'écriture et vos coms m'ont déjà permis de modifier ou d'ajouter quelques passages (parce qu'après tout, l'auteur écrit son histoire mais il ne peut penser à tout !).

Pour ce qui est de l'attitude de certains personnages, j'ai voulu les faire agir différemment de la série, je voulais quelque chose qui reflète exactement ce que je voulais leur faire faire. Et j'ai lu des fics en anglais où leurs caractères étaient diamétralement opposés. Et puis, c'est mon sujet et trop de fics sont sur le thème du « tout beau, tout bon » si vous me passez l'expression. Il faut savoir varier et apporter du sang neuf sinon on n'intéresse plus les lecteurs si toutes les histoires se ressemblent.

En tout cas, certaines réponses seront apportées au fil de l'histoire. Vous comprendrez donc l'attitude de certaines personnes si vous me suivez.

Voici le chapitre 3 et là, les choses vont s'éclairer un peu car nous entrons dans la tête de nos chers protagonistes. Bonne lecture et n'oubliez pas le petit bouton. Les coms me font poster plus vite.

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Chapitre 3 : Acceptation

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Six mois s'étaient écoulés depuis le départ de Tony lorsqu'un évènement fit la lumière sur l'affaire qui causa le départ de l'ancien agent senior de l'équipe première du NCIS. Un hasard fortuit qui aurait pu tout aussi bien passé inaperçu sans l'addiction du chef d'équipe pour une bonne tasse de café bien noir car ce fut au cours d'une séance de ravitaillement qu'il comprit son erreur.

Le plus dur fut lorsque Gibbs découvrit le véritable coupable des fuites d'informations dont il avait si injustement accusé Tony. En sortant pour se chercher un autre café, il avait aperçu la jeune journaliste en grande conversation avec un agent de l'agence qu'il n'appréciait que moyennement et qu'il savait hostile à DiNozzo dont il convoitait la place au sein de l'équipe de Gibbs. Curieux, il s'était dissimulé et avait épié l'entretien.

Une enveloppe avait changé de mains et après le départ de la jeune femme, l'avidité poussa l'homme à vérifier le contenu du paquet. Une épaisse liasse de billets fut rapidement comptée avant de réintégrer sa place et d'être enfouie dans une poche du manteau. Un sourire satisfait s'afficha ensuite sur les lèvres de l'agent félon que Gibbs se jura d'effacer définitivement.

Dès le lendemain, Gibbs s'attela à prouver la culpabilité de l'Agent Carlson afin de reconnaître, même avec retard, l'innocence de Tony, il lui devait bien ça après tout. Au cours de l'entrevue qu'il eut avec la journaliste, celle-ci lui révéla que Carlson, dont il lui montra une photo pour confirmation, s'était présenté sous le nom de l'italien et lui avait fait des révélations que seule l'équipe de Gibbs pouvait connaître puisque seule à traiter l'affaire.

La seule déduction possible était qu'un membre de son équipe avait joué les informateurs et il n'était pas difficile de comprendre de qui venait la fuite. Il avait confronté l'auteur et l'avait copieusement réprimandé sans pour autant pouvoir l'évincer sans l'aval de la directrice qui restait décisionnaire de la sanction. Il ne pouvait exclure la jeune femme de son équipe sur son simple souhait sans que des conséquences plus fâcheuses n'en découlent alors pour ceux qui comptaient pour lui.

Malgré cette découverte, rien ou presque ne changea pour l'équipe de Gibbs sinon que la vie continua et que les enquêtes se succédèrent. Cependant, la confiance du chef d'équipe dans la loyauté de l'israélienne était bien émoussée et il ne lui confiait plus systématiquement ses arrières à couvrir.

Puis d'autres mois étaient passés. Et, sans que quiconque s'en rende vraiment compte, un an s'était écoulé depuis le brusque et inexplicable départ de l'italien. Des mois difficiles au cours desquels le nom de Tony fut prononcé à diverses reprises et provoqua à chaque fois des réactions diverses selon l'interlocuteur.

