Bonsoir tout le monde! Je n'ai pas mis à jour cette histoire depuis un certain temps, mais j'ai très peu de temps pour pouvoir écrire. Comme j'ai eu l'inspiration pour écrire ce chapitre, je le partage pour que vous puissiez en bénéficier. J'espère que vous appréciez toujours autant :)
Bonne lecture!
Chapitre 13: De pire en pire
Quand Christie entra dans la salle d'examen 1, la première chose qui la frappa fut ce bruit. Ce bruit qui la mettait mal à l'aise, qu'elle craignait plus que tout au monde. Elle prit une grande inspiration et s'empêcha d'expirer pendant une bonne dizaine de secondes.
« Oh mon Dieu, Matt... » murmura-t-elle.
Elle laissa tomber son sac et s'avança vers ce lit, les jambes tremblantes comme jamais, s'assit sur la chaise en plastique située juste à côté et attrapa sa main droite tout en faisant attention aux fils. Conor s'avança à son tour pour expliquer à Christie l'état de son frère.
« Comme je vous l'ai dit, on le garde sous sédation le temps pour lui d'aller en chirurgie. C'est pour cela qu'il a... Ce tube dans la bouche. Nous surveillons de très près ses constantes, c'est pourquoi nous avons placé un cathéter et un drain abdominal. Si ses reins fonctionnent mal à cause de l'explosion, nous le saurons. S'il fait une hémorragie, nous le saurons aussi ».
À mesure que le docteur Rhodes expliquait, Christie laissait échapper quelques larmes tout en caressant le front de Matt.
« Son front est si chaud... »
« Oui, c'est un problème auquel nous ne pouvons faire face pour le moment. Nous le savons pas s'il s'agit d'une réaction à l'explosion et à l'exposition continue à la chaleur et aux flammes ou s'il s'agit d'un début d'infection. Rien ne montre dans ses analyses que son corps combat une infection. Mais nous surveillons cela ».
« Et... Uh... Et ces rougeurs ? »
« Il a été exposé à une explosion, donc à des matériaux brûlants et aux flammes. Les rougeurs sont des brûlures. Elles ne sont ni très étendues ni profondes, ce qui est rassurant. Mais comme je le disais, on le surveille de très près. Je vais demander à une infirmière de refaire son hématocrite ».
« Hématocrite ? »
« C'est un pourcentage. Le volume occupé par les globules rouges circulant dans le sang par rapport au volume total du sang. Ce pourcentage chez votre frère doit être compris entre 40 et 50% environ ».
« Et qu'est-ce que cela vous apporte de connaître son... Hématocrite ? »
« Si ce taux est trop haut, il pourrait indiquer une déshydratation et d'autres maladies. S'il est trop bas, un problème d'oxygénation du sang, des maladies, une malnutrition, une anémie ou un saignement important. C'est pour cela qu'on surveille tous les paramètres : pour ne faire aucune erreur de diagnostic et lui donner toutes ses chances ».
Christie acquiesça, regardant son petit frère dans ce lit, rattaché à plusieurs machines le maintenant à présent en vie le temps que son opération se fasse. Conor sortit de la chambre avec un air fatigué. Il fut arrêté par Maggie qui le regardait d'un air interrogateur.
« Tu ne lui as pas dit, n'est-ce pas ? »
Conor ne put rien dire du tout. Il ne pouvait que secouer la tête.
« Mais il s'agit de son petit frère », murmura-t-elle.
« Je sais Maggie », murmura-t-il ne retour. « Mais comment veux-tu que je lui explique cela ? Tu peux me le dire ça ? »
« Tu n'as jamais rien caché à un patient, et encore moins à la famille d'un patient. Il faut lui dire ».
Conor soupira tout en fermant les yeux. Il tourna la tête vers la salle d'attente et ouvrit les yeux. Les familles des pompiers, au grand complet, étaient présentes. Même ceux n'ayant pas de membres blessés.
« La caserne 51 a l'air d'être une grande famille quand même. Tout le monde se serre les coudes, y compris les femmes, les maris et les enfants des pompiers ».
« Ouai... Une grande famille ».
Conor ne savait pas quoi faire. Il était un peu déboussolé, et cela ne lui arrivait pas souvent.
« Tu veux que je le fasse ? »
Conor sortit de ses pensées et secoua sa tête.