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Abby

La scientifique se faisait difficilement à la disparition de son ami qui avait quitté la capitale sans rien dire, sans donner d'explications au reste de l'équipe. Son propre manque de soutien la rendait aussi fautive que le reste de l'équipe, elle n'avait rien fait pour tenter d'enrayer l'escalade alors même qu'elle avait été le témoin ou la confidente des problèmes de l'italien. Elle n'avait alors pas épargné Gibbs lorsqu'elle avait découvert la raison de sa démission certainement dans le but de soulager un peu sa culpabilité. L'ancien marine avait essuyé une terrible tirade de sa part, plus virulente que la première le lendemain de la mise à pied de Tony, et elle avait boudé son mentor durant plusieurs semaines.

Lorsque l'annonce officielle du départ de Tony s'était répandue parmi le personnel, les réactions avaient été diverses et variées. Abby n'avait pas voulu y croire et avait quitté son labo en coup de vent pour faire une apparition tonitruante dans le bullpen et invectivé son mentor sur son attitude en l'accusant ouvertement d'avoir poussé Tony à démissionner.

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- Gibbs, ce n'est pas vrai, dis-moi que c'est une blague ? le supplia t-elle en posant ses mains sur le bureau de son mentor, le visage ravagé par l'angoisse.

- Non, Abby, DiNozzo a choisi la fuite lâcha t-il sourdement, frustré d'avoir appris la nouvelle par un mail de la directrice.

- Pourquoi n'as-tu pas cherché à le retenir ? demanda la gothique espérant que son ami n'avait pas au moins pris cette décision sur un coup de tête.

- Abby, DiNozzo est un grand garçon et il peut prendre ses décisions tout seul dit-il en plantant son regard dans celui de la jeune femme. Il a préféré partir sans tambour, ni trompette et je ne vais pas épiloguer sur son départ.

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« Du moins, pas en public » songea t-il en conservant un visage neutre.

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- As-tu au moins songé à connaître les circonstances qui l'ont obligé à prendre cette résolution drastique ? l'interrogea la laborantine dans un dernier espoir.

- Pas la peine de se casser la tête pour lui, Abby suggéra t-il en se crispant intérieurement. Il a fait son choix en connaissance de cause, je présume.

- Tu l'as laissé tomber, Gibbs comme une vieille chaussette depuis que Mlle Mossad a mis un pied dans ton équipe scanda Abby en pointant du doigt Ziva. Tu l'as délibérément rabaissé tout en la complimentant. Il a bossé pour toi durant toutes ses années sans jamais rien exigé, ni demandé sauf peut-être ton approbation une fois de temps en temps.

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Lancée et vindicative, elle avait englobé dans le lot les deux autres agents de l'équipe qu'elle abreuva également en soulignant leur attitude douteuse vis-à-vis de l'italien. Elle révéla aussi quelques turpitudes qu'ils avaient eues envers leur ancien collègue et que Gibbs ne connaissait pas, elles éclairaient un peu mieux l'attitude de son bras droit sur certaines enquêtes.

Son éclat avait attiré l'attention de quelques autres agents mais un regard glacial de Gibbs et ils détournèrent leur curiosité vers un autre sujet. McGee et David étaient devenus rouges sous les accusations de la gothique et les regards que Gibbs leur avait jetés ne présageaient rien de bon. Ils savaient qu'il y aurait des répercutions fâcheuses en guise de représailles.

Ensuite, Abby avait regagné son antre où elle avait profité des ressources du NCIS pour faire des recherches pour découvrir où se cachait Tony. Elle avait réquisitionné l'un de ses ordinateurs pour traquer la moindre trace qui pourrait l'aider à le retrouver. Mais l'ancien agent savait brouiller les pistes. Dès le lendemain de sa mise à pied, Abby avait tenté d'appeler son ami sur son portable et sur son téléphone de maison ; aucun de ses deux appels ne lui fut retourné. Son appartement était fermé ce qui supposait qu'il avait décidé de partir quelques jours en attendant d'être convoqué par les affaires internes.

Au bout d'une semaine, aucune nouvelle du service n'ayant eu lieu, elle farfouilla dans les fichiers du personnel pour découvrir qu'aucune demande de sanction n'avait été émise depuis plusieurs mois. Donc, la directrice n'avait pas validé la requête de l'agent leader de l'équipe première. Comment était-ce possible, vu le motif invoqué ? Seules deux ou trois raisons pouvaient expliquer l'arrêt des poursuites : le décès de l'agent, le départ en retraite ou… la démission ! Et ce fut la rumeur qui lui donna la réponse à ses questions.

Elle avait tenté de retrouver sa trace mais sans indices, elle n'avait pu aboutir. L'abonnement de son téléphone portable avait été annulé, sa voiture avait disparu de la circulation, ses comptes bancaires étaient toujours valides mais désormais gérés par un avocat, surprenant de la part de l'italien qui ne portait pas les hommes de loi dans son cœur. Le bail de son appartement avait été résilié et son déménagement effectué non par une entreprise mais par des particuliers donc aucune trace de destination.

Elle surveillait de-ci de-là le compte bancaire, des retraits d'argent avaient été effectués en liquide par son avocat d'où impasse totale pour découvrir le compte de dépôt. Aucun nouveau numéro de téléphone au nom de DiNozzo n'avait été attribué par l'un des nombreux opérateurs téléphoniques, chou blanc là aussi. Aucune nouvelle immatriculation non plus pour un quelconque véhicule. Elle commençait à croire que son ami avait peut être quitté le pays.

Triste de ne pouvoir le retrouver, elle avait fait grise mine à toute l'équipe pendant deux mois. Désormais, elle conservait une photo de Tony dans son labo pour se souvenir de lui. Elle faisait souvent référence à lui devant le nouveau membre de l'équipe, l'Agent Stuart Jameson qu'elle n'appréciait pas du tout. L'homme était trop mielleux pour elle, trop empressé de satisfaire Gibbs quitte à marcher sur ses collègues. Pour cela, il s'accordait bien à l'israélienne pourtant.

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« Où que tu sois, mon ami, mon frère, je te souhaite d'être heureux, d'avoir une vie meilleure » soupira t-elle en caressant la photo du bout des doigts. « J'espère sincèrement te revoir un jour, t'apprendre que ton nom a été blanchi de toute cette affaire même si tu n'en as plus rien à faire, c'est toujours bon de savoir que l'on a été reconnu innocent. »

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Ducky

Le doyen et philosophe de l'équipe s'était fait une raison et avait pardonné le brusque départ du jeune homme qu'il avait appris à estimer au fil des années. Il avait toujours secrètement considéré l'italien comme le petit-fils qu'il n'avait jamais eu. Le jeune homme ne montrait jamais sa véritable affection envers l'écossais devant un quelconque membre de l'équipe et jamais Ducky n'avait dévoilé leur mutuelle entente.

Les deux hommes avaient souvent partagé un dîner soit au restaurant, soit chez Ducky où l'italien se mettait volontiers aux fourneaux et leur concoctait une recette de son enfance. Les deux hommes avaient bien ri un soir lorsqu'ils se rappelèrent que le cadet avait mentionné, lors d'une curieuse enquête alors que l'Agent Todd était encore en vie, qu'il ne savait pas où l'écossais demeurait.

Aucun de ses collègues ne connaissait l'étendue des relations entre les deux hommes, leur amitié étroite. Leurs liens étaient bien plus du genre grand-père/petit-fils que simples collègues. Ducky connaissait certainement bien plus de secrets sur l'enfance et le passé de Tony que Gibbs ou même Abby et il n'en avait jamais fait mention, discrétion et confiance obligent.

Ducky avait sans doute été le seul destinataire d'un bref message de la part de Tony le soir même où Gibbs l'avait congédié. Il indiquait simplement qu'il avait pris une décision radicale sans mentionner laquelle et qu'il ne savait pas quand il pourrait reprendre contact avec lui. Il précisait qu'il devait faire le point et réorienter sa vie s'il ne voulait pas se retrouver sur une des tables du légiste.

Depuis cet au-revoir court, Ducky priait pour que l'italien ait trouvé un havre de paix salutaire et un mode de vie qui lui convienne mieux. Il attendait des nouvelles de son descendant spirituel et son espoir s'amenuisait au fil des jours. Pourtant, il savait au fond de son cœur qu'il reverrait l'italien. Seul le temps lui donnerait sans doute raison.

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« L'espoir fait vivre, mon ami, souviens t'en » se répétait-il souvent pour se consoler.

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McGee

McGee avait profité du départ de l'italien pour se voir offrir le poste d'agent senior qu'il s'était empressé d'accepter le soufflant ainsi à l'israélienne qui en fut mortifiée. Cependant, il avait mésestimé les responsabilités qui allaient de pair avec la fonction de second de Gibbs. Il ne parvenait pas à cumuler ses fonctions d'agent de terrain, de responsable de la formation de leur nouveau bleu et celle de bras droit de l'ancien marine.