« Quoi ? »
« Tu veux que je lui dise ? »
Le docteur Rhodes mordit sa lèvre inférieure.
« Fais ce que tu veux. Mais ne viens pas te plaindre après d'avoir des problèmes ».
Et après cela, il s'en alla avec des classeurs vers d'autres salles d'examen.
Dans la salle d'attente, tout le monde était arrivé. Tout le monde était là sauf Benny Severide qui était encore en chemin pour venir à Chicago. Cindy essayait de garder tout le monde le plus calme possible mais c'était impossible. Tous étaient inquiets pour les pompiers, et les seules nouvelles qu'ils avaient venaient de la télévision qui diffusait en boucle le lieu où se trouvaient leur famille, leurs maris, ou frères et sœurs. C'était le cas de Danny, le frère de Jimmy, qui paniquait dans la salle.
« Pourquoi mon frère est descendu ! Il savait que c'était dangereux alors pourquoi il est descendu ! »
« Il fait son travail », lança Cindy très calmement pour ne pas aggraver la situation. « D'après ce que j'ai compris, très peu de pompiers pouvaient passer par le trou qu'ils avaient fait en premier lieu. Seuls lui et Gabby pouvaient descendre pour secourir les autres ».
« Et Gabby ? C'est une femme c'est ça ? »
« Vous avez un problème avec les femmes pompiers ? »
« Elles n'ont pas de force physique ! »
Cindy commençait à s'énerver, et cela se voyait. Pour celles qui la connaissaient. Mais Danny ne le voyait absolument pas. Elle se leva et s'avança vers lui.
« Gabby s'est entraîné dur pour devenir pompier. Je suis même certaine qu'elle est plus forte que toi. Si elle est devenue pompier, respecte-là, car si un jour tu as besoin d'être sauvé et qu'elle seule peut le faire, tu seras bien contente de la voir, cette 'femme pompier sans force physique' ».
Danny avala mécaniquement sa salive, légèrement apeurée par cette femme qu'il ne connaissait pas.
« En ce moment, Gabby est la seule qui peut maintenir en vie tout le groupe, ton frère inclus. Alors fais attention à tes mots devant nous ».
Jenny acquiesça tout en se tenant juste à côté de Cindy. Juste derrière Danny, elles aperçurent Christie en pleurs. Instinctivement, elles allèrent la voir.
« Comment ça va ? Matt ? »
« Ils... Ils le gardent sédaté le temps de réaliser l'opération. M-mais ils ne savent pas quand ils vont pouvoir la faire. I-il n'est pas prioritaire pour le moment ».
Cindy fit asseoir Christie sur une des chaises pendant que Danny s'offusquait encore.
« Mais c'est quoi ça encore... », prononça-t-il entre ses lèvres.
Mais cela n'échappa à Jenny, la femme de Tony. Elle se tourna vers lui et lui claqua la joue.
« Je vous interdit de parler d'un de nos pompiers comme ça ! »
Danny caressa sa joue rougie par cette claque.
« Matt est un bon pompier. Il a fait évacué la maison avant qu'elle n'explose, même si lui et trois des nôtres étaient encore à l'intérieur. Si nos maris sont encore en vie, c'est grâce à lui ».
« J-je... », commença-t-il, sans trouver de mots pour terminer sa phrase. « Je ne savais pas qu'il s'agissait de Casey ».
Les femmes ne préféraient pas parler. Une infirmière rentra dans la salle numéro 1 où était alité Matt. Inquiètes, elles se levèrent toutes les trois et allèrent au pied de la porte de la salle.
« Il y a un problème ? » demanda Cindy à l'infirmière.
Elle se tourna vers le groupe et sourit légèrement.
« Je prends ses constantes et vérifie que tout va bien ».
Elle continua son travail, scrutée de fond en comble par les trois femmes. Soudainement, elle s'arrêta et appuya sur un bouton.
« Code jaune, salle 1. Code jaune ».
Les yeux de Christie s'agrandirent et elle se mit à paniquer.
« M-mais qu'est-ce qu'il se passe ?! Qu'est-ce qui se passe avec mon frère ?! » dit-elle tout en pleurant.
« C'est juste une précaution madame. Je veux m'assurer que tout va bien d'accord ? Le médecin va bientôt arriver et on va vous expliquer ».