Il avait toujours pensé que Tony était laxiste dans son travail, qu'il ne fournissait que les efforts minimum pour rester dans l'équipe. Après deux semaines, il révisa son jugement lorsqu'il comprit que Gibbs attendait de lui autre chose que des performances informatiques et un travail de terrain impeccable. La somme de travail administratif qui lui incombait était plus que conséquente et il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il devait en faire.

Il n'était pas préparé à chausser les souliers de DiNozzo et à prendre sa place au pied levé mais il l'avait compris trop tard. En tant que senior, il devait également assurer la formation du nouveau « bleu » et il s'était rendu compte de la difficulté de la tâche. En même temps, il réalisa que Tony avait fait un travail remarquable en le prenant en mains lors de son intégration mais que lui-même ne savait pas dispensé le savoir acquis grâce à l'agent senior qu'il avait lui-même eu comme formateur.

L'italien l'avait pris en mains et formé sans en avoir l'air, l'avait aidé à affronter des situations pénibles en apportant une dose d'humour parfois déplacé mais combien bénéfique, il s'en rendait compte maintenant que ça lui manquait. Son nouveau rôle était un challenge complexe pour lui qui ne se sentait à l'aise que derrière un écran d'ordinateur. Il s'épuisait à vouloir faire face à tout sans se plaindre ou donner à Gibbs l'envie de le rétrograder au profit de Ziva ou de quelqu'un d'autre.

Il ne savait pas composer avec les forces de police comme Tony savait le faire si naturellement, il n'aimait pas son rôle de superviseur de ses deux autres collègues, il n'aimait pas la paperasse qu'il devait faire en tant que second de Gibbs. Il se demandait surtout comment l'italien arrivait à concilier toutes ses tâches et le travail d'agent de terrain. Comment pouvait-il espérer satisfaire les exigences de son patron qui ne diminuaient pas, bien au contraire ? Gibbs s'attendait toujours à ce qu'il lui donne autant que l'italien lui donnait, sinon plus.

Il s'épuisait lui-même à servir de tampon entre l'ancien marine et ses subordonnés. Il comprenait enfin que Tony jouait souvent les troublions afin d'attirer l'attention de Gibbs sur lui et permettre à ses coéquipiers d'être épargnés par ses sautes d'humeur. Sa consommation de caféine s'était accrue et sa tension artérielle avait grimpé. Son sommeil était perturbé et il était fatigué. Il se demandait s'il n'allait pas demander un transfert.

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« Finalement, je regrette qu'il ne soit plus là » pensa le nouvel agent senior. « J'aurais dû réfléchir avant de vouloir lui donner une leçon. Ses surnoms, ses pitreries et ses sempiternelles références cinématographiques me manquent également. »

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Ziva

L'israélienne était nouvelle au sein de l'équipe, quelques mois seulement depuis le décès de l'Agent Todd qu'elle avait remplacée grâce à l'appui de la Directrice Shepard. Le fait que Gibbs eut une dette envers elle depuis la mort de son frère était sans doute un élément qui l'avait aidé à intégrer la meilleure équipe de l'agence fédérale en qualité d'agent de liaison entre le Mossad et le NCIS.

Elle avait jugé rapidement le bras droit de Gibbs comme un rigolo, un clown qui passait son temps à tenter de capter l'attention de son patron. Ses plaisanteries, ses constantes références cinématographiques, ses nombreux flirts qu'il étalait obligeamment sur la place publique n'étaient que quelques uns des aspects qu'elle détestait chez l'agent senior. Elle se moquait souvent de ses nombreux flirts, tournait en ridicule l'ancien flic dès que l'occasion se présentait, s'associait volontiers à McGee pour le doubler dans le recherche d'éléments pour les enquêtes, faisait jouer ses nombreux contacts pour recueillir des infos plus vite que lui.

Elle cherchait à prouver à l'ancien marine qu'elle valait bien plus que son second et qu'elle était à sa place dans son équipe. Mais par dessus tout, elle ne comprenait pas les liens qui unissaient les deux hommes et cela la perturbait car elle ne savait jamais les réactions qu'ils induiraient.

En tant qu'agent du Mossad, sa formation de terrain était supérieure à celle de l'italien et elle estimait qu'elle était plus qualifiée que lui pour certaines missions. Elle avait volontairement fait l'impasse sur certaines lacunes importantes et notamment son manque de connaissances des lois américaines, des procédures particulières au NCIS pour ne faire référence qu'à ses qualifications de technicienne d'interrogatoire, de la pratique de multiples langues étrangères, de ses connaissances variées des armes.

De plus, elle rappelait volontiers de façon subtile à l'ancien marine qu'il lui était redevable et qu'il payait ainsi la dette qu'il avait contractée envers elle. Jamais elle n'avait dévoilé ce qui s'était passé dans son sous-sol lors de la mort de Aswari mais elle appuyait parfois sur le bouton pour obtenir ce qu'elle voulait. La seule chose qui lui avait échappé était le poste qu'elle convoitait, celui d'agent senior et bras droit de Gibbs.

Elle n'avait pas compté sur le fait qu'elle n'était pas américaine, ni même agent du NCIS et que de ces faits, elle ne pourrait se voir attribuer le statut d'agent senior. Elle enrageait et complotait secrètement pour obliger la directrice Shepard à revenir sur sa décision et faire plier le secrétaire de la Marine afin de modifier cet état de fait. Elle espérait bien parvenir à ses fins afin de pouvoir s'éloigner du Mossad sans trop de risques.

Elle avait laissé passé l'occasion d'obtenir ce qu'elle voulait en se montrant trop sure d'elle et la jalousie et la colère l'avaient porté à revoir sa stratégie. La directrice Shepard avait également vu son projet malmené et toutes deux s'étaient alliés pour évincer celui qui les gênait sans que l'ancien marine ne puisse un instant songé qu'il était manipulé. Sa détermination était revenue en force et elle comptait bien obtenir au moins une récompense sur deux.

Mais par-dessous tout, il était une chose qu'elle ne pourrait jamais pardonner à l'italien, une chose qui brisait le rêve américain qu'elle avait fait lors de sa venue aux Etats-Unis en tant qu'officier de liaison, un rêve qui la libérait dans l'immédiat de l'emprise de son père sur sa vie personnelle. Elle n'avait pas su prendre la mesure du jeu auquel elle jouait et elle avait compris bien trop tard qu'elle avait en face d'elle un maître en la matière. Elle avait mésestimé l'homme en se basant sur son attitude désinvolte et ses bouffonneries.

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« J'obtiendrais ce que je veux, un jour ou l'autre » espéra t-elle. « Père a toujours souligné mon opiniâtreté et mon entêtement. J'arriverais à mes fins et si je croise à nouveau ta route, DiNozzo, prie pour que ma colère soit sous contrôle. »

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Gibbs

L'agent fédéral senior avait passé les six derniers mois à analyser la situation sous tous les angles possibles et à s'interroger sur sa part de responsabilité dans le départ brutal de Tony. Il s'était laissé influencer par l'officier du Mossad, trop reconnaissant d'être toujours en vie grâce à elle et surtout d'avoir pu éliminer l'assassin de l'agent Todd. Comment en était-il arrivé à ce point avec une étrangère ? Avait-il le complexe du survivant ou celui d'avoir vengé une mort inutile, même par personne interposée, pour avoir plié aux exigences de son ancienne coéquipière et maîtresse sans ruer dans les brancards plus que ça ?

Plus certainement, le chantage avait joué un rôle décisif dans sa capitulation. Il ne voulait pas voir le reste de son équipe éparpillée et il avait dû se forcer pour coopérer avec l'israélienne. Petit à petit, il avait basculé entre indignation et acceptation, il avait utilisé ses agents comme des pions au gré des enquêtes en les cantonnant à des tâches selon leurs compétences. Et en ça, Tony l'avait totalement perçé à jour comme il l'avait si bien fait remarquer le jour de son départ.

Tony avait eu raison en sous-entendant qu'il les avait manipulés pour obtenir le meilleur d'eux et boucler les enquêtes. Il avait cherché à provoquer une émulation entre ses trois subordonnés dans l'espoir de faire ressortir le formidable travail de l'italien. Il avait lamentablement échoué et n'avait même pas pu sanctionner la jeune femme comme il le voulait lorsqu'elle avait dérobé les recherches de son bras droit.

Comment avait-il pu laisser les choses dériver ainsi ? Il avait littéralement laissé tomber le meilleur agent qu'il avait jamais eu, le seul homme qui avait su le supporter durant plusieurs années, qui protégeait ses six heures comme personne, qui encaissait sa mauvaise humeur sans pratiquement broncher, qui attirait ses foudres sur lui afin de protéger ses coéquipiers.