Au même instant Conor arriva et se fraya un chemin pour arriver près du lit.
« Pourquoi vous avez déclenché l'alarme? »
« Voici ses constantes il y a quinze minutes », dit-elle en lui tendant un papier. « Et voici celles de maintenant ».
Conor compara les deux et se mit à froncer les sourcils.
« Vous pouvez nous dire quel est le problème ? »
Conor passa ses yeux vers la porte. Trois femmes les bras croisés ou en pleurs, inquiètes, se tenaient sur le pas de la porte.
« Les constantes de Matt sont dans le rouge et nous ne savons pas pourquoi ».
Il se retourna alors vers l'infirmière.
« Refaites un bilan sanguin. On refait une radio et une écho du bassin. Quelque chose ne va pas, et il faut découvrir quoi ».
Dans les décombres, Gabby et Borelli avaient retrouvé les deux autres blessés, Hermann et Kelly. En arrivant, Jimmy s'assit et posa son dos et sa tête sur l'une des parois et soupira tout en fermant les yeux.
« Ils vont biens ? »
« Loin de là Borelli. Hermann est inconscient et... Et la fièvre de Kelly continue de grimper. Si on ne sort pas de là... Ils vont y passer tous les deux ».
Gabby s'assit aussi, refaisant son garrot à sa jambe gauche pour arrête le saignement. Elle laissa échapper un cri d'agonie, de douleur et expira profondément.
« On est vraiment mal alors... » fit remarquer Borelli. « Mon frère... Mon frère doit paniquer en voyant... Les nouvelles à la télévision ».
Tout devenait plus dur pour eux. Respirer, rester conscient. Mais il fallait tenir jusqu'à l'arrivée des secours au minimum.
« Ça vient de moi ou... »
« Non », coupa Gabby. « Ça ne vient pas de toi. Les feux résiduels ne sont pas loin et... Et la poussière dégagée par le second effondrement... »
« Fait qu'on respire mal, je vois. On... On a des bouteilles ? »
« Seulement quatre. Mais... Mais on ne sait pas quand on seras secourus. On... On devrait les mettre en route pour Kelly et Hermann, et... Et attendre encore un peu pour nous ».
« D'accord. Espérons que les gars... Seront bientôt là ».
Dans la poche, le groupe de sauvetage était descendu. Les six hommes étaient guidés par Vlad depuis l'extérieur, et s'étaient mis à creuser pour libérer un passage et rejoindre les quatre pompiers encore sous les gravats.
« Vous n'êtes vraiment pas loin. Je dirai à environ deux mètres sur votre droite ».
« Compris, je vais activer une balise et vous allez me dire si c'est bon ou non ».
Boden activa la balise et la pointa vers les parois fragiles pour que Vlad lui dise où creuser.
« Encore un peu plus sur votre droite ».
Il continua de la bouger jusqu'à ce que Vlad lui dise stop. Il traça alors une croix à la craie et ordonna à ses hommes de creuser dans le béton.
« J'ai besoin de structures stabilisatrices ! Autant que possible pour maintenir la galerie qu'on creusera ».
Tout le monde se mirent au travail pour passer tout le matériel nécessaire à travers le trou pendant que les autres creusaient. C'était très dur pour tout le monde. Il faisait chaud, et leur tenue n'arrangeait rien. Mais ils continuaient. Pour leur quatre pompiers.
À l'hôpital dans les urgences, Conor réalisait de nouveau les examens pour savoir ce qui n'allait pas avec Matt. Les trois femmes lui mettaient la pression, et cela n'arrangeait rien. Il craqua.
« Bon, pouvez-vous au moins sortir de la chambre qu'on puisse faire les examens proprement ? », n'énerva-t-il. « S'il vous plaît ? » ajouta Conor très vite après.
Christie, Cindy et Jenny reculèrent pendant que Danny les rejoignait enfin. Tous les quatre devant la porte, regardant les médecins travailler.
« Les radios sont revenues ».
Conor les prit et les mit à la lumière pour voir ce qu'il en était.
« On ne voit rien. C'est pas possible, il y a forcément quelque chose qu'on a raté ».
Nerveusement, il passa sa main sur sa bouche plusieurs fois, réfléchissant et soupirant en même temps.