L'italien était l'homme qui savait le faire rire comme seule Shannon, sa première femme, savait si bien le faire, qui pouvait désamorcer sa colère d'un simple sourire, qui le comprenait d'un seul regard, qui avait capté son attention en un clin d'œil et qui, lors de leur première rencontre, avait capturé son cœur en un battement. Et comme le bâtard qu'il était, il n'avait jamais fait un geste pour se rapprocher plus du jeune homme.

Il avait mis du temps, beaucoup de temps, à comprendre mais surtout accepter que son amitié pour DiNozzo n'était pas qu'amicale, elle dépassait largement les frontières d'une simple relation patron-employé, elle débordait également sur celle d'une franche camaraderie entre deux hommes si différents et pourtant avec tant de points communs. Il avait réalisé que le doux sentiment qu'il ressentait pour son agent s'apparentait furieusement à celui qu'il portait à sa femme Shannon.

Et c'est cet amour naissant développé au fil des années qui l'avait submergé lorsque l'italien avait été prêt de mourir de la peste. Il avait alors surestimé sa force de caractère et n'avait pas su brider l'amour qu'il acceptait de reconnaître enfin. Seul le décès brutal de l'Agent Todd l'avait empêché de révéler ses sentiments à l'objet de sa flamme. Et c'est également cet amour qui l'avait porté à réagir de façon si intransigeante lorsqu'il avait reconnu Tony coupable de divulgation. Il s'était cru trahi et avait agi en conséquence sans chercher à approfondir les choses.

Il y avait aussi autre chose qui le chiffonnait au sujet de la Directrice et de l'Officier du Mossad, quelque chose qui avait précipité l'escalade de l'attitude de l'israélienne, quelque chose qui le titillait mais qu'il n'arrivait pas à déterminer. C'était certainement lié à Tony, il en était persuadé, parce que ce n'était qu'envers lui qu'elle était devenue aussi vindicative et insultante.

Il savait que David avait dû avoir le support de Shepard parce que Jenny avait été témoin de certains propos énoncés à l'encontre de l'italien sans qu'elle ne relève jamais ou ne désapprouve les termes. Il avait remarqué également que l'israélienne avait entraîné McGee dans sa cabale contre DiNozzo, il avait espéré que son agent saurait lui résister mais il fallait croire qu'elle avait une trop grande influence car il avait suivi le mouvement laissant de côté, sans état d'âme, les mois que Tony avait passés à le former.

Il avait cru pouvoir raisonner l'italien en lui laissant quelques jours pour que sa colère s'apaise avant de le confronter. Mal lui en avait pris car, lorsqu'il s'était pointé chez lui au bout de trois jours, l'appartement était vide et le propriétaire ou ses voisins n'avaient aucune idée de l'endroit où il était parti. Il avait pris cette découverte comme un échec personnel. Depuis, il lui arrivait de rêver de leurs retrouvailles ou de faire des cauchemars sur la mort de l'italien. Le sommeil le fuyait plus souvent qu'il ne lui était bénéfique.

Il ne pouvait désormais plus que faire son mea culpa et espéré qu'un jour, il rencontrerait à nouveau le jeune homme et serait en mesure d'obtenir sa clémence à défaut de son pardon.

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« J'espère sincèrement avoir l'occasion de te revoir, Tony et de te prouver que j'ai bien plus de choses à t'offrir que de la colère ou de la rancune » souhaita intérieurement l'ancien marine.

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En définitive, aucun des anciens équipiers de l'italien n'avait réussi à déchiffrer l'énigme qu'il était. Et plus important, aucun n'avait jamais cherché à se rapprocher suffisamment pour le connaître plus intimement mis à part le légiste qui l'avait adopté d'emblée lors de son intégration. Abby avait bien une relation plus proche sans pour autant avoir été la détentrice de tous les secrets de Tony, loin de là.

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Eh bien, j'espère que ce chapitre vous aura réconcilié un peu avec certains membres et que leurs réflexions vous éclaireront sur leurs attitudes.

Suivant vos coms, je posterais le chapitre 4 plus tôt que prévu parce que celui-ci est sans dialogue donc pas vraiment intéressant.

A bientôt pour le prochain épisode…