« On a fait des radios, un scanner, un IRM complet et une écho et on ne voit rien. Qu'est-ce qu'il manque ? »
Conor réfléchit encore quelques secondes avant d'arrêter tous les mouvements qu'il faisait. Il était figé.
« Et... Et s'il s'agit de problèmes sanguins ? » demanda l'infirmière.
Conor se tourna vers elle, et cette dernière avala sa salive, comme si elle avait dit quelque chose de mal. Mais il n'avait pas un regard noir comme il en avait l'habitude.
« Oh bon sang... Appelez la radio et dites leur de descendre. Et préparez-vous pour une angiographie ».
« Tout de suite ».
L'infirmière quitta la pièce pour revenir plus tard avec le matériel nécessaire.
« Qu'est-ce que vous allez faire à mon frère ? », s'interposa Christie.
Conor voyait bien la détresse de Christie et s'avança vers elle pour lui expliquer ce qu'il allait faire.
« Votre frère a besoin d'une angiographie. Il faut que l'on voit si son système sanguin fonctionne correctement. Si ce n'est pas le cas, on aura alors trouvé le gros du problème ».
« Et... E-et ça consiste en quoi ? »
« On passe un cathéter dans l'artère fémorale et on passe un produit iodé de contraste. Tout sera guidé par la radiographie, et si quelque chose ne va pas, grâce au produit de contraste, on saura d'où vient le problème et on pourra le réparer d'ici si ce n'est pas trop important ».
« E-et... Et si c'est important ? »
« Alors Matt passera prioritaire sur le tableau des interventions ».
Christie se tourna vers Cindy puis Jenny. Et enfin Danny. Tous acquiescèrent.
« Très bien. Faites-le. Mais je veux être là pour mon frère ».
« Madame, je suis désolé mais vous ne pouvez pas entrer dans la pièce. Vous pourrez regarder à travers le hublot, mais vous ne pourrez pas entrer ».
Christie acquiesça, et après que le radiologue soit arrivé et soit venu avec la radio, le docteur Rhodes ferma la porte.
« On peut commencer ? » demanda-t-il quand la radio fut mis en place.
« C'est bon pour moi ».
« Ok pour moi ».
« Pareil ici ».
« Très bien. Olivia, gardez un œil sur ses constantes et alertez-moi au moindre changement ».
« Compris ».
Conor prit une grande inspiration et tendit sa main.
« Scalpel ».
On lui en tendit un, et il réalisa alors une petite incision sur le haut de la cuisse de Matt. Puis on lui tendit un fil-guide qu'il inséra dans l'artère fémorale qu'il glissa tout doucement.
« Sensibilité au niveau de l'aorte abdominale », déclara le radiologue après plusieurs minutes.
« Olivia ? »
« Pouls à 145, tension 15/5 ».
« Saturation ? »
« 98% ».
« D'accord, j'insère à présent le cathéter ».
Il refit le même protocole pour le cathéter avant d'arriver à la fin de l'artère fémorale et au début de l'aorte abdominale.
« J'injecte le produit de contraste ».
Il appuya sur le bouton pour libérer le produit iodé et tous regardèrent sur l'écran.
« Là ! » s'écria le radiologue.
Conor regarda de plus près, estomaqué par ce qu'il voyait.
« Il faut qu'il passe au bloc. Maintenant ».
Olivia prit le téléphone et appela le bloc, expliquant l'urgence de la situation.
De l'autre côté de l'épaisse paroi de béton,Gabby et Jimmy avaient de plus en plus de mal à respirer. Ils commençaient à tousser et cela n'envisageait rien de bon. Mais ce qui les rassurait un peu, c'était le fait d'entendre un bruit assez bizarre, comme un marteau-piqueur. Ils savaient tous deux qu'ils s'agissait du groupe de sauvetage qui venait pour eux.
« Au moins... On sait qu'ils nous cherchent », dit Gabby en feignant un sourire.
« Ouai... Mais... Combien de temps ils vont mettre... On ne sait pas ».
« Il... Il faut mettre nos masques. On aura une... Une autonomie d'environ une demi-heure ».
Jimmy acquiesça, plaça son masque sur son visage et activa le dispositif. Cela devenait vraiment dur de rester éveiller pour eux. Mais il fallait tenir bon. Pour Hermann. Pour Kelly. Pour eux. Pour tout le monde.
